Le néolibéralisme, perversion de l’économie mainstream

Dani Rodrik a publié un long article (dans la Boston Review, repris par The Guardian) qui me semble particulièrement utile. Il montre, après d’autres textes écrits par d’autres auteurs, que les néolibéraux et bon nombre de leurs opposants passent à … Lire la suite

Les chroniques et éditos pourris en économie ? On en a gros…

Drôle de journée. Tu suis de loin les divagations de l’avocate de C8, appelant quasiment à euthanasier les journalistes. Et puis, finalement, tu tombes sur ça… Un éditorial de Le Boucher, qui te laisse scotché sur place, interdit, plié de … Lire la suite

Les ordonnances réformant le code du travail et le cadre d’analyse économique

Les ordonnances du 31 août 22 septembre 2017 contiennent beaucoup de dispositions. Très techniques, évidemment. N’étant pas juriste, je ne vais pas vous faire une analyse juridique. Ni même, à vrai dire, une analyse économique très poussée. En fait, j’ai … Lire la suite

Actualisation d’un billet de 2014 sur la protection de l’emploi

Il y a deux ans, j’avais publié ce billet concernant la protection de l’emploi. Il comprenait un schéma de synthèse sur les effets de celle-ci. Je l’ai actualisé depuis, en rajoutant un élément. Voici le nouveau schéma. La modification n’est … Lire la suite

Ce qu’il y a (toujours eu) dans le « programme » de Tirole sur le chômage

J’ai réitéré plusieurs fois mon étonnement de voir Jean Tirole défendre vigoureusement la loi Travail. Je ne sais pas si j’ai été très clair sur les raisons de cet étonnement. (Lire la suite…) Partager la publication « Ce qu’il y a … Lire la suite

La loi El Khomri et les économistes

Il paraît que la loi El Khomri est un moment fabuleux dans lequel les économistes débattent publiquement sur la base d’arguments étayés, dans une pure tradition universitaire, afin de nourrir le débat public d’une expertise salutaire. (Lire la suite…) Partager … Lire la suite

Contre le chômage, on n’avait pas tout essayé : tentons la valorisation du licenciement abusif

Le gouvernement a annoncé hier une modification des règles d’indemnisation aux Prud’hommes. Il s’agit de plafonner les indemnités de licenciement abusif (sans « cause réelle et sérieuse »). Et c’est très bizarre, comme approche du problème de l’emploi. (Lire la suite…) Partager … Lire la suite

Ce truc qui me chiffonne sur la protection de l’emploi

Manuel Valls reprend à son compte l’idée du contrat de travail unique, surfant sur la consécration de Jean Tirole. Le contrat unique a un certain nombre de qualités. On peut citer immédiatement le fait d’éviter une dualisation du marché du … Lire la suite

La protection de l’emploi, c’est ni bien, ni mal. Mais c’est pas si bien que ça. Enfin, faut voir.

Il y a deux catégories de gens sur Twitter : les cons et les autres. Bref, comme ailleurs. Ceux qui m’y suivent (et avant sur Facebook) savent que je publie de temps en temps des petits schémas visant à synthétiser … Lire la suite

Mais où est passé l’experience rating hollandais ?

Lors de la Primaire socialiste, François Hollande avait avancé l’idée de rendre pour les entreprises les décisions de lienciement plus libres en instaurant un système de taxation qui ressemblait au système de l‘Experience Rating américain. Un système bizarrement peu connu du public en France.

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On va tous mourir, mais on s’en remettra

Dans cette période d’inquiétudes et d’austérité, où chacun s’interroge sur la noirceur du futur, ne serait-il pas temps de faire preuve de volontarisme, d’optimisme et de sourire un peu aux temps qui viennent ? Peut-être, je n’en sais rien. Mais sur ce coup, ne comptez pas sur moi, j’ai très envie d’être sombre et pessimiste. Je m’en vais donc vous dépeindre un tableau particulièrement déprimant. J’ai quand même mis un petit chat pour illustrer le billet…

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Démondialisation : le débat impossible

La mondialisation redevient la grande mode du débat national, dans sa version « tonner contre ». Elle est le concept central du programme d’Arnaud Montebourg. Un récent sondage, commandé par les partisans d’un protectionnisme européen, traduit qu’une majorité écrasante de français sont favorables au protectionnisme et pensent que l’ouverture des frontières de la France et de l’Europe vis à vis de pays comme l’Inde ou la Chine a des conséquences négatives sur les prix, l’emploi, les bénéfices des entreprises, les salaires, et même les déficits publics (ne me demandez pas).

Il n’y a pas de raison de souhaiter que des questions soient exclues du débat public. Le problème du débat qui s’engage, c’est qu’il n’a que peu de chances de donner des résultats positifs. Les discussions sur le commerce international sont toujours piégées par le vocabulaire métaphorique que l’on y emploie. Les partisans de barrières douanières utilisent le terme de « protection » comme si un loup attendait, tapi derrière la frontière, prêt à venir égorger nos filles et nos compagnes. Leurs adversaires parlent de « libre-échange » comme si lesdites barrières douanières étaient une privation de liberté, un emprisonnement. On parle d’un « solde extérieur négatif ou positif », d’un « déficit ou d’un excédent commercial », des termes lourdement connotés. Il y a peu d’expérience pédagogique plus ingrate que de devoir expliquer à des étudiants (ou à des journalistes) qu’un solde commercial positif ou négatif n’est a priori ni une bonne, ni une mauvaise chose.

Plus généralement, la mondialisation est discutée au travers d’une métaphore partagée par l’essentiel de ses partisans et de ses adversaires; une métaphore devenue tellement répandue qu’elle finit par changer la réalité; et pas dans le bon sens.

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L’euro survivra-t-il?

C’est avec une magnifique unanimité moutonnière que la presse a repris, hier, l’article de Nouriel Roubini paru dans le financial times, annonçant le futur éclatement de la zone euro. La discussion de l’article s’est limitée à l’argument d’autorité, version Madame Irma l’a dit : Roubini, qui a « prédit la crise des subprimes », annonce que la zone euro va exploser. Tous aux abris!

Premièrement, Roubini n’a jamais prédit la crise des subprimes, se contentant d’annoncer tous les ans entre 2001 et 2006 une crise de change aux USA qu’on attend toujours, pour soigner sa publicité en 2007 à grands coups de « je l’avais bien dit » et acquérir d’un coup le statut de gourou médiatique cosmoplanétaire. Certains font l’effort de rappeler que les annonces de Roubini peuvent être interessées. Deuxièmement, des journalistes qui font leur métier ne se limitent pas à des arguments d’autorité, mais jugent les arguments sur leur contenu. Certains sont capables de le faire, ils sont hélas bien rares. Troisièmement, personne aujourd’hui ne peut prétendre honnêtement prévoir l’avenir de l’euro. On peut jouer à la montre arrêtée qui donne l’heure juste deux fois par jour (ce qui est le cas de tous les gourous médiatiques de la prédiction) mais c’est se moquer du monde.

On peut par contre éclairer les problèmes de la zone euro, discuter entre autres les arguments de Roubini (qui est souvent intéressant, lorsqu’il ne joue pas les gourous). Ce n’est pas simple, parce que cela exige d’aborder des dimensions économiques, politiques, institutionnelles, complexes. Les sciences sociales n’offrent pas de boule de cristal, mais des éclairages. Et cela donne des posts longs.

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La France fonctionne

On nous a sollicités, comme d’autres blogueurs, pour répondre à une série de questions dans le cadre de la semaine française sur CNN. Les questions sont en français ou en anglais, celles en anglais étant plutôt faites pour traduire un regard "extérieur", en français, un regard national. Voici donc les questions, et des réponses. Lire la suite

Eux non plus ne m’ont pas convaincu

Il y a une vingtaine de jours, Olivier Blanchard avait provoqué la surprise en annonçant son intention de voter pour N. Sarkozy. J’avais expliqué à l’époque pourquoi ses arguments ne m’avaient pas convaincu. Aujourd’hui, ce sont 27 économistes de grande qualité qui publient dans les Echos un appel en faveur de Ségolène Royal (texte complet chez Etienne Wasmer si le lien des Echos devient inaccessible). Autant le dire tout de suite, eux non plus ne m’ont pas convaincu. Leur appel en tout cas, mis en parallèle avec l’article de Blanchard, met en évidence des aspects intéressants.

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Olivier Blanchard ne m’a pas convaincu

Apparemment, le coming-out du vote parmi les économistes français est à la mode; Après Piketty, et quelques autres s’étant déclarés pour Royal (sans compter Christian Saint-Etienne qui a contribué au programme de F. Bayrou) c’est aujourd’hui Olivier Blanchard qui déclare son intention de voter pour N. Sarkozy. Comme le rappelle Bernard Salanié, cela n’a rien d’anodin de voir l’un des économistes français les plus reconnus, et d’ordinaire plutôt proche du PS, annoncer ce choix. C’est une raison d’aller voir de près son argumentation.

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Quelques remarques sur l’enseignement secondaire (3)

Dernier volet de mes remarques sur l’enseignement secondaire. Je présente ici quelques éléments nécessaires pour comprendre les difficultés rencontrées pour faire bosser les profs correctement et savoir s’ils font leur boulot comme il faut.

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Les départs d’expatriés nuisent-ils à l’économie française?

Discuter des expatriés est actuellement à la mode. Entre ceux qui les supplient de revenir, ceux qui suggèrent de les priver de leurs droits civiques voire de mener contre les pays qui les hébergent des actes de guerre, tout le monde semble d’accord pour considérer leurs départs comme uniquement mauvais et leur retour pour souhaitable. Mais si les coûts générés par le départ de français expatriés sont débattus ad nauseam, les avantages sont rarement présentés. Pourtant de nombreux pays bénéficient, au total, de l’émigration d’une partie de leur population. Et s’il en était de même pour la France? Voici quelques avantages de l’expatriation qu’il faudrait mettre en évidence pour évaluer réellement les conséquences de ce phénomène.

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TVA sociale : une proposition de loi absurde

Des lecteurs avisés nous signalent une proposition de loi d’un député déjà célèbre visant à financer la totalité de la protection sociale par une TVA sociale. Sur la forme, il y a quelque chose de parfaitement consternant dans ces parlementaires, qui, au lieu de fournir un vrai travail, assurent leur publicité en rédigeant des propositions de lois qui n’ont aucune chance d’entrer en vigueur (ne fût-ce que parce que les taux de TVA en Europe font l’objet de négociations entre pays membres). Ce n’est pourtant pas ce qui est en cause ici. Ce qui est frappant, c’est l’incroyable confusion qui règne dans l’exposé des motifs.

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