La question et sa réponse

Quels sont les coûts de l’inflation ?

Rédacteur : Stéphane Ménia

La question est importante et la réponse pourtant encore largement méconnue. En dehors des cas d’hyperinflation, le problème du pouvoir d’achat des consommateurs n’est qu’un argument faiblard utilisé par un politicard tocard au 20 heures. Les procédures d’indexation des revenus sont suffisamment développées dans une économie structurée pour que seuls quelques agents mal informés craignent l’inflation pour cette raison. Certains vous diront même que c’est formidable, l’inflation, pour doper l’activité. Mais là n’est pas la question, nous parlons des coûts.
Le problème principal de l’inflation est de créer une distortion temporaire dans l’évolution des prix relatifs et d’induire des choix économiques (notamment d’investissements sectoriels) malheureux. Ces choix pourront être corrigés plus tard, mais avec une inertie plus ou moins grande et des effets d’hystérèse plus ou moins marqués. En gros, c’est l’argument de Hayek et de Lucas ( dans les années 70) : l’inflation est mauvaise parce qu’elle perturbe le processus d’allocation des ressources en occasionnant des variations de prix relatifs qui ne sont induites que par le décalage qu’occasionne l’inflation entre la hausse des prix des différents bien dans l’économie. Le seul argument solide allant dans ce sens n’est même pas celui que je viens de citer, mais celui qui consiste à dire que l’inflation a un coût seulement dans la mesure où les agents pensent qu’elle en a un, et agissent en fonction (Barro).

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