La question et sa réponse

Comment l’évolution des cours boursiers influence-t-elle l’économie réelle ?

Rédacteur : Stéphane Ménia

Les cours boursiers influencent l’activité réelle par trois biais différents : la consommation des ménages, l’investissement des entreprises et la situation des banques.

Le lien prix des actions – consommation

1. Hypothèse du revenu permanent. La consommation dépend du revenu permanent (revenu actualisé sur le cycle de vie). Or, le revenu permanent est modifié par la variation du prix des actions : variations du patrimoine financier et variation des salaires. Exemple : une hausse des cours dans un secteur donné enrichit les détenteurs d’actions de ce secteur et améliore les perspectives de croissance des salaires, car cette hausse témoigne de la bonne santé des entreprises. Le revenu permanent des agents concernés croît, et leur consommation.
2. Une part de la consommation est financée à crédit. L’accès au crédit dépend de la capacité de remboursement, mesurée notamment par la valeur du patrimoine. Or, une baisse du prix des actions réduit cette valeur, réduit les possibilités de crédit et donc la consommation.

Le lien prix des actions – investissement

1. Quand le cours des actions baisse, le coût du capital existant diminue par rapport à celui du nouveau capital. L’incitation à investir est plus faible puisqu’il est plus intéressant d’acheter des actions (Théorie du Q de Tobin).
2. La baisse des cours laisse supposer une activité moins soutenue. Or, l’investissement dépend des anticipations de croissance : si on s’attend à une hausse de la demande, on investit. De ce fait, une variation des cours a un effet sur l’investissement (théorie de l’accélérateur flexible).
3. La baisse du prix des actions des entreprises réduit leur capacité d’emprunt en réduisant la confiance dans leur capacité de remboursement. Les taux d’intérêt proposés seront plus élevés, d’où une baisse de l’investissement.

Le lien prix des actifs – situation des banques

Les banques confrontées à une augmentation de leurs risques réduisent brutalement leur offre de crédit (credit crunch), accentuant ainsi les difficultés des autres agents en manque de liquidité. Ceux-ci risquent de se retrouver insolvables, ou de devoir vendre d’autres actifs pour honorer leur dettes. Cette hausse de l’offre de titres renforce la chute des cours. Et ainsi de suite.

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