La question et sa réponse

Qu’est-ce que la règle de Taylor ?

Rédacteur : Stéphane Ménia

Objectif

Calculer un taux d’intérêt à court terme optimal compatible avec :
- un taux d’inflation souhaité
- une évolution souhaitée de l’output gap

Formulation de Taylor (1993)

i = 2 + + 0,5 (y – y*) + 0,5 (p – 2)

i le taux des fonds fédéraux
p le taux d’inflation
y le PIB
y* le PIB potentiel
2 un taux d’intérêt réel neutre correspondant au taux de croissance potentiel de l’économie.
Cette formulation colle aux données américaines de 1987 à 1992.

Forme générale

i = rg* + pa + a1 (y – y*) + a2 (p – 2)

rg* est le taux de croissance potentiel du PIB
pa le taux d’inflation anticipé
Évaluation de pa: modèle économétrique, Consensus Forecasts du FMI outaux courant.
rg* est en réalité inconnu du fait des délais de calcul.

Limites

- a1 et a2sont en fait calibrés pour coller aux données. Il n’y a pas de justification crédible.
- But pas clair: censée décrire la fonction de réaction de la Banque Centrale, elle se transforme en règle à calculer et appliquer. On passe du descriptif au normatif.
- Taylor suggère ensuite de l’intégrer à l’ensemble des indicateurs de la FED, sans l’appliquer mécaniquement. Du normatif, on passe à l’indicatif.
- Les coefficients sont basés sur le comportement passé de la Banque Central. Ils ont un impact sur PIB et inflation. Pour appliquer la règle de manière normative, il faut montrer que la trajectoire qu’elle implique est optimale. Ce qui n’a pas été fait.
- Laurence Ball a relié les coefficients a1 et a2 à un arbitrage entre variance de l’inflation et variance du PIB, ce qui donne une relation entre a1 et a2.
- Les utilisateurs ont gardé 0,5 pour tous les pays. Or, ils sont basés sur le comportement passé de la FED.
- L’estimation de rg* et y* est subjective : la règle de Taylor est sensible au choix des variables de référence.

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