La question et sa réponse

Le commerce international contribue-t-il à l’exploitation des pays en voie de développement ?

Rédacteur : VC

D’un point de vue un peu cynique, avoir un pays exploité « pauvre » n’est pas optimal : on peut, en reprenant les modèles de croissance optimale (ceux qui essayent de préciser la part « idéale » de la consommation et de l’investissement) pour montrer qu’il y a un équilibre optimal lorsqu’on laisse au pays exploité et ce qu’on lui prend de façon à ce qu’il puisse augmenter sa productivité et être exploité davantage demain. Certes le modèle nous dit aussi qu’on peut ne pas se trouver « spontanément » au taux optimal. C’est à dire que le somme des actions des milliers de producteurs locaux, de régulateurs locaux, d’exportateurs et d’importateurs peut effectivement ne pas laisser assez de place azu développement du pays « source ». Par ailleurs dans la pratique, on n’est plus sur des modèles d’exploitation, mais plutôt sur des modèles de « marché avec corruption », ce qui change les résultats.
Que peut-on en conclure ? Cette analyse ne vise pas à nier l’impact des pays développés sur ces pays – la mise ne place de régimes corrompus a d’ailleurs été, dans certains cas, encouragée par les pays développés. Mais elle indique clairement que la solution n’est certainement pas dans la fermeture des frontières : c’est plus d’ouverture, de démocratie et de transparence qu’il faut, pas moins. Le commerce ne nuit pas nécessairement à la démocratie : dans les cas où un dictateur local est maintenu pour organiser l’exploitation d’un pays, faut-il blâmer le commerce ou la corruption ?

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