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13/10/2016 – Des cours de « négationnisme économique » à l’Université, dès la rentrée 2017

Suite à la parution de l’ouvrage de Pierre Cahuc et André Zylberberg dénonçant l’existence d’un négationnisme économique, les réactions ont été nombreuses. Du côté des économistes mainstream, c’est la gêne qui a dominé dans un premier temps, les propos des auteurs allant un peu trop loin pour un certain nombre d’entre eux. Conscients que la controverse était une bien mauvaise publicité pour l’économie orthodoxe, leurs représentants, au premier rang desquels Jean Tirole et Philippe Aghion, ont estimé qu’il fallait donner des gages d’ouverture intellectuelle pour faire retrouver un peu de sérénité au monde académique de l’économie en France. Pour ce faire, ils ont proposé à la ministre de l’éducation nationale de rendre obligatoire l’introduction d’un cours pluraliste en première année de licence des facultés d’économie et gestion. Proposition qui a été retenue avec enthousiasme par la ministre. Ce cours, intitulé « Principes élémentaires de négationnisme économique » aura pour objectif, selon un haut fonctionnaire du ministère qui a souhaité rester anonyme, de « diffuser avec le plus d’objectivité possible la pensée alternative en économie, tout en reconnaissant, par son intitulé, que c’est vraiment de la merde ». Toujours selon la même source, « Cette solution semble la meilleure. À court terme, pour calmer les économistes atterrés, qui nous appellent tous les jours pour demander si nous avons enfin l’intention de détacher Cahuc et Zylberberg pour qu’ils aillent obligatoirement travailler en Allemagne [Ndlr : à l’IZA]. Et, à long terme, ça nous permettra de caser les profs dont on ne sait pas quoi faire ». Pour Jean Tirole, « cette nouveauté est une évolution importante dans la reconnaissance de la cohabitation de programmes de recherche différents en économie. Nous pensons sincèrement que lorsque les étudiants auront eu un cours de négationnisme, ils quitteront la fac ou reconnaîtront que créer une nouvelle section au CNU était inutile, puisque la section actuelle est capable de promouvoir une science ouverte. Ce sera aussi une magnifique expérience contrôlée, dans la mesure où la diffusion de cet enseignement se fera progressivement, région par région sur 13 ans.». Le cours de négationnisme économique remplacera, en fonction du choix des universités, le cours, jugé dépassé et sans intérêt, de « Problèmes économiques contemporains » ou celui de mathématiques, jugé trop difficile par les étudiants. Une décision qui, sans nul doute, conduira à apaiser les tensions et renforcera la crédibilité de la licence d’économie.
Stéphane

13/09/2016 – Communiqué de presse de l’Association des amis de Robert Faurisson et de l’Allemagne nazie, au sujet de l’ouvrage de Pierre Cahuc et André Zylberberg

L’AARFAN souhaite manifester son indignation suite à la publication de l’ouvrage de Pierre Cahuc et André Zylberberg, Le négationnisme économique. En nous y assimilant à des individus ou groupes d’individus sans références sérieuses en matière de négationnisme, ce pamphlet écœurant porte gravement atteinte à l’honneur de notre mouvement et à la mémoire de toutes les recherches sur le nazisme positif. Ceci constitue à nos yeux une dévalorisation sans précédent de notre travail scientifique et met en péril le progrès des connaissances historiques. Les saltimbanques des économistes atterrés et autres gauchistes amateurs n’ont rien à voir avec notre mouvement, bien plus structuré méthodologiquement et porteur de valeurs nobles, érudites et académiques. Nous nous réservons le droit de porter l’affaire en justice avec comme objectif d’éradiquer tous les exemplaires de cet ouvrage. Le secrétaire général de l’AARFAN
Stéphane

04/06/2015 – En une photo, Thomas Thévenoud rembourse le fisc et réclame son retour au gouvernement.

Avec sa photo dans le journal Libération, Thomas Thévenoud a rapporté en quelques jours plus de recettes fiscales que ce que sa phobie administrative n’avait failli coûter à l’État. Les chiffres sont clairs : 45 369,88€ de TVA pour l’achat de licences Photoshop, 17 894,13 € sur l’achat de numéros de Libé (et de Charlie, au cas où on en parlerait dedans), 643,12€ de TVA sur les mouchoirs en papier et encore 2 423,34€ sur les ventes de T-shirts « I Love Math ». Sans compter les 0,17€ que Google versera cette année au fisc en France au titre des 8 millions de requêtes « Thévenoud à poil »(1) et milliers de publicités vers des sites de rencontres LGBT. Quant aux chiffres de l’IS collecté, ils sont encore durs à estimer, mais Bercy se frotte déjà les mains, après la fuite concernant le prochain tournage du biopic « Un con comme un autre », dans lequel Gérard Depardieu incarnerait l’éphémère secrétaire d’État d’on ne sait déjà plus quoi.
Joint au téléphone, Thomas Thévenoud a vivement témoigné de sa satisfaction, en déclarant « Voilà, mon honneur est lavé, ma compétence enfin reconnue. Si tous ces connards m’avaient lâché la grappe, je ne serais pas à Roland Garros aujourd’hui, mais à continuer le bon travail commencé au gouvernement. D’ailleurs, j’appelle François et Manuel dès demain pour qu’on me redonne la place que je mérite légitimement au sommet de l’État ».
Une bien triste histoire, en effet.

(1) Nous anticipons ici la taxe sur la requête Google que Fleur Pellerin appelle de ses voeux.
Stéphane

22/05/2015 – Une étude montre que l’étude qui montrait que la France ne décroche pas vis-à-vis de l’Allemagne ne valait rien, en fait

La riposte n’a pas tardé. L’étude de Luvidine Macrellot, dont nous vous parlions très récemment, a rapidement suscité un intérêt important dans la communauté des chercheurs en sciences économiques. Sans surprise, c’est du côté des économistes orthodoxes que la charge est venue. Interrogé sur le sujet parmi les premiers, Jean Tirole avait immédiatement et laconiquement répondu « C’est de la daube d’hétérodoxe », ce qui avait passablement contribué à affaiblir la crédibilité de l’étude. Puis, dans les media, ce sont les journalistes Nicolas Doze et Éric Le Boucher qui avaient dit tout le mal qu’ils pensaient de ces travaux. Ce qui avait contribué, a contrario, à leur redonner une certaine épaisseur. Depuis, un papier de Marc Walars, chercheur à l’École d’économie de Toulouse, a fourni les critiques les plus formalisées sur le sujet. Dans sa présentation, Walars y écrit que « bien que l’usage d’un indicateur alternatif (le rapport VA globale /PIB), nous semble présenter une certaine pertinence, l’étude commet deux erreurs méthodologiques regrettables : la première est de ne pas inclure les années 1994 à 1997 ; la seconde est de ne pas reposer sur un modèle sous-jacent de l’économie comprenant une approche en termes de microfondations, hypothéquant ainsi la validité des résultats économétriques, pourtant menés avec une grande rigueur, par ailleurs. ».
Joint par téléphone, l’auteur a tenu à préciser qu’il ne fallait pas y voir une tentative pour discréditer un travail hétérodoxe, dont il « salue avec le plus grand enthousiasme le côté novateur dans le choix de l’indicateur retenu. Mais, lorsque j’ai posé un modèle différent et modifié la période de référence, j’ai rapidement vu que quelque chose n’allait pas. Un modèle macroéconomique qui ne repose pas sur des fondements microéconomiques ne peut pas donner des résultats satisfaisants, nous le savons bien. ». Quant aux conclusions chiffrées de son nouveau calcul, elles sont sans équivoque : « Hélas, trois fois hélas, en apportant les corrections nécessaires, on constate que le ratio Valeur ajoutée gobale / PIB est bien plus faible en France qu’en Allemagne sur la période 1994-2014 et que les choses vont en empirant, en raison de la désindustrialisation, des rigidités sur le marché du travail et de la dette publique ». Mais le chercheur ne souhaite pas en rester là : « Je vais continuer les travaux sur ce sujet. Philippe Aghion, qui est convaincu que les Allemands sont vraiment plus forts que nous, a eu vent de mon article et souhaite que je poursuive ce travail de recherche en m’invitant à Harvard pour une année de recherches ».
Qui a dit que la science économique était mal en point ?

Note : Jointe par téléphone, Ludivine Macrellot nous a indiqué ne pas pouvoir répondre, à cause de la méchante gueule de bois encaissée suite à la soirée organisée par ses amis de Science Po pour fêter la publication de son interview à venir dans Le Monde diplomatique de Juin.
Stéphane

19/05/2015 – Une étude montre que la France ne décroche pas vis-à-vis de l’Allemagne en matière de PIB

La comparaison entre l’économie française et l’économie allemande n’est, chez beaucoup de commentateurs, que peu souvent favorable à l’économie française. Alors que la France a réalisé au premier trimestre une performance en matière de croissance que les Allemands lui envieraient presque, une étude vient enfoncer le clou et sonne certainement la fin du french bashing.

Loin de se cantonner à un trimestre, cette publication ébranle les convictions. Après les travaux d’un jeune doctorant du MIT, qui remettaient en cause les conclusions du livre de Thomas Piketty, c’est une Française, encore plus jeune puisqu’elle est en 1ère année à Sciences Po Paris, Ludivine Macrellon, qui met en évidence les performances identiques de la France et de son voisin d’outre Rhin en termes de PIB.

Selon ses travaux, en matière de PIB, la France n’a pas décroché de l’Allemagne depuis 1998, elle fait jeu égal ! C’est en se penchant sur un indicateur assez peu exploité par les économètres que l’auteure de cette thèse déroutante a établi la similitude parfaite des trajectoires française et allemande. En effet, quand on étudie l’évolution dans le temps de la part de la valeur ajoutée totale dans le PIB, on constate que les deux pays connaissent une stabilité complète à 100% de l’indicateur (comme l’indique les graphiques suivants).

PIBfrance
PIBall

Mme Macrellon le reconnaît, au début, elle n’y croyait pas : « C’est arrivé un peu par hasard. Je me suis perdue sur le site d’Eurostat un soir de déprime. J’ai commencé à naviguer dans les séries chronologiques. À un moment donné, j’ai téléchargé un fichier Excel, sans trop savoir ce qu’il contenait. Après quelques régressions, en voyant les résultats, je me suis dit que je devais faire fausse route. Finalement, j’ai fait tourner ma calculette Casio dix fois avant de me dire que j’avais déniché un truc. ».

Et quel « truc » ! Au ministère de l’économie, on a déjà commenté la version préliminaire de l’article (qui devrait être publié dans une revue internationale sous peu). Vincent Lamardière, responsable des études économiques junior, ne tarit pas d’éloges : « C’est une recherche de grande qualité. Elle nous ouvre des perspectives importantes en matière de connaissance de notre économie et de communication gouvernementale. Les chiffres du chômage sortent dans une semaine. Ça va nous aider ».

Comment une telle découverte n’a-t-elle pas eu lieu plus tôt ? Pour Ludivine Macrellon, c’est le fruit d’une réflexion hors des sentiers battus que les économistes mainstream se refusent : « Ces gens sont formatés pour tous penser de la même façon. Il fallait une pensée ouverte pour aboutir. ». Quand on lui demande si elle se considère comme hétérodoxe, la réponse fuse : « Absolument, je suis totalement hétérodoxe. D’ailleurs, j’espère que ce genre de résultats montrera que nous avons besoin en France d’une section universitaire en économie qui ouvre de nouvelles perspectives ». Et Ludivine, qui se définit comme une « passionnée éclectique transdisciplinaire de psychologie, de sociologie, d’Histoire, de neurolinguistique appliquée et d’Astrologie » a déjà un projet de thèse en économie.
Stéphane

16/05/2015 – Les chiffres de la croissance jugés calamiteux par 75% des commentateurs

« Une calamité ». « On est un peu sous le choc ». « On est super emmerdés ». « Je me demande bien comment je vais pouvoir rester à l’antenne un trimestre encore, si ça continue. Mon seul espoir, c’est une hausse de 3 points des taux sur la dette publique ». Les experts de la télévision sont unanimes, les chiffres de la croissance au premier trimestre annoncés cette semaine, plus élevés que prévus, sont mauvais. Après des années de morosité, qui facilitaient bien leur travail et stimulait l’activité des diseurs de malheur, l’annonce est brutale. Chez une chaîne d’information généraliste bien connue, qui souhaite garder l’anonymat, on est sur les dents : « Franchement, , si la tendance se prolonge, c’est notre business model qui doit être revu de fond en comble. On a que des éditorialistes catastrophistes, dressés pour se lamenter sur la politique économique du gouvernement et dénoncer l’immobilisme français ». Les médias ne sont pas les seuls à trembler. Du côté des experts de la commission ad hoc, on voit l’avenir avec scepticisme. L’un d’entre eux, qui souhaite garder l’anonymat, nous a déclaré : « Bon, moi, je suis pas trop inquiet… vous comprenez, depuis Mitterrand, chaque fois qu’une commission est créée, on m’appelle. Donc, même si je ne pourrais plus choisir mes commissions comme avant, je continuerais à exister si ce terrible drame se confirme. C’est pour les plus jeunes que je suis ennuyé. Comment voulez-vous construire une carrière correcte dans ce milieu si tout commence à aller bien ? A 30 ou 40 ans, cinq ans de croissance et une baisse du chômage, c’est la mort assurée ».
Dans le monde politique, on est plus serein. Contacté par téléphone, un député de l’opposition, qui a souhaité garder l’anonymat, explique que le monde politique a plus d’une corde à son arc, en matière de ce-pays-va-mal : « Bah, nous, on s’en sortira. Vous savez, la croissance et le chômage, c’est un de nos axes de travail importants, c’est vrai. Mais on a diversifié nos activités depuis longtemps. On a les affaires de corruption, les scandales de mœurs et les affaires étrangères. Tenez, regardez Clinton. Le bonhomme était en plein boom économique majeur et la stagiaire a failli le faire tomber… ».
Stéphane

02/02/2015 – Oxfam déplore l’annonce d’une hausse du salaire minimum

Le porte-parole d’Oxfam a réagi vivement a l’annonce par le gouvernement de procéder à une hausse du smic en juin prochain :
« Alors que les inégalités de revenu atteignent des sommets, comment peut on justifier une politique qui ne bénéficiera qu’aux 7% de plus hauts revenus dans le monde ? [1] Le gouvernement français montre une nouvelle fois à cette occasion sa préoccupation exclusive pour les nantis, au détriment des plus pauvres. On ne le dira jamais assez, mais 93% des humains gagnent moins que le smic français. Élever le revenu des 7% les plus riches, au détriment des pauvres, est un bien sinistre signal »
Le premier à réagir à cette déclaration a été Pierre Gattaz, qui a lâché : « Putain les cons… respect. ».
[1] Des chiffres vérifiables ici :http://www.globalrichlist.com
Alexandre

22/01/2015 – Peut-on organiser un assouplissement quantitatif tout seul à la maison ?

C’est la question que le petit Mario pose par mail. Nous avons donc demandé à notre spécialiste d’analyse monétaire, Ange Falconetti, de répondre à sa question.

« Cher Mario,
Merci pour cette question. Oui, tu peux organiser un assouplissement quantitatif si tu en as envie, mon petit. Moi-même, il y a quelques années, j’en ai mis un en place. C’est très facile, il te suffit de suivre quelques conseils simples :
- Choisis une bonne imprimante et du papier de qualité,
- N’en parle pas à ton papa et ta maman (ce doit être une surprise). Et surtout pas dans les media.
- Préfère les petites coupures, évite les 50 euros et plus.
- Ne fais pas comme le grand Mario, n’achète pas de la dette publique avec, on sait jamais. Ces Italiens, des frimeurs. Et encore moins de Maserati.
Enfin, et par dessus tout, opère progressivement. Ne sois pas trop gourmand. C’est très important. Je n’ai pas eu cette modération. Aujourd’hui, je le regrette.
Je te laisse, c’est l’heure de la promenade. Bonne chance à toi Mario.
Bien à toi,
Ange. »
Stéphane

16/01/2015 – Ivre, François Hollande salue les risques de déflation

 

ivre

C’est un vibrant hommage que François Hollande vient de rendre à éconosky, en saluant l’action de la BCE dans sa lutte contre l’inflation (qu’elle a réussi à ramener à presque zéro), à l’occasion de ses voeux au corps diplomatique. D’abord interloquée, puis morte de rire, ensuite déprimée et finalement affalée sur un canapé avec un whisky, la rédaction de notre journal a décidé de se contenter du communiqué suivant :

« En ces moments d’unité nationale, nous remercions le Président de la République pour sa contribution à l’existence pérenne et hilarante d’une presse satirique, y compris amateur ».

Nous tenons néanmoins à rappeler que l’objectif d’inflation de la BCE est de 2%, pas de 0% et que s’écarter de près de 2 points de sa cible, c’est plutôt un échec.

Stéphane (d’après une info exclusive d’Alexandre)

 

08/01/2015 – [Correction] Charlie Hebdo : les tueurs seraient des sociologues sociopathes

Suite à un regrettable malentendu, le terme « sociologue » a remplacé « sociopathe » dans notre précédent article. Ce sont bien deux enculés de sociopathes qui ont tué 12 personnes chez Charlie Hebdo. Nous présentons nos excuses à tous les sociologues.

Stéphane

08/01/2015 – Charlie Hebdo : les tueurs seraient des sociologues

Après l’attentat perpétré contre les locaux de Charlie Hebdo, une piste émerge. Les tueurs seraient des sociologues. La présence de Bernard Maris, économiste, parmi les victimes accrédite cette thèse. Interrogé par éconosky, Thibault Grandmont, sociologue pacifiste, explique pourquoi elle est plausible : « Les sociologues détestent les économistes, c’est bien connu. Ils sont les stars médiatiques des sciences sociales (…) cela crée quelques tensions. Certaines frustrations peuvent alors s’exacerber, j’ai souvent pu le constater ». Quand on lui fait remarquer que Maris était plutôt bien disposé vis-à-vis des autres sciences sociales, il répond que c’est bien pire, justement : « Vous imaginez… non seulement le bonhomme comprend l’économie, ce qu’un sociologue est incapable de faire. Mais, de surcroît, il a quelque chose à dire sur la socio. Un vrai cauchemar pour un sociologue un peu perturbé ».

Stéphane

25/12/2014 – Ivre, elle explique à table pourquoi le modèle de Ramsey est techniquement plus fin que le modèle à générations imbriquées mais que le temps continu dans les modèles de croissance est un obstacle à une tractabilité suffisante, notamment en termes de spécifications des fonctions de comportement et flingue son repas de Noël

Le réveillon de Noël avait pourtant bien commencé chez les parents de Christine. L’ambiance était joyeuse et les vingt personnes réunies pour l’occasion semblaient heureuses de se retrouver. Le repas suivait son cours avec gaité et l’on approchait de l’heure des cadeaux lorsque Christine, visiblement enivrée, se lance dans une longue explication concernant les mérites comparatifs des différents modèles génériques de croissance utilisés par les économistes depuis l’après-guerre. Les plus vieux s’endorment rapidement, alors que les autres convives ne quittent plus des yeux leur assiette. L’oncle Robert déclenche le mouvement de repli, prétextant d’un cours de zumba le lendemain matin à 8h, pour quitter la fête. Il est aussitôt imité par le reste des invités, laissant Christine, ses parents et un vieux qui dort seuls autour de la table.

Interrogé sur l’incident, la cousine de Christine le regrette : « Je pense que mon oncle et ma tante ne m’en voudront pas. Mais c’était insupportable, indécent. On n’a pas voulu faire d’esclandre, mais il y a des limites qu’on ne peut dépasser. Je connais ma cousine, c’est quelqu’un de bien. Mais avec l’alcool… ». Même son de cloche chez Michel, son parrain : « Qu’on dise du mal des éditos économiques de Pierre-Antoine Delhommais, je veux bien l’accepter, même si je disconviens avec vigueur. Mais ça… ». Finalement, c’est probablement le neveu de Christine, Lucas, un an et demi, qui résume le mieux le sentiment ambiant : « A rien compris Lucas, alors a pleuré Lucas ».

Stéphane

23/12/2014 – Que font quelques économistes connus pour Noël cette année ?

Jean Tirole : honneur au Prix Nobel 2014. Pour le réveillon, Jean Tirole a décidé de rester devant son compteur électrique et de vérifier si EDF surfacture abusivement les heures pleines du 24 décembre au soir. Une enquête de terrain qui devrait faire taire ceux qui le considèrent comme un théoricien trop éloigné des réalités.

Alberto Alesina : après un mois à écumer, aux quatre coins de l’Europe, les arbres de Noël organisés par des administrations publiques et à inlassablement répéter que ces fantaisies dispendieuses sont « en train de briser les espoirs de relance par consolidation fiscale », l’économiste de Harvard passera la semaine du jour de l’an à éteindre les décorations lumineuses de Noël des rues des grandes villes italiennes.

Ken Rogoff et Carmen Reinhart : pas de vacances pour les deux trublions du 90%. Un stage de formation à R.

Thomas Piketty : le réveillon de l’auteur du best-seller en économie de l’année sera très chargé, puisqu’il coordonnera la collecte de données sur la distribution des cadeaux au niveau mondial, par âge, revenu et niveau de patrimoines.

Paul Krugman : des vacances paisibles et traditionnelles pour le plus célèbre économiste blogueur. Mais une rentrée studieuse et bien occupée, puisqu’il s’est mis en tête de prouver que l’afflux important de billes dans les cours d’école de New York ne sera pas à l’origine d’une hausse du prix des bonbons à la rentrée des classes.

Steven Levitt : selon le journaliste Stephen Dubner, coauteur de l’économiste, Levitt restera dans son bureau à Chicago pendant toutes la période des fêtes, afin de vérifier si la corrélation entre le nombre de lettres écrites au père Noël et le nombre de suicides par absorption de liquide vaisselle chez les enfants de 8 à 13 ans, sur la base des données collectées dans les différents États américains entre 1942 et 2013, est suffisamment solide pour servir de base au premier chapitre du tome 4 de Freakonomics.

Esther Duflo : vacances indiennes pour la spécialiste du développement. Elle supervise une étude visant à évaluer l’impact de la distribution gratuite de papier cadeau aux familles pauvres catholiques de Goa sur leur comportement de dépenses pour les fêtes de fin d’année. Pour rappel, l’an dernier, la distribution de sommes d’argent destinées au même usage dans la même communauté avait seulement abouti à une hausse de la consommation de cocaïne.

John Nash : comme d’habitude, pour le 24 décembre au soir, un morceau de dinde, une pilule bleue, une partie d’échecs avec Deep Blue et au lit.

Stéphane

23/12/2014 – Publicité : formation accélérée en économie pour les dentistes à l’ego sous-dimensionné

Vous êtes dentiste ? Vous êtes trop humble ou trop compétent ? Vous en avez assez ?

L’Université Paris-Dauphine organise pour vous une formation accélérée pour devenir économiste.

Oubliez Keynes et son stupide « Si les économistes pouvaient parvenir à se faire considérer comme des gens humbles et compétents, sur le même pied que les dentistes, ce serait merveilleux. ». Devenez un véritable économiste !

Goûter aux joies de l’argument d’autorité ? Ne plus jamais répondre « Je ne sais pas » à une question professionnelle ? Passer à la télévision et y prédire la prochaine crise financière avec aplomb ? Etre écouté comme un dieu ?

Oui, c’est possible ! N’hésitez plus, votre nouvelle vie commence demain.

Contact : devenirunbouffon@univ-dauphine.fr

Stéphane

22/12/2014 – Les chroniques de livre de Fleur Pellerin

Pas le temps de lire ? Pas grave. Un livre en 10 secondes !

E.Brynjolfsson, A.McAfee, The Second Machine Age, Norton, 2014.

Si tu te fais livrer tes bouquins commandés sur Amazon par drone, sois pas étonné de perdre ton boulot.

Stéphane

21/12/2014 – Ivre, il fait l’apologie publique du Monétarisme

C’est une situation embarrassante qu’a vécu un jeune doctorant lors d’un séminaire postkeynésien consacré à « l’instabilité financière inhérente au système capitaliste » qui se tenait mardi dernier à l’Université de Paris X Nanterre. Alors que le cocktail de clôture de l’évènement battait son plein,Vincent (le prénom a été modifié), visiblement éméché, s’est mis à hurler, devant une salle médusée : « L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire ! ». Un slogan de triste mémoire pour tous les keynésiens du monde, puisqu’il s’agit d’une des phrases les plus célèbres de l’économiste monétariste Milton Friedman. Les regards inquisiteurs, la rumeur de désapprobation et le malaise soudain d’un professeur émérite qui suivent son intervention ont tôt fait de ramener Christophe (le prénom a encore été modifié) à l’ampleur de ce qu’il vient de faire. Une carrière bousillée en un clin d’oeil. « Sur le coup, tu te sens seul, c’est sûr », commente-t-il. Quand on lui demande ce qui s’est passé, il répond simplement : « Le stress, la pression. Ça fait trois ans que j’essaie de montrer que les crises financières ont une régularité cyclique qu’on peut estimer avec rigueur. Pour le moment, j’ai juste montré que les marchés financiers sont bien plus efficients que ce que mon directeur de thèse ne raconte sans arrêt. Je suis supposé soutenir ma thèse dans 4 mois ; tu vois le binz… ». Questionné sur son avenir, Christophe lâche, sur un ton résigné : « Bah, de toute façon, y a déjà pas de postes pour ceux qui arrivent à montrer que le capitalisme va disparaître dans moins de 10 ans… Alors, je ferai comme eux, je passerai le Capes et j’irai enseigner dans un lycée de banlieue. »

Stéphane

20/12/2014 – EXCLU éconosky ! Une interview de Keynes

éconosky : John Maynard Keynes, comment expliquez-vous ces rumeurs contradictoires sur votre mort ?

John Maynard Keynes : C’est difficile à dire. Ceci est probablement lié à cette phrase qu’on me prête, selon laquelle au long terme nous serions tous morts. S’il semble bien que je l’aie prononcée, ce devait être lors d’une interview pour Têtu donnée après avoir pris pas mal de produits, car je n’en ai aucun souvenir. Je présume que certains l’ont prise au pied de la lettre et sont pressés de me voir disparaître. Ils oublient, au passage, que c’est également moi qui ai dit que tous les pragmatiques et autres décideurs étaient, dans leurs modes de raisonnement, les esclaves d’un économiste mort.

éco : Que pensez vous de la situation de l’Europe ? Vos enseignements sont-ils oubliés ?

JMK : J’observe cela avec amusement. D’abord, n’oublions pas que j’avais prévu la crise. En fait, non… Mais comme tout le monde dit l’avoir prévue, je dois le dire aussi.

Ensuite, je vous rassure, je suis bien vivant. Néanmoins, j’ai du mal dans certains pays comme la France à faire autant d’audience que Zemmour, Trierweiller ou Nabilla. L’idée qu’une économie en sous-emploi doit connaître un soutien de l’activité reste vraie. Notez que la situation est encore plus dramatique en Allemagne, où l’on considère qu’il faut « faire payer le Grec ». Au fond, beaucoup de décisions des dirigeants européens ont rendu un hommage vibrant, que je présume involontaire, à mes travaux. Si vous observez ce qui a été fait de 2009 à 2012, par exemple, c’est stupéfiant. Tout a été organisé pour prouver que mon approche en termes d’incertitude, de mimétisme et d’esprits animaux était exacte. Je n’avais pas songé à une application sous cette forme, mais je remercie Jean-Claude Trichet, José Manuel Barroso et quelques autres pour cette expérience naturelle très concluante.

éco : En France, il semble que la tendance ces derniers temps soit à vous préférer Joseph Schumpeter, au travers de « politiques de l’offre ». Comment jugez-vous ce changement ?

JMK : Joseph, dont on ne peut pas dire qu’il soit très bel homme, s’est brillamment illustré dans l’art de la séduction. J’imagine qu’un certain nombre d’hommes de pouvoir veulent donc s’en inspirer. Au delà de ça, ce sont plutôt les néo-mercantilistes qui me concurrencent sur le terrain des idées. Les références à mon ami Schumpi sont souvent vides. Ce n’est pas sans conséquence : la schizophrénie progresse. Je pense à ce malheureux Arnaud Montebourg. Passer de « we have to go slowly » à un stage à l’INSEAD, c’est moche. Quoi qu’il en soit, si la célèbre phrase de Milton Friedman « nous sommes tous keynésiens » était techniquement envisageable et flatteuse, les gouvernements européens seraient bien inspirés de comprendre que « nous sommes tous en excédent commercial » n’est pas tenable.

éco : Comment jugez-vous l’évolution de nos sociétés ?

JMK : Il y a un certain temps, je prédisais une société de l’abondance où nous ne travaillerions pas plus de trois ou quatre heures par jour, pour pouvoir nous adonner à des occupations plus enrichissantes. Vous, les Français, avez élus président en 2007 un homme qui voulait « travailler plus pour gagner plus ». Travailler 35 heures par semaine est considéré par certains comme une incroyable paresse et quand on donne du temps libre aux gens, ils postent des photos de chats sur Internet et cliquent frénétiquement sur des boutons avec des pouces dessus. Il est évident que j’avais tout faux.

Stéphane

20/12/2014 – Les chroniques de livres de Fleur Pellerin

Pas le temps de lire ? Pas grave. Un livre en 10 secondes !

P.Aghion, G.Cette, É.Cohen, Changer de modèle, Odile Jacob, 2014.

La France va mal. La solution : la rebaptiser Suède (ou Finlande).

Stéphane

20/12/2014 – Top 5 des raisons pour lesquelles le Prix Nobel de Tirole est usurpé.

1. Jean Tirole est un méchant libéral. La preuve, il trouve qu’il faut chercher à améliorer le fonctionnement du marché du travail.

2. Jean Tirole est un affreux libéral. La preuve, il propose des solutions pour combattre le réchauffement climatique, dont les marchés de droits à polluer.

3. Jean Tirole est un odieux libéral. La preuve, il s’intéresse aux incitations dans la finance et suggère que le calcul des bonus devrait être révisé.

4. Jean Tirole est un immonde libéral. La preuve, il s’intéresse au fonctionnement des marchés.

5. Le prix Nobel d’économie n’est pas un prix Nobel.

Stéphane

20/12/2014 – Statistiques du chômage : des chiffres surinterprétés qui cachent une réalité plus gaie

La sinistrose, manie typiquement française, est un fléau. En tête des thèmes qui l’alimentent, on trouve évidemment le chômage. Pourtant, une analyse différente du problème permet clairement de relativiser le problème.

Surs les données clés

Pour l’INSEE, la France compte en novembre 2014 2,8 millions de chômeurs. Mais elle compte près de 25,8 millions d’actifs occupés. De quoi se réjouir, puisque la France compte 23 millions de personnes en emploi de plus que le nombre de chômeurs. Le Luxembourg, par exemple, est loin de faire aussi bien, avec un écart entre nombres de personnes en emploi et nombre de chômeurs de seulement 379 000. Le premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, déclarait récemment à ce sujet que son « objectif est de réformer le marché du travail luxembourgeois, pour que nos performances soient comparables à celles du modèle français ».

2,8 millions de chômeurs, c’est toujours bien moins que les 5,5 millions de fonctionnaires. C’est toujours ça de pris.

Près de la moitié des chômeurs sont des chômeurs de longue durée, quand on prend comme durée minimale une année hors de l’emploi. Mais, ce nombre tombe à zéro quand on prend les actifs sans emploi depuis plus de 15 ans. Le chômage n’est pas un phénomène sans fin pour les individus.

Mettre systématiquement en lumière les chiffres moyens ne donne pas une image réaliste et fidèle de la situation. Il faut s’intéresser à certains effets de structure. Ainsi, si le taux de chômage moyen est aussi élevé, c’est parce que le taux de chômage est plus élevé dans certaines régions que dans d’autres. En éliminant les zones les plus touchées par le chômage, on obtient des statistiques bien moins inquiétantes. Cette analyse vaut également en matière de qualifications, de manière encore plus spectaculaire. Ainsi, le taux de chômage des bac+5 à Neully est presqu’insignifiant.

Des perspectives optimistes

Même si les chiffres sur le sujet ont du mal à filtrer, le nombre de suicides de chômeurs serait en hausse. Si cette tendance se poursuit, on peut espérer une inversion mécanique de la courbe du chômage d’ici quelques années. Chez Pole Emploi, on est confiant. Robert Pichon, directeur de l’agence Pole Emploi à Montluçon, voit des jours meilleurs arriver : « Chez nous, l’optimisme est de rigueur. Non seulement, le nombre de radiations pour décès a crû de 6% l’an dernier, mais nous constatons également une hausse des décès intentionnels chez nos agents. Ce qui nous permet de soutenir notre business model en embauchant des chômeurs manifestant encore une surprenante envie de vivre. » Quand on lui demande s’il n’est pas hasardeux de recruter des individus pas forcément qualifiés pour ce travail, il est catégorique : « Pas du tout. Non seulement ils sont totalement dépassés, comme ceux qui sont formés,ce qui facilite leur intégration. Mais, de plus, ils adhèrent pleinement aux objectifs qualité de Pole Emploi. C’est dans leur contingent qu’on obtient les meilleures statistiques en termes de suicide. Ils tiennent rarement plus de six mois ».

Il faut cependant rester réaliste. C’est bel et bien la politique de l’emploi du gouvernement qui réduira drastiquement le nombre de chômeurs. Sur ce front également, les études sont unanimes, la courbe sera brutalement inversée dans peu de temps. « Le rapport sur les prévisions de l’emploi que j’ai rédigé pour la DARES le montre clairement : 2015 verra le taux de chômage tomber à 7,5% » constate Jonathan Barrière, économiste à la DARES [Ndlr : intronisé chef des études économiques dès que François Rebsamen a eu connaissance des résultats de cette étude (réalisée sous Excel)].

Stéphane

19/12/2014 – Annonce

L’Association d’Économie Cryptique est heureuse de vous inviter à sa conférence :

La dimension métaphysique du postkeynésianisme, à l’aune des recherches sur l’analyse anthropologique des déséquilibres monétaires internationaux et leur impact sur le travail de nuit des femmes dans l’Inde de la seconde moitié du 19ième siècle.

La conférence aura lieu le 5/01/2015 à 13h30 dans les locaux du Bar du soleil, 25 rue des acacias, 75002 Paris.

Elle sera précédée d’un cocktail apéritif offert aux participants de 11h à 13h.

Stéphane

19/12/2014 – De l’alcool et des courbes : la courbe de Phillips

L’économie utilise régulièrement des courbes pour représenter ses mécanismes. Un certain nombre de courbes de l’analyse économique sont particulièrement célèbres. Mais, saviez-vous que la plupart du temps, elles sont en réalité le fruit d’une réflexion autour de l’alcool, sa production, sa consommation, sa répartition et sa digestion ? éconosky a enquêté pour vous sur ce sujet. Notre premier volet est consacré à la courbe de Phillips.

En apparence, la courbe de Phillips exhibe un lien décroissant entre le taux de chômage et le taux d’inflation (ou de progression des salaires). Elle repose sur l’idée que lorsque le marché du travail est tendu, le chômage est faible et les négociations salariales favorables aux travailleurs. A l’inverse, en période de chômage élevé, les revendications salariales sont moins facilement satisfaites. Si on suppose que les entreprises fixent leurs prix en ajoutant une marge au coût salarial, dans le premier cas, l’inflation sera élevée ; faible dans le second.

La courbe de Phillips peut se représenter sous cette forme :

phillips1Cette approche est l’histoire officielle de la courbe de Phillips. En réalité, il y a de bonnes raisons de penser que ce que William Phillips avait en tête est davantage le schéma suivant, identique à un détail près, les variables représentées sur les axes :

phillips2Le taux de chômage est remplacé par le nombre de bières bues en 8 heures et le taux d’inflation par le nombre de mots cohérents alignés en 10 minutes. Une relation fortement décroissante.

La courbe de Phillips est, sous cette forme, encore plus spectaculaire. Elle confirme statistiquement une intuition forte : quand on est bourré, on dit n’importe quoi. Mais l’intuition n’est qu’un stade et Phillips a su forger une démonstration de l’hypothèse d’une rigueur sans faille.

La courbe de Phillips est, on l’a dit, avant tout le résultat d’un travail statistique. Contrairement à la légende, c’est l’observation des clients de pubs, néozélandais puis britanniques, qui donna à William Phillips l’intuition de sa célèbre courbe. Sa curiosité naturelle avérée l’a conduit à s’intéresser à ce domaine, l’alcool, qu’il n’était pas supposé connaître, compte tenu de ses origines sociales (il était le fils d’un fermier laitier). Comment douter de la validité de cette thèse quand on s’intéresse à une autre réalisation de Phillips, la « machine de Phillips« , élaborée à la London School of Economics et dévoilée en 1949 ? Cette machine hydraulique était supposée représenter le fonctionnement d’une économie en grands agrégats par la circulation de volumes d’eau. Il semble évident qu’un appareil de cette nature n’ a pu être conçu que par un individu passablement ivre et qu’on ne nous fera pas croire qu’il songeait à faire couler seulement de l’eau dans sa construction.

phillipsmachine1Ceux qui ont pu observer la machine, dont un exemplaire est exposé au Science Museum de Londres, auront remarqué les petites marques typiques du houblon qui se nichent dans les coudes des tuyaux la parcourant et résistent à un nettoyage pourtant minutieux.

phillipsmachine2

Alors, comment expliquer que la courbe de Phillips ait finalement évolué vers le concept que tous les manuels ressassent depuis ? Il se murmure qu’un jour où Phillips présentait les résultats de ses travaux à un collègue, le directeur de la LSE est entré à l’improviste dans la salle où se déroulait la scène. Phillips, pris au dépourvu, et craignant de créer un scandale au sein de la prestigieuse LSE si la vraie nature de sa découverte était révélée, improvisa à la hâte une autre interprétation axée sur la relation chômage-inflation. Cette hypothèse est largement confirmée indirectement par les faits. En effet, comme l’ont constaté un peu plus tard les économistes, lorsqu’on met en relation taux de chômage et taux de progression des salaires, on obtient plutôt ceci :

phillipsfranceEt, sauf à considérer que les Français ont un rapport à la bière un peu particulier, force est de constater que l’instabilité de la courbe de Phillips n’a qu’une seule explication : elle ne représente pas ce qu’elle est supposée représenter.

Les graphiques de cet article sont issus de cette publication.

Stéphane

19/12/2014 – Changer de modèle

Constatant les limites du modèle allemand, les économistes français s’intéressent de près au modèle martien. Philippe Aghion, dans la lignée de ses publications récentes, notait récemment que « sur Mars, le taux de chômage est à 0%, les déficits publics n’existent pas, la stabilité monétaire est avérée et les nuisances à l’environnement sont particulièrement limitées. Les Martiens semblent tenir quelque chose, nous devons nous en inspirer. ». Conscient qu’il faut pousser plus en avant la réflexion sur le sujet, il précise néanmoins : « il reste encore à expliquer comment tout ceci peut se faire en l’absence de croissance. Mais il est important pour les économistes, souvent en retard sur les faits, de mieux appréhender ce ‘miracle martien’ et de prendre, pour une fois, une longueur d’avance. ».

Stéphane

18/12/2014 – Tabula rasa

Après avoir affirmé que la France devrait sortir de la convention 158 de l’OIT pour résoudre les problèmes d’emploi de la Nation, le président du MEDEF envisagerait sérieusement de supprimer le préambule de la Constitution, qui, selon lui, « pose un certain nombre de problèmes aux entrepreneurs dans leur gestion opérationnelle des ressources humaines ». Et d’ajouter « C’est un modèle d’archaïsme que seule la France peut encore perpétuer ».

Stéphane

18/12/2014 – Fait divers

Thomas Piketty a été entendu comme témoin par la police judiciaire, dans le cadre d’une enquête sur le suicide d’un milliardaire. De source proche du dossier, cette convocation serait liée à la présence d’un exemplaire de son best-seller, Le capital au 21ième siècle sur la table de chevet de l’homme, ouvert à la page qui évoque la nécessité de mettre en place un impôt mondial sur le capital. Les faits se sont produits en janvier 2014. Ayant enfin fini de lire l’ouvrage de Piketty, les enquêteurs sont désormais en mesure de l’interroger pour comprendre ce qui a pu pousser le richissime individu, dont le nom reste inconnu, à mettre fin à ses jours en aborbant un cocktail à base de 99% d’eau et 1% de cyanure.

Stéphane

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