Note de lecture


j6m.com
Jean Marie Messier (2000)

Ben quoi ? Oui, je sais, c’est une chronique assez surprenante. Et alors ? Après tout, Viviane Forrester ou George Soros ont été chroniqués sur ce site. Bon, ok, le livre de Messier il est quasiment tout pourri. Et sincèrement, je ne pensais pas me fendre d’un commentaire à son sujet. Pour tout dire, je l’ai acheté à la gare quand j’ai vu qu’il était sorti en poche, pas cher. J’ai entrevu la posibilité de me tenir au courant de ce qui se fait chez les grands de ce monde, rien de plus. Mais finalement, il m’a semblé possible de faire quelques commentaires à son sujet.
Ca commence doucement, doucement. Des récits de guerre de fusionneur-acquéreur. Déjà, on se dit qu’on survole les choses d’assez haut, sans rentrer trop dans le secret des dieux, même si c’est toujours marrant. Et puis, comme les commentateurs n’ont pas manqué de le faire remarquer, c’est assez personnel dans les premières pages.
Les choses se compliquent peu après… D’abord, il y a ce côté « j’écris pour mes proches collaborateurs et pour le salarié lambda de Vivendi ».Vivendi, c’est beau, Vivendi je l’aime et patati et patata. Ca tourne franchement au catalogue par moment et on se dit que même en poche, ça fait cher le prospectus de pub.
Ensuite, ça se corse sérieusement quand il est question de justifier l’ationnariat salarié ou de dessiner les contours de la société numérique de demain (celle que Vivendi crée, ça va de soi…).Le texte devient caricatural, limite propagandiste , absolument plus personnel, tout juste convenu et un poil manipulateur. Qu’on ne me parle pas de l’enthousiasme du grand enfant que serait resté Messier. Quand on est aussi naïf, on fait pas l’X, l’ENA, pour finir par racheter Seagram à la tête de Vivendi…
Le reste n’est que détails. j6m.com est un livre peu instructif. Les passages relevant d’une réflexion économique sont dignes de Jean Marc Sylvestre. Et se dire que le livre n’a pas de prétentions en la matière ne suffirait pas et serait en grande partie inexact. A ne pas lire d’urgence. Sauf si vous ne me croyez pas… Allez, c’est promis, dès que je trouve le dernier Minc en poche, d’occasion, édition reliée cuir, dédicacé par l’auteur et annoté par François Mitterrand, je l’achète, je le lis et je le chronique.
Stéphane Ménia
05/04/2001

Jean Marie Messier, j6m.com. , Le livre de poche, 2000 (environ 6 €)

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