Alexandre Delaigue

Comment sauver la zone euro?

La mort de la zone euro a un visage, celui-ci :

La dette italienne est sous une pression intenable. Et l’Italie est trop importante pour être sauvée par un FESF qui révèle sa nature de pistolet à bouchon. Prochaine étape si cela continue : la France, qui n’est pas protégée par son plan triple zéro. Il sera temps plus tard de faire l’histoire des multiples erreurs qui ont conduit à cette situation. Voici en attendant la seule issue viable. Il ne s’agit pas d’un plan issu de mon génial cerveau, mais d’un résumé que n’importe qui peut faire en suivant l’actualité sur les blogs et sites économiques.

- Une annonce, dès les prochains jours, par la banque centrale européenne, qu’elle fera tout, et absolument tout, pour tenir le cours des obligations publiques des pays membres de la zone euro au dessus d’un plancher. Qu’en d’autres termes elle interviendra, en rachetant massivement les titres de la dette publique, quitte à la monétiser temporairement. C’est le seul moyen d’arrêter les attaques spéculatives contre les dettes publiques : aucun spéculateur ne peut lutter contre une banque centrale capable de créer des euros indéfiniment. Le plus beau dans l’opération, c’est que si l’annonce est faite de façon suffisamment crédible, si le taux soutenable cible est annoncé clairement, la BCE n’aurait pas besoin d’acheter et de monétiser beaucoup de dette italienne : le marché s’ajustera à ce niveau. Le mécanisme d’un tel plafond a été décrit dans ce post de Kash Mansori.

- Simultanément, la BCE annonce que désormais, elle interprète son objectif de stabilité des prix non plus comme une inflation inférieure à 2%, mais comme un objectif de croissance annuelle du PIB nominal (c’est à dire, PIB réel et inflation) de 5%. Ce « NGDP targeting » défendu âprement par l’économiste Scott Sumner depuis des années, est désormais l’une des idées les plus répandues du moment: elle a même bénéficié de l’intérêt de Ben Bernanke. L’idée est ici la suivante : les pays périphériques de la zone euro souffrent à la fois d’un endettement (privé et public) insoutenable, d’une absence de croissance du PIB, et d’énormes décalages de compétitivité causés par une politique de la banque centrale européenne adaptée à personne. Un objectif actuel de 2% implique en pratique la déflation dans tous les pays périphériques, entraînant la dynamique de déflation-dette décrite par Irving Fisher (si les prix et les salaires baissent, le poids de la charge de la dette devient insoutenable, causant faillites en série, récession, et de nouveau déflation).

Fixer un objectif de croissance du PIB nominal de la zone euro à 5% aurait des effets très variés selon les pays européens. Inflation forte en Allemagne, modérée dans les pays périphériques. Mais c’est précisément cela qu’il faut pour réduire les déséquilibres de balance courante et de compétitivité. Le seul choix actuel est entre 5% d’inflation en Allemagne et 2 dans les pays périphériques, ou 2% en Allemagne et 5% de déflation dans les périphériques, ce qui est parfaitement intenable. Comment atteindre cet objectif? de la même façon que pour la stabilisation du cours des dettes publiques. Une annonce explicite, une baisse des taux d’intérêts, et des opérations ostensibles de rachat de dette. Cet objectif et le précédent peuvent être suivis simultanément. Le grand intérêt de l’opération est que dès que la croissance repart, la BCE peut sans soucis adopter une politique monétaire plus restrictive pour éviter une inflation excessive.

- Et du côté des gouvernements? Une évolution fédérale majeure de la zone euro. Des transferts de compétences (par exemple, une assurance-chômage européenne, et côté recette, le versement intégral d’une TVA uniforme à l’Union, pour un début) faisant progressivement monter le budget de la zone euro à 10-20% de son PIB. Et une évolution institutionnelle permettant un réel contrôle démocratique des prérogatives de l’Etat européen ainsi créé. Les Etats nationaux, dans le même temps, se retrouvent avec des prérogatives de régions : interdiction de voter un budget en déficit, compétences limitées, perte majeure de souveraineté. En attendant, des engagements fermes de la part des pays périphériques, désormais abrités des grosses difficultés par la BCE, de tout mettre en oeuvre pour favoriser la croissance économique et réduire ainsi les déficits publics.

Tout cela est-il possible? Très probablement, non. La BCE ne peut pas, selon les traités, décider d’annoncer un soutien aux dettes publiques nationales. Quand bien même elle s’assiérait sur les traités (en attendant un changement…) il n’y aura jamais un consensus au conseil des gouverneurs pour une telle politique. Le ciblage du PIB nominal pourrait éventuellement passer (cela donnerait du travail aux constitutionnalistes allemands, qui ne manqueraient pas d’être consultés sur le sujet) mais la perspective d’une inflation élevée en Allemagne est actuellement inacceptable. Aucun gouvernement n’y résisterait. Quant au saut fédéral, c’est un doux rêve. Le soutien inconditionnel de la BCE conduirait plutôt les pays aux institutions les plus fragiles de renoncer à réduire les déficits, sachant que l’inflation est supportée par les autres. Et aucun chef de gouvernement européen n’a envie de se retrouver avec des prérogatives réduites à celles d’un gouverneur du Texas ou de Californie.

La vraie question est la suivante : tout cela en vaut-il vraiment la peine? La réalité simple est que les logiques nationales ne disparaissent pas comme cela; que les pays européens se porteraient tous mieux, aujourd’hui, si la monnaie unique n’avait jamais été créée. Comme le disait James Tobin, il faut beaucoup de triangles d’Harberger pour remplir un output gap (les initiés reconnaîtront le jargon). Toutes les inefficiences économiques causées par l’absence d’une monnaie unique ne sont pas grand chose à côté de la dévastation de la conjoncture que nous observons à intervalles réguliers dans les pays européens depuis 1993. Il faut contempler cette question sérieusement, sous peine d’avoir en plus une dislocation de l’euro lente, brutale et douloureuse, avivant les pires extrémismes.

PS : je n’aime pas être pessimiste. J’ai voté oui à Maastricht, oui à la constitution européenne, et ce sont les deux votes les plus sincères et engagés de mon expérience d’électeur. Si un miracle me donne tort, j’en serai le premier ravi.

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Alexandre Delaigue

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25 réflexions au sujet de « Comment sauver la zone euro? »

  1. Le problème est en effet un problème de coordination. La prise de décision est quasi impossible, les engagements sont peu crédibles, d’une part à cause des logiques nationales, d’autre part à cause de la piètre qualité de certaines classes politiques.
    L’exemple grec est frappant: alors qu’ils auraient dû faire défaut depuis longtemps, ils disent vouloir l’éviter mais n’arrivent pas se mettre d’accord. Le maintien de Berlusconi au pouvoir c’est aussi tout un poème. Bref, aucune chance d’avoir des changements de politique si la BCE monétise.
    Je suis aussi surpris qu’on se plaigne beaucoup de la BCE sur les blogs éco. Après tout c’est une assemblée de technocrates qui a fait pas mal pour retarder l’échéance et espérer un accord politique. Ça fait quand même 4 ans que ça dure. S’il faut changer de logique, qu’ils estiment devoir obtenir l’accord explicite des politiques me semble normal. Il n’y aurait pas de rachats de TBills aux US (quantitative easing) s’il n’y avait pas d’accord de l’administration Obama.

    Personnellement, je pense que l’urgence de l’urgence serait de créer une garantie des dépôts au niveau de l’UE, quitte à affecter/créer une taxe.

  2. Merci pour cette éclairante note.

    Quelques questions : voyant la tournure des événements, et avec votre bagage économique, revoteriez-vous pour Maastricht avec le recul ? Et pour le TCE ? Ces traités n’étaient-ils pas bancals dès le début, et l’issue inéluctable en l’absence de mécanismes de coordination fiscale et sociale ? Pensiez-vous à l’époque qu’il y aurait d’autres futurs traités (dans un avenir compatible avec les risques économiques) qui amélioreraient la situation ?

  3. La stabilisation du cours des dettes publiques par la BCE est en effet indispensable. Ce n’est pas forcément contraire aux statuts de la BCE (qui l’empêchent d’acheter sur le marché primaire, mais pas secondaire) et étant indépendante, la BCE a le droit de s’exprimer non ? La stabilité financière fait partie de ses objectifs il me semble…

    Pourrait-ce être réalisé, à défaut, par une EFSF dotée d’une license bancaire ?

    Le NGDP targeting me semble pousser un peu le mandat de stabilité des prix. Ce mandat pourrait être interprété différemment, par exemple en ciblant un niveau d’indice des prix en croissance de 2% et en se basant sur les prévisions du marché. Actuellement, cela nécessiterait une baisse (massive) des taux.

    origin-www.bloomberg.com/…
    (bunds indexés sur l’inflation de la zone euro)

    Pour le fédéralisme, une union budgétaire à base d’eurobonds serait une bon début non ?

    Sinon, content de voir l’état de l’art de la discussion mentionné sur un blog francophone. Merci.

    @Proteos: les arguments de "moral hazard" me laissent froid. Si une dette de 120% du PIB et les intérêts associés ne suffisent pas a changer la politique d’un gouvernement… (d’ailleurs, quel qutre problème y a-t-il avec la dette ?) Quand le taux atteint 7% il est trop tard.

  4. Je m’étonne que vous balayez d’un revers de main l’expertise du FMI traiter le dossier italien, qu’on aurait peut-être du laisser travailler en europe plutôt que de laisser nos politiciens notoirement amateurs casser leurs jouets.

    Votre proposition est donc de demander à la BCE de signer (au nom des européens vertueux) un chèque en blanc au 17 gouvernements de la zone euro. Scénario, vous en conviendrez, qui a fait l’objet de nombreuses publications romanesques des moins distrayantes.

    Outre le fait que la BCE n’a ni le mandat, ni la légitimité pour le faire (détail mineur et surtout banal quand on regarde l’historique de la construction européenne), ce que vous proposez est identifique ce que faisait en son temps l’URSS surtout dans la période 1955-1975.

    Et l’URSS avait au moins l’avantage de disposer d’institutions sachant faire émerger en son sein un leader politique incontestable, avec tous les avantages en matière de gouvernance monétaire que cela procure. Ce qui ne sera pas le cas dans la Z€.

    Après je vous pose une question : sera-t-il plus aisé en europe de mettre l’ensemble de la population sous surveillance ou de faire s’entendre l’élite politique de dix sept nations différentes.

    Quel sera alors l’intérêt pour qui que ce soit de détenir des actifs en roubles, pardon, en euros ?

  5. Il me semble pouvoir dater le "crunch point" de 2004 et l’entrée de 10 pays bizarres dans l’UE. J’ai l’impression que les peuples furent autant sideres que je le fus par la stupidite de nos hommes politiques a ce moment la.

    Depuis on assiste a la revolte des electorats qui se sont braqués et refusent absolument tout geste de solidarite, meme dans leur propre interet.

    Si cela pouvait conduire nos gouvernants a un peu plus de modesties et a gerer l’Etat efficacement et prudemment. Il me semble plus facile de faire la lecon au monde, a la BCE, d’elaborer des schemas de gouvernance Mondiale, forcement mondiale ou la Chine se tiendrait poliment a sa place, de se prononcer en faveur de la maternite et des tartes aux pommes que de faire simplement son boulot de syndic de copropriete honnete et soucieux d’utiliser intelligement les ressources des citoyens.

    Et les memes vont se representer dans 6 mois.

    Alexandre President! Un dentiste au pouvoir!

  6. "Il sera temps plus tard de faire l’histoire des multiples erreurs qui ont conduit à cette situation."

    En effet. Je me souviens notamment qu’éconoclaste défendait l’endettement il y a quelques années. Les protestations dans les commentaires étaient traitées avec mépris et condescendance, ou étaient censurées (j’en ai fait l’expérience).
    C’est depuis cette époque que je vois les professeur d’économie sous un jour différent.

    Réponse de Stéphane Ménia
    Quand vous nous aurez vu nus, ce sera encore un jour différent, croyez-moi.
    Stéphane

  7. Meuh non, c’est pô grave ! Les Italiens se doivent de l’argent à eux-mêmes :) Tiens, où est-ce que j’ai lu ça ? http://www.amazon.fr/Sexe-drogue...

    Pour revenir au sujet, les monnaies nationales et les cours flottants présentaient des avantages par rapport à la situation actuelle. Via la concurrence entre politiques monétaires et budgétaires, les marchés disciplinaient les Etats plus efficacement que le "pacte de stabilité et de croissance". L’ajustement du taux de change empêchait les déséquilibres de s’accumuler. Mais il ne faut pas oublier que l’Europe n’a cessé de vouloir empêcher ce mécanisme avec le SME. L’euro n’était que le prolongement logique de cette tentative. Tant que persistera cette volonté de s’affranchir des lois de l’économie, on n’aura pas de vrais changes flottants. Dès lors, les avantages supposés des changes flottants doivent être relativisés.

    Certains estiment qu’un retour aux monnaies nationales serait un moindre mal par rapport à l’euro. C’est le cas de Philip Bagus dans The tragedy of the euro : mises.org/books/bagus_tra… , de Jean-Jacques Rosa dans L’euro comment s’en débarrasser ? et bien d’autres.

    Mais c’est loin d’être clair. Nous ne sommes pas dans une situation où nous devons choisir entre faire l’euro ou non. L’euro est là. Son coût est un "sunk cost". Les dettes transnationales ne seront pas effacées par miracle en cas de passage à un régime de changes flottants. Il faudra de toutes façons passer certaines dettes par pertes et profit, et supporter la déflation qui ira de pair avec cette opération. Je ne crois pas qu’on puisse l’éviter, si ?

    Voir le paragraphe "Trois scénarios d’arrêt de l’inflation" dans cet article : http://www.institutcoppet.org/20...

  8. Avec mes maigres connaissances économiques et ma petite connaissance de l’actualité et si j’interprète bien l’article: on est dans la merde car cette solution ne sera probablement pas mise en application…
    Alors une question me vient à l’esprit: quels sont les solutions alternatives "les moins dangereuses" pour nous tous ?

  9. aïe désolé je n’ai pas compris la relation entre disons inflation 5% croissance 0% en Allemagne et dans le meme temps croissance 3% Inflation 2% en Italie…
    Pourriez vous approfondir ce mecanisme svp ?

  10. @tal

    Ben oui, le "miracle économique allemand" est terminé. Une fois l’euro éclaté, l’Allemagne se retrouvera dans les conditions du japon (conditions qu’elle aurait du rencontrer beaucoup plus tôt, si sa réunification, puis la construction européenne, ne lui avait opportunément offert un supplément d’espace de croissance).
    Le grand capital allemand n’en mourra pas, il fera son beurre en développant ses maquiladoras des pays d’Europe de l’Est(ce qui en boostera la croissance).
    La populace allemande applaudira l’éclatement de l’euro, trop joyeuse de ne pas avoir à payer pour ces fainéants de médditerranéens, et ne réalisera pas que ses jobs industriels seront assez rapidement délocalisés…

    Dans l’immédiat, les dirigeants allemands sont, en résumé, des allemands. Pour eux, si le programme qui avait été décidé n’est pas réalisé, c’est anormal. Il y a une faute, et donc des fautifs (Papandreou, Berlu, les spéculateurs…. et même Delaigue) qu’il faut donc empécher de nuire.
    Difficile de prédire le moment où ils reconnaitront l’existence d’une réalité qui s’impose à eux.

  11. «Il sera temps plus tard de faire l’histoire des multiples erreurs qui ont conduit à cette situation.»

    Sur ce thème, j’aimerais suggérer un billet :

    Le gouverneur de la Banque de France a t-il convenablement rendu compte de la fragilité du système bancaire?

    Cliquer sur mon pseudo.

  12. Dans votre article vous dites :
    "aucun chef de gouvernement européen n’a envie de se retrouver avec des prérogatives réduites à celles d’un gouverneur du Texas ou de Californie"

    Et c’est bien là tout le problème : En Europe nous avons les ressources humaines, financières et matérielles pour faire une vraie Europe fédérale qui nous protège et j’ai toujours considéré que l’Euro ou l’espace Schengen sont les deux seuls piliers de nature fédéral que nous ayons mais sans une politique fédérale rien ne peut marcher.

    Créer un espace politique démocratique (c’est à dire avec des élections directe) n’est pas compliqué à faire non plus. La réalité c’est qu’au sein de l’UE nous avons une médiocrité des mandataires politiques assez affolantes. Aucune vision d’avenir, le risque du repli sur soi est bien réel et nous allons y laisser pas mal de plumes.

    Quand aux retour des monnaies nationales, il y a 30 ans ça ne posait pas de problèmes, mais maintenant avec la Chine, l’Inde ou le Brésil, en plus des USA et du Japon, je vois mal les nations européennes survivre globalement, il y aura sans doute quelques poches de prospérité mais fortement limités.

    Le fédéralisme démocratique me semble la seule issue valable pour tenir dans le monde du 21ème siècle.

  13. J’ai beaucoup de mal à faire confiance au programme que vous proposez (et à ce que j’entends des Experts Radio-Télé ces temps-ci) parce que je ne vois pas en quoi ça met en marche l’économie réelle. Ni l’afflux de fonds publics virtuels, ni le "fédéralisme monétaire", ni l’affichage d’objectifs macro-économiques reformulés par la Banque centrale, ne me semblent de nature à rendre nos entreprises plus compétitives, notre service public plus performant, nos budgets sociaux plus équilibrés, etc.

    Tandis qu’une perspective raisonnable d’atteindre cela (des entreprises compétitives, un service public performant, des budgets sociaux équilibrés) ramènerait dès demain des prêteurs bienveillants, des investisseurs confiants et des agences de notation optimistes.

    Bref, je crois que "touiller plus et plus fort la même soupe eurovelléitaire et nationalo-laxiste que depuis 2001" (pour caricaturer) produirait demain, encore plus, les mêmes effets.

    Je ne demande qu’à me tromper, également !

  14. Pour tenir une Union Européenne revenue aux nationalisme d’avant-guerre, les politiques qui veulent encore y croire auront besoin de toute leur énergie. Comme j’ai vu beaucoup de crises, certes, moins graves, je retiens mon souffle en croisant les doigts.

  15. La France devrait menacer de sortir de l’Euro si les Allemands refusent ses demandes legitimes (forcement legitimes). Tant qu’a jouer a la roulette Russe, autant le faire avec 6 balles dans le barillet.

  16. Bonjour,
    Quel serait l’intérêt d’une assurance chômage au niveau communautaire? Une mutualisation du risque?

  17. La panique des européistes, béats et au fond incultes, est un vrai plaisir ; j’espère que celle des mondialistes suivra entrainant le libéralisme dans sa chute : cela coutera cher, mais si peu en rapport de la joie de retrouver la culture et la politique des europes.
    J’aime tellement l’étranger que je souhaite qu’il le reste.
    Pour le reste vous avec une vision de comptable, qui plus est anglo-saxon, c’est à dire privilégiant les flux sur le patrimoine.
    Que le diable vous emporte.

    Réponse de Stéphane Ménia
    Misère, il ne manquait plus que Riposte laïque en ces lieux… Au diable ? Avec plaisir.
    Stéphane

  18. Merci pour ce très bon résumé des impossibilités économiques et politiques actuelles ; j’ai recommandé.

    Néanmoins vous concluez :
    « La vraie question est la suivante : tout cela en vaut-il vraiment la peine? La réalité simple est (…) que les pays européens se porteraient tous mieux, aujourd’hui, si la monnaie unique n’avait jamais été créée. »
    Pure rhétorique ! Remonter ainsi dans le temps pour modifier le passé est une profonde imposture logique. Abandonner l’euro ne nous amènera pas à la même situation que s’il n’avait jamais été créé.

    Sur la «vraie question» vous avez raison. Mais refuser de la regarder rationnellement ne peut mener qu’à une conclusion frivole.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Je n’ai pas été clair. Le passage a la monnaie unique impliquait des couts et des bénéfices. Pour l’instant, les couts dépassent de beaucoup les avantages. Et ne cessent de monter. Cela doit donc ouvrir la question de l’intérêt de poursuivre l’expérience.

  19. @Tim Vous avez été clair ! Mais on ne s’est pas compris.

    Comme je l’ai écrit, je suis parfaitement d’accord avec votre constat que «la vraie question est la suivante : tout cela en vaut-il vraiment la peine ?». La pertinence de l’euro a toujours été remise en question par les arguments économiques que vous exposez, et ces problèmes sont aujourd’hui révélés par la crise. Et ce avant que la «dynamique institutionnelle» souhaitée par les pères de l’euro les ait réglés.

    Ce que j’ai voulu dire, c’est que dans le passage cité, vous répondez à une question différente. Vous ne vous demandez pas «Que se passe-t-il si l’on garde l’euro, si on l’abandonne ?» mais «La situation serait-elle meilleure si l’on avait pas créé l’euro ?» (relisez-vous, c’est flagrant).

    Néanmoins dans l’ensemble je trouve l’article très bon.

    En complément, cet article :
    «L’Europe finira-t-elle comme l’Union Soviétique ?»
    http://www.lemonde.fr/idees/arti...

    Je n’arrive pas à voir autre chose qu’une profonde dépression suivre une dislocation de la zone euro. J’ai un peu l’impression que c’est «face, on perd» contre «pile, on va perdre, mais on peut peut-être gagner».

    Je n’ose imaginer les conséquences du crash économique mondial qui va (peut-être) se produire. Notre pays ne peut pas se passer de mondialisation. Je ne m’imagine pas vivre sans essence, sans vêtements, sans informatique, sans vaisselle, sans meubles. Tout est fait en Chine ou ailleurs. La majorité des entreprises françaises sont inutiles du jour au lendemain en cas de crash… (J’ai pas encore vu d’article sur le sujet — je suis prenneur.)

  20. Je vous trouve bien pessimiste, et c’est vrai que les événements du début de la semaine n’étaient pas à l’euphorie.

    Le schéma que vous décrivez pour sortir de la crise marcherait sans doute s’il était appliqué sans arrières pensées. Mais comme vous le dites, il n’a aucune chance d’être approuvé par les pays qui emprunte à moins de 4 % (et qui, soulignons le, sont encore majoritaires).

    Mais ce n’est pas la seule voie de sortie de la crise. Il y a celle qui s’applique actuellement et qui – si on excepte la Grèce – ne marche pas si mal que ça. Pour la résumer, certains pays éprouvent de grosse difficultés à se financer, ils lancent des plans de rigueurs et / ou les réformes « libérales » qu’ils ont beaucoup trop tardés à mettre en place et grosso-modo s’en sortent. C’est le cas de l’Espagne, c’est celui de l’Irlande. Ce n’est pas encore le cas du Portugal, mais il est sur la bonne voie et si tous ce passe bien, ce sera le cas de l’Italie.

    Alors après on peut se poser la question de savoir si le jeu en vaut la chandelle. On s’est beaucoup plaint – quand tous se passait bien (c’est à dire avant 2009) de la concurrence fiscale des pays de l’euro. On est en train de rentrer dans la concurrence sociale.
    Pour ma part, je suis assez satisfait des évolutions récentes dans l’état providence des pays de la zone euro. Mais j’ai bien conscience de ne pas être majoritaire sur ce plan.

    Tiens, puisqu’on en est à esquisser des plans, je vous propose le mien : un pays ne peut plus emprunter sur les marchés. Disons que ces taux à dix ans atteignent ou dépasse 6 ou 7 %. La BCE prend la charge de la dette et assure le payement des échéances. Le pays défaillant n’a plus accès aux marchés et doit donc proposer– et tenir – un budget à l’équilibre. En contre partie, il ne paye plus ses intérêts. S’il n’est pas en mesure d’équilibrer ses comptes en 3 ou 6 mois, il sort de l’euro. Il retrouve sa souveraineté financière quand il peut reprendre sa dette à la BCE.
    Il me semble que ce mécanisme est plus facilement « vendable » auprès des opinions publiques des pays qui ne sont pas – encore – en crise et il n’implique pas forcement un saut fédéraliste que bien peu de monde souhaite.

    Sur l’Euro, j’ai voté non en 95 et oui en 2007. Non parce que j’avais lu Friedman et je pensais que cela ne pouvait pas marcher. Et oui parce que j’ai pensé que Friedman s’était planté. Pour résumer, je me suis trompé deux fois…

  21. Merci pour ce billet, j’aurais voulu l’écrire, mais ça aurait été moins bien. Je suis d’accord avec tout, quoi.

    J’avais voté non en 2005. Disons qu’il y avait un désaccord raisonnable sur la stratégie pour améliorer une Union Européenne qui avait des limites importantes. On a gagné, et ça n’a eu aucun effet positif, donc c’était pas la bonne solution (il n’y en avait peut-être pas), mais c’est pas pour ça qu’il faut totalement renoncer à chercher les causes et les responsables de la crise actuelle. On va entrer, entre autres, dans une période de lutte d’interprétation sur les racines de l’effondrement, et ça aura des effets importants sur ce qu’il est possible de faire dans le futur.

  22. @henri_parisien
    "Le schéma que vous décrivez pour sortir de la crise marcherait sans doute s’il était appliqué sans arrières pensées. Mais comme vous le dites, il n’a aucune chance d’être approuvé par les pays qui emprunte à moins de 4 % (et qui, soulignons le, sont encore majoritaires)."

    D’un autre coté, les pays sincèrement alignés sur la position allemande ne sont pas majoritaires (cf démission de Jurgen Stark). Mais c’est eux qui ont des sous.

  23. Si l’Europe attend trop les Economies seront tellement dégrader que rien ne pourra nous sauver.Nine Nicolas a dit la grosse blonde (non pas celle là l’autre).C’est une allemande de l’est qui préside au destiner le l’Europe capitaliste." a mourir de rire ",et un black qui laisse filer la machine a billet américaine de tel sorte qu’ils ne pourront jamais rembourser quoi que ce soit c’est Martin Luther qui doit ^etre ravi(on voit toutes ces dents)et pendant ce temps notre "napo" national lutte contre le téléchargement. Hadopi ca marche 35 pour cent de pirate en moins .Ce qu’il ne dit c’est qu’entre temps une offre legale de vente a ete crée et c’est ça qui fait chuter le telechargement et rien d’autre .D’autre part le téléchargement loin de nuire au artiste a au contraire provoquer un engoument pour les arts de toutes sortes(c ‘est un mécanisme logique auto entrainement) pour ma part j’aime bien les musiques et les films mais je n’ai pas les moyen de payer 10euros pour voir tel ou tel film c’est trop cher .Quand a la musique c’est de l’escroquerie pur et simple combien de fois je vais devoir payer mes bob marley et les stones
    (un nouveaux support et il faut tout repayer une nouvelle fois )Mais bon pour relativiser qui voudrai vivre dans un mode parfait surement pas moi.
    l’Europe c’est surtout des hommes ni des banques ni des millionnaires mais des hommes .Si l’Europe laisse crever les hommes a quoi elle sert.Je rejoint mr Attali la banque europe doit racheter de la dettes c’est une fuite en avant d’accord mais quand plus personne n’aura d’emploie il n’y aura plus d’europe madame Merkel. Peut etre est ce un plan de la stasi pour couler la RFA.rendez nous Elmout
    voila c’est dit non mais on va tous allé habiter en Allemagne quand meme.ou en Chine.

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