Alexandre Delaigue

L’euro survivra-t-il?

C’est avec une magnifique unanimité moutonnière que la presse a repris, hier, l’article de Nouriel Roubini paru dans le financial times, annonçant le futur éclatement de la zone euro. La discussion de l’article s’est limitée à l’argument d’autorité, version Madame Irma l’a dit : Roubini, qui a « prédit la crise des subprimes », annonce que la zone euro va exploser. Tous aux abris!

Premièrement, Roubini n’a jamais prédit la crise des subprimes, se contentant d’annoncer tous les ans entre 2001 et 2006 une crise de change aux USA qu’on attend toujours, pour soigner sa publicité en 2007 à grands coups de « je l’avais bien dit » et acquérir d’un coup le statut de gourou médiatique cosmoplanétaire. Certains font l’effort de rappeler que les annonces de Roubini peuvent être interessées. Deuxièmement, des journalistes qui font leur métier ne se limitent pas à des arguments d’autorité, mais jugent les arguments sur leur contenu. Certains sont capables de le faire, ils sont hélas bien rares. Troisièmement, personne aujourd’hui ne peut prétendre honnêtement prévoir l’avenir de l’euro. On peut jouer à la montre arrêtée qui donne l’heure juste deux fois par jour (ce qui est le cas de tous les gourous médiatiques de la prédiction) mais c’est se moquer du monde.

On peut par contre éclairer les problèmes de la zone euro, discuter entre autres les arguments de Roubini (qui est souvent intéressant, lorsqu’il ne joue pas les gourous). Ce n’est pas simple, parce que cela exige d’aborder des dimensions économiques, politiques, institutionnelles, complexes. Les sciences sociales n’offrent pas de boule de cristal, mais des éclairages. Et cela donne des posts longs.

La première erreur consiste à croire que la crise de la zone euro est une crise de vertu. Cela consiste à se focaliser sur le cas de ces grecs tricheurs qui ont caché leurs déficits, et qu’il faut désormais se coltiner. Il y a une histoire de vertu pour chaque cas particulier. Les portugais qui ont aussi mal géré leurs finances publiques. Irlandais et espagnols ne cadrent pas dans le paysage (ils ont mieux respecté les critères de convergence que les allemands entre 2000 et 2007), qu’à cela ne tienne : ils ont laissé filer leur bulle immobilière. Le marché du travail est trop réglementé (Espagne) leurs banques ne sont pas assez réglementées (Irlande). Ces éléments ont une part de vérité, mais passent à côté de l’essentiel : les problèmes structurels de l’euro en tant que tel. Pour le comprendre, deux outils sont utiles : le triangle d’incompatibilité de Mundell et le trilemme politique de Rodrik.

La grille de lecture pour comprendre l’euro est bien connue : c’est la théorie de la zone monétaire optimale, dont le point de départ est le triangle d’incompatibilité de Mundell. Il est impossible d’avoir simultanément dans un groupe de pays :

- flux de capitaux ouverts

- fixité des taux de change

- politique monétaire autonome dans les différents pays.

On ne peut, au mieux, en avoir que deux sur les trois. Reste alors à savoir dans quelles circonstances, l’une ou l’autre des combinaisons est possible. Le choix de l’intégration financière et de la monnaie unique est celui de la zone euro (c’est ce qui prévaut aussi à l’intérieur des USA, entre les différents états qui partagent le dollar). Il revient donc à se demander si la perte de l’autonomie de la politique monétaire entre les différents pays est un aussi grand problème.

Elle peut le devenir s’il y a de trop grandes différences économiques entre les différentes zones partageant la même devise. Si une région connaît une récession, la réponse standard consiste à modifier la politique monétaire, ce qui abaisse le taux d’intérêt et le taux de change, élevant la demande. Si cette possibilité n’existe pas, il est possible de faire jouer la politique budgétaire (sauf que les ressources publiques sont limitées, surtout en période de récession); l’alternative inéluctable est un ajustement par les coûts, c’est à dire, une déflation salariale qui rétablit la compétitivité et la rentabilité des entreprises. Or une déflation est particulièrement douloureuse : dans le cas des USA, si un état connaît une récession, celle-ci sera compensée par le budget fédéral (qui fait que pour 100 de baisse du revenu, un état récupère environ 60); et la mobilité des salariés, qui quittent les états en récession pour aller là où le marché de l’emploi est plus attractif.

Dans la zone euro, ces deux facteurs ne jouent pas : le budget européen est dérisoire et peu contracyclique; la mobilité des travailleurs est faible, ne fût-ce qu’à cause des problèmes linguistiques. Pour que l’euro fonctionne, il fallait donc soit qu’il provoque la convergence entre les économies européennes, soit qu’à terme, on ajoute à la monnaie unique un budget européen significatif, ou des mécanismes de solidarité budgétaire entre nations. Pour les europhiles les plus convaincus, ce qui était une faiblesse de la construction de l’euro deviendrait une force, en rendant inéluctable un fédéralisme budgétaire et une union européenne renforcée. La technique des petits pas de Monnet, comme toujours.

La convergence économique souhaitée n’est pas intervenue, bien au contraire. La politique monétaire unique a été adaptée à la zone euro en moyenne, mais inadaptée à tous les pays en particulier. Elle a amplifié, notamment, les bulles (immobilières, ou sur les titres de la dette grecque) et créé aujourd’hui d’énormes décalages de compétivité entre pays. Les mécanismes de convergence entre budgets publics se sont avérés une vaste plaisanterie, la convergence des taux d’intérêt encourageant même les divergences budgétaires. Il y a donc maintenant trois possibilités, que décrit Roubini :

- un fédéralisme budgétaire important, dans lequel les dettes des états périphériques sont prises en charge par l’Union Européenne, avec un contrôle accru de celle-ci sur les politiques économiques nationales en contrepartie.

- un défaut partiel des pays périphériques, avec une forte dévaluation de l’euro pour rétablir, au moins partiellement, leur compétitivité. Mais cela exigerait de la banque centrale européenne une politique inadaptée pour les pays du coeur, qu’elle n’a aucune raison de mener. Sans parler des conséquences systémiques de ces défauts, susceptibles de provoquer une autre crise financière majeure.

- un rétablissement des économies périphériques par des réformes structurelles, une déflation prolongée, et une austérité budgétaire pour finir par rétablir les finances publiques nationales. Sauf que cela implique une période de récession tellement longue, sans espoir de voir les choses s’améliorer rapidement, car l’austérité ne fait qu’amplifier les problèmes budgétaires et l’endettement privé.

On peut constater que pour l’instant, la voie choisie par l’Europe est une combinaison de ces différentes options. La BCE a soutenu l’activité avec des politiques non conventionnelles. Le fonds européen de stabilisation financière (FESF) est un mécanisme de soutien budgétaire pour les pays périphériques ne parvenant plus à se financer à un niveau tolérable sur les marchés. Ce soutien est conditionné à des réformes économiques et une austérité budgétaire visant à faire enfin converger les économies. A terme, il faudra une politique budgétaire commune, dont le pacte de compétitivité est une ébauche. L’idée est de poursuivre cela, cahin-caha, jusqu’à ce que la situation s’améliore, en considérant que les alternatives sont pires.

L’argument de Roubini se limite à dire que ces solutions ne seront pas politiquement tenables. Pour l’instant, aucun pays, même la Grèce, n’envisage le défaut. Pour la Grèce, la raison est simple : un défaut couperait le pays des marchés financiers, or le budget de l’Etat grec est en déficit primaire (les dépenses hors charge de la dette sont supérieures aux recettes) ce qui le placerait en cessation de paiement. Par ailleurs, cela provoquerait la faillite des institutions financières grecques qui sont lourdement chargées en dette publique. Mais à plus long terme, si le gouvernement grec se trouve en excédent primaire après une longue période d’austérité devenue insupportable pour la population, il ne pourront plus faire autrement; et les citoyens du coeur de l’Europe ne supporteront plus de soutenir des pays dont les efforts donnent si peu de résultats. Du coup, la zone euro éclatera.

Voilà la prévision de Roubini. Appuyée sur un cadre économique on ne peut plus standard, on peut noter qu’elle repose sur un pari en matière politique : le degré de tolérance des populations des pays périphériques, et des pays du coeur de l’Europe. Là dessus, Roubini se limite à dire « ca ne passera pas ». On peut lui rétorquer que la combinaison d’austérité budgétaire et de soutien temporaire a fonctionné pour certains pays candidats à l’adhésion à l’euro. Sur quelle base? Il est nécessaire pour évaluer cet argument de s’appuyer sur des perspectives intégrant les dimensions économiques et politiques. C’est ce que l’on trouve dans cet article de Kevin O’Rourke, et surtout dans cette analyse de Fritz Sharpf.

O’Rourke complète le triangle de Mundell par le trilemme de Rodrik, qu’il a notament exposé dans son dernier livre. Le trilemme de Rodrik est le suivant. Il est impossible d’avoir simultanément :

- une intégration économique et financière poussée (libre échange, flux de capitaux ouverts, monnaie unique, etc)

- des états-nations souverains

- la démocratie

Il n’est possible d’en avoir que deux sur les trois. On peut rapidement l’expliquer ainsi : l’intégration économique impose une compétition entre les Etats qui limite leur capacité à adopter les politiques interventionnistes que souhaitent les populations. Le gouvernement peut alors soit décider d’ignorer la volonté des habitants, et préserver au passage sa liberté de choix; soit décider d’abandonner sa souveraineté et de transférer les aspirations démocratiques à des instances supranationales. Avant la première guerre mondiale, sous le régime de l’étalon-or, les populations n’avaient pas tellement leur mot à dire sur les politiques nationales. Il était donc possible d’avoir un monde constitué d’états-nations fortement intégrés économiquement, dans lequel les populations devaient supporter des épisodes de déflation prolongée (en cas de problèmes, on envoyait la troupe mater les protestataires). L’extension de la démocratie a rendu cela intolérable, jusqu’au point extrême des années 30, avec un essor énorme du protectionnisme et l’abandon de l’étalon-or. Bretton-Woods était un compromis : limitation de l’intégration économique, et exercice de la démocratie au sein d’états souverains. Victime de son propre succès, ce compromis ne fonctionne plus.

Le trilemme de Rodrik illustre donc le problème posé par l’intégration économique européenne. Amplifier celle-ci pour passer à la monnaie unique exige de soit renoncer à la souveraineté nationale, soit à la démocratie. De façon intéressante, l’Europe a choisi de ne pas choisir. La politique monétaire a été transférée à une instance technocratique, la banque centrale européenne, sur laquelle ne s’exerce aucun contrôle démocratique. La politique budgétaire est elle restée le lieu de la souveraineté étatique et des choix démocratiques. La crise actuelle est l’expression de cette absence de choix.

La réglementation financière illustre ce problème. Les populations y sont extrêmement favorables dans tous les pays de l’UE. Mais dans une économie intégrée, les institutions financières sont mobiles. Les états sont donc dans l’impossibilité de réglementer fortement la finance sous peine de voir leurs entreprises s’installer dans un pays moins réglementé : il en résulte une course vers le moins-disant réglementaire. La seule solution serait alors de transférer les décisions en la matière à une instance supranationale qui pourrait satisfaire les aspirations citoyennes en la matière, faisant sauter au passage la souveraineté des états.

Sauf que la souveraineté des Etats ne disparaît pas comme cela. Il est surtout très difficile de construire des institutions européennes démocratiques regardées comme légitimes auprès des populations. La légitimité ne se limite pas à des élections, surtout vue la façon dont se font les élections européennes. Les décisions importantes restent interétatiques, les seules alternatives sont technocratiques. Cela vaut en matière économique comme dans les autres domaines (voir la politique étrangère ou de défense, avec le cas libyen). En matière économique, les plans de sauvetage de la zone euro sont menés contre les opinions publiques. Les allemands ne veulent pas payer pour les grecs, les grecs se voient imposer des politiques d’austérité par des bureaucrates européens et des dirigeants sans légitimité auprès de la population.

Dans le cas grec, le rejet des politiques nationaux est tel qu’il est possible d’envisager, au moins pour un temps, qu’un contrôle extérieur soit considéré comme légitime. Mais cette situation est-elle durable? Si les états conservent leur souveraineté, il faudra soit pouvoir agir durablement contre les volontés des populations; l’alternative, c’est que l’union économique et monétaire explose.

Comme le montre Scharpf dans ce qui constitue la meilleure analyse, à ce jour, de la situation économique et politique européenne, le compromis initial de l’UEM doit être compris dans la perspective de la légitimité du pouvoir politique. La politique monétaire est différente de la politique budgétaire parce que ses effets se font sentir de façon collective, contrairement aux autres instruments de politique économique. La fiscalité, la dépense publique, la réglementation, font des gagnants et des perdants identifiés, et de façon directe. La question de l’autorité qui les exerce a donc une importance politique considérable.

Les plans de sauvetage européens et la conditionnalité qui les accompagne posent déjà ce problème de légitimité de l’autorité qui les impose. Les technocrates et les gouvernements étrangers qui les imposent ne sont pas directement sous le contrôle des populations qui les subissent, et peuvent avoir des arrières-pensées. On a ainsi vu le gouvernement français demander en même temps au gouvernement grec de réduire ses dépenses et de penser à acheter du matériel militaire français. Les demandes exercées auprès de l’Irlande, à qui Allemands et français demandent d’augmenter son taux d’impôt sur les sociétés, sont perçues par les irlandais comme une façon de privilégier les entreprises de ces pays, au détriment de la seule façon qu’a trouvée l’Irlande de croître. Ce soupçon est probablement justifié.

Et l’ampleur des compétences qui devraient être transmises aux autorités européennes pour faire fonctionner l’euro est considérable. Cela concerne non seulement les budgets publics dans leur ensemble (niveau des déficits, de l’endettement, des recettes et des dépenses) mais également tout ce qui est susceptible de produire des décalages de compétitivité entre pays. On parle ici d’une indemnité de chômage européenne, d’un budget européen accru, d’obligations européennes réparties par un ministre des finances européen; d’un contrôle sur les évolutions salariales dans les différents pays, sur les systèmes sociaux et de retraite. Tous sujets extrêmement sensibles, qui font et défont les gouvernements. Accepteront-ils que ces prérogatives, qui déterminent les carrières politiques, soient confiées à l’Europe, fût-elle mieux contrôlée par le parlement européen?

Au bout du compte, les pays européens risquent de se retrouver dans la pire situation possible. Les états d’une nation fédérale comme les USA n’ont que peu d’autonomie, mais la contrepartie est l’existence d’un budget fédéral amortisseur significatif et la possibilité pour les citoyens d’exercer un contrôle direct sur Washington. Non seulement les pays européens se privent de tous les instruments monétaires, budgétaires et réglementaires susceptibles de gérer les différences nationales, mais ils n’en retirent aucune contrepartie étant donnée la faiblesse du budget européen, et le caractère peu démocratique de l’Union. Tout cela ne pourra qu’alimenter, dans tous les pays, un ressentiment croissant contre Bruxelles, la progression des partis extrémistes anti-européens, et le délitement progressif de l’intégration économique, comme on le voit avec la contestation de Schengen.

Soit les politiques actuellement entreprises en Europe échouent à rétablir les finances publiques et les déséquilibres entre pays; dans ce cas, l’éclatement de la zone euro apparaîtra comme l’issue la moins coûteuse. Soit elles fonctionneront, mais au prix d’une perte de légitimité démocratique considérable pour l’Europe.

Je ne sais pas si l’euro survivra. Mais il est fort possible que sa survie soit une victoire à la Pyrrhus : encore quelques-unes comme celle-là, et nous sommes perdus.

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Alexandre Delaigue

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35 réflexions au sujet de « L’euro survivra-t-il? »

  1. Excellent. Une seule chose à ajouter : quand on a conscience de l’ensemble des efforts que demanderait la préservation de l’euro, pour un enjeu principalement symbolique (doter l’état européen d’une monnaie), n’est-on pas dans une sorte d’obligation morale de souhaiter que l’on en finisse ?

  2. @edgar : Enjeu symbolique ? Tu as une idée du volume des échanges commerciaux inter-européens, de ce que cela représente en terme de PIB et donc de richesse pour tous les européens, d’à quel point l’huile qui fait fonctionner aussi efficacement les rouages de ces échanges c’est le fait d’avoir la même monnaie ? Non, manifestement aucune !

    Pour info, dans les années 90, le SME encadrait fermement le taux d’échange entre toutes les principales monnaies européenne, renforcé par le fait que tout le monde avait conscience que c’était une étape avant l’unification monétaire réelle, et donc une partie significative de ces avantages étaient déjà là.

    A cette époque, au début des années 90, la France a accepté de payer des taux d’intérêts sur les emprunts d’états supérieurs à 10% pour acquérir la légitimité qui a permis au Franc de rester accroché au DM sans dévaluer et permettre aussi au SME de continuer pour en arriver à la création de l’euro, plutôt que de s’effondrer après l’épisode de la dévaluation de la livre.
    Les efforts qu’on est en train de demander aux grecs maintenant sont-ils vraiment tellement plus terribles que ceux consentis par les français à cette époque ?

    Réponse de Alexandre Delaigue
    La dernière fois qu’on a demandé des efforts équivalents à ceux que devrait faire la Grèce en théorie à un pays, il a fini par voter pour Hitler. désolé pour le Godwin.

  3. @ Alexandre Delaigue en 2

    Certes, mais le seul tort des allemands était d’avoir perdu une guerre ce qui avait permis aux alliés de pousser le "vae victis" un peu trop loin.
    Tandis que les grecs ont clairement dépensés plus qu’ils ne le pouvaient, n’hésitant pas à truquer les comptes pour pouvoir continuer (et je ne parle pas de la fraude fiscale).

    Le sentiment d’injustice est donc un peu plus "justifié" chez les allemands de 1918 (sans être une raison pour mener à Hitler)

    PS: parler d’Hitler ne donne pas nécessairement droit à un point Godwin, il faut que cela n’ai aucun rapport et surtout que le propos en soit discrédité ^^

  4. Merci pour cet exercice de synthèse et de pédagogie.

    Sans connaître finement les principes économiques et politiques sous-jacents à la situation actuelle (l’Europe et l’euro sont des constructions avant tout politiques) on pouvait voir que la question de la souveraineté nationale est absolument centrale.

  5. jmdesp : je ne pense pas que l’on ait assisté à une envolée des échanges intraeuropéens à aucun moment de la marche joyeuse vers l’euro. que les français en aient bavé pour arrimer le franc au mark est une bêtise supplémentaire, qui continue aujourd’hui. cela ne prouve rien. par ailleurs, oui, les efforts demandés aux grecs ont l’air bien plus importants que ce qui a été "consenti" par les français à l’époque.
    Question amusante : quand Ricardo a utilisé l’image des échanges de draps et de vins entre le Royaume-Uni et le Portugal, existait-il une monnaie unique, sorte d’huile magique à lubrifier tous les rouages ?
    Autre question (ouverte, je n’ai pas la réponse, juste une intuition) : le commerce britannique s’est-il effondré après la création de l’euro, victime d’un manque d’huile soudain ?
    Revenez avec des chiffres convaincants, sinon c’est votre opinion contre la mienne (et le constat effectué par exemple par Olivier Ferrand, in l’europe contre l’Europe, que la zone euro a la plus faible croissance de toute la planète…)

  6. Reste une question : comment expliquer que la zone euro soit si malmenée en ce moment alors que la situation de la Grande-Bretagne est pire que la plupart des pays avec près de 10% de déficit dans son budget et un endettement très important ?

    Cela ne peut pas s’expliquer uniquement par les problèmes de la Grèce : il y a bien une volonté d’attaquer spéculativement l’euro.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Parce que la gb a une politique monétaire autonome, et que la politique gouvernementale est sanctionnée par la démocratie. Le trilemme de rodrik est valide.

  7. Le déséquilibre de l’euro était connu dès le départ. C’est la fameuse phrase de Delors: ‘l’euro ne fonctionne que sur une jambe’.

    La période n’étant pas aux transferts de souveraineté, les perspectives sont assez négatives.

  8. Sujet d’admission à l’ENS Cachan (éco-gestion) cette année : intégration monétaire européenne et dette publique.
    Ce post en aurait sans doute intéressé plus d’un ! Très bonne synthèse.

  9. Il me semble qu’on oublie régulièrement deux choses élémentaires:
    1. l’euro impliquant (en principe) une solidarité entre pays, ce sont les pays comme la Grèce qui ont intérêt à y rester et les pays comme l’Allemagne qui ont intérêt à en "sortir".
    2. "sortir de l’euro", c’est à dire le remplacer par une monnaie nationale, demande le même travail qu’il a fallu en 2001 pour y "entrer".

  10. @ Alexandre Delaigue dans le billet
    Très bon résumé de la problématique européenne actuelle. Il manque peut être un passage sur les avantages et inconvénients que l’Europe apporte, afin que chacun se fasse une idée plus juste des enjeux sous jacents, l’essentiel du discours actuel étant de dire que l’Europe n’a apporté que des fléaux.

    @ edgar en 5
    Vos questions faussement rhétoriques sont fallacieuses : ce genre de questions ne se satisfait pas d’une réponse binaire. Mais pour y répondre (en surface) :
    -chez Ricardo, il n’y avait pas de barrière à l’échange (du moins dans l’exemple que vous citez), et il n’est pas question de monnaie, mais de coût en travail (et j’imagine que le facteur travail est le même au Royaume Uni et au Portugal). Je ne sais pas si de là on peut en tirer l’analogie avec une monnaie unique, mais c’est une situation certainement plus proche de l’espace Schengen que ce que vous semblez impliquer.
    -je ne sais pas si le commerce britannique s’est effondré, vu la question, j’imagine que non, mais dans la mesure où la Grande Bretagne dispose pleinement de l’instrument monétaire et peut ainsi manipuler ses taux de change à loisir, je doute qu’on puisse en déduire que l’Euro soit néfaste (ou faste, d’ailleurs). Ce serait confondre corrélation et causalité.
    Revenez avec des raisonnements convaincants, si je puis me permettre ?

  11. Peut être était il possible de signaler que l’entrée de la Grèce dans la zone euro ne fût possible que par le biais de fraudes du gouvernement Grec donnant des chiffres ne refletant pas la realite economique du pays. Dans le droit on dit frauis omnia corrumpit
    qui est coupable?

  12. @ elvin: l’allemagne a intérêt à sortir de l’euro?! la bonne blague! pour que le mark s’apprécie fortement et qu’elle perde sa belle compétitivité vis-à-vis des pays du sud de l’europe qu’elle a réussi à "coincer" dans la monnaie unique?

  13. VnF : merci mais vous ne prouvez rien non plus. Par ailleurs vous semblez impliquer que le fait de ne pas être en change fixe équivaut directement à une "manipulation" du taux de change. c’est tout le problème. On peut vouloir rester en changes flottants et disposer de sa monnaie pour amortir les chocs exogènes ou endogènes sans que ce soit du tout une volonté blâmable, machiavélique ou manipulatrice.
    Je crois que vous confondez morale et économie.

  14. Excellent billet. Comme d’habitude.
    Mais j’ai comme l’impression que la conclusion va tout de même dans le sens des "prévisions" de Nouriel Roubini..
    Après un billet assez long je repars encore avec de la lecture.
    Les débats sont également passionnants.

  15. @ shuggg
    Il est intéressant de se rappeler que la "fraude" du gouvernement grec n’a été permis que par la "mise en perspective" de ses comptes par un célèbre cabinet d’audit qui certifie les comptes d’entreprises face à l’impôt.
    Cela peut être mis en perspective avec trilemme de Rodrik. On pourrait poser un autre trilemme pareillement, il est impossible :
    – d’avoir un pays appétent à gérer politiquement et économiquement
    – avoir un vivre ensemble un tant soit peu démocratique
    – avoir une égalité entre toutes les personnes physiques et morales.
    On ne peut avoir que 2 sur 3 au mieux.

  16. On peut donc conclure sans trop de risques que l’Europe intergouvernementale est condamnée à terme: c’est soit le fédéralisme soit la fin de l’UE.
    Le problème c’est que la quasi totalité de l’offre politique en France de Mélenchon à Dupont-Aignan (mais j’imagine qu’à l’étranger c’est pareil) promeut la gestion inter-gouvernementale. Le saut fédéral n’est pas pour demain !

  17. "(les dépenses hors charge de la dette sont supérieures aux dépenses)"

    aux recettes, j’imagine. Sinon la charge de la dette est négative.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    corrigé, merci :)

  18. Un point qui n’est pas abordé dans le post: si on tient pour vrai qu’on peut avoir au max 2 des trois points du trilemme de Rodrik, on peut aussi en avoir moins. Et c’est aussi ce qui a mené à l’euro. Suite à la fin de Bretton Woods, les états européens se sont retrouvés dans la zone mark, ce qui a fait que leur politique monétaire dépendait énormément de la politique de la Bundesbank. Donc une notion de souveraineté nationale assez réduite. Mais en prime il y avait toujours le risque de la dévaluation, ce qui diminue l’intégration financière.

    Il faut dire aussi que le projet européen n’est pas que de permettre le transit de marchandises. Et l’euro aide bien de ce côté: c’est quand même plus facile de se rendre dans un pays ayant adopté l’euro que dans les autres… Et cela résulte aussi de choix démocratiques!

  19. Les plans d’aide à la Grèce en soi condamnés à l’échec n’ont qu’un but : éviter à tout prix la contagion des inquiétudes envers les autres Etats de la zone euro et leurs "filiales" financières privées. Accompagné de la vente modérée à des prix importants de quelques actifs infrastructurels, stratégiques et patrimoniaux du continent, cela peut suffire dans un premier temps à préserver la signature des "grands Etats" et le train de vie correspondant et les politiques n’ont électoralement parlant pas d’autre alternative.
    A moins de faire preuve de pédagogie envers une partie des populations en les incitant au "retour à la terre" et en sachant lancer les "économies vertes" pourvoyeuses d’emplois "à domicile".

  20. Je ne vois pas bien comment appliquer Mundell à la zone euro. D’après Mundell, on a une liberté de circulation des capitaux, des changes fixes, donc il ne devrait pas y avoir de politiques monétaires distinctes et discrétionnaires. Justement, on a une politique unique qui est celle de la BCE. Où est le problème ? Quelles sont ces "divergences" entre économies nationales ?

    On pourrait peut-être appliquer Mundell en remarquant que, justement, il reste quand même une part de politique monétaire discrétionnaire dans chaque pays : c’est la dette publique et le crédit. A première vue, ces deux éléments ne font pas partie de la politique monétaire. En fait, ils restent des canaux par lesquels un gouvernement de la zone euro peut fortement influence la création monétaire dans son pays, et ce indépendamment de la BCE. Et là, d’après Mundell, ça pose problème. C’est comme ça que je traduis l’idée des "divergences" (et diverge, ça fait beaucoup).

    Mais pour abandonner Mundell, que pensez-vous de cette présentation plus simple :

    La zone euro est une pâture commune soumise au problème bien connu de la tragédie des communs. Il y a plusieurs émetteurs de dette : les Etats et leurs systèmes bancaires nationaux. Mais il y a un seul prêteur en dernier ressort qui est la planche à billet de la BCE. Qui dit pâture commune dit surexploitation de la ressource, c’est-à-dire accroissement de la dette publique et/ou privée. Le système est donc instable. CQFD

    Je viens de finir The globalization paradox de Rodrik et même si son trilemme n’est pas très formel, on voit à peu près ce qu’il veut dire. A mon avis, ça s’applique un peu mieux que Mundell. Les concepteurs de l’euro semblent avoir conçu dès le départ que la construction d’une monnaie unique entraînerait nécessairement un abandon partiel de souveraineté allant bien au-delà des critères de Maastricht. Le constructivisme européen ne s’embarrasse pas de la souveraineté des peuples, qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse. Je pense par exemple à C. Saint-Etienne qui prône une "fédéralisation surprise" (sic)
    http://www.canalacademie.com/ida...

    (c’est un deuxième post, le premier ne semble pas être passé, mes excuses sinon)

    @ actinique : Après le bimétallisme boiteux et l’euro unijambiste, à quand une monnaie cul-de-jatte ? Ouah ! ;)

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Vous n’avez pas compris Mundell. Et les divergences sont des divergences de conjoncture (croissance, chômage, inflation).

  21. "si le gouvernement grec se trouve en excédent primaire après une longue période d’austérité devenue insupportable pour la population, il ne pourront plus faire autrement; et les citoyens du coeur de l’Europe ne supporteront plus de soutenir des pays dont les efforts donnent si peu de résultats. Du coup, la zone euro éclatera."

    En déficit primaire plutôt qu’en excédent, non ? Ou sinon les efforts donnent des résultats (mais j’ai peut-être mal suivi le raisonnement).

    Merci pour cet article.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Un déficit primaire n’est pas le meilleur moment pour faire défaut unilatéralement, parce que le défaut vous empêche d’emprunter, il faut donc tout de suite rétablir le solde primaire. Alors qu’en excédent primaire, tout votre déficit vient de la charge de la dette : le défaut unilatéral devient plus aisé. Dans le cas grec, l’excédent primaire pourrait être atteint d’ici un an ou deux. Le problème néanmoins, c’est la liquidation du système bancaire national que cela entraînerait.

  22. @Gu si Fang, il me semble qu’il y a une coquille dans l’excellent billet d’Alexandre. Plutôt que :
    "politique monétaire autonome dans les différents pays." J’aurais dit "politique budgétaire".

    Pour le reste, il me semble que l’espoir de sortie de crise de la Grèce repose en deux temps : Equilibre primaire des comptes ; Puis défaut de payement pour solder une partie de la dette.

    La où cela commence à coincer fort, c’est que la première partie parait inaccessible.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Non, c’est bien monétaire.

  23. @ Alexandre

    Ok j’ai sûrement une compréhension très approximative de Mundell (tu parles, c’est bourré d’ISLM…). Je vais regarder ça : Mankiw, les articles de Mundell, la synthèse d’A. Bénassy-Quéré, l’article de Krugman, OK, OK.

    Mais en attendant ça ne saut pas aux yeux : le théorème dit qu’on ne peut avoir que 2 options sur 3. Ca serait un problème si on en avait 3, mais ce n’est pas le cas puisqu’on en a 2 justement… Comment expliquer en quelques mots pourquoi le résultat de Mundell s’applique ?

    En fait, je qu’il y a une variante de Mundell qui vient à la rescousse : une région est une zone monétaire optimale sous certaines conditions. Sinon, on a peut-être intérêt à garder des monnaies indépendantes (papier-monnaie dans tous les scénarios bien entendu…), faute de quoi certaines régions ne peuvent pas utiliser la politique monétaire pour s’adapter à un choc économique. Quels chocs ont subis l’Espagne, l’Irlande et la Grèce ? Mystère !

    Sincèrement, on entend parler des OCA depuis le début de la crise de l’euro, mais je ne trouve pas que ce soit très clair. Je vais ouvrir un fil sur le forum.

  24. Quelqu’un peut m’expliquer en quoi au juste l’euro est une si bonne chose? Avoir la même monnaie doit certainement aider un peu le commerce, mais des monnaies différentes n’ont jamais empêché les pays de commercer entre eux. Askeujsache, le Royaume-Uni et l’Europe commercent. Je comprends bien qu’une trop grande volatilité des changes crée de l’incertitude, mais il est toujours possible de s’assurer contre les risques de change, les méchants spéculateurs sont là pour ça.

    Donc à part faciliter les choses quand on part en vacances en Grèce ou en Espagne, l’euro, ça sert à quoi?

  25. Bonjour,
    La bonne solution serait que les Grecs cessent de rembourser leurs dettes. Quelques banques feraient faillite, ça leur ferait les pieds. Qui enverrait des chars pour les obliger à payer ?
    L’état grec pourrait encore emprunter auprès de sa population, la situation serait claire.

  26. @ edgar en 13 :
    Je me contentais de répondre à vos questions.
    Manipuler peut aussi signifier manier, utiliser. Je n’ai jamais dit que la manipulation des taux de change avait un quelconque sens moral : c’est un instrument de lissage conjoncturel (dans ce cadre du moins, mais ca peut être plus), rien de plus. Et quand bien même j’aurais voulu utiliser le sens "influencer", votre réponse reste un bottage en touche.

    @ Polochon en 24 :
    Je suis loin de posséder toutes les réponses à cette question, mais qui me viennent immédiatement à l’esprit :
    -s’assurer contre le risque de change représente un coût, que l’euro supprime,
    -changer sa monnaie est également un cout (je pense aux frais de change) que l’euro supprime,
    -une monnaie comme l’euro a une résistance bien plus grande aux attaques spéculatives qu’une monnaie comme, au hasard, le drachme ou le franc.
    Il y a probablement d’autres avantages. Mais se poser la question de l’euro sans se poser celle de la zone euro, c’est ne voir que le sommet de l’iceberg. A cet égard il faut rappeler que les créateurs de l’Europe, Adenauer, Schuman, Monnet entre autres, avaient à l’esprit l’idée selon laquelle une intégration des peuples permettrait d’éviter de réitérer les erreurs du passé, et ainsi du pari qu’en intégrant économiquement les nations (vu que "quand il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion" (Voltaire)), le reste suivrait. De plus, je vous conseille la lecture d’un cours sur les zones monétaires optimales (ou de la page wikipedia si vous n’avez pas mieux), afin de cerner les bénéfices attendus d’un tel système, sur le plan économique.

    Sinon, aux auteurs du blog : le flux RSS ne fonctionne pas, et c’est fort dommage.

  27. Cavalier ce blog.

    Roubini:

    Real home prices are likely to fall at least 30% over the next 3 years (2005).

    By itself this house price slump is enough to trigger a US recession. (2006)

    Réponse de Alexandre Delaigue
    La prévision de 2005 est loupee, de beaucoup. L’autre, tout le monde la faisait. Moi compris. Et les subprimes?

  28. "Deuxièmement, des journalistes qui font leur métier ne se limitent pas à des arguments d’autorité, mais jugent les arguments sur leur contenu. Certains sont capables de le faire, ils sont hélas bien rares."
    Comme ça, quels sont ceux qui vous viendraient en tête dans le domaine économique ?

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Là comme ça, je pense à Guichard du Figaro éco, Bronnec de l’Express-Expansion. J’aime bien Bridier à Slate, aussi. Il y a des gens pas mal à libé également. Ce sont des gens que j’ai vu faire de vrais efforts pour aller au delà des apparences. La liste n’est évidemment pas limitative.

  29. Bonjour,

    Excellente analyse. Chapeau.
    Reste ensuite à réfléchir sur les alternatives politiques. Est-il plus rentable de quitter le bateau avant qu’il coule ? Ou faut-il au contraire rester jusqu’au bout ?

    Malheureusement, comme vous le signalez, les politiques aujourd’hui ont tendance à "choisir de ne pas choisir". Je crains donc qu’ils ne suivent la politique du chien crevé au fil de l’eau, en essayant désespérément de combler les trous dans le dispositif avec des rouleaux de billets…

  30. Excellente synthèse.

    En fait le problème de l’UE est surtout culturel non? Si on avait une langue et une culture (ce qui inclut une culture business, un esprit d’entreprise, …) communs, tout marcherait mieux (on aurait par exemple la mobilité du travail).

    Or, c’est impossible, n’en déplaise à quelques europhiles fanatiques (que j’ai déjà entendu proposer d’abandonner les langues nationales pour l’anglais… ou l’espéranto?)

    CCL: L’Europe est vraiment dans la m….

  31. Merci pour cette analyse, très intéressante je dois dire.

    Je suis quant à moi moins pessimiste sur la fin car j’ai bien l’impression que la montée des partis anti-européens se fait en même temps qu’une montée du sentiment pro-européen dans une autre partie de la population. En fait l’Europe devient un sujet de plus en plus important, alors que c’était auparavant considéré comme sans importance.

  32. Tout est dit. Je note que pour l’essentiel, ce texte aurait pu être écrit au début des années 1990, au moment où l’on discutait du projet de monnaie unique en Europe, et qu’il n’aurait pas pris une ride…

  33. "Back in 2002 I wrote a paper announcing that forces were aligned to produce the perfect fiscal storm. (I note that in recent days a few analysts—including Nouriel Roubini—have picked up that terminology.) What I was talking about was a budget crisis at the state and local government levels. I had recognized that the economy of the time was in a bubble, driven by what I perceived to be unsustainable deficit spending by the private sector—which had been spending more than its income since 1996. As we now know, I called it too soon—the private sector continued to spend more than its income until 2006. The economy then crashed—a casualty of the excesses. What I had not understood a decade ago was just how depraved Wall Street had become. It kept the debt bubble going through all sorts of lender fraud; we are now living with the aftermath."

    Recent USA Sectoral Balances: Goldilocks, the Global Crash, and the Perfect Fiscal Storm
    By L. Randall Wray

    neweconomicperspectives.b…

  34. Merci pour ce billet.
    Concernant le triangle de Rodick, l’obtention des 2 critères – démocratie et intégration économique – ne me paraît pas insurmontable.
    Certes cela ne sera pas simple, mais c’est le seul chemin à suivre pour sauver les 60 ans de construction Européenne. Je ne suis pas sur que les populations, in fine, veuillent revenir à la situation d’antan. Encore faut-il que celles-ci disposent de leaders éclairés et courageux ce qui fait cruellement défaut à ce jour.

  35. Billet intéressant mais trop mainstream.

    Je pense que la Grèce à intérêt à sortir de l’euro.

    il n’y a pas que les marchés pour financer les besoins de l’Etat. Il y a les ressources fiscales et la création monétaire.

    La séquence sortie de l’euro, retour au drachme au taux de 1 euro = 1 drachme assortie d’une inconvertibilité de la monnaie puis d’une dévaluation et monétisation de la dette est selon moi le meilleur remède.

    J’ajoute qu’il faudrait recréer une séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires et laisser couler ces dernières s’il le faut.

    Voilà ce n’est que mon humble avis.

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