Stéphane Ménia

Et alors là…

Réponse à certains commentaires sur le billet précédent.

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Stéphane Ménia

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"Je suis l'absence totale d'optimalité de Jack." Pour en savoir plus sur moi, cliquez ici.

37 réflexions au sujet de « Et alors là… »

  1. Je ne suis pas économiste, mais je suis étonné que vous n’évoquiez jamais l’asymétrie d’information liée à la durée de vie des produits. Il me semble pourtant que la qualité des produits est un cas d’école de cette théorie.
    En l’absence de certification efficace (et c’est le cas pour la plupart des produits de grandes consommation), l’information des fabriquants sur la durée de vie de leur produit est peu vérifiable, et donc sous-valorisée par les acheteurs.
    Une ampoule de 2000h ne peut donc pas se vendre 2 fois le prix d’une ampoule de 1000h.
    Dans cette situation, la durée de vie des produits vendus est sous-optimale comme dans le documentaire, réduite au profit du prix ou des autres caractéristiques techniques.
    "Et l’image de marque?", diront certain. Pour les produits que je connais en tant qu’ingénieur,je peux affirmer que l’"image qualité" des marques est plus le fruit de la communication et de divers signaux (garantie étendue) que de la réalité (Non, les voitures japonaises ne sont pas plus fiables que les autres au delà des 2/3 premières années)
    Il me semble que sur la base de ce principe, un ministre allemand écolo avait proposé de limiter électroniquement la durée de vie de certains produits, le consommateur pouvant payer une extension à l’industriel s’il souhaite continuer d’utiliser le produit. Le prix des extensions de durée de vie aurait alors pour fonction de réduire l’assymétrie d’information et d’inciter les industriels à concevoir des biens plus durables.

    Les autres raisons classiques qui peuvent expliquer le fait que les ampoules de 2000h sont moins chères que 2 fois le prix des ampoules de 1000h sont des formes de préférence pour le présent des acheteurs, rationelle (incapacité pour l’acheteur de savoir s’il aura vraiment besoin du produit aussi longtemps) ou pas (j’achète le moins cher on verra plus tard).

  2. Je ne me reconnais pas du tout : je n’ai pas des oreilles comme ça . Ouf !

  3. Et le chocolat alors ! Le chocolat d’il y a 10 ans était bien meilleur que le chocolat actuel et fondait bien moins vite (c’est vrai, je l’ai vu à la télévision), on en profitait donc plus longtemps et on devait en acheter moins souvent.

    Parole de marmotte.

  4. Ah, c’est pas la réponse à certains commentaires du billet encore avant ?

    (ceux qui pensent qu’on peut faire baisser les loyers et les prix immobiliers sans résorber la pénurie de logement, ou résorber la pénurie de logement sans toucher aux normes d’urbanisme malthusiennes, et tous ceux qui ne trouvent rien de scandaleux aux prix en banlieue et en province, proposant de les faire monter encore plus haut en diminuant l’attractivité de Paris)

  5. Mais non, c’est la marmotte qui dit "a chacun son métier".

    Les économistes croient que l’on doit parler sérieusement d’économie dans les reportages d’économie.

    Bin non.

    UN reportage est fait pour être vu par le plus grand nombre jusqu’à la fin.

    La théorie du complot marche beaucoup mieux que le "spectateur, vous êtes des cons, vous achetez n’importe quoi et faites n’importe quoi"

    Le boulot du "reporter" n’est pas de faire un reportage impartial, instructif et réfléchi. Il est de faire un reportage brossant le spectateur dans le sens du poil, lui amenant ce qu’il aime (la théorie du complot), le rassurant (c’est pas de ta faute, c’est celle des autres) afin qu’il soit vu et plébiscité par le plus grand nombre.

    C’est comme si vous commentiez un discours économique de politique. Ca n’a pas grand intérêt.

    Enfin bon, si ça vous amuse….

    Réponse de Stéphane Ménia
    Hum, c’est assez intéressant comme point de vue. Si je vous suis, on ferme le site. Et puis, tiens, on arrête nos boulots aussi. Reprenez un coup de marmotte.

  6. Comme il doit être rageant, pour un spécialiste comme vous, de voir critiquer une demarche rarionnelle rigoureuse au nom d’un soi-disant "bon sens" (de comptoir, le plus souvent). Et quel courage de continuer à expliquer l’économie aux intéressé-mais-ignorants comme moi.

    Qu’importe ! Merci pour ces explication, cette pédagogie permanente. La science et la rationnalité vaincront !

    Réponse de Stéphane Ménia
    Hum, je ne sais pas si la science et la rationalité triompheront. Mais tant qu’il y aura des gens pour raconter des choses encore plus connes et plus fausses qu’elles, il faudra l’expliquer.

  7. y a rien qui dit que le commentaire est envoyé… je retente (si ca passe virer le debut…)

    Bonjour,

    ca fait quelques jours que votre billet precedent me turlupine. je suis entrain de faire mon deuil de l’obsolescence programmée grâce à vous. mais comme toute idée qui va mourrir elle s’accroche encore un peu (vos moqueries et votre "léger" dédain, l’aide à tenir bon). pardonnez moi d’avance mais je vais être confus…

    l’idée dans l’obsolescence programmée c’est l’existence d’un complot des industriels qui nous forcent à consommer plus (ici on ne parle pas de l’obsolescence programmée par les consommateurs : ceux qui changent d’ordinateur tous les 2 ans ou de voiture tous les 100 000km).

    c’est une tentative d’explication au grand gaspillage auquel nous assistons tous les jours avec le lot d’injustices que cela nous fait ressentir : pour nous d’abord (l’imprimante qui lache un mois apres la fin de la garantie), et pour les autres (la nourriture encore consommable dans les poubelles de supermarché alors que des gens meurent de faim, les appartements vides alors des gens meurent de froid). bref on trouve comme coupable le grand mechant marché.

    et là les économistes arrivent et nous disent que c’est pas logique que les industriels fassent expres de pourrir les objets puisqu’ils peuvent y perdre des clients et que surtout ils pourraient fideliser bcp de gens en proposant de la bonne qualité. on ne peut pas faire plus logique et on arrive donc à la conclusion que ce n’est pas un mal qu’il y ait des objets de courte durée de vie pas cher puisque ca arrange tout le monde.

    donc personne n’est responsable puisque c’est le système le plus efficace. le gaspillage est une solution efficace economiquement, un mal necessaire (peut etre meme pas un mal). ok ca me fait mal au coeur mais j’y suis d’accord avec vous (vraiment). je pense que vous avez vexé bcp de monde avec votre marmotte c’est pas facile d’accepter qqchose qui fait mal au coeur.

    vu que j’ai surement deja raconté n’importe quoi je vais m’enfoncer un peu plus, de tout facon c’est qu’un pseudo et vous ne me trouverez jamais! je vais envoyer du lourd.

    l’esclavage a ete une formidable opportunité pour nos sociétés occidentales, economiquement tres efficace. mais ca a fait qq degats colateraux dont les effets sont longs à résorber.

    j’ai donc deux questions mais j’arrive pas à les formuler…
    – etes vous contre toute initiative tentant de reduire le gaspillage?
    – est ce que l’etat peut proposer des solutions qui allient la reduction du gaspillage et une bonne economie?
    – est ce qu’on peut faire confiance au marché pour la reduction de ce gaspillage?

    en fait elles sont cons ces questions (en plus y en a trois et pas deux…) et j’ai pas trouvé de sujet plus leger que l’esclavage (c’est un peu le point godwin de l’economie). je suppose que vous repondrez dans l’ordre non, oui et bof. en fait c’est juste que comme vous incendiez juste le documentaire en ayant raison sans proposer d’ouvertures encourageantes…

    alors on deprime. et en plus on se prend des marmottes.

  8. surprenant, la place que vient prendre l’affectif dans un débat d’idées .Tu ne penses pas comme moi ? Sors si t’es un homme !
    En tout cas, bien joué : on ne regardera plus son imprimante de la même façon …

  9. Quand j’étais étudiant en licence, j’avais un prof d’ethnologie — par ailleurs frère d’un général qui commanda un temps les écoles de Coëtquidan — qui nous répétait que l’un des principe de méthodologie de l’ethnologue doit être que "l’indigène a toujours raison" (au sens où il a toujours *ses* raisons) : une invitation à repérer la pluralité des rationalité qui peuvent motiver les croyances et actions de nos congénères, en évitant de les traiter trop vite de cons. C’est peut-être une grande différence entre l’ethno/sociologie et l’économie finalement (ce qui n’empêchait d’ailleurs pas Bronislaw Malinowski, mais seulement dans son journal d’enquête, publié après sa mort, de dire parfois toute l’exaspération qu’il pouvait éprouver, certains jours, au contact de ses enquêtés).

    Réponse de Stéphane Ménia
    Je me vois forcé de vous rappeler que nous-mêmes sommes des indigènes. Je constate par ailleurs que nous devrions la fermer quand on nous traite de cons, voire de négationnistes et autres joyeusetés ou que les gens ne prennent même pas le temps de lire ce qui est écrit. En définitive, la comparaison est un peu molle.

  10. Je n’ai pas vu le documentaire, juste lu (tous) les commentaires du post précédent.
    Mon impression : répondre aux commentateurs – quelle que soit leur réaction – par le mépris ou l’arrogance ne plaide pas pour vous, indépendamment de savoir si vous avez raison sur le fond, ou pas.
    Du reste, vos billets sont souvent intéressants pour moi, ingénieur…, qui ne comprends pas grand-chose à l’économie, comme la majorité des Français (la totalité des politiciens de notre pays ?), la faute à l’école, non ?

    Réponse de Stéphane Ménia
    Traiter les gens de négationnistes ou les prendre de haut, ce n’est pas réagir normalement. Y répondre avec une marmotte, c’est le minimum qui puisse être fait. N’inversons pas les faits. Quant à savoir si cela plaide ou non pour nous, franchement, on y a jamais fait gaffe et on s’en moque.

  11. Quand on se force à faire caca plusieurs fois par jour c’est aussi de l’obsolescence programmée ?

  12. Le papier alu de nos jours… ça ne vaut pas les bonnes vieilles bandelettes de momie pour conserver la viande séchée! 4000 ans ça tenait, avant que le cartel judéo-chrétien n’en interdise l’usage.

  13. Mmm… Moi, je dis que le billet précédent est un sérieux candidat au prix du meilleur billet de blog économique 2011…
    Koi ça, je fayotte ? Pas plus que Vil…

  14. @La Peluche éthylique du 4-5 : ah merde, ça s’est vu ? En fait c’est pour obtenir une dédicace de SDE (dans quelques années ça se vendra sur eBay aussi cher qu’un Mein Kampf dédicacé par le Führer), quand ce sera fait je pourrai enfin dire ce que je pense vraiment d’eux.

  15. Tiens, mon commentaire sur votre article précédent n’est pas paru, j’en déduis donc que la marmotte s’adresse à moi également.
    Mes arguments étaient probablement tellement mauvais que vous n’avez pas jugé bon des les partager avec les lecteurs de votre blog?
    J’aurai pourtant bien aimé vous démontrer par A+B que parfois il est plus intéressant pour une entreprise de vendre 2 produits bas de gamme plutôt qu’un produit haut de gamme, tout est question de coût de fabrication, de vente, et de marges, et du manque de transparence dans le commerce…

    Réponse de Stéphane Ménia
    Vous concluez avec paranoïa. Je vais voir où traîne votre com. Après vérif, pas de com reçu au nom de Kebab Ben.

  16. Moi j’aime bien les réponses en rouge de Monsieur l’administrator, cela fait penser au maître qui corrige les élèves!

  17. Economiste béotien j’ai lu avec plaisir ce post qui contre, parfois durement, des vérités bien établies puisque « vues à la télé ». J’en suis d’autant plus content qu’il me semble avoir suivi vos explications sans trop de difficultés et avoir à peu près compris.
    Mais pourquoi alors ne pas pousser ce raisonnement jusqu’au bout ? Et s’il est, comme vous le dites, plus rentable de vendre un seul produit durable et cher que deux fragiles et moins chers et si les fabricants sûrs de la qualité de leurs produits n’hésitent pas à proposer des garanties de durée supérieure, pourquoi alors le législateur qui œuvre pour le bien de la communauté et qui a le souci de « l’environnement durable » n’impose-t-il pas un étiquetage des bien d’équipement qui indiquerait leur MTBF (en français : temps moyen de bon fonctionnement) de la même manière qu’il existe une normalisation pour la consommation des moteurs.
    Il ne semble donc pas impossible de définir des conditions qui permettraient de comparer « officiellement » la durabilité de certains biens d’équipement dans des conditions de fonctionnement comparables. Cela fournirait un paramètre de choix supplémentaire au consommateur et lui donnerait l’impression d’agir sur le gaspillage des ressources.

  18. Ce n’est pas à moi que c’était adressé, mais allez…

    – etes vous contre toute initiative tentant de reduire le gaspillage?

    L’économiste n’est ni pour, ni contre le gaspillage : il se contente d’expliquer pourquoi il y en a (ou pourquoi il n’y en a pas).

    – est ce que l’etat peut proposer des solutions qui allient la reduction du gaspillage et une bonne economie?

    Par le biais d’une fiscalité "ecologique", certaines choses peuvent être tentés : réduction des charges sur les salaires (pour diminuer le coût de réparation), compensée par des taxes sur des activités polluantes.

    – est ce qu’on peut faire confiance au marché pour la reduction de ce gaspillage?

    Si le consommateur final décide de préférer les producteurs et les produits qui donnent lieu à moins de gaspillage, oui.

    Ah mais le consommateur le souhaite-t’il vraiment ? Apparemment, non. Remarquez, on peut éduquer le consommateur, mais j’ai appris avec l’âge que les gens sont cons et qu’il vaux mieux pas trop tenter de les changer, ils n’en ont même pas envie.

  19. Plus j’y pense, plus je suis surpris de l’arrogance de ces deux billets.
    Si une entreprise a intérêt à faire de l’obsolescence programmée, bien sûr qu’elle va en faire.
    Il suffit que le surplus de ventes soit supérieur à la part des clients déçus qui trouveront une alternative à la concurrence.
    Ou que celui qui prend la décision et engrange les bénéfices court terme ne soit pas celui qui paie les inconvénients long terme.

    Allez, pour mieux connaitre l’entreprise, vous pouvez toujours faire un stage comme marmotte emballeuse…
    =8-P

  20. Et alors là…Arte a remis ça hier soir avec le documentaire de Marie-Monique Robin "Notre poison quotidien".

    Le pitch: le protocole Reach mis en place en Europe n’a pas eu beaucoup d’effets sur les multinationales de l’industrie chimique. On nous empoisonne jusque dans nos assiettes avec la complicité des membres corrompus d’agences européennes comme l’EFSA (sécurité des aliments).

    Déprimant.

  21. Bonjour, je ne suis pas bon en éco. Je suis juste un informaticien qui aime bien ce blog. Peut être parce que je suis pas bon en eco, justement, et que je voudrais progresser.
    Je n’ai pas encore vu le reportage mais j’ai lu la plupart des commentaires (et au moins tous ceux auquel vous avez répondu). Un échange qui revient souvent est celui ci :
    Les gens : – Les entreprises brident la vie de leurs produits pour en vendre plus pour moins cher
    Vous : – Non, ils ne le font pas parce que vendre 2 fois moins cher un produit qui dure 2 fois moins longtemps ferait réduire leur marges, ce serait idiot.

    Benkebab dit qu’il peut démontrer le contraire par A+B et qu’on a supprimé son commentaire, j’espere qu’il ne va pas m’arriver pareil.

    Tout d’abord, je veux dire que vendre 2 fois moins cher un produit qui dure 2 fois moins longtemps fera perdre de l’argent à l’entreprise. Vous le dites et c’est vrai (en tout cas, je trouve pareil).
    Mais les gens ne pensaient peut être pas à diviser paar deux les prix.
    Hypothese: je vends 1000 produits A à 100€ avec un coup de production (tout compris) de 50€ par pièce et une durée de vie d’un an. Je gagne donc 50 000€ par an.

    Comme il y a de la concurence, je décide de diviser la durée de vie de mes produits par 2, afin d’en vendre 2 fois plus (en un an) à moindre prix (Notez : je ne dis pas "moitié-prix"). Comme je double ma production, mon cout de production à l’unité diminue. Disons qu’il tombe à 40€/piece. Sur ce, je rajoute ou j’enleve un truc (puce, condo, tube … etc) qui, sans changer le produit, va diviser sa durée de vie par 2.
    C’est clairement de l’obsolescence programmée (mais c’est pas un complot : j’ai décidé ça tout seul dans mon coin).

    Avant, je gagnais 50 000€. Pour gagner autant, je dois vendre mes produits 65€.
    Donc en les vendant 70€ je gagne 60 000€ (20% d’augmentation, pas mal !) et je suis 30% moins cher que le marché.

    La plupart des commentateurs le feront remarquer : je pollue 2 fois plus (ça revient très très très souvent).

    Donc si vous dites le contraire, c’est forcement qu’il y a un truc qui m’échape (je suis pas bon en éco).
    D’ou ma question : Pourquoi, d’après vous, Epson a décidé de mettre cette puce ?
    (je ne crois pas que qui que ce soit y ait répondu)

    Réponse de Stéphane Ménia
    On a supprimé aucun commentaire. Jamais reçu le commentaire en question, c’est tout. Y a pas de complot (non plus) chez éconoclaste.

  22. @ Pillow-Jutsu : sur un forum qui discutait de ce billet (je n’ai plus l’adresse en mémoire), un commentateur disait que cette puce servait en fait à rendre l’imprimante inutilisable peu avant la date théorique de rupture d’un composant qui contient l’encre. L’encre est un produit toxique qu’il ne faut en aucun cas manipuler ce qui justifie cette puce (d’autant plus que 18000 copies pour une imprimante de particulier ça me parait quand même assez conséquent).

  23. @Thomas
    La limite d’impression que vous citez me fait penser que c’est d’ailleurs assez amusant de critiquer les méchantes entreprises qui polluent en fabriquant deux fois plus. En effet, 18 000 impressions ça représente 10 impressions par jour pendant 5 ans !!! J’aimerais bien savoir quel particulier aurait réellement besoin d’imprimer autant (je dois à peine dépasser ce chiffre en un an :x ). L’argument écologique est donc assez pathétique de ce point de vue là.

    @Pillow-Jutsu
    Ce qui me fait le plus rire dans toutes ces théories, c’est à quel point ça oublie la concurrence. Vous allez continuer à acheter le même produit pourri qu’il faut changer tous les ans ou plutôt essayer une autre marque ? C’est d’autant plus vrai avec internet et les tonnes de comparatifs de produits qui existent. D’ailleurs, pour de gros achats (électroménagers, téléphone portable, etc.), les consommateurs en deviennent souvent bien plus compétents que les vendeurs en magasin.

  24. @ Pillow-Jutsu:
    Vous supposez implicitement que le coût moyen de production est une fonction décroissante de la quantité produite.
    Ce n’est pas le cas. Le coût des facteurs de productions ( technologie incluse ) détermine la taille optimale de production. Pour reprendre votre exemple, une unité de production fabrique N produits pour un coût moyen de 50€ et le coût moyen pour 2N peut très bien être 60€ et non 40€.

  25. @Thomas
    Vous répondez à la question sur la puce. ce qui en fait naitre une nouvelle : Est-ce que l’obsolescence programmée n’es plus une obsolescence programmée quand c’est "pour notre bien" ?

    Et si on met Epson de coté, le raisonnement que j’ai suivi me parait toujours correct pour d’autres produits (ou pour une obsolescence programmée à 9000 copies). C’est envisageable donc des gens le font. C’est mal donc il faut luter.
    Je me trompe ?

  26. Ca fait 2 semaine que le billet precedent trotte dans ma tete… J’ai une propension a penser que l’obsolescence programmee est en effet un mythe, mais butte sur l’argument selon lequel produire un produit de "meilleur qualite" rapporte plus que produire un produit de qualite moindre.

    Si je prends un produit A de duree de vie importante, et un produit B, ayant la meme fonction, avec une duree de vie reduite.
    J’assume que je vends des produits A en saturant ma ligne de production (pas de capacite supplementaire, couts controllables a leur optimum)

    Le prix du produits en magasin est donc COGS (Cost of goods sold – cout des composants) + CC (Couts controllables a leur optimum) + couts de vente + marge.

    Prenons comme hypothese que COGS pour A est > a COGS pour B (produit B de moins bonne qualite), mais Couts de ventes (pub, distribution etc.) et marge (en %) restent identique.

    Si je veux maitenant produire le produit B en esperant des ventes plus importantes, sur le meme type de machine que le produit A, il faut alors que j’investisse dans une seconde ligne de production – ou que je limite ma prod a la capcite nominale de A.

    Si je limite a capacite nominale, alors, comme CC + Couts de vente et marges (en %) sont identique, comme COGS B est < COGS A, je ferai donc moins de marge en valeur absolue.
    Si je veux maintenant augmenter ma production, qui me dit que je saturerai ma deuxieme ligne? Les CC vont donc augmenter, et soit le produits B ne sera plus aussi competitif, soit ma marge devra etre reduite.

    Est ce la facon dont vous justifier les moindres benefices pour une entreprise de vendre des produits de moins bonne qualite?

    Si tel est le cas, la question centrale est donc: quelle est l’elasticite de la demande par rapport au prix de vente?
    Il me semble que c’est une information capitale pour optimiser les couts de l’entreprise et la marge totale.

    Hors de ces considerations de couts et de duree de vie, et sans avoir vu le reportage, il me semble malgre tout que LA problematique est tres mal posee.
    En effet, comment un produit est-il designe? Est ce que se sont les ingenieurs que design et proposent au marketing et vente? Parfois.
    Mais dans les biens de grande consommation c’est plutot une equipe marketing que a une idee, et via des etudes d’opinion definie les caracteristiques de ces produits, notamment les couts de vente, les criteres de "beaute", la duree de vie optimale – ou cycle de vie (certains objets sont plus "trendy" que d’autres et le besoin exprime est donc plus court termiste qu’une table ou un matelas que l’on ne voit pas. Il faut aussi prendre en compte les cycles d’innovation. Sachant que dans X temps mon produit sera demode / out-performe / a usage irrelevant, pourquoi investir dans des matieres plus cheres?

    En gardant en tete le fait que les pays qui tirent la consommation sont plutot les US, et l’asie avec des population emergentes ou "avoir le dernier cri" est capital d’un point de vue social, les entreprises ne font que suivre les tendances de leur marches. Point Barre. Ce n’est pas un complot. Qui veut encore achete un ordinateur d’il y a 5 ans connecte a un ecran CRT qui scintille???? Personne. Pourquoi alors les scpecifier avec des materiaux / composant d’une duree de vie de 5 ou 10 ans?

    Je digresse et m’en excuse, mais aimerait avoir vos pensee quant a mon raisonnement sur les couts et marges des 2 produits A et B!

    D’avance merci!

  27. Diable, ce sujet déchaîne les passions !… Un peu ardu peut-être pour un 1er post, mais je me lance, toutefois je préviens : ce commentaire est basé uniquement sur l’article et les précédents commentaires, je n’ai pas vu le documentaire original. Même pire : je ne souhaite pas tant intervenir sur le fond que la forme.

    En effet, d’un côté nous avons : de parfaits béotiens sur le sujet de l’économie (et qui l’avouent eux-même en plus), et qui tentent de généraliser se qu’ils croient percevoir / comprendre d’un certain phénomène, avec toutes les dérives et déformations qu’on peut imaginer dans cette (tentative de) formulation.

    D’un autre côté nous avons : des économistes qui tentent de rétablir "la" vérité (ou science, ou rationnalité), avec force explications (pas toujours très bien amenées dans le texte, par ailleurs).

    Ce que je remarque cependant, c’est que l’article est au début plutôt bien construit dans la mesure où vous tentez au moins dans un premier temps de faire la part des choses : l’obsolescence peut très bien être programmée – ou pas – en fonction du produit, de la cible, des besoins, du contexte, de la "mode", etc., mais quoi qu’il en soit ce n’est pas forcément dans une intention aussi manichéenne que pourraient le sous-entendre (ou carrément l’exprimer) certains. Soit, je comprends.
    Or dans vos réponses aux commentaires vous tombez également dans l’écueil de la généralisation en aveugle, et de fait vous torpillez votre propre discours.
    Qu’entends-je par là ?
    Hé bien simplement cette remarque toute simple : qu’est-ce qui vous permet d’être aussi péremptoire ?
    Vous argumentez mais n’avancez aucune preuve tangible, palpable, seulement des exemples généraux invérifiables ou difficilement (ou tenant de la même philosophie de comptoir que celle que vous décriez chez vos lecteurs, pourrait-on dire à la limite, car une jolie équation n’explique pas tout, pas toutes les situations, choix, circonstances, bref tout ce qui peut amener telle ou telle décision).
    Car enfin, que connaissez-vous vraiment de la réalité de l’entreprise (au quotidien) ? De quelle expérience dans ce domaine vous prévalez-vous ? Vous êtes chargé de cours, enseignant, peut-être effectuez vous des prestations ponctuelles d’audit dans des sociétés importantes (ou non), mais globalement n’êtes-vous pas un peu comme les Conseillers d’Orientation de l’Education Nationale : vous parlez de ce que vous n’avez appris à connaître qu’à travers des fiches, livres, présentations ou séminaires, travaux de prédécesseurs … qui n’ont pas forcément plus cette connaissance pratique (ce qu’on appelle "l’expérience") que vous.
    Bref, vous théorisez, vous pérorez, et ce faisant vous entretenez cette image de glandus "short sighted" perchés dans leur tour d’ivoire, celle-là même que vous prétendiez mettre à bas grâce à ce blog.
    Et vous n’êtes pas plus capable d’évaluer l’écart entre la théorie et ce que l’on peut observer en pratique.
    Bien sûr l’image du grand méchant marché est inappropriée, voire fausse, alors pourquoi ne pas plutôt parler de l’immaturité (voire de l’irresponsabilité) des mentalités, et qui conduisent à des choix d’implémentation, de marketing, de distribution "à côté de la plaque" voire négatifs dans la perception que pourront en avoir les autres (et à plus forte raison les clients) ? (Bel exemple que cette histoire de puce …)
    Peut-être parce que vous n’avez vous même pas ce recul ? Exemple : vous êtes vous rendu compte que ce que vos lecteurs (de ce blogs) peuvent percevoir de vous comme méprisants / arrogants / voire idiots dans votre attitude peut vous être nuisible du fait que juste à côté vous faites de la publicité pour vos livres ? Et qu’en plus vous affirmez que vous vous en foutez ?

    Pour ma part, j’étais curieux de ce blog et de son contenu, mais là je suis plutôt déçu. Ce post sera le 1er et le dernier (enfin, s’il est publié).

  28. j’attends maintenant avec impatience les commentaires des maitres de ces lieux sur le bien-fondé de la remunicipalisation de la gestion de l’eau…

  29. @Pillow-Jutsu : l’argument qui vous échappe (comme à 95% des commentateurs, et c’est normal) c’est qu’une entreprise ne peut pas vendre autant d’unités qu’elle veut à n’importe quel prix. Dans votre exemple votre entreprise vend 30% en-dessous du prix du marché certes, mais un produit qui dure deux fois moins longtemps. Comptez peut-être un an pour que les consommateurs s’en aperçoivent et la demande adressée à cette entreprise sera simplement nulle et en aucun cas celle-ci ne gagnera 60.000 euros.

    On peut faire plus compliqué, peut-être que vous trompez vos consommateurs sur le premier achat et gagnez donc 30.000 euros, puis quand ils voient que le produit leur a claqué dans les pattes au bout de six mois ils vont simplement changer de crèmerie. Donc au lieu des 50.000 euros d’origine vous avez gagné 30.000 euros, pas terrible.

  30. Comme de nombreux économistes, vous analyser tous les problèmes sous forme économique uniquement… vos solutions sont donc forcément économique également….

    Comme disait l’autre, à voir tous les problèmes sous la forme d’un clou, toutes les solutions se présentent sous la forme d’un marteau…

  31. @Jack The Hammer
    Et au delà de lieux communs anti-économie, vous avez une théorie à présenter ?

  32. @J-E && @nashnash
    Votre remarque concernant la concurence est vraie … si il n’existe que 2000 clients. Mais si j’imagine qu’il existe beaucoup plus de clients que ce que je peux satisfaire, il y aura toujours des "nouveaux". Certes, ils ne se laisseront avoir qu’une fois. Mais j’y aurai gagné quand même.
    Quant au clients qui se renseignent, c’est peut être bon pour le gros électro … mais pas le petit (du grille-pain à l’imprimante).

  33. @Pillow-Jutsu: Non justement s’ils ne se font avoir qu’une fois je n’ai rien gagné du tout. L’argument de l’obsolescence programmée c’est que je diminue la durée de vie à dessein POUR VENDRE PLUS, ET ALORS MÊME QUE CA NE DIMINUE PAS MES COUTS DE PRODUCTION.

    Toujours dans votre exemple je préfère vendre aux nouveaux arrivants un bien qu’ils continueront à acheter plutôt que de leur vendre au même prix un bien qui me coût plus cher et qu’ils n’achèteront qu’une fois.

    Ce que vous avez en tête, comme de nombreux commentateurs du reste, c’est un vendeur qui vend au prix d’un appareil de bonne qualité un appareil de mauvaise qualité parce que ce dernier lui coûte moins cher à produire. C’est un problème classique en économie, bien répertorié, et ce n’est il me semble pas du tout contre ce problème (qu’il y a beaucoup de moyens de résoudre en pratique, marques, garanties etc) que les hôtes du blog s’élèvent.

    Mais c’est bien différent de l’obsolescence programmée, et ça n’a pas les mêmes conséquences en termes d’inefficacité. L’obsolescence programmée c’est produire à un coût plus élevé un bien avec une durée de vie plus faible dans l’espoir d’en vendre plus. On montre facilement que cette stratégie n’a pas de sens, en revanche ce qui peut en avoir un c’est produire à un coût moins élevé un bien de moins bonne qualité quitte à en vendre moins.

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