Alexandre Delaigue

Le mythe de l’obsolescence programmée

Arte a récemment diffusé un documentaire intitulé « prêt à jeter », consacré à l’obsolescence programmée. Le documentaire a apparemment eu un grand succès public, et la critique l’a unanimement recommandé (Telerama-Le Monde-Le Figaro). Vous pouvez visionner le documentaire en vod en suivant ce lien, et pouvez (pour l’instant) le trouver sur youtube.

Comme il m’avait été recommandé par diverses personnes, je l’ai visionné. Ce documentaire est hélas d’une nullité intégrale. Parfois hilarant de bêtise, parfois nauséabond de complotisme, en tout cas, jamais informatif.

« L’obsolescence programmée » est l’idée selon laquelle si les produits que vous achetez se dégradent rapidement (contrairement aux bons vieux produits inusables de nos grands-parents), ce n’est pas un hasard : c’est une machination ourdie par les entreprises industrielles, qui ont trouvé là un moyen de nous obliger à racheter régulièrement leurs produits. C’est une de ces idées qui tient une bonne place dans la conscience populaire, mais qui ne convainc guère les économistes, pour plusieurs raisons.

La première, c’est que l’idée du « c’était mieux avant, tout était solide, maintenant on ne fait plus que des produits de mauvaise qualité qui s’usent vite » est tellement intemporelle qu’on se demande bien quel a été cet âge d’or durant lequel on faisait des produits durables. (à l’époque de ma grand-mère bien entendu : sauf qu’à son époque, elle disait aussi que les produits de sa grand-mère étaient plus solides). Il y a là un biais de perception, le « biais de survie » : vous avez peut-être déjà vu un frigo des années 50 en état de fonctionnement (j’en connais un, pour ma part); vous n’avez certainement jamais vu les dizaines de milliers de frigos des années 50 qui sont tombés en panne et ont terminé à la décharge. Nous avons par ailleurs tendance à idéaliser le passé : je suis par exemple toujours très étonné par les fanatiques qui me racontent, des trémolos dans la voix, à quel point la 2CV Citroen était une voiture « increvable ». Dans celle de mes parents, il fallait changer les plaquettes de frein tous les 10 000 km, le pot d’échappement tous les 20 000, et elle était tellement attaquée par la corrosion (au bout de deux ans) que dès qu’il pleuvait, on avait le pantalon inondé par une eau noirâtre et gluante. Je préfère de très loin les voitures actuelles et leurs pannes d’électronique récurrentes.

Mais il n’y a pas que ces biais de survie et d’idéalisation du passé. Si les économistes sont sceptiques vis à vis de l’obsolescence programmée, c’est que cette stratégie apparemment subtile n’a en réalité aucun sens. Prenons un exemple utilisé dans le documentaire, celui des collants féminins qui filent très vite, au point qu’il faut les changer toutes les deux semaines. Si un collant coûte 4€ et dure deux semaines, à l’issue desquelles les clientes en rachètent un, elles montrent à l’entreprise qu’elles sont disposées à dépenser 104€ par an en collants. Or, fabriquer un collant très solide coûte peut-être un peu plus cher à l’entreprise, mais certainement pas autant que de fabriquer 26 collants vendus 104 euros. Elle pourrait donc réaliser un profit largement supérieur, en vendant par exemple un collant garanti un an (avec remplacement gratuit s’il se file entretemps, pour rassurer les clientes) pour une centaine d’euros.

Bien sûr les choses ne sont pas si simples, et en pratique, beaucoup des produits que nous achetons ne sont pas particulièrement durables. Il peut y avoir deux raisons à cela. La première tient aux contraintes de la production. La durabilité est une qualité désirable; mais il y a d’autres, nombreuses qualités désirables, comme un faible coût de production, ou des caractéristiques spécifiques. Pour rester sur l’exemple des collants, on a supposé au dessus que faire un collant de durée de vie d’un an ne coûte pas cher. Ce n’est pas certain : si faire 26 collants durant deux semaines coûte au total moins cher qu’un seul collant durant un an, alors, il est préférable de fabriquer les produits moins durables – et les consommatrices soucieuses de leur pouvoir d’achat pourront préférer ceux-ci. Si pour que les collants soient durables, il faut qu’ils aient l’apparence de bas de contention, je connais beaucoup de femmes qui préféreront d’autres modèles moins solides.

Un fer à vapeur sous pression est moins durable que le vénérable fer en fonte qui ornait la cuisinière de mon arrière-grand mère; faire passer de la vapeur sous pression dans des pièces métalliques provoque une usure bien plus rapide. Il est aussi nettement plus pratique à utiliser. Une poele recouverte de téflon est moins durable qu’une casserole en cuivre massif; elle est aussi moins coûteuse, et bien plus commode. Comme nous sommes des enfants gâtés par la société de consommation, nous voudrions que tout soit à la fois durable, esthétique, pratique, et peu cher. A la fin du 19ième siècle, les marines européennes avaient cherché à produire des bâtiments de guerre à la fois rapides, dotés d’une énorme puissance de feu, et d’un gros blindage. Mais qui dit blindage et armements dit poids élevé, ce qui nuit à la manoeuvrabilité et à la vitesse. Tout problème d’ingéniérie nécessite d’optimiser entre différentes qualités incompatibles. Bien souvent, la réparabilité ou la durabilité passent au second plan, derrière d’autres qualités, comme le prix. Produire en grande série standardisée permet de réduire considérablement les coûts; réparer est un artisanat qui coûte très cher, parce que dans nos pays développés le travail coûte cher.

A côté de produits peu durables, il est également possible de trouver des produits très durables, mais chers. Un costume sur mesure fait chez un tailleur sera plus beau, conçu avec des tissus de bien meilleure qualité que le bas de gamme que vous trouverez dans le premier magasin venu: il sera aussi beaucoup plus cher. Certaines marques ont fait de la durée de vie élevée leur principal argument commercial (briquets Zippo garantis à vie, piles Duracell et leur lapin qui dure longtemps, voitures japonaises ou coréennes garanties 5 ans, chaussures Church qui durent toute une vie…) ce qui montre que faire des produits à longue durée de vie n’est certainement pas rédhibitoire pour les profits, bien au contraire. Simplement, la durée de vie n’est pas l’unique qualité désirable dans un produit.

Et cette optimisation entre des qualités concurrentes rencontre les aspirations, elles-mêmes variées, des consommateurs. Une observation modérée de mes semblables de sexe féminin m’a ainsi permis de constater que nombre d’entre elles changent très régulièrement de tenue vestimentaire, et qu’elles semblent y attacher beaucoup d’importance. Dès lors, il ne me semble pas absurde d’envisager qu’elles préfèrent acheter 26 paires de collants dans l’année – ce qui permet d’en avoir des différentes – plutôt que de porter toujours les mêmes à longueur d’année. Ce sont peut-être des dindes écervelées qui ont le cerveau lavé par la presse féminine et les diktats de la mode; plus probablement, elles font de leur tenue vestimentaire une façon de manifester leur goût et leur charme.

Et c’est la seconde raison qui explique pourquoi les produits ne sont pas toujours très durables; soumis au choix entre des produits durables et des produits rapidement obsolètes, nous avons souvent tendance à préférer les seconds. Nous aimons la variété et la nouveauté. Consommer n’est pas seulement satisfaire un besoin utilitaire; c’est aussi une source de satisfaction, de démonstration de diverses qualités personnelles à notre entourage. On peut qualifier ces sentiments de frivoles, se moquer de ces gens qui vont se ruer sur un Ipad 2 dont ils n’ont rien à faire; mais constater aussi que les sociétés qui ont voulu substituer à ces caractéristiques humaines la stricte austérité (ha, le col Mao pour tout le monde) n’étaient pas particulièrement respectueuses des libertés, ou de la vie humaine. Et noter que jamais personne ne vous a obligé à acheter quoi que ce soit. Il y a évidemment une pression sociale; et parce que le marché ne peut pas toujours satisfaire tout le monde, nous sommes obligés parfois de nous conformer aux modes de consommation de la majorité, à contrecœur.

Comme vous le voyez, il y aurait largement de quoi nourrir un excellent documentaire, instructif, autour de la question de la durée de vie des produits. Hélas, vous ne trouverez strictement rien de tout cela dans le documentaire d’Arte.

Le documentaire commence par un vieux canard qui ressort à intervalles réguliers : les ampoules électriques. Dans les années 20, un cartel entre producteurs d’ampoules aurait cyniquement établi une entente pour réduire la durée de vie des ampoules électriques à 1000 heures de fonctionnement, alors qu’auparavant, il n’était pas rare de fabriquer des ampoules de durée de vie largement supérieure. Un cartel, voilà qui éveille tout de suite l’attention de l’économiste. Comment fonctionnait-il? Comment empêchait-ils ses membres d’adopter un comportement opportuniste (par exemple, en vendant des ampoules de plus longue durée que les autres, ou des ampoules moins chères)? Le documentaire est muet sur cette question. Tout au plus est-il question d’amendes pour les membres fautifs et de « partage de technologies ». Et d’interminables minutes sur un bâtiment public au fin fond des USA dans lequel une ampoule brille sans discontinuer depuis un siècle, d’une lueur un peu pâlotte, mais qui fait l’admiration des habitants qui organisent des fêtes anniversaire de l’ampoule (on se distrait comme on peut).

Un commentateur chez Aliocha permet de trouver la clé du mystère. Concevoir une ampoule électrique est un problème d’optimisation entre diverses qualités : la luminosité, la consommation, la durée de vie, la couleur. On pourrait ajouter qu’il y a de nombreux problèmes de standardisation : les culots d’ampoule doivent être identiques pour pouvoir passer d’une marque à l’autre; les couleurs doivent être identiques (un lustre avec des ampoules de luminosité différente est très laid et inconfortable, comme chacun peut le constater depuis que le Grenelle de l’environnement nous impose des ampoules à basse consommation qui n’éclairent pas), etc. Il n’est donc pas absurde que les entreprises du secteur aient coopéré pour établir des normes.

Mais comme on le sait depuis Adam Smith, des gens du même métier se rencontrent rarement sans que cela ne se termine par une conversation sur les moyens d’augmenter les prix; et le cartel en question, en plus d’établir des normes, a aussi réparti les zones géographiques entre producteurs, afin de s’assurer à chacun de confortables rentes de monopoles. Le cartel en question a donc fait l’objet de sanctions des autorités antitrust; on peut noter que si le rapport sanctionne les accords sur les prix, il montre que la durée de vie de 1000 heures est un compromis technique entre diverses qualités, et pas une tentative pour escroquer les consommateurs. Une information que bien entendu, le documentaire n’évoque pas.

Poussant vers les années 30, le documentaire nous fait le portrait d’un américain, Bernard London, présenté comme le « père spirituel » de l’obsolescence programmée, pour avoir écrit un pamphlet en 1932 intitulé « sortir de la crise par l’obsolescence programmée« . La lecture de ce document, en fait, n’indique rien sur l’opportunité d’une stratégie des entreprises pour inciter les consommateurs à remplacer leurs produits; la préconisation de l’auteur est celle d’une vaste prime à la casse obligatoire, portant sur tous les produits manufacturés, l’Etat rachetant de façon obligatoire tous les produits à partir d’une certaine durée prévue à l’avance. Une idée économique stupide, mais dans le désarroi provoqué par la déflation et 25% de chômeurs en 1932, celles-ci étaient légion. Alors qu’un quart de la population américaine ne parvenait pas à se nourrir, le gouvernement américain payait les fermiers pour qu’ils abattent leurs troupeaux de vaches, afin de faire remonter le prix du lait. Nous savons aujourd’hui qu’il suffisait de sortir de l’étalon-or et d’appliquer une politique monétaire non-suicidaire pour se sortir de la crise; à l’époque, on ne le savait pas, et on assistait au grand concours des idées farfelues. Nous n’avons pas tellement changé, mais nous avons moins d’excuses.

Surtout, après de longues minutes à interviewer la fille de l’associé du Bernard London en question, le documentaire nous explique que ses brillantes idées n’ont jamais été appliquées, ce qui conduit à se demander pourquoi diable on nous en a parlé. Surtout, pourquoi le documentaire insiste aussi lourdement sur le fait que Bernard London était juif, pour conclure mystérieusement sur « nous ne saurons jamais s’il voulait aider les gens ou simplement faire du profit ». C’est vrai, quoi, les juifs, ils ont toujours des arrière-pensées; Et puis, une bonne théorie du complot qui n’a pas son juif de service ne sera jamais totalement satisfaisante. (22ème à la 25ème minute).

Poursuivant dans les années 50, le documentaire nous montre les débuts de la société de consommation, plaçant l’obsolescence programmée au coeur du système. Il montre une école de design dans laquelle on explique aux étudiants que les produits n’ont pas forcément vocation à être durables (ce qui, si vous avez lu ce qui précède, tombe sous le sens : c’est le métier de designer que de concevoir des produits qui optimisent les différentes caractéristiques) pour s’indigner de ce comportement « non éthique ». Les designers sont opposés aux ingénieurs, que l’on présente comme scandalisés parce qu’on les obligeait à concevoir des produits moins durables que ce qu’ils auraient pu faire.

Ce passage m’a irrésistiblement rappelé cette phrase de J.M. Folz, ancien PDG de Peugeot, qui a déclaré un jour « qu’il y a trois façons de se ruiner : le jeu, les femmes et les ingénieurs. Les deux premières sont les plus agréables, la troisième est la plus sûre ». Il entendait par là que ce que les ingénieurs aiment concevoir n’est pas toujours ce que les clients désirent, et qu’à trop suivre les ingénieurs, on finit par faire des produits hors de prix et qui n’intéressent pas les clients (ayant dirigé Citroen, il savait de quoi il parlait). Etant donnée la mentalité des ingénieurs dans les années 50, il est fort probable qu’ils n’ont pas apprécié de perdre une partie de leur pouvoir dans les grandes entreprises industrielles au profit des services de design et de marketing, et regretté de ne plus pouvoir fabriquer ce qui leur plaisait. Il est certain que tout le monde, consommateurs et entreprises, y a gagné.

C’est vers la 45ème minute que le reportage nous offre son plus beau moment surréaliste. C’est qu’il y avait une alternative à la consommation jetable caractéristique de nos sociétés modernes; elle se trouvait derrière le rideau de fer. Là bas, on trouvait des ingénieurs soucieux de produire de la qualité, des produits éternels. Une entreprise d’électricité est-allemande avait même conçu une ampoule électrique de bien plus longue durée que ce que l’on trouvait à l’Ouest; dans le bloc communiste, on produisait pour durer. J’ai eu du mal à réprimer mon hilarité, me souvenant des multiples blagues de la RDA, dont les habitants ne manquaient pas de moquer la piètre qualité de leur production nationale (vous savez comment doubler la valeur de revente d’une trabant? En faisant le plein). Je me souviens aussi que la meilleure façon de faire pleurer un habitant des pays de l’Est, à l’époque, était de lui faire visiter un supermarché occidental (expérience vécue). Etrangement d’ailleurs, lorsque le rideau de fer est tombé, la première chose que les allemands de l’Est ont faite a été de se ruer sur les biens de consommation fabriqués à l’Ouest; l’horrible société consumériste leur semblait manifestement plus attrayante que leurs propres produits. Quant aux usines Est-Allemandes, elles étaient tellement efficaces qu’elles ont toutes dû fermer. Le documentaire suggère à demi-mot que les industriels de l’Ouest ont voulu se débarrasser de ces compétiteurs redoutables, peu au fait du grand complot pour obliger les consommateurs à acheter sans cesse.

A ce stade, on se demande s’il faut rire ou pleurer face à ce spectacle lamentable. Le reportage se termine sur les problèmes de durée de vie des premiers Ipods, dont la batterie (impossible à changer) avait fâcheusement tendance à tomber en rade au bout de 18 mois de fonctionnement. Là encore, aucune autre explication qu’un sinistre complot pour exploiter le consommateur n’est fournie. Il est fort possible qu’Apple ait négligé la durée de vie au profit du design et de contraintes de fabrication; ils sont coutumiers du fait, mais les acheteurs de produits Apple semblent vouloir obstinément acheter leurs produits hors de prix, mais tellement jolis. Le principal plaignant, après qu’une avocate lui ait fait bénéficier d’un système judiciaire américain toujours prêt à faire payer des indemnités par les grandes entreprises pour tout et n’importe quoi, ne s’est d’ailleurs pas privé de se racheter un Macbook à 2000 dollars par la suite (son cerveau ayant été probablement lavé pour qu’il ne voie pas les ordinateurs portables concurrents, vendus deux fois moins cher et avec des batteries amovibles).

Le fil rouge du reportage se termine – un espagnol ayant essayé, très difficilement, de réparer son imprimante à jet d’encre parce qu’il ne voulait pas en changer, suivant les conseils des vendeurs lui suggérant plutôt d’en acheter une neuve pour une trentaine d’euros. Sa situation est mise en abîme avec celle du Ghana, qui reçoit par containers entiers du matériel informatique jeté dans les pays développés. Le documentaire insiste lourdement sur le parallèle entre ces africains sages qui ne gaspillent pas, par opposition à ces occidentaux gaspilleurs qui mettent leur matériel à la poubelle à la moindre occasion. Là encore, l’explication économique est simple. Comme le montre l’exemple de l’espagnol essayant de réparer son imprimante, réparer certains matériels consomme énormément de temps; au Ghana, récupérer des choses utilisables dans le matériel informatique jeté prend aussi énormément de temps de travail, occupant des familles entières sur des décharges. cela ne représente aucune sagesse africaine particulière; dans nos pays développés, les produits fabriqués en grande série ne coûtent pas cher, parce que nous disposons d’un immense capital productif; par contre, le travail est très cher. La situation est inverse dans les pays en développement. Résultat? Chez nous il est bien moins coûteux de racheter du matériel neuf que de consacrer du temps de travail à le réparer. Au Ghana, le travail est abondant et ne coûte (et ne rapporte) presque rien. Le documentaire se garde bien de demander à ces gens qui passent leurs journées à farfouiller dans des ordures quelle existence ils préféreraient : la réponse n’aurait pas cadré avec le ton général.

A la fin de ce document manipulateur, complotiste, qui n’explique rien, on se demande comment on en arrive à réaliser une chose pareille. L’explication est en filigrane dans le document, qui nous montre avec des trémolos dans la voix off des conférences sur la décroissance, et qui donne la part belle à Serge Latouche, le grand prêtre du mouvement. On comprend alors que nous ne sommes pas face à une entreprise d’information, mais à une entreprise de morale, selon le concept défini par le sociologue Howard Becker. Le but du documentaire n’est pas d’informer, mais de convertir les mécréants. C’est ce qui conduit la réalisatrice à nous vanter les collants indestructibles, sans une seconde confronter son propre comportement de consommatrice à son discours.

Ce qui est plus étonnant, c’est de voir l’unanimité de la critique journalistique et des responsables d’Arte, qui ont gobé sans sourciller et applaudi à un documentaire qui est une énorme faute professionnelle. De journalistes, de documentaristes, on attend qu’ils nous informent de la façon la plus intègre possible. Que l’objectivité absolue soit impossible à atteindre, soit; mais elle est le standard d’éthique professionnelle qui devrait guider ceux qui nous informent. A préférer les entreprises de morale aux entreprises d’information, il est à craindre que la profession journalistique soit en bonne voie d’obsolescence programmée.

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Alexandre Delaigue

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206 réflexions au sujet de « Le mythe de l’obsolescence programmée »

  1. L’article est très intéressant mais un point me chiffonne. Vous écrivez: "soumis au choix entre des produits durables et des produits rapidement obsolètes, nous avons souvent tendance à préférer les seconds."

    Le problème c’est qu’il est impossible d’avoir un comportement rationnel car c’est une donnée que nous ne connaissons pas. Si j’achète une imprimante, je connais son prix, son nombre de pages par minute, etc, mais j’ignore si elle va durer un an ou dix.

    Certes je me doute bien que si j’achète un grille-pain à 20 euros il ne durera pas 20 ans. Mais si j’investis 60 euros dans le modèle d’à côté suis-je sûr qu’il durera plus longtemps ? Je n’ai pas la moindre garantie à ce sujet. Du coup, j’ai effectivement tendance comme la majorité des gens à acheter le modèle à 20 euros rapidement obsolète mais c’est un choix que je fais à regret. Si on me garantissait une durabilité importante pour le modèle le plus cher je l’achèterais sans hésitation.

  2. Bonjour, le post est intéressant, et est convaincant sur les faiblesses du film diffusé sur Arte. Ceci dit, nier l’existence d’une obsolescence programmée (ou au moins raisonnée) par les industriels semble également excessif (on le voit bien dans le film avec la puce Epson qui met l’imprimante en panne après xxx pages sans autre motif que de faire de cette imprimante un produit jetable).

    Je pense qu’il y a une solution : basculer dans une économie d’usage. On payerait pour un service (l’usage d’un PC, d’un four à micro-ondes, d’une pompe de piscine, d’une voiture…) un forfait annuel. Le fabricant met le produit à disposition et c’est à lui de faire en sorte que l’usage soit assuré. À ma connaissance ce genre de chose existe pour les photocopieuses et conduit à un taux de recyclage des pièces de photocopieuse très élevé.

    Au final on aurait le même service qu’actuellement, avec un prix fonction de la fiabilité attendue (raisonnée en fonction des contraintes de service de l’usager). Pour l’usager cela ne changerait rien en terme de coût, mais en terme de consommation de ressources cela change tout : les constructeurs seraient incités à réaliser des produits optimisant le coût de maintenance donc aussi fiables que possible et à recycler au maximum les pièces des appareils usagés.

    On peut imaginer qu’une telle économie serait inflationniste car il faudrait financer le travail nécessaire pour assurer la maintenance, et on sait que le travail est coûteux en occident. Mais d’une part, ce coût serait partiellement financé par l’économie sur les ressources. D’autre part, le temps passé par le constructeur pour la maintenance est optimisé par rapport au temps passé par l’usager pour assurer la même maintenance (ou le remplacement d’un appareil obsolète). Le temps gagné collectivement pourra être réinvesti au niveau macroéconomique pour financer le surcout de la maintenance. Enfin, ce système étant consommateur de main d’œuvre il permettrait de réduire le chômage et donc le coût social du non-emploi.

    Ainsi un tel système serait très pratique dans la vie de tout les jours mais au plan macroéconomique ses bénéfices sont sans doute supérieurs aux coûts du système actuel.

  3. Allez, un nouveau commentaire qui ne sert à rien mais qui fait plaisir:
    Beaucoup de produits sont jetés par les consommateurs alors qu’ils sont en parfait état de marche, par simple goût pour la nouveauté. On en a un parfait exemple avec les téléphones portables (changés en moyenne tous les deux ans, alors qu’ils peuvent durer facilement quatre ou cinq ans).
    Pas besoin de complot, le goût pour la nouveauté / variété suffit.

  4. Bonjour,

    à propos du besoin de variété et de nouveauté, quelle lecture stimulante conseilleriez vous sur ce thème?

    cordialement

    Paulo

  5. Comme geographedumonde geographie.blog.lemonde.f… ), vous aimez provoquer et cela suscite un débat intéressant.

    Néanmoins votre argument concernant la longueur du billet est un peu court. À chaque fois qu’un commentateur vous fait une remarque vous indiquez que le billet était déjà trop long.

    Comme vous, je n’ai pas aimé la coloration théorie du complot (elle me rappelle d’ailleurs celle du "cauchemar de Darwin"). Toutefois vous caricaturez le documentaire et cela altère la pertinence de votre point de vue.

    Le dialogue ne peut pas vraiment s’établir car vous déniez aux auteurs du documentaire de se positionner comme "environnementalistes". Ce documentaire est militant mais pas fondamentalement malhonnête.

    Finalement votre billet me rappelle un billet de John Kay : Green lobby must be treated as a religion (http://www.johnkay.com/2007/01/0... ). Dans les deux cas, l’économiste se positionne en surplomb du débat en oubliant que sa science a aussi des limites (externalités, asymétrie d’information). C’est regrettable.

  6. Je suis d’accord avec vous, mauvais reportage sur un bon sujet. Il reste que l’asymétrie de l’information est centrale et pas du tout développé dans le reportage. Mes deux centimes sur le sujet (écrit avant de voir le reportage): ideesmobiles.over-blog.co…

  7. La critique est aisee… Ce documentaire "d’une nullite integrale" a au moins le merite de montrer le probleme de la sur-consommation, exacerbe par une obsolescence, voulue ou non.
    La violence de votre critque n’est peut-etre qu’une reaction de rejet, face au constat insupportable des impacts negatifs de notre facon de vivre sur notre environnement.

  8. Bonjour Alexandre,

    marrant comme vous balayez d’un revers de main, ou plutôt par un « demandez aux africains s’ils ne préfèreraient pas vivre comme nous » les kilomètres de décharges de nos rebus informatiques et polluants exportés ILLEGALEMENT (comme l’indique bien ce reportage, mais vous oubliez de le préciser).

    Marrant également la façon dont vous étiquetez de "complot" avec tout ce que ce mot peut avoir de nauséabond, une ENTENTE entre les fabricants d’ampoule dans le monde, entente qui a bel et bien existé et qui a été condamnée par la justice américaine (comme l’indique bien ce reportage, mais vous oubliez de le préciser).

    C’est cela être econoclaste selon vous ? Le mot qui me vient en lisant votre billet est plutôt econoCASTE, ne trouvez-vous pas ?

    Bref, votre billet n’exprime que votre point de vue à charge sur ce reportage – et c’est déjà beaucoup – mais j’y ai vu bien d’autres choses – et c’est beaucoup aussi.

    Amicalement,
    Eric

  9. Votre réponse sur le fond du problème suppose que le consommateur sait ce qu’il veut et qu’il choisit des biens de durée de vie non optimale à dessein (pour profiter de l’évolution des modèle…) mais il me semble que l’analogie avec l’efficacité énergétique est pertinente: Avant que l’affichage de l’efficacité énergétique ne soit obligatoire, peu de gens se préoccupaient de celle-ci. A partir du moment où l’affichage de l’information a été obligatoire, les consommateurs ont massivement opté pour des modèles plus efficaces et tous les constructeurs ont dû améliorer l’efficacité de leurs modèle pour faire face à ce changement de préférence. Ici c’est pareil avec la durée de vie, il manque l’information pour le consommateur, si elle était disponible, le comportement des consommateurs (et donc des producteurs pour y répondre) serait très certainement modifié.

    A la différence de l’efficacité énergétique, le contrôle de l’information fournie par le producteur sera très difficile, raison pour laquelle je milite plutôt pour un allongement de la durée légale de garantie.

  10. J’approuve le commentaire rayon de soleil !
    Vous confondez tout, et votre commentaire est d’autant plus partial. Votre point de vue d’économiste (à différencier de l’économe !) et bêtement consumériste vous amène à justifier tout et n’importe quoi : Dans l’imprimante, le constructeur aurait bien pu ne mettre ni puce ni detecteur. L’utilisateur aurait bien vu que ses impressions etaient mauvaises au bout d’un temps !
    Même chose pour le commentaire de M. energie qui veut changer de technologie pour eviter une surconsommation… Mais la différence entre mon frigo de 30 ans (plus vieux que moi !) et celui que vous allez acheter demain est minime, par rapport à l’énergie et aux ressources que vous aurez eu à déployer pour en produire un nouveau.
    Pour en revenir à l’auteur de la critique, pourquoi niez vous systématiquement (sans preuves) ce que le reportage défend (avec des preuves certes pas assez travaillées). Pourquoi introduire un prétendu antisémitisme. Suis-je raciste si je précise qu’un ingénieur est noir ? Sexiste si je dis que sa patronne est une femme ? (rêvons en ce jour ui leur est bêtement con-sacré!)
    Vous melangez les choux et les carottes avec une verve magnifique, vous empéchant d’envisager que l’énergie et les matières premières sont pillées à des pays dans lesquels la main d’oeuvre est peu chère… Mon dieu qu’ils sont cons, d’ailleurs, ces africains de ne pas s’être développés ! Heureusement on leur refourgue nos poubelles, et ils auront le temps d’y chercher ce qu’ils pourront recupérer, parce que oui, c’est souvent récupérable.

    Alors du point de vue de l’économiste, c’est peut-être viable. Mais sur une pensée à long terme, il faudrait envisager un cout réel (estimé par les économistes qui soutiennent d’autres position à 8 fois le prix actuel !) des matières premières bien plus élevé (si on considérait que les ressources sont limitées et non renouvelables, pour la plupart), et arrêter enfin de nous prendre pour des truffes : Si les entreprises vendaient des ampoules garanties 1500h puis 30 ans plus tard 1000h, ce n’est pas que pour des considérations techniques et d’uniformisation!

    Alors, comme le dit un autre commentaire, restez croyant !

  11. Je découvre votre blog et c’est un régal que de vous lire.
    Votre finesse d’esprit et votre rigueur sont dignes d’un fin limier mais je ne désespère pas d’y arriver un jour à force de travail.
    Bonne continuation et au plaisir de vous lire (j’ai du retard avec vos anciens billets)

  12. J’ai découvert votre blog par l’intermédiaire d’un ami qui en est fan, et qui m’a envoyé votre post sur l’immobilier à Paris – j’y ai d’ailleurs réagi, mais ma réaction n’a pas été publiée (délibérément, ou erreur de manip) ?

    Vous êtes sûrement doué pour parler d’économie, mais c’est autre chose en matière d’environnement. C’est simple, vous mélangez tout. Votre argumentation est bourrée de biais. Et si, comme vous, j’ai trouvé que le documentaire d’Arte était bien trop succinct par moments, vous procédez à de tels raccourcis (par exemple sur la RDA, passage que vous surinterprétez complètement et qui tue tout débat) qu’effectivement, vos lecteurs n’auront pas envie de le regarder !

    Un internaute assimile votre rhétorique à celle de Claude Allègre : il a mille fois raison. Quoi qu’il en soit, bonne continuation.

  13. - "La croissance infinie est incompatible avec des ressources finies";

    => l’économie est en grande partie dématérialisé, on peut faire plus de chiffre avec moins de matière, cette affirmation est de plus en plus vide de sens.

    – "Finalement, pour se sortir de là, l’homme devrait accepter de s’ennuyer".
    Aucun sens aussi, les loisirs n’ont pas forcément un impact sur l’environnement et la consommation.

  14. impact, environnement, nature, développement durable, préserver, ressources naturelles, … Autant de mots malheureusement absents dans cet article. Je dis ça, je ne dis rien…

  15. Et l’obsolescence programmée de la monnaie, c’est un mythe ça, peut-être ? Hein ?
    Et celle du cerveau humain ? Vous avez vu combien de personnes sur cette page elle a déjà touché ? Et vous continuez de nier sa réalité ? Fumier, va.

  16. Vous avez raison, ce documentaire n’est pas très informatif.
    Il aurait été intéressant d’interroger par exemple les fabricant de ces imprimantes pour savoir comment ils expliquent l’existence de cette puce.

    Je crois personnellement que le problème n’est pas de savoir si les entreprises produisent des objets "programmés pour tomber en panne" ou pas.

    Après tout, comme vous l’expliquez très bien (ce que le documentaire ne fait pas), si c’est plus profitable pour l’entreprise de faire comme ça, alors ils ont raison de le faire. Une entreprise est là pour faire du profit.

    La question est plutôt de savoir pourquoi les consommateurs jettent des objets encore en fonctionnement.

    J’étais dans une décharge l’autre jour et ma copine et moi avons halluciné de voir un couple jeter un sofa en cuir en parfait état. J’imagine qu’ils venaient de s’en acheter un neuf (peut être à crédit d’ailleurs).

    Il s’agit là bien sur d’une conséquence des stratégies marketing et de nos comportement qui font qu’on est plus heureux (ou qu’on se croit plus heureux si on a rien d’autre pour nous rendre heureux) si on achète quelque chose de neuf ou de nouveau.

    Le problème principal est que ces stratégies datent de l’époque où on pensait encore (comme on pensait à d’autres époques que la terre était plate) que les ressources sur la terre étaient infinies.

    On sait bien évidemment que ce n’est plus le cas et nous somme désormais presque 7 milliards. Il est donc maintenant aberrant d’un point de vue écologique de se comporter de la sorte.

    Mais il s’agit là plutôt d’un problème d’éducation et de volonté politique.

  17. A propos du profit et du coût de production des collants vous dites :
    "Elle pourrait donc réaliser un profit largement supérieur, en vendant par exemple un collant garanti un an (avec remplacement gratuit s’il se file entretemps, pour rassurer les clientes) pour une centaine d’euros."

    Si ce raisonnement se tient pour un objet comme un collant, il n’est plus vrai pour un objet électronique (comme l’imprimante dans le documentaire).
    En effet, dans l’imprimante, le fabricant ajoute une puce qui comptabilise le nombre d’impression, et elle se bloque après 18 000 impressions (et comme c’est moins cher que d’en achetez une nouvelle… bref vous connaissez la suite).
    Dans un cas comme celui-ci, ça ne coûte presque rien au fabricant d’ajouter cette puce.
    Il vend le même prix son imprimante avec la puce ou non.
    Et dans ce cas, c’est clairement une panne prévue par le fabricant qui force le consommateur à en acheter une nouvelle…

    Je ne dis pas que c’est généralisable à tous nos objets électroniques, mais ça montre que pour un objet comme ça, c’est très facile et ça profite bien au fabricant de le faire.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Bien sûr que non, ca ne lui profite pas. Tant que vous avez votre imprimante Epson, vous engraissez la marque en rachetant des cartouches d’encre (qui sont la source de bénéfices : les imprimantes hors cartouches sont vendues sans marge, selon le modèle des rasoirs gilette). Le jour ou l’imprimante s’arrête, vous risquez de changer de marque. Donc c’est idiot.

  18. Merci pour ce post, ça m’a bien amusé, même si le niveau économique de la production journalistique est de plus en plus déprimant, je ne sais pas comment vous faites pour trouver le courage de faire ainsi oeuvre de salubrité publique (vraiment nécessaire si j’en juge par certains commentaires consternants ci-dessus).

    Ceci dit et comme je râle moi aussi assez souvent sur la qualité des biens, je crois que ce mythe prend bien parce qu’il apporte la mauvaise explication à un phénomène en partie réel. Dans un monde d’asymétries d’information et tant qu’elles ne peuvent pas être parfaitement réglées (quelle garantie ai-je qu’en cas de panne de mon ordinateur on me le remplacera plutôt que de m’expliquer que s’il a planté c’est de ma faute) la quantité produite à l’équilibre sera sous-optimale. Pour certains biens je serais prêt à payer plus cher pour une meilleure qualité, c’est probablement une demande solvable, mais si quelqu’un me proposait ce bien de meilleure qualité en l’absence de garantie je continuerais de prendre le moins cher.

    Bref je pense que la perception des individus que la qualité des biens pourrait être plus élevée est probablement en grande partie biaisée (négligence des coûts, comme d’hab) mais en partie un peu justifiée. Sauf qu’au lieu d’aller voir les vraies explications (asymétries d’information, externalités environnementales) qui pourraient peut-être mettre la voie sur de vraies solutions, ils préfèrent une explication simple, avec un responsable bien identifié, et qui ne les met pas devant leurs contradictions de consommateurs. Un cas d’école de "phobie économique"…

  19. Votre article m’a ravi, mais j’ai plus encore apprécié (ou savouré) les commentaires furibards des écololâtres de moins de trente ans, par exemple, plus jeunes que leur frigo mais pas plus futés.
    Cela dit, les (très rares) fois que j’ai vu un docu d’Arte, c’était du même tonneau, de la pure propagande avec des accents scandalisés.

  20. @jon, com 14 : "Dites moi Alexandre, ne seriez vous pas également négationniste du changement climatique ?"
    Dites moi, si je vous demandais si votre mère a couché avec Eric Zemmour, vous trouveriez ça correct ? Je ne sais pas pourquoi Alexandre a publié ça, mais je vais vous dire un truc : surveillez votre langage, sinon, vous avez peu de chance de revoir votre prose ici. Wé, c’est de l’obsolescence programmée authentique ça.

  21. Je lis :

    "Excellente question. L’explication fournie est que ce compteur sert à mesurer l’état de saleté d’une pièce interne soumise à des projections d’encre. Il me semble plausible d’imaginer que plutôt qu’un "détecteur de saleté" forcément coûteux, le fabricant, pour ne pas s’embêter, a préféré mettre ce compteur qui lui coûte moins cher, supposant que personne ne ferait autant d’impressions avec cette imprimante bas de gamme de toute façon. Notez que la stratégie des producteurs d’imprimante est de perdre de l’argent sur les imprimantes mais d’en gagner sur les clients captifs qui rachètent des cartouches fort chères (un peu comme Gilette avec ses lames de rasoir)"

    Bien, parlons des cartouches, alors : dans mon imprimante précédente, les cartouches étaient dépourvues de puces, lorsque l’imprimante me disait qu’une cartouche était vide, je n’avais qu’à l’ôter, puis la remettre en place pour pouvoir continuer à imprimer … Pas mal de temps, j’ai même eu une fois deux fois le message "cartouche vide", et malgré ça j’ai pu encore imprimer, après un second "retrait/remise en place" de la cartouche, une quinzaine de pages, avant de devoir la changer pour de bon cette fois. Bien sûr, ce n’est arrivé qu’une fois, mais si je fais une moyenne de l’usage de cette imprimante, je dirais qu’elle annonce vide des cartouches remplies encore à 30%.

    La bête (l’imprimante) était solide, mais pas increvable, après plusieurs années de bons et loyaux services, j’ai du la changer. Avec la nouvelle (de même marque), je suis contraint de jeter mes cartouches remplies encore à 30%, parce qu’ils leur ont greffé une puce pour m’empêcher de les vider complètement.

    Si ce n’est pas de "l’obsolescence programmée", c’est quoi, ça ?

  22. Alexandre :
    le passage sur Bernard London (qui a promu l’idée d’une sortie de crise des années 30 par l’obsolescence programmée) avait pour objectif d’expliquer comment, au cours du XXème siècle, une idée a fait progressivement son chemin, l’idée que, pour des motifs économiques, la hausse de la consommation (pour elle-même, c’est à dire indépendamment de la satisfaction des besoins) va de pair avec l’intérêt général de la société. C’est très important dans la thèse de ce documentaire, d’où un passage un peu long. Le documentaire veut montrer que, puisqu’il devient admis que notre société irait moins bien demain si l’on choisissait de moins consommer, il devient de bonne politique et de bonne morale, que de ne rien faire (au mieux) contre l’obsolescence programmée. Cela ne démontre pas l’existence de l’obsolescence programmée, mais a pour objet de montrer dans quel contexte l’obsolescence programmée a pu émergé tout en étant politiquement acceptée.

    Si les médias ont applaudi le documentaire, c’est parce que ce contexte où la consommation (pour elle-même) apparaît comme notre salut, semble très prégnant de nos jours. Ce qui marque le plus les esprits, c’est l’idée que l’Etat est si prisonnier de la nécessité de "relancer" l’économie par la consommation, qu’il ne peut en faire l’impasse malgré un dette grandissante. De fait, pas plus tard qu’il y a encore quelques mois, l’Etat français, "en faillite" d’après le premier ministre, incitait par des subventions les particuliers à remplacer leur véhicule usé par un neuf (prime à la casse).

  23. "Ce documentaire est hélas d’une nullité intégrale. Parfois hilarant de bêtise, parfois nauséabond de complotisme, en tout cas, jamais informatif."

    Votre point de vue est un brin violent et bien d’un ton bien trop certain pour un économiste, qui au passage je le rappel n’est pas une science exacte.

    Un peu de modestie que diable. Un peu d’ouverture d’esprit !

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Merci d’avoir joué. Vous avez sauté au bout de deux phrases, beau record.

  24. Excellent article qui n’est à côté de la plaque qu’au final : vous attribuez le penchant complotiste et l’aveuglement économique du docu à une sorte de « faute professionnelle ».

    Ce faisant vous êtes dans l’erreur : là comme ailleurs, c’est une pure question de demande suscitant l’offre. Autrement dit , les commanditaires c’est-à-dire les chaines de télévision, font fabriquer ce qu’ils veulent voir à l’attente.

    En écrivant cela je défends bien évidemment ma boutique puisque j’exerce cette coupable de profession de documentariste plus ou moins spécialisé dans l’économie…

    Depuis une dizaine d’années, pratiquement tous les docus économiques qui « marchent bien » (c’est à dire qui recueillent de bonnes critiques et font de l’écoute) sont à base idéologique « complotiste » et « horreur économique ». C’ est devenu comme une norme du genre.

    Si vous regardez de près les cases documentaires des programmes de télévision vous serez frappés de ce qu’on navigue aujourd’hui au rythme d’enfer : « un documentaire, un scandale ». L’impératif est tellement fort que les professionnels de la profession ont aujourd’hui un problème : on est à court de scandales. Du coup, on se retrouve à en débusquer là où il n’y en a pas vraiment…

    Par exemple, vous avez sans doute remarqué le nombre incroyable de documentaires nous expliquant qu’on mange de la merde et que l’agroalimentaire nous empoisonne au sens strict du mot.

    Tous ces films font d’excellents taux d’écoute sans doute parce qu’ils excellent à maintenir la cohérence de leur discours économique par exemple en évitant tous soigneusement de se demander par quel miracle l’espérance de vie peut-être en constante augmentation alors même qu’à les en croire notre environnement nutritif est en pleine dégradation…

    En posant cette question je fais évidemment l’imbécile car je n’ignore pas que quand l’idéologie est en contradiction avec les faits, ce sont les faits qui ont tort.

    Plus sérieusement, il est très intéressant de s’interroger quant aux raisons pour lesquelles les approches « complotistes » et « horreur économique » sont aussi en vogue aussi bien auprès du public que des responsables de chaînes.

    Il y a mon avis plusieurs raisons qui convergent toutes. Certaines relèvent de la sociologie des organisations, d’autres des phénomènes d’idéologie dominante, d’autres enfin des règles de la dramaturgie.

    Du côté des responsables de chaînes commanditant les programmes, on notera qu’aucun n’a la moindre formation économique. Pour ceux qui ont des formations supérieures, presque tous sont des littéraires purs et durs (sociologie, lettres, psychologie, journalisme, droit, histoire, science politique au mieux ). Il en est de même des journalistes qui écriront les critiques. Pas le moindre économiste, commercial ou spécialiste du marketing en vue…

    Politiquement, surtout sur les chaînes publics, Arte compris, la plupart des commanditaires ont un passé et même un présent de militant d’extrême gauche. Les plus droitiers sont à l’aile gauche du PS version Hamon. Autrement dit, presque tous sont en rupture morale fondamentale avec le principe même de l’économie de marché. Il en résulte que l’approche « horreur économique » de l’économie est largement dominante. Il est très difficile aux voix dissonantes d’émerger pour les raisons classiques de sociologie des organisations qui font qu’on a tendance à coopter ceux qui partagent vos idées.

    Mieux encore, la génération des responsables « méndéso-rocardo-jospinistes » c’est-à-dire ceux qui quoi que de gauche pensaient qu’il convenait malgré tout de produire les richesses avant que les distribuer est en train de passer la main. Elle est remplacée par des gens qui ont intellectuellement tendance à faire de la morale plutôt que de la politique ce qui les éloigne par essence d’un vrai rapport aux faits.

    Dans les chaines idéologiquement de droite (TF1, M6 , W8, C+ , etc….) les responsables sont sociologiquement et intellectuellement de droite mais depuis quelques années la force des idées écologiques plus ou moins décroissantes leur fait envisager l’économie comme une forme de nuisance plutôt que la contrepartie d’un bien-être. Autrement dit, on peut aussi bien arriver par la droite que par la gauche au schéma « l’horreur économique ».

    Dans cet environnement, il est extrêmement difficile de défendre une approche simplement factuelle et pédagogique des choses. Notre société est tellement « de défiance » qu’on est perpétuellement sommé de débusquer l’entourloupe des classes dirigeantes. Difficile dans cette atmosphère de garder la tête froide et de maintenir le curseur du récit là ou il doit être.

    Par ailleurs, il faut bien reconnaître que le complotisme fait de la bonne dramaturgie. Il y a des bons et des méchants. Le réalisateur (et donc avec lui le spectateur) étant bien évidemment du côté des bons, on attend avec impatience la dénonciation et la défaite du « dark side of the force ». On bat des mains à voir les méchants se faire démasquer. Il y a de la passion et donc du plaisir à regarder…

    Autre grand avantage du complot : c’est une valorisation par essence du spectateur. En effet, il est, comme le réalisateur, par définition toujours du côté des grands initiés, ceux qui ont su dessiller les yeux et voir le réel qu’on voulait leur cacher (car je n’ai jamais vu un récit à mécanique complotiste raconté du point de vue des gens abusés c’est-à-dire des imbéciles…. ) Il faut bien reconnaître qu’il y a du plaisir et de l’exaltation à se convaincre qu’on est intelligent et qu’on fait partie de ceux qui ont su y voir clair.

    A l’inverse, l’économie ne fait pas le poids en termes d’affect et de dramaturgie car c’est un univers de la nuance et de la complexité. On y examine avec raison et froideur les moult effets pervers prêt à surgir au coin du bois. Trop compliqué et abstrait et donc au final peu bandant ! Comme disait le grand Alexis (de Tocquevlle) : « Une idée fausse, mais claire et précise, aura toujours plus de puissance dans le monde qu’une idée vraie, mais complexe ». Là est le drame absolu de l’économie à la télé.

    Dernier point, c’est une banalité de constater que la France est le pays des idées générales et de la croyance dans le pouvoir créateur du politique. Si l’assemblée nationale vote que l’herbe est bleue et le ciel vert et bien qu’il en soit ainsi…

    Autrement dit, dans la hiérarchie de ce qui fait l’intelligence du monde, les faits occupent le bas de l’échelle.

    Si vous travaillez pour la BBC ou National Geographic, vous aurez la surprise quelques semaines avant la diffusion de recevoir un coup fil d’un jeune assistant « fact checker » auquel vous devrez justifier vos sources.

    Par exemple, si votre commentaire assène que les biberons au bisphénol donnent le cancer aux nourrissons , il vous demandera de lui faxer les études vous permettant de dire ça.

    Rien de tel sur les chaines de télévision française. Là, le seul contrôle est celui de conformité aux idées générales c’est-à-dire la communion avec les opinions du commanditaire ou l’évitement des chausses trappes du politiquement correct. Sur le reste (par exemple les chiffres bruts) vous pouvez raconter absolument n’importe quoi sans que quiconque ne cille.

    Par exemple, récemment, une phrase de commentaire d’une émission magazine, indiquant que 1% des américains les plus riches possédaient 90% de la richesse nationale. La phrase a passé sans encombre une bonne dizaine de filtres et n’a été intercepté que juste avant l’antenne (par moi….).

    Pourtant, il ne suffit que d’une culture économique très basique pour relever qu’a contrario il résulterait de cette affirmation que 99%¨de la population américaine vit avec 10% de la richesse nationale ce qui serait proprement stupéfiant dans un pays massivement de classe moyenne comme il suffit de se promener dans les banlieues pour s’en convaincre (en fait, le premier centile mobilise aux environs de 27 % de la richesse nationale ce qui est déjà proprement colossal en terme d’inégalité).

    Bref, l’économie, la vraie, celle de la réalité et de la complexité, n’a vraiment pas de beaux jours devant elle sur les étranges lucarnes….

  25. Tout petit commentaire à PASCAL : il est vrai que j’utilise mes imprimantes (souvent)à des fins (horreur) professionnelles, et que lorsque j’imprime un document A3 ou A2, j’aime savoir si j’ai encore assez d’encre pour arriver au bout du travail… Cela dit, on sait bien que les fabriquants d’imprimantes bradent leurs machines pour vendre de l’encre à prix d’or, c’est un business model qu’on peut ne pas beaucoup aimer, certes, mais qui n’a rien à voir avec la planned obsolescence.

  26. Je ne ferais pas de commentaires sur le documentaire que je n’ai pas vu.
    Par contre je suis très surpris, et déçu, par ce post.

    Demandez à n’importe quel Dr Marketing, et il vous tiendra une autre analyse:
    A l’instant t, les clients n’ont pas le moyen de comparer la durée de vie des produits. Tout au plus peuvent-ils comparer les fonctionnalités. Dc les fabricants se battent au maximum sur ces fonctionnalités. Ensuite, les ingénieurs fabriquent au moins cher le produit rendant les fonctionnalités. Et en passant, ils rognent sur la quantité et la qualité des matières premières, sur la qualité des process, on remplace le métal par le plastique, etc,… ce qui se traduit par une baisse de la durée de vie. 
    C’est la 1ère cause.
    C’est pour cette raison que quasiment tous les segments de grande consommation voient une tendance à la baisse du prix, puis la baisse en gamme, l’apparition de premiers prix et le déplacement des productions vers des zones a main d’oeuvre meilleur marché.

    Bien sûr il y a toujours un fabricant pour essayer de se spécialiser dans le haut de gamme  (voir par ex. les produits electro-menagers Miele qui durent de 2 à 3 fois plus longtemps mais coutent 2 fois plus cher)
    Le plus souvent, c’est cet achat qui est le plus rentable pour le consommateur. Mais ce dernier ne le sait pas s’il n’a pas les réseaux informationnels pour le lui prouver. Et du coup, il y a moins de clients pour ce positionnement, et donc la place est dure a occuper, surtout qu’il faut innover pour faire des fonctionnalités différenciantes le plus souvent inutiles, pour ancrer dans l’esprit du client la supériorité technique du produit. Au total, la plupart des fabricants préfèrent éviter ce positionnement, par ailleurs vite détruit en cas de problème de production ou d’erreur dans la gestion du portefeuille de produit.

    Ce raisonnement est d’autant plus vrai que le produit est peu impliquant et qu’on agit sur impulsion. Il commence a l’être beaucoup moins sur une voiture, car vu les sommes en jeu, on va se renseigner sur la fiabilité.
    Il est également conforté dans les domaines où les clients aiment le changement, quand l’obsolescence est pratiquement désirée par le client. Il est de notoriété publique que Zara a bâti son succès sur sa capacité à proposer des produits à petit prix, de qualité limitée, mais suffisamment solides pour durer une saison, jusqu’à la prochaine mode. Et ces chaines de textile ont tué l’industrie du textile française, qui favorisait la durabilité au détriment du prix. 

    Ensuite vient l’obsolescence programmée, c’est-a-dire intentionnelle. 
    Bien sûr qu’elle existe, par exemple par l’augmentation des prix des pièces détachées, par la modification de l’écosystème compatible. C’est le mode de fonctionnent de l’industrie informatique, qui crée des fonctionnalites demandant de la puissance pour forcer à changer de plateforme matérielle, et vend ainsi des nouveaux logiciels (le couple Intel/Microsoft; ou Apple, qui exclue arbitrairement certains matériels moins récents de la liste des produits compatibles avec les nouveaux O.S). C’est les dates de péremption qui sont raccourcies. 

    Nous vivons dans une société qui porte bien son nom: la société de consommation. Elle s’arrête si on s’arrête de consommer. 
    Donc le système, de façon endogène pousse à la consommation, en raccourcissant les cycles de vie et en créant des besoins artificiels.
    L’obsolescence programmée ou subie en est un des moteurs essentiels

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Sauf qu’il y a encore un arbitrage que vous négligez. Créer un logiciel compatible avec toutes les versions précédentes des matériels et système coûte cher et rend les systèmes extrêmement lourds. Si vous voulez faire du traitement de texte et de la bureautique, un ordinateur de 8 ans vous le permettra. Vous pouvez même mettre le dernier windows dessus. Si vous voulez faire autre chose, par exemple les jeux plus récents, il vous faudra un nouveau matériel. Mais personne ne vous oblige à jouer à des jeux récents et à vous extasier sur des graphismes dernier cri.

  27. Alexandre, vous me faites plaisir !
    Je n’avais pas réussi à regarder ce ‘documentaire’ (sic) jusqu’au bout tellement je trouvais débiles les idées qu’il sous-tendait.
    Et je me demande bien, moi aussi, comment il a pu avoir autant de critiques positives.
    Vous m’avez économisé le travail d’argumentation sur la nullité de ce film auprès de mes proches.
    Bonne soirée !

  28. Excellent post, malgré quelques critiques que j’aurais pu faire. En arrivant à la fin des commentaires, j’ai vu qu’ils avaient été soulevés à plusieurs reprises, notamment les questions d’asymétrie d’information qui me semblent un point central qui manquent effectivement au post original.

    @PASCAL: Eh oui, le phénomène existe et il est rageant. Et encore, vous avez de la chance, vous utilisez une marque qui ne se bloque pas automatiquement. Il paraît que ces dispositifs sont faits pour protéger de l’usure les têtes d’impression, certaines marques les intégrant à la cartouche et d’autres non. Vous trouverez une foule de littérature sur l’internet à ce sujet. Il existe par ailleurs toute une industrie du remplissage de cartouches, avec des magasins ou des kits à utiliser soi même pour contourner le prix élevé des cartouches d’encre.

  29. Voilà un bon billet ! Du grand econoclaste et cela fait du bien de vous relire.

    D’autant plus que vous trouvez visiblement un nouveau public ; Même s’il est parfois un peu critique :)

    Ah, mention spéciale pour le post de liberty valence qui donne un éclairage pertinent sur le marché des docus télés.

  30. Si les concepteurs ont intérêt à donner des garanties sur leurs produits pour les vendre plus chers, pourquoi n’y a-t-il pas plus de différence dans les durées de garantie? Quand je vais chez Darty ou à la FNAC je m’attends donc, conformément à votre analyse, à trouver des sèche-cheveux/lave-linge/frigidaire (à fonctions équivalentes) plus chers avec de longues garanties, moins chers avec de courtes garanties. Or, en réalité, je trouve des appareils avec une garantie fixe (un an), auquel je peux ajouter une extension payante de garantie pour un prix forfaitaire. Ni le prix ni la durée de la garantie ne varient en fonction de l’appareil. Pourquoi?

    Alors que j’ai un fort pouvoir d’achat et suis que la durabilité des biens est une caractéristique qui compte dans mes choix de consommation, je vois très peu d’exemples de bien garantis pour aller dans votre sens. La plupart de mes consommations d’investissements (hi-fi, meubles, cuisine, électronique) ont en leur temps été basées sur le bouche-à-oreille (ma mère par exemple), et non sur la garantie. Les emplis NAD ne sont pas garantis plus longtemps que les chaînes hi-fi Thomson, en tous cas pas à la FNAC. Baser toutes vos réponses à vos commentateurs sur l’existence de tels biens me paraît donc un peu bancal.

    En cherchant bien, oui, on en trouve quelques uns : les moteurs magimix, les cartables eastpack et quelques autres.

    Enfin, la tyrannie du marché (que vous citez deux fois) s’applique – j’imagine – pour les consommateurs pauvres, qui ne peuvent motiver par leur faible demande l’apparition de chaînes de production à bas coût. Pour reprendre les bas encore une fois, comment se fait-il qu’en revanche des bas indéchirables ne sont pas vendus, même hors de prix, pour les richissimes clientes parisiennes (qui elles, pourtant, pourraient y mettre le prix)?

    Et je souscris aux analyses de idéesmobiles en terme d’aléas moral.

  31. on ne sait pas si on doit rire ou être consterné à la lecture de certains commentaires. Prenons le parti de rire!

    Étienne en 67 nous explique très sérieusement :
    "Le problème principal est que ces stratégies datent de l’époque où on pensait encore (comme on pensait à d’autres époques que la terre était plate) que les ressources sur la terre étaient infinies.

    On sait bien évidemment que ce n’est plus le cas et nous somme désormais presque 7 milliards."

    le privilège des vieux comme moi, c’est que non seulement ils sont plus vieux que leur frigo (encore une preuve de la volonté d’obsolescence, mais je ne sais plus très bien si c’est celle du frigo ou de l’homme, Vil Coyote en 66 a un avis amusant là dessus), mais ils se souviennent de choses que certains n’ont pas connus

    D’abord, certes, ils ont entendu parler de Malthus, même si, évidemment, ils ne l’ont pas connu personnellement
    fr.wikipedia.org/wiki/Tho…

    Mais ils ont vécu la publication en 1972 du rapport intitulé en français "halte à la croissance" des travaux du Club de Rome
    fr.wikipedia.org/wiki/Clu…

    Cet ancêtre des partisans de la décroissance et successeur de Malthus nous expliquait qu’on avait à l’époque des réserves de matières premières limitées, et les chiffraient en années de consommation. S’ils avaient eu raison, il y a 48 ans, il y a bien longtemps que nous n’aurions plus de pétrole, de cuivre etc, etc…

    Dit autrement, ils ont mis le doigt sur une vraie question (l’économie n’est elle pas la science de l’utilisation de ressources rares?), mais ils se sont trompés dans les grandes largeurs

    En réalité, il y avait et il y a encore des gens pour qui le fait que les ressources sont limités est une question qui justifie de se tourner vers la croissance zéro voire la décroissance et d’autres qui n’en tirent pas les mêmes conséquences
    Pour l’instant, et depuis plusieurs siècles, les premiers ont eu tort dans leurs prévisions, et les seconds ont montré que l’homme était effectivement capable d’inventer des solutions efficaces à ce type de problème

    Sinon, merci beaucoup à liberty valence pour son commentaire

    Au delà des biais de conviction, je constate un vrai problème de compétences chez ceux qui tiennent les médias, des gens à formation littéraire qui ne semblent avoir aucune idée des ordres de grandeur

    Je m’énerve régulièrement sur mon blog des titres ou des articles du Monde, à propos des chiffres cités

    Deux exemples qui me viennent à l’esprit

    En une, un article à propos de la réforme des retraites à l’automne, où on lit que l’espérance de vie augmente de 3 mois tous les 4 ans, alors que c’est 3 mois tous les ans ou un an tous les 4 ans

    Le 20 août dernier, un titre du Monde annonce à propos des inondations au Pakistan : la Commission Européenne porte à 70 milliards d’euros son aide
    Évidemment, il fallait lire millions, mais pour les gens qui ne comprennent pas grand chose aux chiffres (et il semble qu’il n’y ait pratiquement que cela au Monde) c’est la même chose

  32. Je ne suis pas d’accord avec vos arguments. Vous faites preuve d’angélisme voilà tout…

    Vous dîtes qu’il est plus rentable de vendre un seul produit durable et cher que deux fragiles et pas chers. Soit… Comme beaucoup ici je suis plus enclin à croire que les fabricants sont plus sur le trend de vendre 2 fois cher au lieu d’une seule fois… Mais peut-être suis-je dans le faux…
    Comme je l’ai écrit, les managers qui nous équipent n’en sont pas à leur coup d’essai (souvenez vous des netbooks, autre article publié). L’appât du gain est tout de même assez palpable dans notre société, ne croyez-vous pas ?
    J’en veux pour simple preuve que tous (je dis biens TOUS) les services commerciaux sont récompensés à chaque trimestre (ou période) lors de l’atteinte des objectifs… Et ces objectifs sont tous à la hausse. Le but de toute société est de vendre plus. EN VOLUME… Toujours plus. Vous pouvez prendre le problème par le bout qui vous plaira, il faut vendre toujours plus…. plus inonder le marché ou combattre la concurrence, mais il fait vendre toujours plus. ET on ne vends pas plus en pérennisant la base installée.

  33. @Liberty Valance : meri pour ce commentaire très instructif, quoique pas rassurant !

    @Hugues : vous confondez deux choses il me semble, la fourniture sous-optimale de la qualité (qui se comprend bien en termes d’asymétries d’information) et l’obsolescence planifiée. Votre raisonnement consiste à dire que la concurrence en qualités observables et en prix conduit à rogner sur les aspects difficilement observables de la qualité pour proposer des prix moins chers. Certes. Mais l’obsolescence planifiée va plus loin : c’est diminuer la qualité du produit ALORS MÊME QUE CA NE REDUIT PAS LES COÛTS DE FABRICATION, voire payer plus cher pour diminuer la qualité dudit produit. C’est ce phénomène qu’Alexandre appelle un mythe je pense, pas la fourniture sous-optimale de la qualité en général, qui est un classique de l’économie de l’information.

  34. @46: Tarquin, qui disait:
    "Ensuite l’obsolescence programmée est un fait qu’il est dommage de négliger. Je le tiens de la source sûre d’amis élèves ingénieurs.Concevoir des pièces pour qu’elles rompent peu après la garantie fait partie intégrante des enseignements de mécanique de certaines grandes écoles."

    Peut-être aussi que vos amis élèves sont comme bcp d’éleves et n’écoutent qu’à moitié le prof.

    Bizarrement, je suis prof justement dans une grande école et j’enseigne la conception de machine de manufacture.

    Le message que l’on fait passé est l’inverse du votre:
    "Vous faites une étude pour établir la durée de vie de votre système, et vous fixez sa garantie juste avant cette durée de vie."
    L’avantage de faire cela est :
    1 – de pouvoir vendre des extensions qui ne coute rien en conception, et donc rapporte énormément.
    2 – Vendre de la main d’oeuvre de réparation
    3 – vendre des formations d’utilisations des systèmes car la garantie ne marche que si l’opérateur a été formé pour ne pas faire de fausse manip.

    Où est l’obsolescence programmé là-dedans ?
    Nulle part !
    La conception coûte déjà assez cher comme cela pour en plus y rajouter une couche d’obsolescence.

    Par contre, remplacer les pièces du systèmes, par des pièces de moins bonne facture, pour réduire le prix initial, c’est bon ça :)
    (ca permet de faire les premiers prix, qui se vendent bien… il faut l’avouer !)

  35. Vous pourrez faire tous les débats que vous voudrez, sur tous les détails que vous trouverez à contester dans ce documentaire.
    Mais la vérité est qu’il suffit d’observer l’état du monde (politiquement, économiquement et écologiquement) pour voir que nos modèles de sociétés ne sont pas (plus) viables !
    C’est une simple question de bon sens, mais peu de personnes sont réellement prêtes à en prendre totalement conscience…

    Réponse de Stéphane Ménia
    Le plus ennuyeux, c’est que la marmotte, elle emballe chocolat dans le papier alu.

  36. C’est marrant que vous citiez Apple en exemple, parce que sans vouloir faire la complotiste, il y a quand même des éléments pour dire que dans leur cas, s’il ne s’agit pas d’obsolescence programmée, il y a quand même des éléments de conception qui vont dans le sens d’empêcher la réparation de leurs objets.
    Prenons l’exemple de l’iPod classic, sur lequel ils n’ont pas fait de changement depuis plusieurs années, le produit semble stabilisé et destiné aux irréductibles qui ne veulent pas passer au touch screen. Comparons cette version presque stabilisée avec la dernière génération de l’époque où il était l’ipod phare et l’ipod touch uniquement un sous-iPhone avec de toute façon trop peu d’espace de stockage pour concurrencer l’ipod classique (qui ne l’était pas encore). Imaginons maintenant que le connecteur jack/hold cesse de fonctionné (ça m’est arrivé 2 fois, ainsi qu’à 2 amis à moi). La pièce concernée est très peu chère bit.ly/dEtdeE
    Si on prend la réparation des 5 générations d’ipod précédentes, elle est relativement simple :
    bit.ly/f4KzHZ
    l’essentiel de la difficulté de la manip’ est de ne pas casser le ruban du jack, qui est la pièce qu’on remplace, peu de pression de ce côté…
    par contre la version presque stabilisée (qu’on ne remplacera pas pour gagner quelques Go) requiert 18 étapes rien que pour ouvrir le bordel (17 étapes pour la réparation complète pour ses prédécesseurs) : bit.ly/dZncgk
    La faute à 13 agrafes pour sceller l’ipod. Personnellement, je n’ai jamais entendu personne me dire que leur ipod s’ouvrait à chaque choc ou quoi que ce soit du genre (même les ipods que j’ai réparés plusieurs fois et donc ouverts et refermés), par contre j’ai entendu souvent parler d’écouteurs qui ne marchaient plus que d’une oreille. Pourquoi avoir alors choisi ce système d’agrafes rendant l’ouverture si difficile ? La forme de l’ipod n’a que modérément changé entre la 5e génération et la dernière. Concevoir ces agrafes qui prennent de la place dans l’objet coûte également de l’argent.
    Ah oui et quand j’ai essayé de faire réparer mon ipod (découragée par les 18 étapes susmentionnées), le vendeur m’a dit que n’étant plus sous garantie, Apple ne le réparait pas, quelque soit le montant payé pour cette réparation.
    Et là on entre quand même dans un royaume proche de l’obsolescence programmée. Je ne suis pas ingénieur, mais j’imagine que ce système de fermeture à un coût (et le fait que pendant les 5 générations précédente ça n’ait pas été un problème va dans le sens d’un design fait pour être fermé, cohérent avec la philosophie d’Apple de ces dernières années bit.ly/euAJlW) et n’offre que peu d’avantages à part de réduire grandement les possibilités de réparation. Un problème touche une pièce à 2€, que vous pouviez remplacer facilement à condition de mettre les mains dans le cambouis il y a quelques années, est désormais réservé au plus bricoleurs à tel point que le SAV d’apple ne s’y aventure pas.
    Alors peut être y a-t-il d’autres raisons, mais c’est un peu troublant quand même, que l’entreprise phare du moment, qui soit-disant se met à l’écologie, semble investir pour rendre la réparation de ses produits plus difficile. Non ?

  37. Bah voilà, une très belle analyse étayée que les auteurs du docu feraient peut être bien de lire…
    En fait, non, ils auraient peut être dû s’y intéresser pendant la production de leur documentaire!

    Et oui, ils sont tombés dans le sempiternel piège du documentaire : prendre un postulat de base et ne chercher que dans ce sens. Ils sont peut être pas de mauvaise foi, mais ils ont négligé toute la partie "défense". Après, c’est sûr qu’un docu équilibré avec deux visions de la chose, ça aurait pas autant cartonné…

    Mais bon, les bons docus et reportages se font de plus en plus rares. Va falloir penser à attribuer une carte de presse sur d’autres bases que celles actuellement en place. Ça serait pas mal de rajouter un peu de valeur éthique là dedans. Informer la population est une tâche bien trop grande pour laisser des ayatollahs ou des aveugles (disons qu’ils ont des oeillères) parler de certains sujets. Et s’ils sont chopés en train de mentir… hop, chômage et carte de presse retirée. Alors certes, c’est une vision un peu extrême, mais vu l’image qu’ont les journaux et journalistes en ce moment, faut pas qu’ils viennent se plaindre des baisses des ventes…

  38. @Poil de lama (#20) : Vous avez l’air mal renseigné pour les pneus.

    Ça fait 12 ans que j’ai mon vélo (demi-course) à Paris, j’ai crevé quelques fois. Après plusieurs crevaisons un peu rapprochées à mon goût, j’ai acheté des pneus contenant du kevlar, recommandés par mon marchand de vélo à Paris. Ils sont plus chers (environ 20 E je crois) mais depuis je n’ai plus jamais crevé, ça doit faire 3 ans.

  39. Ce qui est finalement révulsant – je parle d’expérience sur Agoravox – est l’argument moral employé contre le ‘post’ ci-dessus. Du genre, la main sur le coeur "il vaut mieux avoir tort avec le docu/Arte que raison avec vous" ou "vous êtes rationnel, mais maléfique"… Et je ne parle même pas du pinaillage "à la scientifique" : comme si un ‘post’ équivalait à un article destiné à publication dans une revue à comité de rédaction. Oui, il y a de la subjectivité dans un ‘post’.
    So what ?
    Il n’y a qu’un seul fait saillant. Alexandre a lancé une série de flèches acérées sur une cible de papier. La disproportion entre les unes et l’autre rend l’exercice un peu facile. Soit. J’ai moi-même succombé à ce (petit) plaisir : geographie.blog.lemonde.f…
    Un blog, c’est du travail GRATUIT offert à la cantonnade. Des milliers d’heures de lecture & rédaction. Ni Alexandre, ni Stéphane, ni d’autres (moi, au hasard) ne demandons l’aumône. Dans nos établissements respectifs, nous ne recevons la plupart du temps qu’un haussement d’épaule sur notre activité, au mieux ressentie comme parallèle. Inutile. Ni remerciements, ni gratifications.
    Posez donc des questions. Avancez des faits. Mais l’argument moral, gardez-le !!

  40. Hello,

    Je ne suis pas économiste mais marketeux. Consultant, international, le diable en personne.

    Ce post est intéressant mais voici quelques pensées…

    Vous tentez de tenir un raisonnement logique sur des processus qui ont aussi un versant émotionnel et symbolique.

    Je peux faire acheter des croquettes pour chien avec des mensonges ou en m’appuyant sur ce qu’il convient d’appeler parfois la psycho pathologie magistrale des possesseurs de chienschats ( RECYCLE YOUR PETS ;-)

    La multinationale qui me paye pour trouver le déclic n’a aucune autre motivation que de faire un maximum de bénéfices, antibiotique, petfood ou bagnole.

    Dès lors tout passe au second plan. Nature, bonheur, équilibre, santé mentale: pas rentables.
    Ou seulement une partie de l’équation (exemple le vert: on en tient compte que dans la mesure où ça a une incidence, le plus souvent un discours vertueux fait largement et suffisamment l’affaire).

    De plus il faut toujours raisonner par classes socio-culturelles (au-delà du strict pouvoir d’achat) sinon on n’y comprend pas grand chose.

    Les marques proposent des imprimantes de durée de vie différentes pour coller aux besoins et aux contraintes des acheteurs.

    – Entrepreneur, à l’aise, consultant éduqué = tendance vers le durable et/ou (et c’est très important ce et/ou) capacité à changer souvent mais certains produits seulement.

    (plus techniques et/ou pour soigner l’image de marque: Apple dans certains milieux ça jette plus que DULL)

    – Madame Michedu (que j’embrasse au passage) de banlieue qui imprime les photos de ses petits enfants = sombre daube. Elle est même capable de racheter la même marque puisqu’elle se fie à la pub et à l’image de marque (que nous fignolons par ailleurs pour l’implanter dans son inconscient si perméable).

    Le raisonnement logique abstrait fondé sur la rationalité ne suffit pas à comprendre la dynamique d’achat. Il faut ajouter à l’équation la psycho, la socio, l’histoire, la philo, la littérature, l’anthropo, la sémio, la linguistique et tout plein de disciplines qui ont toutes un intérêt (j’en oublie). Un peu d’ingéniérie aussi.

    Ainsi parfois on arrive a comprendre des choses en apparence inexplicable comme par exemple pourquoi des médecins traitent la même maladie d’une façon dans un pays X et d’une autre dans un pays Y.

    Pourquoi certains pays consomment des savons antibactériens et pas d’autres. (Tiens au fait un savon est toujours anti bactérien, c’est même sa raison d’être, mais pourquoi diable certains y croient et pas d’autres?).

    Pourquoi Dove a remplacé Lux en Europe mais pas en Asie.

    Donc la dissection de mécanismes économiques est intéressante mais n’explique pas tout.

    Il faut bien comprendre que le consommateur n’a la plupart du temps même pas conscience de ce qui se passe. Et même comme ça on peut encore s’arranger.

    Nous ne jouons pas le jeu nous jouons avec les règles du jeu. Un cadre au-dessus, toujours.

    Cela dit je suis assez amusé quand Freakonomics démontrait pourquoi les tournois de sumo ne pouvaient être que truqués – ce qui se confirme ces temps-ci.

    Bonne continuation.
    X

  41. @ Poil de lama

    Il faut acheter des pneux "marathon". Ils ont une bande de (?) kevlar à l’int° du caoutchouc qui renforce la solidité face aux crevaisons.

    20 – 25€ le pneu.

  42. Très bon billet sur un documentaire dont le ton éveillait mes doutes, effectivement.

    A ce propos, c’est dommage de voir que les "docus" sur l’économie qui marchent le mieux ont souvent une forte veine conspirationniste (comme l’Argent-Dette, etc…)

    Je n’ai pas trouvé que le docu, de la 22ème à la 25ème minute en tout cas, insistait trop lourdement sur la judaïté de London ; quand il y est dit "On ne sait pas s’il voulait aider les gens ou faire du profit", c’est surement pour mettre en contraste ses idées de capitaliste avec ses activités de philanthrope qui finance des écoles pour les juifs pauvres. La phrase ne me semble suspecte que du point de vue logique, car il s’agit d’un faux dilemme.

    Bon travail sinon !

  43. "Nous savons aujourd’hui qu’il suffisait de sortir de l’étalon-or et d’appliquer une politique monétaire non-suicidaire pour se sortir de la crise".

    Ben ça alors, c’est aussi simple que ça et personne ne le voit… Suivons votre "logique" : la crise actuelle serait maintenue par ce complot de la bêtise qui ne croit même pas à sa propre existence.

    Reste à définir ce qu’est une "politique monétaire non-suicidaire" : pouvez-vous donner le chapitre et le verset du livre saint qui en parle ? Oui, celui qui est sur votre table de chevet ! :)

    Grande leçon de votre billet : tout n’est qu’une affaire de point de vue et d’idéologie. On n’est pas sorti de l’auberge…

    Réponse de Stéphane Ménia
    Ah, prix spécial du jury pour vous… Si vous arrivez à sortir de l’étalon or aujourd’hui, je vous envoie un exemplaire dédicacé de Nos phobies économiques. Hum, oui, je sais, ça doit vous faire mal là. Jamais agréable de jouer au malin et de se faire recadrer sur son incroyable inculture.

  44. "Au Ghana, le travail est abondant et ne coûte (et ne rapporte) presque rien. Le documentaire se garde bien de demander à ces gens qui passent leurs journées à farfouiller dans des ordures quelle existence ils préféreraient : la réponse n’aurait pas cadré avec le ton général."
    Je pense qu’ils préfèreraient vivre leur vie d’Africain sans qu’on ne pollue leur pays. Le problème, c’est que là-bas, la finance de quelques uns joue sur la vie de beaucoup.

    "Et que s’ils avaient le choix, ils préféreraient certainement vivre comme nous." (votre réponse au commentaire #49)
    La plupart des Africains souhaiteraient vivre de leur côté pour préserver leur identité et leur culture… N’oubliez pas qu’une très grande partie de l’Afrique est restée agraire. La pauvreté n’est pas la même. On ne peut pas comparer avec notre mode de vie.

    Tout à fait d’accord avec Antoine Sabot-Durand (#29)

  45. Ce long commentaire… pour rien ! Si seulement vous aviez écouté avec concentration le documentaire… La méthode de l’obsolescence programmée date de la crise de 29… il est donc normal que le frigo des années 50 ne fonctionne plus… étant donné qu’il a subit l’obsolescence programmée… En revanche, le frigo des pays de l’est lui fonctionne toujours… puisqu’il est né dans un pays communiste… Allez, vous devriez revoir ce docu encore une fois…

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Ce court commentaire… Pour rien, puisque manifestement, vous n’avez pas lu le billet. Allez, lisez-le encore une fois…

  46. Réponse de stéphane :

    Le plus ennuyeux, c’est que la marmotte, elle emballe chocolat dans le papier alu.

    Réponse de Alexandre Delaigue :

    Merci d’avoir joué. Vous avez sauté au bout de deux phrases, beau record.

    Je vois que votre arrogance n’a d’égale que votre stupidité…

    Réponse de Stéphane Ménia
    T’es chez nous, mec. Si je viens te traiter de négationniste ou de con chez toi, tu fais quoi, tu me remets une tournée ? Eh non, tu ne supporterais pas ça 10 secondes. Nous, on en rigole et on explique aux gens de ton espèce qu’on ne peut pas dire n’importe quoi d’offensant quand on est derrière son clavier. Si tu veux le dire, va le dire ailleurs, point.

  47. Les reportages TV, c’était mieux avant, il étaient de meilleure qualité …
    :D

  48. Tout d’abord je dois reconnaître que cet article est fort bien construit. Je crois qu’il est important de signaler que j’ai vu le reportage 2 fois (la 2ème en connaissance de l’article) et que travaille sur un projet de sonde à ultrason rendue volontairement jetable par l’entreprise qui l’a conçu.

    Je vais commencer part m’intéresser à votre "biais de survis" basé sur le fait que de toute génération, la plèbe vente les mérite du passé, toujours plus reluisant que ce présent chaotique. Et bien Mr Delaigue, il se trouve que je viens d’avoir une discussion forte intéressante avec mes grands parents qui semblent avoir encore toute leur tête. Figurez-vous que ces derniers partagent mon avis, comme celui du reportage que vous qualifiez si sévèrement de moralisateur. Que cela soit, lave-vaisselle, collants, machine à laver, en passant par la voiture ou les vêtements, chaîne hi fi… ils ont fini de me conforter exemples à l’appui dans le fait qu’une grande partie de produits était bien plus résistants par le passé. Bon, il faudra faire le tour des maisons de retraite, mais j’ai une bonne idée de la réponse…

    Passons maintenant à l’exemple des collants et poussons le raisonnement un peu plus loin.
    . En 1960, l’écrasant leadeur dans le domaine de la fabrication de ces derniers est la Glen Raven Mills company. Il n’est pas si compliqué d’imposer un prix et une durée de vie aux produit dans ces conditions. De plus, Parmi tous les cerveaux que comporte notre planète, est-il si improbable que certains n’aient pas posé l’équation : profit=f(durée de vie, coût de production) ? Qu’aucune entreprise n’ait eu l’idée de s’associer afin de former des consortiums bien arrangeants ? Des états entiers se sont alliés lors d’une guerre dite mondiale…
    Mais passons l’idée de ce que vous nommez de façon ridiculisante « complot » et que je nommerai « alliance, arrangement, cartel, entente». Imaginons que cela soit faux, car ni apparemment vous ni moi ne sommes allé infiltrer les hautes sphères du nylon. Le reportage met en avant l’obsolescence programmée par séduction via le phénomène de mode auquel les collants n’échappent pas. Reste à voir comment est perçue la mode, qui est aussi une demande. Cependant, elle rentre tout à fait dans le cadre d’objets rendus volontairement obsolètes autrement dit de l’obsolescence programmée. Concernant l’argument économique enfin, il serait fort intéressant d’avoir le résultat d’une étude marketing qui observerait le choix d’une consommatrice(eur) de budget très moyen (c’est-à-dire la plupart des gens) entre un collant bon marché et un collant semblable à 100 euros ventant sa résistance. Tout le monde n’a pas l’investissement nécessaire. Enfin si la rationalité était omniprésente chez l’homme concernant l’investissement les bénéfices à long terme, l’état environnementale de notre planète n’en serait peut être pas là…
    Pour le fer à vapeur-> corrosion sur l’ancien fer en fonte certes mais j’ai fais tombé le mien (récent) une fois, il est à remplacer. Cela aurait été moins sûr avec la fonte… Attention qu’on ne s’y méprenne pas de critique du progrès ici mais de ce que l’on en fait.
    « Bien souvent, la réparabilité ou la durabilité passent au second plan, derrière d’autres qualités, comme le prix. »
    C’est bien le problème : c’est pas cher, donc ça ne vaut rien… On peut jeter et remplacer. Où est fait le produit, où est-il jeté ? Notre relation avec ces derniers est complètement décolérée des conséquences liées à leur fabrication et de leur destin en fin de vie. Le reportage est aussi là pour nous sensibiliser, et non pas nous moraliser.
    Je ne suis pas économiste mais ingénieur, et je peux affirmer par bon nombre de mes copains que l’on sait faire bien à prix abordable.
    L’exemple de l’imprimante est (comment soutenir le contraire) tout à fait représentatif de ce qui a pu être compris par les entreprises afin de maximiser un profit : vendre un produit à très bas coup et faire payer un maximum le consommable (cartouches pour l’imprimante). S’ajoutant à cela une durée de vie volontairement limitée en nombre de pages pour certains modèles, des cartouches plus disponibles pour les modèles anciens… Pour la panne après un certain nombre de pages tirées, j’ai un ami a qui s’est arrivé et qui avait également téléchargé le programme mentionné, ce n’est pas du complot : c’est une réalité.
    Quant aux ampoules, (et là je critiquerai le reportage qui encourage cette approche) prenons un simple exemple concret. j’ai acheté une ampoule à diode censé durer 100 000h. Il a fallu 1 an et demi pour qu’elle rende l’âme, c’est à dire pour une potentielle utilisation quotidienne de 3h (on est problablement bien en dessous) que cela représente 1642h d’utilisation. Explication : Les diodes sont certes très résistantes, mais l’électronique qui l’accompagne est de beaucoup moins bonne qualité… Mettons que je n’ai pas eu de chance, on est à moins de 2% du compte de la durée de vie annoncer. Il s’agit de publicité mensongère et ces durées de vie ne sont certainement pas laissées au hasard. On attendra comme d’habitude que les associations de consommateurs s’en mêle…

    Pour conclure (car je fatigue) Je ne suis pas devenu antisémite en regardant le reportage, bien que je ne trouve pas nécessaire de l’avoir effectivement mentionné. Le reportage est peut être imparfait, parfois maladroit mais il n’en reste pas moins intéressant car abordant un sujet complexe et important.
    Mr Delaigue, la qualité d’information (ou de désinformation) est difficilement évaluable de façon objective ; Je ne serais donc pas aussi sévère que vous sur ce reportage. Puisse t’il éveiller la curiosité et les questions, les foudres,
    cela sera déjà un pas de franchi vers la responsabilisation de nos achats.

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