Alexandre Delaigue

Le mythe de l’obsolescence programmée

Arte a récemment diffusé un documentaire intitulé « prêt à jeter », consacré à l’obsolescence programmée. Le documentaire a apparemment eu un grand succès public, et la critique l’a unanimement recommandé (Telerama-Le Monde-Le Figaro). Vous pouvez visionner le documentaire en vod en suivant ce lien, et pouvez (pour l’instant) le trouver sur youtube.

Comme il m’avait été recommandé par diverses personnes, je l’ai visionné. Ce documentaire est hélas d’une nullité intégrale. Parfois hilarant de bêtise, parfois nauséabond de complotisme, en tout cas, jamais informatif.

« L’obsolescence programmée » est l’idée selon laquelle si les produits que vous achetez se dégradent rapidement (contrairement aux bons vieux produits inusables de nos grands-parents), ce n’est pas un hasard : c’est une machination ourdie par les entreprises industrielles, qui ont trouvé là un moyen de nous obliger à racheter régulièrement leurs produits. C’est une de ces idées qui tient une bonne place dans la conscience populaire, mais qui ne convainc guère les économistes, pour plusieurs raisons.

La première, c’est que l’idée du « c’était mieux avant, tout était solide, maintenant on ne fait plus que des produits de mauvaise qualité qui s’usent vite » est tellement intemporelle qu’on se demande bien quel a été cet âge d’or durant lequel on faisait des produits durables. (à l’époque de ma grand-mère bien entendu : sauf qu’à son époque, elle disait aussi que les produits de sa grand-mère étaient plus solides). Il y a là un biais de perception, le « biais de survie » : vous avez peut-être déjà vu un frigo des années 50 en état de fonctionnement (j’en connais un, pour ma part); vous n’avez certainement jamais vu les dizaines de milliers de frigos des années 50 qui sont tombés en panne et ont terminé à la décharge. Nous avons par ailleurs tendance à idéaliser le passé : je suis par exemple toujours très étonné par les fanatiques qui me racontent, des trémolos dans la voix, à quel point la 2CV Citroen était une voiture « increvable ». Dans celle de mes parents, il fallait changer les plaquettes de frein tous les 10 000 km, le pot d’échappement tous les 20 000, et elle était tellement attaquée par la corrosion (au bout de deux ans) que dès qu’il pleuvait, on avait le pantalon inondé par une eau noirâtre et gluante. Je préfère de très loin les voitures actuelles et leurs pannes d’électronique récurrentes.

Mais il n’y a pas que ces biais de survie et d’idéalisation du passé. Si les économistes sont sceptiques vis à vis de l’obsolescence programmée, c’est que cette stratégie apparemment subtile n’a en réalité aucun sens. Prenons un exemple utilisé dans le documentaire, celui des collants féminins qui filent très vite, au point qu’il faut les changer toutes les deux semaines. Si un collant coûte 4€ et dure deux semaines, à l’issue desquelles les clientes en rachètent un, elles montrent à l’entreprise qu’elles sont disposées à dépenser 104€ par an en collants. Or, fabriquer un collant très solide coûte peut-être un peu plus cher à l’entreprise, mais certainement pas autant que de fabriquer 26 collants vendus 104 euros. Elle pourrait donc réaliser un profit largement supérieur, en vendant par exemple un collant garanti un an (avec remplacement gratuit s’il se file entretemps, pour rassurer les clientes) pour une centaine d’euros.

Bien sûr les choses ne sont pas si simples, et en pratique, beaucoup des produits que nous achetons ne sont pas particulièrement durables. Il peut y avoir deux raisons à cela. La première tient aux contraintes de la production. La durabilité est une qualité désirable; mais il y a d’autres, nombreuses qualités désirables, comme un faible coût de production, ou des caractéristiques spécifiques. Pour rester sur l’exemple des collants, on a supposé au dessus que faire un collant de durée de vie d’un an ne coûte pas cher. Ce n’est pas certain : si faire 26 collants durant deux semaines coûte au total moins cher qu’un seul collant durant un an, alors, il est préférable de fabriquer les produits moins durables – et les consommatrices soucieuses de leur pouvoir d’achat pourront préférer ceux-ci. Si pour que les collants soient durables, il faut qu’ils aient l’apparence de bas de contention, je connais beaucoup de femmes qui préféreront d’autres modèles moins solides.

Un fer à vapeur sous pression est moins durable que le vénérable fer en fonte qui ornait la cuisinière de mon arrière-grand mère; faire passer de la vapeur sous pression dans des pièces métalliques provoque une usure bien plus rapide. Il est aussi nettement plus pratique à utiliser. Une poele recouverte de téflon est moins durable qu’une casserole en cuivre massif; elle est aussi moins coûteuse, et bien plus commode. Comme nous sommes des enfants gâtés par la société de consommation, nous voudrions que tout soit à la fois durable, esthétique, pratique, et peu cher. A la fin du 19ième siècle, les marines européennes avaient cherché à produire des bâtiments de guerre à la fois rapides, dotés d’une énorme puissance de feu, et d’un gros blindage. Mais qui dit blindage et armements dit poids élevé, ce qui nuit à la manoeuvrabilité et à la vitesse. Tout problème d’ingéniérie nécessite d’optimiser entre différentes qualités incompatibles. Bien souvent, la réparabilité ou la durabilité passent au second plan, derrière d’autres qualités, comme le prix. Produire en grande série standardisée permet de réduire considérablement les coûts; réparer est un artisanat qui coûte très cher, parce que dans nos pays développés le travail coûte cher.

A côté de produits peu durables, il est également possible de trouver des produits très durables, mais chers. Un costume sur mesure fait chez un tailleur sera plus beau, conçu avec des tissus de bien meilleure qualité que le bas de gamme que vous trouverez dans le premier magasin venu: il sera aussi beaucoup plus cher. Certaines marques ont fait de la durée de vie élevée leur principal argument commercial (briquets Zippo garantis à vie, piles Duracell et leur lapin qui dure longtemps, voitures japonaises ou coréennes garanties 5 ans, chaussures Church qui durent toute une vie…) ce qui montre que faire des produits à longue durée de vie n’est certainement pas rédhibitoire pour les profits, bien au contraire. Simplement, la durée de vie n’est pas l’unique qualité désirable dans un produit.

Et cette optimisation entre des qualités concurrentes rencontre les aspirations, elles-mêmes variées, des consommateurs. Une observation modérée de mes semblables de sexe féminin m’a ainsi permis de constater que nombre d’entre elles changent très régulièrement de tenue vestimentaire, et qu’elles semblent y attacher beaucoup d’importance. Dès lors, il ne me semble pas absurde d’envisager qu’elles préfèrent acheter 26 paires de collants dans l’année – ce qui permet d’en avoir des différentes – plutôt que de porter toujours les mêmes à longueur d’année. Ce sont peut-être des dindes écervelées qui ont le cerveau lavé par la presse féminine et les diktats de la mode; plus probablement, elles font de leur tenue vestimentaire une façon de manifester leur goût et leur charme.

Et c’est la seconde raison qui explique pourquoi les produits ne sont pas toujours très durables; soumis au choix entre des produits durables et des produits rapidement obsolètes, nous avons souvent tendance à préférer les seconds. Nous aimons la variété et la nouveauté. Consommer n’est pas seulement satisfaire un besoin utilitaire; c’est aussi une source de satisfaction, de démonstration de diverses qualités personnelles à notre entourage. On peut qualifier ces sentiments de frivoles, se moquer de ces gens qui vont se ruer sur un Ipad 2 dont ils n’ont rien à faire; mais constater aussi que les sociétés qui ont voulu substituer à ces caractéristiques humaines la stricte austérité (ha, le col Mao pour tout le monde) n’étaient pas particulièrement respectueuses des libertés, ou de la vie humaine. Et noter que jamais personne ne vous a obligé à acheter quoi que ce soit. Il y a évidemment une pression sociale; et parce que le marché ne peut pas toujours satisfaire tout le monde, nous sommes obligés parfois de nous conformer aux modes de consommation de la majorité, à contrecœur.

Comme vous le voyez, il y aurait largement de quoi nourrir un excellent documentaire, instructif, autour de la question de la durée de vie des produits. Hélas, vous ne trouverez strictement rien de tout cela dans le documentaire d’Arte.

Le documentaire commence par un vieux canard qui ressort à intervalles réguliers : les ampoules électriques. Dans les années 20, un cartel entre producteurs d’ampoules aurait cyniquement établi une entente pour réduire la durée de vie des ampoules électriques à 1000 heures de fonctionnement, alors qu’auparavant, il n’était pas rare de fabriquer des ampoules de durée de vie largement supérieure. Un cartel, voilà qui éveille tout de suite l’attention de l’économiste. Comment fonctionnait-il? Comment empêchait-ils ses membres d’adopter un comportement opportuniste (par exemple, en vendant des ampoules de plus longue durée que les autres, ou des ampoules moins chères)? Le documentaire est muet sur cette question. Tout au plus est-il question d’amendes pour les membres fautifs et de « partage de technologies ». Et d’interminables minutes sur un bâtiment public au fin fond des USA dans lequel une ampoule brille sans discontinuer depuis un siècle, d’une lueur un peu pâlotte, mais qui fait l’admiration des habitants qui organisent des fêtes anniversaire de l’ampoule (on se distrait comme on peut).

Un commentateur chez Aliocha permet de trouver la clé du mystère. Concevoir une ampoule électrique est un problème d’optimisation entre diverses qualités : la luminosité, la consommation, la durée de vie, la couleur. On pourrait ajouter qu’il y a de nombreux problèmes de standardisation : les culots d’ampoule doivent être identiques pour pouvoir passer d’une marque à l’autre; les couleurs doivent être identiques (un lustre avec des ampoules de luminosité différente est très laid et inconfortable, comme chacun peut le constater depuis que le Grenelle de l’environnement nous impose des ampoules à basse consommation qui n’éclairent pas), etc. Il n’est donc pas absurde que les entreprises du secteur aient coopéré pour établir des normes.

Mais comme on le sait depuis Adam Smith, des gens du même métier se rencontrent rarement sans que cela ne se termine par une conversation sur les moyens d’augmenter les prix; et le cartel en question, en plus d’établir des normes, a aussi réparti les zones géographiques entre producteurs, afin de s’assurer à chacun de confortables rentes de monopoles. Le cartel en question a donc fait l’objet de sanctions des autorités antitrust; on peut noter que si le rapport sanctionne les accords sur les prix, il montre que la durée de vie de 1000 heures est un compromis technique entre diverses qualités, et pas une tentative pour escroquer les consommateurs. Une information que bien entendu, le documentaire n’évoque pas.

Poussant vers les années 30, le documentaire nous fait le portrait d’un américain, Bernard London, présenté comme le « père spirituel » de l’obsolescence programmée, pour avoir écrit un pamphlet en 1932 intitulé « sortir de la crise par l’obsolescence programmée« . La lecture de ce document, en fait, n’indique rien sur l’opportunité d’une stratégie des entreprises pour inciter les consommateurs à remplacer leurs produits; la préconisation de l’auteur est celle d’une vaste prime à la casse obligatoire, portant sur tous les produits manufacturés, l’Etat rachetant de façon obligatoire tous les produits à partir d’une certaine durée prévue à l’avance. Une idée économique stupide, mais dans le désarroi provoqué par la déflation et 25% de chômeurs en 1932, celles-ci étaient légion. Alors qu’un quart de la population américaine ne parvenait pas à se nourrir, le gouvernement américain payait les fermiers pour qu’ils abattent leurs troupeaux de vaches, afin de faire remonter le prix du lait. Nous savons aujourd’hui qu’il suffisait de sortir de l’étalon-or et d’appliquer une politique monétaire non-suicidaire pour se sortir de la crise; à l’époque, on ne le savait pas, et on assistait au grand concours des idées farfelues. Nous n’avons pas tellement changé, mais nous avons moins d’excuses.

Surtout, après de longues minutes à interviewer la fille de l’associé du Bernard London en question, le documentaire nous explique que ses brillantes idées n’ont jamais été appliquées, ce qui conduit à se demander pourquoi diable on nous en a parlé. Surtout, pourquoi le documentaire insiste aussi lourdement sur le fait que Bernard London était juif, pour conclure mystérieusement sur « nous ne saurons jamais s’il voulait aider les gens ou simplement faire du profit ». C’est vrai, quoi, les juifs, ils ont toujours des arrière-pensées; Et puis, une bonne théorie du complot qui n’a pas son juif de service ne sera jamais totalement satisfaisante. (22ème à la 25ème minute).

Poursuivant dans les années 50, le documentaire nous montre les débuts de la société de consommation, plaçant l’obsolescence programmée au coeur du système. Il montre une école de design dans laquelle on explique aux étudiants que les produits n’ont pas forcément vocation à être durables (ce qui, si vous avez lu ce qui précède, tombe sous le sens : c’est le métier de designer que de concevoir des produits qui optimisent les différentes caractéristiques) pour s’indigner de ce comportement « non éthique ». Les designers sont opposés aux ingénieurs, que l’on présente comme scandalisés parce qu’on les obligeait à concevoir des produits moins durables que ce qu’ils auraient pu faire.

Ce passage m’a irrésistiblement rappelé cette phrase de J.M. Folz, ancien PDG de Peugeot, qui a déclaré un jour « qu’il y a trois façons de se ruiner : le jeu, les femmes et les ingénieurs. Les deux premières sont les plus agréables, la troisième est la plus sûre ». Il entendait par là que ce que les ingénieurs aiment concevoir n’est pas toujours ce que les clients désirent, et qu’à trop suivre les ingénieurs, on finit par faire des produits hors de prix et qui n’intéressent pas les clients (ayant dirigé Citroen, il savait de quoi il parlait). Etant donnée la mentalité des ingénieurs dans les années 50, il est fort probable qu’ils n’ont pas apprécié de perdre une partie de leur pouvoir dans les grandes entreprises industrielles au profit des services de design et de marketing, et regretté de ne plus pouvoir fabriquer ce qui leur plaisait. Il est certain que tout le monde, consommateurs et entreprises, y a gagné.

C’est vers la 45ème minute que le reportage nous offre son plus beau moment surréaliste. C’est qu’il y avait une alternative à la consommation jetable caractéristique de nos sociétés modernes; elle se trouvait derrière le rideau de fer. Là bas, on trouvait des ingénieurs soucieux de produire de la qualité, des produits éternels. Une entreprise d’électricité est-allemande avait même conçu une ampoule électrique de bien plus longue durée que ce que l’on trouvait à l’Ouest; dans le bloc communiste, on produisait pour durer. J’ai eu du mal à réprimer mon hilarité, me souvenant des multiples blagues de la RDA, dont les habitants ne manquaient pas de moquer la piètre qualité de leur production nationale (vous savez comment doubler la valeur de revente d’une trabant? En faisant le plein). Je me souviens aussi que la meilleure façon de faire pleurer un habitant des pays de l’Est, à l’époque, était de lui faire visiter un supermarché occidental (expérience vécue). Etrangement d’ailleurs, lorsque le rideau de fer est tombé, la première chose que les allemands de l’Est ont faite a été de se ruer sur les biens de consommation fabriqués à l’Ouest; l’horrible société consumériste leur semblait manifestement plus attrayante que leurs propres produits. Quant aux usines Est-Allemandes, elles étaient tellement efficaces qu’elles ont toutes dû fermer. Le documentaire suggère à demi-mot que les industriels de l’Ouest ont voulu se débarrasser de ces compétiteurs redoutables, peu au fait du grand complot pour obliger les consommateurs à acheter sans cesse.

A ce stade, on se demande s’il faut rire ou pleurer face à ce spectacle lamentable. Le reportage se termine sur les problèmes de durée de vie des premiers Ipods, dont la batterie (impossible à changer) avait fâcheusement tendance à tomber en rade au bout de 18 mois de fonctionnement. Là encore, aucune autre explication qu’un sinistre complot pour exploiter le consommateur n’est fournie. Il est fort possible qu’Apple ait négligé la durée de vie au profit du design et de contraintes de fabrication; ils sont coutumiers du fait, mais les acheteurs de produits Apple semblent vouloir obstinément acheter leurs produits hors de prix, mais tellement jolis. Le principal plaignant, après qu’une avocate lui ait fait bénéficier d’un système judiciaire américain toujours prêt à faire payer des indemnités par les grandes entreprises pour tout et n’importe quoi, ne s’est d’ailleurs pas privé de se racheter un Macbook à 2000 dollars par la suite (son cerveau ayant été probablement lavé pour qu’il ne voie pas les ordinateurs portables concurrents, vendus deux fois moins cher et avec des batteries amovibles).

Le fil rouge du reportage se termine – un espagnol ayant essayé, très difficilement, de réparer son imprimante à jet d’encre parce qu’il ne voulait pas en changer, suivant les conseils des vendeurs lui suggérant plutôt d’en acheter une neuve pour une trentaine d’euros. Sa situation est mise en abîme avec celle du Ghana, qui reçoit par containers entiers du matériel informatique jeté dans les pays développés. Le documentaire insiste lourdement sur le parallèle entre ces africains sages qui ne gaspillent pas, par opposition à ces occidentaux gaspilleurs qui mettent leur matériel à la poubelle à la moindre occasion. Là encore, l’explication économique est simple. Comme le montre l’exemple de l’espagnol essayant de réparer son imprimante, réparer certains matériels consomme énormément de temps; au Ghana, récupérer des choses utilisables dans le matériel informatique jeté prend aussi énormément de temps de travail, occupant des familles entières sur des décharges. cela ne représente aucune sagesse africaine particulière; dans nos pays développés, les produits fabriqués en grande série ne coûtent pas cher, parce que nous disposons d’un immense capital productif; par contre, le travail est très cher. La situation est inverse dans les pays en développement. Résultat? Chez nous il est bien moins coûteux de racheter du matériel neuf que de consacrer du temps de travail à le réparer. Au Ghana, le travail est abondant et ne coûte (et ne rapporte) presque rien. Le documentaire se garde bien de demander à ces gens qui passent leurs journées à farfouiller dans des ordures quelle existence ils préféreraient : la réponse n’aurait pas cadré avec le ton général.

A la fin de ce document manipulateur, complotiste, qui n’explique rien, on se demande comment on en arrive à réaliser une chose pareille. L’explication est en filigrane dans le document, qui nous montre avec des trémolos dans la voix off des conférences sur la décroissance, et qui donne la part belle à Serge Latouche, le grand prêtre du mouvement. On comprend alors que nous ne sommes pas face à une entreprise d’information, mais à une entreprise de morale, selon le concept défini par le sociologue Howard Becker. Le but du documentaire n’est pas d’informer, mais de convertir les mécréants. C’est ce qui conduit la réalisatrice à nous vanter les collants indestructibles, sans une seconde confronter son propre comportement de consommatrice à son discours.

Ce qui est plus étonnant, c’est de voir l’unanimité de la critique journalistique et des responsables d’Arte, qui ont gobé sans sourciller et applaudi à un documentaire qui est une énorme faute professionnelle. De journalistes, de documentaristes, on attend qu’ils nous informent de la façon la plus intègre possible. Que l’objectivité absolue soit impossible à atteindre, soit; mais elle est le standard d’éthique professionnelle qui devrait guider ceux qui nous informent. A préférer les entreprises de morale aux entreprises d’information, il est à craindre que la profession journalistique soit en bonne voie d’obsolescence programmée.

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Alexandre Delaigue

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Alexandre Delaigue

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206 réflexions au sujet de « Le mythe de l’obsolescence programmée »

  1. Belle démonstration sur le fond de ce documentaire. Peut-être en effet que la critique n’aurait pas du porter sur les industriels dont la fonction n’est autre que de satisfaire une demande, mais plutôt de chercher à savoir comment l’on peut modifier cette demande, par l’éducation par exemple et surtout l’accès à l’information. Car le design, ca se voit, la couleur, la forme… sont des éléments du choix de chacun que l’on favorise car ils sont immédiatement visible. Il n’est pas étonnant que beaucoup ne cherche pas au delà car la fiabilité, la fréquence des pannes… ne sont pas des arguments souvent mis en avant (sauf pour certaines marques). C’est en cherchant des informations la dessus, sur des forums ou des sites spécialisés, que j’ai acheté mon dernier appareil électroménager.

    Se poser des questions sur le but de la consommation et sur l’obsolescence (non pas programmée, mais inévitable, et de plus en plus accélérée par une soif de nouveauté insatisfaisable) c’est peut-être commencer à toucher une abbération de notre comportement vis à vis de notre planète. Ce n’est pas l’économie qui est en cause, c’est l’éthique et la place que l’on peut occuper sur notre planète.

  2. "Les habitants ne manquaient pas de moquer la piètre qualité de leur production nationale"

    Les français se moquent du "made in france".
    Les anglais se moquent du british-made.
    Les bulgares du "bulgarska rabota".

    Certes, les suisses et les allemands de l’ouest ne le font pas n’empêche que, je constate qu’on a souvent tendance à se moquer de son propre pays.

    Je n’ai pas vu le reportage, mais en ce qui concerne l’ "obsolescence programmée" (en fait, pas programmée. Par contre, le fait que la solidité des produits soit ramenée au minimum -pour réduire les couts de fabrication-, c’est bien une pratique courante), il y a bien un scandale. D’ordre écologique.

    Alors certes, on trouve des imprimantes à 50 €. C’est pas cher. D’ailleurs, quand les cartouches sont vides, ne t’avise pas de les changer : la mécanique est morte avec (j’exagère, mais à peine). Et ces cartouches valent le prix de l’imprimante neuve (ou pas trop loin).

    Évidemment qu’on sait faire des imprimantes plus solides, mais aussi plus chères. Seulement, toutes ces imprimantes que j’ai foutu dans une benne, ce serait pas un désordre écologique ?

    Je suis d’avis qu’il faudrait taxer les matières premières, et foutre la paix aux charges sur le travail. Même si on arrivera pas au niveau du Ghana, ca peut décourager les constructeurs d’imprimante à nous vendre des machines à froisser le papier.

    • Tout ce que ça veut dire, c’est que les externalités négatives écologiques ne sont pas taxées (ou pas assez).

      Ce n’est pas la faute des entreprises ou des consommateurs, mais celle du gouvernement. Si on considère que des imprimantes usées en six mois sont un désastre écologique, il faut mettre une taxe à l’unité telle que les imprimantes plus chères et plus robustes deviennent compétitives.

      Mais vous pensez bien, une taxe ! Quoi ! Déjà que nous sommes accablés par le fardeau fiscal ! Pas question ! Espérons plutôt que les fabricants décident spontanément de réduire leur marge pour avoir le produit « écologique » au prix du précédent.

  3. tres interessant!

    par curiosite j’ai voulu savoir comment une ampoule durait cent ans. wikipedia suggere une reponse amusante compte-tenu du theme:

    While it might seem astonishing that so many longest-lasting light bulbs have been so infrequently turned off, this is the precise reason for their longevity. Most of the wear and tear that leads to burnouts in incandescent light bulbs is caused by turning them on and off, not by burning them. Each time the bulb is turned on and off, the filament is heated and cooled. This causes the material of the filament to expand and contract, in turn causing tiny stress cracks to develop. The more the light is turned on and off, the larger these cracks grow, until eventually the filament breaks at some point, causing the light to burn out.

    cqfd…

    cela dit je serais interesse s’il y avait des donnees un peu objectives sur la durabilite de certains produits – par ex les Mercedes des annees 60 ou 70 sont reputees increvables je crois?

  4. Merci de cet article fouillé !

    Je signale aux adeptes du complot que l’âge moyen des voitures est passé en France de 5.8/6 ans dans les années 90 à plus de 8 ans en 2007. Que s’est il donc passé?

    Sinon, j’ai tiqué sur l’attribution à J.M. Folz de la phrase sur les ingénieurs, parce qu’il me semble l’avoir entendue il y a déjà très longtemps

    Une recherche rapide sur Internet m’a d’abord désigné "le grand Rothschild" comme auteur (le père, le grand père, l’arrière grand père?)

    Une autre piste beaucoup plus probable m’a amené à Auguste Detoeuf, polytechnicien, spécialiste es aphorisme et auteur des "propos d’O.L. Barenton confiseur"
    http://www.evene.fr/livres/livre...

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Oui, c’est fort possible. Je l’associais à Folz mais Detoeuf est un bon candidat :)

  5. Excellente démonstration, merci!

    Je rajouterais également que de plus en plus d’industriels utilisent la longévité de leurs produits comme argument de vente, notamment dans l’informatique ou la durée de vie des composants est de plus en plus fréquemment indiquée dans les caractéristiques techniques (en heures d’utilisation le plus souvent). Notamment en ce qui concerne les disques durs et les alimentations électriques, mes deux derniers achats d’ailleurs.:-)

  6. Mon cher Alexandre,
    Quelle joie de lire cela de bon matin…
    Cela étant, je souhaite à Econoclaste beaucoup de courage pour les commentaires qui vont suivre. J’en sais quelque chose à propos du gaz de schiste récemment posté !

  7. N’ayant pas vu le reportage, je me garderai de commenter ses argumentaires.
    Cependant, j’ai moi même fait une expérience amusante avec une pompe de piscine pas chère. Celle-ci m’ayant lâché au bout d’une saison, j’ai décidé de démonter le moteur afin de voir ce qu’il en était. J’ai eu la surprise de constater que les 2 roulements à billes positionnés sur le bon gros axe en acier (à peu près indestructible) étaient maintenus par 2 minuscules circlips qui ont bien vite déclarés forfait en raison des efforts mécaniques qu’ils devaient endurer. En guise de réparation, j’ai collé à l’époxy la base des roulements et cette pompe me sert fidèlement depuis maintenant 3 ans.
    2ème élément à charge : en regardant le plan éclaté sur le net d’une pompe plus chère, on constate que les roulements sont maintenus par des épaulements ce qui élimine d’office le problème de fragilité des circlips et assure de fait la durabilité de la pompe.

    Bref, je sais que vous pourrez me répondre en termes économiques de disposition à payer etc. cependant, je constate de fait une vraie aberration en terme de consommation de ressources : le coût de production de ces 2 pompes est extrêmement proche (seul le temps d’usinage de l’épaulement faisant la différence, c’est assez négligeable dans le lot) mais la pompe vendue moins chère est clairement conçue pour durer moins longtemps et être changée plus souvent (si ça n’est pas le cas, les concepteurs sont des incapables). Alors oui, ça peut faire sens économiquement parlant mais en tant que campagnard d’origine qui déteste le gaspillage, cela me heurte et critiquer cela, quand bien même cela froisse les économistes ne me semble pas si choquant que cela.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Un point dont je n’ai pas parlé (ce post est déjà très long) est l’impact de la discrimination tarifaire. Il n’est pas rare que les entreprises vendent des produits pratiquement identiques (avec des différences mineures) à des prix très différents pour toucher plus de consommateurs (cf posts sur ce sujet sur le blog). IBM par exemple vendait aux entreprises une imprimante chère, et la même imprimante au grand public moitié moins cher, mais avec une puce qui ralentissait les impressions (pour « justifier » la différence de prix). Il me semble que votre exemple ressemble à cela.

  8. Le propos au sujet des ustensiles de cuisine montre aussi qu’il y a différents objets pour différents usages. Il est assez facile de se procurer des gamelles presqu’increvables, en inox ou en fonte émaillée. L’inconvénient c’est qu’on ne fait pas tout avec, pour les gâteaux et les oeufs au plat, les ustensiles avec du téflon sont fort pratique. Sans doute encore un complot consumériste.

    Pour ce qui est du manque d’objectivité de la critique, ce n’est pas étonnant. Il y a bien longtemps maintenant, Arte avait diffusé le documentaire le Cauchemar de Darwin sur la perche du Nil. La critique aussi s’était pâmée, alors qu’il était franchement partial. D’une certaine façon, ces documentaires (à l’obsolescence programmée, puisqu’il y a une production continue) disent ce qu’une partie importante de la population a envie d’entendre.

  9. @verel : pour l’âge moyen des voitures, on pourra dire que la motorisation au diesel s’est répandue. Or un moteur diesel est connue pour être plus solide.

    @Paul : j’espère que c’est de l’humour.

    La durée de vie d’un disque dur, selon les termes des constructeurs est un grand mensonge. Ils nous donnent une durée de vie moyennne qui va en dizaines d’années. Vous voulez savoir combien j’en ai foutu à la poubelle ? Le disque dur est l’élément le plus fragile d’un boitier de PC. (Google avait aussi publié des statistiques sur ses serveurs).

    Quand à l’alimentation, là aussi, il faut se méfier des donnés constructeurs : http://www.revioo.com/news/alime...

    Les alimentations bas de gamme de ce genre sont vraiment très fragiles ; là aussi j’ai vu un taux de panne important (et quelques fois même des pannes d’alimentations qui provoquaient la panne d’autres composants). Cela dit, il faut admettre que la différence de prix est assez importante entre une alimentation "jetable" de ce type et une alimentation fiable. Pour un petit PC à usage bureautique qui n’est pas allumé toute la journée, ces alimentations peuvent tout à fait convenir. L’alimentation est la seconde pièce la plus fragile dans un boitier de PC.

  10. Merci pour ce bilet, très interessant.

    Je ne suis pas économiste, et d’ailleurs la dernière fois que j’azi suivi des cours d’économie, c’etait fait au lycée il ya bientot 20 ans (si mes souvenirs sont bons, ca s’appelait initiation économique et sociale ).

    A l’époque, on nous avait notamment enseigné la définition de bien de consomation et bien d’equipement. Je dois bien reconnaitre que je suis incapable de définir l’un ou l’autre.

    Néanmoins, quand vous dites :"soumis au choix entre des produits durables et des produits rapidement obsolètes, nous avons souvent tendance à préférer les seconds. Nous aimons la variété et la nouveauté. Consommer n’est pas seulement satisfaire un besoin utilitaire; c’est aussi une source de satisfaction, de démonstration de diverses qualités personnelles à notre entourage", j’ai le sentiment que c’est valable pour les biens de consomation, (vêtements, agro alimentaire, …) mais nettement moins pour les biens d’équipement (machine à laver, four à micro onde, scie sauteuse).

    Or c’est justement sur ce genre de produits que l’on a le sentiment qu’il existe une obsolescence programmée : cette impression que les constructeurs ne font pas le maximum pour la longévité de leur produit.(et non pas un complot oragnisé par de mystérieux cartel).

    Comme vous le rappelez, dans de nombreux pays du monde, le travail ne coute rien ou presque. Vous dites "fabriquer un collant très solide coûte peut-être un peu plus cher à l’entreprise, mais certainement pas autant que de fabriquer 26 collants". Reste que l’on gagnera encore plus d’argent en fabriquant à(très) bas coût un collant de (très) médiocre qualité que le marketting, la pub et les journalistes non indépendants vanteront comme étant un collant indestructible, et dont on sortira une nouvelle déclinaison de couleur chaque semaine.

    Et ca reste vrai pour les machines à laver: j’en fabrique une de qualité moyenne, avec une durée de vie disons de 7 ans environ, et dans 7ans je sors la même, avec un programme synthétique délicat en plus, et un écran cristaux liquide en plus (pour affcher le nom des programmes) en plus, et hop j’en vends deux fois plus que quand j’en fariquais qui duraient 14-15 ans. Sauf que maintenant je gagne plus d’argent à chaque vente : le coût de construction en Chine, en Thailande, au Bengladesh est quand même largement moins élevé qu’en France ou en Europe. Dans 7 ans, je mettrai l’ecran en couleur, voire tactile.

    alors ce documentaire (que je n’ai pas vu, et la lecture de ce billet ne donne pas envie de le voir), partial, incomplet, donneur de lecon, aux relents antisémite, était sans doute très mauvais.
    Mais comment être sur que ce que je décris ci dessus n’existe pas?

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Le problème, c’est qu’il est plus rentable de vendre deux fois plus cher une machine qui dure 15 ans (garantie) que deux machines qui durent 7 ans moitié moins cher. Si vous faites cela comme fabricant de machines à laver, vous perdez de l’argent, et en plus, vous énervez vos clients. C’est une stratégie idiote et qui vous fait perdre de l’argent. Après, si vos clients le demandent (je peux préférer débourser deux fois 500 euros qu’une fois 1000 euros), vous faites les produits que veulent les clients…

  11. J’ai vu ce reportage, et ce qui m’avait le plus choqué, c’était qu’il ne parlait pas du tout du problème de la consommation énergétique des produits.

    Par exemple, une ampoule à filament qui dure 100 ans va consommer beaucoup plus d’énergie qu’une ampoule avec une durée de vie de 1000 heures pou produire la même quantité de lumière. De même, le reportage nous montre un frigo d’ex RDA qui tourne depuis 40 ans, le remplacer par un modèle récent serait rentable en terme de consommation électrique en 2-3 ans : http://www.consoglobe.com/electr...

    En bref, on montre au consommateur des reportages comme celui-ci qui incitent à ne pas jeter, et en même temps on l’incite à renouveler fréquemment son matériel ( voiture, électroménager… ) pour un nouveau modèle moins vorace en énergie. On est donc bien plus proche d’un discours moralisateur et culpabilisant que d’une vraie proposition de solution. ( Ca me rappelle ces reportages sur les retraites et le temps de travail, où on nous montre un japonais qui bosse 15 heures par jour, un gardien de phare suédois qui travaille jusqu’à 80 ans et où on en déduit qu’on doit bosser 15 heures par jour jusqu’à 80 ans… )

    Là où en revanche je ne suis pas d’accord avec Alexandre, c’est quand il dit que le "c’était mieux avant" est faux. Tout simplement parce que dans les années 50, les ingénieurs ne disposaient pas de toutes les méthodes d’optimisation dont on dispose maintenant, et surdimensionnaient leurs produits. Des fois, ça n’était pas bien fait, et il restait un point faible qui entraînait une casse, mais un moteur électrique/des roulements mécaniques/une pièce d’usure des années 50 est généralement bien plus robuste et réparable que son homologue du XXIeme siècle. Il est aussi plus cher, et consomme plus de matières premières…

  12. A Alexandre en réponse à M Spock en 7 :

    Je trouve votre parallèle quelque peu spécieux car il y a un problème d’asymétrie de l’information.

    D’un côté il y a un système qui permet de limiter la performance du matériel pour justifier un prix plus faible. En lisant les caractéristiques techniques, le client peut voir que l’imprimante plus chère est aussi plus rapide. Ok pour la discrimination tarifaire.

    De l’autre côté, un client voit deux modèles de pompes avec des caractéristiques différentes. Il est rare de voir un gros sticker avec marqué dessus "Attention cette pompe est une bouse, elle va lâcher dans un an car une pièce fait juste 3 millimétres d’épaisseur au lieu d’un centimètre".

    Vous connaissez beaucoup de produits grand public indiquant le temps moyen avant panne ? Moi non.

    Et le facteur prix ne peut pas être considéré comme un bon indicateur de la qualité du fait des coût de main d’œuvre différent entre pays, des marges différente par le distributeur, du fait de payer la notoriété de la marque, etc…

  13. ah..tout est si simple dans le monde rationnel des économistes.. heureusement que des professionnels avisé font en sorte de faire sortir tout comportement rationnel pour laisser place a l’émotionnel, et nos politiques écartent toute possibilité d’apprentissage des instruments économiques mise en oeuvre dans notre société. Si c’était le cas, il n’y aurais plus de profits, non ?

  14. Rarement vu un article qui compare autant de choux et de carottes pour montrer que le cycliste est en excès de vitesse.
    Dites moi Alexandre, ne seriez vous pas également négationniste du changement climatique ? La qualité de vos arguments me rappelle les leurs…
    Mais vous avez raison : mieux vaut être croyant, cela évite de se remettre en question.
    A bon entendeur

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Vous êtes le rayon de soleil de ma journée.

  15. Augmenter notablement la garantie des objets est pour moi le plus sûr et simple moyen de réduire les dégâts de l’obsolescence programmée. Tu vends de la merde ? Tu l’échanges gratuitement.
    Par exemple 1 année pour chaque zéro dans le prix.

    Et merci pour le lien sur les blagues de RDA :-)
    Dire que les communistes construisaient pour durer et qu’on les a coulés pour ça est plus qu’abusif. La pression du marketing étant nulle chez eux, les ingés avaient effectivement latitude pour faire du mieux qu’ils pouvaient avec ce qu’ils avaient ; mais par contre il n’y avait aucune pression pour améliorer un produit, en faire des versions plus diverses, ou simplement le rendre disponible (en RDA, impossible d’entretenir sa propre maison, faute d’obtenir bois, peinture…) !

  16. Article intéressant et qui fait bien de toujours poser la question de l’objectivité des médias…
    Moi qui avait l’intention de regarder ce reportage sous peu, je le ferai en ayant à l’esprit ce qui a été écrit ici.

    J’aime bien le concept de "entreprise de morale" vs "entreprise d’information". Si on est conscient de cette situation, je suis certain que ce reportage gardera une grande valeur !

    En effet, ce reportage ne dit peut-être pas tout d’un point de vue économique, mais il semble tenir la route d’un point de vue moral. L’économie n’est pas "la morale". L’économie décrit le fonctionnement des usages humains, pas ce qui est bien ou mal. OK, construire une imprimante pas cher et la remplacer deux ans après est logique économiquement. Mais pour autant, est-ce "bien" ? (et je n’ose pas répondre pas à cette question, moi-même étant féru de technologies)
    Est-ce interdit que des journalistes posent la question ?

    Par conséquent, oui, c’est peut-être une entreprise morale, plus que d’information. Quoique. Et à partir du moment où on en est conscient, je ne vois pas où est le problème. Et désormais, j’en suis conscient à la suite de cet article (et donc merci).

    Peut-être que l’explication de ce concept est la seule chose qui manque à ce reportage ? Je le dirai après l’avoir vu…

  17. "Le problème, c’est qu’il est plus rentable de vendre deux fois plus cher une machine qui dure 15 ans (garantie) que deux machines qui durent 7 ans moitié moins cher."

    entièrement d’accord.

    Mais qui a parlé de les vendre deux fois moins cher?

    Car je vais gagner encore plus d’argent en vendant 2 machines qui durent 7 ans à un prix proche de celle que j’aurai pu vendre celle qui dure 15 ans(que je me garde bien de commercialiser), surtout si mes concurrents semblent plus ou moins agir de la même manière.

    Alors il faut faire la part des choses, le "c’etait mieux avant", est fort heureusement loin d’être toujours justifié. Mais pas d’angélisme non plus : l’obsolescence programmée, ca existe… dans une certaine mesure (le tout étant de savoir laquelle).

    C’est sans doute une stratégie à court terme, mais c’est semble t’il un mal contemporain.

  18. "alors ce documentaire (que je n’ai pas vu, et la lecture de ce billet ne donne pas envie de le voir), partial, incomplet, donneur de lecon, aux relents antisémite, était sans doute très mauvais."

    Cette phrase de Nicolas mérite réflexion, je crois que je ne vais pas m’en remettre de la journée. Quelle ne soit pas relevée par M. Delaigue me laisse également songeur.

    Pour se faire une idée il faut voir le documentaire, et lire ce post. Personnellement je ne suis pas convaincu par la démonstration d’Alexandre, loin, très loin de là.

    M.

  19. Et si nous étions tout simplement OBLIGÉS, à plus ou moins long terme, d’allonger la durée de vie de nos biens de consommation, tout simplement parce que nous épuisons les ressources et la planète à consommer comme nous le faisons "juste parce que le design me plait" ? Dans ce cas, ce reportage d’Arte a du sens.

    Si le monde entier consommait comme l’Occident, on n’en sortirait déjà plus. Peut-on parler de "chance" que le Sud soit plus pauvre que nous ? Plus d’infos sur la consommation mondiale : wwf.panda.org/about_our_e… Oui, bien sûr, c’est orienté "écologie". Chacun a sa sensibilité.

  20. J’ai trouvé votre article très convaincant, et c’est un compliment que j’ai vraiment très rarement envie d’adresser à un économiste. Mais le fait que vous ayez le plus souvent complètement raison ne suffit pas à me faire oublier le caractère insupportable des daubes de bas de gamme que certains industriels arrivent à fourguer aux cochons de payants — et sans être hyper-fréquent, ça n’est quand même pas absolument rare.

    Je profite de ce que je deviens un vieux con pour vous donner un exemple. J’ai acheté deux vélos dans ma vie, un en 1978, l’autre il y a trois ans. Celui de 1978 a toujours ses pneus d’origine (pneu Michelin, à peu près aussi solide qu’un pneu de bagnole vu que c’est la même technologie), et j’ai déjà dû changer deux fois les daubes moldovalaques (modèle unique) qui équipent les roues du second. Certes, le caoutchouc moldovalaque coûte trois ou quatre fois moins cher que ce que coûtaient les pneus de vélo Michelin quand il en existait encore, c’est même ridicule à quel point c’est bon marché — mais vu que je dois démonter une roue pour poser une rustine pratiquement tous les cinquante kilomètres dès que j’ai eu le malheur de rencontrer un caillou ou une ronce, j’ai quand même une très, très grande nostalgie des pneus Michelin fort chers, mais blindés et à l’épreuve des explosions nucléaires. Or, ces pneus chers et increvables, on n’en fabrique plus, en tout cas pas pour les roues de cette dimension. Chez mon marchand de cycles, j’ai donc le choix entre la merde moldovalaque et rigoureusement rien d’autre, alors même que je serais très disposé à payer cinq fois plus cher (oui, j’ai bien dit cinq fois) pour n’avoir besoin de démonter mes roues ne serait-ce que trois fois moins souvent… Non seulement il y a des daubes sur le marché, mais dans certains domaines il arrive qu’il n’y ait rigoureusement rien d’autre. Et vous avez beau dire, c’est rudement gonflant (si j’ose dire en parlant de pneus crevés).

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Je fais du vélo aussi, je suis sensible à votre argument :-) . Sur ce sujet (pas assez développé, pour cause de post long) c’est pour cela que j’ai cité « the tyranny of the market » de Waldfogel. Il y montre bien que le problème des productions en grande série et des marchés de masse, c’est souvent de ne pas satisfaire certains besoins pour lesquels le marché serait trop petit. Votre problème (et le mien) c’est que nous sommes comme les victimes de maladies orphelines pour les laboratoires pharmaceutiques : pas assez nombreux pour justifier une chaîne de production.

  21. Le problème concernant l’imprimante traite de la programmation, lors de la fabrication, d’une puce indiquant à l’imprimante d’arreter de fonctionner lorsque l’on atteint un certain nombre d’impressions.
    Une simple réinitialisation de cette puce permettrait à l’imprimante de refaire un nouveau cycle d’impressions mais cela n’est jamais proposé par les SAV des fabricants en question.
    Comment expliquez-vous cela ?

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Excellente question. L’explication fournie est que ce compteur sert à mesurer l’état de saleté d’une pièce interne soumise à des projections d’encre. Il me semble plausible d’imaginer que plutôt qu’un « détecteur de saleté » forcément coûteux, le fabricant, pour ne pas s’embêter, a préféré mettre ce compteur qui lui coûte moins cher, supposant que personne ne ferait autant d’impressions avec cette imprimante bas de gamme de toute façon. Notez que la stratégie des producteurs d’imprimante est de perdre de l’argent sur les imprimantes mais d’en gagner sur les clients captifs qui rachètent des cartouches fort chères (un peu comme Gilette avec ses lames de rasoir). Dans cette perspective, inciter les clients à changer d’imprimante souvent est stupide (ils risquent de changer de marque au passage, et de ne plus acheter les mêmes cartouches). Il aurait été cela dit intéressant d’avoir l’explication du fabricant – mais le documentaire ne s’est manifestement pas préoccupé de la demander.

  22. L’obsolescence programmée n’est pas complètement un mythe non plus… Il y a des domaines où les fabricants dégradent volontairement leurs produits pour qu’ils durent moins longtemps…
    Un exemple simple : Les imprimantes à jets d’encre qui refusent de fonctionner après un certain nombre de pages imprimées (Chercher "Epson-internal-counter" sur google, vous verrez) et qui ont une mousse receptrice d’encre qui finit par tacher les pages…

  23. Mouais, il est plus rentable : pas du tout, il n’est pas plus rentable de faire du plus résistant.

    (je n’ai pas vu le documentaire)

    Il est plus rentable de produire parce qu’on économise sur tous les postes. Les usines ont intérêt à tourner et à produire, toute la chaine a besoin de tourner. Il faut remplacer non pas parce qu’il y a un complot mais parce que si on s’arrête la moitié de la population est au chomage. C’est un désastre écologique et humain mais on s’en fout.

    Il est plus rentable de gagner sur le prix de la matière première en produisant en masse qu’en produisant peu. Il est plus rentable de proposer le remplacement permanent des produits, de faire des produits fragile non pas parce qu’il y a un complot mais parce que de toute façon dans 1 an ou 2 ans la mode, le marketing aura acté l’obsolescence du produit en question, sa dégradation physique ne fera que confirmer le sentiment du consommateur.

    Certaines marques de très grand luxe, sur certains produit peu sensible à la mode (cuisine, literie, maroquinerie de voyage…) pratique le durable parce que justement là leur clientèle s’énerverait de payer aussi cher pour du aussi médiocre. Mais pas les autres et vous le savez mais choisissez de l’ignorer, parce que pour les autres clientèles, l’obsolescence est une donnée "naturelle". Il n’y a pas vraiment de "marque solide".

  24. Donc l’obsolescence programmée serait un mythe qui s’expliquerait par le besoin de produire à bas coût. Et d’un autre côté vous dites que ça coûte plus cher de produire plus de produits à bas coût. Mouais mouais mouais…

    Puis, l’obsolescence programmée et la fabrication à bas coût sont deux stratégies économiques différentes, qui se conjuguent parfois, mais ne sont en aucun cas deux facettes d’un même objet.

    Vous ne démontrez rien du tout dans votre article confus. Pire, il semble que nous n’ayez pas compris, ou voulu comprendre, ce documentaire d’Arte. La réalité de l’obsolescence programmée n’est plus à démontrer : que son origine provienne d’une volonté de vendre plus ou soit la résultante d’une production de mauvaise qualité ne change pas le fond. Surtout que l’un des intérêts de produire à bas coût, est justement de produire des objets qui auront une obsolescence plus importante.

    Ou dit autrement, l’obsolescence programmée peut se traduire par la production de mauvaise qualité, la mauvaise qualité entraine de l’obsolescence, et donc obsolescence programmée il y a lorsque des produits sont ainsi fabriqués.

    En fait vous venez simplement de renforcer le constat de l’existence, avérée et prouvée faut-il le rappeler, de l’obsolescence programmée.

    Et de titrer «Le mythe de l’obsolescence programmée». Auriez-vous confondu les mots mythe et théorie ?

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Vous voulez dire, comme on parle de la théorie de la terre plate?

  25. Intéressant aussi de voir qu’au delà du documentaire vous ne vous posez jamais la question du modèle social que tout cela implique. C’est cette fameuse "faute aux consommateurs" que vous ne qualifiez m^me pas de faute. Il s’agirait de ce fameux comportement naturel qui impliquerait de faire ceci ou cela… Le marketing n’y est pour rien.

    Par exemple votre commentateur qui parle des voitures et de leur durée de vie oublie peut être que si elle "durent" plus longtemps c’est que les gens n’ont pas les moyens de la changer ou qu’il y a moins d’offres de remplacement ou de primes à la casse ou que sais je… bref, des éléments externes qui n’illustrent rien du tout. Tout le monde sait qu’une voiture étant, comme vous l’avez dit très justement, un assemblage de pièces il suffit de les remplacer. (même si là dessus on pourrait parler de l’arrivée de l’informatique qui fragilise ce qui n’était qu’une mécanique "grossière" et donc plus facilement "éternelle" par le remplacement).

  26. Merci pour cette analyse.

    J’ai vu ce reportage et même si j’ai trouvé le trait un peu grossier je pense qu’il à le mérite de soulever des problèmes au delà de l’économie que vous éludez dans votre analyse. Je suis plutôt d’un naturel "consommateur" et le débat sur la décroissance me fait l’effet d’un discours rétrograde. Néanmoins, la frénésie de consommation qui agite nos société développées finira bien par poser de gros soucis comme le montre ce documentaire. Réagir sur les images du Ghana (vue ailleurs) qu’avec un point de vue économiste et se débarrasser de ce problème en disqualifiant les auteurs me parait un peu facile et très cynique.
    Je ne suis pas économiste (juste un de ces abrutis d’ingénieurs qui ruinent les entreprises), je ne ferai donc pas de commentaire sur la thèse économique du documentaire qui ne m’a pas convaincue de toute façon. En revanche les questions "sociétales" restent. Que ce soit sur la corrélation du bonheur et de la consommation ou sur la poubellisation du tiers monde et de notre planète. Pourquoi d’après vous ce documentaire a eu tant de succès : parce que les gens sont des cons ou parce qu’il y a quelque chose qui fait écho à un malaise et lié à notre mode de vie.

  27. Bonjour !
    Je n’arrive pas toujours à vous comprendre, je manque souvent de billes et d’habitudes de lecture… Je suis votre blog quand même, parce qu’une partie de ses arguments me contrepiètent dans ma culture politique d’origine, et m’obligent à plus de rigueur.
    Ce débat sur l’obsolescence, programmée ou mesurée, m’intéresse beaucoup.
    J’aimerai connaître votre opinion sur une idée qui y serait liée : quel seraient selon vous la faisabilité et l’impact en consommation d’un label "objet durable", comme il existe un label "commerce équitable" ?

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Cela existe : ce sont les garanties. Un fabricant qui veut vendre des produits qui durent longtemps peut le faire et gagner beaucoup d’argent en offrant des garanties aux clients. Certains ne se privent pas d’utiliser ce moyen.

  28. Analyse intéressante, mais j’ai l’impression que quand l’économiste reproche (à juste titre, enfin parfois) aux ingénieurs de vouloir faire des produits durables sans considération pour les envies des clients, ce même économiste qui ne développe que des arguments d’ordre économique fait preuve du même manque de vision !

    Oui, l’économie c’est très important, mais quand mécaniquement ça mène à des gaspillages invraisemblables (l’imprimante qui s’arrête de fonctionner parce que littéralement programmée pour, au lieu d’attendre qu’elle présente une vraie panne), et à une pollution croissante (pas chez nous, comme c’est commode), il faut prendre du recul et se demander si on n’a pas perdu le sens des réalités.

    Un collant par an, c’est peu varié ; un par quinzaine, n’est-ce pas trop ? Certaines femmes ont des placards remplis de vêtements qu’elles ne mettent plus, ils ne sont pas fichus pour autant, peuvent être donnés ou revendus, au contraire des collants qui inévitablement finissent à la poubelle trop tôt ("et merde, encore filé un collant !").

    Une imprimante tous les 2 ans, ça n’a aucun intérêt pour le consommateur : en 2 ans, la technologie des imprimantes change trop peu. Une imprimante pourrait durer 5 ou 10 ans avant qu’on ait envie de la changer (pour gagner en vitesse, ou en résolution), mais non, le constructeur a décidé pour nous. Et je rappelle que depuis environ 10 ans, les imprimantes grand public sont les plus bêtes qui soient, elles n’embarquent quasiment pas d’électronique, c’est le PC qui fait tout le boulot, donc elles sont moins rapidement obsolètes.

    Les ingénieurs font de leur mieux pour réaliser des produits suivant le cahier des charges des designers. Les designers font de leur mieux pour concevoir des produits suivant les désirs des consommateurs. Est-ce que les consommateurs aiment la variété ? Certainement, pour les bas ; pour les imprimantes, j’ai un gros doute. Est-ce qu’ils aiment le gaspillage ? Pas vraiment, mais si la décharge n’est pas chez eux, ils s’en fichent. Est-ce qu’ils devraient se sentir responsables ? Peut-être en partie.

    Oui, ce sont des questions qui sortent du champ économique, des questions éthiques, si ce n’est morales. Oui, il faut en débattre. Rien que pour ça, il faut voir ce documentaire, malgré ses défauts, parce que sa communication efficace peut amener à se poser des questions importantes, des question de sens, et pas seulement d’économie.

  29. Bonjour,

    Très intéressant billet avec beaucoup d’arguments qui sont très vrais (du plus haut que j’en puisse juger) et qui valent le détour de lire ce billet en entier pour repositionner sa compréhension du dit documentaire (que j’ai vu donc).

    Maintenant je me permets, sans être économiste, de mettre quelque bémols. Vous avez certainement raison de mettre beaucoup de bémols vous même au discours du documentaire et je vous en remercie pour cela mais à trop voir la vie en noir et blanc on peut tomber dans l’excès inverse.

    En effet ce n’est pas parce que certes il y a des entreprises qui jouent la carte de la durabilité que l’ensemble des entreprises sont contre "l’obsolescence programmée", de même on ne peut pas mettre tous les produits au même niveau.

    La grande diversité des comportements en matière de business model reflètent les comportements humains : on est tous différents. La question est y a t’il des tendances, y a t’il des façons de faire qui sont éxagérément dans un sens et si oui pourquoi ?

    Votre démonstration sur les bas par exemple ou sur les machines à laver dans le commentaire ci dessus ne tient pas tout à fait la route. Certes produire X fois le même produit pour le vendre devrait coûter plus cher mais quels efforts de marketing cela va coûter pour vendre des bas ultra-résistants à 100 eur, sachant la méfiance des consommateurs par rapport à ce type de produit ? De plus il me semble que dans l’économie il y a un principe de flux-tendu (je ne sais pas comment l’appeller) qui tend à lisser les coûts et les recettes : demandez à des entreprises "préférez vous vendre 1 produit cher qui vous a couté aussi plus cher à produire et à marketé tous les ans ou produire moins cher (gagner certes moins sur 1 vente) mais vendre plus souvent ?" (oui y compris le coût de la vente elle-même car vendre 10 fois coûte plus cher qu’une) Je suis certain que la majorité choisirons la seconde option. C’est la même chose avec les crédits, les rentes, etc…
    Regardez la grande idée de ces dernières années de "louer" tout et n’importequoi y compris les logiciels ou des SaaS (software as a service) c’est une extension du problème de la longévité. On ne résonne qu’en gain sur le court-terme et pas sur le long terme alors que souvent dans ces cas cela couterait moins cher d’investir.

    Bref je comprends que vous ayez été piqué par le reportage, et très intéressante démonstration pour rebalancer les arguments dans l’autre sens mais il n’empêche que cette obsolence programmée n’est peut être pas entièrement un mythe comme comportement de certaines entreprises. Bien sûr toutes les entreprises ne le font pas, bien sûr il y a au contraire certains entrepreneurs qui font justement le contraire mais est ce si faux que ça dans certains cas (bas, ampoules par exemple) et est ce souvent ou pas le cas ?

  30. "vous faites les produits que veulent les clients"

    En magasin, la machine à 500E et la machine à 1000E se ressemblent, et au moment de l’achat, le client n’a pas vraiment moyen de savoir si la machine plus chère va durer deux fois plus. Alors s’il a les moyens, s’il croit en la marque, il va peut-être acheter la plus chère. Sinon, la moins chère se vendra mieux, même si des années plus tard elle finira deux fois plus vite à la décharge.

    Les marchés c’est très bien quand l’acheteur a une connaissance totale de l’offre. Mais ça n’arrive pas si souvent en pratique. Et là, la communication prend le relais, et les constructeurs nous vendent du rêve, pour mieux remplir leur portefeuille, et incidemment nos poubelles.

  31. Il me semble que par votre réponse à M. Spock, vous prouvez justement que les industriels font des raisonnements qui ont à voir avec l’obsolescence programmée.
    Vous lui donnez un autre nom ("la discrimination tarifaire") mais le principe de limiter volontairement les performances d’un produit qui pourrait être supérieures sans surcoût de production, relève du même mécanisme. Dans votre exemple, il s’agissait de la rapidité de l’impression, mais pourquoi se limiteraient-ils à ce paramètre ?

  32. Je n’ai pas vu le reportage.Quelques remarques pour essayer de compléter modestement ce qui a été dit.
    – pour les diesels, c’est un peu comme pour l’exemple du fer à repasser. L’injection directe fait qu’on n’a plus du tout les même performances qu’autrefois mais on a introduit une plus grande fragilité. Ces moteurs réclament de plus des carburants irréprochables.
    – l’utilisation a pu changer aussi. Pour les machines à laver par ex elles sont beaucoup plus sollicitées qu’autrefois: on lave plus souvent le linge, on se change plus souvent qu’il y a trente ans. Si on mesure la durée de vie en années, elle chute mais il faut raisonner en nombre de cycles.
    Il faut aussi vérifier cela pour les moteurs et autres,sont -ils utilisés de la même façon qu’autrefois?

    Nous sommes actuellement submergés de reportages bidons et d’enquêtes biaisées sur le "consommer et produire autrement". Sur l’agriculture et l’alimentation c’est un vrai filon, les marchands de peur font un carton avec à la fin un salut qui viendrait du bio et du refus de nos modes de consommer et de produire actuels. Il y en a quasiment un par semaine sur l’un ou l’autre sujet. Ce qui est pathétique, c’est l’accueil fait par la presse. Des professionels de l’information devraient en principe détecter la désinformation non?

  33. > il montre que la durée de vie de 1000 heures
    > est un compromis technique

    Il y a quand même un delta entre compromis technique de 1000 heures et des prototypes d’ampoules allant bien au delà. Je veux bien croire que le reportage soit très alarmiste, mais vous avez tendance à minimiser les "compromis techniques" pour faire passer le reportage comme "pro-complotiste".

    > le documentaire nous explique que ses brillantes idées
    > n’ont jamais été appliquées, ce qui conduit à se demander
    > pourquoi diable on nous en a parlé

    Je me suis posé la même question.
    Mais après une brève interrogation, n’oublions jamais que certaines personnes ont des idées, mais d’autres peuvent les appliquer.

    Quand au passage sur sa juivité, je suis étonné, j’ai du m’endormir à ce passage, j’en ai aucun souvenir, c’est à quel timecode ?

    > l’horrible société consumériste leur semblait
    > manifestement plus attrayante que leurs propres produits.

    Vous mélangez deux choses: des produits de piêtre qualité mais "beaux" et des produits de qualité mais austères.

    Vous serez d’accord avec moi que « le singe préfère toujours la voiture rouge » (ou version 2010: l’iPad blanc)

    > Quant aux usines Est-Allemandes, elles étaient tellement
    > efficaces qu’elles ont toutes dû fermer.

    Un produit de bonne qualité est plus chère
    Un produit de mauvaise qualité est moins cher.

    Si la majorité des consommateurs se tournent vers des produits moins chères, il est normal que la chaine de production ne tourne plus.

    On voit cela en France et encore maintenant où les chaines de production se délocalisent non pas pour faire des produits "auto-destructibles" mais parce que le consommateur veut un produit le moins cher possible, quitte à rognier sur la durée de vie.

    Ceci dit, vous n’évoquez pas le fait que l’imprimante en question possède effectivement une puce de contrôle de sortie. Et encore moins comment une imprimante qui est soit-disante morte peu renaitre de ses cendres par le simple fait d’une reprogrammation CMOS …

    Pour le reste de votre article, rien à redire, il est informatif, assez parlant, évocateur et relativement pertinent.

  34. Excellente critique, et effectivement le documentaire semble étonnamment incomplet et complotiste.
    En revanche, un aspect qui n’a ni été abordé par vous, ni par les auteurs, est la question du devenir des biens une fois sortis de l’économie.

    Au delà des questions normatives (un bien durable c’est mieux, parce que), l’obsolescence pose la question des déchets et des externalités négatives qui pèsent sur l’économie.

    Finalement, même en l’absence de complot, les préférences des consommateurs poussent les entreprises à produire des biens moins durables (variétés, fonctionnalités, esthétique…) mais ces préférences ne tiennent pas compte de ces externalités.

    Je pense que cela mérite un peu d’être développé…

  35. "Le problème, c’est qu’il est plus rentable de vendre deux fois plus cher une machine qui dure 15 ans (garantie) que deux machines qui durent 7 ans moitié moins cher."
    Est ce que ça inclut l’idée qu’en vendant ma machine qui ne dure que 7 ans moins cher, je vais en vendre beaucoup plus car tout le monde ne peut pas se payer celle qui dure 15 ans ? Idem pour les collants bon marché …

  36. Une analyse très juste. Cependant un point n’a pas été éclairci : l’imprimante de l’espagnol. Comment justifier cette puce qui mémorise et limite le nombre d’impressions alors que le "tampon" n’est pas si sale ?

  37. Documentaire outrancier, qui procède par court-circuit afin d’avancer une thèse absurde reposant sur un vague ressenti tout en cognant sur une conspiration inexistante = "pose de bonnes questions".

    Commentaire critique exposant par A et B que c’est du n’importe quoi et qu’en réfléchissant deux minutes, on se rend compte que les choses sont plus complexes = "pas convaincant et biaisé"

  38. Il aurait été intéressant d’ajouter des chiffres montrant l’évolution de la durabilité ou age moyen des équipements à travers les décennies, car les arguments sont intéressants mais pas soutenus par des faits.

    Sur le danger de obsolescence programmé pour l’image des marques, n’y a t’il pas une période à partir de laquelle on pense que l’objet à assez duré et donc on ne tiendra pas grief s’il casse ? Donc la marque n’a telle pas d’intérêt à ne pas prolonger la durabilité de son appareil au delà de cette période ?

    A propos de la discrimination tarifaire il y a ce constat intéressant qu’entre deux casques audio sennheiser modèle 555 et 595, le modèle le moins cher était en fait le modèle le plus cher avec une pièce en mousse (facilement enlevable) qui dégradait le son.

    mikebeauchamp.com/misc/se…

    (avec la discussion : apps.ycombinator.com/item…

  39. J’ai beaucoup de mal a trouver plus de crédibilité dans votre article basé sur des "moi je pense que…" et de "les gens se comportent comme ca" que dans le documentaire que vous critiquez.

  40. Pour prendre deux exemples vécu pour l’un directement et l’autre indirectement qui vont dans le sens de l’existence de l’obsolescence programmée induite.
    Un membre de ma famille travail pour un sous-traitant de l’industrie automobile. Il concoit des machine qui fabriques des pièces qui valent quelques eurocents. L’industriel automobile lui ont demandé de faire moins cher. A sa remarque de la baisse de qualité que cela induirait (seul axe de gain – matière première et conception du produit ayant le même cout) il lui a été répondu que cela n’est pas grave car le reste du véhicule n’est pas conçu pour durer plus de 6-7 ans.
    L’autre exemple a été vécu par moi-même chez un industriel des équipement électriques industriels et particuliers. A ma demande pour connaitre les possibilité d’évolution du marché, l’on ma répondu que le marché ouest-européen était "mort", saturé et que l’usine était destiné à fermer pour délocalisation. La durée de vie des produits et l’absence de nouveaux débouchés a "tué" le produit.
    Mais pour réagir de façon plus globale sur l’article vous me semblez utiliser des techniques argumentatives plus discutables (applicable également à moi-même et au documentaire)comme:
    -la généralisation abusive (regardez mon exemple, alors c’est comme cela que ça se passe).
    -Le déshonneur par association (le passage discutable sur Bernard London n’empeche pas que la théorie de l’obsolescence programmée puisse être vraie).
    Vous ne me semblez argumenter pas beaucoup mieux que le documentaire au final.

  41. Vous partez du principe qu’un documentaire devrait être uniquement informatif. C’est faux. Je ne vois pas pourquoi un documentaire ne défendrait pas un point de vue. Et les téléspectateurs ne sont pas des enfants… Ils ont aussi un esprit critique.
    Par ailleurs vous n’évoquez pas le cas de la puce dans l’imprimante qui limite le nombre d’impression est qui constitue un vrai cas d’obsolescence programmée. On peut aussi appeler cela du vol…

  42. Le documentaire est évidemment manichéen, mais c’est bien le minimum nécessaire pour faire passer un semblant de message.
    Tout notre système est bâti pour faire consommer.
    J’en suis la victime et l’acteur conscients.
    La plupart des produits sont conçus pour durer le temps de leur garantie. Les autres se heurtent à l’obsolescence inhérent au progrès technique (électronique notamment). Les entreprises électroménager emploient des techniciens et des bancs de test pour limiter la durée de vie de pièces critiques.
    Le documentaire est probablement incomplet, baisé, puéril…
    Mais il met le doigt précisément sur une dérive de nos modes de vies.
    Quant à la morale du reportage que vous dénoncez, c’est sa première qualité.

  43. @Alexandre : En fait, votre réponse a été telle que je la craignais : empreinte du biais qui consiste à penser que parce qu’on a mis un nom sur quelque chose, on l’a justifié. Veuillez m’excuser de cette comparaison peu flatteuse mais vous me faites penser à ces médecins de Molière qui donnaient des noms pompeux aux maladies sans pour autant savoir les soigner.

    A trop analyser sur ce blog le monde sous un angle exclusivement économique, vous semblez en oublier que l’économie n’est qu’une des fenêtres qui permettent de regarder la réalité. En particulier, et même si le reportage a des défauts, le terme de morale sonne presque comme disqualifiant de fait, une sorte de gros mot.

    Or, je partage l’opinion de pas mal de commentateurs ici : je ne peux m’empêcher d’être choqué par le gaspillage de ressources lié à ces discriminations tarifaires.
    Même si dans mon cas, j’ai pu être gagnant (après tout, j’ai payé le prix d’une pompe bas de gamme et obtient le niveau de fiabilité d’une pompe plus chère pour le prix d’un tube d’epoxy), mon esprit d’ingénieur ruineux n’accepte pas l’idée d’un design dont on voit au premier coup d’œil qu’il est conçu pour ne pas durer.
    Il est vrai que je travaille dans l’aéronautique et que je suis à mille lieues de ces problèmes d’obsolescence programmée (l’obsolescence étant pour nous un authentique problème).

    Alors je suis probablement aveuglé par ma propre grille de lecture mais je m’accorde le bénéfice de ne pas m’abriter derrière un simple vocable comme la fameuse ‘discrimination tarifaire’ pour justifier quelque chose qui ne me convient pas d’un point de vue éthique. L’économie se porterait-elle vraiment plus mal si les pompes de piscines d’entrée de gamme coutaient 70€ de plus et n’avaient pas à être changées tous les 2 ans ? (Promis maintenant, j’arrête avec mon obsession des pompes…)

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Le vocable recouvre un sens et une analyse, et sert donc de résumé pour quelque chose qui tient difficilement dans un commentaire de commentaire. Pour en savoir plus cherchez « discrimination tarifaire » sur ce blog, ou lisez le chapitre qui y est consacré dans notre premier bouquin. Si la question est « est-il préférable qu’il y ait des produits différents, à des prix différents, pour des usages presque identiques » la réponse est oui, c’est mieux.

  44. Merci aux commentateurs de regarder le documentaire avant de juger ce billet.

    Ce billet ne mentionne pas (comme par hasard) l’exemple des imprimantes qui sont programmées pour ne pas durer. C’est de l’obsolescence programmée… et c’est pas un mythe.. pas du tout.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Commenter, c’est bien. Lire ce qu’on commente, c’est mieux.

  45. Cher Alexandre

    J’apprécie particulièrement dans vos billets votre liberté de ton. Toutefois, en opposition avec une vue déjà en rupture, on risque de retomber dans les conventions:

    Un documentaire n’est pas une décision de justice, rien ne lui impose d’être impartial et objectif. Bien au contraire, on attends de lui un point de vue, un éclairage sur un sujet. Surtout quand il rompt avec la vision traditionnelle.

    Ensuite l’obsolescence programmée est un fait qu’il est dommage de négliger. Je le tiens de la source sûre d’amis élèves ingénieurs.Concevoir des pièces pour qu’elles rompent peu après la garantie fait partie intégrante des enseignements de mécanique de certaines grandes écoles.

    Sur le plan de la logique économique l’exemple des collants est très parlant.Perçu comme périssables il est très difficile pour une consommatrice d’envisager y investir 100e quand bien même elle y trouverais in fine son interet économique. pour reprendre quelques points déjà évoqués:

    du point de vue de l’acheteur:
    1: il y a un trop grand aléas moral à investir cette somme dans une paire si la qualité n’est pas au rendez vous
    2: Grand risque a les filer quand même par une action mécanique ( chute en velo..)
    3: On a alors plus de choix, et est condamné a porter toute l’année la même paire
    4: il faut investir avec les problèmes classiques de liquidité;e.g. on a prévu 40e pour ses courses hebdomadaires.

    Du point de vue du producteur
    En symétrique, il y a une difficulté à vendre son produit, face a des produits moins chers, toujours instantanément monétairement accessibles.
    L’existence du marketing me semble être la preuve que les achats ne se feront pas selon un raisonnement économique rationnel.

    Pour un exemple plus concret, n’étant pas un grand expert en matière de collants, je prendrai celui des chaussures habillés hommes:
    Le fait est que l’on trouve des paires a 80e, qui tiennent mal le pied, et ne tiennent pas 6 mois, et d’autres pour 150e de grande marque, qui tiennent 3 à 4 ans, avec un excellent confort, et une différence esthétique visible.
    Personne n’a économiquement intérêt a acheter les première et la différence de prix n’est pas gigantesque. Pourtant les bata andré, et autres halles omniprésentes dans les centres-villes en font leurs fortunes.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Vous ne faites qu’indiquer que les produits de moindre qualité et moindre prix rendent un service à une certaine catégorie de consommateurs, ceux qui ont une trésorerie trop tendue pour pouvoir réaliser des dépenses importantes en une fois.

  46. J’ai regardé ce reportage 2 fois.

    Bien au delà du scenario de théorie du complot que vous dépeignez avec acidité dans votre article, ou du débat sur la durée de vie réelle de nos biens, je trouve qu’il y a certains aspects dans ce documentaire qu’on ne peut que saluer.

    En premier lieu, ce travail met le doigt sur le consumérisme à outrance, et ce quelque soit la façon dont c’est orchestré. Il est évident que la RDA et les ampoules des années 20 sont hors-propos, que l’obsolescence n’est pas volontairement "programmée". La vérité est qu’elle est "incitée", et les effets sont au final les mêmes. Ce sont ces effets, ce consumérisme à outrance, qui sont graves et qui méritent d’être signalés.
    Quand on voit des comportements comme ça : bit.ly/exbyV3 ou ça : bit.ly/gA8Lya , on ne peut que se dire que l’humanité a de sérieux problèmes…

    Donc ça ne me dérange pas que les faits soient édulcorés avec des complots et autres mises en scènes spectaculaires. L’objectif du fond d’un tel reportage est de bousculer le spectateur, et s’il faut passer par les même artifices que les publicitaires, je suis pour.
    Il y a bien des affirmations que vous ne pourrez pas nier. J’ai en particulier relevé deux idées qui mettent le doigt sur le véritable problème :
    – "La croissance infinie est incompatible avec des ressources finies";
    – "Finalement, pour se sortir de là, l’homme devrait accepter de s’ennuyer".

    Arte a bien réussi son coup puisque la critique et l’audience étaient au rendez vous. Même si c’est un tissu de mensonge, si quelques-un se poseront désormais les questions "d’où ça vient" et "où ça finira" avant d’acheter une machine à laver, alors la mission sera remplie.

    (PS : La verdana 10px pour le corps de texte c’est complètement illisible, changez la fonte de votre blog.)

  47. J’ai vu ce documentaire quelques jours après sa diffusion. Etant économiste, ça sentait le roussi. Le regarder a malheureusement confirmé cette appréhension au delà de mes espérances: Une pointe d’ostalgie, un soupcon de théorie du complot, un petite vitrine gratuite pour le descendant Phillips et sa nouvelle ampoule en passant et l’inévitable décroissance. La lecture de cette note m’a un peu ragaillardi. Quelques points à rajouter:
    -Sur les marchés de bien durables, les incitations à améliorer la durée de vie des produits sont directement reliées aux nombres d’acteurs du marché. Dans un cas de monopole ou d’oligopole, l’autoconcurrence pousse les industriels à la limiter. Le degré de concurrence est une clé essentielle pour comprendre ce phénomène, et c’est la principale conclusion que j’aurai eu sur le cartel Phoebius (barro 1972, levahri srinivasan 1969)
    -sur l’empirique de lien, voir cette étude des déterminants de la longévité accrue des voitures américaines. Pour ce cas, l’effet de la concurrence est plus à attribuer à un meilleur SAV qu’à de meilleurs produits. ideas.repec.org/p/rff/dpa… . Ca pourrait intéresser Verel

    A quand un documentaire sur des sujets économiques qui effectue des analyses pertinentes sans tomber sur des théories fumeuses bien à la mode? Si vous avez des références, en français ou en anglais, faites m’en part…

  48. C’est bien de lire une voix qui se distingue du discours de ce doc, mais je pense que vous êtes passé à coté du terme important employé ici : "programmé"…ce n’est pas tant de voir que des produits tels qu’ils soient puissent s’abîmer et se détériorer qui gêne…c’est plus de savoir que c’est programmé. Les produits de mémé s’usaient aussi mais c’était pas programmé. C’est marrant de voir que finalement il existe 2 religions : les complotistes et les anti-complotistes (dont vous faites parti)…au milieu de tout ça il y a peut être des gens qui voient des tendances, des dysfonctionnement, des manipulations sans parler de complot. mais bon il parait que nous sommes dans un pays laïque et qu’il faut respecter les religions de chacun…
    Ce qui me gêne le plus chez vous finalement c’est votre mépris pour ceux qui ne pensent pas comme vous, qui ne sont pas comme vous. Je trouve votre passage sur les africains extrêmement violent :
    "Le documentaire se garde bien de demander à ces gens qui passent leurs journées à farfouiller dans des ordures quelle existence ils préféreraient : la réponse n’aurait pas cadré avec le ton général." Je traduis :" Ces africains sont tellement pauvres et suicidaires qu’ils sont bien contents de prendre une petite pièce pour nous débarrasser de nos poubelles qui puent et qui tuent !" Croyez vous franchement qu’ils aient réellement tous le choix de leur existence?
    Enfin pour pas faire trop long lorsque vous dites :"Nous aimons la variété et la nouveauté. Consommer n’est pas seulement satisfaire un besoin utilitaire; c’est aussi une source de satisfaction, de démonstration de diverses qualités personnelles à notre entourage", au risque de passer pour un gaucho qui vous donne des boutons, c’est bien ce consumérisme effréné qui est montrez du doigt, qui a été installé, planifié, marketé… ce n’est pas une attitude intrasèque à l’être humain que de vouloir tout changer tout le temps…c’est un besoin que l’on s’est crée et dont on doit je pense, débattre….
    Hmm la décroissance ça fait peur!
    Se remettre en cause, prendre ses responsabilités, faire attention, moins pollué c’est chiant…Mais c’est ça aussi être un homme!

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Vous lisez mal. Le documentaire nous vante la sagesse économe des africains : je me contente de constater qu’ils économisent ce qui est cher pour eux, et gaspillent ce qui ne coûte pas cher (le travail). Et que s’ils avaient le choix, ils préféreraient certainement vivre comme nous. Et sur le besoin de variété et de nouveauté, vous devriez travailler un peu l’archéologie et l’histoire.

  49. Cher Monsieur,

    Vous dites en gros un quart de trucs pas trop cons et 3/4 de trucs assez idiots à mon sens.

    Déjà vous partez soudain dans un délire d’accusation antisémite.

    Sinon, vous prenez des bouts du docu pour le déboiter sans grand discernement et en occultant à dessein certaines parties qui nuancaient le propos. C’est assez dommage car vous perdez ainsi toute crédibilité.

    Et au final vous nous expliquez tout simplement que le fonctionnement actuel de notre économie ne permet pas à une entreprise de fabriquer des bien de consommation qui durent dans le temps tout en faisant du profit.

    Mais vous ne prenez pas vraiment la peine de vous interroger sur la pertinence d’un tel système.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Ha. Il me semblait pourtant avoir répété plusieurs fois exactement l’inverse : qu’il est plus rentable de vendre un seul produit durable et cher que deux fragiles et pas chers.

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