Alexandre Delaigue

Cinq petits cochons

Ce n’est plus seulement le titre d’un roman d’Agatha Christie, c’est désormais la plus dangereuse crise de l’union européenne depuis le passage à l’euro (et depuis en fait 1992). Les pays européens qualifiés élégamment de PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne) font l’objet depuis une semaine d’attaques spéculatives, marquées par des baisses sur les marchés boursiers nationaux, mais surtout, des tensions sur les marchés obligataires, et une montée du cours des credit default swaps (CDS) sur les obligations publiques. Le principal pays en ligne de mire est actuellement la Grèce qui concentre toutes les inquiétudes, mais d’autres pays sont sous pression : les autres PIIGS, mais aussi la Belgique ou L’Autriche.

Pourquoi la Grèce, pourquoi maintenant? Après tout la situation grecque n’est pas particulièrement nouvelle. Cela fait plus de 10 ans que le gouvernement grec est très endetté, que les comptes publics nationaux sont truqués. La situation est même aujourd’hui plutôt meilleure de ce point de vue, avec un gouvernement qui semble décidé à mettre un peu d’ordre dans les finances publiques et un déficit public prévisionnel loin d’être effarant dans les standards des pays développés pour l’année 2010.

Certes, le gouvernement grec va devoir, pour refinancer sa dette actuelle, emprunter 50 milliards d’euros cette année, ce qui ne sera pas simple dans le contexte actuel. Certes aussi, la dette grecque a été dégradée, et n’a plus la note suffisante pour être acceptée en temps normal par la BCE comme collateral; cette règle a été levée jusque fin 2010, ce qui a permis jusqu’ici aux banques détentrices de dette publique grecque d’être en pratique financées par la BCE; il est prévisible que lorsque cette facilité s’arrêtera, les taux de la dette grecque vont remonter, et selon le mécanisme financier habituel, les taux montent dès maintenant par anticipation. Mais tout cela était vrai et connu il y a un mois, lorsque le CDS de la dette grecque valait deux fois moins qu’aujourd’hui.

En tout état de cause, il s’agit d’un phénomène auto-entretenu : l’inquiétude sur la Grèce fait grimper les taux d’intérêt payés par le gouvernement grec, qui pourrait dès lors se retrouver en défaut de paiement sous l’effet de l’inquiétude sur un éventuel défaut de paiement. Il n’est pas inutile de le retenir : si la Grèce fait défaut, ce n’est pas à cause de ses finances publiques, mais à cause des mouvements de marchés entraînés par cette inquiétude. On ne manque pas de commentateurs pour nous expliquer, comme toujours dans ces cas-là, que les marchés ne font qu’apporter la juste punition des excès du passé. La théorie de la punition divine a toujours son petit succès dans nos sociétés pas si laiques que cela.

Pour expliquer ce qui se passe aujourd’hui, nous avons alors deux théories du complot. La première a été décrite par J. Quatremer : une grande banque d’affaires et deux hedge funds gros détenteurs de CDS grecs sont à l’origine de l’attaque sur la Grèce. L’opération consiste à acheter du CDS et à vendre en même temps la dette sous-jacente. Si cela fonctionne, la baisse du cours des obligations fait monter leur taux, obligeant l’état grec à s’endetter à un taux plus élevé, élevant donc son risque de défaut, ce qui fait monter le CDS. Résultat, un gain sur le CDS et la possibilité plus tard de prêter de l’argent au gouvernement grec à des conditions léonines. (au passage, on découvre dans l’article que Michel Barnier, qui paraît-il va être chargé de la réglementation des marchés, est un chouia fâché avec les chiffres : l’encours notionnel de CDS à 600 000 milliards de dollars??? c’est plus de 10 fois moins…)

La seconde théorie, décrite par C. Wyplosz, est plus vicieuse encore. Il fait remarquer que le risque de défaut grec est déjà, depuis longtemps, inscrit dans les taux payés par ce gouvernement. Risque plus élevé, rendement plus élevé, rien que de très normal. Mais en plaçant le gouvernement grec en difficultés, on met la pression sur les autres gouvernements européens pour un sauvetage; si cela se produisait, les investisseurs auraient donc la satisfaction d’avoir touché la prime de risque grecque, sans subir le moindre risque, puisque les gouvernements européens prendraient un éventuel défaut en charge. Il n’est pas étonnant de voir les autres pays européens en difficulté préconiser un sauvetage : on leur a assez répété qu’ils étaient les prochains sur la liste. La France et l’Allemagne, dans cette histoire, seront finalement obligés d’accepter un sauvetage grec. Des rumeurs indiquent que plusieurs grandes banques françaises et allemandes, qui n’ont pas encore totalement pris en compte les pertes liées aux subprimes, détiennent une grande quantité de dette grecque. Les allemands sont contre les plans de sauvetage, sauf lorsqu’il s’agit des banques ou des entreprises automobiles allemandes, pour lesquelles ils sont prêts à la plus grande mansuétude.

Mais peut-être qu’il n’est même pas besoin d’aller chercher ce genre de théories pour expliquer la situation actuelle. Que l’humeur des marchés conduise à des fluctuations déraisonnables au regard des fondamentaux, ce n’est pas une découverte. L’idée qu’il s’agit d’une attaque concertée contre la zone euro n’est pas validée par l’évolution des flux de capitaux; Il faut toujours se méfier de la tendance des commentateurs à raconter une histoire pour expliquer des fluctuations aléatoires.

Il est surtout assez normal que les marchés obligataires soient inquiets étant donné le flou invraisemblable des réactions européennes. Celles-ci se limitent pour l’instant à demander à la Grèce de mettre de l’ordre dans ses finances publiques, sous peine d’une amende. Comme si la perspective de devoir payer 200 points de base de plus sur la dette future n’était pas déjà une incitation suffisante pour les grecs. On ne manque pas de mécanismes pour préciser par le menu ce qui se passe lorsqu’un pays ne respecte pas les règles de l’euro (et pour ne pas le respecter); mais il n’existe strictement aucune procédure pour faire face aux difficultés d’un pays membre. Les européens n’ont rien appris depuis 1992, et semblent parfaitement incapables d’avoir une position commune sur le problème. On attend une intervention du FMI, qui prouverait de manière définitive que la zone euro n’existe pas. On se prépare à discuter pour la énième fois de l’inutile stratégie de Lisbonne la semaine prochaine.

Et en attendant, faute de savoir ce qui va se produire, l’inquiétude des marchés devient contagieuse. restez connectés, les prochains jours vont probablement être intéressants. Vous pensiez que la crise financière était terminée? Si la Grèce est le Lehman Brothers des européens, l’année dernière n’aura été qu’un avant-goût.

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Alexandre Delaigue

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47 réflexions au sujet de « Cinq petits cochons »

  1. Lundi 8 février 2010 :

    La Bourse de Tokyo a achevé la séance de lundi en baisse de – 1,05 %, l’indice Nikkei terminant sous le seuil des 10.000 points pour la première fois en deux mois, toujours minée par les craintes concernant les dettes de plusieurs pays européens.

    http://www.boursorama.com/infos/...

    La France et la zone euro vont maintenant vivre des semaines historiques.

    La zone euro va éclater.

  2. Encore un article super clair, merci. Ce qui serait top, si je pouvais passer commande, ce serait un article similaire sur le "renminbi pour les nuls" car le sujet occupe les gros titres de quelques journaux depuis Davos. Mais bon, je veux pas abuser hein, déjà que votre site (et votre livre) m’a fait découvrir que l’économie pouvait être passionante.

  3. ok pour la punition divine, mais à ce moment là, qu’elle s’abatte aussi sur les agences de notation qui ont bien leur part de responsabilité dans la crise et de fait, dans l’agravement de la dette des états

  4. bon papier,
    oui ce qui frappe c’est le désarroi généralisé. Les déclarations portugaises ou grecques sur des attaques spéculatives de hedges funds me font étrangement penser aux déclarations du chef d’état indonésien (je crois) en 97 lors de la crise asiatique… Ce qui ne présage rien de bon. De même on commence à entendre comme pour Lehman, qu’on devrait laisser tomber la Grèce pour eviter le hasard moral. (on a vu le résultat)
    Le problème est qu’ une aide du FMI serait une humiliation pour l’Europe, et une aide de L’Europe (et les réformes drastiques imposées en échanges) seraient une humiliation pour les grecs, qui sont une joyeuses bande d’anarchiste, comme chacun sait, et qui mettraient sans doute le feu à autre chose que des voitures.
    Le plus probable est qu’on donne des aides sans contreparties (specialité française) et que les grecs continuent à bidouiller leur compte en faisant un effort minimum. Si lIrlande et l’Espagne repartent, ce sera vite oublié, parce que la Grèce,en soi, tout le monde s’en fout, sauf les grecs…
    Au moins avec la chute de l’euro, les politique français ne pourront plus se plaindre des déséquilibres de taux changes pour expliquer nos minables exportations (c’est marrant les allemands ça les gêne pas). Qu’on se rassure, il leur restera toujours les charges sociales…

  5. 600.000 milliards de dollars: le chiffre évoqué par Barnier est celui de l’encours notionnel des dérivés non standardisés échangés de gré gré, pas des CDS. Sa source est la BRI. L’erreur n’est pas de Barnier.
    Pour 2009, la même source, citée dans une communication de la Commission sur les marchés de dérivés datant de juillet 2009, estimait à 42.000 milliards de dollars le segment des CDS.

  6. bravo pour ce retour gagnant !
    mais j’avoue être un peu déçu, j’attendais un post passionné de Stéphane sur les programmes de SES en seconde :)

  7. Belle conclusion et bonne théorie excusée. De la perfection, certainement…

  8. Bonjour à tous,

    Les journaux se contentant de dire qu’il s’agit d’une attaque spéculative visant l’euro, quelqu’un pourrait-il nous expliquer concrètement (ou nous fournir un lien) en quoi consiste une attaque spéculative ? Quand les spéculateurs décident-ils d’attaquer une monnaie ? Concrètement, que fait-on dans une salle des marchés lorsqu’on décide d’attaquer une monnaie ?

    Je vous remercie.

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Il est discutable de dire qu’il s’agit d’une « attaque spéculative visant l’euro ». La baisse de l’euro n’est qu’une conséquence et les risques d’éclatement de la zone euro ne concernent pas tellement le cas grec. Sinon la technique concrètement consiste à vendre la devise à terme en grandes quantités, en espérant que cela produira une baisse générale au comptant. Par exemple, vous vendez aujourd’hui de l’euro dans un mois, au prix de 1.2; si d’ici un mois ca baisse, vous achetez au comptant et vous réalisez un bénéfice.

  9. Bonsoir.

    Ma question concerne la justification "économique" à douter de la capacité de la Grèce à rembourser en comparaison d’autres Etats.

    Si j’ai bien compris, la différence avec le Japon (dette publique plus élevée) et dans une moindre mesure les USA (déficit) est que ces Etats empruntent majoritairement dans une monnaie dont ils contrôlent l’émetteur (banque centrale), ce qui fait qu’ils ont un pouvoir trop élevé sur les investisseurs pour que ceux-ci puissent se permettre de parier sur leur défaut.

    En revanche, Jean Quatremer sur son blog, signale ue "le CDS grec est à 428 points de bases, un niveau sans précédent, alors que celui du Liban n’est qu’à 255, celui de l’Égypte, à 263 ou celui du Maroc à 113" : ceci peut-il recevoir une justification économique quelconque ?

    Ces Etats ont-ils des ratios de dette/déficit publics plus raisonnables que la Grèce (malgré leurs risques politiques sans doute plus élevés) ?

    Ou bien la différence est-elle justement que les marchés pensent que l’Europe courrait de toute façon au secours de la Grèce, ce qui assurerait une rentabilité quelconque à leur spéculation actuelle ?

    Ou encore, mais là je sens que je phosphore, les marchés pensent-ils que justement, la Grèce se pensant à l’abri de l’Europe, elle serait moins "vertueuse" que l’Egypte ou le Maroc et donc plus encline à se "laisser aller" à l’avenir ?

    Y aurait-il une justification économique quelconque à ces taux de CDS bien plus élevés pour la Grèce que pour l’Egypte ou le Maroc ?

  10. je ne sais pas d’ou vous sortez la strategie "acheter des CDS et vendre de la dette".

    je ne pense pas que beaucoup de gens fassent ca!
    (1) vendre de la dette grecque => ca doit etre couteux de shorter un titre relativement rare comme ca.
    (2) pourquoi jouer les 2: l’avantage des CDS c qu’ils sont liquides. je pense que la plupart des intervenants ne font qu’acheter des CDS.

    apres, CDS = spread est un (quasi) arbitrage, donc ca en decoule.

    quand a "preter de l’argent ensuite a des conditions leonines", c’est caricatural. la grece vend sa dette a qui elle veut, elle n’est pas l’otange de 2-3 banques.

  11. Est-ce que l’euro et l’UEM ne pourrait pas être le seul recours contre une crise de liquidités de l’Etat grec ? La BCE pourrait alors se porter garante par prise en pension des obligations grecques, le temps suffisant pour que la Grèce trouve une solution. Bien sûr, en faisant l’hypothèse que face à une crise financière majeure touchant un membre de l’UEM le cadre institutionnel et réglementaire "implose" et que la BCE puisse re-financer directement les Etats…

    Réponse de Alexandre Delaigue
    La BCE le fait déjà, le problème c’est que c’est sensé s’arrêter d’ici la fin de l’année.

  12. Un bon indicateur de ce qui va se passer en Europe et aux Etats-Unis : même Alan Greenspan a vu les problèmes actuels (c’est vous dire). L’Europe et les Etats-Unis vont devoir affronter la deuxième vague de la crise.

    Mardi 9 février 2010 :

    Marchés : Alan Greenspan "très inquiet" de la rechute de Wall Street.

    La correction boursière pourrait menacer la reprise économique aux Etats-Unis. C’est en substance le message qu’a délivré lundi 8 février Alan Greenspan. L’ex-président de la Réserve Fédérale américaine a affirmé qu’il serait "très inquiet" si la chute de Wall Street se poursuivait car les marchés financiers ont un effet important sur l’ensemble de l’économie.

    Depuis son sommet annuel du 19 janvier dernier, le Dow Jones a reperdu plus de 8 %, repassant hier en clôture en-dessous du seuil psychologique des 10 000 points (- 1,04 %, à 9 908 points). Après dix mois de reprise boursière, les investisseurs ont été assaillis ces dernières semaines par la montée des risques : projet de règlementation bancaire américaine, restriction du crédit en Chine, et depuis deux semaines, craintes sur les dettes de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne, …

    Pour Alan Greenspan, invité de la chaîne NBC, la chute des marchés est "plus qu’un signal d’alerte. Il est important de se souvenir que le prix des actions ne sont pas que des profits virtuels. Ils ont un impact profond sur l’activité économique."

    Il a aussi estimé qu’il était "très difficile de savoir si le chômage allait commencer à baisser rapidement", ajoutant que la reprise économique serait "lente et laborieuse".

    http://www.boursier.com/vals/ALL...

  13. Alors, vous n’aimez plus la dette ?!
    Mais la censure, toujours autant ;)

    Réponse de Alexandre Delaigue
    Je n’aime pas qu’on me chie dans les bottes, tout spécialement sans arguments. Vous voulez discuter? Commencez pas trouver le ton.

  14. A duong :

    Dette marocaine à mai 2009 :
    – Encours : 32 Mds EUR
    – en % du PIB : 44%
    – Notation : BBB-/stable (Fitch), BB+/stable (Standard & Poor’s), Ba1/stable (Moody’s)

    Dette grecque à fin 2009:
    – encours : 272,3 Mds EUR
    – en % du PIB : 113,4%

  15. Jean Quatremer est generalement très fiable, mais il semble avoir oublié l’aphorisme de Churchill qui disait si je ne m’abuse:
    "Pourquoi penser au complot lorsque l’incompétence est bien plus probable".

    En fait il ne veut pas nommer le "giant squid" qui me semble avoir le dos bien large pour qu’on l’accuse de toutes les manipulations possibles alors que me semble t il il aurait beaucoup a perdre.

    JQ est un fédéraliste rêveur qui ne voit pas que nous avons laisser entrer dans le "Club" des gens qui n’auraient jamais du en faire partie et que c’est la cause principal du probleme de la zone Euro.
    De plus l’Allemagne et les Pays Bas, sont des mercantilistes effrénés qui se serrent la ceinture et vivent des dépenses des autres Européens, y.c. des Grecs et c’est donc a eux de régler ce truc – le motto devrait être, si vous ne dépensez pas, vous devez contribuer aux dépenses des autres.
    Ma solidarité de contribuable Français ne s’étend pas a payer pour les contribuables Grecs la mienne sera déjà suffisamment salée.

  16. Merci à Po pour sa réponse concernant la dette marocaine.

    Ceci dit, la note de cette dette n’est pas bien meilleure que celle de la Grèce. Et un article récent du Monde cite le cas de la Roumanie, dont le CDS est bien plus faible, alors qu’elle cumule les inconvénients. Et le même article cite bon nombre d’économistes qui trouvent les CDS grecs "irrationnels".

    J’avoue que je suis particulièrement séduit par la théorie de Wyplosz.

    Et très intéressé par la comparaison des deux articles du Financial Times : celui de Wyplosz et celui de Münschau (cité à la fin de l’article du blog). Notamment car ils se présentent quasiment comme l’antithèse l’un de l’autre, et que l’article de Münschau me semble reprendre quasiment le pari que Wyplosz évoque.

    Tout ce que veulent les marchés selon Wyplosz est un sauvetage européen. Et c’est exactement ce que prône l’article de Münschau, ainsi que, semble t-il l’idée de monsieur Delaigue. Et c’est aussi une idée qui semble très en vogue sur le thème "l’Europe doit montrer qu’elle est unie, puissante et efficace".

    Mais si j’ai bien compris ce que dit Wyplosz à la fin de son article, c’est que si l’Europe agit ainsi, les marchés pourront attaquer n’importe quel autre pays en attendant la même réponse : un renflouement qui les ferait gagner à tous les coups !

    Il me semble donc que Münschau et Wyplosz arrivent à des conditions radicalement différentes. Et avec un analyse des causes aussi très différente. Réelles difficultés grecques et "panique" des investisseurs pour Münschau (et Delaigue). Calcul élaboré présumé gagnant pour Wyplosz.

    Au passage ressortir le mot "théorie du complot" à tous les coups me semble un peu facile : un "calcul" financier généralisé, et sûrement mené par certains leaders comme l’exprime Quatremer, n’est pas un "complot", c’est la logique même d’un investisseur intelligent et rationnel qui veut simplement gagner de l’argent et non pas détruire des Etats selon une logique "complotiste-militaire" qui sous-tend le côté péjoratif de la notion de "complot".

    J’avoue que l’argumentation de Wyplosz me convainc assez.

    Et que je me demande si la solution qui va sans doute être unanimement prônée par ceux qui veulent montrer des gages d’"Europe puissante et efficace" n’enverrait pas un mauvais signal au marché du style "recommencez : vous gagnerez à tous les coups".

    PS : notez que ma position n’a rien à voir avec un "ne sauvons pas les Grecs : moi contribuable français ou allemand, je tiens à mes sous", elle serait plutôt en lien avec l’analyse du comportement des acteurs de marché qui est celle de Wyplosz.

  17. Nouvelle escalade dans la crise grecque.

    Les risques attachés aux dettes grecque, espagnole, portugaise et irlandaise ont battu des records ce lundi 8 février. A l’origine de ce nouveau regain de panique, les capitaux privés qui fuient la Grèce.

    La dette grecque n’a jamais été aussi dangereuse, à en croire les marchés. Le risque attaché aux obligations d’Etat a atteint un record, selon l’indice Markit basé sur les CDS (Credit default swaps, instrument permettant de spéculer contre le risque de défaut d’un Etat). Il a atteint les 430 points, contre 387 vendredi.

    Effet de contagion oblige, l’indice a aussi percé des plafonds pour le Portugal (242 contre 227), l’Irlande (175 contre 165) et l’Espagne (173 contre 166).

    A l’origine du regain de tension, une information parue ce lundi dans le quotidien grec Avriani. Les banques grecques feraient face à une fuite massive de capitaux vers la Suisse et Chypre se montant à 10 milliards d’euros, selon le journal.

    Les riches particuliers craignent les nouvelles mesures fiscales du gouvernement visant à combler les déficits publics via des hausses d’impôts. En réaction, les banques grecques ont lourdement chuté de 8 % ce lundi à la Bourse d’Athènes.

    Le système bancaire grec n’avait pas besoin de cette nouvelle.

    «Contre l’avis de la Banque centrale européenne, le gouvernement est en train de prendre des mesures afin de protéger les ménages contre les saisies», rappelle Ciaran O’Hagan, stratégiste chez Société Générale. «Du coup, les banques grecques arrêtent de prêter. Et comme elles ont moins de dépôt avec la fuite des capitaux, une injection de capital de la part de l’Etat n’est pas à exclure à terme.»

    Alors que l’Etat grec se bat pour résorber ses déficits, cette perspective assombrit encore davantage la situation.

    http://www.lefigaro.fr/conjonctu...

  18. Cette pression sur la Grèce menace certes le refinancement d’une partie de ses encours. Mais à plus court terme encore, il y a un risque réel de contagion venant de l’intérieur même du pays où la presse grecque évoque des fuites de capitaux importantes (http://www.guardian.co.uk/world/...

    Si (je dis bien SI) c’est effectivement le cas, on pourrait voir une conclusion extrêmement violente à cette épisode avec des métastases rapide via un système bancaire européen assez fragile.

    Peut-on vraiment s’offrir une deuxième panique ? Le flou des déclarations européennes fait peur. Mais peut-il en être autrement lorsque l’on considère que pour les allemands, il semble politiquement très difficile d’annoncer un sauvetage.

  19. Mardi 9 février 2010 :

    Ewald Nowtotny, l’un des membres du Conseil des gouverneurs de la BCE, a expliqué que le mandat de la BCE l’empêchait d’intervenir pour aider la Grèce ou tout autre Etat membre.

    "La BCE a un mandat clair. Nous avons une clause de non-renflouement claire", a-t-il déclaré lors d’un entretien au site FT Alphaville, qui dépend du Financial Times.

    http://www.boursorama.com/infos/...

  20. @Anonymecon :
    "quand a "preter de l’argent ensuite a des conditions leonines", c’est caricatural. la grece vend sa dette a qui elle veut, elle n’est pas l’otange de 2-3 banques"

    Mouais enfin encore faut-il qu’il y ait des gens pour l’acheter, sa dette… Il y a des chances que les prêteurs échaudés par l’épisode actuel se raréfient et mettent la Grèce dans une situation où elle devra accepter les conditions de ceux qui voudront bien s’y risquer. 2-3 banques, sans doute pas, mais il n’empêche qu’il risque d’y avoir un pouvoir de marché non négligeable en faveur des prêteurs.

  21. Je n’arrive décidément pas à comprendre ce qui pousse les investisseurs à prendre en considération les avis des agences de notations qui n’ont rien vu venir des subprimes et qui envisagent (cf. http://www.lesechos.fr/info/inte... ) de dégrader la notation des USA (qui ne peuvent, encore aujourd’hui me semble-t-il, qu’être la référence vis-à-vis des autres emprunteurs).

    Bref, il y a vraiment quelque chose de pourri dans le monde de la finance, qui n’hésite pas à faire appel aux gouvernements pour lui sauver la mise, mais qui le plus tôt possible leur mets la pression pour spéculer…

    Combien de temps cette situation va-t-elle perdurer avant que les peuples se décident enfin à redonner un sens à la Politique qui n’a fait depuis trente ans qu’observer le monde économique et financier comme un élément immuable ?

  22. le pt de vue de wyplosz est quasiment auto-contradictoire. il commence par dire que la grece va bien, et finit par mettre en garde l’allemagne et la france de ne pas bail out sous peine d’avoir a expliquer a leurs opinions ces depenses.
    evidemment si la grece va bien, elle nous remboursera.
    bref tout cela n’est pas tres serieux.
    les attaques ds le monde et autres contre "la speculation" sont bien ridicules. allez preter a la grece si vous pensez que c rentable!

  23. (2è post : 1er perdu?)

    "si la Grèce fait défaut, ce n’est pas à cause de ses finances publiques, mais à cause des mouvements de marchés entraînés par cette inquiétude."

    Le risque de défaut de la Grèce serait un artifice créé par les marchés et auto-entretenu selon le vieux principe du concours de beauté keynésien ? Mmmmh… La Grèce a un track record de défaut souverain au XXème siècle (cf. This time is different). Il existe un risque non nul qu’elle décide de sortir de l’euro pour effacer sa dette par l’inflation. Etc. etc.

    "Les européens n’ont rien appris depuis 1992, et semblent parfaitement incapables d’avoir une position commune sur le problème."

    Mais si ! Il y a une position commune, justement, qui est : si la Grèce fait défaut, on ne fait PAS de plan de sauvetage. Les créanciers qui ont prêté imprudemment laisseront des plumes, alors qu’en cas de plan de sauvetage, les citoyens européens qui n’y sont pour rien paieront les magouilles passées des gouvernements grecs. Cette position européenne existe et me va très bien. Le problème est surtout qu’elle n’est pas suffisamment crédible, car les autres pays sont eux-mêmes financièrement fragiles. Ils ont peur qu’une crise grecque ne révèle leurs propres situations d’endettement et provoque un krach obligataire.

  24. @Anonymecon : Wyplosz ne dit pas du tout ça, il ne met pas du tout en garde l’Allemagne et la France par rapport à leurs opinions publiques ou par rapport au fait que la Grèce ne les rembourserait pas, mais il dit que les marchés testent le terrain pour obtenir à l’avenir l’assurance d’un renflouement systématique, qui leur permettrait ensuite de faire monter les prix (=taux) pour n’importe quel pays, sans subir aucun risque de défaillance. En gros, lui voit un risque de contagion, radicalement opposé à celui que nous rabâche la littérature anglo-saxonne en cas de non-renflouement justement.

    @ Gu Si Fang : le plan de sauvetage, il semble d’après les dernières nouvelles qu’on y aille tout droit. Quant au risque de défaut de la Grèce, il existe, mais il est très clairement surévalué par rapport à beaucoup d’autres pays, notamment des pays émergents : il y a très clairement une attaque ciblée et disproportionnée contre la Grèce et les PIGS. Que celle-ci soit liée à la panique (ce qui revient un peu à dire que les opérateurs de marché sont stupides, j’en prends note si c’est le cas) ou à une volonté ou une autre (tentative spéculative de certains opérateurs, volonté de tester la zone euro pour voir jusqu’où elle peut aller), manifestement ça se discute (au passage, ces interprétations sont assez radicalement différentes), mais très clairement oui, il y a un "artifice" créé par les marchés (et avec eux, par le Financial Times et autres media). Et aussi bien Delaigue que Wyplosz estiment que s’il y a risque de défaut pour la Grèce, celui-ci serait déclenché par les marchés via les taux et en ne souscrivant pas à des appels de fonds. Quant à sortir de l’euro, d’après tout ce que j’ai lu, cela entraînerait, au moins à court terme, la Grèce dans une panade bien plus terrible, et si j’ai bien compris, les derniers à le vouloir seraient les Grecs, si certains le voulaient ça pourrait éventuellement être leurs partenaires européens.

  25. La théorie de Wyplosz est vraiment tarabiscotée : j’achète de la dette grecque, puis je spécule à la baisse (au risque que la Grèce fasse défaut que je perde ma mise ?!) pour obliger les autres Etats à se porter garant ?
    Elle est d’autant plus étonnante que nous assistons à un phénomène qui me parait classique : le marché prend conscience qu’il a mal évalué un risque, des investisseurs vendent et des traders spéculent.

  26. L’agressivité de votre réponse au 17 – peu importe ce sur quoi porte la censure – ne vous sert pas.

    Au passage, au 14, c’est "censé".

    Mis à part ça, votre article est très intéressant.

  27. @25.VINCE"il y a quelque chose de pourri dans le monde de la finance qui n’hésite pas à faire appel aux gouvernements…
    Que pensez-vous des 2 arrêtés en date du 27 et 29 janvier 2010 EN FAVEUR des 2 banques too big to fail
    GOLDMAN SACHS et JP MORGAN pour exercer l’activité de fourniture de gaz naturel signé par le MInistère
    de l’écologie, et…. ?
    Censure ou pas censure ?

  28. Ma perception du probleme, est que si le role et la responsabilite des fonds speculatifs est manifeste dans le timing des evenements de ces dernieres semaines (il suffit egalement pour cela de regarder les volumes d’echanges sur les marches des CDS grecs), il est un peu court de parler de theorie du complot.

    Car les problematiques fondamentales mises en lumiere par ces evenements sont reelles. Le fait est que le manque de discipline budgetaire de la Grece (entre autres) depuis de nombreuses annees justifiait amplement et depuis longtemps un spread plus important par rapport au risque reference de la zone Euro, le risque allemand. Que l’anomalie etait peut etre fondamentalement dans la situation anterieure et que les arbitragistes, profitant d’un momenatum opportun apres la croissance des dettes souveraines dues a la crise et les "coups d’essai" sur l’Islande et Dubai et du candidat ideal avec la Grece (qui n’a pas de levier sur la banque centrale europeenne et qui a une epargne interieure faible, au contraire du Japon, de la France ou de l’Espagne et donc depend entierement du financements externes de sa dette), font simplement leur metier, gagner de l’argent avec des anomalies de marche, obligeant au passage les etats europeens a reagir plus sur la convergence des economies europeennes en 3 semaines qu’ils ne l’ont fait en 10 ans depuis la naissance de l’euro.

    Comme Duong, je pense que le plan de sauvetage, on y va tout droit. Car la zone euro n’a pas vraiement de choix en fait. Laisser la Grece faire defaut, c’est prendre le risque immediat de voir l’ensemble des dettes des pays europeens etre attaquees (Irelande, Portugal, Espagne puis … France). Sans discuter des consequences non monetaires (en Grece puis dans les autres pays). In fine, ma perception est que l’on aura un mecanisme direct ou indirect de guarantie par les pays de la zone euro (ou la BCE, mais cela est moins probables). Ce qui permettra aux fonds speculatifs d’empocher leurs profits (plus de risque de defaut a court terme et spread eleves). Jusqu’a la prochaine fois.

  29. Vendredi 12 février 2010 :

    Les obligations grecques se sont à nouveau tendues vendredi, témoignant de la nervosité persistante sur le marché obligataire, malgré le soutien apporté par les membres de la zone euro à la Grèce jeudi à Bruxelles.

    A 18h, le rendement de l’obligation grecque à 10 ans remontait à 6,107 % contre 5,912 % la veille à la même heure.

    Le différentiel (spread) avec l’emprunt de référence européen, le Bund allemand à 10 ans, évoluait autour de 292 points de base contre 273 vendredi soir. Ce qui signifie que pour attirer les investisseurs, l’Etat grec doit toujours proposer un rendement supérieur de près de 3% à celui du Bund allemand, considéré comme le plus sûr de la zone euro.

    "Cette tension sur l’obligation grecque témoigne d’une légère déception du marché après le sommet de Bruxelles qui n’a pas réussi à dissiper toutes les inquiétudes. Le message politique est passé, maintenant il s’agit de connaitre les mesures qui seront mises en place pour restaurer la crédibilité de la Grèce", note Yoannis Sokos, stratégiste obligataire chez BNP Paribas.

    http://www.lefigaro.fr/flash-act...

  30. Obama promulgue la loi relevant le plafonnement de la dette des USA.

    Le président Barack Obama a promulgué vendredi 12 février la loi relevant le plafond de la dette des Etats-Unis, afin de permettre au gouvernement fédéral d’emprunter jusqu’à 14.300 milliards de dollars (environ 10.503 milliards d’euros), contre 12.400 milliards jusque-là.

    (Dépêche Associated Press)

    D’après le Fonds Monétaire International, en 2014, quelle sera la dette publique par rapport au PIB ?

    La dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.

    La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.

    La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.

    La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.

    La dette publique des Etats-Unis sera de 112 % du PIB.

    La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.

    La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB.

    La dette publique de l’Islande sera de 134,1 % du PIB.

    La dette publique du Japon sera de 239,2 % du PIB.

    C’est à la page 30 :

    http://www.imf.org/external/pubs...

  31. Dimanche 14 février 2010 :

    D’après l’enquête Emnid, dont Bild am Sonntag a fait état, 53 % des Allemands interrogés estiment que l’Union européenne devrait, si nécessaire, exclure la Grèce de la zone euro.

    Angela Merkel, la chancelière allemande, a opté pour une position prudente, disant d’une part que la Grèce ne serait pas laissée à son sort mais d’autre part qu’Athènes devait tâcher de régler ses problèmes seul.

    D’après le sondage publié par Bild, 67 % des Allemands interrogés ne veulent pas que l’Allemagne ou d’autres Etats européens accordent des milliards d’euros à la Grèce.

    Certains représentants de la coalition au pouvoir en Allemagne ont également exprimé leur réticence à venir en aide à Athènes.

    "Si nous commençons maintenant, où allons-nous nous arrêter ? Comment expliquer aux Allemands au chômage que leurs indemnités ne seront pas augmentées d’un centime mais que les Grecs peuvent partir à la retraite à 63 ans ?", s’interroge dans le journal Welt am Sonntag Michael Fuchs, un des chefs de file au Parlement de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel.

    Au cours de son premier mandat, cette dernière a relevé l’âge de la retraite de 65 à 67 ans afin de contenir les déficits publics dans les limites fixées par l’Union européenne.

    Un membre du partenaire de coalition de la CDU, les libéraux du FDP, s’est montré encore plus hostile à toute aide à la Grèce.

    "La résolution de ce problème ne passe pas par une aide à la Grèce. Il s’agit surtout de préserver les contribuables allemands des éventuelles conséquences des difficultés d’Athènes", déclare Otto Fricke, expert budgétaire du FDP, également au Welt am Sonntag.

    http://www.lepoint.fr/actualites...

  32. Lundi 15 février 2010 :

    Les Pays-Bas ne veulent pas payer un seul euro pour renflouer la Grèce.

    Aux Pays-Bas, le Parlement est constitué de deux assemblées :

    1- La Première Chambre (Eerste Kamer) est la moins importante des deux.

    2- La Seconde Chambre (Tweede Kamer) est la plus importante des deux. Elle peut être comparée à l’Assemblée Nationale en France.

    Or, que vient de faire cette Seconde Chambre ?

    La Seconde Chambre vient de voter une motion pour interdire que l’argent des contribuables néerlandais sauve la Grèce.

    Chose étonnante : cette motion précise que l’argent des contribuables néerlandais ne doit pas être utilisé pour renflouer la Grèce, que ce soit directement par une aide de l’Etat néerlandais, mais aussi indirectement par une aide d’un organisme européen.

    Les Néerlandais ne veulent pas verser un seul euro pour sauver la Grèce.

    Dernière précision : cette motion a été votée par tous les partis politiques, sans exception.

    Holland’s Tweede Kamer has passed a motion backed by all parties prohibiting the use of Dutch taxpayer money to bail out Greece, either through bilateral aid or EU bodies. “Not one cent for Greece,” was the headline in Trouw. The right-wing PVV proposed “chucking Greece out of EU altogether”.

    http://www.telegraph.co.uk/finan...

  33. Aux Pays-Bas, la Seconde Chambre (Tweede Kamer) vient de voter une motion pour interdire que l’argent des contribuables néerlandais sauve la Grèce.

    Chose étonnante : cette motion précise que l’argent des contribuables néerlandais ne doit pas être utilisé pour renflouer la Grèce, que ce soit directement par une aide de l’Etat néerlandais, mais aussi indirectement par une aide d’un organisme européen.

    Les Néerlandais ne veulent pas verser un seul euro pour sauver la Grèce.

    Dernière précision : cette motion a été votée par tous les partis politiques, sans exception.

    Holland’s Tweede Kamer has passed a motion backed by all parties prohibiting the use of Dutch taxpayer money to bail out Greece, either through bilateral aid or EU bodies. “Not one cent for Greece,” was the headline in Trouw. The right-wing PVV proposed “chucking Greece out of EU altogether”.

    http://www.telegraph.co.uk/finan...

  34. Que s’est-il passé le jeudi 11 février ?

    Jeudi 11 février : pour attirer les investisseurs, la Grèce devait verser 5,912 % d’intérêts sur ses obligations à 10 ans.

    En revanche, l’Allemagne est considérée comme l’Etat le plus sûr de la zone euro. L’Allemagne n’avait donc besoin que de verser 3,182 % d’intérêts aux investisseurs sur ses obligations à 10 ans.

    La différence entre l’obligation grecque à 10 ans et le Bund allemand à 10 ans était donc de 2,73 % : on dit que le spread était de 273 points de base.

    Que s’est-il passé depuis le jeudi 11 février ?

    Réponse : les investisseurs n’ont pas du tout été convaincus par le soi-disant "plan de soutien à la Grèce".

    Les investisseurs ont compris que ce soi-disant "plan de soutien à la Grèce" n’était que du bluff.

    Les investisseurs ont compris que ce soi-disant "plan de soutien à la Grèce" n’était que de belles paroles pour rassurer les marchés.

    En réalité, de nombreux pays européens ne veulent pas payer un seul euro pour sauver la Grèce.

    Exemples : l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche et la Suède ne veulent pas payer un seul euro pour sauver la Grèce.

    Quant aux autres pays européens, ils sont eux-mêmes trop endettés pour pouvoir sauver la Grèce !

    Conséquence : le spread n’arrête pas d’augmenter depuis jeudi 11 février.

    Jeudi 11 février : 273 points.
    Vendredi 12 février : 292 points.
    Lundi 15 février : 305 points.
    Mardi 16 février : 339 points.

  35. Allons, va-t-on enfin avoir le courage de nationaliser le crédit pour l’enlever des mains des voyous et le mettre au service de l’intérêt général, et taxer à 80% les plus-values pour combattre l’enrichissement sans cause et la spéculation ?

  36. Vers une crise systémique des finances publiques ? La Grèce n’est qu’un signe avant-coureur.

    Le Premier Ministre Papandreou a expliqué qu’il souhaitait simplement « se financer aux mêmes conditions que les autres pays de la zone Euro ». Ce manque de réalisme à la veille d’une opération d’émission d’obligations internationales montre à quel point les autorités grecques vivent en dehors de la réalité. Le rendement des obligations existantes de la Grèce se traitent a un niveau de 6.1 %, alors que celles de l’Allemagne, le meilleur crédit de l’Europe, se traitent a 3.9 %. Or la Grèce doit refinancer € 20 milliards sur les 300 en cours d’ici la fin du mois de mai. La Commerzbank vient de publier un calcul qui établit cette dette à € 400 milliards. Bref, on nage en plein délire.

    finance.blog.lemonde.fr/2…

    Vous avez bien lu :

    La Commerzbank vient de publier un calcul qui établit la dette publique de la Grèce à 400 milliards d’euros.

    Pronostic : dans quelques semaines, la Grèce va se déclarer en défaut de paiement.

  37. Mercredi 24 février 2010 :

    Le ton monte entre Berlin et Athènes, qui évoque le passé nazi.
    Le vice-Premier ministre grec Theodoros Pangalos a dénoncé mercredi les critiques de Berlin vis-à-vis de la Grèce au sujet de la lourde dette extérieure de son pays, évoquant l’invasion de 1941 par l’Allemagne nazie.
    Athènes, a-t-il affirmé, n’a jamais reçu d’indemnisation pour les pillages subis à l’époque.
    "Ils ont pris les réserves d’or de la banque de Grèce, ils ont pris l’argent grec et ne l’ont jamais rendu. C’est un sujet qu’il faudra bien aborder un jour ou l’autre", a-t-il affirmé dans une interview à la radio britannique BBC World Service.

    fr.reuters.com/article/fr…

    Je maintiens mon pronostic : l’Allemagne ne versera pas un seul euro pour sauver la Grèce.

    Et les Pays-Bas non plus.

    Et l’Autriche non plus.

  38. Jeudi 25 février 2010 :

    Le marché obligataire européen a continué de progresser jeudi profitant de nouvelles déceptions sur l’économie américaine mais surtout d’un regain de méfiance sur la capacité de la Grèce à appliquer son plan de redressement budgétaire.
    Le rendement de l’emprunt grec à 10 ans a progressé, signe d’une nervosité des marchés et surtout de leur méfiance sur l’avenir financier de la Grèce.
    L’obligation grecque affichait un rendement de 6,640 % à 18H00 HEC (17H00 GMT), soit une progression de 13 points de base par rapport à 6,51% la veille.
    Les commentaires de l’agence de notation financière Standard & Poor’s indiquant que la note souveraine de la Grèce pourrait à nouveau être abaissée "d’ici un mois", ont ajouté à l’inquiétude.
    Inquiétude mesurée aussi par l’écart (le spread) qui s’établissait entre le Bund allemand et l’obligation grecque à 354 points : la Grèce doit offrir un surplus de rémunération de 3,54 % par rapport à l’Allemagne pour attirer des investisseurs.

    http://www.romandie.com/infos/ne...

    Le spread n’arrête pas d’augmenter depuis le jeudi 11 février.

    Jeudi 11 février : 273 points.
    Vendredi 12 février : 292 points.
    Lundi 15 février : 305 points.
    Mardi 16 février : 339 points.
    Mercredi 17 février : 320 points.
    Jeudi 25 février : 354 points.

    Concrètement : pour emprunter à 10 ans sur les marchés, l’Allemagne emprunte à un taux de 3,099 %.

    En revanche, depuis le jeudi 11 février, la Grèce est obligée de payer de plus en plus cher lorsqu’elle emprunte sur les marchés. La Grèce doit aujourd’hui emprunter à un taux de 6,64 %.

    Pour la Grèce, c’est une véritable tragédie.

    La situation de la Grèce devient de pire en pire.

  39. Vendredi 26 février 2010 :

    Selon le Financial Times Deutschland, les banques allemandes ne souscriront pas aux obligations que la Grèce va émettre en février et en mars. Le plus important dans cette information, c’est ceci :

    les banques allemandes nationales ne veulent pas souscrire aux obligations grecques, mais les banques régionales ne veulent pas souscrire elles non plus.

    Lisez cet article très inquiétant pour la Grèce :

    Les banques allemandes évitent la dette grecque.

    Eurohypo et Hypo Real Estate, les deux premières banques allemandes spécialisées dans les financements publics, ne souscriront pas aux obligations que doit émettre prochainement la Grèce, écrit le Financial Times Deutschland vendredi.

    Deutsche Postbank compte pareillement s’abstenir, ajoute le quotidien financier, citant des sources et des banques.

    La Grèce doit émettre un nouvel emprunt cette année, peut-être ce mois-ci ou début mars. Elle doit lever une vingtaine de milliards d’euros pour couvrir des échéances en avril et en mai.

    Deutsche Bank ne veut participer au placement qu’en tant que banque d’investissement, mais ne veut pas elle non plus souscrire aux obligations, écrit encore le FTD.

    Il ajoute que les plus grosses banques régionales, comme BayernLB et Landesbank Baden-Württemberg, se sont abstenues de tout commentaire. Mais selon des sources des banques régionales, il est devenu quasiment impensable d’investir dans la dette grecque, observe le quotidien.

    La Grèce est le premier pays à avoir sollicité un engagement politique de soutien depuis qu’existe l’union monétaire, les craintes entourant sa situation financière ayant déclenché une attaque des marchés, qui a plombé l’euro et provoqué une forte hausse des rendements obligataires du pays, rendant le service de la dette encore plus difficile.

    fr.reuters.com/article/fr…

  40. Mercredi 3 mars 2010 :

    La Grèce pourrait faire appel au FMI.

    La Grèce pourrait faire appel au Fonds monétaire international (FMI) si l’Union européenne ne l’aide pas financièrement, a déclaré mercredi 3 mars le Premier ministre grec Georges Papandréou, cité par l’agence de presse ANA.

    Georges Papandréou "a laissé ouverte l’éventualité d’un recours au FMI, si l’UE ne soutenait pas le pays financièrement", a indiqué l’ANA. Néanmoins, l’UE a tout de suite affiché sa "solidarité" à la Grèce.

    tempsreel.nouvelobs.com/a…

  41. L’Allemagne ne proposera aucune aide à la Grèce vendredi.

    BERLIN, 3 mars (Reuters) – L’Allemagne ne fera aucune offre d’aide à la Grèce vendredi, qui est le jour prévu de la rencontre la chancelière Angela Merkel et le Premier ministre grec George Papandréou à Berlin, a déclaré mercredi Angela Merkel.

    La chancelière allemande discutera vendredi de la mise en oeuvre de ces mesures avec le Premier ministre grec. "Je précise qu’il ne s’agit pas de proposer des aides pour la Grèce lors de cette entrevue, mais d’entretenir les bonnes relations entre l’Allemagne et la Grèce." a précisé Angela Merkel, ajoutant que la Grèce n’avait pas d’autre choix que "d’accomplir son propre travai".

    Face aux pressions de l’Union Européenne et des marchés, le gouvernement grec a décidé de prendre de nouvelles mesures d’austérité qui devraient générer 4,8 milliards d’euros d’économies, soit 2 % du PIB.

    Le ministre des finances allemand Wolfgang Schauble a jugé que cette décision allait dans le bon sens. "Les Grecs prennent ainsi leur responsabilité face à l’Europe et à la monnaie unique" a-t-il déclaré. "Il est maintenant décisif que la Grèce mette en place rapidement ces mesures d’austérité. Cela devrait immédiatement renforcer la confiance des marchés et la Grèce pourra se refinancer sur ces marchés" a-t-il assuré.

    A l’image de leurs dirigeants, la majorité des Allemands sont, à en croire des sondages, hostiles à un renflouement de la Grèce par les contribuables.

    Cependant, quelques voix s’élèvent désormais pour reconnaître que l’intervention de Berlin ou de Paris pourrait être nécessaire pour sauver l’euro et la Grèce de la faillite.

    Officieusement, des discussions ont lieu entre les gouvernements de la zone euro sur les différentes manières d’aider la Grèce si nécessaire, ont affirmé des sources européennes.

    http://www.lesechos.fr/info/inte...

  42. Sujet très intéressant, c’est un très bon exemple pour montrer la différence entre économie et finance.

    Pour comprendre l’intérêt de jouer avec la dette des Etats je vous conseil le dernier livre de Marc Fiorentino (Ok c’est roman, mais il est très pédagogique en ce qui concerne la finance de marché).

    Pour ceux qui pensent que la Grèce sera en défaut de paiement…ben vous avez tout faut, l’interet est juste de faire baisser le cours actuel des obligations de la Grèce.

    Phase 1: Inquiètude sur la dette de la Grèce -> baisse du cours actuel des obligations (la hausse des taux entraine la baisse de la valeur d’une obligation émise précédemment)

    Phase 2: Achat de la dette par les hedges funds qui peuvent donc acheter "moins cher" la dette.

    Phase 3: Le marché se félicite de la volonté de la Grèce de s’en sortir -> baisse légère du taux d’intérêt, hausse de la valeur des obligations Grecques -> vente de ces obligations par les Hedge Funds (Qui empochent une jolie plus value)

    Phase 4: La Grèce se finance sans l’aide totale de l’UE ou du FMI (en gros elle emprunte sur le marché).
    Les fonds prêtent à la Grèce à un taux correct si on considère la situation du pays.

    Total final: Un échange "gagnant-gagnant" mais juste pour les Hedge.
    Gagnant sur les premières phases avec la spéculation sur la dette, puis sur la dernière phase en ayant un placement plus "tranquille" avec des intérêts qui tombent régulièrement.

    Des avis sur le Process?

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