Arrêt de travail

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Dans quatre jours, les Françaises sont appelées à arrêter le travail. Le mot d’ordre est lancé par Les Glorieuses, un collectif féministe qui s’appuie sur les écarts de salaires hommes-femmes en France et a estimé que, en comparaison avec les hommes, les femmes auront fourni le travail justifiant leur paie au 7 novembre à 16h34.

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Actualisation d’un billet de 2014 sur la protection de l’emploi

Il y a deux ans, j’avais publié ce billet concernant la protection de l’emploi. Il comprenait un schéma de synthèse sur les effets de celle-ci. Je l’ai actualisé depuis, en rajoutant un élément. Voici le nouveau schéma.

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La modification n’est pas énorme. Elle porte sur l’effet de la réduction du turn-over en cas de forte protection de l’emploi. Celle-ci, en assurant que la durée d’emploi sera plus longue et qu’un salarié ne quittera pas souvent l’entreprise après avoir bénéficié d’une formation payée par l’employeur, incite ce dernier à former son personnel. Ce qui est bon pour la productivité.

Imaginons un monde débarrassé des « négationnistes » – billet participatif

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En devisant avec mon compère sur son texte à venir sur Classe éco (publié ici), je me suis soudain rendu compte qu’une question méritait d’être posée : imaginons une France débarrassée des hétérodoxes et autres charlatans au sens de Cahuc et Zylberberg. Serait-elle pour autant le paradis scientifique que les auteurs imaginent ? Deux exemples de pays montrent que rien n’est acquis. Le premier, est caricatural, évidemment, puisqu’il s’agit de la Corée du Nord. Pas d’hétérodoxie, là bas. Le second est plus intéressant, il s’agit de l’Allemagne. En Allemagne, autour de la tradition surdominante ordo-libérale, la science économique est gentiment devenue médiocre, comme l’expliquait très bien Charles Wyplosz dans cet article. Enfin, on pourrait prendre comme contre-exemple le cas… des États-Unis. Vous n’y verrez nullement un Robert Lucas demander que James Galbraith soit interdit d’antenne. Pourtant, en matière de qualité de la recherche…
L’issue intellectuelle d’un monde Cahucio-zylberberguien est difficile à envisager, c’est certain. D’emblée, comme le souligne Olivier Bouba-Olga, le chercheur neutre, cela n’existe pas. Alors, si on refile à une minorité les clés de la baraque, où ira-t-on ? Ensuite, si, dans notre cas national en particulier, vous prenez les Français et leur tendance naturelle à voir de l’opinion et de la politique de partout, notre culture d’ingénieurs constructivistes, je me demande bien ce que donnerait le cas de figure évoqué. Et vous, vous l’imaginez comment ce scénario fiction ?

Mise à jour au 14/09/2016

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La chronique du livre qui nous assure que Cahuc et Zylberberg n’iront pas passer les prochaines vacances d’été avec les gars des économistes atterrés. Un fait scientifiquement prouvé, sans recours excessif à des expériences naturelles.
Je suis un peu vert, je pensais faire honneur au bouquin de Rodrik, Economics Rules, mais j’ai dû arbitrer…

Quand l’individu supérieur est inférieur à la moyenne

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« The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. ». Bertrand Russel

Il y a trois jours, dans une file d’attente interminable, j’avais un groupe de gens contents d’eux devant moi. Leur discussion, destinée à être entendue de tous, tournait autour de leurs talents intellectuels, visiblement hors du commun (et du fait qu’ils connaissaient par cœur le pénible endroit où j’étais ; ces cons y venaient souvent). C’est ainsi qu’un crétin boutonneux adolescent exprimait librement le fait qu’il était évident qu’il était bien plus mature que la plupart des jeunes de son âge. Imaginant que cela était dû au fait qu’il passait son temps à avoir des discussions chiantes, je m’apprêtais à passer en mode ears off , quand le crétin trentenaire qui le devançait a sorti une perle…

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Comprendre reste le prérequis

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Merde, je crois que je suis un scientifique. J’ai rien fait pour, mais je crois que, finalement, je suis plus dans ce camp que dans l’autre. Et plus dans ce camp que bien des « scientifiques » officiels. C’est un choc. D’abord parce que c’est inattendu. Ensuite, parce que c’est devenu un bien mauvais penchant, à notre époque. Voilà pourquoi ces pensées me viennent soudain à l’esprit. (Lire la suite…)

La fin de mon modèle

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Longtemps, la démocratie britannique a été un modèle pour moi. Au delà de l’image de Churchill (qui n’y était pas pour rien), je trouvais dans la façon dont les Grands Bretons conduisaient leur société une solidité qui en faisait, à mes yeux, l’archétype d’une société ouverte.

Au delà des conflits et des points noirs, il y avait cette idée qu’il y a des valeurs fondamentales avec lesquelles on ne transige pas et auxquelles on se réfère, y compris quand on est tenté de perdre son flegme (légendaire). Une espèce de mélange de conservatisme et d’ouverture qui devait assurer l’essentiel. On ne touchait surtout pas à la Reine, mais on acceptait que des femmes voilées travaillent dans des administrations publiques. On rappelait systématiquement la spécificité du Royaume-Uni, mais on finissait par avancer avec l’Union européenne. On laissait crever des grévistes de la faim Nord-Irlandais, mais on tentait au mieux de laisser sa police sans armes dans la rue. Les politiciens (de gouvernement) n’étaient pas moins arrivistes qu’ailleurs mais, à la fin, ils devaient défendre des valeurs nobles.

Vous allez dire que c’était une vision romantique. Certainement. Mais elle n’est même plus raisonnablement tenable. Une masse critique d’électeurs opte pour le repli sur soi, voire devient xénophobe. D’autres, totalement déboussolés, vous expliquent deux jours après un vote qu’ils le regrettent. Des politiciens sont capables d’opportunisme et de mensonges dans un moment clé pour leur nation, simplement pour prendre la main dans leur propre parti. Et la Grande Bretagne sort de l’UE. Au moment où on croirait qu’elle se distingue, elle s’est en fait normalisée, à mes yeux. Elle ressemble à la social-démocratie continentale. Mon archétype britannique a fait long feu. Il faut toujours se méfier des modèles. Même lorsqu’ils semblent immuables, ils peuvent s’effondrer.

Laurence Parisot, Marianne et… moi (et moi). Épisode 1

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Laurent Nunez n’est pas content. Laurence Parisot a dit des choses (il y a un mois, mais bon, les délais de publications sur le site de Marianne doivent être longs…) qui ne lui plaisent pas. Notamment qu’elle était « irritée ». Ces gens sont visiblement agacés. Alors, je vais mettre tout le monde d’accord.

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L’économie du film « La loi du marché » (ou plutôt, la « non-économie », et tant mieux)

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J’ai vu le film qui avait fait quelque peu sensation à Cannes, il y a un an de cela. Et c’est une surprise. Pendant des années, j’ai laissé tomber Ken Loach (après le parodique Bread and Roses). Un jour, je suis allé voir La part des anges. C’était bon. Enfin, plutôt que de se gargariser de clichés larmoyants sans intérêt et, visiblement, mal documentés, il revenait à ce qui peut être une vraie critique sociale. Une histoire avec, comme fond, un état de fait : des gosses que le monde considère comme inutiles et nuisibles – non sans raisons – sont capables d’intelligence, au point de tromper ceux qui se pensent les plus malins (car les plus riches), sans même changer la vie de ces derniers, qui restent tout aussi contents d’eux-mêmes. J’ai retrouvé cet esprit dans La loi du marché. Alors que je m’attendais au pire.

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Ce qu’il y a (toujours eu) dans le « programme » de Tirole sur le chômage

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J’ai réitéré plusieurs fois mon étonnement de voir Jean Tirole défendre vigoureusement la loi Travail. Je ne sais pas si j’ai été très clair sur les raisons de cet étonnement.

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La loi travail, cheval de Troie de la méchante Commission ? Une approche basique.

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Cela fait plusieurs fois que je lis que la Commission de Bruxelles serait la perfide instigatrice de la loi El Khomri. Encore une fois aujourd’hui dans cet article, qui nuance la chose ; ce qui est bien, mais pas assez prosaïque encore, à mon sens. Certes, il y a l’idée que ce sont les États qui proposent leurs programmes de réforme. Mais, on peut faire encore plus simple. Un peu de sérieux, amis eurosceptiques… Il ne fait aucun doute qu’une certaine vision des changements institutionnels à Bruxelles colle parfaitement avec ce qui est proposé dans la loi Travail. Mais enfin… ce ne sont pas les fonctionnaires de l’UE qui ont théorisé la flexibilisation du marché du travail, au travers de mesures comme la baisse de la protection contre les licenciements économiques ou la promotion des accords d’entreprise (au pire, ceux du FMI ou de la Banque mondiale leur ont filé un coup de main). Ces thèmes existent dans la littérature économique et politique depuis des années et il n’est guère surprenant que le gouvernement français ait pu piocher dedans, sans même avoir à lire les manuels de bonne gouvernance publiés par l’UE. Alors, bon… je suis peut-être un individu naïf et inconscient des enjeux de pouvoir du monde, mais j’ai tendance à penser qu’il faut chercher le complot Mal ailleurs ce coup-ci…

Message de service pour des gens sur Twitter

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Certains d’entre vous ont peut-être constaté, ou le feront, que je ne les suis plus sur Twitter. Cela n’a rien à voir avec ce que vous avez pu publier ou qui vous êtes. Je recentre simplement le compte sur son objet initial, l’économie. Je ne suis plus que des comptes à dominante économique et je ne publierai plus que des tweets en rapport. J’avais pris l’habitude d’alterner les tweets sur l’économie et d’autres tous azimuts, selon le moment. Ce qui s’est passé la semaine dernière avec la publication du texte de Denis Robert a conduit à ce changement. Ce n’est pas une grande surprise. L’affaire Éolas était déjà un signal que ça se durcissait. Je suis conscient de tout ceci depuis longtemps et n’étais pas totalement serein quand je publiais certains tweets. Je ne pense plus pouvoir contrôler un bazar potentiel. Certes, objectivement, je ne vais jamais très loin, en comparaison avec les gens incriminés (dont le seul qui a ma sympathie personnelle est Sky Ze Limit, même si je ne le voyais sur Twitter que par des RT ; les autres, c’est juste une question de liberté d’expression, la même que je laisserais à tous si je pouvais choisir). Mais voilà, il semblerait que « loin » soit de plus en plus près. Alexandre résume parfaitement la situation :

Sauf que même sans être anonyme, on ne sait jamais. On peut s’emparer de ton avatar pour t’y assimiler. Ça ne vaut pas le coup.

Ça m’ennuie de ne plus échanger avec quelques twittos sympas, du coup. Certains même que j’apprécie vraiment beaucoup. Mais je trouverai une solution. Peut-être un compte aussi parfaitement anonyme que possible ?

Brève analyse économique de l’article 2 de la loi Travail (où comment j’ai perdu tous mes amis pro et contre lui)

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À une époque que d’aucuns jugeront lointaine ou ancestrale, mais pas tant que ça à l’échelle de l’analyse économique, de dangereux communistes réfléchissaient au niveau optimal de négociation salariale ( Cahuc et Zylberberg ici, par exemple ; l’article de référence de Calmfors et Driffill étant visible ici ), se demandant qui de l’entreprise, de la branche ou de l’interprofessionnel national donnait les meilleurs résultats en matière de chômage. Depuis, j’avoue que j’aime bien raconter ça aux étudiants, parce que les résultats étaient assez contre-intuitifs (les profs d’économie aiment bien ce genre de trucs tordus). La négociation centralisée pouvait s’avérer supérieure à la négociation de branche (la plus mauvaise) et la négociation d’entreprise (intermédiaire). Cela dit, les temps changent et il est utile de revoir le sujet.

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