Du bon journalisme

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On se plaint souvent des journalistes. On a raison. Certains font un travail dégueulasse. D’autres, régulièrement, rendent du boulot honnête. Et puis, moins souvent, c’est vraiment bien. C’est le cas de Jean-Louis Dell’Oro, dans Challenges, au sujet de l’immobilier. Il nous offre un article clair, pédagogique, informatif, détaillé, méthodologiquement honnête et modeste. Et qui fait réfléchir. C’est donc avec plaisir que je le mentionne ici.

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Le Boucher, Keynes, les Bisounours et ta mère (nan, pas la tienne, c’est juste une expression)

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Année après année, Éric Le Boucher s’est fermement installé dans la catégorie des pitres qui avec un vernis rudimentaire et du name dropping aléatoire voudraient faire croire qu’ils comprennent quelque chose à l’analyse économique et pourraient même être assimilés à des économistes. Sa dernière sortie le prouve encore.

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L’hétérodoxie sans peine

L’économie est en crise. Aucun économiste n’a prévu la crise récente, contrairement aux anthropologues. Les modèles des économistes se sont révélés totalement inadaptés pour réagir à la crise. C’est normal : ces modèles sont faux, fondés sur un paradigme néoclassique totalement inadapté. Les économistes utilisent ces modèles depuis environ un siècle et n’ont pas fait leur révolution copernicienne, qui les conduirait à adopter une réflexion comme la biologie avec Darwin, la physique avec Galilée, la psychologie avec Freud et la sociologie avec Michel Maffesoli.

Le paradigme néoclassique conduit les économistes dans l’impasse car il suppose que les individus sont rationnels. Or nous savons tous que ce n’est pas le cas. L’hyperrationalité supposée par les modèles économiques néoclassiques est inhumaine et n’existe pas. On se demande même comment les économistes ont pu croire une chose pareille. L’autre point noir de l’économie est de croire à une croissance infinie, alors que les ressources naturelles sont finies, et que chacun sait que la croissance a commencé et finira avec le pétrole.

Les économistes prétendent que l’économie est une science, mais c’est une supercherie. D’ailleurs, vous ne le saviez certainement pas, mais le prix « Nobel » d’économie n’est pas un vrai prix Nobel, parce que l’argent est versé par la Banque de Suède. Cela prouve bien que l’économie, contrairement à la littérature, n’est pas une science.

Pas étonnant dès lors que l’économie n’ait pas prédit la crise, et ait été incapable de fournir les outils pour y réagir. Seule une approche historique, authentiquement scientifique, qui revienne aux sources de la pensée économique aristotélicienne et englobe avec elle tous les apports des penseurs sur l’économie qui ont été jetés sur le pavé par l’économie orthodoxe. Les prétendues « lois de l’économie » doivent être entièrement refondées. L’existence des entreprises du luxe, très rentables en vendant très cher, montre l’absurdité de ces théories pour lesquelles plus le prix est bas, plus la demande est élevée.

Ces paradoxes, avec d’autres, conduisent le paradigme néoclassique dominant dans une impasse : il est de plus en plus contesté, dans ses derniers retranchements, et vit depuis un siècle ses dernières heures.Une « révolution scientifique » au sens de Kuhn, se prépare. Quelles seraient les composantes d’une économie réellement humaine et scientifique?

Elle devrait inclure les dimensions politiques, historiques, sociologiques, anthropologiques, gestionnaires, psychologiques, en bref, être une véritable science pluridisciplinaire, comme les sciences de l’éducation. Contrairement au monde enchanté des modèles néoclassiques, le monde réel est constitué de riches et de pauvres, et les riches exercent un pouvoir sur les pauvres pour rester riches. Observer l’économie dans le prisme de cette relation de pouvoir qui transcende le synallagmatisme échangiste, considérer la relation économique comme enchâssée dans le social, la tradition, les normes, les enjeux de pouvoir, permettrait de construire une économie authentiquement scientifique et propre à répondre aux multiples enjeux de demain.

Hélas, les économistes traditionnels ne tiendront aucun compte de ces approches modernes, trop peu mathématisées, trop « impures » pour les tenants d’une économie désincarnée. Ils seront encore une fois pris par surprise lorsque le séisme paradigmatique frappera leur discipline.

inspiré de la lecture de ceci