Les vieux d’éconoclaste vous souhaitent de bonnes fêtes

sapinsky

Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes de Noël.
Avec les conseils usuels : n’abusez pas de l’eau, de la salade, ne sautez pas un repas et mettez vous loin des vieux à table (il est prouvé qu’ils accaparent le pinard).
Si vous réveillonnez à la montagne, ne prenez pas le volant avec une alcoolémie trop faible. En cas de panne de voiture au retour, vous pourriez mourir de froid sans un soutien thermique digne de ce nom.

Je voulais écrire un truc long pour marquer nos 15 années d’existence qui, selon les sources tangibles, seront atteintes samedi. Mais je crois que je vais me contenter d’un simple « Nous sommes toujours là. Et probablement pour un moment… ».

Petit lancement d’éconosky

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Il y a un an, nous annoncions le prochain lancement d’éconosky, votre mensuel d’information économique pure malt. Nous avons pris « un peu de retard ». L’inaction étant la mère de la procrastination (et inversement), j’ai décidé de faire un lancement en petites pompes, plutôt que de ne rien faire. La formule retenue pour le moment n’est pas mensuelle, mais en continu. Le format graphique n’est pas définitif.

éconosky, c’est par ici.

Mise à jour – 09/12/2014

dieuAprès la première série de questions-réponses consacrées aux ententes sous toutes leurs formes, voici le second domaine d’intervention des politiques de la concurrence, le traitement des abus de position dominante.

La dernière question-réponse sur les politiques de la concurrence concernera le contrôle des concentrations.
Une bonne nouvelle pour ceux qui s’intéressent aux politiques de la concurrence : Emmanuel Combes prépare une seconde édition de son ouvrage de référence qui, comme lui même le souligne, commençait à dater.

Mise à jour – 06/12/2014

Le livre du mois est chroniqué. Un ouvrage sur l’Inde par Jean Drèze et Amartya Sen. J’ai pas mal de chroniques en vue dans les jours et semaines à venir. Selon mes possibilités, je couvrirai du vieux et du moins vieux : Changer de modèle, par Aghion, Cette et Cohen, qui a reçu le prix du livre d’économie 2014 (vous verrez que je ne souscris que très partiellement à ce choix). Les un peu plus anciens Average Is Over de Tyler Cowen, The Second Machine Age de Brynjolfsson et McAfee. Le encore plus ancien Poor Economics de Duflo et Banerjee. La nouvelle édition de poche des décennies aveugles de Philippe Askenazy et peut-être un ouvrage collectif récemment traduit en Français (avec Immanuel Wallerstein comme tête d’affiche) sur l’avenir du capitalisme.

Ah, sinon… à la fin du mois, éconoclaste fêtera ses 15 ans d’existence. Punaise…

Dernières nouvelles de classe éco

 

Période rude en boulot, peu de publications. Pour ceux qui les ont ratés :

La congélation des ovules chez Apple, un projet révolutionnaire.

« Celui qui croit à une croissance infinie dans un monde fini est un fou ou un économiste »; et il a raison. D’ailleurs, la croissance économique, c’est bien.

Willy Sagnol dit sans doute des âneries sur les noirs dans le football, mais ça n’est pas très grave.

 

Jean Tirole et la taxe carbone, épisode II

En complément à ce billet,  je me fais plaisir en citant Tirole dans Paris-Match (oui, oui, c’est amusant, je sais…), au sujet des taxes carbone :

« L’abandon de l’écotaxe m’a fait mal. La taxation du carbone est pourtant le bon instrument pour lutter contre le ­réchauffement climatique »

Et pour ceux qui ne comprendraient pas vraiment le débat, je vous renvoie vers ce texte simple qui compare les différents instruments de lutte contre la pollution.

Mon message ? Attaquer Tirole pour libéralisme forcené sur le climat est une absurdité, qui prouve que ceux qui le font ne savent pas de quoi ils parlent.

Un nouvel âge pour la question scolaire ?

pisa

J’ai longtemps été, sans réserves, du côté de ceux qui considéraient que la démocratisation scolaire était une bonne chose. Socialement et économiquement. Les impressions, les clichés et jugements hâtifs, voire rétrogrades ou réactionnaires sur le sujet me laissaient de marbre. Non seulement, en tant qu’enseignant, ce que je voyais ne les validait pas. Mais, surtout, les travaux disponibles leur donnaient passablement tort. Bien sûr, dans le débat entre signal et capital humain, je n’ai jamais considéré que l’argumentation des tenants de la théorie du signal soit totalement absurde. L’existence d’un effet signal dans l’éducation me semblait indéniable. La question était de savoir si tout n’était que signal ou si l’effet capital humain était si négligeable que s’éduquer était seulement un positionnement vis-à-vis des autres, plutôt qu’une acquisition de compétences réelles. Il me semblait très exagéré, à l’aune des analyses sur le sujet, de considérer qu’envoyer toujours plus de jeunes à l’école pendant plus longtemps ne créait pas des connaissances supplémentaires qui couvraient les coûts engagés pour cela. Aujourd’hui, je me demande si ma position est toujours aussi justifiée.

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Ce truc qui me chiffonne sur la protection de l’emploi

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Manuel Valls reprend à son compte l’idée du contrat de travail unique, surfant sur la consécration de Jean Tirole. Le contrat unique a un certain nombre de qualités. On peut citer immédiatement le fait d’éviter une dualisation du marché du travail. Ce qui, me semble-t-il, devrait être jugé favorablement (au moins derrière un « voile d’ignorance » rawlsien). Cependant, il va a priori de pair avec une baisse de la protection de l’emploi (enfin, en tout cas, dans la configuration actuelle du marché du travail en France). Et là, évidemment, le débat usuel revient.

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Nouvelle expérience naturelle sur la mise à l’amende des parents…

amende

A Carpentras, on met à l’amende les parents qui viennent chercher leurs enfants en retard à la fin des activités périscolaires. Déjà, l’an dernier, certaines communes de région parisienne avaient sanctionné les parents indignes. Ainsi que dans le territoire de Belfort. Ça fait rire les économistes. Pourquoi ?

Parce que cette méthode n’est pas assurée de porter ses fruits, comme Alexandre l’expliquait l’an dernier, en se basant sur cet article de référence. Maya Beauvallet en parlait aussi dans son ouvrage sur les stratégies absurdes.

Quand vous remplacez une norme sociale par un rapport marchand, il arrive souvent que les gens préfèrent payer en s’affranchissant de toute règle de bienséance.

Dans ce contexte précis, tendu du fait des modifications des rythmes scolaires (comme l’explique l’article), je suis presque prêt à parier que de nombreux parents viendront payer dédaigneusement ces 5€ de liberté gagnée. Car, si en plus du rapport marchand, vous ajoutez une norme sociale de contestation à (assez) peu de frais…

Deux jours après le Nobel de Tirole, une façon de vous rappeler que dire que les incitations comptent ne signifie pas dire que n’importe quelle incitation compte.

PS : au fait, il s’est passé quoi dans les autres cas français cités ?

Mise à jour – 14/10/2014

Nissan Motor Chief Executive Ghosn and Mitsubishi Motors Corp President Masuko arrive at their joint news conference in Tokyo

Reprise de la série de questions-réponses sur la politique de la concurrence. Aujourd’hui, le traitement des ententes technologiques. Vous pouvez retrouvez les précédentes questions-réponses de cette série :
- le préambule sur les barrières à l’entrée,
- la présentation des objectifs de la série,
- les enjeux théoriques des politiques de la concurrence,
- les fondements de l’interdiction des ententes horizontales,
- les questions relatives au traitement des ententes verticales.

La prochaine fois, nous sortirons des ententes pour aborder le sujet de l’abus de position dominante.

Tirole n’a pas que des amis

Pour le coup, c’est pas grave du tout…

Il n’a pas fallu une journée pour qu’un front anti-Tirole se mette en branle. Il faut dire que dans un pays où il faut mettre les économistes dans des cases droite-gauche, Tirole est un sacré emmerdeur. Certes, il n’est pas du genre à proposer le passage au socialisme d’État (et encore, en théoricien qu’il est, c’est imaginable). Ses travaux se fondent sur l’idée que le marché est le mécanisme de référence et que l’intervention publique n’est destinée qu’à corriger des imperfections de la concurrence, les défaillances de marché. Pire que ça, avec Laffont, il considère que l’État n’est pas un despote bienveillant et omniscient et que penser une politique publique passe aussi par une réflexion sur la capacité des institutions à implémenter cette décision sans qu’elle soit récupérée par des lobbies ou les intérêts privés des élus ou fonctionnaires. Mas globalement, la régulation des marchés, bref, l’intervention publique est pour lui une option comme une autre. Une fois de plus, une certaine gauche stupide nous explique qu’un type qui se méfie des monopoles et du pouvoir de marché est un mec de droite.

Avec Attac, dans cet article, on atteint un niveau d’ignorance remarquable. On peut y lire :

« Jean Tirole est depuis longtemps un fervent partisan d’un marché mondial des permis d’émission de gaz à effet de serre. Le prix et la concurrence seraient ainsi les principaux instruments mobilisés pour limiter les émissions. Pourtant le marché européen du carbone est un échec retentissant en même temps qu’un nouveau théâtre de spéculation ! »

Premier élément : le marché européen est un échec, c’est exact. Les quotas ont été surestimés, la crise a fait chuter le prix de la tonne de CO2. On sait par ailleurs que la détermination des quotas ex ante, leur négociation est l’élément le plus ardu de la mise en place de ce type de marché.

Deuxième élément, et c’est là qu’Attac se ridiculise, Tirole s’avère aussi un fervent défenseur d’une taxe carbone. J’ai exhumé un article de 2009 où il explique ceci (avec Christian Gollier) :

« Comment répondre à l’impératif écologique au coût le plus faible possible ? En accord avec le principe pollueur-payeur, les économistes recommandent de faire payer un même prix par tonne à tous les acteurs qui émettent du CO2. Une taxe sur les émissions (ou de façon équivalente un assujettissement des énergies fossiles à l’acquisition de droits d’émission négociables) remplit les conditions pour jouer ce rôle. »

Visiblement, cet homme n’a rien contre les impôts. Il suggère même dans cet article que la taxe devrait être élevée. Alors, comment expliquer que Tirole soit également favorable aux marchés de droit à polluer ? Simplement parce que taxe et marché de droits sont les deux outils jugés les plus efficaces pour lutter contre la pollution, dans une perspective de développement durable. Que Tirole puisse avoir une préférence pour les marchés de droits (ce que j’ignore à vrai dire) ne fait pas de lui un intégriste du marché, mais se justifierait très probablement par une réflexion sans œillères. Mais ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

Allocations chômage, qualité des appariements et chômage

macron

L’un des débats du moment porte sur l’assurance chômage. Manuel Valls et Emmanuel Macron n’excluent pas de revoir ce que l’on appelle la « générosité du système », en réduisant le montant de l’allocation et la durée d’indemnisation. L’objectif est assez clair : réduire le déficit du régime (4 milliards d’euros) en incitant les chômeurs à rechercher plus activement un emploi. Ce qui est dans la lignée du contrôle renforcé des chômeurs, évoqué très récemment. A gauche, c’est la foire d’empoigne. L’occasion de remettre certaines choses à plat sur le principe et l’utilité des assurances chômage, du point de vue des économistes, plutôt que des politiciens. (Lire la suite…)

Nobel d’économie 2014 attribué à Jean Tirole

tiroleCette année, c’est donc un Français qui est récompensé par le prix dont le nom est impossible à prononcer, dit Nobel d’économie. Bravo à Jean Tirole, récompensé pour ses travaux en économie industrielle.
Alexandre, le grand spécialiste des bios de Nobel, vous fera certainement un de ses topos dont il a le secret un peu plus tard.
On peut d’ores et déjà dire que c’est un prix mérité, les travaux de Tirole étant unanimement reconnus. Et une pensée pour Jean-Jacques Laffont, décédé prématurément, qui aurait très probablement été associé à Tirole aujourd’hui s’il était encore vivant.

EDIT ALEXANDRE : ma note sur le nobel de Tirole est ici.

Mise à jour – 24/06/2014

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Après le préambule sur les barrières à l’entrée. Après la présentation des objectifs. Après le premier épisode sur les enjeux théoriques des politiques de la concurrence. Après encore le texte sur les fondements de l’interdiction des ententes horizontales, voici les questions relatives au traitement des ententes verticales.

Le prochain texte portera sur les ententes technologiques. L’aventure continue.