James Buchanan, Dani Rodrik et… David Guetta. Partie 3 : le cas d’école Guetta

Résumé des épisodes précédents : Buchanan nous explique que l’action collective doit se faire dans un cadre institutionnel adéquat pour éviter que les intérêts particuliers ne faussent la décision publique. Rodrik nous dit qu’à trop pousser ce raisonnement, on aboutit partiellement à une impasse. Dernier volet : quand on se penche sur les conditions de la venue de David Guetta à Marseille le 23 juin prochain, on se dit qu’ils ont raison tous les deux. Et moi je me dis que je ne vais pas forcément me faire que des amis sur ce coup (mais je m’en tamponne sévère ; mes amis sont des gens intelligents).

(Lire la suite…)

Deux blogs

Je ne présente plus assez souvent d’autres sites. Je prends cinq minutes pour en signaler deux. BlogoEconomicus est un nouveau blog qui a l’air pas mal, réalisé par des étudiants (doctorants si j’ai bien saisi). Côté séniors, Frogonomics regroupe des signatures qu’on ne présente plus…

Il y en a quelques autres qui mériteraient d’êtres mis en avant. Qu’ils m’excusent de ne pas le faire pour le moment. Mais j’essaierai de corriger cela.

Les temps scolaires : micro réflexion autour de la productivité (en appelant d’autres)

Vincent Peillon a annoncé son souhait qu’à une échéance lointaine, les vacances scolaires soient raccourcies en été de deux semaines, environ. Les réactions politiques sont sans grand intérêt. Autant faire l’andouille avec le cannabis était d’une stupidité sans nom, autant annoncer qu’on espère changer la durée des vacances scolaires d’été mais que l’on est conscient de ne pas pouvoir le faire du jour au lendemain ne me semble pas insupportable, surtout que la question se pose vraiment. A vrai dire, dans le contexte de son entretien sur BFM TV (dans lequel Peillon s’est par ailleurs montré bien documenté), son seul argument a porté sur la comparaison avec les autres pays européens. N’ayant pas ces données pleinement en tête, j’ai recherché quelques éléments chiffrés, que j’ai trouvés dans cet article.

(Lire la suite…)

James Buchanan, Dani Rodrik et… David Guetta. Partie 2 : l’agacement de Rodrik

Dans la première partie, j’ai dit tout l’intérêt que présentaient les travaux du Public choice et l’apport de James Buchanan à l’économie moderne. Sans cet article de Dani Rodrik, j’aurais probablement ajouté un certain nombre de commentaires bien plus critiques à l’égard du Public choice. Mais Rodrik offre un angle d’approche plus intéressant pour le faire dans cette seconde étape. Autant par ce qu’il dit que par ce qu’il ne dit pas.

(Lire la suite…)

James Buchanan, Dani Rodrik et… David Guetta. Partie 1 : l’héritage de Buchanan

Le 9 janvier dernier, James Buchanan est décédé à l’âge de 93 ans. Il était le leader de l’école du Public choice. Récemment, Dani Rodrik a publié un article (version anglaise ici) sur le site Project Syndicate, qui s’interroge sur ce que les économistes ont finalement fait des années de recherche en économie politique. Le 23 juin prochain, un concert de David Guetta, subventionné par la Mairie, est programmé à Marseille, dans le cadre des festivités de Marseille, capitale de la culture européenne 2013. Ce billet est l’occasion de rendre hommage à Buchanan et, par la médiation de l’article de Rodrik, de faire du Public choice appliqué. Rédiger en une seule fois ce que je veux écrire sur le sujet serait indigeste. Je fractionne donc l’ensemble en deux ou trois parties.

(Lire la suite…)

La corrélation Catwoman

Je suis tombé sur cet article paru l’été dernier. Très intéressant exemple de corrélation potentiellement mal interprétée. « Une recherche, menée sur plus de 45.000 femmes, révèle que celles-ci sont plus sujettes au suicide si elles ont un chat ».

On reprend nos vieux réflexes et on cherche la causalité possible dans la population des femmes :
1. Les chats poussent au suicide.
2. Les suicidaires aiment les chats.
3. Être suicidaire et avoir un chat sont deux variables dont la liaison est déterminée par une troisième.

C’est la proposition 3 qui est validée par l’article, par l’adjonction d’une causalité intermédiaire : Chat implique bactéries. Les défécations de chats contiennent une bactérie qui semble avoir un impact sur les comportements suicidaires, donc fréquenter un chat pousse au suicide à cause de la bactérie.

Deux remarques :
1. L’étude porte sur les femmes, mais qu’en est-il pour les hommes ?
2. Je n’exclue pas que la causalité « Les suicidaires aiment les chats » ait également un sens… ;-)

La corrélation NTM

Où Pierre Mercklé explique bien (à partir du lien entre déviance adolescente et musique écoutée) pourquoi lorsqu’il existe un lien statistique entre deux phénomènes A et B, il se peut que A implique B, B implique A ou qu’il n’y ait un lien entre les deux que par rapport à une ou plusieurs autres variables C qui influencent A et B de la même façon.

Lisez les trois propositions suivantes, volontairement caricaturales, d’abord sans lire les renvois.

« Je suis un type violent, donc j’en viens à écouter du rap (*). »

« J’écoute du rap, donc j’en deviens violent. (**) »

« Je viens de la Cité, donc je suis violent et j’écoute du rap.(***) »

Laquelle ou lesquelles vous semble(nt) réellement crédibles ? Les renvois expriment ma façon spontanée de penser le problème. Évidemment, ça se discute.

(*) parce que c’est bien connu les types violents écoutent du rap ; d’ailleurs une étude l’a montré récemment…
(**) parce que tous ces appels à tuer des flics, je les kiffe sévère et sans le rap, j’aurais jamais braqué une vieille de ma vie.
(***) parce que dans ma cité, il y a de la violence et tout le monde écoute du rap.

Deux mots sur une chronique

Je savais qu’en ne citant pas de noms dans la chronique du livre de Laurent Mauduit, je m’exposais à ce genre de commentaire (d’un lecteur du blog de Laurent Mauduit) :

« Ceci dit, le critique prend soin de ne pas citer de noms, ce qui annoncerait clairement une envie de durer, qui ne convient pas généralement avec le goût de la vérité. »

C’était pourtant un choix différent. Le livre de Mauduit doit contenir des noms, pour en inférer des généralités. Je voulais synthétiser les généralités. Ceux qui suivent ce site savent que Attali, Minc et d’autres sont des gens avec qui je n’ai rien à faire (et alors, eux, de leur côté, je ne vous en parle même pas…). Ils savent aussi que dire du mal ne me pose pas de problème particulier quand ça me chante et que c’est justifié, à mon sens. La réalité, c’est que dire du mal de personnes connues est la meilleure façon de faire du buzz. L’autre réalité, c’est que si je voulais durer, j’accepterais plus souvent des passages media. Or, sans crouler sous les demandes quotidiennes, j’en refuse régulièrement (pas forcément pour des fanzines ou des télés sans audience). Je ne suis pas Attali ou Minc, je ne parle que quand je pense apporter quelque chose d’intéressant. Notamment pendant les promos de bouquin, autant par loyauté pour mon éditeur que par envie de faire connaître le livre.

Bref, je suis très libre (on ne l’est jamais totalement). Et même si je comprends cette remarque, je veux dire simplement qu’elle ne reflète pas la vérité, pour laquelle j’ai un goût assez marqué, mine de rien.