Le tennis : un sport compliqué

J’apprends l’existence d’une polémique concernant la rémunération paritaire des hommes et des femmes dans, si j’ai bien compris, les tournois du Grand Chelem. Gilles Simon a mis les pieds dans le plat, en expliquant que ce n’était pas normal, le tennis masculin étant plus suivi et apprécié des spectateurs.

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Les enseignants de lycée sont trop payés

Dominique Seux se penche sur le salaire des profs. Seux a reçu une clé usb d’un chef d’établissement, un lycée de province (ça a un côté Wikileaks assez savoureux). Dedans, le récapitulatif des rémunérations des profs du bahut. La moyenne étant à 2 800€ mensuels nets, il en déduit que les récriminations des enseignants sur leurs revenus sont exagérées. Il prend la peine de modérer son propos, notant par exemple la dispersion importante et quelques blablas sur la nécessaire rémunération élevée des enseignants, blablabla. Mais le message est clair.

Quand on en arrive à ce stade de pauvreté dans l’utilisation de « supposées » statistiques, je pense qu’il est temps de prendre une décision : ne plus écouter les chiffres. Ou les étudier proprement, pas comme des porcs.

Est-il utile de détailler ? Sur l’école, après Le Monde, ce sont donc les Echos qui se moquent de vous (Le Monde bien moins, tout de même…).

PS : quand je pense à tous ces idiots qui manipulent des statistiques et prennent le temps de rédiger des pages de notes méthodologiques pour accompagner leurs résultats, je me dis… ben, je me dis que ce sont des gens sérieux et que ce n’est pas donné à tous.

Des liens

How Euro economies are being choked by an accounting identity. Eh oui… Ce ne sont pas les premiers à le dire, mais il s’agit du genre de choses qu’il faut répéter et reformuler. A noter, Brender, Gagna et Pisani viennent de sortir un livre sur la crise des dettes souveraines (j’ai commencé à le lire, je vous en reparlerai). Vous pouvez vous le procurer en français dans la collection repères. Ou le télécharger (gratuitement) en anglais.

Austerity: Too Much of a Good Thing ?. Un ensemble d’articles sur les politiques budgétaires à mener en Europe. Compilé par VoxEU dans un fichier PDF.

The Euro Is Flat. Paul Krugman découvre que la Grèce et le Portugal ne sont pas si pauvres que ça.

How to Escape a Lowly Socioeconomic Class: Go to College. S’éduquer paie encore et toujours.

Les réseaux sociaux d’aujourd’hui. Un monde décidément bien petit. On se connaît tous plus ou moins, en fait. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne nouvelle.

Anna Schwartz, Economist Who Collaborated With Friedman, Dies at 96. Si à chaque billet de liens, je dois mentionner le décès d’une grande économiste, je vais finir par arrêter. On peut se consoler en se disant qu’on n’est pas en mesure d’annoncer les naissances des futures grandes économistes, mais qu’elles doivent bien arriver…

Labor’s Paradise Lost. Robert Skidelsky revient sur l’ère de l’opulence promise par Keynes (et qui n’est pas là, cette buse…). Pour lui, si j’extrapole un peu ses propos en les reliant à ce que disait Keynes, c’est parce que nous ne voulons pas être des artistes ou amateurs d’art. Nous préférons consommer. « we have largely failed to convert growing technological unemployment into increased voluntary leisure. The main reason for this is that the lion’s share of the productivity gains achieved over the last 30 years has been seized by the well-off. (…) Modern capitalism inflames through every sense and pore the hunger for consumption. Satisfying it has become the great palliative of modern society, our counterfeit reward for working irrational hours. Advertisers proclaim a single message: your soul is to be discovered in your shopping. »

Le retour à la drachme serait-il un drame insurmontable ?. Pour le faire court : faut voir. Le genre d’article qui laisse interdit les non économistes…

Hollande : comment gérer l’après Merkozy ?. Ce qui est un peu pénible avec la crise de l’euro, c’est la répétition des articles qui font le point sur ce qu’il faudrait faire, ce qui pose problème pour le faire et qui se concluent irrémédiablement par quelque chose comme « Il est grand temps d’agir ». Un peu pénible, mais pas inutile. Voici la contribution de Charles Wyplosz cette semaine.

Encadrer les prix de l’immobilier, que dit vraiment la théorie ? (première partie et deuxième partie). Jean-Edouard, de mafeco, est de retour. On en redemande.

McWages Around the World. Tim Taylor, qui prépare peut-être une reconversion, a étudié les salaires chez Mc Do dans différents pays. Verdict résumé : aux Etats-Unis, c’est le mieux et en Europe de l’Ouest, c’est carrément bof.

Le niveau baisse. Mais, du coup il monte

L’idée que la démocratisation scolaire est une bonne chose bute le plus souvent sur le même argument : le niveau baisse, on le voit bien en regardant le niveau moyen des élèves qui arrivent à un degré donné. Les élèves de terminale d’aujourd’hui sont moins bons que ceux qu’on connaissait dix ans en arrière. Et c’est le cas à tous les niveaux d’études. Conclusion : la démocratisation scolaire est un leurre, les élèves sortent de l’école avec le même niveau qu’avant, ils ne font que rester plus longtemps à l’école sans y progresser. Ce qui est un gaspillage notoire. C’est pourtant une erreur. Exprimé simplement, l’idée est la suivante. Si des élèves qui n’accédaient pas aux niveaux d’études supérieurs y accèdent désormais, peu importe qu’ils y apprennent moins de choses que ceux qui y accédaient traditionnellement. Comparés à leurs aînés ou à leur équivalents dans un pays sans démocratisation scolaire, ils sont meilleurs que ce qu’ils auraient été sans démocratisation scolaire, ce qui améliorent le niveau d’ensemble du système scolaire. Dit comme cela, ce n’est pas forcément clair pour tout le monde. Illustration avec un peu d’arithmétique.

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En passant

Le dernier livre de Paul Krugman, End This Depression Now a été traduit sous le titre Finissons-en avec cette crise… maintenant !. Il sortira aux éditions Flammarion le 5 septembre (19€). Je suis en train de lire la VO. Peut-être une chronique en juillet. Je peux déjà vous dire que c’est agréable à lire et bien vulgarisé. Antoine Belgodère en a par ailleurs parlé sur le forum.

Un index de documents répertoriés par Thierry Pech dans son Temps des Riches

Comme annoncé dans la chronique de son ouvrage, je référence ici certaines données rapportées par Thierry Pech dans son livre Le temps des Riches. Il s’agit d’un index, pas d’une évaluation critique. Les sources sont communiquées autant que possible, avec un lien vers le document original quand il est disponible. Le livre est découpé de telle sorte que les données chiffrées sont concentrées dans les sept premiers chapitres.

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J’aurais pu y penser avant

Il y a quelques années, j’avais écrit un truc sur le bac. J’y avançais, entre autres choses, qu’on focalisait sûrement trop sur cet examen, dont la valeur en soi était largement symbolique, quand on rapportait son coût à son rendement.

Bizarrement (ou pas), à l’époque, je pensais que cette petite obsession était d’abord le fait des familles. Peut-être ai-je négligé les enseignants de lycée ? Après tout, que leur reste-t-il de reconnaissance sociale à part la préparation à cet examen ?

C’est une question ouverte.

Personne n’en sait rien, mais je vais vous expliquer (S03E10)

Aujourd’hui, dans cet article de Matthew Lynn, j’ai lu la phrase la plus sage depuis quelques temps sur l’issue de la crise de l’euro :

« No one can know for sure. There are so many actors on the stage and so many conflicting ambitions and pressures on each of them that every prediction has to be hedged with uncertainty. »

J’étais content. Le « uncertainty », pour un économiste, ça veut vraiment dire « On n’en sait foutrement rien. ». Mais, juste derrière, il ajoute :

« But here’s how it might come to a head over the summer (…) »

Ben eh, comment voulez-vous dire après « Je l’avais bien dit », si vous n’expliquez pas avant ce qui va arriver ?

Bon, à part ça, il paraît que c’est la Finlande qui va tout achever.

Des liens récents

On commence par une triste nouvelle. La brillante et sympathique Elinor Ostrom, co-lauréate 2009 du Sveriges Riksbanks Pris i Ekonomisk Vetenskap till Alfred Nobels minne a quitté ce monde aujourd’hui et peut enfin ne plus s’occuper de savoir comment ses abrutis de congénères pourraient mieux exploiter les ressources communes. Un aperçu de ses travaux dans ce billet. R.I.P Madame Ostrom.

Enfin, elle, au moins, elle a eu un bon chèque. Pour ceux qui viendront après, c’est plus tellement ça. Les errements financiers touchent encore de plein fouet la recherche…

Luigi Zingales n’est pas un imbécile (jusqu’à preuve du contraire), il change d’avis. Au sujet de la séparation des banques d’investissement et des banques de dépôt. Une application intéressante de la logique de l’optimum de second rang.

La dépression menace toujours. Comme après chaque crise bancaire majeure, l’activité économique est durablement fragile. Et les problèmes sont loin d’être réglés. Banques et Etats sont sous tension. Pour Martin Wolf, la situation est mûre pour que la panique gouverne : « Before now, I had never really understood how the 1930s could happen. Now I do. All one needs are fragile economies, a rigid monetary regime, intense debate over what must be done, widespread belief that suffering is good, myopic politicians, an inability to co-operate and failure to stay ahead of events. ».

Le Reste du monde (anciennement ecointerview) nous redit pourquoi Coe-Rexecode nous fait marrer il faut savoir raison garder quand on parle des 35 heures et de la compétitivité.

Alexandre se marre un coup avec une chronique libé titrée Et si le déficit public français était trop faible ?. La généralisation du cas France Telecom à l’ensemble de l’économie peut être discutée, mais l’essentiel n’est pas là. La question est bel et bien pertinente et l’angle d’approche n’est qu’une variation, à base d’un exemple concret, sur les raisonnements élémentaires concernant les équilibres macroéconomiques.

Une présentation, pour ceux qui ne connaissent pas encore, du Market Monetarism. Par Lars Christensen.

Un peu d’espoir dans un monde pessimiste. Comme quoi, il y en a encore qui sont certains que l’UEM va s’en sortir (et peut-être même s’en sortir renforcée).

Pierre-Yves Geoffard s’en prend à la présidence normale, incapable de concevoir que la consommation de drogue puisse être un problème plus subtil à régler que par la loi et la prohibition systématiques.

Et je ne résiste pas à la tentation politico-people du jour… La longue liste des anomalies dans les comportements rationnels s’allonge grâce à Valérie Trierweiler. On n’est dans un contexte local et électoral. Faudrait quand même veiller à ce que, sur d’autres sujets, l’économie politique ne se transforme pas en économie politico-sexuelle. Mais ce n’est pas grave, c’était un prétexte pour vous renvoyer vers cet article de Jim McFadden sur la rationalité (qui ne traite pas spécifiquement de concurrence sexuelle, je le précise).

Econ Chuck Norris Fact du jour – 02/06/2012

Si la théorie de l’équilibre général n’a pas totalement abouti, c’est parce que Walras y a parlé de « commissaire-priseur » au lieu de dire « Chuck Norris ».

Et en guest star, le Econo Chuck Norris Fact du jour de Vil Coyote :

Si Chuck Norris avait été agriculteur au XIXième siècle, Ricardo n’aurait jamais pu évoquer la loi des rendements décroissants.

Redécouvrez avec gravité et respect tous les Econ Chuck Norris Facts.

Liem, Liem, Liem…

Dominique Albertini nous explique pourquoi Le contrat de travail unique n’est pas pour demain, dans un article qui pourrait en gros se résumer à « Presque personne ne trouve cela convaincant ou intéressant ». Admettons. Je conçois que le MEDEF aime bien les CDD et que les syndicats aient peur d’un dispositif qui par nature amènerait à moins de protection de l’emploi (l’emploi étant par définition occupé par un salarié, donc la cible syndicale naturelle). J’ai déjà évoqué ces questions récemment. J’ai néanmoins relevé une citation de Liem Hoang Ngoc :

« Il n’y a pas de relations entre le degré de protection de l’emploi dans un pays et les performances en matière de croissance et d’emploi, insiste le secrétaire national adjoint à l’économie au Parti socialiste, Liem Hoang Ngoc. Les réformes dites structurelles sont en fait des politiques d’austérité. Vous pouvez en faire autant que vous voulez, si les besoins d’emplois n’augmentent pas, la file d’attente ne diminuera pas. »

Absolument, il n’y a pas de lien entre taux de chômage et protection de l’emploi, c’est un fait incontestable et incontesté. Mais il y a un lien entre durée du chômage et protection de l’emploi, entre protection de l’emploi et envie de se jeter par la fenêtre parce qu’on occupe un CDI qu’on n’ose pas quitter de peur de ne pas en retrouver un. Qu’un eurodéputé de gauche, ne tienne pas compte de cet aspect me surprend un peu.

On ne peut pas toujours tout résumer à une tuyauterie circuitiste où seul le niveau des flux qui s’écoule compte.