Valerie Ramey sur l’agenda de la recherche

En écho à ce que je disais à propos de l’agenda des recherches, je suis tombé sur ces remarques de Valérie Ramey dans cet article de 2011 :

« Before 2008, the topic of short-run effects of fiscal policy was a backwater compared to research on monetary policy. One reason for the lack of interest was the belief that the lags in implementing fiscal policy were typically too long to be useful for combating recessions. Perhaps another reason was that central banks sponsored many more conferences than government treasury departments. When the economy fell off the cliff in 2008 and the Fed reached the dreaded « zero lower bound » on interest rates, however, it became abundantly clear that more research was needed. »

"Ce n’est pas une crise de la dette, mais des compétitivités"

Allons bon, voilà éconoclaste qui nous ressort le couplet sur la dette ? Non, c’est Eric Le Boucher, bien connu pour ses idées laxistes en matière de finances publiques (ironie). « Ils ont cru, nous avons tous cru, que la crise européenne commencée en Grèce était une crise des dettes souveraines ». Le Boucher se base sur un document publié par Bruegel qui est une bonne synthèse sur le sujet. Ce qu’il faut comprendre, c’est que cette analyse vient d’une réflexion progressive, menée essentiellement outre atlantique mais pas seulement et qui, progressivement, au travers d’articles, billets de blogs, chroniques et livres, a permis de dresser un tableau consistant des causes de la crise.

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Amy Finkelstein remporte la John Bates Clark Medal 2012

Pour ses travaux sur les asymétries d’information dans le domaine de la santé. Bravo à elle.
A part ça, ça fait deux années de suite qu’un Français n’est pas récompensé par cette distinction. C’est qu’on commençait à s’y habituer… puisque Esther Duflo (en 2010) et Emmanuel Saez (en 2009) avaient été distingués avant Jonathan Levin (en 2011).

Quelques infos glanées sur l’évolution des inégalités dans l’OCDE

J’ai utilisé, pour les besoins d’un cours, le document suivant de l’OCDE sur l’évolution des inégalités. Je vous fais profiter du petit topo suivant (qui porte sur les pays de l’OCDE dans leur ensemble, des singularités existent).

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Ma trombine partout, spécial campagne électorale

Pour raisons personnelles, peu de présence sur le blog. J’ai des tas de notes de lecture à écrire, des tas d’idées de posts, pas de temps. Cela pourrait s’arranger d’ici un mois.

En attendant, sur la campagne électorale, vous pouvez lire :

Mon interview pour le magazine italien Linkiesta, en italien, ou en anglais.

Et bien sûr, chaque lundi (en accès libre le mardi) mes chroniques de campagne dans libération.

Au fait, pour ceux qui se demandent…

Nous n’avons pas commenté les programmes de campagne des candidats, parce que nous avons considéré que, globalement, il n’y avait rien à commenter. Pour analyser des idées, il faut des idées. On a bien cherché, on n’a pas trouvé. Ou plutôt, tout était fait – plus que de coutume encore – pour que les bribes d’idées soient fuyantes et impossibles à discuter avec un minimum de recul. Les bonimenteurs ont gagné. Et il faut être fair play : chapeau les gars…

Le ministère de l’éducation nationale renforce-t-il les inégalités ?

Dans un article publié par Le Monde, déjà très commenté et intitulé Ecole: les moyens attribués renforcent les inégalités, Maryline Baumard avance que l’affectation des moyens aux différentes académies par l’Education nationale est inégalitaire, favorise ceux qui en ont déjà le plus et défavorise encore les moins favorisés. Une très rapide analyse montre que ce n’est pas convaincant sur les données utilisées.

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Malentendu ou facilité ?

S’il y a une idée scientifique qui s’est plutôt bien diffusée au fil du temps, c’est que relever une corrélation n’est pas démontrer une causalité. Il faut s’en réjouir. Néanmoins, à y regarder de plus près, tout est loin d’être parfait. D’abord, l’idée que corrélation n’est pas causalité (qu’on notera CNPC par la suite) est très contingente chez la plupart des gens. Quand la corrélation va dans le sens de ses préjugés, on a tendance à l’oublier. Ensuite, son utilisation pose à mon sens problème dans l’usage quasi complotiste qui en est régulièrement fait. Qu’un auteur avance qu’une relation entre deux variables est avérée et l’argument CNPC est vite dégainé, balayant d’un revers le travail économétrique mis en avant. Certes, il y a de bonnes raisons de se méfier des résultats de travaux économétriques sans disposer du recul suffisant. Entre le choix des données, les méthodes utilisées ou même les erreurs, les études fallacieuses ne manquent pas. Mais du scepticisme au rejet pavlovien, il y a une marge. L’économétrie est une discipline complexe. Juger en profondeur de la qualité d’une étude peut nécessiter beaucoup de temps et de compétence, même pour un spécialiste. Dans un tel domaine, plus que dans d’autres, c’est sur le travail des pairs que repose la validation des travaux. En d’autres termes, quand on n’est pas économètre, on doit faire confiance un minimum au jugement académique et considérer l’état des connaissances tel qu’il est : une construction progressive qui peut être affinée, voire remise en cause.

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L’Europe à l’honneur

Les lecteurs de ce blog sont familiers de la No brain campaign, dont le logo officiel fait son apparition régulièrement en illustration de certains de nos billets. Je suis heureux de vous annoncer la naissance de la European No Brain Campaign. Une naissance tardive, dont on pourrait même se demander pourquoi elle s’est tant faite attendre. L’erreur est corrigée…

Et pour introduire en souplesse cette nouvelle signalétique, un texte de Jonhatan Portes, du blog Not The Treasury View.