Une question

Quelqu’un peut me confirmer (ou infirmer) que ce bouquin est la traduction de Endogenous Growth Theory ? Si c’est le cas, c’est plutôt bien pour ceux qui sont allergiques à l’anglais.

Affaire réglée : non, ce n’est pas celui là, puisque sa traduction existe déjà depuis bien longtemps. Je l’avais oublié… Merci Gu Si Fang de me l’avoir rappelé.
Si d’autres ont des informations sur celui-là, vous pouvez les partager…

Déjà-vu

« Ce jeu où, en réaction aux inquiétudes du public, les dirigeants politiques et institutionnels rivalisent de promesses et de mesures intenables est extrêmement pervers. Lorsqu’on constate que les promesses n’ont pas été tenues, il en résulte une méfiance, un cynisme et un désenchantement généralisés vis-à-vis des institutions, sentiments qui à leur tour alimentent les peurs. L’autre effet de ce jeu est la multiplication des actions bureaucratiques, des lois et interventions mal conçues parce que élaborées sans recul, qui ne font que rendre la société encore moins résiliente face aux risques, et le public encore plus désorienté et désabusé face à un environnement toujours moins compréhensible. »

Twitter, Toulouse, Montauban et la sagesse des foules

En lisant les tweets qui évoquaient les massacres du sud ouest hier, j’ai été frappé (sans surprise) par leur fréquente bêtise, vacuité ou mièvrerie. Aujourd’hui, je me suis demandé si ce qui pouvait être une plateforme de sagesse des foules dans cette affaire était mal exploité.

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38 témoins ?

J’ai découvert que le film 38 témoins était basé sur un célèbre fait divers américain du siècle passé, le meurtre de Kitty Genovese à New York en 1964. Le résumé du film semble accréditer la thèse première, acceptée pendant longtemps : des tas de gens peuvent assister à un meurtre sans même prendre la peine de contacter le police. Je préviens. Il n’est pas question ici de dénigrer le film pour cette raison. C’est une fiction. Donc, dans une fiction, on fait ce qu’on veut. Faire ce que l’on veut c’est interroger une thèse, la soutenir ou imaginer qu’elle aurait pu être la bonne dans un contexte différent, même si ce n’est pas le cas.

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Vous voulez lire une note de lecture sur quoi ?

Mon programme de rédaction de chroniques de livres va reprendre après une petite semaine de pause. Dans la liste précédemment mentionnée, il me reste :

Repenser l’Etat, par Philippe Aghion et Alexandra Roulet et Vingt propositions pour réformer le capitalisme, un ouvrage collectif (toujours en cours de lecture, ce sont des chapitres plus ou moins indépendants, donc je zappe) et The Race Against The Machine de Brynjolfsson et McAfee.

Entretemps, j’ai lu La fabrique de la défiance de Algan, Cahuc et Zylberberg qui vaut le coup d’être chroniqué. J’ai aussi lu Le temps de riches de Thierry Pech qui contient des choses intéressantes car documentées.

Finalement, je viens de commencer Economie de la confiance d’Eloi Laurent qui s’annonce de très bon niveau.

Je vais m’occuper de The Race Against The Machine en priorité. Pour la suite, je vous laisse voter ! Pas besoin de téléphone mobile, de sms surtaxés. En plus, aucun livre ne sera laissé sur le bord de la route (au contraire, ceux qui sont « éliminés » reviennent dans les émissions suivantes). Postez juste en commentaire le titre du bouquin. Demain, je ferai le décompte et vous annoncerai le titre élu (scrutin à un tour, huissier de justice tout ça. Règlement disponible sur demande). Après, y aura plus qu’à…

Add : Euh, je précise qu’on vote pour un candidat qui se présente. Donc inutile de me demander un bouquin qui n’est pas dans la liste actuelle…

Résultat du vote : après 24 heures d’ouverture du bureau de vote, c’est donc, d’une courte majorité (quelque peu discutable vu que certains ont griffonné sur le bulletin un autre titre) que La fabrique de la défiance remporte le scrutin. Je chroniquerai Repenser l’Etat juste après. Merci aux électeurs de s’être déplacés en masse.

Le méchant libéral, les sondages, l’analyse économique du vote et l’observatoire des sondages

L’observatoire des sondages a récemment publié une note concernant deux publications d’économistes : celle de Bruno Jérôme et Véronique Speziari et celle de Bertrand Lemennicier, publiée sur Contrepoints. Une note ou un réquisitoire, au choix. Un extrait :

« Au moins les sondeurs ne prétendent-ils pas faire des prédictions. Sans bouder rétrospectivement leur plaisir si leurs chiffres d’intention de vote ne sont pas éloignés des résultats réels. Ils savent cependant que les sciences sociales ne sauraient dire l’avenir. Qui le prétendrait sinon des économistes dont on sait qu’ils sont passés maîtres dans l’art de se tromper tout en oubliant. Or, non contents de se livrer aux prédictions les plus fausses des conjoncturistes et autres prophètes, quelques uns d’entre eux se livrent à des opérations fantaisistes sur les votes. »

Je ne connais pas l’étude de Jérome et Speziari. En revanche, j’ai parcouru l’article de Lemennicier. Je ne parlerai donc que de celui-ci.

Le fait est que les modèles d’analyse et de prédiction du vote sont anciens et sont un outil parmi d’autres d’analyse économique (de la vie politique). Le fait est que l’article de Lemennicier est bien fait, conforme à ce qui se fait en analyse économique du vote (pour ce que j’en connais en tout cas), pédagogique, long et intéressant pour ces raisons.

Le fait est que l’analyse qui est faite est une analyse unidimensionnelle (on ne prend en compte qu’un critère de préférence, l’attachement partisan) qui, comme le précise l’auteur « est une simplification, mais cette représentation unidimensionnelle permet néanmoins de rendre compte des changements dans la structure de la compétition électorale française ». Le fait est que ce n’est probablement pas suffisant pour explorer toutes les voies de ce type d’analyse et que les résultats doivent donc être pris avec prudence. Mais… le fait est que quand on voit la longueur de l’article, on peut comprendre que Bertrand Lemennicier n’ait pas le temps de faire plus en un laps de temps limité et que d’autres peuvent s’en charger, le cas échéant. Le fait est, donc, que, toutes précautions prises, c’est déjà pas mal et que la conclusion « Sarko va gagner » doit être comprise dans le sens « d’après notre modèle et toutes les lacunes qu’il peut comporter ».

Enfin, la préconclusion de l’article témoigne d’une modestie appropriée : « Les électeurs ne sont pas des nuages mais des êtres humains rationnels. Cependant, pour des élections, faute de profits prévisibles à la clef (les électeurs peuvent de manière non intentionnelle bénéficier individuellement des conséquences de la politique menée par leurs ennemis idéologiques ou de classe), ils agissent rationnellement de manière irrationnelle contrairement à ce qu’ils font sur un marché boursier. C’est cette différence essentielle qui laisse une marge à notre méthode mais aussi aux astrologues comme aux prévisionnistes, sondeurs, économètres et parieurs de tenter leur chance en prédisant l’avenir et peut-être de réussir. ». On ne peut être plus explicite.

Alors, pourquoi tant de véhémence ? Je crains que ce ne soit parce que Lemennicier est (dixit l’observatoire) « un néolibéral ». Oh, c’est même pire que cela, c’est un libertarien. Il faut bien le dire, chez les libertariens, on n’a pas que des gens très sérieux. Mais il m’est arrivé suffisamment souvent de tomber sur des articles de Lemennicier très lisibles et instructifs pour considérer qu’il ne mérite pas d’être classé parmi les zozos. Cet article en est un bon exemple. Bien sûr, on pourra lui reprocher de donner Sarkozy gagnant, de tenter de peser dans une logique autoréalisatrice sur le résultat. Mais on aurait préféré une critique plus étayée de la méthodologie de l’article (que les auteurs du site sont tout à fait capables de rédiger), plutôt qu’une brève sanglante qui, au passage, s’appuie sur le cliché de l’économiste impérialiste, prétentieux, manipulateur et sans complexes. C’est peut-être parfois vrai, à divers égards. Mais là, on passe à côté du sujet. C’est dommage.

La Corée du Sud transpire-t-elle encore ?

Cet article sur le burn out croissant des sud coréens m’a immanquablement rappelé ce vieil article de Paul Krugman (1994) concernant le miracle asiatique. Krugman y expliquait que la croissance des 4 dragons (Taïwan, Singapour, Hong Kong et la Corée du sud) était basée sur l’accumulation des facteurs de production, davantage que sur le progrès technique. « La transpiration plutôt que l’inspiration », pour reprendre l’expression de Krugman.

Il faut être sérieux, la Corée du sud n’est pas (ou n’est plus) l’URSS, pays auquel Krugman comparait à l’époque le « miracle » asiatique. Pour ne retenir que deux indicateurs, le PIB par habitant (en Parité de pouvoir d’achat) de la Corée du Sud est très proche de celui de la France et ses performances en matière d’innovation ne sont plus à démontrer. Mais la productivité du travail y est modeste parmi les pays de l’OCDE. Un reliquat de transpiration…

Lisez l’article de Krugman (qu’on peut retrouver dans son classique La mondialisation n’est pas coupable). Même si pas mal d’éléments factuels sont dépassés, il contient de la bonne économie.

En pratique, le livre numérique, c’est pas facile

Il y a un an, j’avais commandé un livre de la collection repères en version numérique. Une fois payé, pas de téléchargement disponible. J’écris, on me répond : « désolé, en fait, on l’a pas, on vous rembourse ». Ce qui fut fait, et vite. Cette semaine, je commande encore un ouvrage de la même collection (sur un autre site). Je paie, télécharge et… c’est pas le bon livre (en plus , je l’ai déjà en version papier). J’ai envoyé un mail. J’attends.

Hasard ou pas, je pense que je vais réfléchir à 4 ou 5 fois avant de commander un ebook de cette collection, si vénérable par ailleurs. Comme mon but est de prévenir les mauvaises surprises et pas de me plaindre (il y aurait matière, mais bon, c’est pas la fin du monde), je vous tiens au courant de la suite des événements.

Ah, et puis, il faudra aussi qu’on m’explique pourquoi l’application Kindle for Android ne marche pas sur ma tablette sous Andro 2.2 (et marchait super mal sous 2.1). Non, je vous dis… c’est pas facile. (Add : apparemment, faut du 3.2 pour faire tourner la dernière version de l’appli kindle… Commercialement, faut qu’on m’explique).

Quand le boniment à la Wauquiez s’avère plutôt fondé

C’est clair, dans la lignée de ce que j’évoquais récemment, Laurent Wauquiez est un bonimenteur. Il joue avec les chiffres comme si la réalité n’existait qu’à peine. C’est un peu le point de vue de Désintox qui démonte encore une fois les propos du ministre. Il lui est reproché ici de grossir la charge supplémentaire qu’occasionnerait une hausse des cotisations sociales visant à financer les dispositifs de départ à la retraite pour les individus ayant connu des carrières longues (proposition de François Hollande) :

« Pour 3 000 euros de salaire net (environ 3 800 euros brut), on parvient (pour une augmentation des cotisations de 0,5%) à une hausse des cotisations salariales de 19 euros par mois, soit 228 euros par an. Le calcul est exact. Mais comment arriver à 500 euros alors ? En fait, Wauquiez double la mise en ajoutant aussi l’augmentation de la part patronale ! Comme si les cotisations patronales étaient aussi déduites du salaire. Ce qui d’un coup fait passer le total, au bout de cinq ans, à 460 euros, que le ministre arrondit à 500 euros. ».

Le calcul est donc exagéré et présenté tel quel, totalement injustifiable. Nonobstant, la funeste prédiction de Wauquiez pourrait se réaliser. Et ceci en raison de ce désagréable phénomène appelé incidence fiscale. En principe, les cotisations patronales sont payées par l’employeur. Mais sur le marché du travail, ce qui détermine la demande de travail est le coût total du travail. Ce qui inclut les charges sociales, quel que soit leur statut (salariales ou patronales). En d’autres termes, une hausse des cotisations patronales peut très bien se solder par une baisse du salaire net compensant la hausse des cotisations patronales. C’est bien le salarié qui paie la hausse des cotisations. Tout dépend de l’élasticité de la demande et de l’offre de travail. Je vous renvoie à cet article de Julien Grenet sur écopublix qui explique tout cela simplement.

Je ne suis pas certain du tout que Wauquiez soit au courant de tout ceci. Une chose est certaine, même s’il n’a pas tort, il a légèrement omis quelques détails pour aboutir à sa conclusion chiffrée « par l’exemple ». Et ce n’est pas très bien comme démarche. On pourra ajouter qu’à force de prendre comme exemple le ménage français moyen de Haute Loire qui gagne 3 000 € nets par mois, on perd pas mal en généralité…

Requiem pour un hymne à l’optimisation fiscale (en TEPA majeur)


Propos et photo tirés de cet article du monde.

Je n’ai jamais écrit de nécrologie pour quelqu’un. Peut-être un petit truc qui s’en rapproche pour un ami parti trop tôt. Mais ça n’a rien à voir, vu que je le connaissais vraiment et qu’une nécro, c’est pour les gens qu’on connaît pas. Alors, écrire le requiem de la loi TEPA, qui m’a tant donné financièrement pendant deux ans sans que je ne lui demande rien ni ne la rencontre (hélas, là, c’est déjà fini, les heures sup, c’est comme dans la chanson du blond horipilant, "ça s’en va et ça revient" ; ou disons l’inverse) est un honneur. Une loi stupide, inefficace, injuste. Et même si vous en êtes déjà convaincu, peut-être trouverez-vous dans ces lignes des raisons de ne pas en démordre.
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Du foot, du foot, du foot à 75%

Suite aux inquiétudes manifestées par le milieu du football (et par David Douillet aussi ; mais bon…), Claude Onesta, sélectionneur de l’équipe de France de Hand donne son avis sur l’impact sur le foot professionnel français de la proposition de fixer le taux marginal maximal de l’impôt sur le revenu à 75%. Ce qui en est retenu par beaucoup me semble rendre bien peu justice à l’intelligence d’Onesta. Quelques extraits cités par les uns et les autres reprennent le côté citoyen, solidaire, etc. Bon, ok, pourquoi pas ? Quand on lui parle, par exemple, du foot espagnol, il répond « D’accord, mais vous trouvez normal de payer des joueurs des sommes pareilles dans un pays dont 24% de la population active est au chômage ? Un champion ne vit pas dans une bulle. Il est dans la cité ». Quand on évoque les tennismen et l’exil fiscal, il coupe : « Pas de soucis. On ne reste pas dans un pays parce qu’il vous permet de protéger le trésor mais parce qu’on y a des amis, qu’on partage des valeurs avec ceux qui y habitent. Donc, qu’ils s’en aillent. ». Certes. Mais, sans qu’un tel point de vue ne soit pas respectable, discutable, défendable ou autre, ça n’a rien d’exceptionnel, ma foi.

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Si ça peut aider quelqu’un…

J’ai trouvé un éditeur HTML WYSIWYG gratuit pas mal du tout (à installer en local sur son poste). Avec notamment insertion de formules mathématiques. Après quelques jours d’essai, je le trouve pas mal, sauf sur les raccourcis claviers pour des mises en forme de base (il n’y en a pas… c’est tout au clic). C’est Amaya. Voili voilo.

L’étrange packaging de la proposition de Sarkozy sur l’école

D’après un sondage, les Français préfèrent plus de profs à moins de profs travaillant plus et mieux payés. Ce qui se résume à « Hollande bat Sarkozy sur l’école ». Cette préférence serait liée au problème des classes surchargées, que la proposition de Nicolas Sarkozy semble aggraver aux yeux des sondés. Sauf que…

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