Les grands mystères économiques, 1 : la compagnie des étrangers

Ce post est le début d’une série, consacrée à ce qui me semble constituer des mystères économiques : des questions pour lesquelles je n’ai jamais trouvé d’explication vraiment convaincante (vous me direz, rares sont les explications vraiment convaincantes en économie), mais surtout, des questions que très peu d’économistes semblent se poser alors qu’elles me semblent mériter un meilleur traitement. N’hésitez pas à envoyer des suggestions, je verrai ce que je peux en faire.

NB : Les commentaires du genre « Kurt von Schplarf, grand théoricien de la monnaie, a entièrement résolu ce problème dans son ouvrage de 3000 pages, admirablement résumé dans ce numéro de la Marxist heterodox econophlogistics review » seront soumis au ridicule qu’ils méritent.

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Valérie Pécresse se moque du monde

Chacun connaît le prix Busiris, qui récompense l’usage abusif du droit dans les discours politiques. Rappelons que pour mériter ce prix, une personnalité politique doit énoncer « un propos juridiquement aberrant, si possible contradictoire, proféré de mauvaise foi, et mû par l’opportunité politique plus que par le respect du droit ».

Le prix Busiris est cantonné au droit. Mais les propos aberrants, contradictoires, opportunistes et de mauvaise foi, ne se limitent pas à ce domaine. La preuve, ce matin, par Valérie Pécresse, qui invitée sur Itélé, a gratifié les spectateurs de cette magnifique perle (à 3’30 dans la vidéo) :

La règle d’or, c’est une petite révolution. C’est la règle du bon sens. c’est demander enfin – parce que ca fait 35 ans qu’on vote le budget, les comptes publics, en déficit – donc, c’est demander à l’Etat de s’appliquer à lui même la règle que tous les français s’appliquent tous les jours, c’est à dire j’ai un euro à dépenser, je ne dépense pas plus d’un euro.

Bien, bien. Commençons :

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Test antidopage : le cas Contador.

Dans cet article, un spécialiste de la lutte contre le dopage affirme sa certitude que le test positif au Clenbutérol de Contador, lors du tour de France 2010, ne lui vaudra aucune sanction, et que sa version est la bonne. Rappelons que Contador a été testé positif un jour de repos, après un test négatif la veille, et a justifié ce test positif par le fait d’avoir consommé un steak qui devait contenir du Clenbutérol (celui-ci est initialement un produit vétérinaire). Or comme le produit ne peut servir qu’en cure longue, ou de façon ponctuelle un jour d’effort, il est absurde d’en avoir pris un jour de repos.

Je n’ai pas de compétence médicale ou pharmacologique; je suis néanmoins frappé de constater que l’hypothèse sous-jacente de ce spécialiste, c’est que le test positif et les tests négatifs précédents sont tous justes. Mais est-ce vraiment le cas? C’est l’occasion d’illustrer le problème statistique posé par ce genre de tests.

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Chiffres en folie : le coût des cyberattaques

On a récemment attiré mon attention sur cet article du Figaro, dont l’auteur essaie d’évaluer le coût des cyberattaques. Le désarroi de l’auteur de l’article est visible : ayant cherché diverses sources d’information, il a bien du mal à relever la moindre cohérence. Un chiffre, surtout, sort du lot : selon une étude commandée par McAfee, en 2008, les cyberattaques auraient coûté environ 1000 milliards de dollars à l’économie mondiale, soit 1.64% du PIB mondial (admirez la précision des deux chiffres après la virgule).

Un chiffre comme celui-ci, aussi rond qu’énorme (aujourd’hui, c’est à partir de plusieurs centaines de milliards de dollars qu’un problème devient important: ca n’arrange pas les affaires du Dr Evil) suscite les soupçons. Il est totalement incohérent avec les autres évaluations données dans l’article : si les cyberattaques coûtent 560 millions de dollars en 2009 aux USA, comment atteindre les 1000 milliards de dollars dans le monde en 2008?

J’avais montré, il y a quelques temps, que le coût mondial de la contrefaçon était estimé d’une manière absurde, avec un chiffre totalement faux qui subsistait obstinément dans toutes les évaluations, avec untel qui cite le chiffre en faisant référence à machin, lequel le tient de bidule, qui le tient lui-même d’untel. Ce chiffre de 1000 milliards de dollars pour le coût des cyberattaques est en train de suivre le même processus. L’article indique ainsi que le chiffre a été cité lors d’un forum des Nations-Unies sur la cybersécurité, qui fait référence à des données d’Europol, qui elle-même fait référence… à l’étude de McAfee. C’est comme cela qu’un chiffre finit par « faire autorité », pour reprendre les mots de l’auteur. Mais comment ce chiffre a-t-il été déterminé?

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L’article qui m’énerve au réveil du jour

… Est cet article du monde (une reprise de dépêche afp) indiquant que selon une étude médicale, la sédentarité double le risque d’embolie pulmonaire chez les femmes. Celles qui restent assises plus de 40h par semaine ont un risque double par rapport à celles qui restent moins de 10h.

Ok. Sauf qu’indiquer qu’une probabilité « double » n’a aucune signification pratique si vous n’indiquez pas le risque initial. Considérez une maladie que j’ai une chance sur un million d’attraper: si ce risque passe à 6 chances sur un million, il est multiplié par 6: il reste, malgré cela, dérisoire.

Par contre, si je joue à la roulette russe, j’ai une chance sur 6 de perdre. Que ce risque soit multiplié par 6, équivaut a remplir le barillet et à avoir la certitude de mourir. La même « multiplication du risque par 6″ a des conséquences extrêmement différentes. Parler de variation d’un risque sans indiquer « par rapport a quel risque de base », ce n’est pas de l’information, mais de la foutaise.

Si vous suivez l’information, pourtant, vous verrez que ce risque de base n’est pour ainsi dire jamais précisé lorsqu’un article indique qu’un risque est « augmenté d’un certain pourcentage ». Il faut dire que « des scientifiques montrent que manger de la roquette augmente votre risque de cancer du gros orteil de 40% » est un titre bien plus accrocheur que « fait passer le risque de 1 a 1,4 sur 10 000″. Ce procédé est d’ailleurs souvent utilisé par des militants pour exagérer une cause.

Et le matin, ça m’énerve.

Modification de la charte graphique (2)

A priori, le plus gros est fait (aussi bien sur le blog que dans les autres rubriques). Si vous constatez des problèmes d’affichage, je suis preneur de vos retours. Par contre, sur les couleurs et autres aspects esthétiques, notre choix est arrêté, donc pas la peine de nous dire que c’est austère. Je vous concède qu’il y a un problème, ça ressemble pas mal au graphisme du site du journal Le point… J’ai constaté ça hier avec tristesse ;-) .

Remarques :
1 – maintenant, en cliquant sur le bandeau du haut, vous revenez à la page d’accueil du blog
2 – le forum est encore en rade. Probablement pour un mois.