La discrimination tarifaire, illustration du jour

Faisant mes courses ce soir, je souhaitais acheter des lingettes antidécoloration pour lessive, de la marque la plus fréquemment rencontrée. Au rayon, je constate que celles-ci sont présentées soit en paquet de 12, soir en paquets de 24 (voir photo). Mais les paquets de 12 sont proposés avec une réduction importante, marquée par une étiquette jaune bien visible : -35 centimes d’euros sur un paquet coûtant 3,85 euros. Je m’apprêtais à bénéficier de cette bonne affaire, jusqu’à constater que le prix des lingettes par paquet de 24 était de 5.45 euros, sans promotion. Le paquet de 12 lingettes avec promotion restait donc plus cher, à l’unité, que le paquet de 24 (7 euros pour 24 lingettes en paquets de 12, contre 5.45 pour 24 lingettes en un seul paquet).

Histoire d’accroître la confusion dans mon esprit, les paquets de 12 sont vendus comme paquets de « feuilles » alors que les paquets de 24 comme paquets de « lingettes » (on le voit un peu sur la photo). Ha, les fourbes, c’est décidément bien calculé…

Pour d’autres posts de blog sur la discrimination tarifaire, c’est ici. Et, chers collègues enseignants, ne l’oubliez jamais : rien de tel qu’un rayon d’hypermarché pour illustrer un cours.

toi aussi, réforme la fiscalité française

Piketty, Landais et Saez publient « pour une révolution fiscale« , livre établissant un bilan (très) critique du système fiscal français, et proposant une refonte de l’impôt sur le revenu, de la CSG, de l’ISF, particulièrement drastique. Vous pouvez lire des extraits du livre sur le site du Nouvel Obs.

Le grand intérêt du livre est d’être accompagné d’un site internet qui permet à chacun de simuler soi-même sa propre réforme fiscale et comporte de nombreuses informations. Je commence juste à regarder comment cela fonctionne, mais leur réforme semble a priori comporter pas mal d’effets de seuil. A étudier, et à s’approprier.

2011, l’année des zombies?

Puisque c’est le moment de faire des prévisions pour l’année, en voici une : 2011 sera, en matière économique, l’année des zombies. La preuve?

- Les zombies sont de plus en plus fréquemment évoqués. Si, si, vraiment.

- Aux Etats-Unis, dans les idées économiques, les zombies gagnent. Ils gagnent.

- En France, le débat politique du début de l’année a porté sur le zombie des 35 heures.

- Même les ethnologues s’y mettent.

Les idées zombies, telles que décrites par l’économiste John Quiggin dans son dernier livre, sont les idées économiques qui auraient dû être discréditées par leur confrontation avec la réalité, mais qui subsistent et continuent d’exercer leur influence. Il est frappant de constater qu’alors que la crise économique aurait dû permettre le renouvellement des idées, c’est à l’exact contraire que l’on assiste : un retour aux débats tranchés, qui pour son fond intellectuel ne surprendrait guère un économiste des années 70 (en étant généreux). Le débat économique s’est très vivement dégradé. Mon pari pour l’année? Les idées zombies vont continuer de tenir le haut du pavé, ce qui ne manquera pas d’être frustrant.

(pour info, j’ai rédigé une note de lecture de zombie economics que vous pourrez lire dans le prochain numéro d’Enjeux-Les Echos).