Cher gros con

Cher gros con,

En cette fin de dimanche 29 mars 2009, que j’imagine pluvieux dans ta contrée, tu jugeas utile de laisser le commentaire suivant sur le dernier micropost que j’ai publié, suite à la consultation de mon lecteur RSS :

« Un petit coup d’auto-promotion en citant Olivier Bouba-Olga. Bien joué.
J’avoue que je ne viens depuis quelques mois sur ce blog et j’en suis de plus en plus déçu. Les sujets de cette semaine était manifestement des trolls destinés à faire réagir sans rien n’apporter au débat : très significatif les thèmes « état improductif » et « controversez tant que… » ; le titre de ce dernier sujet étant le plus clair dans les intentions.
J’ai l’impression que les auteurs ont jeté leurs dernières forces dans leur ouvrage et qu’ils ne se sont pas encore rendus à l’évidence qu’il n’avait plus la foi pour continuer leur blog.
En tout cas, moi, je pars. »

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Trois liens

Une façon rapide et éclairante de poser le problème de la taille des banques dans la gestion du risque systémique.

Olivier Bouba-Olga vous explique un des ces petits problèmes de la vie quotidienne qui font que l’on aime les économistes.

Jean-Edouard et Emmeline, pour ceux qui ne le savent pas encore, ont publié un repère sur les prix Nobel d’économie. Je vous dirai plus tard tout le bien que j’en pense.

Controversez tant que vous voulez

Le Parisien révèle qu’un projet visant à stabiliser quelques années les jeunes profs dans certains établissements sensibles prévoit de verser une prime annuelle de 2 000 € par an aux volontaires. Il paraît que cela crée une controverse. Je suis d’accord. Ce n’est probablement pas assez. Évidemment, les syndicats n’ont pas le même angle d’approche.

Edward Lazear, grand économiste de l’éducation, disait dans un papier (dont j’ai oublié la référence exacte, peut-être « Teacher incentives ») que si vous voulez des bons profs, il faut bien les payer. 2 000 € pour vivre le calcvaire des bahuts de zone sensible permet-il de sélectionner les bons ? C’est la seule question que je me pose.

Et épargnez-moi le long monologue de l’enseignant qui ne pense qu’à la noblesse de son oeuvre. C’est aussi puéril que de considérer que seul le fric compte à ses yeux.

Etat improductif

Eric Woerth :

« Le bouclier fiscal est une mesure de justice fiscale, tout simplement. Le bouclier fiscal, c’est dire à des Français qu’ils ne travailleront pas plus d’un jour sur deux pour l’Etat. »

Question subsidiaire : avec les impôts, l’Etat travaille pour qui ? Il y a probablement des tas de façons de justifier le bouclier fiscal. Mais cette présentation est le comble de la nullité et, n’ayons pas peur de le dire, venant d’un ministre, de la beaufitude. Car dire que l’on travaille pour l’Etat, c’est dire que l’Etat ne fait absolument rien d’utile pour soi.

Politique économique sans économistes

Charles Wyplosz, sur Telos :

« Le décalage face aux Etats-Unis est frappant. Il se peut qu’effectivement l’équipe Obama panique et plante les graines d’une situation ingérable une fois la crise passée. Certains pronostiquent déjà une explosion de l’inflation et un nouveau cycle tout aussi instable que le précédent. Mais il se peut aussi que les dirigeants européens ne prennent pas la mesure de la crise et restent enfermés dans des considérations idéologiques d’un autre temps. Peut-être n’est-ce qu’une coïncidence, mais on retrouve dans les allées du pouvoir à Washington, au gouvernement comme à la banque centrale, la fine fleur des économistes américains, dont plusieurs sont des spécialistes mondialement connus pour leurs travaux sur la Grande Dépression. En Europe, très peu d’économistes professionnels sont proches des manettes, rares sont ceux dont la réputation s’étend au-delà de leurs meilleurs amis et aucun n’a jamais étudié sérieusement la Grande Dépression. Est-ce que ceci explique cela ? En tout cas les arguments des dirigeants européens sont bien moins convaincants que ceux des responsables américains. Mais rassurons-nous : si l’économie américaine redémarre vigoureusement, le monde entier en profitera. Merci, donc, aux contribuables américains pour ce qu’ils font pour nous tous ! »

Et si même Paris Match le disait il y a déjà quelques semaines, c’est que c’est grave.

Jean Claude Trichet : prévisionniste du lundi

Il y a des prévisions qui sont fiables. Pour preuve, Jean-Claude Trichet nous en donne une :

« Il y a un certain nombre d’éléments qui suggèrent que nous nous rapprochons du moment où nous observerons un redressement. »

De même que je peux vous dire que le jour où Trichet ne sera plus gouverneur de la BCE se rapproche. Et qu’aujourd’hui, je suis plus proche du jour de ma mort qu’hier.

5 gus dans un garage

Nous n’avons jamais dit cela à propos des animateurs de la quadrature du net, bien que nous ayons décidé de ne pas nous associer à leur action. C’est le cabinet de Christine Albanel qui tient ces propos : « ce sont cinq gus dans un garage qui font des mails à la chaîne ».

Je ne sais pas s’ils sont cinq et s’ils sont dans un garage, mais ce doit être un grand garage quand même. Je ne pense pas qu’on obtienne le soutien de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), de l’Open Society Institute et de Privacy International en jouant au garage band. Et si le nom de Jérémie Zimmermann ne me parle pas beaucoup, Philippe Aigrain est loin d’être un inconnu.

Bref, non, pas 5 gus dans un garage. Décidément, ILS ont du mal à comprendre ce qui les entoure. Au fait, soyons sérieux un instant… Christine Albanel, c’est qui ?

Détente

Marrante la chronique de Frédéric Lemaître dans Le Monde. C’est évidemment un tableau plausible.

EDIT : Le courrier interne évoqué est totalement fictif, comme le précise Lemaître en introduction de l’article :« Un courriel interne au gouvernement nous est parvenu, du moins dans notre imagination, cette semaine. ». C’est pour cela que l’article est drôle.

Des liens

Jeune, pour aller picoler partout dans le monde, ne pars pas sans cette carte.

Aux Etats-Unis, tout est plus grand et tout va plus vite. Voir aussi ce billet et celui-ci.

I saw the light ! Oui, mais ils ont coupé le courant juste après. Un peu plus ici sur l’équivalence ricardienne. Et, sans vouloir être mauvais (enfin, si, un peu, mais bon…), lire ça et ça pour situer.

Des banquiers sous surveillance. La bonne nouvelle de la crise bancaire, c’est que des tas de recherches sur les banques vont être conduites dans les années à venir.

Boire de la piquette pour sauver les enfants d’Afrique ? Et puis quoi encore ?

Donner 50 000 € en mensualités pour un job de 10 ans ? Ouai… Bof… Rien de spectaculiaire. Cela s’appelle proposer d’accepter une baisse de salaire.

C’est encore vendredi

Je ne mets pas souvent le nez dans les petites empoignades entre blogueurs et presse. Mais là, je pense que ça va saigner et que cet article rapporte des propos d’une rare connerie non feinte.

C’est l’occasion de vous rappeler qu’Alexandre sera à la CCIP mardi 10 pour une table ronde sur l’information économique dans la presse.

Fais mes devoirs

« Et tu te bouges les fesses, je te paie pour ça ! » (Propos d’internaute boutonneux).

L’histoire du site internet où l’on peut aller se faire faire ses devoirs moyennant finance ne me scandalise pas et j’encourage mes collègues enseignants à s’épargner du stress et une perte de temps inutile à s’épancher sur les forums et autres médias. Ils ont mieux à faire, à mon humble avis.

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Analyse coût-bénéfice appliquée à la pose d’un triangle de signalisation

Un triangle positionné avant un véhicule à l’arrêt sur une autoroute est bien pratique pour signaler ledit véhicule et peut éviter des accidents. Mais, hélas, le fameux triangle ne se positionne pas seul. L’automobiliste arrêté doit donc prendre un risque. Apparemment, les sociétés d’autoroute estiment que les gains espérés sont plus faibles que les coûts probables.

Ça me fait penser à ce que je dis souvent quand on me dit que rouler trop vite c’est mal. Sachant que la probabilité d’avoir un accident croît avec la durée passée sur la route. Sachant que la probabilité d’avoir un accident croît aussi néanmoins avec la vitesse. Il existe une vitesse optimale et ce n’est pas celle des vieux qui se traînent comme des merdes escargots.

Quoi qu’il en soit, voilà une nouvelle qui risque de faire de l’activité dans les tribunaux. Notons que cette position n’est certainement pas valable sur des routes secondaires ou dans certains cas sur autoroute.

EDIT (9/03/09) : l’usage du triangle sur autoroute va officiellement devenir facultatif.

Deux choses à retenir du mois de février

Tout d’abord, il faut lire, si ce n’est pas fait, la trilogie de Julien sur écopublix, consacrée à l’ouverture dominicale. Un sacré boulot de synthèse et de problématisation (à mon avis, il a dû y passer un peu de temps le dimanche, quand même) . Tome 1, tome 2, tome 3.

L’autre chose à retenir, c’est que si vous êtes dans votre dernière année d’études, il serait peut-être malin d’envisager de prolonger d’un an (ou plus ?) votre scolarité, si vous envisagez d’exercer dans des secteurs où la conjoncture (qui sera déplorable, n’en doutons pas énormément, même si le doute est toujours permis dès qu’il s’agit de prévisions) a un effet important (ce qui concerne pas mal de monde). Car, rappelez-vous, pour réussir une carrière, il vaut mieux être au bon endroit au bon moment que d’être juste diplômé ou talentueux (même si c’est utile). Souvenez-vous, c’est expliqué ici (et dans le cas de l’entrée sur le marché du travail, plus précisément ici). Et les lecteurs du meilleur livre de l’année 2008 (qui n’est pas sorti au meilleur endroit au meilleur moment, malgré tout son talent) savent encore plus ce qu’il en est.