Special dette publique-France en faillite

Plutôt que d’avoir à répéter des choses déjà écrites, voici l’essentiel des posts consacrés à la dette publique sur ce blog.

- Le mythe du déficit public

- Les infortunes de la vertu

- Tous aux abris!

- le rapport Pébereau

- l’hystérie de la dette publique

Rappelons aussi que tout cela est synthétisé et développé dans le chapitre consacré à la dette publique dans « sexe, drogue et économie ».

Sur les firmes automobiles américaines

Parce que le monde n’est pas né en 2008 :

« GM, Ford et Chrysler vendent aujourd’hui des véhicules inadaptés à la demande, plus coûteux à produire que ceux de la concurrence, plus gourmands en énergie et plus polluants. En 20 ans leur part de marché sur le marché américain a baissé de moitié. La sanction du marché a donc précédé, et de beaucoup, la crise actuelle. »

Elie Cohen, sur Telos.

La France en faillite?

Si l’esprit des temps peut être capté par le ton des documentaires à succès, alors, nous vivons une période apocalyptique. Ces derniers temps, nous avons appris que nos enfants nous accuseront de les avoir soumis aux ravages de l’agriculture moderne; nous avons aussi appris que de toute façon, nous n’aurons pas d’enfants, puisque la semence masculine est en voie de disparition (étrangement, l’activisme forcené du ministère des casse-couilles n’a pas été incriminé pour ce dernier problème); demain dimanche, nous allons découvrir sur France 5 que la France va se retrouver en faillite. Là encore, on aura droit à un docu-fiction catastrophiste, suivi d’un débat dont on peut garantir qu’on ne tirera rien, puisqu’il respectera la forme traditionnelle du débat économique dans les médias français (les « pour », les « contre », réunis pour se crier dessus mutuellement à coups d’argumentations schématiques, un peu à l’image de ce débat sur le site de libération).

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La question du jour dont tout le monde se fout (sauf écopublix)

Ça ne fait pas l’ouverture du 20h (je ne dis pas que ça devrait la faire). On n’en parle pas au bistrot. Le FMI en parle un peu et la banque mondiale s’en inquiète sérieusement. Emmanuel d’écopublix (notre photo) pose le problème de l’aide au développement en période de récession. Sobre et efficace.

La bonne nouvelle du jour

C’est la contestation concertée de la limite des 3% de déficit public du traité de Maastricht. Ce chiffre, dont on sait qu’il n’a pas de fondement théorique, a probablement jusqu’ici été négatif pour la régulation conjoncturelle, les avantages de la règle (éviter un très grand n’importe quoi) ayant été limités (voir les ruses de sioux comptables) alors que les inconvénients étaient clairs (absence de souplesse et déresponsabilisation : « c’est l’UE, ma bonne dame » ou absence de réduction en période d’expansion). Le pire n’étant jamais certain, je n’exclue pas de regretter un jour ces mots. En attendant, Nicolas Sarkozy transformera-t-il cette (possible) nouvelle souplesse en quelque chose de bien ou se contentera-t-il d’arroser amis et secteurs vendeurs médiatiquement parlant ? Difficile à dire.

Une fed pour le système de santé américain?

C’est la direction que pourrait prendre le gouvernement Obama pour réformer le système de santé américain. Sur le sujet, voir ces deux anciens posts, le premier consacré au coût de ce système, le second à quelques-uns des problèmes rencontrés en économie de la santé.

Hors sujet

Aujourd’hui, j’ai globalement entendu des choses sensées sur les méthodes de protection de l’enfance sur Internet. Sur France Info ce matin, chez David Abiker et sur France 2 au JT de 20h, par exemple. Deux points qui me semblent bons pour la présentation du sujet : moins dramatique (le net n’est plus montré comme plus dangereux que le reste du monde ; juste potentiellement dangereux) et plus axé sur des comportements simples et intelligents des parents (avant, c’était le flicage – absurde – du net qui semblait l’exemple, maintenant, on voit juste que techniquement et humainement, la protection est réalisable par les parents). Plutôt bien.

Le pain est dégueulasse

C’est Hugues qui le dit. Enfin, je simplifie. A son énigme, je vois trois solutions possibles :
- les gens ont des goûts de chiotte. C’est exogène, dans les préférences.
- les prix sont suffisamment différents.
- une forme de cascade informationnelle : les gens qui voient autant de monde dans les deux boulangeries se disent qu’elles sont équivalentes à partir de l’information publique que constitue la fréquentation ; ce qui donne une répartition aléatoire qui perpétue l’équilibre. Une expérience naturelle marrante serait de voir fermée l’une des deux pendant dix jours pour voir si ça modifie la donne à la réouverture. Et non, pas pendant l’été, puisque les clients sont fermés eux aussi.
(EDIT)- faire la queue n’est pas une expérience agréable ; on préfère un pain qu’on aime peut-être moins pour ne pas attendre longtemps (à rapprocher de l’argument de l’écart de prix).

Je vous rappelle que Hugues est l’auteur des petites exceptions françaises (dont j’ai déjà dit du bien ici). Pour compléter, il y a quelques semaines, en faisant mon tour du proprio des blogs, j’écoutais un chroniqueur radio et je me disais que les textes de Hugues mis en musique (c’est-à-dire, avec le son) seraient franchement bons. Et ce n’est pas du copinage ou du brutal renvoi d’ascenseur. Faites l’essai vous-même : imaginez une voix qui dit le texte. A part certains billets sur le PS (ras-le-bol de leurs histoires), c’est un des blogs dont j’ai dû lire à peu près tous les posts avec plaisir.

La phrase du jour

« L’économie est plus une branche de la politique que de la science. », Sophie Gherardi, journaliste économique et directrice adjointe de la rédaction de la Tribune.

Un résumé subjectif de son intervention à la conférence « Le rôle des médias dans l’information économique » des journées de l’économie de Lyon.

Et les shadoks pompaient, pompaient…

- Fonds souverain « à la française » : 20 milliards d’euros dépensés pour rien.

- Dans le cadre des joies des politiques agricoles, cette perle dans les nouvelles du jour :

Les pays européens vont bientôt distribuer une fois par semaine des fruits et légumes aux enfants dans les écoles pour lutter contre les mauvaises habitudes alimentaires et l’obésité, un programme subventionné mais qui ne sera pas forcément gratuit pour les parents. (…) Cette idée de distribution a germé à l’origine lors d’une réforme du mécanisme de subventions au secteur des fruits et légumes intervenue l’an dernier dans l’UE. Plutôt que de retirer des fruits du marché et de les détruire, dans le but de soutenir les prix, il est désormais prévu de les utiliser pour la distribution dans les écoles.

Résumons : Pour maintenir le prix des fruits et légumes élevé, la politique agricole consiste à racheter une partie de la production pour la détruire. Hélas, comme les prix des fruits et légumes sont trop élevés, les gens, surtout les plus pauvres, n’en mangent pas assez. La solution est donc de retirer les produits du marché, pour que leur prix reste élevé, puis de les distribuer dans les écoles, pour que le prix baisse. Le tout, si l’on suit l’article, coûtant 90 millions d’euros, et les députés européens veulent faire passer ce coût à 500 millions d’euros. C’est presque aussi beau que les subventions versées aux planteurs de tabac pour qu’ils continuent de produire, et les subventions versées aux campagnes anti-tabac, pour que cette production ne soit surtout pas consommée. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Nouveau billet sur le Blog de l’AFSE

Un nouveau billet publié par un grand monsieur de l’économie en France (même s’il est anglais – au moins de naissance – et que sa renommée est internationale), Alan Kirman. Il dit beaucoup de choses dans ce billlet sur sa vision d’une bonne organisation de l’enseignement de l’économie dans les facs. Pas mal du tout.

EDIT: dites-moi, « vous tous » qui commentez zici. Pourquoi ne pas le faire sur le blog qui publie le billet ?

Par ci, par là

Dans le Monde daté de demain, deux bonnes lectures :

Le prix du dimanche, par Askenazy, sur les conséquences à attendre de l’éventuelle ouverture des magasins le dimanche. On commence à trouver un peu de vraie analyse économique sur le sujet, ce n’est pas un mal.

La concurrence déloyale est de nouveau la règle : les différents « sauvetages » d’entreprises qui se pratiquent actuellement reviennent à oublier la question importante de la concurrence, en provoquant des distorsions significatives. A mon avis, le secteur dans lequel c’est le plus préoccupant est le secteur financier. Les évolutions actuelles, les sauvetages et fusions de banques, la disparition des banques d’affaires, la réglementation à venir des hedge funds et de marchés comme celui des CDS. On oublie un peu vite que ce qui a rendu le système financier toxique, c’est l’existence d’institutions « too big to fail »; la chute de quelques hedge funds n’a aucune conséquence, les erreurs des grandes banques – qui se sentant protégées par la réglementation sur l’information financière, ont pu faire plus d’erreurs que les acteurs moins réglementés – obligent à des plans de sauvetage coûteux. Par ailleurs, les problèmes d’aléa moral et de comportements opportunistes, sans compter le poids d’une bureaucratie significative, sont plus grands dans les institutions financières de grande taille. La réponse actuelle consiste à asphyxier les petits acteurs de la finance, au profit des gros : il est possible que cela ait les conséquences les plus négatives de la crise financière.

Kezeco, un site pédagogique sur l’économie créé sous l’égide du CODICE, vient d’ouvrir. Je suis en train de faire le tour, je ne suis franchement pas convaincu. Plus sur le sujet ultérieurement, mais n’hésitez pas à commenter d’ores et déjà.

La bonne action du jour, c’est de décider d’aller quotidiennement visiter Mon Beau Sapin, site créé par Penelope Bagieu. Penelope qui a parfaitement compris comment il faut parler de la crise financière.

Le G20, pas mieux que les G8

Les communiqués issus de sommets internationaux sont toujours écrits en chêne massif, et il ne faut pas trop en attendre. Mais il y a quand même de quoi noter que le communiqué issu du G20 est un modèle du genre. Riche en intentions générales (on n’aura pas échappé à la lutte contre le réchauffement climatique et la pauvreté mondiale…), il ne fait finalement que décrire ce qui est déjà fait, insister rituellement sur la nécessité de « se coordonner » et « de faire participer les pays émergents plus activement dans les institutions internationales » sans décrire le moindre mécanisme qui permettrait d’atteindre ces objectifs. Si l’on se contente d’avoir l’intention de coopérer, sans rien changer aux raisons pour lesquelles la coopération a été insuffisante dans le passé, on n’ira pas très loin. L’ensemble des mesures préconisées (relances budgétaires, normalisation financière et comptable, réformes du FMI et de la Banque Mondiale) est soit déjà en place, soit déjà l’objet de réflexions depuis longtemps : rien dans la déclaration n’indique des moyens d’avancer plus dans ces domaines qu’auparavant.

En somme, les dirigeants du G20 décrivent le monde tel qu’il est, et affirment que promis-juré, ils feront mieux dans l’avenir. Alasdair MacIntyre comparait les annonces grandiloquentes des dirigeants d’organisations aux chamanes des sociétés traditionnelles qui, après des rituels complexes, promettaient de faire pleuvoir. Nos sociétés ne sont finalement pas si modernes que cela.

Voir par ailleurs sur Vox ce qui aurait pu être annoncé par le G20. Voir aussi la réaction – déçue – de Dani Rodrik.

Les interventions militaires peuvent-elles être humanitaires?

Depuis une quinzaine d’années, interventions militaires étrangères et questions humanitaires et de développement ont eu tendance à converger. Dans des conflits comme l’Irak et l’Afghanistan, les problématiques du développement – remettre un pays en marche, mettre en place des institutions, lutter contre la pauvreté vue comme cause de terrorisme – sont considérées comme essentielles pour le succès des interventions. Par ailleurs, de nombreuses interventions militaires ont été menées, ou prônées, pour des motifs humanitaires, pour permettre aux pays considérés de sortir des cycles de pauvreté et de violence endémique, avec des succès divers, comme au Sierra Leone, en Somalie; aujourd’hui, c’est dans la région des grands lacs que l’on préconise ce genre d’intervention militaro-humanitaire.

Cette convergence entre l’humanitaire, le développement, est-elle une bonne chose? Easterly, à l’occasion d’une critique de « the Bottom Billion » de P. Collier, l’analyse, et en doute fortement. A lire impérativement.

En arrière toute

Umberto Eco, au sujet des acheteurs de PC qui désinstallent Vista pour se procurer une licence XP : « online on trouve de centaines de pauvres hères qui travaillent comme des fous et paient ce qu’il faut payer pour dégrader leur système. Quand arrivera-t-on au stade où, pour une somme raisonnable, leur ordinateur sera changé en cahier, avec un encrier, et un stylo à plume Perry ? »

Amusant (comme le reste de l’article). Sauf qu’Eco oublie une chose : en dessous de l’encrier et de la plume, il y a encore Windows 95…

Acheter local?

On peut certainement retirer un grand plaisir à aller acheter sa nourriture dans un petit marché fournissant les productions locales, ou à aller s’approvisionner directement dans une ferme avoisinante. Lorsque ce plaisir devient un devoir, sous prétexte de réduire son « empreinte carbone » en refusant d’acheter des produits ayant parcouru des milliers de kilomètres en porte-conteneur ou en avion, par contre, c’est beaucoup plus douteux, comme l’indique C. Blattman.

En pratique, le transport international des produits alimentaires ne représente qu’une partie minime des émissions générées par le secteur agricole; pour le transport des marchandises, l’essentiel des émissions provient des déplacements effectués par le consommateur entre le point de vente au détail et son domicile. De ce point de vue, le consommateur qui va visiter de nombreux agriculteurs locaux pour s’approvisionner va générer beaucoup plus d’émissions de gaz à effet de serre que celui qui va acheter des fraises néo-zélandaises au supermarché (en même temps que beaucoup d’autres produits). Il ne faut pas oublier non plus qu’il vaut mieux faire pousser les produits agricoles là où les conditions climatiques sont les plus favorables : produire 12000 roses au Kenya émet 6 tonnes de CO2, contre 35 en Hollande, où les roses sont produites dans des serres chauffées. Importer des roses kenyanes par avion est au total beaucoup moins polluant que d’acheter des roses hollandaises.

Enfin, une fois les produits achetés, il faut encore les consommer. Si l’on a l’intention de cuire des pommes de terre à l’eau, dans une casserole sans couvercle, autant aller directement au drive-in du macdonalds le plus proche si l’on tient vraiment à minimiser son empreinte écologique.

Retour sur Service public

Nous étions donc sur Service public ce matin. On peut écouter l’émission ici (fichier MP3). Une émission qui a donné une place de choix à notre livre et à nos commentaires. Cela doit se sentir à l’écoute, l’ambiance était excellente et nous avons même été des auditeurs intéressés quand nous n’avions pas la parole. Du coup, je ne regrette vraiment pas de m’être levé à 4h du matin pour l’occasion (mais pu%#$!?, c’était dur).

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Récession et justice sociale

P.Y. Geoffard consacre cette semaine un article dans libération à l’impact de la récession sur la santé. Rappelant notamment les travaux de Ruhm et Neumayer, il montre que les récessions tendent à réduire les taux de mortalité, contrairement à ce que l’on aurait pu croire. En période d’activité économique forte, les salariés disposent de moins de temps pour se soigner, ou avoir une activité physique; par ailleurs, l’intensité du travail est plus forte, ce qui accroît les risques de maladies. De même, à court terme, la contraction du revenu lors de récessions réduit les consommations nuisibles pour la santé, comme l’alcool et le tabac, ce qui, au total, réduit la mortalité.

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