Oublier un peu la Bourse

La suite des hausses et, plus fréquentes, des baisses, d’une ampleur inhabituelle des indices boursiers n’a échappé à personne. Les variations spectaculaires de certains titres en particulier, quoique plus fréquentes sur quelques titres, atteint aussi des ordres de grandeur peu usuels et concernent un nombre de titres également atypique. Un article du Monde daté de demain décrit bien cette étonnante valse et interroge l’évaluation des titres.

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Le mythe des prophètes et des leaders

R. Baldwin s’énerve aujourd’hui du concours de prédictions pessimistes qui semble s’être engagé, chaque participant s’ingéniant à la vision d’avenir la plus noire. Il s’agace aussi de la façon dont certains, en l’occurrence Roubini, sont présentés comme des prophètes à écouter parce qu’ils ont « prévu l’avenir » ce qui leur donne une aura énorme auprès des journalistes, conduisant ceux-ci à abandonner tout regard critique.

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Bloguer pour enseigner ?

C’est le titre d’un billet que j’ai rédigé pour le blog de l’AFSE. J’ai utilisé les témoignages recueillis dans mon billet de jeudi. Merci à tous ceux qui ont répondu. C’est un texte sans prétention, écrit avec l’idée d’être un point de départ. C’est ici. Les commentaires sont fermés ici, exprimez-vous là-bas si vous le souhaitez. A savoir : Gizmo réfléchit à quelque chose de similaire dans son coin. J’ai hâte de lire ce qu’elle a à raconter sur le sujet.

Je promets de ne pas faire de galipettes avec mes collaboratrices

Maintenant que c’est fini, deux remarques sur DSK. D’abord, Jean Quatremer avait raison, mais s’il avait eu tort, personne ne le lui aurait dit. A chacun ses prévisions sur les crises à venir. Ensuite, DSK, en tant qu’économiste, devrait avoir honte. Il lui suffisait de se souvenir de Schelling et de s’empêcher d’agir comme quelqu’un de prévisiblement irrationnel. En arrivant à son poste, il aurait pu déclarer plus ou moins publiquement qu’en cas de « comportement douteux », il démissionnerait. Certes, cela était impossible, ça aurait fait des histoires. Il pouvait cependant, faire cette promesse aux membres du CA du FMI, sous forme de courrier scellé, par exemple. Cela lui aurait évité des soucis, car il n’est pas impossible qu’il se soit souvenu de cela au moment de visiter la Hongrie. Mais finalement… cela aurait-il été vraiment utile ?

EDIT : ce billet se veut écrit au second degré, il est dans la rubrique blablabla. Ajustez vos commentaires en conséquence.
EDIT 2 : Commentaires fermés. Je voulais mettre l’accent sur Schelling, pas sur l’histoire de fesses. C’est visiblement trop compliqué. Je garde le commentaire de piou piou.

Microéconomie par le côté expérimental

Nicolas Eber su rle blog des entretiens de l’AFSE publie un billet sur l’apprentissage de la microéconomie. Il explique comment il est en train de monter un cours de micro basé en partie sur des expériences, afin de mettre en perspective la solidité et l’utilité des concepts enseignés. Intéressant.

Feu sans fumée

Le Monde titrait samedi « Bourses : 25 000 milliards de dollars partis en fumée », article repris par Yahoo aujourd’hui, avec la bonne photo du trader déconfit qui va bien (juste au dessus). Deux mots là-dessus.

EDIT : billet assez inutile, il existait déjà au moins une explication de Pascal Riché, ici, amplement, voire plus satisfaisante.

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Quel "nouveau Bretton Woods"?

Jeffrey Frankel décrit de façon très complète les réformes du système financier international que l’on peut anticiper. Evolution du rôle du FMI, élargissement du G8, un « Bâle 3″ rendant contracycliques les obligations de réserves des institutions financières, réduisant l’autorégulation des banques, et une règle internationale de garantie des dépôts; éventuellement, l’extension des règles appliquées aux banques à d’autres institutions financières.

Il rappelle aussi deux choses (ma traduction) : premièrement, il faudrait considérer la possibilité que ne rien faire peut au bout du compte être préférable à la mise en oeuvre de réformes drastiques du système financier international; surtout, parler d’un « nouveau Bretton Woods » est à la fois ridiculement exagéré, et pas si nouveau. Anecdote :

En 1998, alors que la crise asiatique durait depuis un an sans sembler s’apaiser, le président Clinton a décidé de donner deux discours importants. Il voulait appeler à un Nouveau Bretton Woods. Ses conseillers économiques (au trésor et à la maison blanche) lui ont recommandé de ne pas le faire, rappelant que l’on ne devrait pas appeler à quelque chose d’aussi important qu’un nouveau Bretton Woods quand on n’a aucune chance d’offrir des propositions suffisamment significatives pour mériter ce nom. Peu après les discours, le premier ministre britannique Tony Blair appelait à un nouveau Bretton Woods. Clinton a demandé à ses conseillers « comment se fait-il que Blair a appelé à un nouveau Bretton Woods et que vous m’avez empêché de le faire? ». Notre réponse a été en substance, « le secrétaire au trésor de Blair, Gordon Brown, n’a pas forcément les mêmes intérêts que son chef, situation d’un Robert Rubin. Donc Brown n’a que peu d’incitations à empêcher Blair de dire des choses stupides« . L’ironie de l’histoire, c’est que maintenant, Brown lui-même dirige le mouvement d’appel à un « nouveau Bretton Woods ».

Passage radio France Culture (actualisé avec thème exact de l’émission)

Alexandre sera l’un des invités de Caroline Broué et Olivier Pastré lundi 27 octobre dans l’émission L’économie en questions. Le thème de l’émission sera  »La crise touche-t-elle les économistes ?’.

Passage Sud Radio

Ce soir, entre 19h30 et 20h, je passerai sur l’antenne de Sud Radio. Pas pour parler rugby, mais pour présenter notre livre dans l’émission Sud Info Soir.

EDIT : entretien sympathique où j’ai notamment été invité à commenter des propos de Michel Galabru, interrogé la veille sur la crise financière. Il disait (la bande a été repassée en direct, c’est très amusant à entendre) ne rien comprendre à cette histoire d’argent qu’on a et qu’on a pas (les fameux 360 milliards d’euros). Mais on n’apprend pas aux vieux singes à faire la grimace. Les grands anciens méridionaux sont souvent moins cons qu’ils n’en ont l’air et Galabru en est un très bon exemple… Il n’est hélas pas possible de le réécouter en ligne, apparemment.

Une leçon qui ne sera sans doute pas retenue

On cherche beaucoup de leçons à tirer des évènements qui se produisent, et bien plus rarement de ceux qui ne se produisent pas (en économie comportementaliste, cela provient du biais de disponibilité et du biais de saillance). Pourtant, il y aurait sans doute des leçons à tirer, de deux évènements qui ne se sont pas produits.

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A vos témoignages : les blogs économiques changent-ils votre rapport aux études économiques ?

C’est une question qu’on peut commencer à se poser : quelle place les blogs prennent-ils dans votre perception de la discipline que vous étudiez ou que vous pourriez étudier ? Y trouvez-vous du sens ? Si lorsque vous étiez étudiants en économie, il y avait eu les blogs, pensez-vous que cela aurait changé quelque chose, même marginalement, à votre parcours ? Lycéens, étudiants, parents d’étudiants et anciens étudiants en sciences éco, qu’avez-vous à dire sur ces sujets ou sur d’autres en rapport ?

zeitgeist

Il y a des moments qui capturent une époque. Pour l’affaire Enron, c’était l’enregistrement sonore des courtiers ricanant « burn, baby, burn » lorsqu’un incendie de forêt leur permettait de réduire les approvisionnements électriques californiens et de faire grimper les prix. Pour la crise actuelle, cette conversation par messagerie instantanée entre deux officiels de Standard and Poors est un bon candidat (ma traduction) :

officiel1 : au fait, ce contrat est ridicule.

officiel2 : oui, je sais… clairement, le modèle ne capture même pas la moitié du risque.

officiel1 : on ne devrait pas évaluer ça.

officiel 2 : on évalue tous les contrats. Ils seraient structurés par des vaches qu’on les évaluerait quand même.

(via free exchange)

Retour sur arrêt sur images

Comme l’a signalé Stéphane hier, j’ai participé la semaine dernière à l’émission Arrêt sur Images, en compagnie de Nicolas Cori et d’André Gunthert; vous pouvez en retrouver le résultat en suivant le lien, tant qu’il sera accessible. Expérience intéressante, quoique exténuante, surtout lorsqu’on s’est levé le matin à 5h pour attraper le train; cela s’est probablement vu sur la fin de l’émission, ou je n’ai pas forcément été très explicite. En tous les cas, l’existence de ce type de programmes, dans lesquels on peut disserter longuement sur des sujets divers, mérite largement les 30 euros annuels d’abonnement au site de l’émission.

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AD at @si

Jeudi dernier, Alexandre était dans les studios d’Arrêt sur images, pour parler d’une vidéo à succès sur le net. Je poste avec retard, pour de simples et bonnes raisons : il prépare un billet sur le sujet, je ne m’appelle pas Alexandre Delaigue et la vidéo n’est visible gratuitement que maintenant. Et je vais m’occuper de réactiver la rubrique questions-réponses pour publier un ou deux textes sur l’analyse monétaire la plus basique.

Les entretiens de l’AFSE bloguent

Nos économistes nationaux sont trop rarement blogueurs. Dans le cadre des journées de l’économie, organisées à Lyon, du 20 au 22 novembre, l’Association Française de Sciences Économiques (AFSE) a lancé, dans le cadre des entretiens de l’AFSE, un blog sur le thème de Comment innover dans la formation des économistes ?.

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Podcast audio chez Libération

Jeudi dernier, Florent Latrive et David, son ingénieur du son, nous ont sympathiquement accueillis à la descente du TGV, pour un entretien sur notre bouquin. Le résultat est ici. Pour être franc, je n’ose pas écouter. C’est super dur un entretien, en fait.

EDIT : j’ai écouté. Bon, c’était audible, ça va.