Savoir prendre ses responsabilités en temps de crise

Devant l’ampleur de la crise financière et comme je sais que les plus grands noms de la finance et de l’industrie ainsi que des millions de consommateurs et d’épargnants nous lisent, je ne souhaite pas que mes fines analyses perturbent le processus de sauvegarde de la planète Terre. Je garderai donc le silence sur la situation afin de ne pas créer un mouvement de panique. (Mis à jour au 1/10/08)

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Bien résumé

Comme toujours, Tyler Cowen résume la situation de façon admirablement concise (ma traduction) :

Le meilleur scénario : les banques en mauvais état continuent d’être rachetées, il n’y a pas de « run » contre les hedge funds mardi, seules quelques banques moyennes européennes tombent, les marchés monétaires continuent d’acheter du papier commercial, la fed et le trésor continuent de travailler au cas par cas. Comme le congrès n’a plus à voter pour un « sauvetage » il peut laisser à Bernanke et Paulson plus de liberté opérationnelle qu’ils n’auraient eu. L’économie américaine est en récession pendant deux ans et le chômage ne monte pas au dessus de 8-9%.

Le pire scénario : les marchés de crédit se paralysent au cours de la semaine à venir, beaucoup d’entreprises ne peuvent pas payer les salaires. Les appels de marge ne peuvent pas être payés, la bourse de New York est fermée pendant une semaine. Plus personne ne peut obtenir de prêt immobilier, les prix des logements se retrouvent indéfinis plutôt que faibles. Une nationalisation de facto des banques est mise en oeuvre en urgence pour permettre au système de paiements de fonctionner. Le plan Paulson est considéré comme un paradis perdu. Personne ne veut racheter les hedge funds ruinés, donc le gouvernement et le contribuable finissent par récupérer le problème. Le système bancaire quasi-nationalisé sert à satisfaire des buts politiciens, ce qui empêche de les recapitaliser auprès d’agents privés. Dans le pire des pires scénarios, la bulle chinoise explose à son tour.

Le premier scénario est grosso modo le plus plausible, mais rien n’est certain.

Posner et les Prediction Markets

Sur le Becker-Posner Blog (qui devrait être en blogroll et je ne sais pas pourquoi ce n’est pas le cas), Richard Posner publie une présentation des  »prediction markets », ces marchés où l’on parie sur tout un tas de choses, dont les résultats des élections américaines. Ces marchés, souvent constitués de relativement peu de participants, sont un sujet de réflexion, dans la mesure où ils donnent des résultats en matière de prévisions que bien des experts leur envient. Ce sujet et, plus largement la question de la « sagesse des foules » (expression tirée de Surowiecki) est abordé dans le chapitre 20 de notre Sexe, drogue… et économie (Les gens sont des sages hystériques). Chapitre qui reprend d’ailleurs quelques points utiles pour comprendre une crise financière. Pour les lecteurs, le billet de Posner est un développement complémentaire. Je suis néanmoins un peu frustré dans la mesure où, à la marge, il conteste la thèse de Surowiecki mais ne donne pas une explication alternative très frappante.

Ce dont on pourra reparler un peu plus tard

La tension actuelle est telle que la place pour ce genre de discussion semble bien limitée. Pourtant, il faudra bien en reparler à tête reposée. Et si je dis cela, c’est qu’Alexandre et moi avons un squelette dans le placard sur ce sujet (que nous exhumerons bien volontiers).

EDIT : allez, je me la pète : les grands esprits se rencontrent…. Et aussi chez l’excellent Rationalité limitée.

Restriction du domaine de la lutte

Cela fait un moment que je me pose des questions sur ce que nous publions. Et la rédaction de notre ouvrage m’a reposé le problème maintes fois. L’économie que nous présentons est-elle toute l’économie ? Ne serions-nous pas des conservateurs drapés dans une posture rock’n'roll ? En fait, la réponse est d’une grave simplicité.

EDIT : Les marques de sympathie exprimées en commentaires sont vraiment touchantes. Elles contrastent avec le côté assez carré recherché dans le billet.

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Autour du climat

Échange très intéressant dans la New York Review of Books, autour du climat et du livre de William Nordhaus sur le sujet. Ceux qui auront lu le chapitre de Sexe drogue… et économie consacré au réchauffement climatique (chapitre 7, intitulé Le réchauffement climatique, ça va durer ) y retrouveront des thèmes déjà abordés. En fait, cet échange me semble parfaitement compléter et actualiser les thèmes traités dans ce chapitre.

Encore un économiste qui ne comprend rien

Après Steven Levitt, c’est Bernard Maris. Du coup, ça nous en fait au moins trois. Amis « économistes qui ne comprennent rien à la crise financière actuelle », manifestez-vous bruyamment ici, des fois que ça puisse déboucher sur la création d’une assoce et un stage de mise à niveau. Vous m’accepterez à vos côtés ?

Barry Eichengreen sur la crise financière

« Emphasising greed and corruption as causes of the crisis leads to a bleak prognosis. We are not going to change human nature. We can’t make investors less greedy or to prevent them from cutting corners when they see doing so as in their self interest. But emphasising policy decisions as the mechanism amplifying these problems into a threat to the entire financial system suggests a more optimistic outlook. Policy mistakes may not always be avoidable. Unintended consequences cannot always be prevented. But they at least can be corrected. »

Barry Eichengreen, Anatomy of the financial crisis, Vox

Ma trombine sur BFMTV

Je vais causer dans le poste ce soir, entre 19h et 19h30 (en fait à 19h15, après le journal), sur BFM-TV, dans l’émission « les auditeurs ont la parole », via webcam. Apparemment il faudra causer avec des téléspectateurs sur l’actualité économique.

EDIT : bon, fini. On dira que l’outil n’est pas idéal pour approfondir les sujets.

Interview dans Economie matin

Economie matin a interrogé Alexandre au sujet de la dette publique, point qu’il a souvent développé ici et qui fait l’objet d’un chapitre de notre ouvrage.
Si l’article est fidèle au message, un aspect doit être précisé : Ce n’est pas de la Delaigue économie qu’il développe, mais simplement une lecture normale de l’économie de la dette, ne faisant pas la part belle à une idéologie particulière. Tout au plus, on peut y relever un biais en faveur de la dette qui s’explique uniquement par le fait que le discours dominant, à pondérer, est qu’elle est partout et toujours un fléau économique. Ce qui ne peut être conclu qu’à coup de raccourcis orientés.

La presse, les blogs et la crise financière

Intéressant billet de R. Baldwin qui constate que la crise financière traduit aussi une crise des médias traditionnels; il y remarque le rôle joué par les médias internet dans l’analyse et la critique du plan Paulson, dont la presse traditionnelle, même spécialisée, a été totalement absente. A peine le plan paru, les premières critiques apparaissaient sur des pages personnelles d’économistes, puis sur des sites comme Vox-Eu (ou Telos en France) pour seulement dans un troisième temps transparaître dans les médias traditionnels. On peut noter aussi que loin d’être un simple commentaire, le débat entre économistes par les sites internet a eu un impact réel; sans cette réactivité, les parlementaires américains auraient probablement accepté sans barguigner de donner en pratique des pouvoirs discrétionnaires invraisemblables à H. Paulson, comme ils l’avaient fait précédemment en donnant des pouvoirs considérables au gouvernement Bush pour mener à sa convenance la « guerre contre le terrorisme » – avec les conséquences que l’on sait. Cela a permis l’apparition d’alternatives, comme le plan Dodd, visiblement très inspiré par les critiques des économistes.

On avait déjà pu voir que la blogosphère économique américaine pouvait constituer une forme alternative de construction du savoir scientifique, en générant des débats entre spécialistes sur différents sujets, de façon beaucoup plus réactive que le processus standard de publication d’articles dans les revues de recherche (comme par exemple la question du rôle de la spéculation dans les fluctuations des prix du pétrole); mais c’est probablement la première fois qu’elle permet, en temps réel, d’avoir un impact réel sur des politiques économiques. C’est un genre d’expertise que la presse traditionnelle ne peut que très difficilement fournir. Voilà de quoi nourrir le sempiternel débat sur le rôle de l’internet, qui sort des questions oiseuses sur la diffusion des rumeurs et des ragots. Ce n’est d’ailleurs pas le cas qu’en matière économique (on peut penser au domaine du droit, ou ce n’est qu’une question de temps avant qu’un projet de loi soit influencé par l’analyse qu’en fera la blogosphère juridique) et rappelle que l’expertise, aujourd’hui, n’est plus dans les médias traditionnels.

SAV pénibilité

Il y a peu, je déplorais le manque d’intérêt en France pour la pénibilité au travail (physique, en particulier). Des commentateurs me faisaient remarquer que j’exagérais ce désintérêt. Xavier Bertrand leur donne une nouvelle raison de m’enfoncer, annonçant une table ronde avant la fin du mois sur le sujet. A suivre.

Xavier Darcos est-il un gros beauf ?

Il ne m’appartient pas d’y répondre. La vraie question est de savoir si sa vision de l’école maternelle entre deux et trois ans est inspirée. En d’autres termes, la fonction des enseignants de ces classes est-elle résumable par le duo siestes-couches ?

EDIT à l’intérieur

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