Soit dit en passant

Quand Alexandre publie sur le blog de Libé les éco-comparateurs, il n ‘est pas rémunéré. Ce n’est pas le cas de toutes les plateformes de blogs de journaux en ligne. Et s’il n’y a pas lieu de lui tresser des lauriers pour cela, il me semble bon de le signaler pour ceux qui se demanderaient…
D’ailleurs, c’est pour cela que je n’y publie rien. :-)

La pauvreté mondiale augmente de 40% en une journée

Rassurez-vous : c’est uniquement parce que la Banque Mondiale a modifié son calcul du seuil de pauvreté mondial, qui passe de 1 dollar par jour et par personne, aux prix de 1993, à 1,25 dollar par jour et par personne, aux prix de 2005. Avec ce mode de calcul, le nombre de personnes sous le seuil passe de 985 millions à 1.4 milliard.

Cela ne change pas le fait que la pauvreté diminue dans le monde : avec le nouveau calcul, le nombre de pauvres est passé de 1.9 milliard en 1981 (la moitié de la population mondiale) à 1.4 aujourd’hui (le quart de la population mondiale). L’ancien calcul donnait 1.5 milliard en 1981.

L’inconvénient de ce changement de calcul, c’est que l’ancien chiffre d’un dollar par jour était extrêmement pédagogique; il faudra désormais s’attendre à des questions en amphi du genre « pourquoi les 25 cents »?

(via Trade Diversion)

Non, Francis, Amazon ne se fout pas de vous

Francis Pisani est indigné! sur amazon.com, le même livre est vendu 17,79 dollars en version papier (hardcover) et 21.56 dollars en version électronique pour Kindle. Il trouve inadmissible que, je cite, L’exemplaire digital qui ne doit payer ni les frais de stockage, ni ceux de transport est vendu plus cher que l’exemplaire papier. Mais non, M. Pisani : ceci est tout à fait normal, c’est même une très bonne chose.

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bonnes lectures du jour

A quoi servent les économistes? Scott Adams, l’auteur de Dilbert, l’explique. Extrait : If you think it is okay to ignore economists because they are so often wrong, you’re looking at the wrong questions. Economists are generally wrong with complicated models but right about concepts. For example, they know that additional domestic drilling won’t make much of a dent in the energy problem. And they know that free trade is generally good for all economies. (via Owen Barder).

Que doit-on retirer de l’économie comportementaliste (behavioral economics)? Un débat dans Prospect Magazine. Tim Harford relativise, et ses arguments ne manquent pas d’intérêt. John Kay est lui aussi méfiant.

petit jeu de probabilités

1- Soit une série de 10^1000007 zéros et uns, générés consécutivement de façon aléatoire, avec une chance sur deux d’obtenir l’un ou l’autre (comme si l’on jetait une pièce équilibrée un très grand nombre de fois). Combien de séquences distinctes, ne se recouvrant pas, de un million de zéros consécutifs, devrait-on s’attendre à rencontrer au minimum?

2- en fonction de la réponse à la première question, que pensez-vous de cet article?

Postez vos réponses dans les commentaires, réponse à venir.

EDIT : réponses postées.

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Rationaliser l’usage du vote

C’est ce que des petits malins tentent de faire (très marginalement) sur Ebay, en vendant leur voix pour des élections. Ne me demandez pas comment ceux qui paient sont sûrs du vote (ne me demandez pas non plus comment ça se passe quand on donne une procuration), mais force est de constater que c’est une sacrée rationalisation de l’acte de vote.
Une petite voix me dit dans ma tête que vendre des voix, ça s’appelle la société anonyme et que c’est mal de parler de ça pour la démocratie. Mais, eh, on n’est pas obligé d’être tous des démocrates exemplaires, non. D’ailleurs, qui l’est ?
Une chose est sûre : si ce genre de choses venaient à se développer (clandestinement, par exemple), il y aurait matière à réflexion économique.

Un problème dont tout le monde se fout (sauf P.Askenazy)

C’est celui des maladies professionnelles, physiques en particulier. Cette étude conforte, quatre ans après, le constat de Philippe Askenazy dans son remarquable bouquin, toujours d’actualité apparemment. Il en ressort que le problème numéro 1 de la santé au travail n’est pas la dépression, mais les affections musculo-squelettiques. A l’époque, Askenazy ne semblait pas très optimiste sur la prise en compte du phénomène. On peut difficilement dire qu’il avait tort. Qu’est-ce qui a changé depuis ? Qui en a parlé en public ? Quand on sait que notre pays a un problème de rapport à la façon de travailler plutôt que de rapport au travail en soi, on ne peut que se désoler de voir qu’un des éléments fondamentaux (la santé, c’est important, hein… Alors un employeur qui vous la pourrit, pas facile de l’aimer) soit splendidement si négligé.

Des économètres aux jeux olympiques

Comme pour chaque olympiade, la fin des jeux est l’occasion de tester les différents modèles économétriques de prévision du nombre de médailles en les confrontant à la réalité (rappelons qu’en vertu du principe de Blinder, les économistes sont toujours évalués à l’aune de ce qu’ils font le plus mal, les prévisions). Cette année, on ne manque pas d’analyses de ces prévisions.

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Les chtis moins bien que Titanic, mais on a le coupable

Bienvenue chez les chtis ne battra pas le nombre d’entrées en salle en France, détenu par cet autre chef-d’oeuvre qu’est Titanic. Chez pathé, on sait pourquoi :

« Le piratage nous a joué un petit tour. En 1998 (année de sortie du « Titanic »), il n’y avait pas d’internet à haut débit », a-t-il ajouté. Selon une étude récente de l’Agence de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa), « Bienvenue chez les Ch’tis » a été téléchargé entre 600.000 et 700.000 fois.
« En imaginant que chaque téléchargement est visionné par trois personnes, on a l’équivalent de 2 millions d’entrées. Or il va nous manquer environ 300.000 entrées pour battre Titanic », selon Henri Dumoulin.

Et en imaginant que sur ces 3 personnes, aucune ne serait allé voir le film en salle, quoi qu’il en soit ? Hypothèse improbable ? Peut-être, je pencherais pour 2 sur 3 qui ne seraient pas allés voir le film. Mais sur le total de téléchargements, combien sont l’oeuvre de gens qui ont vu le film et veulent le revoir, sans retourner au cinéma (et n’y seraient pas retournés, parce que 10 euros, c’est des sous) ? Et si certains l’ont vu sur petit écran et ont voulu y goûter sur grand écran ensuite, la logique est tout simplement inversée : le téléchargement crée des entrées, sur un produit sensiblement différent. Ce n’est pas un mystère : les films les plus téléchargés sont aussi ceux qui connaissent le plus d’entrées en salle. Les chtis, victime exploitée des téléchargeurs ? Cette arithmétique simpliste sent vraiment le pathé. Un peu comme l’évaluation du marché de la contrefaçon.

Quel bilan pour le New Labour?

Mon ami Hugues déplore la façon dont se déroule la fin de l’expérience Blairiste en Grande-Bretagne, et l’influence que cela pourrait avoir sur le débat politique français, replaçant les socialistes dans leurs certitudes bornées sur ce que doit être un « bon socialisme » et l’exemple qu’ils vont retirer de la période. Au passage, son interprétation du bilan du New Labour ne me semble pas convaincante, parce que reposant sur des approximations logiques et factuelles. Comment dresser un bilan de l’expérience britannique du New Labour?

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Qui est le plus sympa en téléphonie mobile ?


Bouygues Telecom annonce avoir été élue numéro 1 de la relation client en téléphonie mobile. D’accord, il y a des entreprises qui sont meilleures dans la relation client et Bouygues Telecom est peut-être la meilleure. Mais comment mesure-t-on cela ? Ah, je vous préviens, j’ai pas trouvé…

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Le SMIC, un instrument inefficace contre la pauvreté et les inégalités?

Le salaire minimum, tel qu’il existe en France, n’est pas un moyen efficace pour réduire la pauvreté et les inégalités. La pauvreté est principalement due au manque d’emploi, au trop faible nombre d’heures travaillées et à la situation familiale. Les auteurs de ce rapport du CAE fondent leur jugement sur un examen précis des situations qui prévalent dans d’autres pays où le salaire minimum est moins contraignant, voire inexistant. Le système français de redistribution des revenus s’appuie sur un salaire minimum relativement élevé complété par une multiplicité de prestations sociales dont la complexité et le profilage selon le revenu d’activité aboutissent à une absence de lisibilité et à de très faibles incitations à la reprise d’emploi pour les personnes les moins qualifiées. Les jeunes se trouvent particulièrement défavorisés par ce système. Les auteurs suggèrent qu’une politique efficace d’amélioration des bas revenus et de réduction de la pauvreté devrait s’appuyer sur des mesures fiscales et des prestations sociales ciblées plutôt que sur un salaire minimum élevé et uniforme.

C’est un rapport du Conseil d’Analyse Economique, par Cahuc, Cette et Zylberberg. Le rapport se trouve ici, son résumé ici. Si le constat n’a rien de très surprenant (le SMIC n’est pas un bon instrument) les préconisations sont assez discutables.

Article intéressant

Sur le blog Freakonomics, Justin Wolfers recense une étude de Scott Carrell et Mark Hoekstra sur les liens existant entre la présence d’élèves indisciplinés et les résultats de l’ensemble de la classe. Ca n’a pas l’air, comme ça, mais c’est un travail qui pourrait être important en économie de l’éducation. J’ai fait du billet l’article de la semaine.

Doha c’est foutu, pas de raisons d’aller dans la rue

Ce qui est étonnant avec l’échec récent des négociations du round de Doha n’est pas tant l’échec que les commentaires qu’il suscite. Car dans le fond, il ne s’est rien passé : les négociations n’ont pas abouti, ce qui signifie que les règles du commerce mondial, les comportements des pays, vont rester ce qu’elles étaient. Surtout, il n’y avait guère de raisons d’imaginer que cela se passerait mieux qu’il y a deux ans.

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