Comment détruire un pays?

Ce n’est pas très compliqué, finalement (vous aurez noté que l’article date de 2003 : depuis, c’est devenu infiniment pire).

Dernières données : au Zimbabwe, le taux d’inflation est de 430 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000% en moyenne annuelle. Oui, cela fait 4.3 x 10 puissance 38. Cela fait en gros cent milliards de fois la masse de la terre exprimée en kilogrammes; on notera aussi que la taille de la Voie Lactée, égale à 100 000 années lumières, ne fait en comparaison « que » 10 puissance 23 centimètres, soit quatre mille milliards de fois moins.

La fin de la théorie?

Un lecteur, via la chatbox, nous indique un récent article de Chris Anderson, auteur de l’excellent « the long tail« , annonçant la fin prochaine de la méthode scientifique telle que nous la connaissons : l’augmentation du nombre de données et de capacités de traitement, permises par les nouvelles technologies, permet de se passer des théories fausses pour se contenter du simple constat, issu des données, de l’existence de corrélations mesurables. Corrélation n’est pas causalité, mais cela n’a plus d’importance dès lors que l’on dispose de tant de données : on peut comprendre le monde de façon bien meilleure grâce à leur analyse plutôt qu’en se référant à des théories forcément incomplètes.

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Que fait Bill Gates…

… Quand il n’envoie pas ce genre de mail aux employés de Microsoft?

Il fait discuter des économistes sur un blog autour de son idée de « capitalisme créatif« . Le blog s’appelle Creative Capitalism, il a déjà reçu des contributions de Becker, Posner, Easterly, Clark, Glaeser et Landsburg. D’autres devraient venir, les lecteurs peuvent commenter et même proposer des contributions; à terme, cela devrait donner lieu à un livre sur le sujet.

(HT : marginal revolution)

J’avais pas compris

Si les français ne sont pas contents de la politique économique du gouvernement, ce n’est pas parce que la loi TEPA est une gabegie franchement inommable; ce n’est pas parce que les impôts existant augmentent, et qu’en plus, on en crée des nouveaux à un rythme infernal (ha tiens, par quoi donc va être financée la fin de la publicité sur les chaînes publiques? oui, je sais, c’est trop facile, et ce n’est pas le plus beau : on en est à proposer des taxes sur les allègements de taxes…); ce n’est pas non plus parce que la création des pôles de compétitivité est un gaspillage inutile et que la politique industrielle n’est que de la poudre aux yeux démagogique; que la réforme de la défense reviendra à avoir les prétentions de la Grande-Bretagne avec les moyens de l’Italie; ce n’est pas non plus parce que l’on transfère la gestion des dépenses de santé là où les frais de gestion sont les plus élevés; ce n’est pas parce qu’on supprime la néfaste loi Raffarin pour la remplacer par un machin encore plus nocif; ce n’est pas non plus parce qu’on piétine les libertés individuelles pour soutenir des lobbys en déclin; et je ne parle même pas du plus insupportable.

Non, si les français ne sont pas contents, c’est qu’ils ne comprennent pas tout le bien que l’on fait pour eux. Alors, il va falloir qu’ils paient pour devenir plus intelligents. Comme quoi, finalement, c’était pas si compliqué…

A lire aujourd’hui

Sur la vie des idées, la conjecture suivante : et si augmenter les droits de succession contribuait à l’efficacité économique? pour une argumentation opposée, voir ici par exemple. Pour ma part, j’ai toujours été favorable aux droits de succession, parce que je trouve plus agréable de payer des impôts quand on est mort plutôt que quand on est vivant. Cela dit, l’ensemble mériterait une discussion plus approfondie, que je n’ai pas l’énergie de faire aujourd’hui (je suis en pleine période de jurys, et je suis un peu crevé). Cela viendra peut-être plus tard (avec un post sur les négociations de Doha qui traîne dans les brouillons du blog et que je dois terminer).

Passage radio

Je devrai passer demain matin sur BFM, à l’émission « les grands débats« , sur le thème « les élites françaises et l’économie ». Les autres invités sont le député J.M. Fourgous (UMP) et N. Tenzer, auteur d’un récent rapport sur la France et l’expertise internationale, rapport que je n’ai pas trouvé en ligne pour le moment, mais dont vous aurez une idée du contenu dans cet entretien. Si j’ai bien compris le principe de l’émission, il faut être un peu vindicatif.

EDIT : petit debriefing.

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In the long run, we are all the Grateful Dead

Ce matin, Versac était sur France Culture, pour parler de la loi HADOPI, issue de l’accord Olivennes. Inutile de préciser qui, dans ce débat, est la voix de la raison; c’est un sujet abondamment abordé sur ce blog (et là aussi). Lorsque vous verrez défendre l’argument de « la mort des artistes » – qui sert surtout à justifier toutes les atteintes aux libertés individuelles pour défendre les intérêts corporatistes d’entreprises devenues purement parasitaires – vous pourrez aller lire cela. Et n’oubliez pas : in the long run, we are all the Grateful Dead.

Le diesel au prix de l’essence

Ce qui était il y a peu de temps le slogan promotionnel des constructeurs automobiles est devenu une réalité à la pompe; alors qu’il y a 4-5 ans, le litre de diesel coûtait environ 25 centimes de moins que le litre d’essence sans plomb, aujourd’hui, l’écart entre les deux carburants s’est considérablement réduit, aux alentours de 5 centimes. En réalité même, si l’on fait abstraction de la fiscalité, le litre de gasoil vaut actuellement plus cher que le litre d’essence. Comment l’expliquer? Que le prix du pétrole explique la hausse des prix de tous les carburants, on peut le comprendre. Mais elle ne peut pas expliquer à elle seule la hausse spécifique du diesel, dont la production nécessite moins de pétrole que l’essence. Cette baisse relative du prix de l’essence par rapport au diesel mérite donc une explication particulière.

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Le fétichisme de la balance commerciale (encore)

Dans le Monde de lundi, un article sur les "trompe l’oeil de la balance commerciale" commence ainsi :

Tout ce qu’on vous a toujours dit sur le commerce extérieur – les déficits des uns et les surplus des autres – a peut-être conduit à des conclusions complètement erronées. Il est en effet classique de considérer que la santé économique d’un pays est liée à sa balance commerciale. Quand un pays exporte beaucoup, on en déduit que ses produits sont compétitifs, et que donc son économie va bien. C’est actuellement le cas de l’Allemagne. En revanche, quand son déficit s’aggrave – c’est le cas des Etats-Unis et de la France -, chacun s’inquiète.

"On" vous a toujours dit? Il est en effet "classique" de considérer? Par qui? "On" en déduit? "chacun" s’inquiète? Qui sont donc ces gens qui s’inquiètent, cités avec tant d’imprécision?
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Des économistes à la radio

Dans « du grain à moudre », écoutable ici. P. Veltz, M. Debonneuil, E. Wasmer, P. Concialdi, débattent des emplois de demain. Le sujet hélas se prête un peu trop aux spéculations gratuites. M. Debonneuil pas très convaincante amha. Sa remarque sur « Ricardo est mort » montre qu’à l’inspection des finances, on ne comprend toujours rien à la notion d’avantage comparatif et de façon générale à l’économie internationale. Interventions d’E. Wasmer pertinentes, comme toujours. Il est pratiquement le seul à évoquer le fait que les « emplois créés » dépendent de la nature de l’offre de travail, les caractéristiques des salariés potentiels, plutôt que se préoccuper uniquement de demande. Mérite le détour en tout cas.

L’endroit où il faut être aujourd’hui

Ici, pour assister à cela.

Vision optimiste : avec l’Ecole d’Economie de Paris et Toulouse, on va avoir en France deux centres de recherche de très haut niveau en économie, dotés de moyens et d’autonomie conséquents.

Vision pessimiste : ces grandes structures sont très bien, mais elles ont tellement d’argent qu’elles ne savent pas quoi en faire. Dans le même temps, de nombreuses structures universitaires locales font un travail utile et sont désargentées.