La France fonctionne

On nous a sollicités, comme d’autres blogueurs, pour répondre à une série de questions dans le cadre de la semaine française sur CNN. Les questions sont en français ou en anglais, celles en anglais étant plutôt faites pour traduire un regard "extérieur", en français, un regard national. Voici donc les questions, et des réponses.
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L’article politiquement incorrect du jour : ne pas fumer tue

Interdire de fumer dans les lieux publics a pour effet d’augmenter le nombre des accidents de voiture, si l’on en croit cet article De S. Adams et C. Cotti. Les auteurs tirent ce constat de la comparaison, aux USA, des juridictions ayant mis en place une interdiction de fumer dans les bars et les autres; les premières connaissent une augmentation du nombre des accidents.

Les auteurs avancent deux explications : Premièrement, l’interdiction de fumer dans les bars pousse les fumeurs à rouler plus, pour trouver un endroit ou ils pourront boire et fumer (par exemple, un bar non-fumeur doté d’une terrasse chauffée avec sièges); deuxièmement, la sensation de manque de tabac a pour effet d’augmenter le désir de boire de l’alcool; les conducteurs à la sortie des bars sont donc plus alcoolisés suite à l’interdiction, ce qui augmente leur risque d’accident.

PS : comme chacun sait, il est permis de fumer (et de boire) au bar chez Jojo.

Localisme universitaire

Un débat intéressant se lance sur le localisme universitaire, avec de vrais morceaux d’économistes dedans. Le localisme est, rappelons-le, cette pratique consistant à favoriser pour le recrutement des enseignants des "locaux" au détriment de candidats venus de l’extérieur. Le débat a été lancé par O. Godechot et A. Louvet sur la vie des idées, qui ont à partir de la base de données des thèses évalué l’ampleur du localisme universitaire, qu’ils constatent considérable. E. Wasmer a relayé leur étude et voit dans le localisme un symptome important du mal universitaire français, se déclarant favorable à sa réglementation. O. Bouba-Olga, M. Grossetti et A. Lavigne ont alors publié une réponse critique, présentant le localisme comme une réponse rationnelle aux difficultés d’évaluation des qualités des candidats aux postes d’enseignants universitaires. Plutôt que la réglementation/interdiction du localisme, ils préconisent d’améliorer l’information sur les candidats, de donner plus de temps pour la sélection, de centraliser les offres d’emplois, et d’organiser des job markets. Godechot et Louvet répondent alors, à l’aide d’un modèle, qu’il semble bien que le localisme nuise à la qualité du recrutement, qu’il faut envisager le fait que la piètre qualité des mécanismes actuels de sélection vient de la possibilité de procéder au recrutement local, plutôt que l’inverse. Ils se déclarent favorables à une réglementation administrative du localisme. Tout cela est bien entendu résumé à grands traits, et ne remplace par la lecture roborative des différents textes. Quelques remarques.
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Pas de retour

De mon côté, je vais rester loin d’ici encore un moment (même si je ne bouge pas…).
Je repasserai fin mai début juin pour vous parler du livre de Dan Ariely, traduit en français. Il faudrait aussi que j’évoque le Tim Harford. D’ailleurs, les deux auteurs s’affrontent sur ce site. J’ai lu les deux. Ils sont vraiment bien. Mais vous ne serez pas étonnés de savoir que je trouve Harford plus intéressant. Si on caricature un peu, Harford nous dit que derrière tous les actes les plus éloignés, en principe, de la logique économique, on trouve une rationalité implacable. Ariely nous dit que derrière les actes présumés rationnels, on trouve, invariablement et de façon prévisible, de l’irrationalité. Les deux ont raison, mais Harford est moins intuitif et moins dans l’air du temps, ce qui m’interpelle davantage (oui, n’oublions pas, contrairement à quelques journalistes, que je suis co-créateur et co-animateur d’un site appelé éconoclaste). Ils forment un couple efficace pour être moins con.

L’actualité a beau être chargée, notamment en symboles, j’ai une grosse envie de faire le pont (jusqu’en septembre), quand j’aurai fini de régler les affaires professionnelles courantes. Mais je connais l’appel du clavier, donc je n’exclue pas de venir publier, avant la trêve estivale, quelques lignes de plus que les chroniques annoncées. Bon pont du 8 mai (veinards, j’en ai pas eu un seul. Ouai, ok, de début juillet à fin août, je me rattrape un peu, même si ça va être occupé par quelques préparations de cours et probablement des lectures mi-professionnelles mi-plaisir).

Bref retour

De retour physiquement dans les lieux, mais avec beaucoup de travail en retard, qui va être prioritaire jusqu’à la fin de la semaine. Ca ira mieux après. En attendant, quelques liens intéressants trouvés sur mon agrégateur en revenant.

The number’s guy a publié la réponse au test de probabilités. Commentaires là-dessus à venir.

Mythes et réalité sur les retraites, chez Economic Principals. A méditer…

Paul Collier explique les raisons de la crise alimentaire, de façon synthétique et décapante.

A peine né, Rationalité Limitée s’impose comme un incontournable de la blogosphère économique française.

Dans ma boîte aux lettres, il y a une biographie de Fisher Black, le dernier numéro de RCE consacré à la finance, et le livre de notre ami Hugues. A peine entamé le premier, déjà extrêmement bien fait. Lu plusieurs articles du second, particulièrement roboratif. Lu quelques chapitres du troisième, remarquablement bien écrits, et très drôles.

J’ai été coupé par M6. Sans doute un peu trop scientifique lugubre. Difficile d’expliquer la finance contemporaine à la télévision : il y a là quelque chose à creuser.

Les français ont peut-être un problème avec l’économie, mais le débat économique de la campagne présidentielle américaine atteint un niveau particulièrement consternant.

Depuis longtemps, j’étais un dernier homme nietzschéen sans m’en rendre compte. Finalement, c’est plutôt un statut agréable.

Désolé pour le faible postage, qui va encore durer quelques jours. J’en suis le premier frustré : j’ai plein d’idées de posts à écrire, cela me manque. Mais bon, les vacances terminées, je dois quand même me souvenir que j’ai un vrai travail, des vraies copies en retard, des vrais cours à préparer, et plein d’autres choses à faire encore.