Faut-il vraiment encore réglementer les banques?

Le "rebonds" du jour dans libé, par P. Martin, est consacré à l’aléa moral créé par les moyens mis en oeuvre par les banques centrales pour juguler la crise bancaire. Selon lui, le "sauvetage" de Bear Stearns et les rachats par la BCE et la Fed des créances toxiques des banques crée une pente glissante, qui pourrait inciter les institutions financières à prendre trop de risques, précipitant des crises futures. Selon lui, la "logique économique" devrait pousser dès lors à une réglementation accrue de l’activité financière, portant en particulier sur les modes de rémunération, qui poussent à prendre trop de risques. Il se fait ici l’écho de R. Rajan, qui a évoqué ce problème des modes de rémunération récemment. Mais tout cela n’est pas très convaincant.
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Interrogations

Pas de billets ici sur l’affaire entre un acteur et un blogueur qui fait du bruit ailleurs, mais n’est pas franchement de notre ressort. Mais j’avoue qu’elle m’amène, couplée à certaines choses, à me poser quelques questions. Pas tant sur le contenu de notre blog (que nous pouvons surveiller facilement) qu’en ce qui concerne le projet d’agrégateur de blogs économiques (« équilibres multiples »). Par nature, les blogs économiques sont plutôt policés. Par nature aussi, le contenu exprimé relève plus facilement de la liberté d’opinion que des questions de violation de la vie privée ou autres choses qui ont valu à Eric Dupin le procès que l’on sait. En revanche, la diffamation peut être potentiellement invoquée. Me prendre un procès pour quelque chose que j’ai écrit, soit. Mais pour quelque chose que d’autres auraient dit, non. L’affaire jugée hier a valeur d’exemple en la matière, je crois.
Actuellement, je pense enterrer définitivement le projet. J’avais déjà décidé de limiter les blogs recensés à ceux avec lesquels aucun problème d’autorisation quelconque ne pouvait apparaître ni tout de suite, ni possiblement plus tard. Mais je me fais une raison. J’ai plus à y perdre qu’à y gagner, même si la probabilité est mince (c’est ce qui est terrible avec les critères de décision : on bascule toujours d’un côté, pleinement).

Je signe

« Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a promis de l’argent vendredi à ceux qui remettraient leurs armes aux autorités, dans une tentative pour priver de leur arsenal des miliciens chiites engagés dans des combats à Bassorah (sud). »
Je vais me renseigner. Je suis prêt à réaliser le deal. Bon, d’abord, je fouille dans mon grenier pour retrouver mon arsenal.

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Quelques choses insignifiantes que vous devez savoir

Pas à notre sujet, on a déjà donné. Au sujet du site :
- Le lexique et la biblio n’ont pas été mis à jour depuis très longtemps. J’en ai un peu honte.
- Il y a des coquilles de formatage dans certaines questions-réponses.
- Quand on enregistre un message sur le forum, une vilaine page d’erreur apparaît, mais le message est enregistré et il suffit de faire « précédent » pour retourner dans le monde civilisé.
- Il y a encore des liens morts par ci par là, depuis la dernière refonte du site.
- J’ai oublié de remettre un formulaire Google search pour les parties hors blog.
- Les liens sont toilettés un peu plus fréquemment, mais je sais que certains sont morts actuellement.
- Enfin, j’ai l’intention de corriger tout ça, mais petit à petit.

Mise à jour – 27/03/2008

Encore une nouvelle chronique de livre. The Economic Naturalist de Robert Frank. Un ouvrage qui vous expliquera pourquoi la vie a pu être créée par un économiste, si ça se trouve. Outre celle du livre de Laurent Davezies, bientôt une chronique du dernier livre de Tim Harford, sobrement intitulé The Logic of  Life.

Les SES : encore, mais une dernière fois

Nos commentaires sur l’enseignement de l’économie en France se sont faits plus fréquents depuis l’été dernier (même si nous n’ignorions pas la question avant). La tournure des débats sur les SES me conduit aujourd’hui à ne plus m’exprimer sur ce sujet. Je ne sais pas si Alexandre fera de même, même si nos échanges sur la question vont plutôt dans ce sens. Il en parlera s’il le souhaite. Quelques explications.

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Mise à jour – 20/03/2008

La marche en avant des notes de lecture reprend. Les prêcheurs de l’apocalypse est un essai sur les questions écologiques et sanitaires, écrit par l’économiste Jean de Kervasdoué. Prochain épisode de la saga "En route pour les 200 notes de lecture" d’ici peu, avec La république et ses territoires de Laurent Davezies et The Economic Naturalist de Robert Frank.

Je suis partagé

Je découvre l’existence du blog de Bernard Maris (ouvert depuis déjà un an tout de même ! Bonjour la veille du net chez éconoclaste…). Vous pourriez penser que je ne daigne pas même le citer. Ce serait une erreur, bien sûr. D’abord parce que Maris fut il y a quelques années un essayiste de l’économie de qualité, quoi qu’on ait pu avoir à lui reprocher. Ensuite, parce que faire passer quelques mécanismes économiques, fussent-ils très orientés, aux lecteurs de Charlie Hebdo mérite le respect, fût-il mitigé. Enfin, même si nous ne trouvons hélas plus dans la prose de Maris ou dans ses interventions médiatiques matière à inspiration, ce blog a une ambiance intéressante. Les billets sont très courts, visiblement destinés à jeter quelques idées, rapidement. Ton personnel. Réponses parfois aux commentaires. A bien y réfléchir, Maris n’est pas un grand excité. Il a pourtant cette image, qui doit être la traduction de ses idées plus que de ses attitudes. Et ce qui me frappe sur ce blog, c’est le calme. Un peu comme les quelques moments qu’il y passe étaient des moments de repos plus que de communication (les couleurs choisies par Inter y contribuent beaucoup aussi). Bon, vu la fréquence des textes, il devrait se reposer plus souvent. Bref, drôle de sentiment à la lecture de ces quelques billets publiés depuis l’an dernier (j’ai surtout lu les plus récents).
Relevé au hasard d’une page : « A mon avis, l’enseignement de l’économie devrait se résumer à l’enseignement de l’histoire économique. l’histoire des faits économiques. ». De quoi modérer mes ardeurs. Je lirai tout ça plus régulièrement pour me faire une idée définitive.

A part ça, j’ai trois notes de lecture à rédiger ou finir de rédiger. J’en parle, comme ça j’ai un peu de pression. C’est le bouquin de Laurent Davezies (qui est une sacrée cochonnerie à interpréter), un bouquin de Jean de Kervasdoué (qui est beaucoup plus clair dans ses fins) et celui de Robert Frank (qui n’a rien à voir mais est bien quand même).

Le meilleur banquier central?

Si l’on demande qui a été le meilleur président de la banque centrale américaine, tout le monde aura tendance à répondre « Alan Greenspan ». Pourtant, il y a toutes les raisons de penser que Paul Volcker, son prédecesseur, lui a été largement supérieur. Volcker a hérité d’une situation catastrophique, une inflation à deux chiffres et une stagnation économique; il a eu le courage et l’intelligence de faire ce qu’il fallait pour y remédier, rétablir des taux d’intérêts réels positifs jusqu’à la fin de l’inflation et s’y tenir. Au total, il a laissé la situation meilleure qu’il ne l’avait trouvée : on ne peut pas en dire autant de son sucesseur, Greenspan. Volcker a su résister à la pression politique de l’administration Reagan, que sa politique n’arrangeait pas; Greenspan s’est couché devant l’administration Bush, pour expliquer ensuite que personne n’avait compris ce qu’il avait vraiment dit.

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Réponse à deux questions essentielles

Question 1 : à quoi servait la commission Attali ? C’était un leurre, un genre de diversion.
Question 2 : pourquoi le secrétariat d’Etat à l’évaluation des politiques publiques ressemblait à celui des anciens combattants en termes d’activité ? Parce que ses contributions ne pouvaient pas être encore ébruitées.

Pourquoi je dis ça ? Parce que j’ai lu ce texte (via Radical Chic).

Un nouveau master à l’Ecole d’Economie de Paris qui vaut le détour

Nous vous avons souvent parlé des problèmes d’évaluation des politiques publiques, en particulier en France. Depuis quelques années, nous vous décrivons régulièrement le retour spectaculaire à une économie qui se soucie plus de validations empiriques que de raffinements théoriques sans fin, sans pour autant sombrer dans la vacuité conceptuelle. Nous-mêmes, pourtant issus d’une génération où la théorie occupait la place de choix, nous nous réjouissons de cette évolution, qui ouvre des perspectives majeures sur la compréhension des phénomènes économiques, en rendant plus facile, et ce n’est pas négligeable, le dialogue avec les autres sciences sociales, sans pour autant que les acquis majeurs de la science économique ne soient remis en cause.

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Loterie du bac ou loterie de la recherche ? Après le maljournalisme, la malrecherche ?

J’avais signalé à quel point certaines simplifications journalistiques dans le recensement d’une étude sur la notation au bac me laissaient perplexe. Bien sûr, après la dépêche mentionnée, toute la presse s’est empressée de se saisir du scoop, année du bicentenaire du bac oblige. J’ai déjà eu l’occasion de dire modestement mes doutes sur la question du bac, me rangeant à l’idée que si le bac continue à être organisé de la même façon, ce n’est pas parce qu’il est utile pour les candidats qu’il en aille ainsi, mais plus certainement parce qu’il existe une demande sociale à ce sujet, totalement déconnectée de la réalité avancée. Demande sociale qu’il ne m’appartient pas d’évaluer (après tout, il y a des gens qui veulent dépenser de l’argent public pour la coupe du monde de football ou des jeux olympiques, ce qui coûte pas mal d’années d’organisation du bac). L’affaire des écarts de notation rebondit aujourd’hui suite à un courrier reçu ce matin et adressé à divers organes de presse.

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