La PPE n’est pas un outil démagogique destiné à relancer la demande

On m’a signalé un billet sur Koz’toujours, dont le contenu mérite quelques commentaires, tant il heurte l’économiste qui erre en moi. Il est question de prime pour l’emploi. Dans ce billet, Liberal avance que Nicolas Sarkozy n’a pas été élu pour augmenter le pouvoir d’achat et qu’il est injuste de faire aujourd’hui comme si cela avait été son thème de campagne. Après une longue démonstration, il parle d’une prise de position de Piketty concernant de la pertinence d’une augmentation de la PPE, en regard du paquet fiscal. Liberal écrit :

"On a bien l’incontournable Thomas Piketty qui nous propose une idée pas du tout démago. Donner de l’argent aux pauvres en le prenant aux riches (ou aux patrons, ou aux deux, il n’est pas très clair sur le sujet). Il est malin Piketty, il a calculé qu’il y avait plus de pauvres que de riches et de patrons ; sa démarche est donc électoralement gagnante. Bon, généralement, ce genre de relance par la consommation profite surtout aux producteurs étrangers. Mais ce n’est pas très grave, personne ne pleurera sur les patrons.


L’inconvénient de cette sortie est qu’elle est fausse et partiale.
(Lire la suite…)

Hausse des prix : seconde brève

En exclusivité nationale, le blog d’Econoclaste vous révèle le nom du responsable de la hausse du prix du lait. La presse unanime, les associations de consommateurs, la classe politique française, qui se déchaînent en rodomontades, ont besoin d’identifier le coupable, qu’ils ont visiblement du mal à trouver, puisqu’aucun n’évoque son nom. Pourtant, il n’y a pas à chercher bien loin. Cliquez sur la suite pour connaître ce dangereux sabordeur du pouvoir d’achat des français. Le coupable est…
(Lire la suite…)

Brève de hausse des prix

Luc Chatel est formel, les prix ont trop augmenté. Moi-même, je vous le confirme : ils ont augmenté sur des produits que j’achetais (cas typique de phrase qui ne sert à rien, mais put… c’est vrai, là, y en a qui ont violemment augmenté !). Et j’ai plusieurs nouvelles : une ou deux presque bonnes et une mauvaise. On commence par quoi ?
(Lire la suite…)

Vivement la récession!

Cela n’intéresse probablement personne, mais je suis en train de chercher à acheter un appartement à Rennes. Comme tous les acheteurs, je suis frappé à la fois par le niveau des prix et par leur évolution récente, une hausse vertigineuse. La semaine dernière, on m’a proposé de dépasser la barre (certes psychologique) des 300 000 €, pour un appartement certes fort bien placé et aménagé, mais quand même. Pour payer ce genre de prix d’achat, avec un apport réduit, cela implique de rembourser environ 1500 € par mois pendant 25 ans; 1500 €, c’est le salaire médian français, et la perspective de le payer chaque mois pour un logement ne faisant même pas 80m² a quelque chose d’effarant.
(Lire la suite…)

Brèves : y en a pour tout le monde

Quelques brèves rapides et courtes, pour pas faire trop long.

  • La loi sur le tabac dans les lieux publics va ruiner la restauration, les faits sont là.
  • Les lois sur l’immigration sont coûteuses.
  • Franchement, ça incite à être un patron voyou. Je ne ris pas.
  • L’UE s’occupe des problèmes les plus urgents en matière de concurrence fiscale.
  • La bonne nouvelle de la semaine dernière : on va commencer à compter les années avant que l’oeuvre d’Henri Salvador ne passe dans le domaine public. Bon, en même temps, je m’en fous, j’ai jamais franchement voulu voir Syracuse. Je préfère Vesoul.

grosse fatigue

En début d’année, j’indique toujours à mes élèves que s’ils s’avisent de commencer un travail écrit par une variante sur le thème de « à l’aube du XXIème siècle, dans la mondialisation issue de l’après-guerre froide, dans le monde post-11 septembre… » je ne prends même pas la peine de lire le reste de la copie. Outre que ce style boursouflé m’énerve, il n’annonce en général qu’une série de platitudes qui ne mérite pas d’être lue. Illustration par l’exemple, avec le Baverez du Monde daté de demain.

Au passage, quelqu’un pourrait-il m’expliquer l’origine de la dernière mode consistant à utiliser le verbe « acter » à tout bout de champ?

Tiens, ça commence à sérieusement se voir, alors ?

Via Etienne Wasmer, une étude sur les jeunes économistes américains affirme : « Many commentators who criticise economists as obsessively mathematical and unempirical have a view of economics that is now out-of-date. ». M’est avis que notre voisin économiste du travail avait un petit sourire aux lèvres quand il a publié ça (voire un gros). Il a bien raison, il ne faut pas se refuser certains petits plaisirs…

Question pour pas un rond [Réponse et commentaires publiés]

Jeu facile, digne des trucs avec des SMS pour gagner un plasma à la mi-temps d’un match de coupe de la ligue.
Quel est le pays qui a connu un taux de croissance de 8,5% en 2006 (et 40% en cumulé depuis 2003) ? Quel est ce pays qui enregistre un excédent fiscal alors que son budget augmente ? Ce pays où les importations ont crû de 19% (et les exportations de 15%), avec un excédent commercial de 6,5% du PIB. Dans ce pays, la pauvreté est passée de 54% en 2003 à 27%, en trois ans. Sa dette publique représentait 121% du PIB en 2004 et 61,8% en 2006. Le taux de chômage : de 21% en 2003 à 9% en 2006. Dernier indice : son équipe a été éliminée en quart de finale du dernier mondial de football (faut bien qu’on justifie le SMS surtaxé !). Alors, cékikidonc ce pays mystère ?
Réponse et commentaires à lire dans le corps du billet.

(Lire la suite…)

Passage dans Libération

Une interview dans le Libé du jour, sur des questions de commerce extérieur. Normalement, il devrait y avoir aussi quelque part sur le site du journal une discussion en webradio avec Guillaume Duval et Christophe Alix (journaliste de libé) mais je ne l’ai pas encore trouvée, j’éditerai quand ce sera le cas.

EDIT : voici l’interview audio

Oulala, je fais de la politique ?

Des gens ont signé un appel républicain dans Marianne, dont l’intérêt profond sera commenté par qui le voudra. Le premier ministre a répondu à cet appel qu’il relevait d’une « attitude profondément anti-démocratique ». Qu’il y ait une volonté de plomber le président, ben… c’est sûr. Mais où commence les attitudes antidémocratiques ? La démocratie, c’est ne rien dire sous prétexte que des élections ont eu lieu il y a un an ?
Pourquoi parler de cela ici ? Parce qu’il y a six ou huit mois, j’ai pu constater qu’il était interdit de douter de mesures économiques annoncées par le gouvernement, sans risquer de voir débarquer des petits sbires téléguidés nous accuser de démolir de manière inacceptable le nouveau président élu[1]. Je n’avais jamais vu cela et j’en garde un certain sentiment d’écoeurement, d’autant plus tenace que nous avions été corrects.
Question simple : qu’est-ce qui fait la différence entre une critique démocratique et une attitude antidémocratique ?

Notes

[1] J’ai pu constater récemment que l’autre bord en comptait aussi parmi ses rangs, même si l’agressivité était plus contenue.

Si avisée que cela?

Dans sa chronique hebdomadaire des Echos d’aujourd’hui, Paul Fabra nous explique que les banques espagnoles, malgré le plus gros boom immobilier d’Europe, ne sont, contrairement à ce que croyaient "nos économistes", pas tellement exposées au credit crunch consécutif aux crises immobilières. La raison? un appareil bancaire, la banque centrale en tête, qui ne s’est pas laissée intimider par les "innovations" de la finance dite moderne, mais qui a continué à se fier à l’expérience directe du capitalisme qui en est à maints égards l’antithèse.
(Lire la suite…)

Sous-traitance

Via PSD blog, une étude sur les délocalisations par le Boston Consulting Group aboutit à un résultat intéressant : deux tiers des entreprises de l’étude ont constaté que les coûts de production sont aussi élevés en Chine que dans leur pays d’origine. En cause : la moindre qualité et des déséconomies d’échelle. Voilà qui pourrait intéresser Olivier Bouba-Olga.

Sur géographedumonde, une application concrète de la théorie du public choice, la construction de barrages et l’approvisionnement énergétique en Corse. Voilà qui pourrait intéresser Corse-économie

Le jour de la marmotte est revenu

Dans le film Groundhog Day, l’acteur Bill Murray est condamné à revivre éternellement le jour de la marmotte, une fête locale qu’il doit couvrir pour la chaîne de télévision qui l’emploie, et qu’il déteste. L’actualité française a elle aussi son jour de la marmotte : la publication des chiffres du commerce extérieur. Avec toujours la même litanie.
(Lire la suite…)

Les blogs et l’économie

Le dernier numéro d’Alternatives Economiques est enfin arrivé à ma bibliothèque universitaire, ce qui m’a permis de lire l’intégralité de l’article consacré à la blogosphère économique qu’il comprend. Lecture recommandée, c’est le dossier le plus complet qui a été consacré à ce sujet à ce jour. L’article dit plein de choses très sympathiques sur nous, et sur les autres, et présente à mon avis très bien à la fois l’intérêt et les limites des blogs comme media.

Au passage, je suis en train de terminer le dernier livre de Guillaume Duval, rédacteur en chef dudit magazine. Sans tout approuver, c’est une lecture agréable et très stimulante, recommandée aussi. Note de lecture à venir.

EDIT : D’ailleurs, Enjeux-Les Echos consacre lui aussi un article à la blogosphère économique dans son numéro du mois (il n’est pas non plus consultable en ligne). l’article place la blogosphère française dans la lignée de Brad de Long et de Steven Levitt, entre divertissement et pédagogie.

Détail amusant, Alternatives Economiques consacre une chronique peu élogieuse au dernier livre de J.M. Vittori, éditorialiste à Enjeux-les Echos; et Enjeux n’a pas du tout aimé le dernier livre de Guillaume Duval, qui se fait étriller dans ce numéro. Voilà deux équipes qui, selon l’expression consacrée, ne passeront pas leurs vacances ensemble…