What is the matter with Belgium?

S’il fallait désigner l’article décalé de la semaine, ce serait probablement celui-ci, consacré aux solutions à apporter aux différences de revenu entre régions et pays de l’union européenne. Son auteur, Philippe Maystadt, conclut par la très classique « nécessité d’accroître la mobilité du travail en Europe » en faisant en sorte que les seuls obstacles restant à cette mobilité soient les obstacles linguistiques et culturels. De la part d’un auteur belge, l’argument est assez involontairement comique. Les difficultés politiques actuelles de la Belgique nous ont en effet rappelé que dans un pays dans lequel les seuls obstacles à la mobilité sont linguistiques, on peut assister à de grands écarts de performance économique. Le PIB flamand est deux fois et demie supérieur au PIB wallon, et le taux de chômage y est de 5%, contre 11.8% en wallonie, nous rappelle géographedumonde; voilà qui laisse supposer que les gains à attendre de la suppression des obstacles à la mobilité du travail ne doivent pas être considérables. La différence entre Flandres et Wallonie est avant tout une différence économique entre un nord urbanisé et ouvert sur les flux commerciaux avec ses grands ports, et un sud plus enclavé et fondé sur des industries qui périclitent, beaucoup plus qu’une différence culturelle; la Belgique nous rappelle qu’en matière économique, la géographie n’est pas près de disparaître.

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Brève : bible monétaire

Dans Le Monde, à propos de l’euro fort :

« Dernier argument, la remontée de la devise européenne n’a pas que des inconvénients pour l’économie de la zone euro. En réduisant le prix des biens importés, comme les matières premières par exemple, elle contient l’inflation et permet de maintenir des taux longs bas, un soutien à l’économie. »

Oui, dernier argument. Mais quand l’euro est faible, il (ou plutôt son dual) devient le premier : c’est mal parce que ça fait le pétrole plus cher. Décidemment, ce Saint Mathieu était un sacré économiste…

Hum…

IDEAS RePec est un portail de ressources pour les économistes. Chaque fiche concernant les auteurs répertoriés mentionne page web personnelle, mail, etc. lorsque ces informations sont disponibles. Sur la page de George Stigler, on peut lire :

« Email: This author has chosen not to make the email address public »

En même temps, si, par hasard, vous la trouviez, n’attendez pas de réponse. Car, comme sa fiche le mentionne plus bas :

« George J. Stigler obtained the Bank of Sweden Prize in Economic Sciences in Memory of Alfred Nobel in 1982 and died in 1991. »

Et les prix Nobel, c’est bien connu, ça ne répond pas aux mails. Du moins, tant que la fibre optique ne couvre pas le paradis…

Ah, les bases de données, tout un roman.

Une initiative intéressante

Nous avons été contactés par l’équipe de Canal éducatif, initiative non commerciale destinée à diffuser des savoirs de façon pédagogique et distrayante vers les collégiens et les lycéens. Plus précisément, il s’agit de valoriser le travail scolaire en montrant qu’il peut aider à réussir dans la vie.[1]. Le site fonctionne sur une logique participative et sur la base de vidéos. Il existe une rubrique économie. Le projet travaille avec des experts, dont certains sont reconnus (en économie, Hélène Rey et Paul Seabright ont ainsi collaboré à la production de deux vidéos).

Je découvre un peu le site. Je ne peux donc pas donner un avis ferme et définitif. Mais ce que j’ai vu me semble prometteur. Je vous suggère donc d’y faire un tour. La page économie est ici. Vidéos en avant-première, ici. Vous verrez, la plateforme est très Web 2.0. Pas comme ici…

Notes

[1] Ne riez pas, un certain nombre de jeunes pensent que ce n’est pas le cas. Dans le meilleur des cas, ils sont, sans le savoir, des adeptes de la théorie du signal.

Plus ça change…

… Et plus c’est la même chose. Comme il y a un an et demi, suite à quelques faits divers, le gouvernement veut faire une énième loi sur les « chiens dangereux ». Exemple classique de confusion entre la saillance d’un évènement (son caractère « médiatiquement visible »), et sa probabilité d’occurence. Rappelons donc que les chiens dangereux, cela n’existe pas : simplement, lorsque certaines races de chiens ont plus de succès que d’autres auprès des propriétaires, fatalement, la proportion d’accidents provoqués par ces chiens augmente dans la population. Au cours de votre existence, vous avez beaucoup plus de risques d’être mordu ou attaqué par un berger allemand ou un labrador que par un pit-bull. Mais « un labrador mord un enfant » est un titre beaucoup moins accrocheur que la référence au mythique monstre mangeur d’hommes à la féroce mâchoire. Et politiquement, faire une loi contre les propriétaires de labradors est infiniment moins payant qu’une loi contre les propriétaires de pit-bull.

Et toi, es tu en faillite ?

Comme le mentionne Jules, le terme « faillite » s’applique mal à l’Etat, juridiquement parlant. Economiquement, c’est pareil. Mais, une seconde, une seule seconde, entrons dans la peau de celui qui croit aux faillites publiques et à la maxime Bretonne [1] de l’Etat comme père de famille. Ca y est ? C’est fait ? Alors, calculez donc le ratio entre vos dettes restant à rembourser et votre revenu annuel[2]. Comparez cela avec le ratio dette/PIB français. Comme quoi… c’était encore une seconde de trop.

Edit : par pitié, ne me prêtez pas les erreurs que je dénonce implicitement ici. C’est supposé être une petite démonstration par l’absurde.

Notes

[1] Bretonne : qui vient de Breton,Thierry.

[2] Personnellement, c’est environ 400%.

Brève et petit jeu [Réponse publiée]

En commençant le livre d’Eric Maurin qui, pour les besoins de sa démonstration, fait quelques détours méthodologiques en matière d‘expériences naturelles, j’ai repensé à un reportage vu il y a quelques semaines dans un journal télévisé de France 2.

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La discrimination tarifaire est une bonne chose, c’est Saint Matthieu qui l’a dit

Nous avons déjà expliqué plusieurs fois sur ce blog que la discrimination tarifaire – faire payer à différents acheteurs des prix différents pour le même produit – était une bonne chose. Voir l’exemple de l’orchestre symphonique, les tarifs bancaires, et les tarifs du téléphone mobile. Immanquablement, pourtant, celle-ci suscite des protestations de ceux qui se trouvent devoir de ce fait payer plus. N’y a t-il pas là une injustice qui leur est faite, en profitant de leurs goûts pour leur faire payer plus?

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Nouvel obs : précurseur oublié de la no brain campaign

Il y a dix ans de cela, je me suis abonné un an au nouvel observateur. Fatigué de lire, au nom d’un regard iconoclaste sur le sujet, des inepties sur les profs, en phase avec les débordements puérils de Claude Allègre, j’ai résilié mon abonnement. Le temps passe, mais rien ne change.

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Le coût caché des tests ADN

Dans les méandres des fausses solutions à un problème qui n’en a pas vraiment, le député Mariani, qui honora jadis la représentation nationale en se déplaçant en Irak aux côtés du député Julia et de son camarade Diard, afin de prouver que Saddam ne détenait pas d’armes de destruction massive faire sa promo personnelle, propose des tests ADN pour contrôler la validité de certains regroupements familiaux, lorsqu’il y a un doute sur leur légitimité.

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Cette fois, la pile est trop haute

Ma pile de livres lus, et notes de lecture à rédiger, est devenue beaucoup trop haute, au point que je ne sais plus par où commencer. Nous avons reçu le dernier livre d’Eric Maurin sur la démocratisation scolaire, accompagné d’un mot très gentil de l’auteur; je vais m’atteler à celle-là en priorité.

Ensuite, je ne sais pas. Voici donc la pile des livres qui sont lus et à commenter, en l’état (je me suis arrêté aux livres en anglais…). Sondage : cher lecteur, pourriez-vous indiquer (dans les commentaires) les livres dont vous souhaiteriez lire une note de lecture en priorité? Ceux-ci seront traités dans l’ordre de préférence des lecteurs, en espérant que la pile ne gonfle pas trop (mais ce n’est pas gagné).

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L’article d’économie expérimentale du millénaire : qui est le meilleur chanteur d’AC/DC?

L’article s’intitule on the efficiency of AC/DC : Bon Scott versus Brian Johnson. L’abstract nous indique que l’article « étudie l’effet produit par l’écoute de la musique d’AC/DC dans un environnement de négociation simple ». Il s’agit d’observer lequel des deux chanteurs successifs du groupe produit chez des étudiants jouant au jeu de l’ultimatum le comportement le plus efficace. Pour ceux que cela intéresse, il semble que Brian Johnson soit le chanteur dont l’écoute produit les décisions les plus rationnelles.

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