L’agent irrationnel du jour

Un titre étonnant du Figaro :

Il se coupe le pénis pour ne plus pécher

Un Espagnol de 30 ans s’est coupé le pénis et l’a jeté aux toilettes à son domicile de Salamanque (ouest de l’Espagne), expliquant qu’il ne voulait « plus commettre de péché », ont rapporté aujourd’hui les médias espagnols. (…)

Hélas pour lui, c’est raté. L’amputation du pénis n’empêche pas d’avoir une érection. Comme l’expliquait Herbert Simon, l’information insuffisante contribue à la rationalité limitée.

Libérons, libérons… (2)

Même si ça étonnera peut-être, je me foutais du nombre d’économistes de la commission Attali. Je me moque nettement moins de ce qu’Attali, à la suite de Sarkozy et Copé, dit de ce que l’économie peut apporter à la réflexion sur les politiques publiques. Les commissions passent, les idées matraquées restent bien plus longtemps.

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La malédiction de la couverture

La malédiction de la couverture désigne le fait, pour une entreprise, de subir une forte baisse de cours boursier après s’être trouvée en couverture d’un magazine célèbre. Prise à la lettre, elle signifie que l’investisseur prudent devrait vendre immédiatement toute action d’entreprise dont le PDG est désigné « manager de l’année » ou dont la gestion et le business model sont vantés en couverture de magazines spécialisés.

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La citation du jour

(…) Economics is a jealous mistress, and you ignore her at your peril. A friend of mine in Brussels told me that he had seen François Mitterrand (who had famously appointed Jacques Attali, an impressive intellectual with no knowledge of economics, as his adviser on the economy) give an interview on french television. He was standing in front of a wall of bookshelves. The interviewer asked him if there was any book on economics among them. Mitterrand thrust his chest forward and said with gusto, « not one ». And of course, a few weeks later, France had a nice economic crisis!

Jagdish Bhagwati, 2005.

Licencier ES ?

L’éducation nationale a la filière ES en ligne de mire. Ce n’est pas nouveau. Cela fait au moins 5 ans qu’on en parle (nous-mêmes avons plusieurs fois évoqué le sujet – je sais plus où…). Gizmo et OBO se font l’écho de propos menaçants du ministre Xavier Darcos. Outre l’article d’OBO, qui prend le ministre au pied de la lettre, il n’est pas inutile de rappeler quelques éléments. Un, que les profs de SES sont un repère de crypto-marxistes. C’est mal. C’est très mal. Mais qu’est-ce qui est le plus stupide ? Etre un crypto-marxiste de province ou oublier que les générations se renouvellent et que les jeunes profs de SES ne sont pas plus gauchisants que la moyenne des profs. Tenez, deux exemples : David Mourey et VilCoyote d’Optimum. Deux, il est un rêve de ministre de rationaliser les spécialités économiques au lycée, en fusionnant la nouvelle filière STG et la filière ES, le mariage mettant la première aux manettes. Je laisse à mes lecteurs sociologues le soin de défendre leur bout de gras sur les risques de la disparition des sciences sociales au lycée. En revanche, je m’interroge sur le leadership d’une filière éco-gestion. Sur trois points :
- comment rendre sexy cette filière encore et toujours montrée du doigt par les honorables familles ?
- en acceptant la spécialisation au lycée, a-t-on besoin d’autant de lycéens gestionnaires ?
- enfin, et surtout, a-t-on besoin de tant de spécialisation au lycée général et technologique ? A moins que… ce ne soit le lycée professionnel qui récupère finalement des effectifs par le très subtil glissement ES -> STG -> LP.

Il y a des choses qui m’échappent dans cette affaire. Mais une me semble acquise : ce n’est pas une priorité que de démanteler la filière ES.

Libérons, libérons…

Olivier Bouba-Olga se rit du paradoxe Attalien consistant à présider une commission sur la croissance en même temps qu’il met en doute l’utilité de l’économie. Si la croissance n’est que l’affaire de ceux qui la font, on peut se demander où est l’intérêt d’une commission sur le sujet. Un technocrate ne vaut pas plus qu’un économiste. Par ailleurs, pour qui apprécie la cohérence des propos, on peut se demander s’il n’y a pas un souci quand on est capable d’écrire d’une part que les travaux des lauréats du Nobel d’économie sont forcément jugés ridicules 50 ans après et, d’autre part, de laisser publier ce genre de conversations entre amis. Visiblement, les idées d’un (voire plusieurs) économiste peuvent dépasser la date limite de consommation.

L’expérience économétrique qui n’aura pas lieu

A la grande époque des supply-side economics, on ne manquait pas de travaux distrayants sur l’effet dévastateur de la fiscalité sur l’activité économique, et par voie de conséquence, sur le puissant effet libérateur des baisses d’impôts sur ladite. En la matière, le plus comique avait été un article démontrant, bien entendu en toute rigueur, que des agents rationnels pouvaient être amenés à anticiper leur propre décès afin de réduire leur facture fiscale. L’idée peut sembler comique, mais à bien y réflechir, ne l’est pas tant que cela. La récente loi en faveur du travail, de l’emploi, et du pouvoir d’achat pourrait aboutir à des résultats troublants.

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Calme plat

Le site est en sommeil à compter d’aujourd’hui. Peu de publications à prévoir avant la rentrée autant pour Alexandre que pour moi.

J’aurais bien « profité » de la dernière affaire autour des OGM pour écrire un billet, mais je crains de ne pas être à la hauteur. Progrès technique, démocratie, marché, propriété intellectuelle, développement et pauvreté sont les mots clés sur le sujet pour l’analyse économique. On peut y ajouter santé et espérance de vie. Un jour, peut-être, un président nouvellement élu instaurera le service minimum des OGM, pour satisfaire une opinion publique devenue majoritairement pro-OGM. Les mots clés auront disparu du problème.

La chanson du jour.

Aujourd’hui, dans le Figaro…

Un excellent article sur un remarquable blog. Cette série d’articles quotidiens consacrés à des blogs dans le Figaro cet été est intéressante, et permet de découvrir des tas de bonnes choses. Accessoirement, cela rappelle qu’il y a des gens pour qui faire un blog est autrement plus courageux que pour nous…