Pourquoi lui?

Lorsque le Figaro a recruté E. Mougeotte comme directeur des rédactions, je me suis demandé ce qui pouvait motiver le recrutement d’un individu au delà de l’âge de la retraite, dont la carrière journalistique a commencé à l’époque de l’ORTF, et qui n’avait pas l’air de savoir grand-chose sur son domaine. Vous me direz, c’est peut-être ce que veulent les lecteurs, et surtout, les dirigeants de ce journal précisément; mais cette explication n’est pas convaincante. Après tout, celui-ci n’est qu’un exemple d’une pratique répandue dans toute la presse : la tendance à recruter toujours les mêmes aux postes de direction.

(Lire la suite…)

Les 10 livres d’économie de l’année

C’est la période des listes, et des cadeaux. Si vous connaissez un économiste et que vous voulez éviter de subir la perte sèche de noël, voici 10 livres d’économie qui lui feront plaisir (et à vous aussi, peut-être). La liste est forcément subjective, biaisée, bourrée d’oublis; mais chacun de ces livres vaut largement le coup. C’est une liste de livres en anglais (peut-être une liste en français plus tard).

(Lire la suite…)

Droits de succession : vous pensiez qu’ils avaient disparu ?

Ptet ben qu’oui, ptet ben qu’non.

Edit : Tout le monde se bat dans les commentaires pour savoir si c’est juste, injuste, si ça existe ailleurs ou pas et d’autres choses visant à établir si cette mesure est normale ou non. Mais la question ne me semble pas là. Je croyais qu’il n’y avait plus de droits de succession en France. Et je constate que ce n’est pas le cas, si on veut bien appeler ceci droit de succession (ce qui ne me paraît guère scandaleux).

Les apparentements terribles

D’un côté :

Téléchargement illégal : la Sacem autorisée à identifier les ordinateurs des pirates

La Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), chargée de la collecte des droits d’auteur, a annoncé vendredi 7 décembre avoir reçu l’autorisation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) d’identifier les « pirates » sur Internet

De l’autre :

Free Universal Music Downloads on New Nokia Phones

Nokia, the telecommunications company, and the Universal Music Group, the recording company, said on Tuesday that they would offer unlimited free downloads of Universal songs to buyers of certain Nokia phones as a way to promote cellphones as media devices and to develop new revenue for a music industry struggling with piracy.

Que dire de plus?

Bigre

Cet article est impressionnant :

Selon mes calculs, si les différentes traites négrières n’avaient pas existé, 72% de l’écart de revenu entre l’Afrique et le reste du monde n’existerait pas aujourd’hui, et 99% de l’écart entre l’Afrique et le reste du monde sous développé non plus. L’Afrique ne serait plus différente des autres pays en développement.

EDIT : voici le papier d’origine, avec les arguments élaborés.

Qu’est devenu le secrétariat d’Etat à la prospective et à l’évaluation des politiques publiques ?

On l’avait presque oublié. On peut lire son actualité surchargée ici. Je sais bien que pour évaluer, il faut des politiques engagées (bien engagées, même) à évaluer. Mais bon… Tiens, au hasard, ce serait bien d’avoir une évaluation des 35 heures. Mais mon petit doigt me dit que ça ne se fera pas (et ce n’est pas que j’anticipe un rapport élogieux).
Ce qui s’écrivait il y a quelques mois semble encore d’actualité, donc.

Edit : Oups, j’avais oublié qu’il y avait une photo de Ségolène Royal dans le billet précédent. Les deux photos ensemble donnent une drôle d’allure à la page…

Le pouvoir d’achat, en deux lignes

Il y a un problème de pouvoir d’achat en France? Cela vient de la hausse du prix du logement, et du prix des biens de consommation courante. Pour le logement, cela vient de la réglementation publique excessive et inappropriée; pour les biens de consommation, cela vient d’une réglementation publique excessive et inappropriée. La solution du président à la question du pouvoir d’achat? créer de nouvelles réglementations. La solution de l’opposition? Créer de nouvelles réglementations. Autant dire qu’il n’y a rien à attendre des politiques sur le sujet.

Il y a des jours ou l’on regrette de ne pas être belge. Ne pas avoir de gouvernement a des inconvénients, mais beaucoup moins que d’avoir des dirigeants aussi ignorants qu’ils sont sûrs d’eux.

Lycéens français, il est peut-être là le rite initiatique que vous n’aurez jamais à regretter ou relativiser

Moins d’heures de cours par semaine. C’est ce que veulent vos homologues néerlandais. Non, ce n’est pas une revendication pour travailler moins, mais pour travailler mieux (et plus après, mais c’est une autre histoire…).

Remarque 1 : je n’ai pas ramené à des heures hebodmadaires les revendications néeerlandaises. Mais ce que je sais, c’est qu’il y a trop d’heures pour le lycéen français moyen. Et c’est mauvais pour tout le monde, de Finkelkraut à Pink Floyd.
Remarque 2 : les profs travailleraient autant, avec moins d’heures globales. Il y en aurait juste un peu moins (oui, un peu, car j’ai parlé du lycéen moyen : le lycéen en difficulté pourrait avoir des profs disponibles pour lui tout seul – ou presque – sur une partie des heures classe dégagées). Oui, c’est Sarkozyste. Enfin, pas exactement. Moi, je ne suis pas un comptable. Je raisonne en termes de productivité et de méthodes de travail. A budget constant, je vous fais un carton. Dommage que Darcos Sarkozy soit déjà au ministère. On verra ce qu’il fait de ses propositions.
Remarque 3 : Ceci n’est pas un appel au blocage des lycées. Quoique, ce serait une des rares fois où la revendication aboutirait de facto, par l’action (mais ce sont les profs qui capteraient tous les gains).

Le meilleur livre d’introduction à l’économie?

Bien souvent, on nous demande « si je veux comprendre l’économie sans rien connaître sur le sujet, que puis-je lire »? Et il n’est pas facile de trouver une réponse. Il y a des manuels de bonne qualité : mais ce sont des manuels, pas très lisibles. Il y a des livres grand public qui traitent de divers sujets : mais bien souvent, ils ne traitent que d’un sujet particulier, et il faut en lire plusieurs pour avoir une vision un peu générale : surtout, s’ils sont clairs, il y manque souvent une sorte de vue d’ensemble permettant de comprendre l’économie en général. Il existe un « l’économie pour les nuls » dans la célèbre collection : ni SM ni moi ne l’avons lu, mais nous en avons reçu des échos mitigés.

(Lire la suite…)

Si nous ne sommes pas avec eux, c’est parce qu’ils sont contre nous

Si depuis des années nous allons contre les positions des pourfendeurs vulgaires du téléchargement, c’est qu’elles sont une insulte à l’analyse économique ; pas parce que nous sommes pris d’une poussée d’acnée jeuniste ou libertaire. Ce sujet a pour nous un côté inconfortable, car il nous conduit à une attitude quasi-militante, assumée, mais bien malgré nous. Ce billet fait rapidement le tour de la question en renvoyant à autant de textes passés que possible, sur ce site ou ailleurs.

(Lire la suite…)

Exception culturelle

S’il y a bien une chose dont les économistes apprennent à se méfier, ce sont les explications culturelles des comportements humains, surtout lorsqu’ils prennent la forme du « dans tel pays, les gens sont comme ci, dans l’autre, ils sont comme ça ». Il y a deux raisons à cela. La première, c’est que leur expérience et leurs connaissances tendent à leur montrer que ce qui différencie les gens entre populations est beaucoup moins important que les comportements communs; la seconde, c’est que l’explication culturelle ne fait que déplacer la recherche des causes : elle ne nous dit rien sur les raisons pour lesquels les uns et les autres seraient différents. Ainsi, lorsque mon ami Hugues commence un post sur le sujet du rapport Olivennes par une différence culturelle entre latins indociles et un peu voyous et américains (ou Suisses) protestants et intègres, l’esprit critique de l’économiste est titillé.

(Lire la suite…)

Le plus vif d’entre nous

C’est Mathieu, des notes d’un économiste. Il s’est tapé le rapport Olivennes et le démonte consciencieusement. Nous n’avons pas encore eu le loisir de nous exprimer sérieusement sur le sujet. Mathieu rend presque superflus nos futurs commentaires. Tant mieux, nous aurons moins et plus à dire. Ne nous voilons pas la face, après une loi absurde, on touche à nouveau le fond avec cette pantalonnade de marchand de soupe. Je regrette qu’à l’initiative du président de la république, nous soyions obligés de nous opposer. Nous ne sommes pas opposés au droit d’auteur et à la propriété intellectuelle en général. Nous avons eu le loisir de présenter le dilemme de la diffusion et de l’incitation contenu dans toute création intellectuelle. Ils sont des construits sociaux qu’on n’a pas à balayer d’un simple geste. Mais face aux arguments d’autorité sur ce que serait la propriété intellectuelle, on doit se demander pourquoi le temps qui passe, le monde qui change et la technologie qui évolue devraient imposer à certains acteurs de reconsidérer leurs droits, pendant que d’autres pourraient rester hermétiques aux mêmes forces ? La propriété intellectuelle, et le droit d’auteur en particulier, mériterait mieux que des pour et des contres. Mais que faire quand le patron de la FNAC est l’architecte adoubé de la politique numérique de la France ? Personnellement, je ne le digère pas. Et ce n’est vraiment pas parce que je trouve que la musique de Sardou et de Halliday, c’est de la merde. Non, c’est parce que je ne vois pas où est l’esprit qui gouvernait jadis la protection des idées.

Edit : A tout seigneur, tout honneur, c’est le blog RCE qui avait dégainé le premier, paraît-il. Mais Mathieu est sympa quand même :-) .

Esther Duflo a raison

Dans Libération : :

« Demander aux gens la couleur de leur peau est inhabituel et quelque peu troublant. Le spectre du fichage et de la construction de catégories raciales renvoie au souvenir de la France de Vichy. Les auteurs de la pétition de SOS et les trois démographes de l’INED qui la soutiennent jouent sur cet amalgame de manière délibérément injuste. La présence d’un amendement sur les statistiques ethniques dans la loi Hortefeux sur l’immigration (rejeté par le Conseil constitutionnel), crée un autre amalgame entre la politique actuelle d’immigration et cette enquête, bien que les deux n’aient rien à voir. Mais en plaçant le débat à ce niveau, les détracteurs de l’enquête TEO ont perdu une occasion de discuter du vrai choix qui se pose à notre société ».

Prise de risque

Dans la blogosphère, il est assez aisé de se moquer d’un Attali, on ne court pas trop de risques. Dire que l’on n’est pas tout à fait d’accord avec Maître Eolas, par contre, c’est s’exposer à de grands périls. Surtout quand sur le fond, on est entièrement d’accord avec lui sur le sujet abordé. Il y a juste un point qui me chiffonne dans son réjouissant démolissage du pitoyable Christophe Barbier. (pas taper, maître, s’il vous plaît).

(Lire la suite…)

Cette fois, on touche le fond

Franchement, les mots me manquent. Tant d’âneries en si peu de lignes, ça dépasse l’entendement. Je voudrais faire un fisking, mais devant l’ampleur de la tâche, je n’ai pas le courage. Alors je laisse faire les commentateurs : relevez toutes les âneries et contradictions que l’on trouve dans cette interview. C’est pas compliqué : il suffit de compter les phrases.

J’aimerai qu’on m’explique comment on peut dire dans le même texte que « les revenus montent plus vite que la compétitivité » et que « la part des profits dans la valeur ajoutée a monté de 7 points depuis 10 ans ». Non seulement les deux sont faux, mais en contradiction complète. J’aimerai aussi qu’on m’explique comment on peut dire que « la hausse des revenus globaux creuse la tombe de notre pays » et dire qu’il faut « augmenter la croissance de la production d’un point ». Je crois bien que l’égalité revenus-production, c’est lors du premier cours de comptabilité nationale qu’on l’aborde. J’aimerai qu’on m’explique en quoi « la clé absolue, la liberté d’un pays, c’est sa compétitivité ». Si pour être compétitif, il faut baisser les revenus, quel est l’intérêt de la chose, exactement?

J’aimerais surtout enfin que quelqu’un m’explique comment cela se fait que le Point puisse encore trouver des acheteurs, quand on voit ce que ce magazine offre comme contenu. C’est pas en papier glacé qu’il faudrait l’imprimer, mais en papier de soie. Non seulement cela serait bon pour l’environnement, mais en plus, ça lui conférerait une certaine utilité.