Deux liens du jour

Steven Landsburg revient sur Slate, avec un goût toujours aussi prononcé pour les sujets scabreux. Cette fois-ci, il raconte des études économétriques montrant que l’accès à la pornographie sur internet réduit le nombre de viols, et que les films violents à la télévision réduisent la violence dans les rues.

Greg Mankiw cite un working paper du NBER indiquant que ce qui compte pour qu’un étudiant aie de bonnes notes, ne redouble pas et continue dans une matière n’est pas le fait d’avoir un enseignant bien ou mal payé, chercheur ou non, titulaire ou non de son poste, à plein temps ou à mi-temps; ce qui compte, c’est l’évaluation donnée par les étudiants à la qualité de l’enseignant. Cela peut paraître évident, mais c’est une réalité soigneusement négligée dans le monde universitaire.

Une nouvelle référence sur l’économie du changement climatique?

C’est ce que pourrait être le Rapport Stern, qui paraît aujourd’hui. Ecrit par l’ancien chef-économiste de la Banque Mondiale Nicolas Stern, ce rapport (si l’on en juge par les commentaires divers) réévalue à la hausse les coûts du réchauffement climatique et recommande une action rapide, indiquant qu’elle serait avantageuse d’un point de vue d’analyse coût-bénéfice. Le rapport faisant plus de 700 pages, j’avoue n’avoir lu pour le moment que des commentaires.
Un effet heureux de ce rapport pourrait peut-être d’enfin faciliter le dialogue entre économistes et autres scientifiques sur la question du changement climatique. Ce dialogue a été jusqu’à présent très infructueux et conflictuel pour diverses raisons; entre autres, le fait que le débat sur le sujet n’a jamais été serein; le mépris dont font l’objet de façon générale les économistes, tout particulièrement lorsqu’ils font des analyses coût bénéfice mettant en balance des effets climatiques et des points de PIB; le peu de goût des économistes pour le très mal fagoté protocole de Kyoto; leur préférence pour les solutions décentralisées et indirectes, plutôt que les grands plans. Un rapport de ce type pourrait peut-être de changer les choses de ce point de vue.

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Géographe du monde est un blog récent tenu (comme son nom l’indique) par un géographe. Une spécificité bienvenue, car c’est une science humaine peu représentée dans la blogosphère. Le blog contient deux types de posts : une mise en perspective géographique de l’actualité, traitant de sujets aussi divers que les embouteillages, et les transports parisiens, les incendies de forêts, la culture du cannabis au Maroc voire même le génocide arménien. Par ailleurs, l’auteur utilise son blog pour mettre en ligne progressivement un livre qu’il a récemment écrit. Mérite d’aller voir.

L’étonnante inspiration Hayekienne de Ségolène Royal

La proposition, par Ségolène Royal, de mettre en place des jurys de citoyens pour évaluer les politiques a déchaîné les passions, les commentaires et les analyses de tous côtés. L’accueil de l’idée a été, on peut le dire, glacial. La critique a porté sur le caractère manoeuvrier et démagogique de l’expression de cette idée; mais également sur le fond. « Disparition de la démocratie représentative« , « mandat impératif » ont été les reproches les plus généreux; on a plutôt vu voler des invectives évoquant les soviets, le maoisme, le populisme à la mode sud-américaine, la Terreur. Comment des gens tirés au sort pourraient-ils avoir la compétence d’évaluer de bonnes politiques? N’y a-t-il pas là un risque d’énorme régression par rapport à la démocratie?

Il est possible pourtant de considérer cette proposition comme une idée institutionnelle remarquable. Une idée qui va au coeur des fondements de la démocratie; une idée, de façon très surprenante, que l’on peut rapprocher de celles de Friedrich Hayek.

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Un dossier spécial France dans The Economist

Le numéro daté d’aujourd’hui de The Economist contient un dossier spécial sur la société et l’économie française. Le résumé, sans surprises (The Economist est rarement surprenant lorsqu’il aborde l’économie française) est : la France va mal, mais si la prochaine alternance politique amène un réformateur courageux, aucune de ses difficultés n’est insurmontable. Au delà de cette évaluation très convenue, le dossier (hélas payant) comporte quelques bonnes synthèses sur divers sujets : particulièrement les articles consacrés au dualisme de l’économie française, à l‘hétérogénéité du système d’enseignement supérieur, et aux minorités. Le reste du dossier est plus ordinaire. Quelques chiffres étonnants glânés au passage :

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35 heures : tentative d’évaluation

Les 35 heures sont hélas sorties de l’évaluation sérieuse pour devenir un enjeu partisan. Elles sont honnies hors de toute mesure à droite – on a même vu récemment T. Breton reprocher au Medef de ne pas leur être assez hostile (sic). A gauche, elles ont acquis le statut d’icône, au point que toute remarque sur le sujet est disséquée et interprétée comme une déviation par rapport à la Vraie Foi. Tentative d’établissement d’un bilan, en essayant de prendre en compte des arguments rationnels pour et contre.

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Problèmes de commentaires

Normalement, chaque nouveau commentaire nous est notifié par mail. Or, depuis une semaine, il semble que cette fonctionnalité de dotclear soit défaillante. Nous nous excusons donc pour le délai un peu long de mise en ligne des commentaires postés, puisque nous devons consulter le site pour être tenus au courant de vos envois.

Dégradation de la dette italienne

Décidément, l’Italie ne finit pas de payer sa perfidie lors de la finale de la coupe du monde. Voilà que deux organismes de crédit (Standard & Poor’s et Fitch) viennent de baisser l’évaluation du crédit de sa dette publique, qui est passée de AA- à A+. Cela place l’Italie au même niveau enviable que le Botswana. On peut trouver l’affaire vexante; quoique après tout, se retrouver au même niveau que le pays ayant connu la plus forte croissance au monde pour les 35 dernières années n’est pas si désavantageux, surtout étant donnée la performance italienne en matière de croissance ces dernières années. De nombreux commentateurs en france en déduisent des messages alarmistes, assis sur un médiocre opuscule qui décrit une « France faisant faillite ». L’hystérie française en matière de dette publique n’est pas le sujet du jour (mais je rappelle que ce post, celui-ci et celui-là ont déjà abondamment traité la question). On peut par contre se demander ce que sont les spécificités de la situation italienne et ce que celle-ci enseigne.

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Retour sur deux anciens sujets

Il y a quelques temps était évoqué ici l’essor des mondes virtuels et de leur économie. Un tel essor ne pouvait pas rester inaperçu : le comité économique du congrès américain recommande désormais de taxer les revenus acquis sur un monde virtuel (en tuant des dragons ou en vendant des épées magiques…) comme tous les autres.

Dans un registre beaucoup, beaucoup moins léger (les télescopages de l’actualité sont ce qu’ils sont) un article du New York Times d’aujourd’hui revient sur le coût de la guerre en Irak, cette fois en s’intéressant à une dimension étrangement (?) négligée jusqu’ici : le coût pour les Irakiens eux-mêmes. (l’article est accessible gratuitement ici). Plus que les chiffres en soi, soumis à beaucoup d’incertitudes dans ce genre d’évaluation, c’est la façon de procéder qui mérite d’être lue. Il apparaît que ce coût est, indépendamment même de la question de la mortalité, extrêmement élevé pour l’économie Irakienne.

Un modèle économique et social européen viable?

Existe-t-il un modèle économique et social européen viable? Si l’on en croit un récent working paper d’Olivier Blanchard, oui. Dans ce document, il s’attache à montrer que ce modèle existe, est est assis sur trois piliers principaux. Il montre aussi quelles sont les difficultés qui pourraient mettre à mal ce modèle. Une lecture indispensable, qui résume très bien les problématiques européennes en matière économique et sociale; mais aussi une lecture un peu déprimante, qui montre à quel point ce débat passe à la trappe.

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"Démocratie participative", je me lance…

Alexandre, suite à un mail où je lui signifiais que le triptyque bébé-boulot-déménagement me laissait peu de temps, m’a insidieusement répondu : « Sinon, pour le blog, je t’aurais bien vu t’énerver sur ça « . Qu’était donc « ça » ? Simplement un texte publié aujourd’hui sur debat2007, qu’on peut lire ici. Las… Je n’ai plus la force de m’énerver. Et quand je ne m’énerve plus, je me marre (après tout, il y en a bien qui vomissent quand ils sont contents…). Je me disais qu’il était sûrement important de répondre de façon posée à cet article très discutable. Oui, mais voilà, il est 23h51 et j’ai franchement sommeil. Donc il m’est venu une super idée.

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La guerre des standards est de retour

Cela ne fait que rarement la une des journaux, mais ce qui dans le monde des affaires ressemble le plus aux conflits militaires est de retour : la guerre des standards. L’un des deux protagonistes est un habitué du genre : Sony. Son adversaire, cette fois-ci, est une autre entreprise japonaise : Toshiba. L’enjeu : la définition du standard des DVDs haute définition. Sony prône le DVD « Blu Ray »; Toshiba le « HD DVD ». Les deux disposent de puissants alliés, et d’atouts importants. Pourquoi y a-t-il des standards? Comment ceux-ci se fixent-ils? D’où viennent les guerres de standards, et comment se concluent-elles?

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