Chiffrage des programmes présidentiels sur débat2007

Via Versac, une initiative de débat2007 : établir une « cellule de chiffrage » des propositions de campagne des principaux candidats à l’élection présidentielle. Cette cellule, composée de trois experts en finances publiques anonymes (nous dit-on sur le site) a commencé à travailler, pour chiffrer les principales propositions du projet socialiste, et celles de Nicolas Sarkozy. Quelques remarques sur cette initiative.

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Le plein de working papers

Pour ceux de nos lecteurs qui n’appartiennent pas à une institution abonnée aux working papers du Nber; il est possible jusque fin novembre de bénéficier d’un essai gratuit, qui permet de télécharger 100 articles sans les payer (par rapport aux 5 dollars habituels par article). Profitez-en vite… (via new economist).

Comment réduire les déficits et la dette publique?

Les grecs ont toujours eu un immense talent en matière macroéconomique; souvenons-nous comment ils avaient sous-estimé leur déficit budgétaire au moment du passage à l’euro en « oubliant » de comptabiliser leurs dépenses de défense dans le budget de l’Etat. Mais là, ils font très, très fort : hier matin, ils se sont réveillés 25% plus riches que la veille!

Leurs comptes nationaux ont été modifiés, défense de rire, pour mieux prendre en compte l’économie souterraine, dont la prostitution ou le blanchiment d’argent. Résultat : un PIB en hausse de 25%. Du fait de cette correction, le déficit public passerait de 2.6 à 2.1% du PIB, et la dette publique de 107.5 à 85% du PIB. Revers de la médaille, hélas (si l’on peut dire…) : ils devront augmenter leur contribution au budget de l’Union Européenne, et pourraient perdre 470 millions d’euros de fonds structurels.

(merci à Jck pour l’info).

Au bon endroit, au bon moment

Parmi toutes les discussions et travaux aux Etats-Unis autour de la hausse des inégalités, deux récents articles parus dans le New York Times méritent tout particulièrement d’être lus et médités. Ces deux articles, citant chacun des études empiriques ayant cherché à capturer un aspect de la question des inégalités : comment devient-on riche? Avec des arguments différents, ils enseignent au bout du compte tous les deux la même leçon, qui est à la fois surprenante et perturbante. Les deux articles peuvent être trouvés respectivement sur cette page et celle-ci; on les trouvera, sous forme de larges extraits, ici et , via Mark Thoma.

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Le non-événement du jour

La France a perdu 6 places au classement de la compétitivité du World Economic Forum. L’une des raisons est le fait que la dépense publique par étudiant par rapport au PIB par habitant est à 29% en France contre 74% au Danemark (sic). Quelqu’un pourrait-il m’expliquer l’intérêt exact de cet indicateur? Pourquoi n’a-t-on pas aussi divisé le tout par la dette publique, histoire de rendre l’indicateur parfaitement incompréhensible?

Les Etats-Unis aussi ont perdu 6 places; le Chiraco interprête cela comme un « désaveu de la politique de George W. Bush ». La première place des années précédentes témoignait-elle de la haute qualité de la gestion de l’administration Bush?

Quelle valeur accorder à ce classement, dont les critères sont modifiés chaque année en fonction de l’air du temps et des préjugés fluctuants de leurs auteurs? Quelle valeur accorder à un classement qui déplace des pays de 6 places, alors que strictement rien de nouveau ne s’y est produit? Les classements de la compétitivité n’ont qu’un intérêt : permettre aux journalistes paresseux de produire du papier au contenu écrit d’avance. D’ailleurs, pour cela, il y a deux classements de la compétitivité en compétition; celui du WEF et celui de l’IMD, un institut Suisse de management, qui donnent des résultats proches, mais avec quelques menues différences. cela permet de produire deux fois plus de marronniers annuels. Comme le concept de compétitivité pour une nation n’a strictement aucun sens, ces classements n’ont qu’un intérêt limité : nous expliquer ce que les auteurs du WEF ou de l’IMD pensent de la marche économique du monde. On est bien contents de le savoir. Tiens, SM, puisque je suis debout, tu veux que je demande à Jojo de te resservir un pastis pendant que tu termines le journal?

On a reçu cela : l’indice du pouvoir d’achat effectif

Ce vendredi, nous avons reçu le courrier suivant de la part du service de presse E. Leclerc :

En tant que blogueur et étant donné vos centres d’intérêt, il nous semble opportun de vous faire parvenir les données brutes de l’étude E.Leclerc/BIPE sur le pouvoir d’achat effectif des Français. Des chiffres qui indiquent une progression réelle mais cinq fois inférieure aux indices officiels.
Le calcul mis en place dès 2003 par le Bipe pour E.Leclerc visait précisément à comprendre ce décalage entre les chiffres officiels et le vécu des consommateurs et ce en intégrant une innovation : la notion de charges contraintes. Après avoir été sévèrement décriée, la démarche est aujourd’hui intégrée par nombre d’acteurs économiques qui reconnaissent l’importance de prendre en compte les dépenses incompressibles telles que le logement, les assurances obligatoires, ou les transports.
Aujourd’hui la situation économique apparaît fragile car pour maintenir leur niveau de consommation, les Français doivent réduire leur épargne et multiplier les crédits. Il y a un vrai problème de pouvoir d’achat en France, parlons-en…
Michel-Edouard Leclerc, président des Centres E.Leclerc et lui-même blogueur assidu, publie aujourd’hui un post sur le sujet du pouvoir d’achat. Accessible en ligne à l’adresse suivante, il proposera à ceux qui le souhaitent un éclairage chiffré et commenté sur la réalité du pouvoir d’achat et ses enjeux aujourd’hui en France.

Le courrier était accompagné d’une présentation Powerpoint résumant le calcul de cet indice du « pouvoir d’achat effectif ». Nos lecteurs savent que nous sommes notoirement défaillants dès qu’il s’agit de répondre au courrier (nous nous en excusons). Pour une fois, faisons un effort.

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La méconnaissance des probabilités

Voici donc quelques commentaires après le jeu-test sur les probabilités, dont la question était :

Une maladie touche une personne sur mille dans la population. Il existe un test pour cette maladie, qui est valide à 99%; c’est à dire que lorsque vous êtes malade, le test est positif dans 99% des cas, et si vous n’êtes pas malade, le test est négatif dans 99% des cas. Il y a 1% de « faux positifs » et 1% de « faux négatifs ».

Une personne fait ce test, et le test est positif. Quelle est la probabilité que cette personne soit malade?

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Innovation conceptuelle à Matignon : le patriotisme économique européen

J’apprends par une dépêche Reuters que « Dominique de Villepin a défendu le projet de fusion entre Gaz de France et Suez à l’aune d’un « patriotisme économique européen » qui garantira, à ses yeux, l’indépendance énergétique des Vingt-Cinq face à l’hégémonie russe notamment. ».
Bien… Et à quand le « patriotisme économique mondial » ?

Jeu-test : les probabilités

Après les tests de psycho-économie, voici un simple test de probabilités.

Une maladie touche une personne sur mille dans la population. Il existe un test pour cette maladie, qui est valide à 99%; c’est à dire que lorsque vous êtes malade, le test est positif dans 99% des cas, et si vous n’êtes pas malade, le test est négatif dans 99% des cas. Il y a 1% de « faux positifs » et 1% de « faux négatifs ».

Une personne fait ce test, et le test est positif. Quelle est la probabilité que cette personne soit malade?

Vous pouvez poster vos réponses en commentaires.

Edit (11h38) : les réponses seront publiées avec un petit délai, afin d’éviter d’orienter les réponses suivantes. Si votre réponse ne s’affiche pas tout de suite, ne vous en inquiétez pas : cela viendra plus tard.

Edit2 (12h54) : Merci à tous les participants. Soit les lecteurs de ce blog sont un échantillon très biaisé de connaisseurs en matière Bayesienne; soit ceux qui ont répondu faux ont, pour un bon nombre d’entre eux, soit mal rempli le captcha, soit n’ont pas osé répondre : en tous les cas, à cette heure, il y a 9 réponses justes sur 16. Bravo donc à LB, Gu Si Fang, Frigobus, Thomas Xavier-Martin, Jck, El, Hektor, Tim, Prl, qui ont donné la bonne réponse : probabilité voisine de 9%. La réponse de Yannick est un peu approchée, mais peut être considérée comme juste. Et bravo aux autres d’avoir joué le jeu. Qu’ils se disent qu’en se trompant, ils sont en bonne compagnie : même des gens très doués se trompent sur ce genre de questions.

Le débriefing des résultats et du test sera posté d’ici quelques instants.

Mise à jour – 22/09/2006

Le nouveau livre du mois est chroniqué. L’article de la semaine, comme la semaine dernière (notez l’incroyable effort), est mis à jour. Pour les lecteurs du blog : une mise à jour a été faite la semaine dernière, mais non signalée sur le blog. Elle concernait l’article de la semaine, de nouveau mis à jour décemment, et la publication d’une nouvelle blague sur les économistes (merci encore à Nicolas).

Patriotisme (anti) économique

L’article d’Elie Cohen au sujet de la privatisation de GDF, publié sur Telos récemment, mérite un coup d’oeil.

Au passage, je découvre que Telos ouvre ses textes aux commentaires. A titre personnel, je le regrette quelque peu. Zaki Laïdi, créateur de Telos se faisait l’apôtre d’un modèle différent de celui du blog, basé sur l’idée que l’expertise n’avait pas à être mise au même niveau que la vox populi. Un site de ce format était utile, à côté des autres, ouverts aux commentaires. Bien sûr, établir un contact direct entre experts et lecteurs a ses avantages. Et Telos est probablement le site qui en rassemble le plus en France. Espérons juste que la discussion soit fructueuse.

Ouille, ouille, ouille

En France, seule la presse financière en fait l’écho maintenant, et de façon encore discrète, mais les problèmes du hedge fund Amaranth, qui vient de perdre 6 milliards de dollars suite à une mauvaise position sur le marché du gaz, ont un petit air d’affaire LTCM : beaucoup de grandes banques d’affaires ont investi dans le fonds, ce qui veut dire que les marchés financiers sont peut-être en face d’une crise systémique.

Car ce fond en lui-même n’est pas très important; mais ses difficultés pourraient amplifier l’inquiétude générale devant le développement des hedge funds, qui gèrent actuellement près de 1300 milliards de dollars avec des effets de levier et des risques conséquents. Et cette affaire fait beaucoup de bruit : la dépêche Bloomberg décrivant les pertes du fonds est la plus lue de toute l’histoire, devant celle qui annonçait qu’un avion venait de s’écraser dans le World Trade Center… (Merci à Alea, toujours en pointe, pour l’information).

Articles sur le sujet (anglais) : New York Times, Financial Times, Editorial de Bloomberg.

Le marronnier de septembre, édition 2006

Alors que la couverture de l’Express de la semaine dernière comprenait le prix de l’immobilier, le salaire des cadres et un dossier spécial foire aux vins (mais où vont-ils chercher tout ça…) les lecteurs habitués de notre site savent que sur Econoclaste, le marronnier du mois de septembre est l’interrogation sur le gagnant du prix Nobel d’économie. Greg Mankiw vient de dégainer, et d’indiquer la liste des gagnants vus par Thomson Scientific. Le gagnant sera donc (roulement de tambour) :

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Moulinex a-t-il libéré la femme?

Le développement de l’électro-ménager a-t-il vraiment libéré la femme des tâches ménagères, lui permettant d’accéder au marché du travail? Beaucoup de facteurs ont été avancés pour expliquer cete évolution majeure de nos sociétés; mais il semble que la baisse du prix des appareils ménagers ait elle aussi été un facteur important, si l’on en croit cet article :

The secular rise in female labor force participation, highlighted in the recent macroeconomics literature on growth and structural change, has been associated with the declining price and wider availability of home appliances. This paper uses a new and unique country dataset on the price of home appliances to test its impact on female labor supply.

We assess the role of the price of appliances in raising participation by comparing it to the impact of fertility and other macroeconomic factors. A decrease in the relative price of appliances – the ratio of the price of appliances to the consumer price index – leads to a substantial and statistically significant increase in female labor force participation. The impact of the price of appliances is quantitatively of the same order of magnitude as that of fertility.

(via New Economist).

le tuning chez les économistes

Voici la plaque d’immatriculation de la voiture de Greg Mankiw :

Voici celle de Milton Friedman (via gribeco) :

Pour les non-initiés, EC10 est le symbole utilisé pour le cours d’initiation à l’économie dans les universités américaines, cours que Mankiw dispense à Harvard. MV = PQ est l’équation de la théorie quantitative de la monnaie.

C’est l’occasion de rappeler que les plaques d’immatriculation personnalisées payantes (en vendant aux enchères les numéros les plus demandés) constituent probablement l’impôt le plus intelligent du monde : il ne coûte rien à prélever (puisqu’il existe déjà un service des immatriculations), il est entièrement volontaire, il apporte même une satisfaction à l’automobiliste qui le paie! A l’heure où certains cherchent des idées pour réduire la dette publique, il n’est pas idiot de le rappeler.

D’où sort-il ça?

Dans le Monde d’aujourd’hui, une opinion de N. Sarkozy sur la carte scolaire. Sans revenir sur le fond (ceux qui veulent en débattre peuvent toujours le faire chez Optimum) ce passage m’a fait lever un sourcil incrédule :

Toutes les études sérieuses le démontrent : les principaux facteurs de réussite des élèves sont, dans l’ordre, la qualité pédagogique des enseignants et la mixité sociale, loin devant le nombre d’élèves par classe.

Et là, franchement, j’ai des doutes.

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Il y a quelque chose de pourri au royaume du commerce équitable

Nous avions abordé il y a quelques temps, le commerce équitable comme illustration de la discrimination tarifaire, ce qui nous avait conduit à nous interroger sur sa capacité à atteindre son objectif d’amélioration de la situation des habitants des pays pauvres. Mais depuis peu, l’intérêt que suscite le commerce équitable conduit de nombreuses personnes à aller étudier le fonctionnement concret de ce commerce : et les nouvelles qu’ils rapportent sont particulièrement préoccupantes.

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C’est stratégique, on vous dit…

Le discours économique est rempli de ces formules et termes utilisés comme des arguments, dont la force rhétorique est telle qu’ils ont valeur d’argument d’autorité, ce qui est très commode : le simple fait d’utiliser ces termes dispense l’auteur de la phrase de justifier plus avant son point de vue. Un exemple typique de ce genre de formule ou argument est « ça crée des emplois » étudié dans ces pages il y a quelques temps.

Ces temps-ci, c’est l’adjectif « stratégique » qui est à l’honneur, tout particulièrement dans le débat autour de la fusion GDF-Suez. Partisans et adversaires de cette fusion semblent d’accord sur un point : l’affaire est « stratégique ». Mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire?

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Carte scolaire

Antoine Belgodère vient d’écrire un excellent billet sur les conséquences d’une éventuelle suppression de la carte scolaire. A cette occasion, je ressors des tiroirs ce vieux post consacré aux travaux de Steven Levitt sur l’éducation, qui illustrent certains des arguments abordés dans ce débat. Heureusement qu’accaparé par sa thèse, Antoine ne publie pas trop souvent : il risquerait de mettre au chômage tous les autres blogueurs économistes francophones.

Un gaspillage de plus

L’humoriste Laurent Gerra, lors de la création de l’UMP, s’était ingénument demandé si le sigle signifiait « une m… de plus ». Et effectivement, depuis qu’elle est au pouvoir, on n’a jamais manqué de création de diverses entités, comités d’experts, de « sages », de commissions, sur les sujets les plus divers. Hier, une énième de ces entités a été créée : le CODICE, conseil pour la diffusion de la culture économique. Et vue la façon dont la chose est créée, il n’y a que peu de raisons d’en attendre quoi que ce soit d’utile.

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