Comment recevoir plus d’aide au développement?

La solution est très simple : devenir membre (non permanent) du conseil de sécurité de l’ONU. Rappelons que le conseil de sécurité de l’ONU comprend 5 membres permanents et 10 membres non permanents, élus par l’assemblée générale pour deux ans.

Une récente étude, par Ilyana Kuziemko et Eric Werker, intitulée « combien vaut un siège au conseil de sécurité de l’ONU? Aide internationale et pots de vin à l’ONU« , montre que l’entrée d’un pays au conseil de sécurité conduit à une augmentation de 60% de l’aide américaine, et de 8% de celle des nations unies. Lorsque le pays quitte le conseil de sécurité, le niveau de l’aide revient au point de départ. L’effet est encore plus grand lorsque des votes importants ont lieu (par exemple au moment de l’affaire Irakienne).

Bien entendu, tout cela est forcément totalement désinteressé et ne saurait être interprété comme l’achat de voix. Certains en France rêvent de trouver des financements « innovants » pour l’aide au développement : apparemment, il suffit d’augmenter le nombre de membres du conseil de sécurité…

(via le FT et Freakonomics)

La Californie s’attaque à l’effet de serre

Via Greg Mankiw et le Financial Times, le gouverneur de Californie A. Schwarzenegger a trouvé un accord avec l’opposition démocrate pour la mise en place d’un système de droits à polluer visant à réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre de l’Etat d’ici 2020. Cela ferait de la législation californienne la plus restrictive des USA, et pourrait avoir des conséquences sur la politique nationale. cela appelle quelques remarques.

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Piketty-Salin : le match continue

Ils ne s’apprécient guère. Et le font savoir par éditoriaux de presse interposés. Leur sujet de discorde permanente? L’impact de la fiscalité. Tout a commencé il y a des années,lorsque Salin, dégainant le premier, avait traité Piketty d’obscurantiste, de pragmatique approximatif, et d’incohérent. Piketty avait alors répliqué en traitant Salin d’idéologue qui ne lit pas. Ce n’était que le début… Lors de la récente querelle autour du jury de « l’agrégation » du supérieur en économie, durant laquelle le jury 2004, présidé par Salin, avait été attaqué, Piketty avait indirectement déclaré que la place de Salin relevait du fonctionnement mandarinal de l’université française, et pas de ses compétences. Ce qui était vrai, mais l’était tout autant pour les jurys précédents, présidés par d’autres que Salin.

Et donc, cette semaine, la querelle reprend. A peine Piketty publie-t-il un article dans Libération indiquant qu’il n’y a « aucune justification économique solide pour supprimer l’impôt sur les successions » que Salin rétorque dans le Figaro « concernant les droits de succession, il n’y a pas d’autre réforme digne d’intérêt que de les supprimer ». Ces deux-là, décidément, s’adorent.

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Le calice jusqu’à la lie

Pauvre Donnedieu de Vabres. La loi DAVDSI a déjà été son chemin de croix, il est bien possible qu’en plus, elle devienne bientôt parfaitement inutile. Souvenez-vous : pour en assurer la promotion, il déclarait : « la gratuité totale de la culture sur internet est un leurre parce que la rémunération des créateurs est non seulement légitime mais nécessaire ».

Il faut mettre cela en parallèle avec cette nouvelle du jour :

Coup de tonnerre dans le milieu de l’industrie musicale. La plus grosse major du monde ( NB : Universal) a signé un accord avec une start-up, qui permettra aux internautes américains et canadiens de télécharger gratuitement, dès le mois de décembre, l’intégralité de son catalogue. L’ensemble devrait être financé par la publicité en ligne.

Voir aussi le Financial Times.

Jacob Mincer, 1922-2006

Jacob Mincer, spécialiste d’économie du travail, fondateur du concept de capital humain, est mort. Voir à ce sujet Bernard Salanié, Mahalanobis, ou Greg Mankiw. Voici sa fiche wikipedia (assez brève). A noter que Mahalanobis met en ligne pour les trois prochains jours un article du Journal of Labor Economics qui résume les apports de Mincer. Voir aussi cet article sur le site de l’université de Columbia.