Mondialisation : quel clivage gauche-droite?

Largo Desolato fait état d’un sondage effectué auprès des députés français à propos de la mondialisation, dont on peut trouver les résultats sur Telos. Il ressort de ce sondage un véritable clivage entre députés de gauche et de droite sur ce sujet, laissant penser d’un côté que la droite s’est convertie au libéralisme économique (du moins en ce qui concerne le marché du travail), alors que la gauche, certes de façon un peu hétérogène, s’est radicalisée autour de conceptions nettement anti-libérales. Ce sondage fait l’objet de nombreuses analyses sur Telos (Zaki Laidi, Gerard Grunberg, Lionel Fontagné); on peut en trouver les résultats complets ici, et une intéressante carte des députés français ici. Ce sondage a par ailleurs été commenté dans le Financial Times (€). Sans rajouter à la masse déjà imposante des commentaires, quelques remarques :

(Lire la suite…)

Patriotisme économique de l’Atlantique à l’Oural

On se souvient probablement que, lorsque Mittal avait annoncé ses velléités d’OPA, les dirigeants d’Arcelor l’avaient fustigé pour l’absence d’un projet industriel clair ou pour un très vraisemblable projet-qui-détruit-des-emplois-et-donne-tout-aux-actionnaires-et-aux-ennemis-de-la-France.

J’ai pensé que quelques lignes au sujet du rapprochement avec Severstal s’imposaient, dans un mode no comment suggestif. Le modèle de gouvernance du patriotisme économique se dessine ouvertement.

Olivier Bouba-Olga est plus verbeux que moi sur cette affaire.

Nouvelle version de Gapminder

Nous avions parlé l’année dernière de Gapminder, une animation permettant de visualiser inégalités, revenus, et diverses caractéristiques mondiales sur des graphiques de manière automatique. Une nouvelle version vient de sortir (merci à Adamsmithee pour le lien), qui permet d’établir des relations extrêmement variées. A ne pas manquer.

Gros article

Via Mankiw, je signale cet article (que je mets aussi en article de la semaine) d’Alan Blinder, économiste renommé que j’apprécie, ancien vice-gouverneur de la FED. Les avis de Blinder en matière de politique monétaire sont toujours très pointus, mêlant heureusement sa grande compétence académique et son excellente connaissance de la pratique monétaire. En plus, Blinder sait être efficace dans la rédaction, comme le montrait déjà l’ouvrage chroniqué sur ce site il y a quelques années. Cet article, que je n’ai fait que parcourir pour l’instant, me semble tout à fait dans ce registre.

Come on Greg !

Mankiw :

Blogger Don Luskin takes exception with my description of economics as a type of science. He writes :

« Where is the utterly essential ingredient of repeatable experimental verification of falsifiable hypotheses? Without that -and economics surely doesn’t have it-there can be no claim to science or the scientific method. »

I disagree, for two reasons (either of which is sufficient to refute Don’s point)

Allez Greg, vas-y, pête-z-y sa gueule ! Voilà qui est fait : ici.

Publication des commentaires sur les billets d’Alexandre et fonctionnement de Captcha

Comme vous le savez, Alexandre est parti une semaine en vacances. Nous avions convenu que, durant cette période, je publierais les commentaires de ses billets, en mon âme et conscience. Devant le contenu de certains, je reste interdit, me demandant ce que le maître du billet ferait à ma place. Et je renonce donc à assumer cette lourde tâche. :o )
Ne vous étonnez donc pas si vos commentaires ne sont pas publiés. Dans la mesure où j’ai déjà entamé une petite discussion avec quelques lecteurs dans le billet sur la peine de mort, ce sera différent pour ce cas précis.

Le filtre anti-spam captcha utilisé sur notre site attend des réponses en chiffres. Il semble que certains aient vu leurs commentaires disparaître dans la nature à cause de ça…

La peine de mort est-elle vraiment morale?

Reprenant une argumentation déjà présentée sur son blog commun avec Richard Posner, Gary Becker expose aujourd’hui (via project syndicate) la morale de la peine de mort. Selon lui, cette morale n’est pas à chercher dans une logique de la rétribution, mais dans un calcul coût-bénéfice : la peine de mort ayant pour effet de dissuader des meurtres, elle constitue une forme nécessaire de sanction, pour les meurtriers. Cette argumentation est pourtant bien contestable.

(Lire la suite…)

Prix 2006 du meilleur jeune économiste

Le Prix 2006 du meilleur jeune économiste coorganisé par Le Monde et Le cercle des économistes a été décerné :

Le jury, composé de membres du Cercle des économistes et de journalistes du  » Monde Economie « , a récompensé cette année les travaux de Thierry Mayer, professeur à l’université Paris-Sud, et ceux d’Etienne Wasmer, professeur à l’université de Metz, titulaire d’une chaire en économie du travail à l’université du Québec.

Fabien Postel-Vinay, professeur à l’université de Bristol (Royaume-Uni), Hélène Rey, professeur à Princeton (Etats-Unis), et Emmanuel Saez, professeur à l’université de Berkeley, en Californie, ont été nominés.

Bonne cuvée.

(Lire la suite…)

Je n’aime pas la macro

Récemment, sur son blog, Greg Mankiw répondait à un étudiant qui lui expliquait préférer la microéconomie à la macroéconomie, cette dernière lui paraissant un ensemble confus de variables et de relations mal expliquées. Mankiw lui répond avec deux arguments :
- Premièrement, cela prend du temps de bien comprendre la macroéconomie. Il faut une bonne expérience pour comprendre comment les différents éléments s’emboîtent les uns avec les autres; la macroéconomie est bien souvent contre-intuitive et assez abstraite. Mais on finit par saisir.
- Deuxièmement, et surtout, la macroéconomie traite des questions économiques les plus importantes du débat économique public. Les sujets macroéconomiques sont la croissance, l’inflation, le chômage, la conjoncture, le budget de l’Etat, les questions monétaires, et les questions d’équilibre extérieur, celles dont on entend le plus parler. Ce sont les sujets à propos desquels les économistes sont les plus attendus.

Ces deux arguments, la complexité qui finit par se clarifier avec l’usage, et l’importance des questions macroéconomiques, sont vrais. Mais je me demande dans quelle mesure ils ne nuisent pas plus à la macroéconomie qu’ils ne la servent.

(Lire la suite…)

Encore un livre gratuit !

Il suffit d’avoir une connexion Internet et c’est encore via New Economist.
La page du bouquin, écrit par Preston McAfee, est ici.
Il est directement chargeable en version PDF, .
D’après le sommaire, c’est un ouvrage intéressant (au moins) pour les débutants.
A noter, la dédicace guerrière : « For Sophie. Perhaps by the time she goes to university, we’ll have won the war against the publishers. »

Effets économiques de l’immigration, troisième partie : questions d’économie politique

Le projet de loi sur l’immigration est en train d’être discuté, et suscite d’ores et déjà de nombreuses analyses et commentaires. Pour se cantonner à la blogosphère tendance grand complot, Jules, de Diner’s Room, Nous livre une analyse du projet de loi en quatre parties à ce jour (la première, la seconde, la troisième, la quatrième). Maître Eolas nous fait lui visiter (dans ce qui constitue le début d’une série) la face cachée du droit des étrangers, les zones de rétention, et de façon générale ce que signifie concrètement le droit de l’immigration en France. Chacun pourra trouver par ailleurs des informations et discussions assez riches dans le débat public et la presse.

Ici, on va essayer, en reprenant une série sur l’immigration commencée il y a quelques temps (épisode 1épisode 2) de poser quelques questions sur l’économie politique de l’immigration. La distinction entre immigration « choisie » et « subie », lorsqu’elle est employée, semble faire référence à des besoins de nature économique, distinguant les immigrants utiles à l’économie nationale des autres (c’est aussi sur ce critère que la France accordera des autorisations de séjour aux membres des pays de l’Est de l’Union Européenne). Cette distinction est-elle économiquement pertinente? On s’interrogera sur un autre aspect des flux migratoires qu’il faut bien poser, même s’il ne fait pas plaisir : un niveau élevé de protection sociale est-il compatible avec une forte présence immigrée sur le territoire national?

Pour conclure enfin, on proposera une solution économique, rationnelle, totalement éconoclaste, à la question de la gestion de l’immigration économique : je suis prêt à parier qu’elle fera l’unanimité contre elle.

(Lire la suite…)

La corrélation amusante du jour

Hal Varian a lu et commente Edward Glaeser et Bryce Ward :

Consumption patterns seem to be correlated with cultural attitudes. For example, the states with the largest level of wine consumption per capita also tend to have the most liberal political and social attitudes. In vino veritas?

Question perfide à tous ceux qui pensent que les filles les font porter à gauche (ou redoutent cette évolution) : ne faudrait-il pas surtout cesser de lever le coude?

Belle affiche pour une quatrième brève

Le forum La nouvelle critique sociale débouche sur la publication d’un ouvrage collectif dont la liste des auteurs ne suggère qu’une attitude : achat pavlovien ! Jugez plutôt : Pierre Rosanvallon, Thierry Pech, Eric Maurin, Pierre Veltz, Laurent Davezies, Philippe Askenazy, François Dubet, Marie Duru-Bellat, Louis Chauvel, Thomas Piketty, Martin Hirsch.