Quelques liens sur l’Ukraine

Moins de postage sur blog ces derniers jours. Le résultat d’une petite fatigue en une fin d’année bien chargée. Mais aussi la tête ailleurs, préoccupé par une actualité internationale qui relègue les questions économiques, pour le moment, au second plan. Je veux parler des élections Ukrainiennes, dont l’enjeu est extrêmement important pour la démocratie, et qui rappellent que certaines controverses sont bien mineures si on les compare avec ce qui fait depuis sa création la grandeur de l’union européenne : la diffusion de la démocratie libérale dans tout un continent. Sans vouloir développer le sujet car ce n’est pas l’endroit, petit florilège d’adresses qui m’ont intéressé sur ce sujet Ukrainien.

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Un nouveau blog sur la constitution européenne

Plusieurs excellents bloggers francophones ont eu l’excellente idée de regrouper leurs talents pour lancer Publius, un blog consacré à la future constitution européenne. Une oeuvre extrêmement utile, dans laquelle on trouve d’ores et déjà des posts très fouillés et d’excellente qualité. On ne peut que les inciter à continuer dans cette voie. Au passage, j’en profite pour signaler un intéressant working paper d’Alberto Alesina et Roberto Perotti, intitulé « The European Union : a politically incorrect view ».

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Encore un peu de psychoéconomie

Quelques tests concernant la réaction des gens face au risque. On considère les trois problèmes de choix suivants :
 problème 1 : choisissez l’une de ces deux loteries :
– A : gagner 240 euros avec une probabilité de 25%, et 75% de chances de perdre 760 euros.
– B : gagner 250 euros avec une probabilité de 25%, et 75% de chances de perdre 750 euros.

problème 2 : choisissez entre :
C : un gain certain de 240 euros
D : 25% de chances de gagner 1 000 euros et 75% de chances de ne rien gagner.

problème 3 : choisissez entre :
E : une perte certaine de 750 euros
F : 75% de chances de perdre 1 000 euros et 25% de chances de ne rien perdre.

Réflechissez bien, notez vos trois réponses; puis passez à la suite.

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Le fantasme démographique

Dans le Point du 18/11/2004, on peut lire un article de Jacques Marseille, donnant à la France 20/20 pour sa croissance démographique, dans une Europe qui est selon lui en train de se « suicider » par diminution de sa population. et l’auteur de s’étonner que les différentes comparaisons internationales laissent de côté les aspects démographiques, voyant là une façon de dénigrer la France en sous-estimant ses performances face à une Europe en train de mourir. Marseille se trompe : la vraie raison pour laquelle les questions démographiques sont laissées de côté, c’est parce que le fantasme de l’affaiblissement démographique est une spécialité typiquement française qui n’a aucun fondement rationnel.

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La maladie des coûts

Une façon d’expliquer pourquoi le progrès technique (qui permet de produire plus avec moins de travail) ne conduit pas à une diminution de l’emploi dans le reste de l’économie est la métaphore du pain et du fromage, présentée dans les questions-réponses d’Econoclaste. Pour résumer, si la productivité augmente dans un secteur de l’économie mais pas dans les autres, cela aura pour effet de déplacer la main d’oeuvre de secteur à secteur, mais sans réduire l’emploi total (sauf à supposer que les consommateurs n’ont plus de besoins à satisfaire, ce qui n’est pas près de survenir). Cette façon de présenter les choses est cependant incomplète, car elle néglige un facteur important, identifié par l’économiste William Baumol durant les années 60, qu’on appelle le « cost disease » (la maladie des coûts).

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Ma réflexion simpliste du jour (18/11/04)

Le gouvernement Jospin avait interdit de faire (beaucoup) d’heures sup dans le privé (rapport aux 35 heures). Le gouvernement Raffarin va obliger à en faire (un peu) dans le public (le projet de loi Fillon prévoit d’imposer 2 heures sup maxi par semaine aux profs pour remplacer des collègues absents). Mais ! Euh ! On va pouvoir faire un peu ce qu’on veut un jour ou quoi ?! Le gouvernement Jospin avait interdit de faire (beaucoup) d’heures sup dans le privé (rapport aux 35 heures). Le gouvernement Raffarin va obliger à en faire (un peu) dans le public (le projet de loi Fillon prévoit d’imposer 2 heures sup maxi par semaine aux profs pour remplacer des collègues absents). Mais ! Euh ! On va pouvoir faire un peu ce qu’on veut un jour ou quoi ?!

Une émission bien peu capitale

Ce blog ayant ces derniers temps, pour des raisons essentiellement conjoncturelles, réduit le rythme de ses piques envers Nicolas Sarkozy, je m’y colle, avec le commentaire rapide de la première moitié de l’émission Capital de dimanche dernier, consacrée aux prix trop élevés, dont notre futur-ex ministre des finances était l’invité.

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Faut-il écouter Jeffrey Sachs ?

Jeffrey Sachs est l’un des économistes les plus célèbres et probablement les plus influents des 20 dernières années. Un récent long article à son sujet dans le New York Times a valu une floraison de commentaires, depuis un article mi-sérieux mi-amusé dans The Economist jusqu’à une véritable volée de bois vert dans la blogosphère de langue anglaise (voir ici pour un résumé des amabilités). Qu’a-t-il donc fait pour susciter tant de discussions?

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Une expérience réussie

Comme le rappelle le recueil de blagues d’éconoclaste, la loi de Murphy de l’économie, c’est qu’on demande aux économistes des prescriptions de politique économique dans les domaine ou ils ne sont jamais d’accord, et qu’on ne leur demande jamais leur avis pour les sujets sur lesquels ils sont tous d’accord. Une raison de se réjouir lorsqu’on constate qu’une prescription abondamment reprise par les économistes a été pour une fois appliquée; et il semble que cela a été avec succès.

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Pourquoi les européens travaillent-ils moins que les américains ?

S’il y a un sujet qui a suscité beaucoup de réflexions ces derniers temps, c’est la question suivante : pourquoi les européens travaillent-ils moins que les américains? Si l’on en reste à ce qui a été publié en France au cours du dernier mois, on peut citer la dernière chronique de Daniel Cohen dans le Monde, mais aussi le récent rapport Camdessus. L’article et le rapport ne se limitent pas à cette question de la quantité de travail, mais explorent toutes les composantes qui font que depuis pas mal d’années, le taux de croissance typique d’un pays européen est de l’ordre de 1% par an; celui des USA, même en période de croissance considérée comme faible, est de l’ordre de 3%. Cette différence peut paraître minime : mais à ce rythme, dans 50 ans le PIB européen aura augmenté de 65% tandis que le PIB américain aura lui augmenté de 340%. En d’autres termes les européens sont aujourd’hui un tiers plus pauvres que les américains : dans 50 ans ils risquent d’être 3 à 4 fois plus pauvres.

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Le retour des années 70 ?

Un déficit public américain qui se creuse, en partie à cause du financement d’une guerre à l’étranger de plus en plus coûteuse (et à laquelle bien peu d’autres nations contribuent), accompagnée d’élévations de dépenses importantes mais peu efficaces dans le système de santé et l’éducation, par un président républicain conservateur, sauf lorsqu’il s’agit d’augmenter les dépenses publiques; Un déficit de la balance courante américaine massif et qui se creuse; et des pressions conséquentes à la baisse du dollar; un ministre français de l’économie qui lorgne sur la présidentielle et use de son image "moderne" face à un président de la république gaulliste vieillissant; des troubles importants au Moyen-Orient, qui mettent sous pression les marchés pétroliers; L’augmentation dans tous les pays des engagements des comptes sociaux; Deux grandes économies asiatiques qui croissent à toute vitesse. Les pantalons étroits et évasés en bas, et les couleurs vives à la mode. Cela vous rappelle quelque chose?
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Ma pensée simpliste – mais inattendue – du jour (11/11/04)

J’aime beaucoup la dernière idée de Sarkozy. Sur Ceteris paribus, Emmanuel s’est mis à imaginer un monde fou où, entres autres choses, je commencerais un post par « J’aime beaucoup la dernière idée de Sarkozy ». Voilà , la fiction est rattrapée par la réalité. Bien sûr, il me faut un motif. Dans le monde daté de demain, je lis que Sarkozy, qui va proposer une étude de la faisabilité de la TVA sociale, et peu favorable au demeurant, aurait néanmoins dit : « Les simulations ne sont pas totalement encourageantes ». Voilà mon début de post justifié. Cela dit, j’ai un gros souci : je ne suis pas d’accord avec l’idée même de la tester, notamment pour les raisons évoquées dans l’article du Monde : « de toutes les taxes, la TVA est celle dont l’augmentation est, à moyen terme, la plus néfaste pour la croissance et à l’emploi », « La TVA frappant tous les ménages dans les mêmes conditions, sans modulation en fonction de leurs revenus, elle est souvent dénoncée comme un impôt injuste ». Par ailleurs, l’obsession de compétitivité qui dirige cette démarche me déplaît, puisqu’elle est défendue au motif qu’elle « s’appliquerait à tous les produits, y compris à ceux qui sont importés, alors que les charges sociales ne pèsent actuellement que sur les produits fabriqués en France. Grâce aux allégements de charges, ces derniers deviendraient plus compétitifs à l’exportation et le déséquilibre entre les pays à faible coût de main d »uvre et la France serait un peu atténué. »
Conclusion : ça y est, je rechute, et en effet, pas facile de dire du bien de Sarkozy. Autant peut-être que de J-M Sylvestre… Cela dit, j’ai un gros souci : je ne suis pas d’accord avec l’idée même de la tester, notamment pour les raisons évoquées dans l’article du Monde : « de toutes les taxes, la TVA est celle dont l’augmentation est, à moyen terme, la plus néfaste pour la croissance et à l’emploi », « La TVA frappant tous les ménages dans les mêmes conditions, sans modulation en fonction de leurs revenus, elle est souvent dénoncée comme un impôt injuste ». Par ailleurs, l’obsession de compétitivité qui dirige cette démarche me déplaît, puisqu’elle est défendue au motif qu’elle « s’appliquerait à tous les produits, y compris à ceux qui sont importés, alors que les charges sociales ne pèsent actuellement que sur les produits fabriqués en France. Grâce aux allégements de charges, ces derniers deviendraient plus compétitifs à l’exportation et le déséquilibre entre les pays à faible coût de main d »uvre et la France serait un peu atténué. »

Ma réflexion simpliste du jour (11/11/04)

A propos du projet de loi sur la cohésion sociale et son volet concernant les licenciements économiques, je lis ça dans Le Monde daté du 11/11/04 : » Le ‘seul’ point de divergence, assure le ministre, portait sur la définition du licenciement économique, le Medef tenant à y voir figurer la notion de ‘sauvegarde de la compétitivité’. ‘Nous l’avons écartée’, tranche le ministre [Borloo] estimant qu’il n’y a pas à y revenir. » Eh bien, moi je n’aurais pas fait pareil. J’aurais dit oui. Et j’aurais demandé que soient inscrits aussi dans la loi les préconisations du rapport Blanchard-Tirole du CAE. Ouai, je sais, je suis un sale type… J’ai également lu ça, déclaration du baron de MEDEF : « Tout le monde agit auprès du Parlement, les instituteurs, les agriculteurs, les acteurs… Nous disons non seulement que nous sommes comme les autres, mais que nous sommes plus importants que les autres ! Parce que c’est nous qui faisons la richesse, l’emploi et la croissance ». Allez, je vous laisse le soin de commenter… Moi j’ai droit qu’à une réflexion simpliste par jour ouvrable.

Ca crée des emplois

Imaginons un pays dans lequel le marché du travail dans la restauration est en déséquilibre : il y a beaucoup plus de personnes qui veulent travailler dans ce secteur qu’il n’y a d’emplois offerts. Du coup, il règne une forte file d’attente de gens désirant se faire embaucher dans ce secteur, et attendent qu’une place se libère pour espérer se faire recruter.

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Ma réflexion simpliste du jour (8/11/04)

Dans le Monde daté du 9/11/04, je lis que Thierry Breton, PDG de France Telecom pourrait être nommé ministre des finances. Et le journal de citer ses faits d’arme pour montrer que ce n’est pas un bleu. Jugez plutôt (c’est moi qui souligne) : « Il n’est pas totalement néophyte pour autant : professeur, ingénieur, entrepreneur, auteur de romans de science-fiction, concepteur du Futuroscope à Poitiers, M. Breton a appartenu au cabinet de René Monory au ministère de l’éducation nationale (1987-1988), été vice-président du conseil régional de Poitou-Charentes (1988-1992) avant de présider Thomson Multimédia puis France Télécom. » Ben voilà , la hausse de l’euro, normalement, c’est fini. Ou alors, c’est que les marchés financiers font vraiment preuve d’une exubérance irrationnelle. Dans le Monde daté du 9/11/04, je lis que Thierry Breton, PDG de France Telecom pourrait être nommé ministre des finances. Et le journal de citer ses faits d’arme pour montrer que ce n’est pas un bleu. Jugez plutôt (c’est moi qui souligne) : « Il n’est pas totalement néophyte pour autant : professeur, ingénieur, entrepreneur, auteur de romans de science-fiction, concepteur du Futuroscope à Poitiers, M. Breton a appartenu au cabinet de René Monory au ministère de l’éducation nationale (1987-1988), été vice-président du conseil régional de Poitou-Charentes (1988-1992) avant de présider Thomson Multimédia puis France Télécom. » Ben voilà , la hausse de l’euro, normalement, c’est fini. Ou alors, c’est que les marchés financiers font vraiment preuve d’une exubérance irrationnelle.

Allumer les feux ?

Pour ceux qui l’ignoreraient, il est depuis le début du mois recommandé par la Sécurité Routière d’allumer ses feux de croisement de jour, hors agglomération. La mesure est pour l’instant expérimentale, mais pourrait être étendue voire être rendue obligatoire si elle a du succès. Par curiosité, je suis allé voir ce que la sécurité routière explique sur cette question. J’y ai trouvé une présentation coût-bénéfice pour justifier la mesure. De quoi aiguiser un appétit d’économiste.

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Amusons-nous avec Alternatives Economiques

Pour quiconque a envie de constituer un bêtisier en matière économique, la lecture du mensuel Alternatives Economiques est un trésor sans cesse renouvellé. Il fut un temps ou ce magazine était une source certes marquée politiquement (mais les auteurs ne s’en cachaient pas, et libre au lecteur de faire la part des choses) dans laquelle on trouvait des dossiers bien faits, des faits bien présentés, en bref, une bonne revue de vulgarisation en matière économique, dans un paysage intellectuel français largement sinistré sur ce segment. Hélas, depuis quelques années il semble avoir adopté la devise « toujours plus d’Alternatives, toujours moins d’économie ». Résultat, il se transforme en un lourdaud pensum de gauche vaguement chrétien, une sorte de Télérama version économique, mais sans les programmes de télévision et de radio ni les informations culturelles (ce qui, on en conviendra, ne laisse plus grand-chose à se mettre sous la dent). Le numéro de ce mois-ci est en tout cas un excellent cru pour le bêtisier.

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Un 4ème éveil au goût un peu amer

Un livre me hante depuis quelques années. J’en relis régulièrement des passages : il me semble ne jamais l’avoir totalement compris et intégré, il me semble chaque fois découvrir une idée nouvelle qui m’avait auparavant échappé. Ce soir, je me rends compte que le scénario de la victoire de George W. Bush et de la défaite des démocrates y était inscrit. Toute personne souhaitant comprendre ce qui vient de se passer se doit, impérativement, de lire ce livre.

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Un peu d’économie sur l’élection américaine

Le paradoxe du vote est la version économico-électorale du paradoxe du tas : si vous enlevez un caillou d’un tas de cailloux, le tas reste un tas; si vous en rajoutez un, aussi. Si vous rajoutez un caillou à quelques cailloux épars sur le sol, cela reste quelques cailloux épars sur le sol. De même si vous en enlevez un. Un caillou donné ne change rien à la nature du résultat – tas de cailloux ou non-tas de cailloux.

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v1a.gra, v1co.d1n, et le théorème de Coase

Ce week-end, j’ai été absent de mon domicile pendant trois jours. A mon retour, en consultant ma boîte de courrier électronique, elle contenait plus de 200 messages. Sur les 200, 8 étaient de véritables messages ; tous les autres étaient des « spams » me proposant des médicaments importés (de préférence des soins de la dysfonction érectile), diverses obscénités en vidéo, et autres virus. Mon cas n’est pas isolé : récemment, l’adresse mail de ce site s’est vu proposer par un soi-disant millionnaire Ivoirien désireux d’investir en France la somme de 5 millions de dollars ; de façon générale, les « pourriels » représentent la majorité du trafic de courrier électronique sur Internet, et leur proportion ne cesse de croître. Les émetteurs de ce genre de pollution (qui gagnent fort bien leur vie de cette façon) bénéficient d’un avantage que leur offre l’évolution technologique : la possibilité d’envoyer pour un coût nul le même courrier à des millions de destinataires simultanément. En faisant ce type d’envois chaque jour, ils peuvent espérer trouver des clients (ou, le plus souvent, des victimes) en nombre suffisant pour en retirer un bénéfice. Au passage, ils causent un désagrément extrêmement pénible pour tous ceux qui doivent chaque jour recevoir leur prose. Comme pour tous les problèmes de pollution, l’analyse économique a quelques propositions pour faire disparaître ce fléau.

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