L’Espagne et l’avortement

avortement

L’Espagne se prépare à voter une loi limitant drastiquement les possibilités d’avortement. Quand on a lu Freakonomics et qu’on a un regard froid et calculateur sur le monde, on doit mettre en avant les travaux de John Donohue et Steven Levitt, mettant en relation le niveau de criminalité et la légalisation de l’avortement. Selon les auteurs, il existe un

« lien favorable entre le droit à l’avortement et la baisse de criminalité. Laisser les femmes choisir d’enfanter ou non réduit le nombre d’enfants non souhaités et plus délaissés. Ce sont justement eux qui deviennent souvent des délinquants. »
(Tiré de notre courte question-réponse sur la criminalité)

Les travaux de Donohue et Levitt ont été critiqués. Levitt y a répondu. Quoi qu’il en soit, la thèse me semble devoir faire partie de l’argumentaire pro-IVG…

C’est cadeau !

Toujours en nettoyant les placards du site, je me suis dit que mettre à disposition de tous les deux chapitres inédits de Sexe, drogue… et économie ne pouvait faire de mal à personne. Les voici donc en version PDF :

star3 Les retraites : un problème sans solution
star3 Comment certains pays sont devenus riches, et beaucoup sont restés pauvres

Je vous rappelle que le livre a été réédité en juin 2013. Et la bonne nouvelle, c’est que son prix a baissé de 25% ! Je vous rappelle aussi que Nos phobies économiques n’est plus disponible qu’en version numérique.

Nouveau livre

A ma connaissance, Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée est le premier ouvrage de Daniel Kahneman traduit en français (traduction de Thinking fast and slow.

En bref, Kahneman est un des psycho-économistes qui a développé des alternatives crédibles et éclairées à la rationalité néoclassique en économie (longtemps en collaboration avec Amos Tversky, décédé en 1996 et qu’il est de coutume de citer pour rendre à César la partie qui lui appartient). Ce qui lui a valu la récompense que les pseudos lettrés et rebelles refusent d’appeler par pédantisme et idéologie inféconde Prix Nobel d’économie. Je n’ai pas lu le livre, mais Kahneman, c’est du lourd. Je le recommande presque les yeux fermés.

A noter aussi, sa conférence le 26 octobre à PSE. Si vous avez l’occasion d’y passer, vous me raconterez. Si tu es blonde, à forte poitrine ou pas, brune ou rousse, (bis), je ne prends pas beaucoup de place et je verrais bien Dany en live… si tu m’héberges.

Note : toujours pas de commentaires, le problème de spam et captcha n’est toujours pas réglé…

Retour sur le tabac

Dans le chapitre de Sexe, drogue… et économie intitulé « Il faut laisser fumer les gens dans les lieux publics », nous nous interrogions sur l’impact réel de l’exposition au tabac quelques heures par semaine pour les non fumeurs dans les lieux publics tels que les cafés ou restaurants. La conclusion logique était que si on voulait supprimer les décès liés au tabagisme passif, il fallait interdire de fumer dans les lieux d’exposition fréquente au tabac. Ce qui concernait surtout le domicile, mais aussi certains lieux de travail. Concernant le lieu de travail, les personnels d’établissements tels que les cafés, restaurants ou établissements de nuit étaient plus particulièrement exposés. Pour ceux-ci, même si la possibilité de rémunérations compensatrices pouvait régler la question, j’avoue qu’un doute subsistait quelque peu dans mon esprit. A-t-on toujours le choix de travailler où l’on veut ? Combien de personnes étaient concernées ? J’imagine qu’à plus ou moins long terme, on n’est pas obligé de travailler dans un univers enfumé si on ne le souhaite pas. Mais la question me titillait à la marge.

Cet article du Monde apporte des informations supplémentaires sur le sujet. Et, même si on doit le lire avec toute la prudence que les incertitudes sur le sujet laissent planer, force est de constater plusieurs choses. D’abord, le nombre de morts lié au tabagisme passif est incertain et – au grand maximum – de 5 000 par an. Ensuite, et surtout, une lecture fine de l’étude qui en 2006 avait justifié la loi anti tabac, « le total des non-fumeurs tués par le tabagisme passif ne s’élèverait pas, comme on pouvait le croire, à 6 000, mais à 1 114. Et si l’on ne considère que les travailleurs non-fumeurs, le total serait de 107. ». Je résume très rapidement le propos, il faut vraiment lire l’article en entier.

Récemment, j’évoquais (en totale digression) la question du nombre de décès par tabagisme passif avec des étudiants. L’un d’eux m’a rétorqué : « Ah, mais c’est toujours ça de trop ». J’ai été contraint de répondre que des tas de choses que nous faisons causent toujours des morts de trop et qu’il fallait interdire aux gens de fumer chez eux, pas sur les quais de gare. Mais je ne pense pas l’avoir convaincu. Son truc (a priori, vu sa filière), c’est la comptabilité, pas l’économie.

PS : Oui, je fume. Non, je n’impose pas ma fumée de façon sans gêne aux non fumeurs. Et oui, je sais… déjà que c’est pas brillant, ça va pas aider.

Le porno sur internet augmente-t-il le nombre de viols?

Mercredi, un fait divers particulièrement scabreux s’est déroulé à la gare de la Part Dieu, à Lyon : une jeune fille de 14 ans a été victime d’un viol collectif, sous les yeux d’une quinzaine d’adolescents, dont certains ont filmé la scène. En réaction, le maire de Villeurbanne a déclaré que «la circulation d’images agressives sur internet tend à banaliser des gestes d’une grande violence». Lui emboîtant le pas, Ségolène Royal a déclaré sur twitter que cela mettait en évidence la « gravité de la dégradation de l’image des femmes sur internet », précisant ensuite qu’elle faisait allusion aux « images pornographiques accessibles aux ados qui en perdent leurs repères« .

Il y a là un vieux débat. Les images pornographiques ou violentes rendent-elles les spectateurs plus violents et sexuellement agressifs? Ou jouent-elles un rôle de catharsis, permettant d’assouvir ses passions violentes sans passer à l’acte? En langage économique, l’image sexuelle joue-t-elle un rôle de substitut à la violence sexuelle réelle – auquel cas, la diffusion plus générale de la pornographie aura pour effet de réduire le nombre de viols – ou de complément -auquel cas, elle l’augmentera? Ce débat est l’occasion d’illustrer la façon dont on peut apporter des éléments de réponse à cette question.

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Special dette publique-France en faillite

Plutôt que d’avoir à répéter des choses déjà écrites, voici l’essentiel des posts consacrés à la dette publique sur ce blog.

- Le mythe du déficit public

- Les infortunes de la vertu

- Tous aux abris!

- le rapport Pébereau

- l’hystérie de la dette publique

Rappelons aussi que tout cela est synthétisé et développé dans le chapitre consacré à la dette publique dans « sexe, drogue et économie ».

Le pain est dégueulasse

C’est Hugues qui le dit. Enfin, je simplifie. A son énigme, je vois trois solutions possibles :
- les gens ont des goûts de chiotte. C’est exogène, dans les préférences.
- les prix sont suffisamment différents.
- une forme de cascade informationnelle : les gens qui voient autant de monde dans les deux boulangeries se disent qu’elles sont équivalentes à partir de l’information publique que constitue la fréquentation ; ce qui donne une répartition aléatoire qui perpétue l’équilibre. Une expérience naturelle marrante serait de voir fermée l’une des deux pendant dix jours pour voir si ça modifie la donne à la réouverture. Et non, pas pendant l’été, puisque les clients sont fermés eux aussi.
(EDIT)- faire la queue n’est pas une expérience agréable ; on préfère un pain qu’on aime peut-être moins pour ne pas attendre longtemps (à rapprocher de l’argument de l’écart de prix).

Je vous rappelle que Hugues est l’auteur des petites exceptions françaises (dont j’ai déjà dit du bien ici). Pour compléter, il y a quelques semaines, en faisant mon tour du proprio des blogs, j’écoutais un chroniqueur radio et je me disais que les textes de Hugues mis en musique (c’est-à-dire, avec le son) seraient franchement bons. Et ce n’est pas du copinage ou du brutal renvoi d’ascenseur. Faites l’essai vous-même : imaginez une voix qui dit le texte. A part certains billets sur le PS (ras-le-bol de leurs histoires), c’est un des blogs dont j’ai dû lire à peu près tous les posts avec plaisir.

S’éduquer paye moins que prévu ?

Enrico Moretti publie un document de travail dans lequel il constate la concentration des diplômés dans les zones où le logement est cher. Il en déduit que la hausse des revenus réels est plus faible que mentionné habituellement, ce qui réduit de facto le creusement des inégalités avec les moins diplômés. Reste à savoir si cette concentration est due à une volonté de vivre dans ces zones ou si la demande de travail pour cette catégorie se situe uniquement dans ces zones. Dans le premier cas, la hausse de revenu se transforme en bien-être, malgré un coût en logement élevé. Dans le second, c’est une perte réelle. Son article penche vers la seconde option. Un écho à d’autres recherches, comme celle de Laurent Davezies qui se penche sur le sujet à l’échelle des grandes métropoles en général (Paris en particulier), sans distinguer explicitement entre diplômés et non diplômés.

Passage France Inter

Nous sommes invités vendredi prochain, le 14 novembre, sur France Inter, dans l’émission d’Isabelle Giordano, Service public. Et vous allez rire… Bien que l’émission soit prévue depuis un certain temps, je me rends compte que je ne connais pas son thème exact, même si j’ai ma petite idée sur la question. Dès que je suis au courant, je vous en informe.
EDIT : Comme j’avais cru le comprendre, l’émission est « autour de notre livre », en relation avec la vie des consommateurs (puisque c’est l’objet de Service public). On y parlera donc probablement de questions de discrimination tarifaire, de logement, etc.

C’est plié

J’ai l’honneur de vous annoncer que Barack Obama remportera l’élection présidentielle américaine de 2008. Je n’ai pas de boule de cristal. Je ne suis pas le Roubini de la politique US. Non, je me dis que faire confiance à l’IEM (Iowa Electronic Market) est probablement une bonne idée. Or, aujourd’hui, l’IEM donne près de 92% de chances à Obama de gagner, contre un peu plus de 8% à Mc Cain (lire ici). Ce marché de paris en ligne est connu pour avoir donné de meilleurs prédictions que les sondages et avoir souvent donné les bons résultats dans la cinquantaine d’élections américaines qu’il a couvert depuis une vingtaine d’années. Mais comment font-ils ?

Pour le savoir, on peut lire l’ouvrage de James Surowiecki ou, si on a un sacré bon goût, le livre de l’année Sexe, drogue… et économie et son chapitre 20 (Non, en fait, vous n’êtes pas obligés ; on trouve des infos sur le sujet ailleurs, notamment ici).

HS : le spam du jour, reçu il y a 10 minutes est titré : « Le beaujolais nouveau s’invite dans votre entreprise ». Enfin, spam… c’est vite dit. A ce sujet, je ne sais plus où je lisais (ah, si, j’ai retrouvé) récemment qu’environ un tiers des spams sont ouverts et donnent lieu à une connexion à un lien commercial. En gros, le spam, ça marche.

EDIT : alors, ne suis-je pas un oracle extralucide ?

Le mythe des prophètes et des leaders

R. Baldwin s’énerve aujourd’hui du concours de prédictions pessimistes qui semble s’être engagé, chaque participant s’ingéniant à la vision d’avenir la plus noire. Il s’agace aussi de la façon dont certains, en l’occurrence Roubini, sont présentés comme des prophètes à écouter parce qu’ils ont « prévu l’avenir » ce qui leur donne une aura énorme auprès des journalistes, conduisant ceux-ci à abandonner tout regard critique.

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Passage radio France Culture (actualisé avec thème exact de l’émission)

Alexandre sera l’un des invités de Caroline Broué et Olivier Pastré lundi 27 octobre dans l’émission L’économie en questions. Le thème de l’émission sera  »La crise touche-t-elle les économistes ?’.

Passage Sud Radio

Ce soir, entre 19h30 et 20h, je passerai sur l’antenne de Sud Radio. Pas pour parler rugby, mais pour présenter notre livre dans l’émission Sud Info Soir.

EDIT : entretien sympathique où j’ai notamment été invité à commenter des propos de Michel Galabru, interrogé la veille sur la crise financière. Il disait (la bande a été repassée en direct, c’est très amusant à entendre) ne rien comprendre à cette histoire d’argent qu’on a et qu’on a pas (les fameux 360 milliards d’euros). Mais on n’apprend pas aux vieux singes à faire la grimace. Les grands anciens méridionaux sont souvent moins cons qu’ils n’en ont l’air et Galabru en est un très bon exemple… Il n’est hélas pas possible de le réécouter en ligne, apparemment.

Podcast audio chez Libération

Jeudi dernier, Florent Latrive et David, son ingénieur du son, nous ont sympathiquement accueillis à la descente du TGV, pour un entretien sur notre bouquin. Le résultat est ici. Pour être franc, je n’ose pas écouter. C’est super dur un entretien, en fait.

EDIT : j’ai écouté. Bon, c’était audible, ça va.

Article dans les Echos

Une note de lecture de notre ouvrage est paru dans les échos. Elle est très positive à notre égard, cela va sans dire. Gérard Moatti a fort justement relevé au sujet du livre que son titre est « emprunté à un ouvrage de l’économiste britannique Diane Coyle (voir plus haut), auquel, curieusement, les auteurs ne font pas allusion ». Ce qui mérite une explication. Nous avons découvert l’existence du livre courant août. Si nous l’avions su avant la mise sous presse, nous aurions tout simplement changé le titre (nous avons informé notre éditrice, qui nous a assuré que cela ne posait pas de problème juridique, ce qui était l’urgence du moment). Par contre, depuis, nous aurions pu le citer pour l’anecdote, en effet. Voici qui est fait.
Autre point, « L’économie sans tabou, version française » est un titre un peu embêtant pour nous, puisque le livre de Bernard Salanié, L’économie sans tabou, est bel et bien en français :-) . Ce qui nous permet de renvoyer les retardataires à ce bouquin dont la lecture est toujours d’actualité et de nous excuser auprès de Diane Coyle et Bernard Salanié pour l’ambiguïté potentielle de la situation. Sur le titre, nous avons expliqué sa genèse sur le forum[1].

Notes

[1] Concernant le sous-titre, l’éditeur nous l’a proposé et nous avons accepté.

La bibliographie commence à arriver (et autres nouvelles du livre)

Eh, toi ! Oui, toi, là ! Tu étais frustré ? Tu n’avais plus goût à la vie ? Tu te demandais quand ce jour arriverait ? Tu en avais marre de n’entendre parler que de crise financière ? Ouai, je te comprends, mon pote (tu permets que je t’appelle « mon pote » ?). Ta vie va changer ce soir, ou demain, voire demain en fin de journée. Car, vois-tu, ami (nan, cherche pas à nous trouver sur Facebook ; faut pas exagérer non plus), oui, toi, compagon du Web, tu l’as enfin… Après tant d’attente, d’ongles rongés et de rancoeur, voici laaaaaaaaaaaa… bibliographie du livre. Enfin, le début, et même pas dans l’ordre au niveau des chapitres, et même pas par ordre alphabétique, non plus. Mais quel bonheur pour nous de voir luire dans ton oeil bovin, enfin, dans un océan de grisaille, dans une crépusculaire inquiétude… enfin, donc… l’espoir. A toi, le fauché, à toi, le radin, à toi, qui nous a demandé les bonus sans avoir acheté le livre, nous t’offrons la chance de ta vie : une pluie de références bibliographiques exceptionnelles (pas tant que ça, si on réfléchit bien, vu que notre livre n’est pas dedans). Et, suprême don de la miséricorde qui nous habite (allons bon, après des années de visites fortuites, motivées par une recherche Google sur « SM », on va se retrouver dans l’autre extrême. Quoique…), beaucoup de ces trésors sont disponibles en ligne, avec un petit lien tout mignon sur la page que tu brûles d’impatience de consulter : celle-ci.

La suite viendra petit à petit. Au fait, j’ai rajouté un erratum (rien de grave, plutôt une précision). Et le forum est toujours ouvert, avec quelques contributions (merci à leurs auteurs).

Posner et les Prediction Markets

Sur le Becker-Posner Blog (qui devrait être en blogroll et je ne sais pas pourquoi ce n’est pas le cas), Richard Posner publie une présentation des  »prediction markets », ces marchés où l’on parie sur tout un tas de choses, dont les résultats des élections américaines. Ces marchés, souvent constitués de relativement peu de participants, sont un sujet de réflexion, dans la mesure où ils donnent des résultats en matière de prévisions que bien des experts leur envient. Ce sujet et, plus largement la question de la « sagesse des foules » (expression tirée de Surowiecki) est abordé dans le chapitre 20 de notre Sexe, drogue… et économie (Les gens sont des sages hystériques). Chapitre qui reprend d’ailleurs quelques points utiles pour comprendre une crise financière. Pour les lecteurs, le billet de Posner est un développement complémentaire. Je suis néanmoins un peu frustré dans la mesure où, à la marge, il conteste la thèse de Surowiecki mais ne donne pas une explication alternative très frappante.

Autour du climat

Échange très intéressant dans la New York Review of Books, autour du climat et du livre de William Nordhaus sur le sujet. Ceux qui auront lu le chapitre de Sexe drogue… et économie consacré au réchauffement climatique (chapitre 7, intitulé Le réchauffement climatique, ça va durer ) y retrouveront des thèmes déjà abordés. En fait, cet échange me semble parfaitement compléter et actualiser les thèmes traités dans ce chapitre.

Interview dans Economie matin

Economie matin a interrogé Alexandre au sujet de la dette publique, point qu’il a souvent développé ici et qui fait l’objet d’un chapitre de notre ouvrage.
Si l’article est fidèle au message, un aspect doit être précisé : Ce n’est pas de la Delaigue économie qu’il développe, mais simplement une lecture normale de l’économie de la dette, ne faisant pas la part belle à une idéologie particulière. Tout au plus, on peut y relever un biais en faveur de la dette qui s’explique uniquement par le fait que le discours dominant, à pondérer, est qu’elle est partout et toujours un fléau économique. Ce qui ne peut être conclu qu’à coup de raccourcis orientés.