La pauvreté des jeunes : c’est bien fait pour leur gueule à ces feignasses

Manuel Valls souhaite, sur la base du rapport Sirugue, initier une remise à plat des minima sociaux à l’horizon 2018. Un des volets importants est celui des jeunes. Un sujet sensible et traité avec beaucoup de préjugés. (Lire la suite…)

On fait ce qu’on peut

Bon, j’arrive pas. Je vois l’intérêt. Je ne le vois plus. Je le revois. Je le revois plus. Qu’est-ce que vous en avez à foutre de mes pensées ? Wé, ok, j’étais pas loin de tout ce bordel. J’étais même au coeur, mais à distance. J’ai cavalé et ai été confiné. Tout près et bien loin. Mais les survivants, les blessés, les familles méritent que vous restiez plus longtemps sur leurs témoignages et que vous ne perdiez pas votre temps sur un texte tapé avec mes doigts. Ou simplement, que vous pensiez aux morts.

Par contre, puisque comprendre c’est mieux vivre, je me suis posé une question. Forcément. Et je crois que ça peut vous intéresser, ça. Alexandre et moi avons pondu une partie de chapitre de bouquin sur les kamikazes et leur niveau d’éducation. Et là, ça collait plus vraiment. Des petits délinquants de merde, peu éduqués, des crypto débiles, des candidats de TV réalité recalés, allaient tirer dans le tas, se faire sauter et réussissaient une opération massive. J’étais prêt à me dire que les faits changent et que je dois changer mon opinion. C’est peut-être encore le cas. Et puis, il y a des erreurs commises au milieu de ce carnage. Il y a ce fils de pute d’Abdeslam qui se barre. Ce trou du cul qui sort picoler en boîte et va tuer des gens au nom d’Allah. Il y a cette explosion des bombes au stade de France à un moment incompréhensible pour un terroriste digne de ce nom. Et maintenant, ce témoignage du patron de la BRI.

Se former au maniement d’une kalach et maîtriser les techniques de combat contre des civils désarmés (quitte à faire chier le RAID ou la BRI sans buter autree chose qu’un chien – RIP Diesel, j’aime pas trop les chats) est à la portée du premier trou du cul venu. S’en servir shooté au captagon comme le dernier des junkies occidentaux est une évidence. Dans ce désastre, nous avons une chance : ils ne sont pas aussi bons que ça. Compte tenu de la masse d’assassinats de vendredi dernier, je ne sais pas quoi en faire. Mais je crois que c’est plutôt une bonne chose pour la suite. Le fait que ces rats se soient faits loger alors qu’ils pensaient se payer la Défense ou Roissy va dans ce sens.

Je vous ai préparé un pdf avec le passage de notre bouquin sur le sujet (à ma connaissance, il ne se vend plus, je prends pas un rond dessus, c’est pas de la promo, c’est juste que je crois que ça peut vous intéresser ; il est même en téléchargement gratos – et illégal mais on s’en fout – chez bookzz.org).

Sur ce, je vais picoler. Je suis d’ailleurs en retard, excusez mon absence de relecture, c’est important de picoler à l’heure. C’est le beaujolais nouveau. Mais comme ce n’est pas un rendez-vous que j’honore particulièrement, je prendrai ce qui se présentera. En terrasse.

Prix Nobel d’Économie : un job d’enfonceur de portes ouvertes ?

onfray

L’attribution du Prix Nobel d’Économie (qui n’en est pas un, je sais) devient un moment de plus en plus fascinant chaque année, en ce qu’il permet de mesurer la pauvreté intellectuelle de notre joli pays, les commentateurs de divers horizons étant plus soucieux de maltraiter les mouches de se perdre en commentaires pavloviens prémâchés que de s’interroger sur les sujets que le prix met en avant. Le millésime 2015 n’y coupe pas, après une cuvée 2014 déjà très remarquable.

(Lire la suite…)

Nobel économie 2015 : pronostics

C’est la saison, voici mon pronostic Nobel économie 2015.

David Card, pour l’application des expériences naturelles à l’analyse du fonctionnement du marché du travail.

Paul Romer, pour la théorie de la croissance endogène.

Avinash Dixit, William Baumol, pour La structure des marchés.

Le premier commence à arriver à point; le second pourrait être accompagné de co-auteurs, comme Barro, Lucas (pour un second Nobel, peu probable) ou Aghion (dans ce cas, vous n’auriez pas fini de voir ce dernier à la télé). Le troisième est un mélange de « Baumol avant qu’il ne casse sa pipe » et de « Dixit parce qu’il a bossé avec plein de gens qui ont eu des Nobel avant lui ». Notez que Dixit pourrait être avec Romer dans un ticket « rendements croissants ».

DISCLAIMER: LE PRIX NOBEL D’ECONOMIE C’EST PAS UN VRAI NOBEL D’ECONOMIE, TOUT LE MONDE LE SAIT MAINTENANT, DONC CEUX QUI SE CROIENT INTELLIGENTS EN LE RAPPELANT AVEC UN AIR INSPIRE SONT SURTOUT DE GROTESQUES PEDANTS.

Le numérique à l’École est décevant : première approche

pisacomp

Le rapport de PISA (que je n’ai pas encore eu le temps de lire) concernant l’usage du numérique à l’école semble soulever des questions très intéressantes. Il va, à coup sûr, provoquer un certain nombre de réactions aussi radicales que stupides, alors que son contenu dicte visiblement, si je me fie à cet article de Rue89, une approche prudente.

Si je n’ai pas lu le rapport (publié aujourd’hui…), pourquoi déjà en parler ? Rassurez-vous, j’ai bien l’intention de me pencher dessus et d’y revenir. Mais, j’ai déjà une intuition tout à fait normale pour quelqu’un qui fait de l’économie. En résumé, la voici : dans la fonction de production éducative, les ordinateurs et moyens numériques sont du capital. Ceux qui les utilisent et les enseignent sont du travail (et du capital humain). Le tout opère dans un système organisationnel, qui s’apparente à une technologie, et qui doit produire de la connaissance (un niveau d’éducation et des capacités à la prolonger). Si vous n’avez pas un minimum de complémentarité entre ces différents éléments, ça ne marche pas.

Ce qui amène à une piste évidente : serait-on en présence d’un « paradoxe de Solow » appliqué à l’éducation ? A vue de nez, ça peut y ressembler. On en reparle. En attendant, n’écoutez pas les radicaux.

Quelques commentaires sur la publication numérique chez Amazon

3deam

Comme je l’avais précisé à la publication de Trois débats économiques, ce projet était en partie mû par la curiosité de voir comment fonctionnait l’édition numérique. Il est bien trop tôt pour donner un avis sur l’aspect ventes, communication, etc. En revanche, pour la partie rédaction et publication, je peux faire quelques remarques, qui pourraient être utiles à ceux que cela tente. (Lire la suite…)

Ça y est, « Trois débats économiques » est disponible !

couve3DE

Vous ne dormiez plus depuis plusieurs jours ? Certains d’entre vous ont fait la queue la nuit dernière devant la boutique Kindle d’Amazon pour être parmi les premiers à le lire. Votre attente est finie.Trois débats économiques. Chômage, désindustrialisation, dettes publiques est officiellement disponible à la vente sur Amazon. Plus d’infos sur le livre ici.

Contre le chômage, on n’avait pas tout essayé : tentons la valorisation du licenciement abusif

licenciementabusif

Le gouvernement a annoncé hier une modification des règles d’indemnisation aux Prud’hommes. Il s’agit de plafonner les indemnités de licenciement abusif (sans « cause réelle et sérieuse »). Et c’est très bizarre, comme approche du problème de l’emploi.

(Lire la suite…)

Le problème de la démocratisation scolaire, c’est qu’on n’a pas le choix

machines

Suite tardive de ce billet sur la question scolaire. La question de continuer ou non la démocratisation scolaire restait sans réponse, le premier volet avançant que, en l’état, elle semblait devenir plus coûteuse que bénéfique. En vérité, on n’a pas le choix. Il va falloir continuer à faire en sorte d’élever le niveau de capital humain moyen des générations à venir. Sauf à se diriger vers une société bien peu sympathique. Continuer ou, du moins, essayer.

(Lire la suite…)

Du tiers-payant intégral à la nationalisation (partielle) du système de santé ?

vitale

Les médecins libéraux ne sont pas contents. Ils nous annoncent la mort de la médecine libérale si la loi Santé de Marisol Touraine passe. En apparence, les discussions concernant cette loi lui donnent des allures de loi show-biz. Un genre de loi Macron de la santé. Paquets de clopes neutres, interdiction des mannequins anorexiques (un amendement va être déposé), interdiction de fumer en voiture avec un gosse à bord d’une voiture, interdiction partielle des e-cigarettes dans les lieux publics et tiers payant généralisé en sont les éléments les plus souvent mis en avant. Aux côtés de ces points, d’autres attirent davantage l’attention des spécialistes (autour de la réorganisation du parcours de soin). Mais ces dernières sont peu commentées (peut-être parce qu’elles ne sont pas révolutionnaires ?). Alors, la généralisation du tiers payant est devenu le symbole de la loi et de la crainte des libéraux d’être « fonctionnarisés ».

(Lire la suite…)

Un hommage à Bernard Maris

marishonoré

Nous avons reçu le mail suivant, de la revue Mondes Sociaux
:

« Notre collègue Bernard Maris est décédé dans les conditions tragiques que l’on connaît. Les médias ont, à juste titre, rappelé ses multiples facettes : journaliste, essayiste, débatteur, vulgarisateur, romancier, érudit… Peu ont mis en exergue l’enseignant-chercheur. Mondes Sociaux, magazine en ligne de Sciences humaines et sociales, a voulu combler cette lacune en donnant la parole à des chercheurs du LEREPS, laboratoire toulousain auquel il a appartenu pendant huit ans et qu’il a dirigé durant deux années.
« Bernard Maris, un humaniste et un penseur critique de l’économie dominante ».
N’hésitez pas à faire circuler cet hommage dans et hors du champ universitaire, soit en utilisant le lien hypertexte ci-dessus, soit en imprimant l’article (cliquez sur « Imprimer ce billet » en fin d’article).

Bonne lecture. »

Dans mon billet du 7 janvier, j’écrivais de Maris qu’il n’était « pas un chercheur, au sens classique. Vous ne trouverez aucune de ses publications dans les grandes revues spécialisées. ». C’est vrai. Mondes sociaux attire néanmoins l’attention sur son implication dans le monde universitaire. C’est pourquoi je publie leur mail et son lien.

Mais, en réponse à ce dessin (tiré de l’article en lien), je ne résiste pas à la tentation de citer Keynes, histoire que l’on ne jette pas le bébé avec l’eau du bain.

N1

Car, si je me souviens bien (formule purement rhétorique), face aux critiques concernant l’économie, Keynes a dit jadis : « Je préfère avoir vaguement raison que précisément tort ».

Oui, c’est compliqué, l’économie.

Le dessin titre de ce billet a, pour ce que j’en sais, été publié sur le site de Tendance Ouest.

L’affaire de la section d’économie qui n’existait pas

Je voulais me fendre d’un billet plein de modération et de questionnements sur l’affaire de la création d’une nouvelle section CNU en économie. Mais je préfère laisser celles et ceux qui en parlent mieux le faire à ma place. Je vous laisse donc lire ce billet d’Anne Lavigne sur le sujet, dont je partage, si ce n’est la connaissance historico-administrative sur le sujet, du moins les tenants et aboutissants.

Oncle Bernard, tu vas nous manquer

Bernard-Maris

La tuerie au siège de Charlie Hebdo me touche pour plein de raisons. Parmi celles-ci, il y a le décès de l’économiste Bernard Maris, qui écrivait sous le pseudo oncle Bernard chez Charlie. Compte tenu de l’objet de ce site, je vais m’attarder sur ce point. D’autres parleront bien mieux des autres disparus. D’autres parleront également mieux que moi de Maris. Mais je me permets de le faire ici modestement, sans relecture, pour dire qu’il va nous manquer.

(Lire la suite…)

Jean Tirole et la taxe carbone, épisode II

En complément à ce billet,  je me fais plaisir en citant Tirole dans Paris-Match (oui, oui, c’est amusant, je sais…), au sujet des taxes carbone :

« L’abandon de l’écotaxe m’a fait mal. La taxation du carbone est pourtant le bon instrument pour lutter contre le ­réchauffement climatique »

Et pour ceux qui ne comprendraient pas vraiment le débat, je vous renvoie vers ce texte simple qui compare les différents instruments de lutte contre la pollution.

Mon message ? Attaquer Tirole pour libéralisme forcené sur le climat est une absurdité, qui prouve que ceux qui le font ne savent pas de quoi ils parlent.

Un nouvel âge pour la question scolaire ?

pisa

J’ai longtemps été, sans réserves, du côté de ceux qui considéraient que la démocratisation scolaire était une bonne chose. Socialement et économiquement. Les impressions, les clichés et jugements hâtifs, voire rétrogrades ou réactionnaires sur le sujet me laissaient de marbre. Non seulement, en tant qu’enseignant, ce que je voyais ne les validait pas. Mais, surtout, les travaux disponibles leur donnaient passablement tort. Bien sûr, dans le débat entre signal et capital humain, je n’ai jamais considéré que l’argumentation des tenants de la théorie du signal soit totalement absurde. L’existence d’un effet signal dans l’éducation me semblait indéniable. La question était de savoir si tout n’était que signal ou si l’effet capital humain était si négligeable que s’éduquer était seulement un positionnement vis-à-vis des autres, plutôt qu’une acquisition de compétences réelles. Il me semblait très exagéré, à l’aune des analyses sur le sujet, de considérer qu’envoyer toujours plus de jeunes à l’école pendant plus longtemps ne créait pas des connaissances supplémentaires qui couvraient les coûts engagés pour cela. Aujourd’hui, je me demande si ma position est toujours aussi justifiée.

(Lire la suite…)