L’économie du film « La loi du marché » (ou plutôt, la « non-économie », et tant mieux)

loimarché

J’ai vu le film qui avait fait quelque peu sensation à Cannes, il y a un an de cela. Et c’est une surprise. Pendant des années, j’ai laissé tomber Ken Loach (après le parodique Bread and Roses). Un jour, je suis allé voir La part des anges. C’était bon. Enfin, plutôt que de se gargariser de clichés larmoyants sans intérêt et, visiblement, mal documentés, il revenait à ce qui peut être une vraie critique sociale. Une histoire avec, comme fond, un état de fait : des gosses que le monde considère comme inutiles et nuisibles – non sans raisons – sont capables d’intelligence, au point de tromper ceux qui se pensent les plus malins (car les plus riches), sans même changer la vie de ces derniers, qui restent tout aussi contents d’eux-mêmes. J’ai retrouvé cet esprit dans La loi du marché. Alors que je m’attendais au pire.

Lire la suite

Share Button

Ce qu’il y a (toujours eu) dans le « programme » de Tirole sur le chômage

TDM96_1664-plage-moorea

J’ai réitéré plusieurs fois mon étonnement de voir Jean Tirole défendre vigoureusement la loi Travail. Je ne sais pas si j’ai été très clair sur les raisons de cet étonnement.

Lire la suite

Share Button

La loi travail, cheval de Troie de la méchante Commission ? Une approche basique.

uekhomri

Cela fait plusieurs fois que je lis que la Commission de Bruxelles serait la perfide instigatrice de la loi El Khomri. Encore une fois aujourd’hui dans cet article, qui nuance la chose ; ce qui est bien, mais pas assez prosaïque encore, à mon sens. Certes, il y a l’idée que ce sont les États qui proposent leurs programmes de réforme. Mais, on peut faire encore plus simple. Un peu de sérieux, amis eurosceptiques… Il ne fait aucun doute qu’une certaine vision des changements institutionnels à Bruxelles colle parfaitement avec ce qui est proposé dans la loi Travail. Mais enfin… ce ne sont pas les fonctionnaires de l’UE qui ont théorisé la flexibilisation du marché du travail, au travers de mesures comme la baisse de la protection contre les licenciements économiques ou la promotion des accords d’entreprise (au pire, ceux du FMI ou de la Banque mondiale leur ont filé un coup de main). Ces thèmes existent dans la littérature économique et politique depuis des années et il n’est guère surprenant que le gouvernement français ait pu piocher dedans, sans même avoir à lire les manuels de bonne gouvernance publiés par l’UE. Alors, bon… je suis peut-être un individu naïf et inconscient des enjeux de pouvoir du monde, mais j’ai tendance à penser qu’il faut chercher le complot Mal ailleurs ce coup-ci…

Share Button

Comment perdre 4,5 milliards de dollars

En un an.

Share Button

Brève analyse économique de l’article 2 de la loi Travail (où comment j’ai perdu tous mes amis pro et contre lui)

article2

À une époque que d’aucuns jugeront lointaine ou ancestrale, mais pas tant que ça à l’échelle de l’analyse économique, de dangereux communistes réfléchissaient au niveau optimal de négociation salariale ( Cahuc et Zylberberg ici, par exemple ; l’article de référence de Calmfors et Driffill étant visible ici ), se demandant qui de l’entreprise, de la branche ou de l’interprofessionnel national donnait les meilleurs résultats en matière de chômage. Depuis, j’avoue que j’aime bien raconter ça aux étudiants, parce que les résultats étaient assez contre-intuitifs (les profs d’économie aiment bien ce genre de trucs tordus). La négociation centralisée pouvait s’avérer supérieure à la négociation de branche (la plus mauvaise) et la négociation d’entreprise (intermédiaire). Cela dit, les temps changent et il est utile de revoir le sujet.

Lire la suite

Share Button

Some unpleasant free market arithmetics – Dialogue sur la rareté de l’essence et la loi travail

essence

D’humeur taquine. Mais… à méditer. Lire la suite

Share Button

La mesure des inégalités pour les nuls (et les autres)

BRITAIN-LIFESTYLE-RECORD-OFFBEAT

Je ne vous apprends rien si je vous dis qu’il existe « quelques » débats sur les inégalités. Tous, enfin tous ceux qui sont un peu sérieux, démarrent avec des indicateurs d’inégalités et, généralement, avec des comparaisons dans le temps ou l’espace. Spontanément, je n’aurais pas eu l’idée de pondre un billet sur ces indicateurs, les supposant assez bien connus de beaucoup de gens (et, facilement accessibles, par ailleurs). Mais, comme il y a quelques mois, quelqu’un qui découvrait le blog m’a signalé que « pour les nuls » était passablement exagéré et que, non, ceux qui n’y comprennent rien, ne comprenaient rien à ce que j’écrivais, j’ai réfléchi. Et voilà ce que j’espère être un billet pour les nuls (et les autres). Lire la suite

Share Button

27 ans pour le premier CDI ? Origine du chiffre et quelques compléments (laborieux)

elkhom

En réponse à une question au gouvernement posée le mercredi 3 mai, la Ministre du travail a évoqué l’évolution de l’âge moyen d’accès au premier CDI, soulignant qu’il était passé d’environ 22 ans à 27 ans en l’espace de quinze ans (vidéo ici, à 49 minutes). Un chiffre intéressant, mais qui mérite d’être un peu creusé. Lire la suite

Share Button

Contre le tabagisme des jeunes, arrêtez de vivre dans un monde qui n’existe pas

nobrain

Dans mon précédent billet, j’ai essuyé des commentaires globalement méprisants, me reprochant – en façade – de manquer de rigueur. Je vais donc préciser le précédent billet et, ensuite, je ne parlerai plus jamais de tabac. Quand on est minoritaire, on ferme sa gueule.

Lire la suite

Share Button

Et toi, tu préfères mourir du tabac ou du tabac et du terrorisme en même temps ?

tabac

Suite à une décision du tribunal de Cergy-Pontoise, saisi par des gens, le Ministère de l’Éducation Nationale – avec une vitesse qu’on aimerait lui connaître dans d’autres situations – a décidé d’interdire de fumer dans les établissements scolaires, afin de respecter avec précision la loi anti-tabac, en dépit des risques d’arrosage à la Kalach’ devant les terrasses que sont les abords de certains lycées. Lire la suite

Share Button

La pauvreté des jeunes : c’est bien fait pour leur gueule à ces feignasses

Manuel Valls souhaite, sur la base du rapport Sirugue, initier une remise à plat des minima sociaux à l’horizon 2018. Un des volets importants est celui des jeunes. Un sujet sensible et traité avec beaucoup de préjugés. Lire la suite

Share Button

La loi El Khomri et les économistes

trepalium

Il paraît que la loi El Khomri est un moment fabuleux dans lequel les économistes débattent publiquement sur la base d’arguments étayés, dans une pure tradition universitaire, afin de nourrir le débat public d’une expertise salutaire.

Lire la suite

Share Button

Au sujet de l’économie de la série Trepalium

trepalium

J’ai visionné la série Trepalium diffusée il y a quelques temps par Arte. Si le pitch dressé par les médias était très tentant, le résultat est plus mitigé. Lire la suite

Share Button

Antibiotiques et sociétés offshore

Antibiotiques.

Sociétés offshore.

 

Share Button

épargner 101

Sur le blog classe éco.

Share Button

On fait ce qu’on peut

Bon, j’arrive pas. Je vois l’intérêt. Je ne le vois plus. Je le revois. Je le revois plus. Qu’est-ce que vous en avez à foutre de mes pensées ? Wé, ok, j’étais pas loin de tout ce bordel. J’étais même au coeur, mais à distance. J’ai cavalé et ai été confiné. Tout près et bien loin. Mais les survivants, les blessés, les familles méritent que vous restiez plus longtemps sur leurs témoignages et que vous ne perdiez pas votre temps sur un texte tapé avec mes doigts. Ou simplement, que vous pensiez aux morts.

Par contre, puisque comprendre c’est mieux vivre, je me suis posé une question. Forcément. Et je crois que ça peut vous intéresser, ça. Alexandre et moi avons pondu une partie de chapitre de bouquin sur les kamikazes et leur niveau d’éducation. Et là, ça collait plus vraiment. Des petits délinquants de merde, peu éduqués, des crypto débiles, des candidats de TV réalité recalés, allaient tirer dans le tas, se faire sauter et réussissaient une opération massive. J’étais prêt à me dire que les faits changent et que je dois changer mon opinion. C’est peut-être encore le cas. Et puis, il y a des erreurs commises au milieu de ce carnage. Il y a ce fils de pute d’Abdeslam qui se barre. Ce trou du cul qui sort picoler en boîte et va tuer des gens au nom d’Allah. Il y a cette explosion des bombes au stade de France à un moment incompréhensible pour un terroriste digne de ce nom. Et maintenant, ce témoignage du patron de la BRI.

Se former au maniement d’une kalach et maîtriser les techniques de combat contre des civils désarmés (quitte à faire chier le RAID ou la BRI sans buter autree chose qu’un chien – RIP Diesel, j’aime pas trop les chats) est à la portée du premier trou du cul venu. S’en servir shooté au captagon comme le dernier des junkies occidentaux est une évidence. Dans ce désastre, nous avons une chance : ils ne sont pas aussi bons que ça. Compte tenu de la masse d’assassinats de vendredi dernier, je ne sais pas quoi en faire. Mais je crois que c’est plutôt une bonne chose pour la suite. Le fait que ces rats se soient faits loger alors qu’ils pensaient se payer la Défense ou Roissy va dans ce sens.

Je vous ai préparé un pdf avec le passage de notre bouquin sur le sujet (à ma connaissance, il ne se vend plus, je prends pas un rond dessus, c’est pas de la promo, c’est juste que je crois que ça peut vous intéresser ; il est même en téléchargement gratos – et illégal mais on s’en fout – chez bookzz.org).

Sur ce, je vais picoler. Je suis d’ailleurs en retard, excusez mon absence de relecture, c’est important de picoler à l’heure. C’est le beaujolais nouveau. Mais comme ce n’est pas un rendez-vous que j’honore particulièrement, je prendrai ce qui se présentera. En terrasse.

Share Button

Prix Nobel d’Économie : un job d’enfonceur de portes ouvertes ?

onfray

L’attribution du Prix Nobel d’Économie (qui n’en est pas un, je sais) devient un moment de plus en plus fascinant chaque année, en ce qu’il permet de mesurer la pauvreté intellectuelle de notre joli pays, les commentateurs de divers horizons étant plus soucieux de maltraiter les mouches de se perdre en commentaires pavloviens prémâchés que de s’interroger sur les sujets que le prix met en avant. Le millésime 2015 n’y coupe pas, après une cuvée 2014 déjà très remarquable.

Lire la suite

Share Button

Angus Deaton

Sur francetvinfo.

Share Button

Nobel économie 2015 : pronostics

C’est la saison, voici mon pronostic Nobel économie 2015.

David Card, pour l’application des expériences naturelles à l’analyse du fonctionnement du marché du travail.

Paul Romer, pour la théorie de la croissance endogène.

Avinash Dixit, William Baumol, pour La structure des marchés.

Le premier commence à arriver à point; le second pourrait être accompagné de co-auteurs, comme Barro, Lucas (pour un second Nobel, peu probable) ou Aghion (dans ce cas, vous n’auriez pas fini de voir ce dernier à la télé). Le troisième est un mélange de « Baumol avant qu’il ne casse sa pipe » et de « Dixit parce qu’il a bossé avec plein de gens qui ont eu des Nobel avant lui ». Notez que Dixit pourrait être avec Romer dans un ticket « rendements croissants ».

DISCLAIMER: LE PRIX NOBEL D’ECONOMIE C’EST PAS UN VRAI NOBEL D’ECONOMIE, TOUT LE MONDE LE SAIT MAINTENANT, DONC CEUX QUI SE CROIENT INTELLIGENTS EN LE RAPPELANT AVEC UN AIR INSPIRE SONT SURTOUT DE GROTESQUES PEDANTS.

Share Button

Le numérique à l’École est décevant : première approche

pisacomp

Le rapport de PISA (que je n’ai pas encore eu le temps de lire) concernant l’usage du numérique à l’école semble soulever des questions très intéressantes. Il va, à coup sûr, provoquer un certain nombre de réactions aussi radicales que stupides, alors que son contenu dicte visiblement, si je me fie à cet article de Rue89, une approche prudente.

Si je n’ai pas lu le rapport (publié aujourd’hui…), pourquoi déjà en parler ? Rassurez-vous, j’ai bien l’intention de me pencher dessus et d’y revenir. Mais, j’ai déjà une intuition tout à fait normale pour quelqu’un qui fait de l’économie. En résumé, la voici : dans la fonction de production éducative, les ordinateurs et moyens numériques sont du capital. Ceux qui les utilisent et les enseignent sont du travail (et du capital humain). Le tout opère dans un système organisationnel, qui s’apparente à une technologie, et qui doit produire de la connaissance (un niveau d’éducation et des capacités à la prolonger). Si vous n’avez pas un minimum de complémentarité entre ces différents éléments, ça ne marche pas.

Ce qui amène à une piste évidente : serait-on en présence d’un « paradoxe de Solow » appliqué à l’éducation ? A vue de nez, ça peut y ressembler. On en reparle. En attendant, n’écoutez pas les radicaux.

Share Button

Quelques commentaires sur la publication numérique chez Amazon

3deam

Comme je l’avais précisé à la publication de Trois débats économiques, ce projet était en partie mû par la curiosité de voir comment fonctionnait l’édition numérique. Il est bien trop tôt pour donner un avis sur l’aspect ventes, communication, etc. En revanche, pour la partie rédaction et publication, je peux faire quelques remarques, qui pourraient être utiles à ceux que cela tente. Lire la suite

Share Button

Les données utilisées dans Trois débats économiques sont à votre disposition

stats3de

C’est ici (vers le bas de la page).

Share Button

Cahiers de vacances

CHez Serenis Cornelius. A lire absolument (quand vous aurez fini trois débats économiques, évidemment).

Premier épisode

Second

troisième

quatrième

Share Button

Ça y est, « Trois débats économiques » est disponible !

couve3DE

Vous ne dormiez plus depuis plusieurs jours ? Certains d’entre vous ont fait la queue la nuit dernière devant la boutique Kindle d’Amazon pour être parmi les premiers à le lire. Votre attente est finie.Trois débats économiques. Chômage, désindustrialisation, dettes publiques est officiellement disponible à la vente sur Amazon. Plus d’infos sur le livre ici.

Share Button

Contre le chômage, on n’avait pas tout essayé : tentons la valorisation du licenciement abusif

licenciementabusif

Le gouvernement a annoncé hier une modification des règles d’indemnisation aux Prud’hommes. Il s’agit de plafonner les indemnités de licenciement abusif (sans « cause réelle et sérieuse »). Et c’est très bizarre, comme approche du problème de l’emploi.

Lire la suite

Share Button