Hamon, Sapin et les 3%

hamonsapin

Benoît Hamon estime que la règle des 3% de déficit imposée par le pacte de stabilité et de croissance est un « non-sens » qui ne répond pas aux besoins d’une économie. Michel Sapin lui a répondu que « La règle des 3% est rationnelle, elle a des conséquences« . C’est l’essence d’un débat politique, pas économique. (Lire la suite…)

Arrêt de travail

amazone

Dans quatre jours, les Françaises sont appelées à arrêter le travail. Le mot d’ordre est lancé par Les Glorieuses, un collectif féministe qui s’appuie sur les écarts de salaires hommes-femmes en France et a estimé que, en comparaison avec les hommes, les femmes auront fourni le travail justifiant leur paie au 7 novembre à 16h34.

(Lire la suite…)

Actualisation d’un billet de 2014 sur la protection de l’emploi

Il y a deux ans, j’avais publié ce billet concernant la protection de l’emploi. Il comprenait un schéma de synthèse sur les effets de celle-ci. Je l’ai actualisé depuis, en rajoutant un élément. Voici le nouveau schéma.

protect

La modification n’est pas énorme. Elle porte sur l’effet de la réduction du turn-over en cas de forte protection de l’emploi. Celle-ci, en assurant que la durée d’emploi sera plus longue et qu’un salarié ne quittera pas souvent l’entreprise après avoir bénéficié d’une formation payée par l’employeur, incite ce dernier à former son personnel. Ce qui est bon pour la productivité.

Imaginons un monde débarrassé des « négationnistes » – billet participatif

Blade-Runner-1

En devisant avec mon compère sur son texte à venir sur Classe éco (publié ici), je me suis soudain rendu compte qu’une question méritait d’être posée : imaginons une France débarrassée des hétérodoxes et autres charlatans au sens de Cahuc et Zylberberg. Serait-elle pour autant le paradis scientifique que les auteurs imaginent ? Deux exemples de pays montrent que rien n’est acquis. Le premier, est caricatural, évidemment, puisqu’il s’agit de la Corée du Nord. Pas d’hétérodoxie, là bas. Le second est plus intéressant, il s’agit de l’Allemagne. En Allemagne, autour de la tradition surdominante ordo-libérale, la science économique est gentiment devenue médiocre, comme l’expliquait très bien Charles Wyplosz dans cet article. Enfin, on pourrait prendre comme contre-exemple le cas… des États-Unis. Vous n’y verrez nullement un Robert Lucas demander que James Galbraith soit interdit d’antenne. Pourtant, en matière de qualité de la recherche…
L’issue intellectuelle d’un monde Cahucio-zylberberguien est difficile à envisager, c’est certain. D’emblée, comme le souligne Olivier Bouba-Olga, le chercheur neutre, cela n’existe pas. Alors, si on refile à une minorité les clés de la baraque, où ira-t-on ? Ensuite, si, dans notre cas national en particulier, vous prenez les Français et leur tendance naturelle à voir de l’opinion et de la politique de partout, notre culture d’ingénieurs constructivistes, je me demande bien ce que donnerait le cas de figure évoqué. Et vous, vous l’imaginez comment ce scénario fiction ?

Laurence Parisot, Marianne et… moi (et moi). Épisode 1

parisot

Laurent Nunez n’est pas content. Laurence Parisot a dit des choses (il y a un mois, mais bon, les délais de publications sur le site de Marianne doivent être longs…) qui ne lui plaisent pas. Notamment qu’elle était « irritée ». Ces gens sont visiblement agacés. Alors, je vais mettre tout le monde d’accord.

(Lire la suite…)

L’économie du film « La loi du marché » (ou plutôt, la « non-économie », et tant mieux)

loimarché

J’ai vu le film qui avait fait quelque peu sensation à Cannes, il y a un an de cela. Et c’est une surprise. Pendant des années, j’ai laissé tomber Ken Loach (après le parodique Bread and Roses). Un jour, je suis allé voir La part des anges. C’était bon. Enfin, plutôt que de se gargariser de clichés larmoyants sans intérêt et, visiblement, mal documentés, il revenait à ce qui peut être une vraie critique sociale. Une histoire avec, comme fond, un état de fait : des gosses que le monde considère comme inutiles et nuisibles – non sans raisons – sont capables d’intelligence, au point de tromper ceux qui se pensent les plus malins (car les plus riches), sans même changer la vie de ces derniers, qui restent tout aussi contents d’eux-mêmes. J’ai retrouvé cet esprit dans La loi du marché. Alors que je m’attendais au pire.

(Lire la suite…)

Ce qu’il y a (toujours eu) dans le « programme » de Tirole sur le chômage

TDM96_1664-plage-moorea

J’ai réitéré plusieurs fois mon étonnement de voir Jean Tirole défendre vigoureusement la loi Travail. Je ne sais pas si j’ai été très clair sur les raisons de cet étonnement.

(Lire la suite…)

La loi travail, cheval de Troie de la méchante Commission ? Une approche basique.

uekhomri

Cela fait plusieurs fois que je lis que la Commission de Bruxelles serait la perfide instigatrice de la loi El Khomri. Encore une fois aujourd’hui dans cet article, qui nuance la chose ; ce qui est bien, mais pas assez prosaïque encore, à mon sens. Certes, il y a l’idée que ce sont les États qui proposent leurs programmes de réforme. Mais, on peut faire encore plus simple. Un peu de sérieux, amis eurosceptiques… Il ne fait aucun doute qu’une certaine vision des changements institutionnels à Bruxelles colle parfaitement avec ce qui est proposé dans la loi Travail. Mais enfin… ce ne sont pas les fonctionnaires de l’UE qui ont théorisé la flexibilisation du marché du travail, au travers de mesures comme la baisse de la protection contre les licenciements économiques ou la promotion des accords d’entreprise (au pire, ceux du FMI ou de la Banque mondiale leur ont filé un coup de main). Ces thèmes existent dans la littérature économique et politique depuis des années et il n’est guère surprenant que le gouvernement français ait pu piocher dedans, sans même avoir à lire les manuels de bonne gouvernance publiés par l’UE. Alors, bon… je suis peut-être un individu naïf et inconscient des enjeux de pouvoir du monde, mais j’ai tendance à penser qu’il faut chercher le complot Mal ailleurs ce coup-ci…

Brève analyse économique de l’article 2 de la loi Travail (où comment j’ai perdu tous mes amis pro et contre lui)

article2

À une époque que d’aucuns jugeront lointaine ou ancestrale, mais pas tant que ça à l’échelle de l’analyse économique, de dangereux communistes réfléchissaient au niveau optimal de négociation salariale ( Cahuc et Zylberberg ici, par exemple ; l’article de référence de Calmfors et Driffill étant visible ici ), se demandant qui de l’entreprise, de la branche ou de l’interprofessionnel national donnait les meilleurs résultats en matière de chômage. Depuis, j’avoue que j’aime bien raconter ça aux étudiants, parce que les résultats étaient assez contre-intuitifs (les profs d’économie aiment bien ce genre de trucs tordus). La négociation centralisée pouvait s’avérer supérieure à la négociation de branche (la plus mauvaise) et la négociation d’entreprise (intermédiaire). Cela dit, les temps changent et il est utile de revoir le sujet.

(Lire la suite…)

La mesure des inégalités pour les nuls (et les autres)

BRITAIN-LIFESTYLE-RECORD-OFFBEAT

Je ne vous apprends rien si je vous dis qu’il existe « quelques » débats sur les inégalités. Tous, enfin tous ceux qui sont un peu sérieux, démarrent avec des indicateurs d’inégalités et, généralement, avec des comparaisons dans le temps ou l’espace. Spontanément, je n’aurais pas eu l’idée de pondre un billet sur ces indicateurs, les supposant assez bien connus de beaucoup de gens (et, facilement accessibles, par ailleurs). Mais, comme il y a quelques mois, quelqu’un qui découvrait le blog m’a signalé que « pour les nuls » était passablement exagéré et que, non, ceux qui n’y comprennent rien, ne comprenaient rien à ce que j’écrivais, j’ai réfléchi. Et voilà ce que j’espère être un billet pour les nuls (et les autres). (Lire la suite…)

27 ans pour le premier CDI ? Origine du chiffre et quelques compléments (laborieux)

elkhom

En réponse à une question au gouvernement posée le mercredi 3 mai, la Ministre du travail a évoqué l’évolution de l’âge moyen d’accès au premier CDI, soulignant qu’il était passé d’environ 22 ans à 27 ans en l’espace de quinze ans (vidéo ici, à 49 minutes). Un chiffre intéressant, mais qui mérite d’être un peu creusé. (Lire la suite…)

Contre le tabagisme des jeunes, arrêtez de vivre dans un monde qui n’existe pas

nobrain

Dans mon précédent billet, j’ai essuyé des commentaires globalement méprisants, me reprochant – en façade – de manquer de rigueur. Je vais donc préciser le précédent billet et, ensuite, je ne parlerai plus jamais de tabac. Quand on est minoritaire, on ferme sa gueule.

(Lire la suite…)

Et toi, tu préfères mourir du tabac ou du tabac et du terrorisme en même temps ?

tabac

Suite à une décision du tribunal de Cergy-Pontoise, saisi par des gens, le Ministère de l’Éducation Nationale – avec une vitesse qu’on aimerait lui connaître dans d’autres situations – a décidé d’interdire de fumer dans les établissements scolaires, afin de respecter avec précision la loi anti-tabac, en dépit des risques d’arrosage à la Kalach’ devant les terrasses que sont les abords de certains lycées. (Lire la suite…)

La pauvreté des jeunes : c’est bien fait pour leur gueule à ces feignasses

Manuel Valls souhaite, sur la base du rapport Sirugue, initier une remise à plat des minima sociaux à l’horizon 2018. Un des volets importants est celui des jeunes. Un sujet sensible et traité avec beaucoup de préjugés. (Lire la suite…)

On fait ce qu’on peut

Bon, j’arrive pas. Je vois l’intérêt. Je ne le vois plus. Je le revois. Je le revois plus. Qu’est-ce que vous en avez à foutre de mes pensées ? Wé, ok, j’étais pas loin de tout ce bordel. J’étais même au coeur, mais à distance. J’ai cavalé et ai été confiné. Tout près et bien loin. Mais les survivants, les blessés, les familles méritent que vous restiez plus longtemps sur leurs témoignages et que vous ne perdiez pas votre temps sur un texte tapé avec mes doigts. Ou simplement, que vous pensiez aux morts.

Par contre, puisque comprendre c’est mieux vivre, je me suis posé une question. Forcément. Et je crois que ça peut vous intéresser, ça. Alexandre et moi avons pondu une partie de chapitre de bouquin sur les kamikazes et leur niveau d’éducation. Et là, ça collait plus vraiment. Des petits délinquants de merde, peu éduqués, des crypto débiles, des candidats de TV réalité recalés, allaient tirer dans le tas, se faire sauter et réussissaient une opération massive. J’étais prêt à me dire que les faits changent et que je dois changer mon opinion. C’est peut-être encore le cas. Et puis, il y a des erreurs commises au milieu de ce carnage. Il y a ce fils de pute d’Abdeslam qui se barre. Ce trou du cul qui sort picoler en boîte et va tuer des gens au nom d’Allah. Il y a cette explosion des bombes au stade de France à un moment incompréhensible pour un terroriste digne de ce nom. Et maintenant, ce témoignage du patron de la BRI.

Se former au maniement d’une kalach et maîtriser les techniques de combat contre des civils désarmés (quitte à faire chier le RAID ou la BRI sans buter autree chose qu’un chien – RIP Diesel, j’aime pas trop les chats) est à la portée du premier trou du cul venu. S’en servir shooté au captagon comme le dernier des junkies occidentaux est une évidence. Dans ce désastre, nous avons une chance : ils ne sont pas aussi bons que ça. Compte tenu de la masse d’assassinats de vendredi dernier, je ne sais pas quoi en faire. Mais je crois que c’est plutôt une bonne chose pour la suite. Le fait que ces rats se soient faits loger alors qu’ils pensaient se payer la Défense ou Roissy va dans ce sens.

Je vous ai préparé un pdf avec le passage de notre bouquin sur le sujet (à ma connaissance, il ne se vend plus, je prends pas un rond dessus, c’est pas de la promo, c’est juste que je crois que ça peut vous intéresser ; il est même en téléchargement gratos – et illégal mais on s’en fout – chez bookzz.org).

Sur ce, je vais picoler. Je suis d’ailleurs en retard, excusez mon absence de relecture, c’est important de picoler à l’heure. C’est le beaujolais nouveau. Mais comme ce n’est pas un rendez-vous que j’honore particulièrement, je prendrai ce qui se présentera. En terrasse.

Prix Nobel d’Économie : un job d’enfonceur de portes ouvertes ?

onfray

L’attribution du Prix Nobel d’Économie (qui n’en est pas un, je sais) devient un moment de plus en plus fascinant chaque année, en ce qu’il permet de mesurer la pauvreté intellectuelle de notre joli pays, les commentateurs de divers horizons étant plus soucieux de maltraiter les mouches de se perdre en commentaires pavloviens prémâchés que de s’interroger sur les sujets que le prix met en avant. Le millésime 2015 n’y coupe pas, après une cuvée 2014 déjà très remarquable.

(Lire la suite…)