Service civique obligatoire?

Ce post est paru sur le blog Diner’s Room le 24 juin 2006, blog aujourd’hui disparu. Vu son intérêt sur son sujet, et avec l’amicale autorisation de son auteur, nous le reproduisons ici. il n’y a pas un mot à y changer.

LE PS REINVENTE LA CORVEE

…mais l’enrobe d’un glaçage républicain.

Le parti socialiste envisage en effet d’instaurer un service civil obligatoire. Il s’agit d’un « outil pour recréer un sentiment d’appartenance et d’identité ». La proposition a de quoi séduire qui juge que l’affectio patriotique peut résulter d’une contrainte. On peut même estimer, intuitivement, que le modèle du service militaire a pu offrir les fondements d’une identité commune – c’est sans doute la raison pour laquelle les femmes, qui en étaient exonérées, ont montré une notable indifférence à la nation ; la méfiance prévalait de leur refuser le droit de vote. A tout le moins convenait-il de patienter jusqu’à la fin des conflits armés.

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La société des bonimenteurs

En lisant ce billet (merci @freakonometrics) sur l’étude concernant les OGM (oui, celle dont personne n’a parlé récemment…), qui souligne les dégâts durables que cette polémique pourrait produire dans le débat sur les OGM, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle entre cette affaire et mes remarques passées sur les politiciens bonimenteurs. Une fois de plus, on distille des choses plus ou moins crédibles, voire pas crédibles du tout, et il en restera ce qu’il en restera. Là où ça devient chaud, c’est que dans mes billets, j’opposais les académiques (gentils) et les politiciens (méchants). Ici, même les scientifiques sont des bonimenteurs. Bref, un pas de plus vers le Moyen Age, alors que tout est normalement en place pour s’en éloigner. Amis spécialistes de sciences sociales ou de la communication, je pense qu’il y a un truc à creuser.

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Add : un lecteur me signale que mon propos ne précise pas qui est le bonimenteur dans l’histoire et qu’il peut y avoir confusion. Je parlais de l’étude de Séralini.

Contrôle ta maladie, tu seras un citoyen responsable

Je ne pouvais pas ne pas laisser une trace sur ce blog de l’intervention de Wauquiez sur les jours de carence en cas d’arrêt maladie :

« Si jamais, quand vous tombez malade, cela n’a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ce n’est pas très responsabilisant. »

Tomber malade, comme tout le monde le sait, est un acte de libre arbitre. Sanctionner celui qui tombe malade ne peut donc que le responsabiliser et l’amener à éviter cela à l’avenir. Les économistes le disent souvent : incentives matter. Laurent Wauquiez semble être devenu un économiste plus que zélé. Peut-être sommes-nous allés un peu trop loin dans le côté obscur ? Quand même, pour quelqu’un qui n’a jamais fumé de shit, il y va fort…

J’ai quand même trouvé quelqu’un pour le défendre et interpréter ses propos de façon argumentée. Il y a juste un ou deux problèmes. Les jours de carence peuvent être assimilés à un déremboursement médical. Or, sur ce sujet, l’affaire est loin d’être aussi claire que ce qu’Aurélien Veron veut bien en dire… Enfin, cela dit, il est à des années lumière de la sinistre rhétorique de Wauquiez.

Add : Au fait, ne jouons pas trop sur les mots. Wauquiez est un lettré. Il sait que « tomber malade » n’est pas la même chose qu’ « être un peu malade ». Tomber dans le Larousse. Si la question des modalités de prise en charge des arrêts maladie est légitime, Wauquiez a une autre ambition que d’apporter des réponses raisonnables : faire parler de lui plus que des autres. Ça marche.

Dominique Tian a trouvé 2,5 milliards d’euros qui n’existent pas

Dominique Tian est un député que vous ne connaissiez peut-être pas jusqu’à aujourd’hui. Il est député d’une des circonscriptions les plus à droite de Marseille et membre du groupe de la Droite populaire. Si je parle de lui, c’est qu’il vient de se faire remarquer par une sortie spectaculaire qu’il me semble un peu inévitable de signaler.

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L’incompétence de Standard & Poor’s, la réglementation des agences de notation et AAA

Il n’y a pas de doutes possibles, Standard & Poor’s a fait très fort en annonçant par erreur la dégradation de la note souveraine française. Si les gens étaient normaux, ils ne s’inquiéteraient plus au sujet de la fiabilité des finances publiques françaises, mais bien de la fiabilité de S&P en tant qu’agence de notation (évidemment, ils peuvent faire les deux). Mais une fois de plus, les réactions politiques sont d’une pertinence toute relative.

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Du mensonge chiffré en politique

Récemment, j’ai été qualifié de naïf ne comprenant rien à la politique ou équivalent. Tout ça parce que j’avais eu le malheur de sincèrement m’interroger sur la signification des divagations du zigzagueur idéologique de la Primaire. Aujourd’hui, je puis dire « divagations » vu ce que le bonhomme nous a montré après, niveau cohérence… Eh, attention, il a eu raison, mais comme je suis supposé le démonter, j’emploie la tactique politique qui paie : faire du non politicard quand l’autre en fait et inversement (wé, j’ai tout lu mon Copé). Ce n’est pas la première fois qu’il est insidieusement insinué que je ne comprendrais rien à la politique cantonné dans mon scientisme. Alors, pour que ma réputation de raclure calculatrice ne souffre pas de ce genre de propos et qu’on ne finisse pas par me prendre pour quelque chose comme un idéaliste, j’ai pris la décision de jouer au con, moi aussi. J’ai créé une rubrique politicons (en deux mots) à cet effet. Et je vais m’atteler à massacrer chaque semaine (si possible) un homme ou une femme politique (à tout prendre, je préfère une femme ; si on s’y prend bien, on peut la faire chialer, cette buse) qui aura sorti une ânerie économique. J’essaierai d’en tirer une leçon politique, sociologique, morale, historique ou sexuelle si besoin (en plus, ça peut pas faire de mal pour l’audience). Si je ne trouve pas de leçon, tant pis, j’occuperai quand même l’espace et c’est forcément mieux que de ne pas exister médiatiquement. Et je ferai cela avec autant de sérieux et de distance que possible, tout en n’hésitant pas, si c’est nécessaire, à grossir le trait ou à faire preuve de la plus grande mauvaise foi. Un bon exercice de politique, en somme. Evidemment, si par malheur aucun représentant du Peuple ne devait faillir une semaine particulière, je retournerais chercher des vieilleries dans les archives (je vous annonce que dès la première occasion, c’est celle-ci que je resortirai). Aujourd’hui, c’est Laurent Wauquiez qui prend deux coups de tatanes dans les dents (des petits, vous allez voir, y avait pénurie, j’ai eu peu de réponses à ma requête twittée), via Désintox de Libé qui l’a capté pour moi.

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