Stéphane Ménia

A propos Stéphane Ménia

"Je suis l'absence totale d'optimalité de Jack." Pour en savoir plus sur moi, cliquez ici.

Laurence Parisot, Marianne et… moi (et moi). Épisode 1

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Laurent Nunez n’est pas content. Laurence Parisot a dit des choses (il y a un mois, mais bon, les délais de publications sur le site de Marianne doivent être longs…) qui ne lui plaisent pas. Notamment qu’elle était « irritée ». Ces gens sont visiblement agacés. Alors, je vais mettre tout le monde d’accord.

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L’économie du film « La loi du marché » (ou plutôt, la « non-économie », et tant mieux)

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J’ai vu le film qui avait fait quelque peu sensation à Cannes, il y a un an de cela. Et c’est une surprise. Pendant des années, j’ai laissé tomber Ken Loach (après le parodique Bread and Roses). Un jour, je suis allé voir La part des anges. C’était bon. Enfin, plutôt que de se gargariser de clichés larmoyants sans intérêt et, visiblement, mal documentés, il revenait à ce qui peut être une vraie critique sociale. Une histoire avec, comme fond, un état de fait : des gosses que le monde considère comme inutiles et nuisibles – non sans raisons – sont capables d’intelligence, au point de tromper ceux qui se pensent les plus malins (car les plus riches), sans même changer la vie de ces derniers, qui restent tout aussi contents d’eux-mêmes. J’ai retrouvé cet esprit dans La loi du marché. Alors que je m’attendais au pire.

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Ce qu’il y a (toujours eu) dans le « programme » de Tirole sur le chômage

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J’ai réitéré plusieurs fois mon étonnement de voir Jean Tirole défendre vigoureusement la loi Travail. Je ne sais pas si j’ai été très clair sur les raisons de cet étonnement.

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La loi travail, cheval de Troie de la méchante Commission ? Une approche basique.

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Cela fait plusieurs fois que je lis que la Commission de Bruxelles serait la perfide instigatrice de la loi El Khomri. Encore une fois aujourd’hui dans cet article, qui nuance la chose ; ce qui est bien, mais pas assez prosaïque encore, à mon sens. Certes, il y a l’idée que ce sont les États qui proposent leurs programmes de réforme. Mais, on peut faire encore plus simple. Un peu de sérieux, amis eurosceptiques… Il ne fait aucun doute qu’une certaine vision des changements institutionnels à Bruxelles colle parfaitement avec ce qui est proposé dans la loi Travail. Mais enfin… ce ne sont pas les fonctionnaires de l’UE qui ont théorisé la flexibilisation du marché du travail, au travers de mesures comme la baisse de la protection contre les licenciements économiques ou la promotion des accords d’entreprise (au pire, ceux du FMI ou de la Banque mondiale leur ont filé un coup de main). Ces thèmes existent dans la littérature économique et politique depuis des années et il n’est guère surprenant que le gouvernement français ait pu piocher dedans, sans même avoir à lire les manuels de bonne gouvernance publiés par l’UE. Alors, bon… je suis peut-être un individu naïf et inconscient des enjeux de pouvoir du monde, mais j’ai tendance à penser qu’il faut chercher le complot Mal ailleurs ce coup-ci…

Message de service pour des gens sur Twitter

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Certains d’entre vous ont peut-être constaté, ou le feront, que je ne les suis plus sur Twitter. Cela n’a rien à voir avec ce que vous avez pu publier ou qui vous êtes. Je recentre simplement le compte sur son objet initial, l’économie. Je ne suis plus que des comptes à dominante économique et je ne publierai plus que des tweets en rapport. J’avais pris l’habitude d’alterner les tweets sur l’économie et d’autres tous azimuts, selon le moment. Ce qui s’est passé la semaine dernière avec la publication du texte de Denis Robert a conduit à ce changement. Ce n’est pas une grande surprise. L’affaire Éolas était déjà un signal que ça se durcissait. Je suis conscient de tout ceci depuis longtemps et n’étais pas totalement serein quand je publiais certains tweets. Je ne pense plus pouvoir contrôler un bazar potentiel. Certes, objectivement, je ne vais jamais très loin, en comparaison avec les gens incriminés (dont le seul qui a ma sympathie personnelle est Sky Ze Limit, même si je ne le voyais sur Twitter que par des RT ; les autres, c’est juste une question de liberté d’expression, la même que je laisserais à tous si je pouvais choisir). Mais voilà, il semblerait que « loin » soit de plus en plus près. Alexandre résume parfaitement la situation :

Sauf que même sans être anonyme, on ne sait jamais. On peut s’emparer de ton avatar pour t’y assimiler. Ça ne vaut pas le coup.

Ça m’ennuie de ne plus échanger avec quelques twittos sympas, du coup. Certains même que j’apprécie vraiment beaucoup. Mais je trouverai une solution. Peut-être un compte aussi parfaitement anonyme que possible ?

Brève analyse économique de l’article 2 de la loi Travail (où comment j’ai perdu tous mes amis pro et contre lui)

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À une époque que d’aucuns jugeront lointaine ou ancestrale, mais pas tant que ça à l’échelle de l’analyse économique, de dangereux communistes réfléchissaient au niveau optimal de négociation salariale ( Cahuc et Zylberberg ici, par exemple ; l’article de référence de Calmfors et Driffill étant visible ici ), se demandant qui de l’entreprise, de la branche ou de l’interprofessionnel national donnait les meilleurs résultats en matière de chômage. Depuis, j’avoue que j’aime bien raconter ça aux étudiants, parce que les résultats étaient assez contre-intuitifs (les profs d’économie aiment bien ce genre de trucs tordus). La négociation centralisée pouvait s’avérer supérieure à la négociation de branche (la plus mauvaise) et la négociation d’entreprise (intermédiaire). Cela dit, les temps changent et il est utile de revoir le sujet.

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La mesure des inégalités pour les nuls (et les autres)

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Je ne vous apprends rien si je vous dis qu’il existe « quelques » débats sur les inégalités. Tous, enfin tous ceux qui sont un peu sérieux, démarrent avec des indicateurs d’inégalités et, généralement, avec des comparaisons dans le temps ou l’espace. Spontanément, je n’aurais pas eu l’idée de pondre un billet sur ces indicateurs, les supposant assez bien connus de beaucoup de gens (et, facilement accessibles, par ailleurs). Mais, comme il y a quelques mois, quelqu’un qui découvrait le blog m’a signalé que « pour les nuls » était passablement exagéré et que, non, ceux qui n’y comprennent rien, ne comprenaient rien à ce que j’écrivais, j’ai réfléchi. Et voilà ce que j’espère être un billet pour les nuls (et les autres). (Lire la suite…)

27 ans pour le premier CDI ? Origine du chiffre et quelques compléments (laborieux)

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En réponse à une question au gouvernement posée le mercredi 3 mai, la Ministre du travail a évoqué l’évolution de l’âge moyen d’accès au premier CDI, soulignant qu’il était passé d’environ 22 ans à 27 ans en l’espace de quinze ans (vidéo ici, à 49 minutes). Un chiffre intéressant, mais qui mérite d’être un peu creusé. (Lire la suite…)

Contre le tabagisme des jeunes, arrêtez de vivre dans un monde qui n’existe pas

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Dans mon précédent billet, j’ai essuyé des commentaires globalement méprisants, me reprochant – en façade – de manquer de rigueur. Je vais donc préciser le précédent billet et, ensuite, je ne parlerai plus jamais de tabac. Quand on est minoritaire, on ferme sa gueule.

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Et toi, tu préfères mourir du tabac ou du tabac et du terrorisme en même temps ?

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Suite à une décision du tribunal de Cergy-Pontoise, saisi par des gens, le Ministère de l’Éducation Nationale – avec une vitesse qu’on aimerait lui connaître dans d’autres situations – a décidé d’interdire de fumer dans les établissements scolaires, afin de respecter avec précision la loi anti-tabac, en dépit des risques d’arrosage à la Kalach’ devant les terrasses que sont les abords de certains lycées. (Lire la suite…)

La pauvreté des jeunes : c’est bien fait pour leur gueule à ces feignasses

Manuel Valls souhaite, sur la base du rapport Sirugue, initier une remise à plat des minima sociaux à l’horizon 2018. Un des volets importants est celui des jeunes. Un sujet sensible et traité avec beaucoup de préjugés. (Lire la suite…)

On fait ce qu’on peut (2)

En complément au fichier mis en lien dans le billet précédent, l’introduction de Nos phobies économiques revenait sur les analyses de Bruce Schneier concernant la sécurité dans les politiques publiques des pays démocratiques. Le propos avait d’autres visées, mais le contenu per se reste d’actualité.

On fait ce qu’on peut

Bon, j’arrive pas. Je vois l’intérêt. Je ne le vois plus. Je le revois. Je le revois plus. Qu’est-ce que vous en avez à foutre de mes pensées ? Wé, ok, j’étais pas loin de tout ce bordel. J’étais même au coeur, mais à distance. J’ai cavalé et ai été confiné. Tout près et bien loin. Mais les survivants, les blessés, les familles méritent que vous restiez plus longtemps sur leurs témoignages et que vous ne perdiez pas votre temps sur un texte tapé avec mes doigts. Ou simplement, que vous pensiez aux morts.

Par contre, puisque comprendre c’est mieux vivre, je me suis posé une question. Forcément. Et je crois que ça peut vous intéresser, ça. Alexandre et moi avons pondu une partie de chapitre de bouquin sur les kamikazes et leur niveau d’éducation. Et là, ça collait plus vraiment. Des petits délinquants de merde, peu éduqués, des crypto débiles, des candidats de TV réalité recalés, allaient tirer dans le tas, se faire sauter et réussissaient une opération massive. J’étais prêt à me dire que les faits changent et que je dois changer mon opinion. C’est peut-être encore le cas. Et puis, il y a des erreurs commises au milieu de ce carnage. Il y a ce fils de pute d’Abdeslam qui se barre. Ce trou du cul qui sort picoler en boîte et va tuer des gens au nom d’Allah. Il y a cette explosion des bombes au stade de France à un moment incompréhensible pour un terroriste digne de ce nom. Et maintenant, ce témoignage du patron de la BRI.

Se former au maniement d’une kalach et maîtriser les techniques de combat contre des civils désarmés (quitte à faire chier le RAID ou la BRI sans buter autree chose qu’un chien – RIP Diesel, j’aime pas trop les chats) est à la portée du premier trou du cul venu. S’en servir shooté au captagon comme le dernier des junkies occidentaux est une évidence. Dans ce désastre, nous avons une chance : ils ne sont pas aussi bons que ça. Compte tenu de la masse d’assassinats de vendredi dernier, je ne sais pas quoi en faire. Mais je crois que c’est plutôt une bonne chose pour la suite. Le fait que ces rats se soient faits loger alors qu’ils pensaient se payer la Défense ou Roissy va dans ce sens.

Je vous ai préparé un pdf avec le passage de notre bouquin sur le sujet (à ma connaissance, il ne se vend plus, je prends pas un rond dessus, c’est pas de la promo, c’est juste que je crois que ça peut vous intéresser ; il est même en téléchargement gratos – et illégal mais on s’en fout – chez bookzz.org).

Sur ce, je vais picoler. Je suis d’ailleurs en retard, excusez mon absence de relecture, c’est important de picoler à l’heure. C’est le beaujolais nouveau. Mais comme ce n’est pas un rendez-vous que j’honore particulièrement, je prendrai ce qui se présentera. En terrasse.

Prix Nobel d’Économie : un job d’enfonceur de portes ouvertes ?

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L’attribution du Prix Nobel d’Économie (qui n’en est pas un, je sais) devient un moment de plus en plus fascinant chaque année, en ce qu’il permet de mesurer la pauvreté intellectuelle de notre joli pays, les commentateurs de divers horizons étant plus soucieux de maltraiter les mouches de se perdre en commentaires pavloviens prémâchés que de s’interroger sur les sujets que le prix met en avant. Le millésime 2015 n’y coupe pas, après une cuvée 2014 déjà très remarquable.

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Emmanuel Macron ne sert à rien

brazil

Macron n’en finit plus de répéter le même schéma de communication, se résumant à peu de choses près à une séquence invariable :
1. Envoyer une petite phrase plus ou moins en marge d’une intervention officielle.
2. Choisir des propos aussi banals que sujets à double interprétation pour ceux qui guettent l’ogre libéral.
3. Obtenir le soutien de ceux qui guettent l’ogre libéral (pas les mêmes qu’au point 2, évidemment).
4. Démentir, dédramatiser, relativiser, faire appel au bon sens, à la modernité et à la nécessité de débattre et faire évoluer une société bloquée.

Ça marche. Sur les 35 heures. Le statut des fonctionnaires. Les jeunes et l’argent. Les illettrés. Les autocars. Buzz assuré. Sorties de secours disponibles. Parfait. Certains saluent le courage de celui qui n’a pas peur de poser certaines questions, d’initier les débats qui fâchent. D’autres s’agacent, s’insurgent. Ils sont renvoyés dans les cordes et, en fait, sont ravis de trouver une occasion de dire leur effroi devant des propos aussi peu à gauche, tenus par le ministre d’un gouvernement de gauche.

La question est de savoir si ces sorties apportent quoi que ce soit. Non. Rien. Ce n’est pas leur vocation. Au mieux, on est face à des galops d’essai. L’une des dernières petites phrases de Macron porte sur les jeunes, l’entrepreneuriat et la fonction publique :

« Les jeunes générations veulent devenir entrepreneurs, pas fonctionnaires ou politiciens »

Comprenez : les Jeunes de ce pays sont dynamiques, pas fainéants et veulent gagner du fric. Je me réjouis de ce penchant moderne. Sous-entendu : avant, c’était différent.

Le souci, c’est que Macron fait implicitement du choix privilégié de la fonction publique par les jeunes générations une sorte de caractéristique historique française. Une anomalie devant prouver le soviétisme latent de notre population. Ce qui est une monumentale absurdité. Au mieux, elle a été une parenthèse entre 1993 et les années récentes. Éric Maurin l’avait bien montré dans son ouvrage La peur du déclassement. Une parenthèse désormais révolue, comme le montrent les difficultés de recrutement dans l’enseignement, par exemple.

Les jeunes générations ont toujours voulu aller vers la carrière offrant une combinaison rémunération – prestige – sécurité équilibrée. Avant les années 1990, la fonction publique n’offrait pas, pour une majorité de jeunes, la combinaison optimale. Ce fut le cas ensuite et ça ne l’est plus. Dans le même temps, l’évolution du statut de salarié du privé n’est pas forcément très excitante non plus. Être son propre patron peut séduire. Voilà esquissée une (grossière) interprétation qui n’a plus rien à voir avec les sous-entendus de Macron. Des sous-entendus que le principal intéressé s’empresserait de démentir. Mais le problème n’est même pas là. Se réjouir positivement d’une situation qui n’a aucun fondement autre que l’intérêt bien compris des gens, cela ne sert guère le débat.

Emmanuel Macron ne sert à rien dans le débat public.

Le numérique à l’École est décevant : première approche

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Le rapport de PISA (que je n’ai pas encore eu le temps de lire) concernant l’usage du numérique à l’école semble soulever des questions très intéressantes. Il va, à coup sûr, provoquer un certain nombre de réactions aussi radicales que stupides, alors que son contenu dicte visiblement, si je me fie à cet article de Rue89, une approche prudente.

Si je n’ai pas lu le rapport (publié aujourd’hui…), pourquoi déjà en parler ? Rassurez-vous, j’ai bien l’intention de me pencher dessus et d’y revenir. Mais, j’ai déjà une intuition tout à fait normale pour quelqu’un qui fait de l’économie. En résumé, la voici : dans la fonction de production éducative, les ordinateurs et moyens numériques sont du capital. Ceux qui les utilisent et les enseignent sont du travail (et du capital humain). Le tout opère dans un système organisationnel, qui s’apparente à une technologie, et qui doit produire de la connaissance (un niveau d’éducation et des capacités à la prolonger). Si vous n’avez pas un minimum de complémentarité entre ces différents éléments, ça ne marche pas.

Ce qui amène à une piste évidente : serait-on en présence d’un « paradoxe de Solow » appliqué à l’éducation ? A vue de nez, ça peut y ressembler. On en reparle. En attendant, n’écoutez pas les radicaux.