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La société des bonimenteurs
Stéphane Ménia
vendredi 28 septembre 2012
20:36
Politicons (en deux mots)
En lisant ce billet (merci @freakonometrics) sur l'étude concernant les OGM (oui, celle dont personne n'a parlé récemment...), qui souligne les dégâts durables que cette polémique pourrait produire dans le débat sur les OGM, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle entre cette affaire et mes remarques passées sur les politiciens bonimenteurs. Une fois de plus, on distille des choses plus ou moins crédibles, voire pas crédibles du tout, et il en restera ce qu'il en restera. Là où ça devient chaud, c'est que dans mes billets, j'opposais les académiques (gentils) et les politiciens (méchants). Ici, même les scientifiques sont des bonimenteurs. Bref, un pas de plus vers le Moyen Age, alors que tout est normalement en place pour s'en éloigner. Amis spécialistes de sciences sociales ou de la communication, je pense qu'il y a un truc à creuser. Désolé, les commentaires ne sont pas actifs, à cause des problèmes de spam. De toute façon, il n'y a pas grand chose à commenter. Add : un lecteur me signale que mon propos ne précise pas qui est le bonimenteur dans l'histoire et qu'il peut y avoir confusion. Je parlais de l'étude de Séralini.
Au fait, pour ceux qui se demandent...
Stéphane Ménia
vendredi 13 avril 2012
19:09
BlaBlabla
Nous n'avons pas commenté les programmes de campagne des candidats, parce que nous avons considéré que, globalement, il n'y avait rien à commenter. Pour analyser des idées, il faut des idées. On a bien cherché, on n'a pas trouvé. Ou plutôt, tout était fait - plus que de coutume encore - pour que les bribes d'idées soient fuyantes et impossibles à discuter avec un minimum de recul. Les bonimenteurs ont gagné. Et il faut être fair play : chapeau les gars...
Quand le boniment à la Wauquiez s'avère plutôt fondé
Stéphane Ménia
vendredi 9 mars 2012
12:21
EcoBlabla
C'est clair, dans la lignée de ce que j'évoquais récemment, Laurent Wauquiez est un bonimenteur. Il joue avec les chiffres comme si la réalité n'existait qu'à peine. C'est un peu le point de vue de Désintox qui démonte encore une fois les propos du ministre. Il lui est reproché ici de grossir la charge supplémentaire qu'occasionnerait une hausse des cotisations sociales visant à financer les dispositifs de départ à la retraite pour les individus ayant connu des carrières longues (proposition de François Hollande) : "Pour 3 000 euros de salaire net (environ 3 800 euros brut), on parvient (pour une augmentation des cotisations de 0,5%) à une hausse des cotisations salariales de 19 euros par mois, soit 228 euros par an. Le calcul est exact. Mais comment arriver à 500 euros alors ? En fait, Wauquiez double la mise en ajoutant aussi l’augmentation de la part patronale ! Comme si les cotisations patronales étaient aussi déduites du salaire. Ce qui d’un coup fait passer le total, au bout de cinq ans, à 460 euros, que le ministre arrondit à 500 euros.". Le calcul est donc exagéré et présenté tel quel, totalement injustifiable. Nonobstant, la funeste prédiction de Wauquiez pourrait se réaliser. Et ceci en raison de ce désagréable phénomène appelé incidence fiscale. En principe, les cotisations patronales sont payées par l'employeur. Mais sur le marché du travail, ce qui détermine la demande de travail est le coût total du travail. Ce qui inclut les charges sociales, quel que soit leur statut (salariales ou patronales). En d'autres termes, une hausse des cotisations patronales peut très bien se solder par une baisse du salaire net compensant la hausse des cotisations patronales. C'est bien le salarié qui paie la hausse des cotisations. Tout dépend de l'élasticité de la demande et de l'offre de travail. Je vous renvoie à cet article de Julien Grenet sur écopublix qui explique tout cela simplement. Je ne suis pas certain du tout que Wauquiez soit au courant de tout ceci. Une chose est certaine, même s'il n'a pas tort, il a légèrement omis quelques détails pour aboutir à sa conclusion chiffrée "par l'exemple". Et ce n'est pas très bien comme démarche. On pourra ajouter qu'à force de prendre comme exemple le ménage français moyen de Haute Loire qui gagne 3 000 € nets par mois, on perd pas mal en généralité...
La revanche des bonimenteurs
Stéphane Ménia
mardi 28 février 2012
00:17
BlaBlabla
La dernière sortie de Nicolas Sarkozy (candidat) a fini de me convaincre que nous sommes probablement en train de franchir une étape déterminante dans la communication politique autour des chiffres. Qu'ils soient utilisés de façon désordonnée ou approximative n'est pas nouveau. Des libertés prises avec la méthodologie et la signification réelle des chiffres sont vieilles comme l'utilisation de la statistique en politique. Mais il semble que nous ayons passé un nouveau cap. Celui où l'on ment tout simplement, de façon décomplexée (On me signale en commentaires que j'exagère sur Sarkozy. Admettons que ce soit un mauvais exemple. Ça ne change rien au fond : le nombre de lâchers de chiffres débiles est visiblement plus élevé que par le passé). J'avais déjà signalé un cas absolument grotesque il y a quelques temps. Le candidat de l'UMP en donne un autre exemple énorme. La régularité de publication de la rubrique désintox de Libération semble aller dans ce sens.



