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Je ne comprends pas tout
Stéphane Ménia mercredi 23 janvier 2013 10:45 EcoBlabla # 2085 rss PDF

Bruno Amable fournit une critique de la flexicurité qui me laisse sceptique.

Avant de passer Ă  ce qui me laisse dans le doute , voyons ce que je comprends dans cette analyse.

" Elle n’est peut-être pas la solution miracle que certains prétendent. Considérer que le chômage provient des «rigidités» du marché du travail surestime les effets de ces dernières et néglige le rôle que pourraient jouer des politiques industrielles ou macroéconomiques dans la détermination du nombre et de la qualité des emplois."

Oui, cette obsession actuelle chez certains de la rigiditĂ© du marchĂ© du travail est absurde. Askenazy le synthĂ©tisait très rĂ©cemment dans cet article : niveau flexibilitĂ©, on est dĂ©jĂ  bien servi. Et d'autres facteurs, notamment conjoncturels expliquent le chĂ´mage actuel.

Ensuite, il redoute "une flexibilité sans beaucoup de sécurité". Je partage cette crainte, le processus de décision public étant ce qu'il est. Sans une refonte majeure du système, c'est ce qui pourrait arriver. Et l'accord récent, que cite Amable, peut aussi bien augurer de cette refonte que de modifications marginales aux conséquences unilatérales.

Mais alors, on fait quoi ? Je veux bien que le Danemark ait pu rĂ©duire la gĂ©nĂ©rositĂ© de son indemnisation du chĂ´mage depuis des annĂ©es. Demandons nĂ©anmoins Ă  un Danois ce qu'il pense de l'avenir et faisons la mĂŞme chose avec un Français. Rappelons ce qui est devenu banalitĂ© : les pays oĂą la protection de l'emploi est forte ne connaissent pas plus de chĂ´mage en moyenne que les pays oĂą elle est faible. Mais le chĂ´mage y est plus long et plus douloureux. Ceux qui ont un emploi ont tellement peur de le perdre qu'ils en viennent pour beaucoup Ă  le dĂ©tester. Ceci a des consĂ©quences qui ne se lisent pas uniquement dans quelques statistiques de l'emploi. Peur du dĂ©classement, peur de prendre des risques, relations sociales conflictuelles (je ne parle pas des mondanitĂ©s entre centrales syndicales et patronat, mais de vie rĂ©elle).

Je veux bien qu'en France signer des chèques en blanc au patronat et aux gouvernants supposés bienveillants soit une attitude hautement risquée pour les prolétaires ordinaires, mais il me semble que s'arcbouter sur le système actuel soit aussi mortifère. Il faut faire autre chose et arrêter de raisonner en termes de rhétorique ''social libéralisme" vs "vraie gauche". Envisager une flexicurité a de ce point de vue des qualités intrinsèques et délibératives qu'il ne faudrait pas enterrer trop vite.



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