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Corrélation, corrélation
Stéphane Ménia samedi 24 novembre 2012 17:51 Lies, damn lies and statistics # 2046 rss PDF

Vous avez sûrement eu vent de l'étude aussi facétieuse que sérieuse (ou revendiquée comme telle) qui faisait le lien entre la consommation de chocolat d'un pays et le nombre de prix Nobel obtenus.

Vous savez que nous aimons bien l'expression "corrélation n'est pas causalité" (même si j'ai émis quelques réserves sur son usage facile et excessif). Je trouve cette étude très intéressante. Elle pose une vraie question (certes pas fondamentale, mais peu d'études posent des questions absolument fondamentales) qui stimule l'esprit critique.

Je vous conseille de lire cet article, qui résume bien le problème et relaie une des critiques amusantes faite au travail de Messerli, selon laquelle, en appliquant la même méthodologie que Messerli, on trouve une superbe corrélation entre consommation de chocolat et nombre de tueurs en série dans un pays...

Je veux souligner deux choses ici. La première, c'est que sur le fond, il n'y a rien de scandaleux dans cette histoire. L'article de Messerli donne sa mĂ©thodologie et elle est critiquable et critiquĂ©e. Le point le plus visible est l'absence d'analyse Ă©conomĂ©trique. L'article se contente d'envisager des mĂ©canismes causaux sans quantifier la dĂ©marche. En particulier, la question d'une possible variable cachĂ©e est rapidement Ă©liminĂ©e. Le choix des variables peut Ă©galement poser problème. L'article de Roberts et Winters donne quelques dĂ©tails sur ces deux aspects. La seconde problĂ©matique porte sur la forme : ce genre de publication est utile pĂ©dagogiquement. Elle offre la possibilitĂ© de se pencher sans passion (vu le sujet...) sur des questions scientifiques. Quand on lit cette note en complĂ©ment de l'article de Messerli, on comprend que le second degrĂ© doit ĂŞtre mobilisĂ© :

"Dr. Messerli reports regular daily chocolate consumption, mostly but not exclusively in the form of Lindt’s dark varieties. Disclosure forms provided by the author are available with the full text of this article at NEJM.org"

Et le ton très sérieux de la réponse de Winters et Roberts ne doit probablement pas être surinterprété non plus. C'est en tout cas mon hypothèse. En définitive, on a affaire ici à des échanges qui peuvent aider de façon amusante à mieux comprendre d'autres sujets bien plus préoccupants (suivez mon regard...), mais relevant de la même problématique. Donc, merci messieurs.

PS 1 : Je donne un cours de stats qui aborde les questions élémentaires de corrélation et je n'ai pas résisté à la tentation de parler de l'étude de Messerli...
PS 2 : Désolé, les commentaires sont toujours fermés, je n'ai pas encore réglé le problème du captcha.



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