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Le mythe de l'obsolescence programmée
Alexandre Delaigue mardi 8 mars 2011 19:19 EcoBlabla # 1773 rss PDF

Arte a récemment diffusé un documentaire intitulé "prêt à jeter", consacré à l'obsolescence programmée. Le documentaire a apparemment eu un grand succès public, et la critique l'a unanimement recommandé (Telerama-Le Monde-Le Figaro). Vous pouvez visionner le documentaire en vod en suivant ce lien, et pouvez (pour l'instant) le trouver sur youtube.

Comme il m'avait été recommandé par diverses personnes, je l'ai visionné. Ce documentaire est hélas d'une nullité intégrale. Parfois hilarant de bêtise, parfois nauséabond de complotisme, en tout cas, jamais informatif.

"L'obsolescence programmée" est l'idée selon laquelle si les produits que vous achetez se dégradent rapidement (contrairement aux bons vieux produits inusables de nos grands-parents), ce n'est pas un hasard : c'est une machination ourdie par les entreprises industrielles, qui ont trouvé là un moyen de nous obliger à racheter régulièrement leurs produits. C'est une de ces idées qui tient une bonne place dans la conscience populaire, mais qui ne convainc guère les économistes, pour plusieurs raisons.

La première, c'est que l'idée du "c'était mieux avant, tout était solide, maintenant on ne fait plus que des produits de mauvaise qualité qui s'usent vite" est tellement intemporelle qu'on se demande bien quel a été cet âge d'or durant lequel on faisait des produits durables. (à l'époque de ma grand-mère bien entendu : sauf qu'à son époque, elle disait aussi que les produits de sa grand-mère étaient plus solides). Il y a là un biais de perception, le "biais de survie" : vous avez peut-être déjà vu un frigo des années 50 en état de fonctionnement (j'en connais un, pour ma part); vous n'avez certainement jamais vu les dizaines de milliers de frigos des années 50 qui sont tombés en panne et ont terminé à la décharge. Nous avons par ailleurs tendance à idéaliser le passé : je suis par exemple toujours très étonné par les fanatiques qui me racontent, des trémolos dans la voix, à quel point la 2CV Citroen était une voiture "increvable". Dans celle de mes parents, il fallait changer les plaquettes de frein tous les 10 000 km, le pot d'échappement tous les 20 000, et elle était tellement attaquée par la corrosion (au bout de deux ans) que dès qu'il pleuvait, on avait le pantalon inondé par une eau noirâtre et gluante. Je préfère de très loin les voitures actuelles et leurs pannes d'électronique récurrentes.

Mais il n'y a pas que ces biais de survie et d'idéalisation du passé. Si les économistes sont sceptiques vis à vis de l'obsolescence programmée, c'est que cette stratégie apparemment subtile n'a en réalité aucun sens. Prenons un exemple utilisé dans le documentaire, celui des collants féminins qui filent très vite, au point qu'il faut les changer toutes les deux semaines. Si un collant coûte 4€ et dure deux semaines, à l'issue desquelles les clientes en rachètent un, elles montrent à l'entreprise qu'elles sont disposées à dépenser 104€ par an en collants. Or, fabriquer un collant très solide coûte peut-être un peu plus cher à l'entreprise, mais certainement pas autant que de fabriquer 26 collants vendus 104 euros. Elle pourrait donc réaliser un profit largement supérieur, en vendant par exemple un collant garanti un an (avec remplacement gratuit s'il se file entretemps, pour rassurer les clientes) pour une centaine d'euros.

Bien sûr les choses ne sont pas si simples, et en pratique, beaucoup des produits que nous achetons ne sont pas particulièrement durables. Il peut y avoir deux raisons à cela. La première tient aux contraintes de la production. La durabilité est une qualité désirable; mais il y a d'autres, nombreuses qualités désirables, comme un faible coût de production, ou des caractéristiques spécifiques. Pour rester sur l'exemple des collants, on a supposé au dessus que faire un collant de durée de vie d'un an ne coûte pas cher. Ce n'est pas certain : si faire 26 collants durant deux semaines coûte au total moins cher qu'un seul collant durant un an, alors, il est préférable de fabriquer les produits moins durables - et les consommatrices soucieuses de leur pouvoir d'achat pourront préférer ceux-ci. Si pour que les collants soient durables, il faut qu'ils aient l'apparence de bas de contention, je connais beaucoup de femmes qui préféreront d'autres modèles moins solides.

Un fer à vapeur sous pression est moins durable que le vénérable fer en fonte qui ornait la cuisinière de mon arrière-grand mère; faire passer de la vapeur sous pression dans des pièces métalliques provoque une usure bien plus rapide. Il est aussi nettement plus pratique à utiliser. Une poele recouverte de téflon est moins durable qu'une casserole en cuivre massif; elle est aussi moins coûteuse, et bien plus commode. Comme nous sommes des enfants gâtés par la société de consommation, nous voudrions que tout soit à la fois durable, esthétique, pratique, et peu cher. A la fin du 19ième siècle, les marines européennes avaient cherché à produire des bâtiments de guerre à la fois rapides, dotés d'une énorme puissance de feu, et d'un gros blindage. Mais qui dit blindage et armements dit poids élevé, ce qui nuit à la manoeuvrabilité et à la vitesse. Tout problème d'ingéniérie nécessite d'optimiser entre différentes qualités incompatibles. Bien souvent, la réparabilité ou la durabilité passent au second plan, derrière d'autres qualités, comme le prix. Produire en grande série standardisée permet de réduire considérablement les coûts; réparer est un artisanat qui coûte très cher, parce que dans nos pays développés le travail coûte cher.

A côté de produits peu durables, il est également possible de trouver des produits très durables, mais chers. Un costume sur mesure fait chez un tailleur sera plus beau, conçu avec des tissus de bien meilleure qualité que le bas de gamme que vous trouverez dans le premier magasin venu: il sera aussi beaucoup plus cher. Certaines marques ont fait de la durée de vie élevée leur principal argument commercial (briquets Zippo garantis à vie, piles Duracell et leur lapin qui dure longtemps, voitures japonaises ou coréennes garanties 5 ans, chaussures Church qui durent toute une vie...) ce qui montre que faire des produits à longue durée de vie n'est certainement pas rédhibitoire pour les profits, bien au contraire. Simplement, la durée de vie n'est pas l'unique qualité désirable dans un produit.

Et cette optimisation entre des qualités concurrentes rencontre les aspirations, elles-mêmes variées, des consommateurs. Une observation modérée de mes semblables de sexe féminin m'a ainsi permis de constater que nombre d'entre elles changent très régulièrement de tenue vestimentaire, et qu'elles semblent y attacher beaucoup d'importance. Dès lors, il ne me semble pas absurde d'envisager qu'elles préfèrent acheter 26 paires de collants dans l'année - ce qui permet d'en avoir des différentes - plutôt que de porter toujours les mêmes à longueur d'année. Ce sont peut-être des dindes écervelées qui ont le cerveau lavé par la presse féminine et les diktats de la mode; plus probablement, elles font de leur tenue vestimentaire une façon de manifester leur goût et leur charme.

Et c'est la seconde raison qui explique pourquoi les produits ne sont pas toujours très durables; soumis au choix entre des produits durables et des produits rapidement obsolètes, nous avons souvent tendance à préférer les seconds. Nous aimons la variété et la nouveauté. Consommer n'est pas seulement satisfaire un besoin utilitaire; c'est aussi une source de satisfaction, de démonstration de diverses qualités personnelles à notre entourage. On peut qualifier ces sentiments de frivoles, se moquer de ces gens qui vont se ruer sur un Ipad 2 dont ils n'ont rien à faire; mais constater aussi que les sociétés qui ont voulu substituer à ces caractéristiques humaines la stricte austérité (ha, le col Mao pour tout le monde) n'étaient pas particulièrement respectueuses des libertés, ou de la vie humaine. Et noter que jamais personne ne vous a obligé à acheter quoi que ce soit. Il y a évidemment une pression sociale; et parce que le marché ne peut pas toujours satisfaire tout le monde, nous sommes obligés parfois de nous conformer aux modes de consommation de la majorité, à contrecœur.

Comme vous le voyez, il y aurait largement de quoi nourrir un excellent documentaire, instructif, autour de la question de la durée de vie des produits. Hélas, vous ne trouverez strictement rien de tout cela dans le documentaire d'Arte.

Le documentaire commence par un vieux canard qui ressort à intervalles réguliers : les ampoules électriques. Dans les années 20, un cartel entre producteurs d'ampoules aurait cyniquement établi une entente pour réduire la durée de vie des ampoules électriques à 1000 heures de fonctionnement, alors qu'auparavant, il n'était pas rare de fabriquer des ampoules de durée de vie largement supérieure. Un cartel, voilà qui éveille tout de suite l'attention de l'économiste. Comment fonctionnait-il? Comment empêchait-ils ses membres d'adopter un comportement opportuniste (par exemple, en vendant des ampoules de plus longue durée que les autres, ou des ampoules moins chères)? Le documentaire est muet sur cette question. Tout au plus est-il question d'amendes pour les membres fautifs et de "partage de technologies". Et d'interminables minutes sur un bâtiment public au fin fond des USA dans lequel une ampoule brille sans discontinuer depuis un siècle, d'une lueur un peu pâlotte, mais qui fait l'admiration des habitants qui organisent des fêtes anniversaire de l'ampoule (on se distrait comme on peut).

Un commentateur chez Aliocha permet de trouver la clé du mystère. Concevoir une ampoule électrique est un problème d'optimisation entre diverses qualités : la luminosité, la consommation, la durée de vie, la couleur. On pourrait ajouter qu'il y a de nombreux problèmes de standardisation : les culots d'ampoule doivent être identiques pour pouvoir passer d'une marque à l'autre; les couleurs doivent être identiques (un lustre avec des ampoules de luminosité différente est très laid et inconfortable, comme chacun peut le constater depuis que le Grenelle de l'environnement nous impose des ampoules à basse consommation qui n'éclairent pas), etc. Il n'est donc pas absurde que les entreprises du secteur aient coopéré pour établir des normes.

Mais comme on le sait depuis Adam Smith, des gens du même métier se rencontrent rarement sans que cela ne se termine par une conversation sur les moyens d'augmenter les prix; et le cartel en question, en plus d'établir des normes, a aussi réparti les zones géographiques entre producteurs, afin de s'assurer à chacun de confortables rentes de monopoles. Le cartel en question a donc fait l'objet de sanctions des autorités antitrust; on peut noter que si le rapport sanctionne les accords sur les prix, il montre que la durée de vie de 1000 heures est un compromis technique entre diverses qualités, et pas une tentative pour escroquer les consommateurs. Une information que bien entendu, le documentaire n'évoque pas.

Poussant vers les années 30, le documentaire nous fait le portrait d'un américain, Bernard London, présenté comme le "père spirituel" de l'obsolescence programmée, pour avoir écrit un pamphlet en 1932 intitulé "sortir de la crise par l'obsolescence programmée". La lecture de ce document, en fait, n'indique rien sur l'opportunité d'une stratégie des entreprises pour inciter les consommateurs à remplacer leurs produits; la préconisation de l'auteur est celle d'une vaste prime à la casse obligatoire, portant sur tous les produits manufacturés, l'Etat rachetant de façon obligatoire tous les produits à partir d'une certaine durée prévue à l'avance. Une idée économique stupide, mais dans le désarroi provoqué par la déflation et 25% de chômeurs en 1932, celles-ci étaient légion. Alors qu'un quart de la population américaine ne parvenait pas à se nourrir, le gouvernement américain payait les fermiers pour qu'ils abattent leurs troupeaux de vaches, afin de faire remonter le prix du lait. Nous savons aujourd'hui qu'il suffisait de sortir de l'étalon-or et d'appliquer une politique monétaire non-suicidaire pour se sortir de la crise; à l'époque, on ne le savait pas, et on assistait au grand concours des idées farfelues. Nous n'avons pas tellement changé, mais nous avons moins d'excuses.

Surtout, après de longues minutes à interviewer la fille de l'associé du Bernard London en question, le documentaire nous explique que ses brillantes idées n'ont jamais été appliquées, ce qui conduit à se demander pourquoi diable on nous en a parlé. Surtout, pourquoi le documentaire insiste aussi lourdement sur le fait que Bernard London était juif, pour conclure mystérieusement sur "nous ne saurons jamais s'il voulait aider les gens ou simplement faire du profit". C'est vrai, quoi, les juifs, ils ont toujours des arrière-pensées; Et puis, une bonne théorie du complot qui n'a pas son juif de service ne sera jamais totalement satisfaisante. (22ème à la 25ème minute).

Poursuivant dans les années 50, le documentaire nous montre les débuts de la société de consommation, plaçant l'obsolescence programmée au coeur du système. Il montre une école de design dans laquelle on explique aux étudiants que les produits n'ont pas forcément vocation à être durables (ce qui, si vous avez lu ce qui précède, tombe sous le sens : c'est le métier de designer que de concevoir des produits qui optimisent les différentes caractéristiques) pour s'indigner de ce comportement "non éthique". Les designers sont opposés aux ingénieurs, que l'on présente comme scandalisés parce qu'on les obligeait à concevoir des produits moins durables que ce qu'ils auraient pu faire.

Ce passage m'a irrésistiblement rappelé cette phrase de J.M. Folz, ancien PDG de Peugeot, qui a déclaré un jour "qu'il y a trois façons de se ruiner : le jeu, les femmes et les ingénieurs. Les deux premières sont les plus agréables, la troisième est la plus sûre". Il entendait par là que ce que les ingénieurs aiment concevoir n'est pas toujours ce que les clients désirent, et qu'à trop suivre les ingénieurs, on finit par faire des produits hors de prix et qui n'intéressent pas les clients (ayant dirigé Citroen, il savait de quoi il parlait). Etant donnée la mentalité des ingénieurs dans les années 50, il est fort probable qu'ils n'ont pas apprécié de perdre une partie de leur pouvoir dans les grandes entreprises industrielles au profit des services de design et de marketing, et regretté de ne plus pouvoir fabriquer ce qui leur plaisait. Il est certain que tout le monde, consommateurs et entreprises, y a gagné.

C'est vers la 45ème minute que le reportage nous offre son plus beau moment surréaliste. C'est qu'il y avait une alternative à la consommation jetable caractéristique de nos sociétés modernes; elle se trouvait derrière le rideau de fer. Là bas, on trouvait des ingénieurs soucieux de produire de la qualité, des produits éternels. Une entreprise d'électricité est-allemande avait même conçu une ampoule électrique de bien plus longue durée que ce que l'on trouvait à l'Ouest; dans le bloc communiste, on produisait pour durer. J'ai eu du mal à réprimer mon hilarité, me souvenant des multiples blagues de la RDA, dont les habitants ne manquaient pas de moquer la piètre qualité de leur production nationale (vous savez comment doubler la valeur de revente d'une trabant? En faisant le plein). Je me souviens aussi que la meilleure façon de faire pleurer un habitant des pays de l'Est, à l'époque, était de lui faire visiter un supermarché occidental (expérience vécue). Etrangement d'ailleurs, lorsque le rideau de fer est tombé, la première chose que les allemands de l'Est ont faite a été de se ruer sur les biens de consommation fabriqués à l'Ouest; l'horrible société consumériste leur semblait manifestement plus attrayante que leurs propres produits. Quant aux usines Est-Allemandes, elles étaient tellement efficaces qu'elles ont toutes dû fermer. Le documentaire suggère à demi-mot que les industriels de l'Ouest ont voulu se débarrasser de ces compétiteurs redoutables, peu au fait du grand complot pour obliger les consommateurs à acheter sans cesse.

A ce stade, on se demande s'il faut rire ou pleurer face à ce spectacle lamentable. Le reportage se termine sur les problèmes de durée de vie des premiers Ipods, dont la batterie (impossible à changer) avait fâcheusement tendance à tomber en rade au bout de 18 mois de fonctionnement. Là encore, aucune autre explication qu'un sinistre complot pour exploiter le consommateur n'est fournie. Il est fort possible qu'Apple ait négligé la durée de vie au profit du design et de contraintes de fabrication; ils sont coutumiers du fait, mais les acheteurs de produits Apple semblent vouloir obstinément acheter leurs produits hors de prix, mais tellement jolis. Le principal plaignant, après qu'une avocate lui ait fait bénéficier d'un système judiciaire américain toujours prêt à faire payer des indemnités par les grandes entreprises pour tout et n'importe quoi, ne s'est d'ailleurs pas privé de se racheter un Macbook à 2000 dollars par la suite (son cerveau ayant été probablement lavé pour qu'il ne voie pas les ordinateurs portables concurrents, vendus deux fois moins cher et avec des batteries amovibles).

Le fil rouge du reportage se termine - un espagnol ayant essayé, très difficilement, de réparer son imprimante à jet d'encre parce qu'il ne voulait pas en changer, suivant les conseils des vendeurs lui suggérant plutôt d'en acheter une neuve pour une trentaine d'euros. Sa situation est mise en abîme avec celle du Ghana, qui reçoit par containers entiers du matériel informatique jeté dans les pays développés. Le documentaire insiste lourdement sur le parallèle entre ces africains sages qui ne gaspillent pas, par opposition à ces occidentaux gaspilleurs qui mettent leur matériel à la poubelle à la moindre occasion. Là encore, l'explication économique est simple. Comme le montre l'exemple de l'espagnol essayant de réparer son imprimante, réparer certains matériels consomme énormément de temps; au Ghana, récupérer des choses utilisables dans le matériel informatique jeté prend aussi énormément de temps de travail, occupant des familles entières sur des décharges. cela ne représente aucune sagesse africaine particulière; dans nos pays développés, les produits fabriqués en grande série ne coûtent pas cher, parce que nous disposons d'un immense capital productif; par contre, le travail est très cher. La situation est inverse dans les pays en développement. Résultat? Chez nous il est bien moins coûteux de racheter du matériel neuf que de consacrer du temps de travail à le réparer. Au Ghana, le travail est abondant et ne coûte (et ne rapporte) presque rien. Le documentaire se garde bien de demander à ces gens qui passent leurs journées à farfouiller dans des ordures quelle existence ils préféreraient : la réponse n'aurait pas cadré avec le ton général.

A la fin de ce document manipulateur, complotiste, qui n'explique rien, on se demande comment on en arrive à réaliser une chose pareille. L'explication est en filigrane dans le document, qui nous montre avec des trémolos dans la voix off des conférences sur la décroissance, et qui donne la part belle à Serge Latouche, le grand prêtre du mouvement. On comprend alors que nous ne sommes pas face à une entreprise d'information, mais à une entreprise de morale, selon le concept défini par le sociologue Howard Becker. Le but du documentaire n'est pas d'informer, mais de convertir les mécréants. C'est ce qui conduit la réalisatrice à nous vanter les collants indestructibles, sans une seconde confronter son propre comportement de consommatrice à son discours.

Ce qui est plus étonnant, c'est de voir l'unanimité de la critique journalistique et des responsables d'Arte, qui ont gobé sans sourciller et applaudi à un documentaire qui est une énorme faute professionnelle. De journalistes, de documentaristes, on attend qu'ils nous informent de la façon la plus intègre possible. Que l'objectivité absolue soit impossible à atteindre, soit; mais elle est le standard d'éthique professionnelle qui devrait guider ceux qui nous informent. A préférer les entreprises de morale aux entreprises d'information, il est à craindre que la profession journalistique soit en bonne voie d'obsolescence programmée.



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Commentaires

1. Jérémy mardi 8 mars 2011 00:49

Belle démonstration sur le fond de ce documentaire. Peut-être en effet que la critique n'aurait pas du porter sur les industriels dont la fonction n'est autre que de satisfaire une demande, mais plutôt de chercher à savoir comment l'on peut modifier cette demande, par l'éducation par exemple et surtout l'accès à l'information. Car le design, ca se voit, la couleur, la forme... sont des éléments du choix de chacun que l'on favorise car ils sont immédiatement visible. Il n'est pas étonnant que beaucoup ne cherche pas au delà car la fiabilité, la fréquence des pannes... ne sont pas des arguments souvent mis en avant (sauf pour certaines marques). C'est en cherchant des informations la dessus, sur des forums ou des sites spécialisés, que j'ai acheté mon dernier appareil électroménager.

Se poser des questions sur le but de la consommation et sur l'obsolescence (non pas programmée, mais inévitable, et de plus en plus accélérée par une soif de nouveauté insatisfaisable) c'est peut-être commencer à toucher une abbération de notre comportement vis à vis de notre planète. Ce n'est pas l'économie qui est en cause, c'est l'éthique et la place que l'on peut occuper sur notre planète.


2. Maxime mardi 8 mars 2011 01:22

"Les habitants ne manquaient pas de moquer la piètre qualité de leur production nationale"

Les français se moquent du "made in france".
Les anglais se moquent du british-made.
Les bulgares du "bulgarska rabota".

Certes, les suisses et les allemands de l'ouest ne le font pas n'empêche que, je constate qu'on a souvent tendance à se moquer de son propre pays.

Je n'ai pas vu le reportage, mais en ce qui concerne l' "obsolescence programmée" (en fait, pas programmée. Par contre, le fait que la solidité des produits soit ramenée au minimum -pour réduire les couts de fabrication-, c'est bien une pratique courante), il y a bien un scandale. D'ordre écologique.

Alors certes, on trouve des imprimantes à 50 €. C'est pas cher. D'ailleurs, quand les cartouches sont vides, ne t'avise pas de les changer : la mécanique est morte avec (j'exagère, mais à peine). Et ces cartouches valent le prix de l'imprimante neuve (ou pas trop loin).

Évidemment qu'on sait faire des imprimantes plus solides, mais aussi plus chères. Seulement, toutes ces imprimantes que j'ai foutu dans une benne, ce serait pas un désordre écologique ?

Je suis d'avis qu'il faudrait taxer les matières premières, et foutre la paix aux charges sur le travail. Même si on arrivera pas au niveau du Ghana, ca peut décourager les constructeurs d'imprimante à nous vendre des machines à froisser le papier.


3. anonymecon mardi 8 mars 2011 04:30

tres interessant!

par curiosite j'ai voulu savoir comment une ampoule durait cent ans. wikipedia suggere une reponse amusante compte-tenu du theme:

While it might seem astonishing that so many longest-lasting light bulbs have been so infrequently turned off, this is the precise reason for their longevity. Most of the wear and tear that leads to burnouts in incandescent light bulbs is caused by turning them on and off, not by burning them. Each time the bulb is turned on and off, the filament is heated and cooled. This causes the material of the filament to expand and contract, in turn causing tiny stress cracks to develop. The more the light is turned on and off, the larger these cracks grow, until eventually the filament breaks at some point, causing the light to burn out.

cqfd...

cela dit je serais interesse s'il y avait des donnees un peu objectives sur la durabilite de certains produits - par ex les Mercedes des annees 60 ou 70 sont reputees increvables je crois?


4. verel mardi 8 mars 2011 08:12

Merci de cet article fouillé !

Je signale aux adeptes du complot que l'âge moyen des voitures est passé en France de 5.8/6 ans dans les années 90 à plus de 8 ans en 2007. Que s'est il donc passé?

Sinon, j'ai tiqué sur l'attribution à J.M. Folz de la phrase sur les ingénieurs, parce qu'il me semble l'avoir entendue il y a déjà très longtemps

Une recherche rapide sur Internet m'a d'abord désigné "le grand Rothschild" comme auteur (le père, le grand père, l'arrière grand père?)

Une autre piste beaucoup plus probable m'a amené à Auguste Detoeuf, polytechnicien, spécialiste es aphorisme et auteur des "propos d'O.L. Barenton confiseur"
www.evene.fr/livres/livre...

Réponse de Alexandre Delaigue :

Oui, c'est fort possible. Je l'associais à Folz mais Detoeuf est un bon candidat :)

5. Paul mardi 8 mars 2011 08:53

Excellente démonstration, merci!

Je rajouterais également que de plus en plus d'industriels utilisent la longévité de leurs produits comme argument de vente, notamment dans l'informatique ou la durée de vie des composants est de plus en plus fréquemment indiquée dans les caractéristiques techniques (en heures d'utilisation le plus souvent). Notamment en ce qui concerne les disques durs et les alimentations électriques, mes deux derniers achats d'ailleurs.:-)


6. Geographedumonde mardi 8 mars 2011 09:48

Mon cher Alexandre,
Quelle joie de lire cela de bon matin...
Cela étant, je souhaite à Econoclaste beaucoup de courage pour les commentaires qui vont suivre. J'en sais quelque chose à propos du gaz de schiste récemment posté !


7. M_Spock mardi 8 mars 2011 09:51

N'ayant pas vu le reportage, je me garderai de commenter ses argumentaires.
Cependant, j'ai moi même fait une expérience amusante avec une pompe de piscine pas chère. Celle-ci m'ayant lâché au bout d'une saison, j'ai décidé de démonter le moteur afin de voir ce qu'il en était. J'ai eu la surprise de constater que les 2 roulements à billes positionnés sur le bon gros axe en acier (à peu près indestructible) étaient maintenus par 2 minuscules circlips qui ont bien vite déclarés forfait en raison des efforts mécaniques qu'ils devaient endurer. En guise de réparation, j'ai collé à l'époxy la base des roulements et cette pompe me sert fidèlement depuis maintenant 3 ans.
2ème élément à charge : en regardant le plan éclaté sur le net d'une pompe plus chère, on constate que les roulements sont maintenus par des épaulements ce qui élimine d'office le problème de fragilité des circlips et assure de fait la durabilité de la pompe.

Bref, je sais que vous pourrez me répondre en termes économiques de disposition à payer etc. cependant, je constate de fait une vraie aberration en terme de consommation de ressources : le coût de production de ces 2 pompes est extrêmement proche (seul le temps d'usinage de l'épaulement faisant la différence, c'est assez négligeable dans le lot) mais la pompe vendue moins chère est clairement conçue pour durer moins longtemps et être changée plus souvent (si ça n'est pas le cas, les concepteurs sont des incapables). Alors oui, ça peut faire sens économiquement parlant mais en tant que campagnard d'origine qui déteste le gaspillage, cela me heurte et critiquer cela, quand bien même cela froisse les économistes ne me semble pas si choquant que cela.

Réponse de Alexandre Delaigue :

Un point dont je n'ai pas parlé (ce post est déjà très long) est l'impact de la discrimination tarifaire. Il n'est pas rare que les entreprises vendent des produits pratiquement identiques (avec des différences mineures) à des prix très différents pour toucher plus de consommateurs (cf posts sur ce sujet sur le blog). IBM par exemple vendait aux entreprises une imprimante chère, et la même imprimante au grand public moitié moins cher, mais avec une puce qui ralentissait les impressions (pour "justifier" la différence de prix). Il me semble que votre exemple ressemble à cela.

8. Proteos mardi 8 mars 2011 09:58

Le propos au sujet des ustensiles de cuisine montre aussi qu'il y a différents objets pour différents usages. Il est assez facile de se procurer des gamelles presqu'increvables, en inox ou en fonte émaillée. L'inconvénient c'est qu'on ne fait pas tout avec, pour les gâteaux et les oeufs au plat, les ustensiles avec du téflon sont fort pratique. Sans doute encore un complot consumériste.

Pour ce qui est du manque d'objectivité de la critique, ce n'est pas étonnant. Il y a bien longtemps maintenant, Arte avait diffusé le documentaire le Cauchemar de Darwin sur la perche du Nil. La critique aussi s'était pâmée, alors qu'il était franchement partial. D'une certaine façon, ces documentaires (à l'obsolescence programmée, puisqu'il y a une production continue) disent ce qu'une partie importante de la population a envie d'entendre.


9. Maxime mardi 8 mars 2011 10:11

@verel : pour l'âge moyen des voitures, on pourra dire que la motorisation au diesel s'est répandue. Or un moteur diesel est connue pour être plus solide.

@Paul : j'espère que c'est de l'humour.

La durée de vie d'un disque dur, selon les termes des constructeurs est un grand mensonge. Ils nous donnent une durée de vie moyennne qui va en dizaines d'années. Vous voulez savoir combien j'en ai foutu à la poubelle ? Le disque dur est l'élément le plus fragile d'un boitier de PC. (Google avait aussi publié des statistiques sur ses serveurs).

Quand à l'alimentation, là aussi, il faut se méfier des donnés constructeurs : www.revioo.com/news/alime...

Les alimentations bas de gamme de ce genre sont vraiment très fragiles ; là aussi j'ai vu un taux de panne important (et quelques fois même des pannes d'alimentations qui provoquaient la panne d'autres composants). Cela dit, il faut admettre que la différence de prix est assez importante entre une alimentation "jetable" de ce type et une alimentation fiable. Pour un petit PC à usage bureautique qui n'est pas allumé toute la journée, ces alimentations peuvent tout à fait convenir. L'alimentation est la seconde pièce la plus fragile dans un boitier de PC.


10. Nicolas mardi 8 mars 2011 10:38

Merci pour ce bilet, très interessant.


Je ne suis pas économiste, et d'ailleurs la dernière fois que j'azi suivi des cours d'économie, c'etait fait au lycée il ya bientot 20 ans (si mes souvenirs sont bons, ca s'appelait initiation économique et sociale ).

A l'époque, on nous avait notamment enseigné la définition de bien de consomation et bien d'equipement. Je dois bien reconnaitre que je suis incapable de définir l'un ou l'autre.

Néanmoins, quand vous dites :"soumis au choix entre des produits durables et des produits rapidement obsolètes, nous avons souvent tendance à préférer les seconds. Nous aimons la variété et la nouveauté. Consommer n'est pas seulement satisfaire un besoin utilitaire; c'est aussi une source de satisfaction, de démonstration de diverses qualités personnelles à notre entourage", j'ai le sentiment que c'est valable pour les biens de consomation, (vêtements, agro alimentaire, ...) mais nettement moins pour les biens d'équipement (machine à laver, four à micro onde, scie sauteuse).

Or c'est justement sur ce genre de produits que l'on a le sentiment qu'il existe une obsolescence programmée : cette impression que les constructeurs ne font pas le maximum pour la longévité de leur produit.(et non pas un complot oragnisé par de mystérieux cartel).

Comme vous le rappelez, dans de nombreux pays du monde, le travail ne coute rien ou presque. Vous dites "fabriquer un collant très solide coûte peut-être un peu plus cher à l'entreprise, mais certainement pas autant que de fabriquer 26 collants". Reste que l'on gagnera encore plus d'argent en fabriquant à(très) bas coût un collant de (très) médiocre qualité que le marketting, la pub et les journalistes non indépendants vanteront comme étant un collant indestructible, et dont on sortira une nouvelle déclinaison de couleur chaque semaine.

Et ca reste vrai pour les machines à laver: j'en fabrique une de qualité moyenne, avec une durée de vie disons de 7 ans environ, et dans 7ans je sors la même, avec un programme synthétique délicat en plus, et un écran cristaux liquide en plus (pour affcher le nom des programmes) en plus, et hop j'en vends deux fois plus que quand j'en fariquais qui duraient 14-15 ans. Sauf que maintenant je gagne plus d'argent à chaque vente : le coût de construction en Chine, en Thailande, au Bengladesh est quand même largement moins élevé qu'en France ou en Europe. Dans 7 ans, je mettrai l'ecran en couleur, voire tactile.

alors ce documentaire (que je n'ai pas vu, et la lecture de ce billet ne donne pas envie de le voir), partial, incomplet, donneur de lecon, aux relents antisémite, était sans doute très mauvais.
Mais comment être sur que ce que je décris ci dessus n'existe pas?

Réponse de Alexandre Delaigue :

Le problème, c'est qu'il est plus rentable de vendre deux fois plus cher une machine qui dure 15 ans (garantie) que deux machines qui durent 7 ans moitié moins cher. Si vous faites cela comme fabricant de machines à laver, vous perdez de l'argent, et en plus, vous énervez vos clients. C'est une stratégie idiote et qui vous fait perdre de l'argent. Après, si vos clients le demandent (je peux préférer débourser deux fois 500 euros qu'une fois 1000 euros), vous faites les produits que veulent les clients...

11. FFB mardi 8 mars 2011 11:04

J'ai vu ce reportage, et ce qui m'avait le plus choqué, c'était qu'il ne parlait pas du tout du problème de la consommation énergétique des produits.

Par exemple, une ampoule à filament qui dure 100 ans va consommer beaucoup plus d'énergie qu'une ampoule avec une durée de vie de 1000 heures pou produire la même quantité de lumière. De même, le reportage nous montre un frigo d'ex RDA qui tourne depuis 40 ans, le remplacer par un modèle récent serait rentable en terme de consommation électrique en 2-3 ans : www.consoglobe.com/electr...

En bref, on montre au consommateur des reportages comme celui-ci qui incitent à ne pas jeter, et en même temps on l'incite à renouveler fréquemment son matériel ( voiture, électroménager... ) pour un nouveau modèle moins vorace en énergie. On est donc bien plus proche d'un discours moralisateur et culpabilisant que d'une vraie proposition de solution. ( Ca me rappelle ces reportages sur les retraites et le temps de travail, où on nous montre un japonais qui bosse 15 heures par jour, un gardien de phare suédois qui travaille jusqu'à 80 ans et où on en déduit qu'on doit bosser 15 heures par jour jusqu'à 80 ans... )

Là où en revanche je ne suis pas d'accord avec Alexandre, c'est quand il dit que le "c'était mieux avant" est faux. Tout simplement parce que dans les années 50, les ingénieurs ne disposaient pas de toutes les méthodes d'optimisation dont on dispose maintenant, et surdimensionnaient leurs produits. Des fois, ça n'était pas bien fait, et il restait un point faible qui entraînait une casse, mais un moteur électrique/des roulements mécaniques/une pièce d'usure des années 50 est généralement bien plus robuste et réparable que son homologue du XXIeme siècle. Il est aussi plus cher, et consomme plus de matières premières...


12. vpo mardi 8 mars 2011 11:23

A Alexandre en réponse à M Spock en 7 :

Je trouve votre parallèle quelque peu spécieux car il y a un problème d’asymétrie de l'information.

D'un côté il y a un système qui permet de limiter la performance du matériel pour justifier un prix plus faible. En lisant les caractéristiques techniques, le client peut voir que l'imprimante plus chère est aussi plus rapide. Ok pour la discrimination tarifaire.

De l'autre côté, un client voit deux modèles de pompes avec des caractéristiques différentes. Il est rare de voir un gros sticker avec marqué dessus "Attention cette pompe est une bouse, elle va lâcher dans un an car une pièce fait juste 3 millimétres d'épaisseur au lieu d'un centimètre".

Vous connaissez beaucoup de produits grand public indiquant le temps moyen avant panne ? Moi non.

Et le facteur prix ne peut pas être considéré comme un bon indicateur de la qualité du fait des coût de main d’œuvre différent entre pays, des marges différente par le distributeur, du fait de payer la notoriété de la marque, etc...


13. cyrille mardi 8 mars 2011 11:28

ah..tout est si simple dans le monde rationnel des économistes.. heureusement que des professionnels avisé font en sorte de faire sortir tout comportement rationnel pour laisser place a l’émotionnel, et nos politiques écartent toute possibilité d'apprentissage des instruments économiques mise en oeuvre dans notre société. Si c’était le cas, il n'y aurais plus de profits, non ?


14. Jon mardi 8 mars 2011 11:29

Rarement vu un article qui compare autant de choux et de carottes pour montrer que le cycliste est en excès de vitesse.
Dites moi Alexandre, ne seriez vous pas également négationniste du changement climatique ? La qualité de vos arguments me rappelle les leurs...
Mais vous avez raison : mieux vaut être croyant, cela évite de se remettre en question.
A bon entendeur

Réponse de Alexandre Delaigue :

Vous êtes le rayon de soleil de ma journée.

15. Krysztiof von Murphy mardi 8 mars 2011 11:36

Augmenter notablement la garantie des objets est pour moi le plus sûr et simple moyen de réduire les dégâts de l'obsolescence programmée. Tu vends de la merde ? Tu l'échanges gratuitement.
Par exemple 1 année pour chaque zéro dans le prix.

Et merci pour le lien sur les blagues de RDA :-)
Dire que les communistes construisaient pour durer et qu'on les a coulés pour ça est plus qu'abusif. La pression du marketing étant nulle chez eux, les ingés avaient effectivement latitude pour faire du mieux qu'ils pouvaient avec ce qu'ils avaient ; mais par contre il n'y avait aucune pression pour améliorer un produit, en faire des versions plus diverses, ou simplement le rendre disponible (en RDA, impossible d'entretenir sa propre maison, faute d'obtenir bois, peinture...) !


16. Nico mardi 8 mars 2011 11:38

Article intéressant et qui fait bien de toujours poser la question de l'objectivité des médias...
Moi qui avait l'intention de regarder ce reportage sous peu, je le ferai en ayant à l'esprit ce qui a été écrit ici.

J'aime bien le concept de "entreprise de morale" vs "entreprise d'information". Si on est conscient de cette situation, je suis certain que ce reportage gardera une grande valeur !

En effet, ce reportage ne dit peut-être pas tout d'un point de vue économique, mais il semble tenir la route d'un point de vue moral. L'économie n'est pas "la morale". L'économie décrit le fonctionnement des usages humains, pas ce qui est bien ou mal. OK, construire une imprimante pas cher et la remplacer deux ans après est logique économiquement. Mais pour autant, est-ce "bien" ? (et je n'ose pas répondre pas à cette question, moi-même étant féru de technologies)
Est-ce interdit que des journalistes posent la question ?

Par conséquent, oui, c'est peut-être une entreprise morale, plus que d'information. Quoique. Et à partir du moment où on en est conscient, je ne vois pas où est le problème. Et désormais, j'en suis conscient à la suite de cet article (et donc merci).

Peut-être que l'explication de ce concept est la seule chose qui manque à ce reportage ? Je le dirai après l'avoir vu...


17. Nicolas mardi 8 mars 2011 11:40

"Le problème, c'est qu'il est plus rentable de vendre deux fois plus cher une machine qui dure 15 ans (garantie) que deux machines qui durent 7 ans moitié moins cher."

entièrement d'accord.

Mais qui a parlé de les vendre deux fois moins cher?

Car je vais gagner encore plus d'argent en vendant 2 machines qui durent 7 ans à un prix proche de celle que j'aurai pu vendre celle qui dure 15 ans(que je me garde bien de commercialiser), surtout si mes concurrents semblent plus ou moins agir de la même manière.

Alors il faut faire la part des choses, le "c'etait mieux avant", est fort heureusement loin d'être toujours justifié. Mais pas d'angélisme non plus : l'obsolescence programmée, ca existe... dans une certaine mesure (le tout étant de savoir laquelle).

C'est sans doute une stratégie à court terme, mais c'est semble t'il un mal contemporain.


18. Mickaël mardi 8 mars 2011 11:55

"alors ce documentaire (que je n'ai pas vu, et la lecture de ce billet ne donne pas envie de le voir), partial, incomplet, donneur de lecon, aux relents antisémite, était sans doute très mauvais."

Cette phrase de Nicolas mérite réflexion, je crois que je ne vais pas m'en remettre de la journée. Quelle ne soit pas relevée par M. Delaigue me laisse également songeur.

Pour se faire une idée il faut voir le documentaire, et lire ce post. Personnellement je ne suis pas convaincu par la démonstration d'Alexandre, loin, très loin de là.

M.


19. Steph mardi 8 mars 2011 11:59

Et si nous étions tout simplement OBLIGÉS, à plus ou moins long terme, d'allonger la durée de vie de nos biens de consommation, tout simplement parce que nous épuisons les ressources et la planète à consommer comme nous le faisons "juste parce que le design me plait" ? Dans ce cas, ce reportage d'Arte a du sens.

Si le monde entier consommait comme l'Occident, on n'en sortirait déjà plus. Peut-on parler de "chance" que le Sud soit plus pauvre que nous ? Plus d'infos sur la consommation mondiale : wwf.panda.org/about_our_e... Oui, bien sûr, c'est orienté "écologie". Chacun a sa sensibilité.


20. Poil de lama mardi 8 mars 2011 12:02

J'ai trouvé votre article très convaincant, et c'est un compliment que j'ai vraiment très rarement envie d'adresser à un économiste. Mais le fait que vous ayez le plus souvent complètement raison ne suffit pas à me faire oublier le caractère insupportable des daubes de bas de gamme que certains industriels arrivent à fourguer aux cochons de payants -- et sans être hyper-fréquent, ça n'est quand même pas absolument rare.

Je profite de ce que je deviens un vieux con pour vous donner un exemple. J'ai acheté deux vélos dans ma vie, un en 1978, l'autre il y a trois ans. Celui de 1978 a toujours ses pneus d'origine (pneu Michelin, à peu près aussi solide qu'un pneu de bagnole vu que c'est la même technologie), et j'ai déjà dû changer deux fois les daubes moldovalaques (modèle unique) qui équipent les roues du second. Certes, le caoutchouc moldovalaque coûte trois ou quatre fois moins cher que ce que coûtaient les pneus de vélo Michelin quand il en existait encore, c'est même ridicule à quel point c'est bon marché -- mais vu que je dois démonter une roue pour poser une rustine pratiquement tous les cinquante kilomètres dès que j'ai eu le malheur de rencontrer un caillou ou une ronce, j'ai quand même une très, très grande nostalgie des pneus Michelin fort chers, mais blindés et à l'épreuve des explosions nucléaires. Or, ces pneus chers et increvables, on n'en fabrique plus, en tout cas pas pour les roues de cette dimension. Chez mon marchand de cycles, j'ai donc le choix entre la merde moldovalaque et rigoureusement rien d'autre, alors même que je serais très disposé à payer cinq fois plus cher (oui, j'ai bien dit cinq fois) pour n'avoir besoin de démonter mes roues ne serait-ce que trois fois moins souvent... Non seulement il y a des daubes sur le marché, mais dans certains domaines il arrive qu'il n'y ait rigoureusement rien d'autre. Et vous avez beau dire, c'est rudement gonflant (si j'ose dire en parlant de pneus crevés).

Réponse de Alexandre Delaigue :

Je fais du vélo aussi, je suis sensible à votre argument :-). Sur ce sujet (pas assez développé, pour cause de post long) c'est pour cela que j'ai cité "the tyranny of the market" de Waldfogel. Il y montre bien que le problème des productions en grande série et des marchés de masse, c'est souvent de ne pas satisfaire certains besoins pour lesquels le marché serait trop petit. Votre problème (et le mien) c'est que nous sommes comme les victimes de maladies orphelines pour les laboratoires pharmaceutiques : pas assez nombreux pour justifier une chaîne de production.

21. sceptique mardi 8 mars 2011 12:05

Le problème concernant l'imprimante traite de la programmation, lors de la fabrication, d'une puce indiquant à l'imprimante d'arreter de fonctionner lorsque l'on atteint un certain nombre d'impressions.
Une simple réinitialisation de cette puce permettrait à l'imprimante de refaire un nouveau cycle d'impressions mais cela n'est jamais proposé par les SAV des fabricants en question.
Comment expliquez-vous cela ?

Réponse de Alexandre Delaigue :

Excellente question. L'explication fournie est que ce compteur sert à mesurer l'état de saleté d'une pièce interne soumise à des projections d'encre. Il me semble plausible d'imaginer que plutôt qu'un "détecteur de saleté" forcément coûteux, le fabricant, pour ne pas s'embêter, a préféré mettre ce compteur qui lui coûte moins cher, supposant que personne ne ferait autant d'impressions avec cette imprimante bas de gamme de toute façon. Notez que la stratégie des producteurs d'imprimante est de perdre de l'argent sur les imprimantes mais d'en gagner sur les clients captifs qui rachètent des cartouches fort chères (un peu comme Gilette avec ses lames de rasoir). Dans cette perspective, inciter les clients à changer d'imprimante souvent est stupide (ils risquent de changer de marque au passage, et de ne plus acheter les mêmes cartouches). Il aurait été cela dit intéressant d'avoir l'explication du fabricant - mais le documentaire ne s'est manifestement pas préoccupé de la demander.

22. JeffEEE mardi 8 mars 2011 12:08

L'obsolescence programmée n'est pas complètement un mythe non plus... Il y a des domaines où les fabricants dégradent volontairement leurs produits pour qu'ils durent moins longtemps...
Un exemple simple : Les imprimantes à jets d'encre qui refusent de fonctionner après un certain nombre de pages imprimées (Chercher "Epson-internal-counter" sur google, vous verrez) et qui ont une mousse receptrice d'encre qui finit par tacher les pages...


23. thomas mardi 8 mars 2011 12:10

Mouais, il est plus rentable : pas du tout, il n'est pas plus rentable de faire du plus résistant.

(je n'ai pas vu le documentaire)

Il est plus rentable de produire parce qu'on économise sur tous les postes. Les usines ont intérêt à tourner et à produire, toute la chaine a besoin de tourner. Il faut remplacer non pas parce qu'il y a un complot mais parce que si on s'arrête la moitié de la population est au chomage. C'est un désastre écologique et humain mais on s'en fout.

Il est plus rentable de gagner sur le prix de la matière première en produisant en masse qu'en produisant peu. Il est plus rentable de proposer le remplacement permanent des produits, de faire des produits fragile non pas parce qu'il y a un complot mais parce que de toute façon dans 1 an ou 2 ans la mode, le marketing aura acté l'obsolescence du produit en question, sa dégradation physique ne fera que confirmer le sentiment du consommateur.

Certaines marques de très grand luxe, sur certains produit peu sensible à la mode (cuisine, literie, maroquinerie de voyage...) pratique le durable parce que justement là leur clientèle s'énerverait de payer aussi cher pour du aussi médiocre. Mais pas les autres et vous le savez mais choisissez de l'ignorer, parce que pour les autres clientèles, l'obsolescence est une donnée "naturelle". Il n'y a pas vraiment de "marque solide".


24. Quentine mardi 8 mars 2011 12:14

Donc l'obsolescence programmée serait un mythe qui s'expliquerait par le besoin de produire à bas coût. Et d'un autre côté vous dites que ça coûte plus cher de produire plus de produits à bas coût. Mouais mouais mouais...

Puis, l'obsolescence programmée et la fabrication à bas coût sont deux stratégies économiques différentes, qui se conjuguent parfois, mais ne sont en aucun cas deux facettes d'un même objet.

Vous ne démontrez rien du tout dans votre article confus. Pire, il semble que nous n'ayez pas compris, ou voulu comprendre, ce documentaire d'Arte. La réalité de l'obsolescence programmée n'est plus à démontrer : que son origine provienne d'une volonté de vendre plus ou soit la résultante d'une production de mauvaise qualité ne change pas le fond. Surtout que l'un des intérêts de produire à bas coût, est justement de produire des objets qui auront une obsolescence plus importante.

Ou dit autrement, l'obsolescence programmée peut se traduire par la production de mauvaise qualité, la mauvaise qualité entraine de l'obsolescence, et donc obsolescence programmée il y a lorsque des produits sont ainsi fabriqués.

En fait vous venez simplement de renforcer le constat de l'existence, avérée et prouvée faut-il le rappeler, de l'obsolescence programmée.

Et de titrer «Le mythe de l'obsolescence programmée». Auriez-vous confondu les mots mythe et théorie ?

Réponse de Alexandre Delaigue :

Vous voulez dire, comme on parle de la théorie de la terre plate?

25. Thomas mardi 8 mars 2011 12:15

Intéressant aussi de voir qu'au delà du documentaire vous ne vous posez jamais la question du modèle social que tout cela implique. C'est cette fameuse "faute aux consommateurs" que vous ne qualifiez m^me pas de faute. Il s'agirait de ce fameux comportement naturel qui impliquerait de faire ceci ou cela... Le marketing n'y est pour rien.

Par exemple votre commentateur qui parle des voitures et de leur durée de vie oublie peut être que si elle "durent" plus longtemps c'est que les gens n'ont pas les moyens de la changer ou qu'il y a moins d'offres de remplacement ou de primes à la casse ou que sais je... bref, des éléments externes qui n'illustrent rien du tout. Tout le monde sait qu'une voiture étant, comme vous l'avez dit très justement, un assemblage de pièces il suffit de les remplacer. (même si là dessus on pourrait parler de l'arrivée de l'informatique qui fragilise ce qui n'était qu'une mécanique "grossière" et donc plus facilement "éternelle" par le remplacement).


26. Antoine Sabot-Durand mardi 8 mars 2011 12:15

Merci pour cette analyse.

J'ai vu ce reportage et même si j'ai trouvé le trait un peu grossier je pense qu'il à le mérite de soulever des problèmes au delà de l'économie que vous éludez dans votre analyse. Je suis plutôt d'un naturel "consommateur" et le débat sur la décroissance me fait l'effet d'un discours rétrograde. Néanmoins, la frénésie de consommation qui agite nos société développées finira bien par poser de gros soucis comme le montre ce documentaire. Réagir sur les images du Ghana (vue ailleurs) qu'avec un point de vue économiste et se débarrasser de ce problème en disqualifiant les auteurs me parait un peu facile et très cynique.
Je ne suis pas économiste (juste un de ces abrutis d'ingénieurs qui ruinent les entreprises), je ne ferai donc pas de commentaire sur la thèse économique du documentaire qui ne m'a pas convaincue de toute façon. En revanche les questions "sociétales" restent. Que ce soit sur la corrélation du bonheur et de la consommation ou sur la poubellisation du tiers monde et de notre planète. Pourquoi d'après vous ce documentaire a eu tant de succès : parce que les gens sont des cons ou parce qu'il y a quelque chose qui fait écho à un malaise et lié à notre mode de vie.


27. Siestacorta mardi 8 mars 2011 12:19

Bonjour !
Je n'arrive pas toujours à vous comprendre, je manque souvent de billes et d'habitudes de lecture... Je suis votre blog quand même, parce qu'une partie de ses arguments me contrepiètent dans ma culture politique d'origine, et m'obligent à plus de rigueur.
Ce débat sur l'obsolescence, programmée ou mesurée, m'intéresse beaucoup.
J'aimerai connaître votre opinion sur une idée qui y serait liée : quel seraient selon vous la faisabilité et l'impact en consommation d'un label "objet durable", comme il existe un label "commerce équitable" ?

Réponse de Alexandre Delaigue :

Cela existe : ce sont les garanties. Un fabricant qui veut vendre des produits qui durent longtemps peut le faire et gagner beaucoup d'argent en offrant des garanties aux clients. Certains ne se privent pas d'utiliser ce moyen.

28. foo mardi 8 mars 2011 12:21

Analyse intéressante, mais j'ai l'impression que quand l'économiste reproche (à juste titre, enfin parfois) aux ingénieurs de vouloir faire des produits durables sans considération pour les envies des clients, ce même économiste qui ne développe que des arguments d'ordre économique fait preuve du même manque de vision !

Oui, l'économie c'est très important, mais quand mécaniquement ça mène à des gaspillages invraisemblables (l'imprimante qui s'arrête de fonctionner parce que littéralement programmée pour, au lieu d'attendre qu'elle présente une vraie panne), et à une pollution croissante (pas chez nous, comme c'est commode), il faut prendre du recul et se demander si on n'a pas perdu le sens des réalités.

Un collant par an, c'est peu varié ; un par quinzaine, n'est-ce pas trop ? Certaines femmes ont des placards remplis de vêtements qu'elles ne mettent plus, ils ne sont pas fichus pour autant, peuvent être donnés ou revendus, au contraire des collants qui inévitablement finissent à la poubelle trop tôt ("et merde, encore filé un collant !").

Une imprimante tous les 2 ans, ça n'a aucun intérêt pour le consommateur : en 2 ans, la technologie des imprimantes change trop peu. Une imprimante pourrait durer 5 ou 10 ans avant qu'on ait envie de la changer (pour gagner en vitesse, ou en résolution), mais non, le constructeur a décidé pour nous. Et je rappelle que depuis environ 10 ans, les imprimantes grand public sont les plus bêtes qui soient, elles n'embarquent quasiment pas d'électronique, c'est le PC qui fait tout le boulot, donc elles sont moins rapidement obsolètes.

Les ingénieurs font de leur mieux pour réaliser des produits suivant le cahier des charges des designers. Les designers font de leur mieux pour concevoir des produits suivant les désirs des consommateurs. Est-ce que les consommateurs aiment la variété ? Certainement, pour les bas ; pour les imprimantes, j'ai un gros doute. Est-ce qu'ils aiment le gaspillage ? Pas vraiment, mais si la décharge n'est pas chez eux, ils s'en fichent. Est-ce qu'ils devraient se sentir responsables ? Peut-être en partie.

Oui, ce sont des questions qui sortent du champ économique, des questions éthiques, si ce n'est morales. Oui, il faut en débattre. Rien que pour ça, il faut voir ce documentaire, malgré ses défauts, parce que sa communication efficace peut amener à se poser des questions importantes, des question de sens, et pas seulement d'économie.


29. Archange mardi 8 mars 2011 12:29

Bonjour,

Très intéressant billet avec beaucoup d'arguments qui sont très vrais (du plus haut que j'en puisse juger) et qui valent le détour de lire ce billet en entier pour repositionner sa compréhension du dit documentaire (que j'ai vu donc).

Maintenant je me permets, sans être économiste, de mettre quelque bémols. Vous avez certainement raison de mettre beaucoup de bémols vous même au discours du documentaire et je vous en remercie pour cela mais à trop voir la vie en noir et blanc on peut tomber dans l'excès inverse.

En effet ce n'est pas parce que certes il y a des entreprises qui jouent la carte de la durabilité que l'ensemble des entreprises sont contre "l'obsolescence programmée", de même on ne peut pas mettre tous les produits au même niveau.

La grande diversité des comportements en matière de business model reflètent les comportements humains : on est tous différents. La question est y a t'il des tendances, y a t'il des façons de faire qui sont éxagérément dans un sens et si oui pourquoi ?

Votre démonstration sur les bas par exemple ou sur les machines à laver dans le commentaire ci dessus ne tient pas tout à fait la route. Certes produire X fois le même produit pour le vendre devrait coûter plus cher mais quels efforts de marketing cela va coûter pour vendre des bas ultra-résistants à 100 eur, sachant la méfiance des consommateurs par rapport à ce type de produit ? De plus il me semble que dans l'économie il y a un principe de flux-tendu (je ne sais pas comment l'appeller) qui tend à lisser les coûts et les recettes : demandez à des entreprises "préférez vous vendre 1 produit cher qui vous a couté aussi plus cher à produire et à marketé tous les ans ou produire moins cher (gagner certes moins sur 1 vente) mais vendre plus souvent ?" (oui y compris le coût de la vente elle-même car vendre 10 fois coûte plus cher qu'une) Je suis certain que la majorité choisirons la seconde option. C'est la même chose avec les crédits, les rentes, etc...
Regardez la grande idée de ces dernières années de "louer" tout et n'importequoi y compris les logiciels ou des SaaS (software as a service) c'est une extension du problème de la longévité. On ne résonne qu'en gain sur le court-terme et pas sur le long terme alors que souvent dans ces cas cela couterait moins cher d'investir.

Bref je comprends que vous ayez été piqué par le reportage, et très intéressante démonstration pour rebalancer les arguments dans l'autre sens mais il n'empêche que cette obsolence programmée n'est peut être pas entièrement un mythe comme comportement de certaines entreprises. Bien sûr toutes les entreprises ne le font pas, bien sûr il y a au contraire certains entrepreneurs qui font justement le contraire mais est ce si faux que ça dans certains cas (bas, ampoules par exemple) et est ce souvent ou pas le cas ?


30. foo mardi 8 mars 2011 12:30

"vous faites les produits que veulent les clients"

En magasin, la machine à 500E et la machine à 1000E se ressemblent, et au moment de l'achat, le client n'a pas vraiment moyen de savoir si la machine plus chère va durer deux fois plus. Alors s'il a les moyens, s'il croit en la marque, il va peut-être acheter la plus chère. Sinon, la moins chère se vendra mieux, même si des années plus tard elle finira deux fois plus vite à la décharge.

Les marchés c'est très bien quand l'acheteur a une connaissance totale de l'offre. Mais ça n'arrive pas si souvent en pratique. Et là, la communication prend le relais, et les constructeurs nous vendent du rêve, pour mieux remplir leur portefeuille, et incidemment nos poubelles.


31. Barnakky mardi 8 mars 2011 12:33

Il me semble que par votre réponse à M. Spock, vous prouvez justement que les industriels font des raisonnements qui ont à voir avec l'obsolescence programmée.
Vous lui donnez un autre nom ("la discrimination tarifaire") mais le principe de limiter volontairement les performances d'un produit qui pourrait être supérieures sans surcoût de production, relève du même mécanisme. Dans votre exemple, il s'agissait de la rapidité de l'impression, mais pourquoi se limiteraient-ils à ce paramètre ?


32. Barca mardi 8 mars 2011 12:54

Je n'ai pas vu le reportage.Quelques remarques pour essayer de compléter modestement ce qui a été dit.
- pour les diesels, c'est un peu comme pour l'exemple du fer à repasser. L'injection directe fait qu'on n'a plus du tout les même performances qu'autrefois mais on a introduit une plus grande fragilité. Ces moteurs réclament de plus des carburants irréprochables.
- l'utilisation a pu changer aussi. Pour les machines à laver par ex elles sont beaucoup plus sollicitées qu'autrefois: on lave plus souvent le linge, on se change plus souvent qu'il y a trente ans. Si on mesure la durée de vie en années, elle chute mais il faut raisonner en nombre de cycles.
Il faut aussi vérifier cela pour les moteurs et autres,sont -ils utilisés de la même façon qu'autrefois?

Nous sommes actuellement submergés de reportages bidons et d'enquêtes biaisées sur le "consommer et produire autrement". Sur l'agriculture et l'alimentation c'est un vrai filon, les marchands de peur font un carton avec à la fin un salut qui viendrait du bio et du refus de nos modes de consommer et de produire actuels. Il y en a quasiment un par semaine sur l'un ou l'autre sujet. Ce qui est pathétique, c'est l'accueil fait par la presse. Des professionels de l'information devraient en principe détecter la désinformation non?


33. Benjamin mardi 8 mars 2011 12:55

> il montre que la durée de vie de 1000 heures
> est un compromis technique

Il y a quand même un delta entre compromis technique de 1000 heures et des prototypes d'ampoules allant bien au delà. Je veux bien croire que le reportage soit très alarmiste, mais vous avez tendance à minimiser les "compromis techniques" pour faire passer le reportage comme "pro-complotiste".

> le documentaire nous explique que ses brillantes idées
> n'ont jamais été appliquées, ce qui conduit à se demander
> pourquoi diable on nous en a parlé

Je me suis posé la même question.
Mais après une brève interrogation, n'oublions jamais que certaines personnes ont des idées, mais d'autres peuvent les appliquer.

Quand au passage sur sa juivité, je suis étonné, j'ai du m'endormir à ce passage, j'en ai aucun souvenir, c'est à quel timecode ?

> l'horrible société consumériste leur semblait
> manifestement plus attrayante que leurs propres produits.

Vous mélangez deux choses: des produits de piêtre qualité mais "beaux" et des produits de qualité mais austères.

Vous serez d'accord avec moi que « le singe préfère toujours la voiture rouge » (ou version 2010: l'iPad blanc)

> Quant aux usines Est-Allemandes, elles étaient tellement
> efficaces qu'elles ont toutes dû fermer.

Un produit de bonne qualité est plus chère
Un produit de mauvaise qualité est moins cher.

Si la majorité des consommateurs se tournent vers des produits moins chères, il est normal que la chaine de production ne tourne plus.

On voit cela en France et encore maintenant où les chaines de production se délocalisent non pas pour faire des produits "auto-destructibles" mais parce que le consommateur veut un produit le moins cher possible, quitte à rognier sur la durée de vie.

Ceci dit, vous n'évoquez pas le fait que l'imprimante en question possède effectivement une puce de contrôle de sortie. Et encore moins comment une imprimante qui est soit-disante morte peu renaitre de ses cendres par le simple fait d'une reprogrammation CMOS ...

Pour le reste de votre article, rien à redire, il est informatif, assez parlant, évocateur et relativement pertinent.


34. jboussard mardi 8 mars 2011 13:15

Excellente critique, et effectivement le documentaire semble étonnamment incomplet et complotiste.
En revanche, un aspect qui n'a ni été abordé par vous, ni par les auteurs, est la question du devenir des biens une fois sortis de l'économie.

Au delà des questions normatives (un bien durable c'est mieux, parce que), l'obsolescence pose la question des déchets et des externalités négatives qui pèsent sur l'économie.

Finalement, même en l'absence de complot, les préférences des consommateurs poussent les entreprises à produire des biens moins durables (variétés, fonctionnalités, esthétique...) mais ces préférences ne tiennent pas compte de ces externalités.

Je pense que cela mérite un peu d'être développé...


35. T20 mardi 8 mars 2011 13:17

"Le problème, c'est qu'il est plus rentable de vendre deux fois plus cher une machine qui dure 15 ans (garantie) que deux machines qui durent 7 ans moitié moins cher."
Est ce que ça inclut l'idée qu'en vendant ma machine qui ne dure que 7 ans moins cher, je vais en vendre beaucoup plus car tout le monde ne peut pas se payer celle qui dure 15 ans ? Idem pour les collants bon marché ...


36. Libellule mardi 8 mars 2011 13:22

Une analyse très juste. Cependant un point n'a pas été éclairci : l'imprimante de l'espagnol. Comment justifier cette puce qui mémorise et limite le nombre d'impressions alors que le "tampon" n'est pas si sale ?


37. Hektorp mardi 8 mars 2011 13:43

Documentaire outrancier, qui procède par court-circuit afin d'avancer une thèse absurde reposant sur un vague ressenti tout en cognant sur une conspiration inexistante = "pose de bonnes questions".

Commentaire critique exposant par A et B que c'est du n'importe quoi et qu'en réfléchissant deux minutes, on se rend compte que les choses sont plus complexes = "pas convaincant et biaisé"


38. palandir mardi 8 mars 2011 13:50

Il aurait été intéressant d'ajouter des chiffres montrant l'évolution de la durabilité ou age moyen des équipements à travers les décennies, car les arguments sont intéressants mais pas soutenus par des faits.

Sur le danger de obsolescence programmé pour l'image des marques, n'y a t'il pas une période à partir de laquelle on pense que l'objet à assez duré et donc on ne tiendra pas grief s'il casse ? Donc la marque n'a telle pas d'intérêt à ne pas prolonger la durabilité de son appareil au delà de cette période ?

A propos de la discrimination tarifaire il y a ce constat intéressant qu'entre deux casques audio sennheiser modèle 555 et 595, le modèle le moins cher était en fait le modèle le plus cher avec une pièce en mousse (facilement enlevable) qui dégradait le son.

mikebeauchamp.com/misc/se...

(avec la discussion : apps.ycombinator.com/item...


39. Grouflon mardi 8 mars 2011 13:57

J'ai beaucoup de mal a trouver plus de crédibilité dans votre article basé sur des "moi je pense que..." et de "les gens se comportent comme ca" que dans le documentaire que vous critiquez.


40. Baba mardi 8 mars 2011 14:03

Pour prendre deux exemples vécu pour l'un directement et l'autre indirectement qui vont dans le sens de l'existence de l'obsolescence programmée induite.
Un membre de ma famille travail pour un sous-traitant de l'industrie automobile. Il concoit des machine qui fabriques des pièces qui valent quelques eurocents. L'industriel automobile lui ont demandé de faire moins cher. A sa remarque de la baisse de qualité que cela induirait (seul axe de gain - matière première et conception du produit ayant le même cout) il lui a été répondu que cela n'est pas grave car le reste du véhicule n'est pas conçu pour durer plus de 6-7 ans.
L'autre exemple a été vécu par moi-même chez un industriel des équipement électriques industriels et particuliers. A ma demande pour connaitre les possibilité d'évolution du marché, l'on ma répondu que le marché ouest-européen était "mort", saturé et que l'usine était destiné à fermer pour délocalisation. La durée de vie des produits et l'absence de nouveaux débouchés a "tué" le produit.
Mais pour réagir de façon plus globale sur l'article vous me semblez utiliser des techniques argumentatives plus discutables (applicable également à moi-même et au documentaire)comme:
-la généralisation abusive (regardez mon exemple, alors c'est comme cela que ça se passe).
-Le déshonneur par association (le passage discutable sur Bernard London n'empeche pas que la théorie de l'obsolescence programmée puisse être vraie).
Vous ne me semblez argumenter pas beaucoup mieux que le documentaire au final.


41. eightoclock mardi 8 mars 2011 14:03

Vous partez du principe qu'un documentaire devrait être uniquement informatif. C'est faux. Je ne vois pas pourquoi un documentaire ne défendrait pas un point de vue. Et les téléspectateurs ne sont pas des enfants… Ils ont aussi un esprit critique.
Par ailleurs vous n'évoquez pas le cas de la puce dans l'imprimante qui limite le nombre d'impression est qui constitue un vrai cas d'obsolescence programmée. On peut aussi appeler cela du vol…


42. Laurent mardi 8 mars 2011 14:04

Le documentaire est évidemment manichéen, mais c'est bien le minimum nécessaire pour faire passer un semblant de message.
Tout notre système est bâti pour faire consommer.
J'en suis la victime et l'acteur conscients.
La plupart des produits sont conçus pour durer le temps de leur garantie. Les autres se heurtent à l'obsolescence inhérent au progrès technique (électronique notamment). Les entreprises électroménager emploient des techniciens et des bancs de test pour limiter la durée de vie de pièces critiques.
Le documentaire est probablement incomplet, baisé, puéril...
Mais il met le doigt précisément sur une dérive de nos modes de vies.
Quant à la morale du reportage que vous dénoncez, c'est sa première qualité.


43. Damien mardi 8 mars 2011 14:10

Je suis 100% d'accord avec le commentaire #24. Votre analyse est confuse et je ne suis pas d'accord avec vos conclusions.

imgs.xkcd.com/comics/duty...


44. M_Spock mardi 8 mars 2011 14:11

@Alexandre : En fait, votre réponse a été telle que je la craignais : empreinte du biais qui consiste à penser que parce qu'on a mis un nom sur quelque chose, on l'a justifié. Veuillez m'excuser de cette comparaison peu flatteuse mais vous me faites penser à ces médecins de Molière qui donnaient des noms pompeux aux maladies sans pour autant savoir les soigner.

A trop analyser sur ce blog le monde sous un angle exclusivement économique, vous semblez en oublier que l'économie n'est qu'une des fenêtres qui permettent de regarder la réalité. En particulier, et même si le reportage a des défauts, le terme de morale sonne presque comme disqualifiant de fait, une sorte de gros mot.

Or, je partage l'opinion de pas mal de commentateurs ici : je ne peux m'empêcher d'être choqué par le gaspillage de ressources lié à ces discriminations tarifaires.
Même si dans mon cas, j'ai pu être gagnant (après tout, j'ai payé le prix d'une pompe bas de gamme et obtient le niveau de fiabilité d'une pompe plus chère pour le prix d'un tube d'epoxy), mon esprit d'ingénieur ruineux n'accepte pas l'idée d'un design dont on voit au premier coup d'œil qu'il est conçu pour ne pas durer.
Il est vrai que je travaille dans l'aéronautique et que je suis à mille lieues de ces problèmes d'obsolescence programmée (l'obsolescence étant pour nous un authentique problème).

Alors je suis probablement aveuglé par ma propre grille de lecture mais je m'accorde le bénéfice de ne pas m'abriter derrière un simple vocable comme la fameuse 'discrimination tarifaire' pour justifier quelque chose qui ne me convient pas d'un point de vue éthique. L'économie se porterait-elle vraiment plus mal si les pompes de piscines d'entrée de gamme coutaient 70€ de plus et n'avaient pas à être changées tous les 2 ans ? (Promis maintenant, j'arrête avec mon obsession des pompes...)

Réponse de Alexandre Delaigue :

Le vocable recouvre un sens et une analyse, et sert donc de résumé pour quelque chose qui tient difficilement dans un commentaire de commentaire. Pour en savoir plus cherchez "discrimination tarifaire" sur ce blog, ou lisez le chapitre qui y est consacré dans notre premier bouquin. Si la question est "est-il préférable qu'il y ait des produits différents, à des prix différents, pour des usages presque identiques" la réponse est oui, c'est mieux.

45. Moine mardi 8 mars 2011 14:22

Merci aux commentateurs de regarder le documentaire avant de juger ce billet.

Ce billet ne mentionne pas (comme par hasard) l'exemple des imprimantes qui sont programmées pour ne pas durer. C'est de l'obsolescence programmée... et c'est pas un mythe.. pas du tout.

Réponse de Alexandre Delaigue :

Commenter, c'est bien. Lire ce qu'on commente, c'est mieux.

46. Tarquin mardi 8 mars 2011 14:40

Cher Alexandre

J'apprécie particulièrement dans vos billets votre liberté de ton. Toutefois, en opposition avec une vue déjà en rupture, on risque de retomber dans les conventions:

Un documentaire n'est pas une décision de justice, rien ne lui impose d'être impartial et objectif. Bien au contraire, on attends de lui un point de vue, un éclairage sur un sujet. Surtout quand il rompt avec la vision traditionnelle.

Ensuite l'obsolescence programmée est un fait qu'il est dommage de négliger. Je le tiens de la source sûre d'amis élèves ingénieurs.Concevoir des pièces pour qu'elles rompent peu après la garantie fait partie intégrante des enseignements de mécanique de certaines grandes écoles.

Sur le plan de la logique économique l'exemple des collants est très parlant.Perçu comme périssables il est très difficile pour une consommatrice d'envisager y investir 100e quand bien même elle y trouverais in fine son interet économique. pour reprendre quelques points déjà évoqués:

du point de vue de l'acheteur:
1: il y a un trop grand aléas moral à investir cette somme dans une paire si la qualité n'est pas au rendez vous
2: Grand risque a les filer quand même par une action mécanique ( chute en velo..)
3: On a alors plus de choix, et est condamné a porter toute l'année la même paire
4: il faut investir avec les problèmes classiques de liquidité;e.g. on a prévu 40e pour ses courses hebdomadaires.

Du point de vue du producteur
En symétrique, il y a une difficulté à vendre son produit, face a des produits moins chers, toujours instantanément monétairement accessibles.
L'existence du marketing me semble être la preuve que les achats ne se feront pas selon un raisonnement économique rationnel.

Pour un exemple plus concret, n'étant pas un grand expert en matière de collants, je prendrai celui des chaussures habillés hommes:
Le fait est que l'on trouve des paires a 80e, qui tiennent mal le pied, et ne tiennent pas 6 mois, et d'autres pour 150e de grande marque, qui tiennent 3 à 4 ans, avec un excellent confort, et une différence esthétique visible.
Personne n'a économiquement intérêt a acheter les première et la différence de prix n'est pas gigantesque. Pourtant les bata andré, et autres halles omniprésentes dans les centres-villes en font leurs fortunes.

Réponse de Alexandre Delaigue :

Vous ne faites qu'indiquer que les produits de moindre qualité et moindre prix rendent un service à une certaine catégorie de consommateurs, ceux qui ont une trésorerie trop tendue pour pouvoir réaliser des dépenses importantes en une fois.

47. Antwan mardi 8 mars 2011 14:51

J'ai regardé ce reportage 2 fois.

Bien au delà du scenario de théorie du complot que vous dépeignez avec acidité dans votre article, ou du débat sur la durée de vie réelle de nos biens, je trouve qu'il y a certains aspects dans ce documentaire qu'on ne peut que saluer.

En premier lieu, ce travail met le doigt sur le consumérisme à outrance, et ce quelque soit la façon dont c'est orchestré. Il est évident que la RDA et les ampoules des années 20 sont hors-propos, que l'obsolescence n'est pas volontairement "programmée". La vérité est qu'elle est "incitée", et les effets sont au final les mêmes. Ce sont ces effets, ce consumérisme à outrance, qui sont graves et qui méritent d'être signalés.
Quand on voit des comportements comme ça : bit.ly/exbyV3 ou ça : bit.ly/gA8Lya , on ne peut que se dire que l'humanité a de sérieux problèmes...

Donc ça ne me dérange pas que les faits soient édulcorés avec des complots et autres mises en scènes spectaculaires. L'objectif du fond d'un tel reportage est de bousculer le spectateur, et s'il faut passer par les même artifices que les publicitaires, je suis pour.
Il y a bien des affirmations que vous ne pourrez pas nier. J'ai en particulier relevé deux idées qui mettent le doigt sur le véritable problème :
- "La croissance infinie est incompatible avec des ressources finies";
- "Finalement, pour se sortir de là, l'homme devrait accepter de s'ennuyer".

Arte a bien réussi son coup puisque la critique et l'audience étaient au rendez vous. Même si c'est un tissu de mensonge, si quelques-un se poseront désormais les questions "d'où ça vient" et "où ça finira" avant d'acheter une machine à laver, alors la mission sera remplie.


(PS : La verdana 10px pour le corps de texte c'est complètement illisible, changez la fonte de votre blog.)


48. subac mardi 8 mars 2011 15:40

J'ai vu ce documentaire quelques jours après sa diffusion. Etant économiste, ça sentait le roussi. Le regarder a malheureusement confirmé cette appréhension au delà de mes espérances: Une pointe d'ostalgie, un soupcon de théorie du complot, un petite vitrine gratuite pour le descendant Phillips et sa nouvelle ampoule en passant et l'inévitable décroissance. La lecture de cette note m'a un peu ragaillardi. Quelques points à rajouter:
-Sur les marchés de bien durables, les incitations à améliorer la durée de vie des produits sont directement reliées aux nombres d'acteurs du marché. Dans un cas de monopole ou d'oligopole, l'autoconcurrence pousse les industriels à la limiter. Le degré de concurrence est une clé essentielle pour comprendre ce phénomène, et c'est la principale conclusion que j'aurai eu sur le cartel Phoebius (barro 1972, levahri srinivasan 1969)
-sur l'empirique de lien, voir cette étude des déterminants de la longévité accrue des voitures américaines. Pour ce cas, l'effet de la concurrence est plus à attribuer à un meilleur SAV qu'à de meilleurs produits. ideas.repec.org/p/rff/dpa... . Ca pourrait intéresser Verel

A quand un documentaire sur des sujets économiques qui effectue des analyses pertinentes sans tomber sur des théories fumeuses bien à la mode? Si vous avez des références, en français ou en anglais, faites m'en part...



49. Ecoïste mardi 8 mars 2011 15:41

C'est bien de lire une voix qui se distingue du discours de ce doc, mais je pense que vous êtes passé à coté du terme important employé ici : "programmé"...ce n'est pas tant de voir que des produits tels qu'ils soient puissent s’abîmer et se détériorer qui gêne...c'est plus de savoir que c'est programmé. Les produits de mémé s'usaient aussi mais c'était pas programmé. C'est marrant de voir que finalement il existe 2 religions : les complotistes et les anti-complotistes (dont vous faites parti)...au milieu de tout ça il y a peut être des gens qui voient des tendances, des dysfonctionnement, des manipulations sans parler de complot. mais bon il parait que nous sommes dans un pays laïque et qu'il faut respecter les religions de chacun...
Ce qui me gêne le plus chez vous finalement c'est votre mépris pour ceux qui ne pensent pas comme vous, qui ne sont pas comme vous. Je trouve votre passage sur les africains extrêmement violent :
"Le documentaire se garde bien de demander à ces gens qui passent leurs journées à farfouiller dans des ordures quelle existence ils préféreraient : la réponse n'aurait pas cadré avec le ton général." Je traduis :" Ces africains sont tellement pauvres et suicidaires qu'ils sont bien contents de prendre une petite pièce pour nous débarrasser de nos poubelles qui puent et qui tuent !" Croyez vous franchement qu'ils aient réellement tous le choix de leur existence?
Enfin pour pas faire trop long lorsque vous dites :"Nous aimons la variété et la nouveauté. Consommer n'est pas seulement satisfaire un besoin utilitaire; c'est aussi une source de satisfaction, de démonstration de diverses qualités personnelles à notre entourage", au risque de passer pour un gaucho qui vous donne des boutons, c'est bien ce consumérisme effréné qui est montrez du doigt, qui a été installé, planifié, marketé... ce n'est pas une attitude intrasèque à l'être humain que de vouloir tout changer tout le temps...c'est un besoin que l'on s'est crée et dont on doit je pense, débattre....
Hmm la décroissance ça fait peur!
Se remettre en cause, prendre ses responsabilités, faire attention, moins pollué c'est chiant...Mais c'est ça aussi être un homme!

Réponse de Alexandre Delaigue :

Vous lisez mal. Le documentaire nous vante la sagesse économe des africains : je me contente de constater qu'ils économisent ce qui est cher pour eux, et gaspillent ce qui ne coûte pas cher (le travail). Et que s'ils avaient le choix, ils préféreraient certainement vivre comme nous. Et sur le besoin de variété et de nouveauté, vous devriez travailler un peu l'archéologie et l'histoire.

50. Mo le cheper mardi 8 mars 2011 16:04

Cher Monsieur,

Vous dites en gros un quart de trucs pas trop cons et 3/4 de trucs assez idiots à mon sens.

Déjà vous partez soudain dans un délire d'accusation antisémite.

Sinon, vous prenez des bouts du docu pour le déboiter sans grand discernement et en occultant à dessein certaines parties qui nuancaient le propos. C'est assez dommage car vous perdez ainsi toute crédibilité.

Et au final vous nous expliquez tout simplement que le fonctionnement actuel de notre économie ne permet pas à une entreprise de fabriquer des bien de consommation qui durent dans le temps tout en faisant du profit.

Mais vous ne prenez pas vraiment la peine de vous interroger sur la pertinence d'un tel système.

Réponse de Alexandre Delaigue :

Ha. Il me semblait pourtant avoir répété plusieurs fois exactement l'inverse : qu'il est plus rentable de vendre un seul produit durable et cher que deux fragiles et pas chers.

51. Forza mardi 8 mars 2011 16:04

L'article est très intéressant mais un point me chiffonne. Vous écrivez: "soumis au choix entre des produits durables et des produits rapidement obsolètes, nous avons souvent tendance à préférer les seconds."

Le problème c'est qu'il est impossible d'avoir un comportement rationnel car c'est une donnée que nous ne connaissons pas. Si j'achète une imprimante, je connais son prix, son nombre de pages par minute, etc, mais j'ignore si elle va durer un an ou dix.

Certes je me doute bien que si j'achète un grille-pain à 20 euros il ne durera pas 20 ans. Mais si j'investis 60 euros dans le modèle d'à côté suis-je sûr qu'il durera plus longtemps ? Je n'ai pas la moindre garantie à ce sujet. Du coup, j'ai effectivement tendance comme la majorité des gens à acheter le modèle à 20 euros rapidement obsolète mais c'est un choix que je fais à regret. Si on me garantissait une durabilité importante pour le modèle le plus cher je l'achèterais sans hésitation.


52. Fred mardi 8 mars 2011 16:33

Bonjour, le post est intéressant, et est convaincant sur les faiblesses du film diffusé sur Arte. Ceci dit, nier l'existence d'une obsolescence programmée (ou au moins raisonnée) par les industriels semble également excessif (on le voit bien dans le film avec la puce Epson qui met l'imprimante en panne après xxx pages sans autre motif que de faire de cette imprimante un produit jetable).

Je pense qu'il y a une solution : basculer dans une économie d'usage. On payerait pour un service (l'usage d'un PC, d'un four à micro-ondes, d'une pompe de piscine, d'une voiture...) un forfait annuel. Le fabricant met le produit à disposition et c'est à lui de faire en sorte que l'usage soit assuré. À ma connaissance ce genre de chose existe pour les photocopieuses et conduit à un taux de recyclage des pièces de photocopieuse très élevé.

Au final on aurait le même service qu'actuellement, avec un prix fonction de la fiabilité attendue (raisonnée en fonction des contraintes de service de l'usager). Pour l'usager cela ne changerait rien en terme de coût, mais en terme de consommation de ressources cela change tout : les constructeurs seraient incités à réaliser des produits optimisant le coût de maintenance donc aussi fiables que possible et à recycler au maximum les pièces des appareils usagés.

On peut imaginer qu'une telle économie serait inflationniste car il faudrait financer le travail nécessaire pour assurer la maintenance, et on sait que le travail est coûteux en occident. Mais d'une part, ce coût serait partiellement financé par l'économie sur les ressources. D'autre part, le temps passé par le constructeur pour la maintenance est optimisé par rapport au temps passé par l'usager pour assurer la même maintenance (ou le remplacement d'un appareil obsolète). Le temps gagné collectivement pourra être réinvesti au niveau macroéconomique pour financer le surcout de la maintenance. Enfin, ce système étant consommateur de main d'œuvre il permettrait de réduire le chômage et donc le coût social du non-emploi.

Ainsi un tel système serait très pratique dans la vie de tout les jours mais au plan macroéconomique ses bénéfices sont sans doute supérieurs aux coûts du système actuel.


53. ALC mardi 8 mars 2011 16:41

Allez, un nouveau commentaire qui ne sert à rien mais qui fait plaisir:
Beaucoup de produits sont jetés par les consommateurs alors qu'ils sont en parfait état de marche, par simple goût pour la nouveauté. On en a un parfait exemple avec les téléphones portables (changés en moyenne tous les deux ans, alors qu'ils peuvent durer facilement quatre ou cinq ans).
Pas besoin de complot, le goût pour la nouveauté / variété suffit.


54. Paulo mardi 8 mars 2011 16:43

Bonjour,

à propos du besoin de variété et de nouveauté, quelle lecture stimulante conseilleriez vous sur ce thème?

cordialement

Paulo


55. Hugues mardi 8 mars 2011 16:43

Comme geographedumonde geographie.blog.lemonde.f... ), vous aimez provoquer et cela suscite un débat intéressant.

Néanmoins votre argument concernant la longueur du billet est un peu court. À chaque fois qu'un commentateur vous fait une remarque vous indiquez que le billet était déjà trop long.

Comme vous, je n'ai pas aimé la coloration théorie du complot (elle me rappelle d'ailleurs celle du "cauchemar de Darwin"). Toutefois vous caricaturez le documentaire et cela altère la pertinence de votre point de vue.

Le dialogue ne peut pas vraiment s'établir car vous déniez aux auteurs du documentaire de se positionner comme "environnementalistes". Ce documentaire est militant mais pas fondamentalement malhonnête.

Finalement votre billet me rappelle un billet de John Kay : Green lobby must be treated as a religion (www.johnkay.com/2007/01/0... ). Dans les deux cas, l'économiste se positionne en surplomb du débat en oubliant que sa science a aussi des limites (externalités, asymétrie d'information). C'est regrettable.


56. idéesmobiles mardi 8 mars 2011 17:18

Je suis d'accord avec vous, mauvais reportage sur un bon sujet. Il reste que l’asymétrie de l'information est centrale et pas du tout développé dans le reportage. Mes deux centimes sur le sujet (écrit avant de voir le reportage): ideesmobiles.over-blog.co...


57. Fabien mardi 8 mars 2011 17:26

La critique est aisee... Ce documentaire "d'une nullite integrale" a au moins le merite de montrer le probleme de la sur-consommation, exacerbe par une obsolescence, voulue ou non.
La violence de votre critque n'est peut-etre qu'une reaction de rejet, face au constat insupportable des impacts negatifs de notre facon de vivre sur notre environnement.


58. Eric Cardonnel mardi 8 mars 2011 17:31

Bonjour Alexandre,

marrant comme vous balayez d'un revers de main, ou plutôt par un « demandez aux africains s'ils ne préfèreraient pas vivre comme nous » les kilomètres de décharges de nos rebus informatiques et polluants exportés ILLEGALEMENT (comme l'indique bien ce reportage, mais vous oubliez de le préciser).

Marrant également la façon dont vous étiquetez de "complot" avec tout ce que ce mot peut avoir de nauséabond, une ENTENTE entre les fabricants d'ampoule dans le monde, entente qui a bel et bien existé et qui a été condamnée par la justice américaine (comme l'indique bien ce reportage, mais vous oubliez de le préciser).

C'est cela être econoclaste selon vous ? Le mot qui me vient en lisant votre billet est plutôt econoCASTE, ne trouvez-vous pas ?

Bref, votre billet n'exprime que votre point de vue à charge sur ce reportage - et c'est déjà beaucoup - mais j'y ai vu bien d'autres choses - et c'est beaucoup aussi.

Amicalement,
Eric


59. Captp mardi 8 mars 2011 18:04

Je pense que ceci va vous éclairer un peu :-P, ça s'applique aussi à l'économie.
www.smbc-comics.com/index...


60. idéesmobiles mardi 8 mars 2011 18:05

Votre réponse sur le fond du problème suppose que le consommateur sait ce qu'il veut et qu'il choisit des biens de durée de vie non optimale à dessein (pour profiter de l'évolution des modèle...) mais il me semble que l'analogie avec l'efficacité énergétique est pertinente: Avant que l'affichage de l'efficacité énergétique ne soit obligatoire, peu de gens se préoccupaient de celle-ci. A partir du moment où l'affichage de l'information a été obligatoire, les consommateurs ont massivement opté pour des modèles plus efficaces et tous les constructeurs ont dû améliorer l'efficacité de leurs modèle pour faire face à ce changement de préférence. Ici c'est pareil avec la durée de vie, il manque l'information pour le consommateur, si elle était disponible, le comportement des consommateurs (et donc des producteurs pour y répondre) serait très certainement modifié.

A la différence de l'efficacité énergétique, le contrôle de l'information fournie par le producteur sera très difficile, raison pour laquelle je milite plutôt pour un allongement de la durée légale de garantie.


61. mokas01 mardi 8 mars 2011 18:11

J'approuve le commentaire rayon de soleil !
Vous confondez tout, et votre commentaire est d'autant plus partial. Votre point de vue d'économiste (à différencier de l'économe !) et bêtement consumériste vous amène à justifier tout et n'importe quoi : Dans l'imprimante, le constructeur aurait bien pu ne mettre ni puce ni detecteur. L'utilisateur aurait bien vu que ses impressions etaient mauvaises au bout d'un temps !
Même chose pour le commentaire de M. energie qui veut changer de technologie pour eviter une surconsommation... Mais la différence entre mon frigo de 30 ans (plus vieux que moi !) et celui que vous allez acheter demain est minime, par rapport à l'énergie et aux ressources que vous aurez eu à déployer pour en produire un nouveau.
Pour en revenir à l'auteur de la critique, pourquoi niez vous systématiquement (sans preuves) ce que le reportage défend (avec des preuves certes pas assez travaillées). Pourquoi introduire un prétendu antisémitisme. Suis-je raciste si je précise qu'un ingénieur est noir ? Sexiste si je dis que sa patronne est une femme ? (rêvons en ce jour ui leur est bêtement con-sacré!)
Vous melangez les choux et les carottes avec une verve magnifique, vous empéchant d'envisager que l'énergie et les matières premières sont pillées à des pays dans lesquels la main d'oeuvre est peu chère... Mon dieu qu'ils sont cons, d'ailleurs, ces africains de ne pas s'être développés ! Heureusement on leur refourgue nos poubelles, et ils auront le temps d'y chercher ce qu'ils pourront recupérer, parce que oui, c'est souvent récupérable.

Alors du point de vue de l'économiste, c'est peut-être viable. Mais sur une pensée à long terme, il faudrait envisager un cout réel (estimé par les économistes qui soutiennent d'autres position à 8 fois le prix actuel !) des matières premières bien plus élevé (si on considérait que les ressources sont limitées et non renouvelables, pour la plupart), et arrêter enfin de nous prendre pour des truffes : Si les entreprises vendaient des ampoules garanties 1500h puis 30 ans plus tard 1000h, ce n'est pas que pour des considérations techniques et d'uniformisation!

Alors, comme le dit un autre commentaire, restez croyant !


62. Christophe mardi 8 mars 2011 18:26

Je découvre votre blog et c'est un régal que de vous lire.
Votre finesse d'esprit et votre rigueur sont dignes d'un fin limier mais je ne désespère pas d'y arriver un jour à force de travail.
Bonne continuation et au plaisir de vous lire (j'ai du retard avec vos anciens billets)


63. Zorglub mardi 8 mars 2011 18:46

J'ai découvert votre blog par l'intermédiaire d'un ami qui en est fan, et qui m'a envoyé votre post sur l'immobilier à Paris - j'y ai d'ailleurs réagi, mais ma réaction n'a pas été publiée (délibérément, ou erreur de manip) ?

Vous êtes sûrement doué pour parler d'économie, mais c'est autre chose en matière d'environnement. C'est simple, vous mélangez tout. Votre argumentation est bourrée de biais. Et si, comme vous, j'ai trouvé que le documentaire d'Arte était bien trop succinct par moments, vous procédez à de tels raccourcis (par exemple sur la RDA, passage que vous surinterprétez complètement et qui tue tout débat) qu'effectivement, vos lecteurs n'auront pas envie de le regarder !

Un internaute assimile votre rhétorique à celle de Claude Allègre : il a mille fois raison. Quoi qu'il en soit, bonne continuation.


64. karg se mardi 8 mars 2011 18:54

- "La croissance infinie est incompatible avec des ressources finies";

=> l'économie est en grande partie dématérialisé, on peut faire plus de chiffre avec moins de matière, cette affirmation est de plus en plus vide de sens.

- "Finalement, pour se sortir de là, l'homme devrait accepter de s'ennuyer".
Aucun sens aussi, les loisirs n'ont pas forcément un impact sur l'environnement et la consommation.


65. bajer mardi 8 mars 2011 19:02

impact, environnement, nature, développement durable, préserver, ressources naturelles, ... Autant de mots malheureusement absents dans cet article. Je dis ça, je ne dis rien...


66. VilCoyote mardi 8 mars 2011 19:33

Et l'obsolescence programmée de la monnaie, c'est un mythe ça, peut-être ? Hein ?
Et celle du cerveau humain ? Vous avez vu combien de personnes sur cette page elle a déjà touché ? Et vous continuez de nier sa réalité ? Fumier, va.


67. Etienne mardi 8 mars 2011 19:48

Vous avez raison, ce documentaire n'est pas très informatif.
Il aurait été intéressant d'interroger par exemple les fabricant de ces imprimantes pour savoir comment ils expliquent l'existence de cette puce.

Je crois personnellement que le problème n'est pas de savoir si les entreprises produisent des objets "programmés pour tomber en panne" ou pas.

Après tout, comme vous l'expliquez très bien (ce que le documentaire ne fait pas), si c'est plus profitable pour l'entreprise de faire comme ça, alors ils ont raison de le faire. Une entreprise est là pour faire du profit.

La question est plutôt de savoir pourquoi les consommateurs jettent des objets encore en fonctionnement.

J'étais dans une décharge l'autre jour et ma copine et moi avons halluciné de voir un couple jeter un sofa en cuir en parfait état. J'imagine qu'ils venaient de s'en acheter un neuf (peut être à crédit d'ailleurs).

Il s'agit là bien sur d'une conséquence des stratégies marketing et de nos comportement qui font qu'on est plus heureux (ou qu'on se croit plus heureux si on a rien d'autre pour nous rendre heureux) si on achète quelque chose de neuf ou de nouveau.

Le problème principal est que ces stratégies datent de l'époque où on pensait encore (comme on pensait à d'autres époques que la terre était plate) que les ressources sur la terre étaient infinies.

On sait bien évidemment que ce n'est plus le cas et nous somme désormais presque 7 milliards. Il est donc maintenant aberrant d'un point de vue écologique de se comporter de la sorte.

Mais il s'agit là plutôt d'un problème d'éducation et de volonté politique.



68. Migoux mardi 8 mars 2011 19:57

A propos du profit et du coût de production des collants vous dites :
"Elle pourrait donc réaliser un profit largement supérieur, en vendant par exemple un collant garanti un an (avec remplacement gratuit s'il se file entretemps, pour rassurer les clientes) pour une centaine d'euros."

Si ce raisonnement se tient pour un objet comme un collant, il n'est plus vrai pour un objet électronique (comme l'imprimante dans le documentaire).
En effet, dans l'imprimante, le fabricant ajoute une puce qui comptabilise le nombre d'impression, et elle se bloque après 18 000 impressions (et comme c'est moins cher que d'en achetez une nouvelle... bref vous connaissez la suite).
Dans un cas comme celui-ci, ça ne coûte presque rien au fabricant d'ajouter cette puce.
Il vend le même prix son imprimante avec la puce ou non.
Et dans ce cas, c'est clairement une panne prévue par le fabricant qui force le consommateur à en acheter une nouvelle...

Je ne dis pas que c'est généralisable à tous nos objets électroniques, mais ça montre que pour un objet comme ça, c'est très facile et ça profite bien au fabricant de le faire.

Réponse de Alexandre Delaigue :

Bien sûr que non, ca ne lui profite pas. Tant que vous avez votre imprimante Epson, vous engraissez la marque en rachetant des cartouches d'encre (qui sont la source de bénéfices : les imprimantes hors cartouches sont vendues sans marge, selon le modèle des rasoirs gilette). Le jour ou l'imprimante s'arrête, vous risquez de changer de marque. Donc c'est idiot.

69. J-E mardi 8 mars 2011 20:02

Merci pour ce post, ça m'a bien amusé, même si le niveau économique de la production journalistique est de plus en plus déprimant, je ne sais pas comment vous faites pour trouver le courage de faire ainsi oeuvre de salubrité publique (vraiment nécessaire si j'en juge par certains commentaires consternants ci-dessus).

Ceci dit et comme je râle moi aussi assez souvent sur la qualité des biens, je crois que ce mythe prend bien parce qu'il apporte la mauvaise explication à un phénomène en partie réel. Dans un monde d'asymétries d'information et tant qu'elles ne peuvent pas être parfaitement réglées (quelle garantie ai-je qu'en cas de panne de mon ordinateur on me le remplacera plutôt que de m'expliquer que s'il a planté c'est de ma faute) la quantité produite à l'équilibre sera sous-optimale. Pour certains biens je serais prêt à payer plus cher pour une meilleure qualité, c'est probablement une demande solvable, mais si quelqu'un me proposait ce bien de meilleure qualité en l'absence de garantie je continuerais de prendre le moins cher.

Bref je pense que la perception des individus que la qualité des biens pourrait être plus élevée est probablement en grande partie biaisée (négligence des coûts, comme d'hab) mais en partie un peu justifiée. Sauf qu'au lieu d'aller voir les vraies explications (asymétries d'information, externalités environnementales) qui pourraient peut-être mettre la voie sur de vraies solutions, ils préfèrent une explication simple, avec un responsable bien identifié, et qui ne les met pas devant leurs contradictions de consommateurs. Un cas d'école de "phobie économique"...


70. cdc mardi 8 mars 2011 20:03

Votre article m'a ravi, mais j'ai plus encore apprécié (ou savouré) les commentaires furibards des écololâtres de moins de trente ans, par exemple, plus jeunes que leur frigo mais pas plus futés.
Cela dit, les (très rares) fois que j'ai vu un docu d'Arte, c'était du même tonneau, de la pure propagande avec des accents scandalisés.


71. éconoclaste-sm mardi 8 mars 2011 20:10

@jon, com 14 : "Dites moi Alexandre, ne seriez vous pas également négationniste du changement climatique ?"
Dites moi, si je vous demandais si votre mère a couché avec Eric Zemmour, vous trouveriez ça correct ? Je ne sais pas pourquoi Alexandre a publié ça, mais je vais vous dire un truc : surveillez votre langage, sinon, vous avez peu de chance de revoir votre prose ici. Wé, c'est de l'obsolescence programmée authentique ça.


72. PASCAL mardi 8 mars 2011 20:38

Je lis :

"Excellente question. L'explication fournie est que ce compteur sert à mesurer l'état de saleté d'une pièce interne soumise à des projections d'encre. Il me semble plausible d'imaginer que plutôt qu'un "détecteur de saleté" forcément coûteux, le fabricant, pour ne pas s'embêter, a préféré mettre ce compteur qui lui coûte moins cher, supposant que personne ne ferait autant d'impressions avec cette imprimante bas de gamme de toute façon. Notez que la stratégie des producteurs d'imprimante est de perdre de l'argent sur les imprimantes mais d'en gagner sur les clients captifs qui rachètent des cartouches fort chères (un peu comme Gilette avec ses lames de rasoir)"

Bien, parlons des cartouches, alors : dans mon imprimante précédente, les cartouches étaient dépourvues de puces, lorsque l'imprimante me disait qu'une cartouche était vide, je n'avais qu'à l'ôter, puis la remettre en place pour pouvoir continuer à imprimer … Pas mal de temps, j'ai même eu une fois deux fois le message "cartouche vide", et malgré ça j'ai pu encore imprimer, après un second "retrait/remise en place" de la cartouche, une quinzaine de pages, avant de devoir la changer pour de bon cette fois. Bien sûr, ce n'est arrivé qu'une fois, mais si je fais une moyenne de l'usage de cette imprimante, je dirais qu'elle annonce vide des cartouches remplies encore à 30%.

La bête (l'imprimante) était solide, mais pas increvable, après plusieurs années de bons et loyaux services, j'ai du la changer. Avec la nouvelle (de même marque), je suis contraint de jeter mes cartouches remplies encore à 30%, parce qu'ils leur ont greffé une puce pour m'empêcher de les vider complètement.

Si ce n'est pas de "l'obsolescence programmée", c'est quoi, ça ?


73. LecteurDeLongueDate mardi 8 mars 2011 20:43

Alexandre :
le passage sur Bernard London (qui a promu l'idée d'une sortie de crise des années 30 par l'obsolescence programmée) avait pour objectif d'expliquer comment, au cours du XXème siècle, une idée a fait progressivement son chemin, l'idée que, pour des motifs économiques, la hausse de la consommation (pour elle-même, c'est à dire indépendamment de la satisfaction des besoins) va de pair avec l'intérêt général de la société. C'est très important dans la thèse de ce documentaire, d'où un passage un peu long. Le documentaire veut montrer que, puisqu'il devient admis que notre société irait moins bien demain si l'on choisissait de moins consommer, il devient de bonne politique et de bonne morale, que de ne rien faire (au mieux) contre l'obsolescence programmée. Cela ne démontre pas l'existence de l'obsolescence programmée, mais a pour objet de montrer dans quel contexte l'obsolescence programmée a pu émergé tout en étant politiquement acceptée.

Si les médias ont applaudi le documentaire, c'est parce que ce contexte où la consommation (pour elle-même) apparaît comme notre salut, semble très prégnant de nos jours. Ce qui marque le plus les esprits, c'est l'idée que l'Etat est si prisonnier de la nécessité de "relancer" l'économie par la consommation, qu'il ne peut en faire l'impasse malgré un dette grandissante. De fait, pas plus tard qu'il y a encore quelques mois, l'Etat français, "en faillite" d'après le premier ministre, incitait par des subventions les particuliers à remplacer leur véhicule usé par un neuf (prime à la casse).


74. Mechsangoku mardi 8 mars 2011 22:06

"Ce documentaire est hélas d'une nullité intégrale. Parfois hilarant de bêtise, parfois nauséabond de complotisme, en tout cas, jamais informatif."

Votre point de vue est un brin violent et bien d'un ton bien trop certain pour un économiste, qui au passage je le rappel n'est pas une science exacte.

Un peu de modestie que diable. Un peu d'ouverture d'esprit !

Réponse de Alexandre Delaigue :

Merci d'avoir joué. Vous avez sauté au bout de deux phrases, beau record.

75. Liberty Valance mardi 8 mars 2011 22:11

Excellent article qui n’est à côté de la plaque qu’au final : vous attribuez le penchant complotiste et l’aveuglement économique du docu à une sorte de « faute professionnelle ».

Ce faisant vous êtes dans l’erreur : là comme ailleurs, c’est une pure question de demande suscitant l’offre. Autrement dit , les commanditaires c’est-à-dire les chaines de télévision, font fabriquer ce qu’ils veulent voir à l'attente.

En écrivant cela je défends bien évidemment ma boutique puisque j'exerce cette coupable de profession de documentariste plus ou moins spécialisé dans l'économie…

Depuis une dizaine d’années, pratiquement tous les docus économiques qui « marchent bien » (c’est à dire qui recueillent de bonnes critiques et font de l’écoute) sont à base idéologique « complotiste » et « horreur économique ». C’ est devenu comme une norme du genre.

Si vous regardez de près les cases documentaires des programmes de télévision vous serez frappés de ce qu’on navigue aujourd’hui au rythme d’enfer : « un documentaire, un scandale ». L'impératif est tellement fort que les professionnels de la profession ont aujourd'hui un problème : on est à court de scandales. Du coup, on se retrouve à en débusquer là où il n'y en a pas vraiment…

Par exemple, vous avez sans doute remarqué le nombre incroyable de documentaires nous expliquant qu'on mange de la merde et que l'agroalimentaire nous empoisonne au sens strict du mot.

Tous ces films font d'excellents taux d'écoute sans doute parce qu'ils excellent à maintenir la cohérence de leur discours économique par exemple en évitant tous soigneusement de se demander par quel miracle l'espérance de vie peut-être en constante augmentation alors même qu’à les en croire notre environnement nutritif est en pleine dégradation…

En posant cette question je fais évidemment l'imbécile car je n'ignore pas que quand l'idéologie est en contradiction avec les faits, ce sont les faits qui ont tort.

Plus sérieusement, il est très intéressant de s'interroger quant aux raisons pour lesquelles les approches « complotistes » et « horreur économique » sont aussi en vogue aussi bien auprès du public que des responsables de chaînes.

Il y a mon avis plusieurs raisons qui convergent toutes. Certaines relèvent de la sociologie des organisations, d'autres des phénomènes d'idéologie dominante, d'autres enfin des règles de la dramaturgie.

Du côté des responsables de chaînes commanditant les programmes, on notera qu'aucun n’a la moindre formation économique. Pour ceux qui ont des formations supérieures, presque tous sont des littéraires purs et durs (sociologie, lettres, psychologie, journalisme, droit, histoire, science politique au mieux ). Il en est de même des journalistes qui écriront les critiques. Pas le moindre économiste, commercial ou spécialiste du marketing en vue…

Politiquement, surtout sur les chaînes publics, Arte compris, la plupart des commanditaires ont un passé et même un présent de militant d’extrême gauche. Les plus droitiers sont à l’aile gauche du PS version Hamon. Autrement dit, presque tous sont en rupture morale fondamentale avec le principe même de l'économie de marché. Il en résulte que l'approche « horreur économique » de l’économie est largement dominante. Il est très difficile aux voix dissonantes d'émerger pour les raisons classiques de sociologie des organisations qui font qu'on a tendance à coopter ceux qui partagent vos idées.

Mieux encore, la génération des responsables « méndéso-rocardo-jospinistes » c'est-à-dire ceux qui quoi que de gauche pensaient qu’il convenait malgré tout de produire les richesses avant que les distribuer est en train de passer la main. Elle est remplacée par des gens qui ont intellectuellement tendance à faire de la morale plutôt que de la politique ce qui les éloigne par essence d’un vrai rapport aux faits.

Dans les chaines idéologiquement de droite (TF1, M6 , W8, C+ , etc….) les responsables sont sociologiquement et intellectuellement de droite mais depuis quelques années la force des idées écologiques plus ou moins décroissantes leur fait envisager l'économie comme une forme de nuisance plutôt que la contrepartie d'un bien-être. Autrement dit, on peut aussi bien arriver par la droite que par la gauche au schéma « l'horreur économique ».

Dans cet environnement, il est extrêmement difficile de défendre une approche simplement factuelle et pédagogique des choses. Notre société est tellement « de défiance » qu'on est perpétuellement sommé de débusquer l'entourloupe des classes dirigeantes. Difficile dans cette atmosphère de garder la tête froide et de maintenir le curseur du récit là ou il doit être.

Par ailleurs, il faut bien reconnaître que le complotisme fait de la bonne dramaturgie. Il y a des bons et des méchants. Le réalisateur (et donc avec lui le spectateur) étant bien évidemment du côté des bons, on attend avec impatience la dénonciation et la défaite du « dark side of the force ». On bat des mains à voir les méchants se faire démasquer. Il y a de la passion et donc du plaisir à regarder…

Autre grand avantage du complot : c'est une valorisation par essence du spectateur. En effet, il est, comme le réalisateur, par définition toujours du côté des grands initiés, ceux qui ont su dessiller les yeux et voir le réel qu'on voulait leur cacher (car je n'ai jamais vu un récit à mécanique complotiste raconté du point de vue des gens abusés c'est-à-dire des imbéciles…. ) Il faut bien reconnaître qu'il y a du plaisir et de l'exaltation à se convaincre qu'on est intelligent et qu'on fait partie de ceux qui ont su y voir clair.

A l’inverse, l’économie ne fait pas le poids en termes d’affect et de dramaturgie car c’est un univers de la nuance et de la complexité. On y examine avec raison et froideur les moult effets pervers prêt à surgir au coin du bois. Trop compliqué et abstrait et donc au final peu bandant ! Comme disait le grand Alexis (de Tocquevlle) : « Une idée fausse, mais claire et précise, aura toujours plus de puissance dans le monde qu’une idée vraie, mais complexe ». Là est le drame absolu de l’économie à la télé.

Dernier point, c'est une banalité de constater que la France est le pays des idées générales et de la croyance dans le pouvoir créateur du politique. Si l'assemblée nationale vote que l’herbe est bleue et le ciel vert et bien qu'il en soit ainsi…

Autrement dit, dans la hiérarchie de ce qui fait l'intelligence du monde, les faits occupent le bas de l'échelle.

Si vous travaillez pour la BBC ou National Geographic, vous aurez la surprise quelques semaines avant la diffusion de recevoir un coup fil d’un jeune assistant « fact checker » auquel vous devrez justifier vos sources.

Par exemple, si votre commentaire assène que les biberons au bisphénol donnent le cancer aux nourrissons , il vous demandera de lui faxer les études vous permettant de dire ça.

Rien de tel sur les chaines de télévision française. Là, le seul contrôle est celui de conformité aux idées générales c’est-à-dire la communion avec les opinions du commanditaire ou l’évitement des chausses trappes du politiquement correct. Sur le reste (par exemple les chiffres bruts) vous pouvez raconter absolument n’importe quoi sans que quiconque ne cille.

Par exemple, récemment, une phrase de commentaire d’une émission magazine, indiquant que 1% des américains les plus riches possédaient 90% de la richesse nationale. La phrase a passé sans encombre une bonne dizaine de filtres et n’a été intercepté que juste avant l’antenne (par moi….).

Pourtant, il ne suffit que d’une culture économique très basique pour relever qu’a contrario il résulterait de cette affirmation que 99%¨de la population américaine vit avec 10% de la richesse nationale ce qui serait proprement stupéfiant dans un pays massivement de classe moyenne comme il suffit de se promener dans les banlieues pour s'en convaincre (en fait, le premier centile mobilise aux environs de 27 % de la richesse nationale ce qui est déjà proprement colossal en terme d'inégalité).

Bref, l'économie, la vraie, celle de la réalité et de la complexité, n'a vraiment pas de beaux jours devant elle sur les étranges lucarnes….


76. cdc mardi 8 mars 2011 22:31

Tout petit commentaire à PASCAL : il est vrai que j'utilise mes imprimantes (souvent)à des fins (horreur) professionnelles, et que lorsque j'imprime un document A3 ou A2, j'aime savoir si j'ai encore assez d'encre pour arriver au bout du travail... Cela dit, on sait bien que les fabriquants d'imprimantes bradent leurs machines pour vendre de l'encre à prix d'or, c'est un business model qu'on peut ne pas beaucoup aimer, certes, mais qui n'a rien à voir avec la planned obsolescence.


77. Hugues mardi 8 mars 2011 23:14

Je ne ferais pas de commentaires sur le documentaire que je n'ai pas vu.
Par contre je suis très surpris, et déçu, par ce post.

Demandez à n'importe quel Dr Marketing, et il vous tiendra une autre analyse:
A l'instant t, les clients n'ont pas le moyen de comparer la durée de vie des produits. Tout au plus peuvent-ils comparer les fonctionnalités. Dc les fabricants se battent au maximum sur ces fonctionnalités. Ensuite, les ingénieurs fabriquent au moins cher le produit rendant les fonctionnalités. Et en passant, ils rognent sur la quantité et la qualité des matières premières, sur la qualité des process, on remplace le métal par le plastique, etc,... ce qui se traduit par une baisse de la durée de vie. 
C'est la 1ère cause.
C'est pour cette raison que quasiment tous les segments de grande consommation voient une tendance à la baisse du prix, puis la baisse en gamme, l'apparition de premiers prix et le déplacement des productions vers des zones a main d'oeuvre meilleur marché.

Bien sûr il y a toujours un fabricant pour essayer de se spécialiser dans le haut de gamme  (voir par ex. les produits electro-menagers Miele qui durent de 2 à 3 fois plus longtemps mais coutent 2 fois plus cher)
Le plus souvent, c'est cet achat qui est le plus rentable pour le consommateur. Mais ce dernier ne le sait pas s'il n'a pas les réseaux informationnels pour le lui prouver. Et du coup, il y a moins de clients pour ce positionnement, et donc la place est dure a occuper, surtout qu'il faut innover pour faire des fonctionnalités différenciantes le plus souvent inutiles, pour ancrer dans l'esprit du client la supériorité technique du produit. Au total, la plupart des fabricants préfèrent éviter ce positionnement, par ailleurs vite détruit en cas de problème de production ou d'erreur dans la gestion du portefeuille de produit.

Ce raisonnement est d'autant plus vrai que le produit est peu impliquant et qu'on agit sur impulsion. Il commence a l'être beaucoup moins sur une voiture, car vu les sommes en jeu, on va se renseigner sur la fiabilité.
Il est également conforté dans les domaines où les clients aiment le changement, quand l'obsolescence est pratiquement désirée par le client. Il est de notoriété publique que Zara a bâti son succès sur sa capacité à proposer des produits à petit prix, de qualité limitée, mais suffisamment solides pour durer une saison, jusqu'à la prochaine mode. Et ces chaines de textile ont tué l'industrie du textile française, qui favorisait la durabilité au détriment du prix. 

Ensuite vient l'obsolescence programmée, c'est-a-dire intentionnelle. 
Bien sûr qu'elle existe, par exemple par l'augmentation des prix des pièces détachées, par la modification de l'écosystème compatible. C'est le mode de fonctionnent de l'industrie informatique, qui crée des fonctionnalites demandant de la puissance pour forcer à changer de plateforme matérielle, et vend ainsi des nouveaux logiciels (le couple Intel/Microsoft; ou Apple, qui exclue arbitrairement certains matériels moins récents de la liste des produits compatibles avec les nouveaux O.S). C'est les dates de péremption qui sont raccourcies. 

Nous vivons dans une société qui porte bien son nom: la société de consommation. Elle s'arrête si on s'arrête de consommer. 
Donc le système, de façon endogène pousse à la consommation, en raccourcissant les cycles de vie et en créant des besoins artificiels.
L'obsolescence programmée ou subie en est un des moteurs essentiels

Réponse de Alexandre Delaigue :

Sauf qu'il y a encore un arbitrage que vous négligez. Créer un logiciel compatible avec toutes les versions précédentes des matériels et système coûte cher et rend les systèmes extrêmement lourds. Si vous voulez faire du traitement de texte et de la bureautique, un ordinateur de 8 ans vous le permettra. Vous pouvez même mettre le dernier windows dessus. Si vous voulez faire autre chose, par exemple les jeux plus récents, il vous faudra un nouveau matériel. Mais personne ne vous oblige à jouer à des jeux récents et à vous extasier sur des graphismes dernier cri.

78. Joseph mardi 8 mars 2011 23:40

Alexandre, vous me faites plaisir !
Je n'avais pas réussi à regarder ce 'documentaire' (sic) jusqu'au bout tellement je trouvais débiles les idées qu'il sous-tendait.
Et je me demande bien, moi aussi, comment il a pu avoir autant de critiques positives.
Vous m'avez économisé le travail d'argumentation sur la nullité de ce film auprès de mes proches.
Bonne soirée !


79. J'ai pas de titre mardi 8 mars 2011 23:42

Excellent post, malgré quelques critiques que j'aurais pu faire. En arrivant à la fin des commentaires, j'ai vu qu'ils avaient été soulevés à plusieurs reprises, notamment les questions d'asymétrie d'information qui me semblent un point central qui manquent effectivement au post original.

@PASCAL: Eh oui, le phénomène existe et il est rageant. Et encore, vous avez de la chance, vous utilisez une marque qui ne se bloque pas automatiquement. Il paraît que ces dispositifs sont faits pour protéger de l'usure les têtes d'impression, certaines marques les intégrant à la cartouche et d'autres non. Vous trouverez une foule de littérature sur l'internet à ce sujet. Il existe par ailleurs toute une industrie du remplissage de cartouches, avec des magasins ou des kits à utiliser soi même pour contourner le prix élevé des cartouches d'encre.


80. henriparisien mercredi 9 mars 2011 00:40

Voilà un bon billet ! Du grand econoclaste et cela fait du bien de vous relire.

D'autant plus que vous trouvez visiblement un nouveau public ; Même s'il est parfois un peu critique :)

Ah, mention spéciale pour le post de liberty valence qui donne un éclairage pertinent sur le marché des docus télés.






81. Kart mercredi 9 mars 2011 02:58

Si les concepteurs ont intérêt à donner des garanties sur leurs produits pour les vendre plus chers, pourquoi n'y a-t-il pas plus de différence dans les durées de garantie? Quand je vais chez Darty ou à la FNAC je m'attends donc, conformément à votre analyse, à trouver des sèche-cheveux/lave-linge/frigidaire (à fonctions équivalentes) plus chers avec de longues garanties, moins chers avec de courtes garanties. Or, en réalité, je trouve des appareils avec une garantie fixe (un an), auquel je peux ajouter une extension payante de garantie pour un prix forfaitaire. Ni le prix ni la durée de la garantie ne varient en fonction de l'appareil. Pourquoi?

Alors que j'ai un fort pouvoir d'achat et suis que la durabilité des biens est une caractéristique qui compte dans mes choix de consommation, je vois très peu d'exemples de bien garantis pour aller dans votre sens. La plupart de mes consommations d'investissements (hi-fi, meubles, cuisine, électronique) ont en leur temps été basées sur le bouche-à-oreille (ma mère par exemple), et non sur la garantie. Les emplis NAD ne sont pas garantis plus longtemps que les chaînes hi-fi Thomson, en tous cas pas à la FNAC. Baser toutes vos réponses à vos commentateurs sur l'existence de tels biens me paraît donc un peu bancal.

En cherchant bien, oui, on en trouve quelques uns : les moteurs magimix, les cartables eastpack et quelques autres.

Enfin, la tyrannie du marché (que vous citez deux fois) s'applique - j'imagine - pour les consommateurs pauvres, qui ne peuvent motiver par leur faible demande l'apparition de chaînes de production à bas coût. Pour reprendre les bas encore une fois, comment se fait-il qu'en revanche des bas indéchirables ne sont pas vendus, même hors de prix, pour les richissimes clientes parisiennes (qui elles, pourtant, pourraient y mettre le prix)?

Et je souscris aux analyses de idéesmobiles en terme d'aléas moral.


82. verel mercredi 9 mars 2011 05:08

on ne sait pas si on doit rire ou être consterné à la lecture de certains commentaires. Prenons le parti de rire!

Étienne en 67 nous explique très sérieusement :
"Le problème principal est que ces stratégies datent de l'époque où on pensait encore (comme on pensait à d'autres époques que la terre était plate) que les ressources sur la terre étaient infinies.

On sait bien évidemment que ce n'est plus le cas et nous somme désormais presque 7 milliards."

le privilège des vieux comme moi, c'est que non seulement ils sont plus vieux que leur frigo (encore une preuve de la volonté d'obsolescence, mais je ne sais plus très bien si c'est celle du frigo ou de l'homme, Vil Coyote en 66 a un avis amusant là dessus), mais ils se souviennent de choses que certains n'ont pas connus

D'abord, certes, ils ont entendu parler de Malthus, même si, évidemment, ils ne l'ont pas connu personnellement
fr.wikipedia.org/wiki/Tho...

Mais ils ont vécu la publication en 1972 du rapport intitulé en français "halte à la croissance" des travaux du Club de Rome
fr.wikipedia.org/wiki/Clu...

Cet ancêtre des partisans de la décroissance et successeur de Malthus nous expliquait qu'on avait à l'époque des réserves de matières premières limitées, et les chiffraient en années de consommation. S'ils avaient eu raison, il y a 48 ans, il y a bien longtemps que nous n'aurions plus de pétrole, de cuivre etc, etc...

Dit autrement, ils ont mis le doigt sur une vraie question (l'économie n'est elle pas la science de l'utilisation de ressources rares?), mais ils se sont trompés dans les grandes largeurs

En réalité, il y avait et il y a encore des gens pour qui le fait que les ressources sont limités est une question qui justifie de se tourner vers la croissance zéro voire la décroissance et d'autres qui n'en tirent pas les mêmes conséquences
Pour l'instant, et depuis plusieurs siècles, les premiers ont eu tort dans leurs prévisions, et les seconds ont montré que l'homme était effectivement capable d'inventer des solutions efficaces à ce type de problème

Sinon, merci beaucoup à liberty valence pour son commentaire

Au delà des biais de conviction, je constate un vrai problème de compétences chez ceux qui tiennent les médias, des gens à formation littéraire qui ne semblent avoir aucune idée des ordres de grandeur

Je m'énerve régulièrement sur mon blog des titres ou des articles du Monde, à propos des chiffres cités

Deux exemples qui me viennent à l'esprit

En une, un article à propos de la réforme des retraites à l'automne, où on lit que l'espérance de vie augmente de 3 mois tous les 4 ans, alors que c'est 3 mois tous les ans ou un an tous les 4 ans

Le 20 août dernier, un titre du Monde annonce à propos des inondations au Pakistan : la Commission Européenne porte à 70 milliards d’euros son aide
Évidemment, il fallait lire millions, mais pour les gens qui ne comprennent pas grand chose aux chiffres (et il semble qu'il n'y ait pratiquement que cela au Monde) c'est la même chose


83. pe mercredi 9 mars 2011 08:07

Je ne suis pas d'accord avec vos arguments. Vous faites preuve d'angélisme voilà tout...

Vous dîtes qu'il est plus rentable de vendre un seul produit durable et cher que deux fragiles et pas chers. Soit... Comme beaucoup ici je suis plus enclin à croire que les fabricants sont plus sur le trend de vendre 2 fois cher au lieu d'une seule fois... Mais peut-être suis-je dans le faux...
Comme je l'ai écrit, les managers qui nous équipent n'en sont pas à leur coup d'essai (souvenez vous des netbooks, autre article publié). L'appât du gain est tout de même assez palpable dans notre société, ne croyez-vous pas ?
J'en veux pour simple preuve que tous (je dis biens TOUS) les services commerciaux sont récompensés à chaque trimestre (ou période) lors de l'atteinte des objectifs... Et ces objectifs sont tous à la hausse. Le but de toute société est de vendre plus. EN VOLUME... Toujours plus. Vous pouvez prendre le problème par le bout qui vous plaira, il faut vendre toujours plus.... plus inonder le marché ou combattre la concurrence, mais il fait vendre toujours plus. ET on ne vends pas plus en pérennisant la base installée.


84. J-E mercredi 9 mars 2011 09:06

@Liberty Valance : meri pour ce commentaire très instructif, quoique pas rassurant !

@Hugues : vous confondez deux choses il me semble, la fourniture sous-optimale de la qualité (qui se comprend bien en termes d'asymétries d'information) et l'obsolescence planifiée. Votre raisonnement consiste à dire que la concurrence en qualités observables et en prix conduit à rogner sur les aspects difficilement observables de la qualité pour proposer des prix moins chers. Certes. Mais l'obsolescence planifiée va plus loin : c'est diminuer la qualité du produit ALORS MÊME QUE CA NE REDUIT PAS LES COÛTS DE FABRICATION, voire payer plus cher pour diminuer la qualité dudit produit. C'est ce phénomène qu'Alexandre appelle un mythe je pense, pas la fourniture sous-optimale de la qualité en général, qui est un classique de l'économie de l'information.


85. GregF mercredi 9 mars 2011 09:29

@46: Tarquin, qui disait:
"Ensuite l'obsolescence programmée est un fait qu'il est dommage de négliger. Je le tiens de la source sûre d'amis élèves ingénieurs.Concevoir des pièces pour qu'elles rompent peu après la garantie fait partie intégrante des enseignements de mécanique de certaines grandes écoles."

Peut-être aussi que vos amis élèves sont comme bcp d'éleves et n'écoutent qu'à moitié le prof.

Bizarrement, je suis prof justement dans une grande école et j'enseigne la conception de machine de manufacture.

Le message que l'on fait passé est l'inverse du votre:
"Vous faites une étude pour établir la durée de vie de votre système, et vous fixez sa garantie juste avant cette durée de vie."
L'avantage de faire cela est :
1 - de pouvoir vendre des extensions qui ne coute rien en conception, et donc rapporte énormément.
2 - Vendre de la main d'oeuvre de réparation
3 - vendre des formations d'utilisations des systèmes car la garantie ne marche que si l'opérateur a été formé pour ne pas faire de fausse manip.

Où est l'obsolescence programmé là-dedans ?
Nulle part !
La conception coûte déjà assez cher comme cela pour en plus y rajouter une couche d'obsolescence.

Par contre, remplacer les pièces du systèmes, par des pièces de moins bonne facture, pour réduire le prix initial, c'est bon ça :)
(ca permet de faire les premiers prix, qui se vendent bien... il faut l'avouer !)


86. Julian mercredi 9 mars 2011 10:47

Vous pourrez faire tous les débats que vous voudrez, sur tous les détails que vous trouverez à contester dans ce documentaire.
Mais la vérité est qu'il suffit d'observer l'état du monde (politiquement, économiquement et écologiquement) pour voir que nos modèles de sociétés ne sont pas (plus) viables !
C'est une simple question de bon sens, mais peu de personnes sont réellement prêtes à en prendre totalement conscience...

Réponse de Stéphane Ménia :

Le plus ennuyeux, c'est que la marmotte, elle emballe chocolat dans le papier alu.

87. clarisse mercredi 9 mars 2011 10:52

C'est marrant que vous citiez Apple en exemple, parce que sans vouloir faire la complotiste, il y a quand même des éléments pour dire que dans leur cas, s'il ne s'agit pas d'obsolescence programmée, il y a quand même des éléments de conception qui vont dans le sens d'empêcher la réparation de leurs objets.
Prenons l'exemple de l'iPod classic, sur lequel ils n'ont pas fait de changement depuis plusieurs années, le produit semble stabilisé et destiné aux irréductibles qui ne veulent pas passer au touch screen. Comparons cette version presque stabilisée avec la dernière génération de l'époque où il était l'ipod phare et l'ipod touch uniquement un sous-iPhone avec de toute façon trop peu d'espace de stockage pour concurrencer l'ipod classique (qui ne l'était pas encore). Imaginons maintenant que le connecteur jack/hold cesse de fonctionné (ça m'est arrivé 2 fois, ainsi qu'à 2 amis à moi). La pièce concernée est très peu chère bit.ly/dEtdeE
Si on prend la réparation des 5 générations d'ipod précédentes, elle est relativement simple :
bit.ly/f4KzHZ
l'essentiel de la difficulté de la manip' est de ne pas casser le ruban du jack, qui est la pièce qu'on remplace, peu de pression de ce côté...
par contre la version presque stabilisée (qu'on ne remplacera pas pour gagner quelques Go) requiert 18 étapes rien que pour ouvrir le bordel (17 étapes pour la réparation complète pour ses prédécesseurs) : bit.ly/dZncgk
La faute à 13 agrafes pour sceller l'ipod. Personnellement, je n'ai jamais entendu personne me dire que leur ipod s'ouvrait à chaque choc ou quoi que ce soit du genre (même les ipods que j'ai réparés plusieurs fois et donc ouverts et refermés), par contre j'ai entendu souvent parler d'écouteurs qui ne marchaient plus que d'une oreille. Pourquoi avoir alors choisi ce système d'agrafes rendant l'ouverture si difficile ? La forme de l'ipod n'a que modérément changé entre la 5e génération et la dernière. Concevoir ces agrafes qui prennent de la place dans l'objet coûte également de l'argent.
Ah oui et quand j'ai essayé de faire réparer mon ipod (découragée par les 18 étapes susmentionnées), le vendeur m'a dit que n'étant plus sous garantie, Apple ne le réparait pas, quelque soit le montant payé pour cette réparation.
Et là on entre quand même dans un royaume proche de l'obsolescence programmée. Je ne suis pas ingénieur, mais j'imagine que ce système de fermeture à un coût (et le fait que pendant les 5 générations précédente ça n'ait pas été un problème va dans le sens d'un design fait pour être fermé, cohérent avec la philosophie d'Apple de ces dernières années bit.ly/euAJlW) et n'offre que peu d'avantages à part de réduire grandement les possibilités de réparation. Un problème touche une pièce à 2€, que vous pouviez remplacer facilement à condition de mettre les mains dans le cambouis il y a quelques années, est désormais réservé au plus bricoleurs à tel point que le SAV d'apple ne s'y aventure pas.
Alors peut être y a-t-il d'autres raisons, mais c'est un peu troublant quand même, que l'entreprise phare du moment, qui soit-disant se met à l'écologie, semble investir pour rendre la réparation de ses produits plus difficile. Non ?


88. DarkDhalia mercredi 9 mars 2011 12:01

Bah voilà, une très belle analyse étayée que les auteurs du docu feraient peut être bien de lire…
En fait, non, ils auraient peut être dû s'y intéresser pendant la production de leur documentaire!

Et oui, ils sont tombés dans le sempiternel piège du documentaire : prendre un postulat de base et ne chercher que dans ce sens. Ils sont peut être pas de mauvaise foi, mais ils ont négligé toute la partie "défense". Après, c'est sûr qu'un docu équilibré avec deux visions de la chose, ça aurait pas autant cartonné…

Mais bon, les bons docus et reportages se font de plus en plus rares. Va falloir penser à attribuer une carte de presse sur d'autres bases que celles actuellement en place. Ça serait pas mal de rajouter un peu de valeur éthique là dedans. Informer la population est une tâche bien trop grande pour laisser des ayatollahs ou des aveugles (disons qu'ils ont des oeillères) parler de certains sujets. Et s'ils sont chopés en train de mentir… hop, chômage et carte de presse retirée. Alors certes, c'est une vision un peu extrême, mais vu l'image qu'ont les journaux et journalistes en ce moment, faut pas qu'ils viennent se plaindre des baisses des ventes…


89. OlivierJ mercredi 9 mars 2011 13:59

@Poil de lama (#20) : Vous avez l'air mal renseigné pour les pneus.

Ça fait 12 ans que j'ai mon vélo (demi-course) à Paris, j'ai crevé quelques fois. Après plusieurs crevaisons un peu rapprochées à mon goût, j'ai acheté des pneus contenant du kevlar, recommandés par mon marchand de vélo à Paris. Ils sont plus chers (environ 20 E je crois) mais depuis je n'ai plus jamais crevé, ça doit faire 3 ans.


90. Geographedumonde mercredi 9 mars 2011 14:30

Ce qui est finalement révulsant - je parle d'expérience sur Agoravox - est l'argument moral employé contre le 'post' ci-dessus. Du genre, la main sur le coeur "il vaut mieux avoir tort avec le docu/Arte que raison avec vous" ou "vous êtes rationnel, mais maléfique"... Et je ne parle même pas du pinaillage "à la scientifique" : comme si un 'post' équivalait à un article destiné à publication dans une revue à comité de rédaction. Oui, il y a de la subjectivité dans un 'post'.
So what ?
Il n'y a qu'un seul fait saillant. Alexandre a lancé une série de flèches acérées sur une cible de papier. La disproportion entre les unes et l'autre rend l'exercice un peu facile. Soit. J'ai moi-même succombé à ce (petit) plaisir : geographie.blog.lemonde.f...
Un blog, c'est du travail GRATUIT offert à la cantonnade. Des milliers d'heures de lecture & rédaction. Ni Alexandre, ni Stéphane, ni d'autres (moi, au hasard) ne demandons l'aumône. Dans nos établissements respectifs, nous ne recevons la plupart du temps qu'un haussement d'épaule sur notre activité, au mieux ressentie comme parallèle. Inutile. Ni remerciements, ni gratifications.
Posez donc des questions. Avancez des faits. Mais l'argument moral, gardez-le !!


91. Marketeux mercredi 9 mars 2011 14:38

Hello,

Je ne suis pas économiste mais marketeux. Consultant, international, le diable en personne.

Ce post est intéressant mais voici quelques pensées...

Vous tentez de tenir un raisonnement logique sur des processus qui ont aussi un versant émotionnel et symbolique.

Je peux faire acheter des croquettes pour chien avec des mensonges ou en m'appuyant sur ce qu'il convient d'appeler parfois la psycho pathologie magistrale des possesseurs de chienschats ( RECYCLE YOUR PETS ;-)

La multinationale qui me paye pour trouver le déclic n'a aucune autre motivation que de faire un maximum de bénéfices, antibiotique, petfood ou bagnole.

Dès lors tout passe au second plan. Nature, bonheur, équilibre, santé mentale: pas rentables.
Ou seulement une partie de l'équation (exemple le vert: on en tient compte que dans la mesure où ça a une incidence, le plus souvent un discours vertueux fait largement et suffisamment l'affaire).

De plus il faut toujours raisonner par classes socio-culturelles (au-delà du strict pouvoir d'achat) sinon on n'y comprend pas grand chose.

Les marques proposent des imprimantes de durée de vie différentes pour coller aux besoins et aux contraintes des acheteurs.

- Entrepreneur, à l'aise, consultant éduqué = tendance vers le durable et/ou (et c'est très important ce et/ou) capacité à changer souvent mais certains produits seulement.

(plus techniques et/ou pour soigner l'image de marque: Apple dans certains milieux ça jette plus que DULL)

- Madame Michedu (que j'embrasse au passage) de banlieue qui imprime les photos de ses petits enfants = sombre daube. Elle est même capable de racheter la même marque puisqu'elle se fie à la pub et à l'image de marque (que nous fignolons par ailleurs pour l'implanter dans son inconscient si perméable).

Le raisonnement logique abstrait fondé sur la rationalité ne suffit pas à comprendre la dynamique d'achat. Il faut ajouter à l'équation la psycho, la socio, l'histoire, la philo, la littérature, l'anthropo, la sémio, la linguistique et tout plein de disciplines qui ont toutes un intérêt (j'en oublie). Un peu d'ingéniérie aussi.

Ainsi parfois on arrive a comprendre des choses en apparence inexplicable comme par exemple pourquoi des médecins traitent la même maladie d'une façon dans un pays X et d'une autre dans un pays Y.

Pourquoi certains pays consomment des savons antibactériens et pas d'autres. (Tiens au fait un savon est toujours anti bactérien, c'est même sa raison d'être, mais pourquoi diable certains y croient et pas d'autres?).

Pourquoi Dove a remplacé Lux en Europe mais pas en Asie.


Donc la dissection de mécanismes économiques est intéressante mais n'explique pas tout.

Il faut bien comprendre que le consommateur n'a la plupart du temps même pas conscience de ce qui se passe. Et même comme ça on peut encore s'arranger.

Nous ne jouons pas le jeu nous jouons avec les règles du jeu. Un cadre au-dessus, toujours.


Cela dit je suis assez amusé quand Freakonomics démontrait pourquoi les tournois de sumo ne pouvaient être que truqués - ce qui se confirme ces temps-ci.

Bonne continuation.
X


92. Executive Office Branleur mercredi 9 mars 2011 14:41

@ Poil de lama

Il faut acheter des pneux "marathon". Ils ont une bande de (?) kevlar à l'int° du caoutchouc qui renforce la solidité face aux crevaisons.

20 - 25€ le pneu.


93. Anty mercredi 9 mars 2011 14:47

Très bon billet sur un documentaire dont le ton éveillait mes doutes, effectivement.

A ce propos, c'est dommage de voir que les "docus" sur l'économie qui marchent le mieux ont souvent une forte veine conspirationniste (comme l'Argent-Dette, etc...)

Je n'ai pas trouvé que le docu, de la 22ème à la 25ème minute en tout cas, insistait trop lourdement sur la judaïté de London ; quand il y est dit "On ne sait pas s'il voulait aider les gens ou faire du profit", c'est surement pour mettre en contraste ses idées de capitaliste avec ses activités de philanthrope qui finance des écoles pour les juifs pauvres. La phrase ne me semble suspecte que du point de vue logique, car il s'agit d'un faux dilemme.

Bon travail sinon !


94. Kjcom mercredi 9 mars 2011 16:11

"Nous savons aujourd'hui qu'il suffisait de sortir de l'étalon-or et d'appliquer une politique monétaire non-suicidaire pour se sortir de la crise".

Ben ça alors, c'est aussi simple que ça et personne ne le voit... Suivons votre "logique" : la crise actuelle serait maintenue par ce complot de la bêtise qui ne croit même pas à sa propre existence.

Reste à définir ce qu'est une "politique monétaire non-suicidaire" : pouvez-vous donner le chapitre et le verset du livre saint qui en parle ? Oui, celui qui est sur votre table de chevet ! :)

Grande leçon de votre billet : tout n'est qu'une affaire de point de vue et d'idéologie. On n'est pas sorti de l'auberge...

Réponse de Stéphane Ménia :

Ah, prix spécial du jury pour vous... Si vous arrivez à sortir de l'étalon or aujourd'hui, je vous envoie un exemplaire dédicacé de Nos phobies économiques. Hum, oui, je sais, ça doit vous faire mal là. Jamais agréable de jouer au malin et de se faire recadrer sur son incroyable inculture.

95. AFM mercredi 9 mars 2011 16:49



"Au Ghana, le travail est abondant et ne coûte (et ne rapporte) presque rien. Le documentaire se garde bien de demander à ces gens qui passent leurs journées à farfouiller dans des ordures quelle existence ils préféreraient : la réponse n'aurait pas cadré avec le ton général."
Je pense qu'ils préfèreraient vivre leur vie d'Africain sans qu'on ne pollue leur pays. Le problème, c'est que là-bas, la finance de quelques uns joue sur la vie de beaucoup.

"Et que s'ils avaient le choix, ils préféreraient certainement vivre comme nous." (votre réponse au commentaire #49)
La plupart des Africains souhaiteraient vivre de leur côté pour préserver leur identité et leur culture... N'oubliez pas qu'une très grande partie de l'Afrique est restée agraire. La pauvreté n'est pas la même. On ne peut pas comparer avec notre mode de vie.

Tout à fait d'accord avec Antoine Sabot-Durand (#29)


96. Frédérique mercredi 9 mars 2011 18:04

Ce long commentaire... pour rien ! Si seulement vous aviez écouté avec concentration le documentaire... La méthode de l'obsolescence programmée date de la crise de 29... il est donc normal que le frigo des années 50 ne fonctionne plus... étant donné qu'il a subit l'obsolescence programmée... En revanche, le frigo des pays de l'est lui fonctionne toujours... puisqu'il est né dans un pays communiste... Allez, vous devriez revoir ce docu encore une fois...

Réponse de Alexandre Delaigue :

Ce court commentaire... Pour rien, puisque manifestement, vous n'avez pas lu le billet. Allez, lisez-le encore une fois...

97. Mechsangoku mercredi 9 mars 2011 18:08

Réponse de stéphane :

Le plus ennuyeux, c'est que la marmotte, elle emballe chocolat dans le papier alu.

Réponse de Alexandre Delaigue :

Merci d'avoir joué. Vous avez sauté au bout de deux phrases, beau record.



Je vois que votre arrogance n'a d'égale que votre stupidité...

Réponse de Stéphane Ménia :

T'es chez nous, mec. Si je viens te traiter de négationniste ou de con chez toi, tu fais quoi, tu me remets une tournée ? Eh non, tu ne supporterais pas ça 10 secondes. Nous, on en rigole et on explique aux gens de ton espèce qu'on ne peut pas dire n'importe quoi d'offensant quand on est derrière son clavier. Si tu veux le dire, va le dire ailleurs, point.

98. Mico mercredi 9 mars 2011 19:03

Les reportages TV, c'était mieux avant, il étaient de meilleure qualité ...
:D


99. Rem mercredi 9 mars 2011 20:08

Tout d’abord je dois reconnaître que cet article est fort bien construit. Je crois qu’il est important de signaler que j’ai vu le reportage 2 fois (la 2ème en connaissance de l’article) et que travaille sur un projet de sonde à ultrason rendue volontairement jetable par l’entreprise qui l’a conçu.

Je vais commencer part m'intéresser à votre "biais de survis" basé sur le fait que de toute génération, la plèbe vente les mérite du passé, toujours plus reluisant que ce présent chaotique. Et bien Mr Delaigue, il se trouve que je viens d'avoir une discussion forte intéressante avec mes grands parents qui semblent avoir encore toute leur tête. Figurez-vous que ces derniers partagent mon avis, comme celui du reportage que vous qualifiez si sévèrement de moralisateur. Que cela soit, lave-vaisselle, collants, machine à laver, en passant par la voiture ou les vêtements, chaîne hi fi... ils ont fini de me conforter exemples à l'appui dans le fait qu'une grande partie de produits était bien plus résistants par le passé. Bon, il faudra faire le tour des maisons de retraite, mais j'ai une bonne idée de la réponse...

Passons maintenant à l'exemple des collants et poussons le raisonnement un peu plus loin.
. En 1960, l’écrasant leadeur dans le domaine de la fabrication de ces derniers est la Glen Raven Mills company. Il n’est pas si compliqué d’imposer un prix et une durée de vie aux produit dans ces conditions. De plus, Parmi tous les cerveaux que comporte notre planète, est-il si improbable que certains n’aient pas posé l’équation : profit=f(durée de vie, coût de production) ? Qu’aucune entreprise n’ait eu l’idée de s’associer afin de former des consortiums bien arrangeants ? Des états entiers se sont alliés lors d’une guerre dite mondiale...
Mais passons l’idée de ce que vous nommez de façon ridiculisante « complot » et que je nommerai « alliance, arrangement, cartel, entente». Imaginons que cela soit faux, car ni apparemment vous ni moi ne sommes allé infiltrer les hautes sphères du nylon. Le reportage met en avant l’obsolescence programmée par séduction via le phénomène de mode auquel les collants n’échappent pas. Reste à voir comment est perçue la mode, qui est aussi une demande. Cependant, elle rentre tout à fait dans le cadre d’objets rendus volontairement obsolètes autrement dit de l’obsolescence programmée. Concernant l’argument économique enfin, il serait fort intéressant d’avoir le résultat d’une étude marketing qui observerait le choix d’une consommatrice(eur) de budget très moyen (c'est-à-dire la plupart des gens) entre un collant bon marché et un collant semblable à 100 euros ventant sa résistance. Tout le monde n’a pas l’investissement nécessaire. Enfin si la rationalité était omniprésente chez l’homme concernant l’investissement les bénéfices à long terme, l’état environnementale de notre planète n’en serait peut être pas là…
Pour le fer à vapeur-> corrosion sur l’ancien fer en fonte certes mais j’ai fais tombé le mien (récent) une fois, il est à remplacer. Cela aurait été moins sûr avec la fonte… Attention qu’on ne s’y méprenne pas de critique du progrès ici mais de ce que l’on en fait.
« Bien souvent, la réparabilité ou la durabilité passent au second plan, derrière d'autres qualités, comme le prix. »
C’est bien le problème : c’est pas cher, donc ça ne vaut rien… On peut jeter et remplacer. Où est fait le produit, où est-il jeté ? Notre relation avec ces derniers est complètement décolérée des conséquences liées à leur fabrication et de leur destin en fin de vie. Le reportage est aussi là pour nous sensibiliser, et non pas nous moraliser.
Je ne suis pas économiste mais ingénieur, et je peux affirmer par bon nombre de mes copains que l’on sait faire bien à prix abordable.
L’exemple de l’imprimante est (comment soutenir le contraire) tout à fait représentatif de ce qui a pu être compris par les entreprises afin de maximiser un profit : vendre un produit à très bas coup et faire payer un maximum le consommable (cartouches pour l’imprimante). S’ajoutant à cela une durée de vie volontairement limitée en nombre de pages pour certains modèles, des cartouches plus disponibles pour les modèles anciens… Pour la panne après un certain nombre de pages tirées, j’ai un ami a qui s’est arrivé et qui avait également téléchargé le programme mentionné, ce n’est pas du complot : c’est une réalité.
Quant aux ampoules, (et là je critiquerai le reportage qui encourage cette approche) prenons un simple exemple concret. j’ai acheté une ampoule à diode censé durer 100 000h. Il a fallu 1 an et demi pour qu’elle rende l’âme, c’est à dire pour une potentielle utilisation quotidienne de 3h (on est problablement bien en dessous) que cela représente 1642h d’utilisation. Explication : Les diodes sont certes très résistantes, mais l’électronique qui l’accompagne est de beaucoup moins bonne qualité… Mettons que je n’ai pas eu de chance, on est à moins de 2% du compte de la durée de vie annoncer. Il s’agit de publicité mensongère et ces durées de vie ne sont certainement pas laissées au hasard. On attendra comme d’habitude que les associations de consommateurs s’en mêle…

Pour conclure (car je fatigue) Je ne suis pas devenu antisémite en regardant le reportage, bien que je ne trouve pas nécessaire de l’avoir effectivement mentionné. Le reportage est peut être imparfait, parfois maladroit mais il n’en reste pas moins intéressant car abordant un sujet complexe et important.
Mr Delaigue, la qualité d’information (ou de désinformation) est difficilement évaluable de façon objective ; Je ne serais donc pas aussi sévère que vous sur ce reportage. Puisse t’il éveiller la curiosité et les questions, les foudres,
cela sera déjà un pas de franchi vers la responsabilisation de nos achats.


100. toto mercredi 9 mars 2011 21:12

Obsolescence programmée :

fr.wikipedia.org/wiki/Obs...


101. Hugues jeudi 10 mars 2011 00:57

@ J-E

Il me semble que je distingue bien les deux notions dans mon message.
- l'obsolescence "subie" par tous car le jeu de la concurrence impose de baisser la qualité, et donc de rendre les produits obsolètes, pour cause d'asymétrie d'information
- l'obsolescence programmée, dont je donne quelque exemples.

Je trouve un peu artificiel cependant de distinguer les deux.

D'abord parce que le résultat est le même pour les consommateurs: les produits sont de qualité moindre qu'une conception optimale le permettrait. Ce qui fait que les clients confondent les deux causes, considérant que l'obsolescence est "programmée par le système" ce qui pourrait justifier que l'économiste cherche à les étudier ensemble.

Ensuite parce que les deux cas se rejoignent en pratique:

Quand vous remplacez un bout de métal par un bout de plastique, vous allez le plus souvent économiser qu'une toute petite fraction dans le coût total du produit, pour illustrer on va dire 0,5%. Et vous allez réduire la durée de vie du produit plus qu'en proportion (ça dépend du rôle de la pièce)
Disons 2%. Le marketeur pourrait très bien augmenter son prix pour couvrir les 0,5% de surcoût, la comparabilité des prix n'est pas si pure. Mais il ne le fait pas. Pourquoi ?

Si vous admettez qu'il existe une asymétrie d'information, quelle est l'incitation rationnelle pour le marketeur à maximiser la durée de vie de son produit (c'est-à-dire à ne pas programmer l'obsolescence) ? Elle est faible.

Premièrement il a intérêt à ce que l'industrie collectivement fasse baisser la durée de vie pour augmenter le rythme des ventes. Donc en accélérant l'obsolescence de son produit, il y participe à la mesure de ses moyens. Et il évite d'envoyer un signal négatif à ses concurrents.

Deuxièmement, il fait un trade-off entre le surplus de vente qu'il réalise lors du renouvellement des appareils auprès des clients fidèles à la marque, et ceux qu'il perd sur la vente initiale car ils seraient conscients de la durée de vie inférieure. Il suffit que la marque ait quelques fonctionnalités différenciantes, ne serait-ce que la permanence de l'interface utilisateur qui évite au consommateur paresseux de réinvestir sur un autre produit, pour que la fidélité l'emporte. La fidélité, c'est aussi la manifestation du biais d'engagement: changer de marque, c'est reconnaître qu'on s'est trompé, ce qui est toujours désagréable.
Je suis prêt à vous parier que le calcul est vite fait: les marketeurs disposent des stats de SAV et de rachat.

Il me semble donc qu'au contraire une analyse économique devrait prouver que le marketeur a intérêt à baisser la durée de vie jusqu'au niveau où ça devient insupportable à une trop grosse part des clients. C'est-à-dire assez facilement qu'il y a une foultitude de secteurs où c'est un stratégie gagnante.

Cela n'a d'ailleurs rien de surprenant: quand vous êtes payé pour faire acheter un produit, et qu'une part non négligeable de votre cible de consommateur a déjà ce produit, une partie de votre cerveau travaille à comment faire en sorte que ce produit devienne obsolète.
Et parfois, l'autre partie travaille à ne pas y mettre toutes les innovations imaginées, pour pouvoir les mettre dans le produit d'après.


102. Hugues jeudi 10 mars 2011 01:42

@Liberty Valance:
Très intéressant. Et on pourrait d'ailleurs argumenter (ce que je fais sans vergogne, n'ayant pas vu le documentaire) que A. Delaigue fait la même erreur que celle qu'il dénonce dans le documentaire: une méconnaissance des mécanismes de décision à l'oeuvre:
- le "complotisme programmé" n'existe pas, les motivations des concepteurs ne font que répondre, intentionnellement ou non, à une commande.
- les marketeurs font, intentionnellement ou non, de l'obsolescence programmée, car c'est la meilleure façon pour eux de répondre à la demande du marché, c-a-d d'augmenter les ventes dans un univers d'information imparfaite (cf commentaires précédents)


103. Nils jeudi 10 mars 2011 04:56

On peut rejeter l-obsolescence programmee en tant que theorie complotiste... Mais il ne faut pas non plus perdre de vue un certaines realites.
1. Un ralentissement de la consommation fait trembler toute l'industrie. Il suffit de voir les effets de la derniere crise pour comprendre qu'un flux de produits manufactures doit absolument etre maintenu sans quoi... arret de secteurs entiers de la machine economique et cortege de consequences sociales a la cle.
2. A priori, cette consommation se fonde sur des produits bas de gamme en ce qui concerne le grand public. Les raisons sont peut etre a rechercher dans notre pouvoir d'achat et nos habitudes de consommation. Ces produits representent qui a priori le gros des biens manufactures que le public fait transiter en consommant. Donc ce sont ces produits qui necessitent une part importante des ressources extraites et ce sont eux qui sont s'accumulent en tant que dechets en fin de parcours.

Partant de la, on ne peut pas ignorer un certain nombre de constats franchement genants:
1. La duree de vie de beaucoup de ces produits est honteusement courte. La cause provenant de raisons techniques (majorite des produits electroniques actuels) et/ou est induite par le marketing qui table sur des phenomenes de mode (habillement, automobile, telephonie, industrie du jeu video, informatique YC mises a jours de systemes d-exploitation toujours plus gourmands, sans reels apports techniques utiles). Les exemples abondent... Cette consommation aboutit necessairement a une surexploitation des ressources (et ca ce n-est pas un mythe d'ecolo bobo, meme si cela pique les yeux de certains commentateurs de ce blog). De ma propre experience, j-ai vu les forets malgaches detruites pour du nickel et du cuivre. Que dire aussi des mines de coltan qui ruinent le Congo, avec pour principale application de fabriquer des telephone portables qui seront foutus ou demodes en trois ans.
2. Plus grave: difficile limiter ou revaloriser ces dechets. Soit que la valeur marchande d'un produit neuf est moindre qu'une reparation (ce qui est une honte, d'un point de vue durable), soit que le recyclage est purement impossible ou extremement difficile en raison de la conception du produit n'autorisant pas un demontage rationel (plastique thermosoudes, cartes electroniques miniaturisees, etc).

Difficile de ne pas denoncer ce systeme du coup, meme si je suis d-accord sur le fait que les ficelles sont un peu grosses dans le reportage.


104. J-E jeudi 10 mars 2011 11:21

@Hugues: Non ce n'est pas artificiel de distinguer les deux, ça n'a rien à voir. Par ailleurs je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous voulez dire par "- l'obsolescence "subie" par tous car le jeu de la concurrence impose de baisser la qualité, et donc de rendre les produits obsolètes, pour cause d'asymétrie d'information"

Baisser la qualité et rendre les produits obsolètes n'est pas la même chose. Lorsque "le jeu de la concurrence" impose de baisser la qualité pour proposer des prix bas (ce qui n'est pas évident : cela suppose qu'un producteur avec un produit de bonne qualité n'arrive pas à créer une réputation pour son produit, à proposer des garanties suffisantes pour régler le pb d'asymétrie d'information etc.) le résultat est sous-optimal mais les consommateurs ne se font pas "avoir": ils ont un mauvais produit, mais à un prix très bas. L'inefficacité vient du fait qu'en augmentant par exemple le coût de production de 1 euro par unité les consommateurs seraient prêts à payer plus que un euro pour cette qualité accrue. S'il est difficile pour les producteurs de signaler qu'ils ont effectivement augmenté la qualité, donc ils ne le font pas.


La thèse de l'obsolescence programmée est très différente : le producteur fournit exprès de la mauvaise qualité alors même qu'il ne lui coûterait rien de l'augmenter, voire est prêt à payer des coûts de production plus élevés pour "saboter" sa production. Cette thèse repose sur l'hypothèse qu'on peut durablement tromper les consommateurs et vendre pendant 100 ans des ampoules qui claquent au bout de deux mois en prétendant qu'elles durent un an. On le voit bien dans vos remarques :

"Premièrement il a intérêt à ce que l'industrie collectivement fasse baisser la durée de vie pour augmenter le rythme des ventes. Donc en accélérant l'obsolescence de son produit, il y participe à la mesure de ses moyens. Et il évite d'envoyer un signal négatif à ses concurrents."

Votre hypothèse implicite, comme celle de tous les commentateurs défendant la même thèse ici, c'est que les revenus annuels de la firme s'écrivent p*Nb. d'achats par an, vous en déduisez qu'en divisant par deux la durabilité on double le nombre d'achats par an et donc on double le revenu. Sauf qu'assez vite les consommateurs vont se rendre compte qu'ils se font rouler. Si la durabilité est divisée par 2, les consommateurs ne seront plus prêts qu'à payer (p/2). Les revenus de la firme seront les mêmes qu'avant, et le surplus des consommateurs aussi.

Qu'on puisse trouver des cas où des firmes ont épisodiquement baissé la durabilité de leurs produits à dessein pour tromper les consommateurs c'est fort possible. En revanche penser que nous sommes dans un mode de production où pendant des décennies les consommatrices achètent des bas qui se filent en deux semaines en pensant systématiquement qu'ils dureront deux mois, ça requiert un peu trop d'imagination. Et si vous admettez que les consommateurs ne se trompent pas systématiquement et durablement sur la durée de vie, l'obsolescence programmée perd tout son sens. Ce qui ne veut pas dire que d'autres problèmes de qualité sous-optimale ne se posent pas, mais comme d'habitude c'est en s'attaquant à des hommes de paille qu'on masque les vrais problèmes.

Réponse de Alexandre Delaigue :

Il y a une autre hypothèse héroique, qui porte sur les coûts : si cela coûte aussi cher un objet durable qu'un objet non durable, l'entreprise perd de l'argent en vendant deux objets à p/2 qu'un seul à p. Cela veut donc dire que l'entreprise réduit sciemment ses marges.

105. GregF jeudi 10 mars 2011 13:07

Je me demande si le problème ne viendrait pas plutôt de la définition que chacun accorde à "obsolescence programmée"

Pour moi, l'obsolescence programmée est vraiment celle de la planification à une date fixe (ou dans une échelle de temps réduite), comme par exemple:
- logiciel qui se bloque à une certaine date
- imprimante qui n'imprimerait que 18000 pages alors "qu'aucune raison technique ne l'incite"
- Téléphone qui se bloquerait à X heures de communication.
etc.

Dans ces cas, l'obsolescence est vraiment "programmée", et je refuse de croire qu'elle est habituelle et complotée.

Par contre, je ne refuse pas l'idée, bien au contraire, d'une obsolescence désirée, voir encouragée :

- j'ai un produit à 100 euros qui dure 1 an environ, si je remplace une pièce par une moins bonne, j'aurai alors un appareil à 90 euros qui ne dure que 8 mois environ.

Effectivement, si le marché est demandeur, ca m'arrange (surtout si je met un prix à 99e, qui reste moins cher que le premier).

Mais comme le disait le reportage, celui qui se plaint que son ipod tombe en panne, à cause de la batterie qu'on ne peut changer, a utilisé l'argent pour racheter un appareil de la marque...

Si demain, les consommateurs attachaient une attention particulière à la durée de vie, alors celle-ci augmenterai indéniablement.

Cependant, le confort d'utilisation (pas de bruit par ex.), la mode, un prix bas sont des critères qui passent bien devant la durée de vie, même si ce critère est parfois apparent.

Donc: Obsolescence encouragée oui !
Obsolescence programmée (telle que le fait croire la vidéo) non !


106. BN jeudi 10 mars 2011 14:03

Malheureusement il est plus facile de pousser une gueulante qui n'engage à rien et permet de se donner bonne conscience à peu de frais, que d'accorder ses actes à ses paroles et se mettre à consommer durable.

Mais il plus facile de faire de l'audience en dénoncant des complots qu'en remettant en cause le comportement du client (le téléspectateur).

Si les indignés étaient autant de gens à se mettre à consommer différemment, la durabilité ne serait plus une niche économique et l'offre s'ajusterait à la demande.


107. L'obscolence programmée existe, la preuve j'en vis jeudi 10 mars 2011 16:08

Fustiger le ton racoleur du reportage est une chose, sur laquelle je vous suis, mais vous n'allez pas non plus au bout de votre raisonnement.
IPOD : vous ne vous interrogez pas sur le pourquoi de l'impossibilité de changer la batterie. C'est dommage, car cela correspond justement à une décision qui n'est pas industrielle . De nombreux blogs de hackeurs ont discuté des mois sur cela, et sur la façon de contourner la limitation qui visent à vendre de nouvelles fois des produits neufs.

Pour être dans le marché des ampoules, je peux vous assurer que l'obsolescence programmé des gammes de produit est une stratégie, communiquée par les fabricants à leur principaux partenaires professionnels.

Ces industriels emploient également des lobbyistes afin de faire interdire les technologies anciennes, qui ne leur permettent plus de faire des bénéfices en empéchant des "nouveaux entrants" d'aller s'installer sur les segments qu'ils abandonnent au fur et à mesure.
Il est aussi de notoriété publique que les ampoules FCL ont un bilan carbone (fabrication, utilisation, recyclage) désastreux en comparaison de technologie splus anciennes (parlons de halogène pour éviter les bêtes ampoules.

L'optimisation des autres paramètres : couleur, indice de rendu des couleurs etc. ne joue que peu dans un contexte "domestique".

Conclusion : La bonne vieille "incan 60w" est victime d'obsolescence programmée, pour permettre de vendre des produits 10 ou 50 fois plus chers et rentables, à prestation consommateur égale.

Enfin, je ne comprends pas pourquoi la "cocote-minute" SEB a disparu, remplacée par d'autres modèles (clipso etc) qui n'améliorent en rien le fonctionnement. Elle qui durait 30ans dans la pub !

En fait si je comprends : revendre un joint à 10€ tous les 2 ans permet de multiplier le bénéfice sur le produit par 3 sur une durée de 5 ans.
Mais pour une fonction auprès du client identique...

Je pourrais également vous parler de SAV, où désormais il vaut mieux acheter neuf que faire réparer des produits endommagés...

En choisissant mieux les exemples, en neutralisant l'aspect démagogique du discours du reportage, bref en faisant du journalisme je suis sûr que l'on arriverait à vous faire évoluer sur votre position...

Je me demande si c'est la thèse qui vous turlupine, ou le traitement...

Réponse de Alexandre Delaigue :

Vous appartenez à la catégorie de ceux qui critiquent avant d'avoir lu, manifestement. Donc je répète, pour la énième fois : pour Apple, il est plus rentable de vendre un ipod à 200 qui dure 10 ans que deux à 100 qui durent 5 ans (ca coûte moins cher de fabriquer un objet plutôt que deux, tout bêtement...). La seconde technique ne fonctionne que si on peut vendre le produit moins durable plus cher que 100 (mais dans ce cas, il faudrait m'expliquer pourquoi ne pas tout simplement vendre le produit qui dure longtemps plus cher que 200, si l'entreprise dispose d'un tel pouvoir de marché). Le raisonnement suppose donc que les entreprises conspirent pour réduire leurs profits, ce qui est stupide. Les seuls exemples que vous donnez ne portent pas sur cette situation, mais sur le fait de mettre en vente de nouveaux produits, différents, ce qui n'est pas la même chose. Que vous trouviez que les ampoules à "économie d'énergie" imposées par la loi une débilité poussée par les industriels comme mesure anticoncurrentielle, et par des écolos naifs et crétins, vous avez entièrement raison, mais on n'est pas dans le même cadre. Sinon, vous trouvez encore des cocottes-pression "à l'ancienne", et il fallait aussi changer le joint sur les précédentes. Enfin, si réparer coûte plus cher que remplacer, ben ma foi, c'est assez logique de remplacer...

108. Paul jeudi 10 mars 2011 22:39

@ Maxime

Je ne dis pas que tous les disques dur et alimentations ont désormais une longévité à toute épreuve. Mais il existe aujourd'hui clairement des alimentations de qualité pour qui est prêt à y mettre le prix (j'insiste lourdement sur ce point car évidemment sur un PC à 400€ faut pas s'attendre à un miracle), et les infos indiquées par les fabricants de ce type de produits sont relativement fiables!
J'ai justement remplacé mon alim standard par une alim Seasonic, plus chère évidemment (65€) mais très stable et silencieuse!

Pour les disques durs il y a également clairement eut des progrès ces dernières années, entre 2002 et 2005, 2 HDD m'ont lachés, depuis plus un seul)

Pour qui cherche on trouve des infos sur la fiabilité des produits informnatiques. En voici un exemple:
www.hardware.fr/articles/...


109. Paul jeudi 10 mars 2011 22:47

Précision supplémentaire, mon alimentation Seasonic est garantie 5 ans et le disque dur WD Caviar Black 5 ans également, preuve du sérieux de l'engagement de ces fabricants sur la fiabilité de leurs produits.
Pour qui veut mettre le prix, la qualité est accessible dans bien des cas!
On ne peut pas exiger à la fois le beurre et la crémière en faisant l'effort minimum.


110. Pilou jeudi 10 mars 2011 23:01

Qu'en plus de 100 commentaires, aucun n'ait cité l'UFC ou 60 millions de consommateurs pour s'informer sur la qualité des produits prouve assez l'obsolescence des consommateurs ; ou de l'éducation ?


111. Hugues vendredi 11 mars 2011 02:20

Je maintiens ma remarque. Je trouve étrange le discours consistant à définir l'obsolescence programmée de façon très stricte pour ensuite dire qu'elle n'existe pas.
Effectivement le cas d'usage où une entreprise conçoit un produit pour une certaine durée de vie, puis ensuite se rend compte inopinément qu'elle peut faire baisser cette durée de vie à coût constant, semble tiré par les cheveux.
Dans la vraie vie, l'entreprise cible une durée de vie et minimise le coût.
Savoir si on a le droit d'appeler ça obsolesence programmée n'est pas le débat intéressant.
Ce qui est reproché ici, c'est le fait que la durée de vie ciblée n'optimise pas le bénéfice client, pour cause d'information asymétrique exploitée sciemment par l'entreprise.

Si on reprend l'exemple ci-dessus, je pense plutôt que les chiffres typiques sont :
- je fabrique un ipod à 150€, qui dure 5 ans, j'en vends 1000 une première fois puis 800 au bout de 5 ans, 100 étant déçus et choisissant le modèle à 200€, 100 abandonnant
- je fabrique un ipod qui dure 10 ans, je peux le vendre au mieux 200€, et j'en vends 500 une fois, puis 100 une deuxième fois aux déçus du modèle à 150€
Total: 270 000 € contre 120 000 €
Les deux effets se conjuguent: pour l'ipod à 200 €, fréquence de ventes moindre car durée de vie plus longue, demande moindre car prix supérieur et absence d'information du client sur la durée de vie réelle.
Donc dans cet exemple, Apple préfère programmer l'obsolescence à 5 ans.

Et du coup le vrai scénario, en l'absence d'alternative devient
- je fabrique un ipod à 150€, qui dure 5 ans, j'en vends 1000 une première fois puis 900 au bout de 5 ans, 100 abandonnant
Total 285 000€.
Et 500 personnes déçues car on les a obligées à acheter un produit à durée de vie 5 ans alors qu'elles étaient prêtes à payer pour 10 ans.

@ AD
Sur l'informatique:
ça m'étonnerait que vous arriviez à me démontrer, à moi qui ne suis pas gamer, que les principaux bénéfices que je tire des dernières versions de mon ordinateur, sont liés à l'augmenation de la puissance de la machine. Ils sont essentiellement liés à ds évolutions de l'OS, qui ne sont disponibles que sur les dernières versions de matériel, sans que rien ne le justifie réellement. (Lequel OS embarque des améliorations graphiques superflues, mais recquérant de la puissance, qui permettent de justifier le discours pour changer le hardware)


112. Matt vendredi 11 mars 2011 02:46

En effet, il est plus rentable de produire 1 produit a 200 euros que 2 a 100 euros: regardez les marges du secteur du luxe, c'est comme si ils imprimaient eux-meme leur argent (sans "puce limitative").


113. Xxspe vendredi 11 mars 2011 08:06

Wow! Je ne crois jamais avoir vu autant de réactions en si peu de temps sur Econoclaste! Il faut croire que vous êtes victimes du buzz des trolls, bon courage : )


114. L'obscolence programmée existe, la preuve j'en vis vendredi 11 mars 2011 09:21

Pourquoi dire que je n'ai pas lu jusqu'au bout ?
Vous avez le droit de critiquer ma position sans vous mettre vous même dans la position du trolleur affirmant sans preuves....

Votre argument ne tient pas :
Les Ipod à 200€ durant 10 ans n'existent pas. Nous parlons de produits qui durent entre 2 et 5 ans en fonction de l'usage : Les batteries se périment par construction. C'est un choix d'Apple, on est bien d'accord, mais mon affirmation est que ce n'est pas un choix économique ou "un optimum d'ingéniérie". Tous les téléphones portables (sauf Apple) ont des batteries remplaçables; Mieux, amovibles !
Et Apple vend ses IPOD 200€ qu'ils durent 10 ou 5ans. Ils ont donc intérêt à ce que le produit dure le moins longtemps possible...
Parce qu'Apple n'est en concurrence qu'avec Apple, et pas avec le Microsoft Zune ou Archos.

A la réflexion, je crois que c'est le meilleur exemple.

Pour les ampoules, je veux bien que vous m'expliquiez pourquoi on est pas dans le même cadre. C'est justement le parachèvement de l'obsolescence programmée, pour un produit qu'on arrive plus à "désoptimiser" pour en améliorer la rentabilité en faisant des arbitrages au détriment de la valeur d'usage (là on est d'accord).

Autre point : du point de vue d'un industriel, il ne vend que des "nouveaux produits", toute l'année. Il change la conception de ses produits certes. Vous affirmez que les arbitrages se font dans une logique d'accroissement des profits. Moi aussi. J'ajoute simplement que les choix sont faits dans une logique où on limite le bénéfice consommateur autant que possible, compte tenu de l'état du marché et de la concurrence, pour préserver les profits futurs.

Pour les cocotes , la SEB originale de 1953 n'est plus fabriquée depuis les années 90 je crois, pour la trouver il faut chiner. Mais je vous confirme qu'il n'y avait pas de joint... J'étais acheteur d'électroménager à cette époque, et je me rappelle le discours du commercial qui me vantait les bénéfices futurs de cette "innovation" qu'étaient les joints...

Vous êtes enfin un "bon client" pour ces industriels : oui pour acheter si c'est moins cher que réparer. Mais pourquoi le prix de la réparation est il si cher ? C'est la Bonne Question. J'ai des éléments de réponse...

Les industriels ne conspirent JAMAIS pour réduire leurs profits. C'est l'inverse. Les cartels de fixations de prix sont sanctionnés régulièrement.
Prouver que les produits sont construits d'une façon qui pourrait être plus durable mais qu'on ne le fait pas, c'est beaucoup plus dur à établir, parce que justement, on peut dire que ce sont des choix d'ingénierie. Mais ne vous y trompez pas, ces calculs existent...

Vous avez un bon sujet, qui plairait à de nombreuse écoles de commerce pour les cours de marketing voire des thèses d'économie...


115. henriparisien vendredi 11 mars 2011 10:36

Cher Hugues,

je crois qu’il faut définir concrètement ce qu’est l’obsolescence programmée.

Quand un industriel définit un produit, il fixe un certain nombre de critères à atteindre (design, fonctionnalité, coût de revient etc…) les autres paramètres étant libres. La durée de vie du produit fini est l’un d’entre eux.

L’obsolescence programmée consiste à fixer une durée maximale à l’usage du produit.

Est-ce que ca existe ? Oui bien sûr, par exemple les couches culottes et les mouchoirs en papiers à usage unique. Est-ce que cela intéresse les consommateurs ? Oui encore, puisque dans ces deux exemples les alternatives « durables » (couches lavables et mouchoirs) en tissus existent.

Mais ce n’est pas ces exemples qui sont choisis dans le documentaire et dans les intervenants sur ce fils. Les exemples retenus sont des produits à durée de vie longue. (Ipod, imprimante, ampoule…)

Pour ces produits, un industriel peut-il fixer une durée de vie maximale et faible afin d’accroitre son chiffre d’affaire sur la durée ? Si les ampoules qu’il fabrique claquent au bout de 500 heures alors que celles du marché vendues au même prix durent 1 000 heures, combien de temps croyez qu’il faudra pour que ces concurrents mettent en avant la durée de vie de leur produit ? (Ce qui montre en passant que et le biais d’information consommateur ne peut pas durer très longtemps).

Donc, pour qu’un industriel mette en place une stratégie d’obsolescence programmée, il faut qu’il soit en situation de monopole ou en cartel.

Des cartels existent et sont régulièrement condamnés à Bruxelle ou aux US ; Les exemples que j’ai en tête, c’est dans le fret aérien, les ciments, les vitamines, les panneaux routiers. Tous ces cartels se mettent d’accords sur le partage du marché. Pas sur une caractéristique secondaire (la durée de vie) d’un produit. La principale raison c’est que, quitte à se mettre hors la loi, autant garantir directement ses marges.

Reste le monopole. Et de fait, Apple, grâce à son avantage technologique et marketing à un monopole temporaire dans les smarts-phone. En a-t-il profité pour mettre en place une stratégie d’obsolescence programmée en interdisant le remplacement de sa batterie ? C’est possible, après tout, tout le monde peut faire des erreurs.

Mais il y a ce site : www.apple.com/fr/batterie...

Et dernier point, indépendamment de sa durée de vie, l’Iphone aura-t-il encore un usage dans 10 ans ? En 2000, le produit à la mode, c’était le palm V. Vous en voyez encore beaucoup ?





116. Jon vendredi 11 mars 2011 11:45

Vous avez raison, je vous prie de m'excuser de ma réaction sans doute excessive : vous qualifiez de négationniste du réchauffement climatique est sans doute une réaction trop instinctive, alors même que je n'ai rien lu de vous.
Je viens de terminer un examen rapide de votre site et la lecture de l'introduction de votre dernier livre. Il en ressort très rapidement quelques points :
- vous comparez des objets conceptuels non comparables, ce qui vous permet d'aboutir à des paradoxes de langage que vous érigez en preuves ; étant données les nature et qualité de vos formations, vous ne pouvez pas ne pas vous en rendre compte ;
- vous généralisez des cas particuliers, technique oratoire démagogique sans doute la plus classique et la plus combattue par les Grecs anciens ;
- vous confondez complexe et compliqué. La complexité est la non-unicité de la réponse d'un système à une même sollicitation. Rien à voir donc, avec le processus de création d'un crayon à papier, certes compliqué! mais non adéquat à votre propos. Et puis, entre nous, associer Friedman à la pensée complexe ne doit pas lui faire vraiment plaisir, le misérable.

Je ne vais donc pas prendre la peine de vous interroger à nouveau, en revanche je vais continuer à faire confiance à mon instinct.

Réponse de Stéphane Ménia :

Jon, je vais être franc : vous avez besoin de vous inscrire à un stage avec Galliano. Quand on manie le terme "négationnisme" avec autant de facilité, c'est qu'on a un problème. J'ai bien envie de faire un jeu de mots avec les grecs anciens, tiens...

117. Mangon vendredi 11 mars 2011 12:50

Quelques remarques:

1) La discrimination tarifaire induit la notion de gamme. La gamme (de prix donc de qualité) a pour utilité première de toucher plusieurs segments de marché (i.e de pouvoir d'achat), donc avec un même modèle (moyennant une modification mineure de conception et de coût) vous avez plus de clients. Finalement c'est une forme d'honnêteté par rapport au client que fait que les industriels dégradent la qualité d'un modèle pour le vendre moins cher (honnêteté que n'ont pas forcément les transporteurs aériens qui peuvent assoir cote à cote deux passagers avec des billets aux prix différents, pour le même service, notamment en termes d'assurances). L'intérêt de la gamme (discrimination tarifaire) est donc d'écouler plus d'exemplaires d'un même produit, permettant d'amortir les coûts de conception plus rapidement.

2) Du coup je ne suis pas forcément d'accord pour dire qu'il est équivalent de vendre 2 à P/2 que 1 à P puisqu'à P/2 je vends plus d'unités. En fait tout dépend aussi de la fonction de production, si il y a des rendements marginaux croissants (et ca arrive quand même souvent dans une usine moderne, ne serait ce que parceque le facteur travail - le plus couteux - est le moins employé et a une productivité marginale plus décroissante que les machines, en général).
3) Les deux points précédents relèvent d'une optique "offre", dans une certaine mesure, on peut évacuer la question de la demande en lien avec la gamme par le fait qu'il existe sur tout marché des agents plus sensibles au prix qu'à la qualité, donc acceptant de payer une pompe tous les 2 ans plutôt que tous les 5 ans pour la moitié du prix (ne serait ce que parcequ'ils ne peuvent pas accumuler la somme nécessaire à l'achat du produit le plus cher dans un laps de temps décent).
4) Pour la question de la variété, qui ne touche finalement pas tous les marchés, l'amortissement des coûts répétés de conception impose d'avoir un gain sur le coût de production (zara, mango(n), etc... qui paient leur atelier de conception en Espagne (MO chere) mais font produire dans les pays à faible cout de main d'oeuvre et avec des textiles de moindre qualité).

Tout ca pour dire que le principe même de programmer la durée de vie d'un bien n'est pas ma foi si répandu que ca (le besoin de variété confine à celui de renouvellement, induisant donc les coûts fixes de conception qui seront amortis par la gamme de prix), en revanche la discrimination tarifaire est, elle, largement répandue.
C’est en sorte une revisite du cycle de vie.


118. âne vendredi 11 mars 2011 12:55

Qu'une part de la population "croie" en ce mythe ne le rend-il pas du coup partiellement valide ?

Exemple : j'ai vu ce documentaire, j'y crois à fond, je suis patron de PME, je crois sincèrement que mon intérêt économique est de - volontairement et uniquement dans ce but - limiter la durée de vie de mon produit : ça y est, l’obsolescence programmée existe ! ;-)


119. karg se vendredi 11 mars 2011 13:08

"107. L'obscolence programmée existe, la preuve j'en vis | jeudi 10 mars 2011 | 16:08 "

Je sais pas où tu fais tes courses, mais j'ai acheté une cocote minute SEB début 2010. J'en suis très content. Si SEB arrête d'en fabriquer c'est qu'elles sont pas assez rentable.


120. fx vendredi 11 mars 2011 15:59

J'aime en général bien vos articles, continuez comme cela. Un petit mot d'encouragement ca fait toujours plaisir, sinon à la longue on ne reçoit que des plaintes et des raleurs.

Comme exemple flagrant de "même produit différent tarif" je prendrait le moteur de voiture.

un moteur VW 2.0 TDI de 120,140,163, 170 chevaux est rigoureusement le même, les moins de 170 sont juste bridé, et les voitures sont identiques, les seules pièces qui aurait pu avoir une incidence, sont le système de freinages et d'amortissement, sont les mêmes pour les 4 configuration moteur (1 seule chaine d'approvisionnement des peices, une seule à certifier... )

A mon avis, pour gênerer encore plus de réactions il faudrait démontrer pourquoi économiquement le 11 septembre n'est pas un complot américain :)

Si je joue les débiles je peu aussi recevoir un exemplaire de votre dernier livre ?, pas besoin du premier, je l'ai déjà :)


121. Maxime vendredi 11 mars 2011 16:05

@Paul : même des disques SCSI haut de gamme, j'en ai poubellisé un paquet (renvoyé en échange standard en fait). Et ce malgré la garantie de 5 ans du constructeur (chez tous les constructeurs, mais il faut admettre qu'il y a eu des séries pires que d'autre). Il faut admettre qu'en général les disques SAS récents tiennent mieux que les SATA ou même les disques SCSI plus anciens, surtout les 3 premières années. C'est le seul élément pas fiable sur un serveur haut de gamme, d'où le principe du changement hot-swap en RAID (Redudant Array of Inexpensive Disk. Dans les années 80, on faisait des disques solides pour qui y mettait le prix, et des disques inexpensive mais pas fiables, d'où l'apparition du RAID...).

Et comme les constructeurs ne cessent d'améliorer la densité de nos disques dur, la mécanique devient aussi de plus en plus fine et sensible, donc moins fiable (en clair, il faudrait faire des disques durs plus petits en capacité si on voulait en faire des plus fiables, à technologie égale).

La garantie de 5 ans ? C'est évidemment un bon signal, mais il ne faut pas se faire d'illusion : je vénère pour ma part le Dieu Baah-Khup, et tout le monde devrait faire de même. Les fameux 60GXP et 75GXP qui lâchaient en 12 à 18 mois étaient garantis 3 ans (désastre qui a conduit IBM à se séparer de l'activité disque dur).


122. fx vendredi 11 mars 2011 16:12

@114

"Mais pourquoi le prix de la réparation est il si cher ? C'est la Bonne Question. J'ai des éléments de réponse..."

Le coût de la main d'œuvre ca vous dit quelque chose ? je vais vous donner un simple exemple.

j'ai remplacer sur une scie circulaire "2 BROSSES en charbon pour collecteur de scie SKILL", la scie vau neuve 150 €, les deux brosses m'ont couter logistique comprise (commander via internet au uk) 20€. le temps total, diagnostique de la panne, recherche des pièces, démontage remplacement, remontage, 2h30.

Un technicien qualifié pas chère coute 50€ / heure hors tva.

Vous voyez ou je veu en venir ? je peu arrêter ici l'explication ?


123. jo_6466 vendredi 11 mars 2011 18:09

je pense que Mr Delalgue et d'autres associent , à tort, l'obsolescence programmée à la panne définitive d'un appareil qui serait sciament voulue et finement calculée par une équipe d'ingénieurs et de gens du marketing particulièrement machiavéliques.

Ce n'est pas cela l'obsolescence programmée!!

Elle consiste en réalité à VOUS FAIRE CROIRE qu'un élément constituant votre appareil a besoin d'être ABSOLUMENT remplacé sous peine d'une panne grave imminente.

Exemple :
L'imprimante laser professionnelle de mon entreprise qui est une Oki nous assène à intervalles très réguliers des messages du genre " commandez rapidement une courroie ... commandez rapidement un four .... commander rapidement un tambour etc .... et cerise sur le gâteau si VOUS NE REMPLACER PAS ces éléments à la fréquence que l'on vous impose la machine s'arrête de fonctionner. Oui vous avez bien lu: elle refuse définitivement d'imprimer!
Inutile de vous dire que ces pièces détachées sont évidement hors de prix

C'est de l'obsolescence programmée.

Autre exemple :
Lors de l'entretien des 100.000kms de mon véhicule Hyundai on m'annonce que la courroie doit être systématiquement changée sous peine de perte de garantie!

Dans les 2 cas vous n'avez aucune possibilité de VERIFIER les dires de ces messieurs du marketing et ingénieurs qui ont conçus ces produits et qui ont décidé bien à l'avance dans leurs beaux quartiers quand leurs composants devront être déclarés obsolètes. On nous FORCE donc à remplacer des éléments qui ne sont pas forcément usés.

C'est de l'obsolescence programmée

Dernier exemple parmi des milliers d'autres :
Les lampes d'éclairage public que le fabricant conseille avec assurance (hum) de remplacer systématiquement après X heures de fonctionnement sous peine d'extinction imminente. Ce que personne des pouvoirs publics ne pourra bien entendu jamais vérifier.
Il est même probable que dans un marché plus concurrentiel ce même fabricant annonce une valeur Y supérieure à X heures pour la même lampe afin de mieux se positionner.

C'est de l'obsolescence programmée

Rien n'est plus facile aujourd'hui que de programmer l'obsolescence de produits et ce d'autant plus facilement qu'ils ont tendance à devenir de plus en plus complexes et échappent complètement à la compétence et à l'analyse technique de la plupart d'entre-nous.

Dès lors il n'y a pas à s'étonner ni à réfuter cette stratégie des TEMPS MODERNES de l'obsolescence programmée qui existe quoique en pensent certains penseurs bien naïfs.
Imaginez alors les milliers de produits qui nous entourent et qui peuvent facilement faire l'objet des mêmes stratégies et imaginez les millions de personnes forcées de jouer à ce jeu de l'obsolescence programmée et vous comprendrez pourquoi beaucoup de personnes ont encore de nos jours un emploi et ne sont pas près de le perdre.
(Je ne veux même pas évoquer les sociétés qui usent de ce stratagème pour s'assurer des revenus constants et consistants)

Malheureusement cette obsolescence programmée, bien utile à l'économie mondiale et seule capable de procurer de l'emploi pour nous mêmes et nos enfants, donne un fameux coup de pied aux beaux espoirs écologistes ... d'un autre temps ceux-là

Tiens tout d'un coup je me surprends à programmer l'obsolescence de l'écologie des temps modernes.


124. nakolah vendredi 11 mars 2011 18:23

Un pavé pareil, et vous occultez complètement la problématique écologique ! Les ressources de notre planète ne sont pas illimitées comme vous semblez le sous-entendre, pour vous citer:

"si faire 26 collants durant deux semaines coûte au total moins cher qu'un seul collant durant un an, alors, il est préférable de fabriquer les produits moins durables".

Non, non et non !

Bien sûr la plupart des consommateurs préfèrent ignorer le principe d'offre et de la demande et oublier qu'ils sont les premiers à demander toujours plus de nouveautés.

Je n'ai pas vu ce documentaire mais il a l'air de remplir une mission: sensibiliser les consommateurs sur le choix de produits durables, en payant parfois plus. Il me semble par contre diaboliser les entreprises qui ne font parfois (souvent ?) que répondre à la demande de zombies sur-consommateurs aux cerveaux déjà essorés par la publicité. L'ennemi, ça n'est pas toujours les autres.

Demain j'irai acheter une poêle: elle sera en carbone d'acier, durable et bon marché. C'est ici que commence le 'non' à cette dite obsolescence.

Réponse de Stéphane Ménia :

Hum, ça ressemble à une théorie du complot de la théorie du complot. Intéressant.

125. Nostalgique vendredi 11 mars 2011 19:13

Tout ça c'est rien que des mensonges, moi j'ai acheté un frigo en Allemagne de l'Est en 1952, et il marche encore parfaitement, et en plus il ne consomme même pas d'électricité, il suffit de mettre tous les jours un bloc de glace dans le compartiment idoine. C'est pas de la consommation durable, ça ?


126. cdc vendredi 11 mars 2011 19:25

A lire certains commentaires moins hystériquement agressifs, je reconnais chez certains intervenants une méconnaissance complète de la maintenance préventive. Oui, on vous conseille (sans vous forcer, n'exagérons rien)de changer votre courroie crantée tous les X km ou Y années, comme on change systématiquement telles et telles pièces du réacteur de votre Airbus préféré même si elles ne présentent aucune trace d'usure. Et j'ai connu le temps où il fallait changer l'huile moteur tous les 5.000 km - maintenant c'est 25 ou 30.000 - mais on déconseille fortement (et justement) de vous borner à faire le niveau. J'ai travaillé dans plusieurs pays "en développement" et constaté comme cette notion de maintenance préventive était difficile à faire passer : quand vous dites à quelqu'un qui roule avec des pneus lisses qu'il doit changer une pièce avant qu'elle ne casse, il vous prend pour un gaspilleur-né. Ces plaquettes de frein, elles peuvent encore servir, non ? Et l'embrayage n'a que deux cent mille bornes, s'il a tenu jusqu'ici, il tiendra encore un peu, non ?

Réponse de Stéphane Ménia :

Wé, j'avais commencé à répondre peu ou prou la même chose que vous et je me suis dit "oh, eh merde... ça part dans les tous les sens".

127. Arn0 vendredi 11 mars 2011 19:55

On notera que "l’obsolescence programmée" ne daterait pas d'aujourd'hui :
"Je rencontre un matelot américain, et je lui demande pourquoi les vaisseaux de son pays sont construits de manière à durer peu, et il me répond sans hésiter que l'art de la navigation fait chaque jour des progrès si rapides, que le plus beau navire deviendrait bientôt presque inutile s'il prolongeait son existence au-delà de quelques années."
Tocqueville, De la démocratie en Amérique (Tome 2, première partie, chapitre VIII)

C'est probablement le même principe qui à l'oeuvre pour l'ipod : vu le taux de renouvellement de ce genre d'appareil l’intérêt d'avoir une batterie de qualité, ou d'en permettre un changement facile, ne justifie pas l'effort à fournir (en terme de coût ou pour une batterie amovible en terme d'atteinte au sacro-saint design épuré à la Apple).


128. jo_6466 vendredi 11 mars 2011 21:01

reponse à CDC

"La maintenance préventive":

Voilà bien un mot qui résume à merveille l'immense pouvoir de conviction de nos chers fabricants qui au travers d'heures et d'heures de publicités mensongères matraquantes et de "conseils" judicieux ont réussi petit à petit à ancrer dans la tête des consommateurs que si vous ne voulez pas d'ennuis, LAISSEZ-NOUS faire de la maintenance préventive sur vos biens. Et beaucoup d'entre-nous ont fini par en approuver l'idée .. pas moi.

En d'autres mots, ils nous disent : je vous livre de la merde et grâce à ma "maintenance préventive" j'essaierai à VOS FRAIS de prolonger la durée de vie de ma marchandise pourrie.

Faire de la maintenance préventive c'est finalement dire aux pauvres c... de consommateurs que nous sommes:
Laissez-moi remplacer préventivement et à vos frais votre courroie à 100.000 Kms car je ne suis pas sûr qu'elle tienne le coup beaucoup plus longtemps étant donné que j'ai rogné sur sa qualité pour gagner plus d'argent.

C'est pas une idée de génie ça?

La "maintenance préventive" est donc un pan de l'obsolescence programmée

Les fabricants (j'en suis un) qui font de la marchandise de qualité et donc d'une durée de vie plus que de coutume se doivent de récupérer de l'argent au travers de FAUSSES obsolescences ou des services avec comme seul justificatif ô combien rassurant: "c'est de la maintenance préventive que l'on vous propose dans votre propre intérêt"

Etonnant que de nos jours il semble naturel à certains de devoir remplacer une courroie de laser simplement parce que sur leur écran est apparu la phrase "courroie en fin de vie" et qu'ils ne leur viennent pas une seule fois l'idée que cette phrase est peut-être bidon.
Et regardez jusqu'où va le génie de nos chers constructeurs! :
A ceux qui auraient quand même un doute sur la véracité d'une telle affirmation, on ne leur LAISSE MEME PLUS le choix de décider de la respecter ou non. On vous FORCE à le faire malgré votre refus, sinon votre imprimante n'imprime plus ou votre voiture perd sa garantie de 7 ans.

"La maintenance préventive" = "obsolescence programmée" = arnaque des temps modernes


129. Via samedi 12 mars 2011 00:06

Intéressant, merci!

Un petit bémol si je puis me permettre: comme l'on souligné d'autres commentateurs, vous êtes tout de même assez léger sur l'analyse du marketing.

Vous raisonnez en économiste, dirons-nous, libéral: les consommateurs, selon vous, sont responsables, donc libres d'être stupides et de préférer des produits designés à batterie qui tient pas ou des bas qu'on peut changer selon la mode à des bas qui tiennent un an.

Donc, chez vous, il n'y a ni influence du marketing, ni matraquage publicitaire, ni pression de la société de consommation (les gamins qui veulent absolument des Nike à 90€ fabriqués par des para-esclaves asiatiques sont-ils libres de leurs choix?)

Vous soulignez parfaitement les limites d'un documentaire - que je n'avais pas vu et que du coup je ne verrai pas- mais un peu de sociologie ne vous ferai pas de mal...

Réponse de Stéphane Ménia :

La question n'est pas là. La question est : y a-t-il un complot visant à raccourcir la durée de vie des produits alors qu'ils pourraient durer plus longtemps au même prix, au même coût, avec les mêmes caractéristiques ? Un peu de calme et de rigueur ne vous feraient pas de mal. Par ailleurs, vous dites que les consommateurs sont stupides, pas nous justement. Vous pouvez le penser, c'est votre droit. Mais ça ne change rien à l'affaire. Pour un économiste, vous avez simplement des préférences différentes des leurs. D'ailleurs, les économistes considèrent effectivement que la publicité peut altérer les préférences. Mais ça change quoi ? Si les hurlements contre la société de consommation ne suffisent pas à modifier les préférences, on fait quoi ? On ouvre des camps de rééducation ? Au passage, vous n'avez aucune idée de ce que peuvent être nos points de vue personnels sur ces sujets.

130. Maniel samedi 12 mars 2011 01:59

Très divertissant d’avoir vu le film (avec ses séquences des années de ma jeunesse – l’âge d’or des voitures américaines), d’avoir lu la critique, que je trouve juste d’ailleurs, et d’avoir jeté un coup d’œil aux commentaires, plusieurs très bien écrits (ex., 75 de Liberty Valence). Quatre constats :
1) J’ai une formation d’ingénieur ; notre culture, à l’université comme au boulot, a toujours consisté à dessiner les meilleurs produits possible (ça se voit actuellement dans les pratiques comme « six sigma »), compte tenu des contraintes, à savoir, le temps et le budget.
2) Bien que l’homme soit parfois capable de créer des produits révolutionnaires (le nucléaire par exemple), il est certain que tous ses produits seront évolutionnaires. L’évolution de beaucoup de produits ne s’arrête pas. Même après un tas d’améliorations pendant quatre décennies, l’ordinateur personnel d’aujourd’hui, bien que très performant (relatif à ses ancêtres) et disponible en beaucoup de formats, ne sera jamais « perfectionné. » Plutôt que « obsolescence programmée », je vois « obsolescence réalisée » par la créativité de l’ingénieur, la demande du consommateur, l’offre, et le marché.
3) Puisque la technologie est toujours en marche et qu’être le premier au marché donne un avantage indéniable, les premières versions des produits seront bientôt remplacées par des générations suivantes (offertes par plusieurs concurrents), plus utiles, plus performantes et meilleur marché.
4) Les questions relatives à l’environnement ne sont pas forcement de nature économique, mais elles sont susceptibles d’être adressées en se servant d’outils économiques (des impôts par exemple).


131. Hugues samedi 12 mars 2011 10:58


@ henriparisien

Merci pour votre réponse.

Au-delà des questions de définition, qui me semblent un peu secondaires, l'argument principal pour contrer les partisans de l'existence d'une obsolescence programmée est que les clients s'en rendraient compte.

Je trouve cette thèse mal argumentée, et un peu simpliste.

Pour simplifier, je partirais bien d'une matrice prix x fréquence d'achat:

- le produit pas cher qu'on achète souvent: le "consommable"
- le produit pas cher qu'on n'achète qu'une fois: le "trucmachin"
- le produits cher: "l'investissement'

"cher" étant une limite qui dépend des individus, mais pour fixer les idées disons plus de 500€

a) Sur le consommable, le client va par lui-même constater à l'usage une durée de vie.
*SI* il estime qu'elle est insuffisante, et *SI* il teste différents produits, il va effectivement se diriger vers un produit à plus longue durée de vie, *SOUS RESERVE* qu'il existe (qu'un fabricant se soit positionné sur ce créneau, ce n'est pas évident, voir mon ex. de l'iPod ci-dessus), qu'il le trouve, et qu'il ait fait le calcul économique de rentabilité sur longue période.

On voit donc que les mécanismes économiques de base peuvent jouer dans certaines conditions, mais on voit aussi qu'ils peuvent parfois ne pas jouer, et laisser une place à une stratégie d'obsolescence programmée gagnante

A titre d'illustration, les rayons alimentaires sont remplis (et quand je dis remplis, c'est remplis: c'est vrai de presque chaque rayon) de produit de marque de distributeurs qui sont *exactement* les mêmes que des produits de marque: fabriqués par la même société, sur la même chaine de distribution, avec un logo différent, mais moins chers. Et pourtant, les clients continuent à racheter année après année le produit le plus cher.
Donc parier sur la capacité des consommateurs à différencier l'offre la plus intéressante pour eux n'est pas toujours la meilleure analyse. Le marketing et la publicité sont là pour l'influencer

b) Sur le "trucmachin", basiquement, le client a une incitation faible à consacrer du temps pour comprendre quel produit a la meilleure durabilité. Comme dit dans mon premier message, il va se concentrer sur les fonctionnalités comparables, dans lesquelles on ne trouve pas la durabilité, en général.
Pour une entreprise, la stratégie d'obsolescence programmée est gagnante à court terme. Les entreprises qui visent le plus long terme essaient de contrer cela par la notion de marque, qui en général, vise à convaincre le client qu'on fabrique pour lui le meilleur produit, durabilité comprise. Mais une marque, c'est difficile à établir, c'est fragile (à la merci d'une erreur de production) et donc c'est une stratégie qui ne plait pas à tout le monde. Même si on vise le long terme, l'obsolescence programmée peut être une bonne stratégie, si on l'accompagne d'une incitation au consommateur à renouveler ses produits plus souvent, en lui faisant croire par exemple qu'il en tirera un bénéfice lié à une innovation.

c) sur l'investissement (voiture, maison), le client va se comporter de façon plus analytique et rassembler de l'information externe sur la durabilité: de plus, s'il est trompé une fois, il fera une très mauvaise publicité autour de lui. Sur ce produit, il vaut mieux éviter la stratégie d'obsolescence programmée


D'une manière générale, l'idée que les consommateurs peuvent choisir le meilleur produit et faire émerger la meilleure offre est de moins en moins pertinente. Les consommateurs choisissent des écosystèmes qui leur imposent ensuite des modes de fonctionnement en optimisant le niveau d'insatisfaction du consommateur ainsi capté: pas trop fort pour qu'il ne s'en aille pas, pas trop faible car c'est alors trop couteux

Je peux en donner un exemple très actuel:
J'ai acheté un ordinateur portable mac il y a qqs années.
J'ai un ordinateur de bureau, mac aussi, plus récent.
Je suis abonné à un service apple de synchronisation entre les deux appareils.
Récemment, Apple a décidé de faire évoluer son service et ne supporte plus le portable
Le service actuel existe, fonctionne bien et rapporte de l'argent avec un minimum de frais (c'est du logiciel).
Ca ne coûte rien à apple de le maintenir
J'en suis satisfait et ne veut pas changer.
Mais je n'ai pas le choix. Si je veux continuer à synchroniser entre mes machines sur la base d'un service apple, il faut que je remplace mon portable.


132. Via samedi 12 mars 2011 12:50

@Alexandre

Merci pour la réponse.

En effet s'il s'agissait de démontrer qu'il y a moins un complot qu'un raisonnement pragmatique (donc économique) des entreprises, votre article est très bien fait et plutôt évident (il faut toujours se méfier à priori des théories du complot, surtout sioniste... bref)

Je comprends bien ce que vous dites: vous n'approuvez pas forcément le gaspillage et les aspects débilitants de la société de consommation, mais vous affirmez que c'est ça ou les camps de rééducation.

J'espère pouvoir affirmer qu'il y a d'autres voies, plus modérés, entre gaspillage effréné et austérité de dictateur. On pourrait commencer par limiter plus strictement la publicité, notamment dans l'espace public visuel (l’État et la ville de Québec l'ont fait avec succès). Pour revenir d'un voyage au Liban, je vous assure que c'est incroyable les dégâts visuels que peut produire l'absence de droit urbain et de règle normative au sujet de la publicité à Beyrouth. A côté, Times Square est une aimable plaisanterie.

Sinon, évidemment, je suis d'accord avec vous: on ne peut interdire à personne de préférer un iPhone inutile et hors de prix qui ne marchera plus dans 10 ans parce qu'il est plus orienté design que durabilité. Et en effet je trouve ce comportement débile: la partie du consommateur, surtout drogué par les marques, n'est pas celle que je préfère chez moi et chez les autres.

On ne peut guère faire plus que ce que l'on fait déjà, en mieux: des règles et des normes sanitaires et environnementales. C'est le même problème pour la bouffe, au passage: on ne peut interdire à personne (surtout aux pauvres) d'acheter de la merde alors que le bio existe, mais sont-ils toujours informés des risques phytos des pesticides, de l'explosion des cancers?

Il y a une double action à mener au niveau légal et au niveau du "changement des mentalités", lequel prime et produira plus de changement plus efficacement que toutes les règles pour peu que les consommateurs soient vraiment informés (ah, l'information en CPP, c'est le nerf de la guerre...)

On peut néanmoins se demander si les entreprises proposent réellement des produits durables aux consommateurs pour qui c'est une qualité essentielle. Je vais bientôt devoir changer mon téléphone portable. La batterie de celui que j'ai tient bien 15 jours. Retrouverai-je un tel portable maintenant alors que nous sommes à l'ère des smartphone et que je n'en veux pas? N'y-t-il pas une carence de l'offre, volontairement orientée "jetable"?

Mais bon, c'est le serpent qui se mort la queue: on ne pourra jamais dire avec certitude si les entreprises font des produits jetables parce que les consommateurs le veulent ou si les consommateurs le veulent parce que les entreprises ne font que ça, autrement dit si c'est l'offre qui fait la demande ou le contraire (débat qui n'a jamais été tranché).

En tout cas c'est une question que vous n'abordez pas: le problème écologique. Mis à part quelques talibans verts, j'ose croire que la plupart des militants écologistes (décroissants compris) comprennent que le changement viendra surtout des consommateurs et non des firmes ou d'un renversement d'un prétendu complot. "Solutions locales pour un désordre global" était je crois le titre d'un film.

Ceci pour dire que si on ne peut effectivement interdire à personne d'acheter des iPhones et des iPad parce-que-c'est-indispensable-à-mon-bonheur, quand il n'y aura plus de silicium, plus de pétrole de plus lithium (qu'on ne sait toujours pas extraire en mer), il faudra bien un jour raisonner à long terme et se demander quels sont les effets sur la planète de cette "société de consommation effrénée".

On en revient finalement à ce qui oppose les "décroissants" et les autres (qui m'avait semblé transparaître dans votre dernier livre, chap2): la croyance ou non dans le progrès technologique, dans l'inventivité humaine pour trouver toujours les solutions aux défis qui sont les nôtres.

Personnellement, le progrès m'a suffisamment démontré sa vaste capacité de destruction au XXème siècle pour que j'ai des raisons de douter.


133. Moi samedi 12 mars 2011 16:47

"On peut néanmoins se demander si les entreprises proposent réellement des produits durables aux consommateurs pour qui c'est une qualité essentielle. Je vais bientôt devoir changer mon téléphone portable. La batterie de celui que j'ai tient bien 15 jours. Retrouverai-je un tel portable maintenant alors que nous sommes à l'ère des smartphone et que je n'en veux pas? N'y-t-il pas une carence de l'offre, volontairement orientée "jetable"?"

Bien sur qu'il y a encore des téléphone simple, peu cher (bien moins qu'un modèle équivalent d'il y a quelque années), robuste et avec la batterie qui va avec, par exemple :
www.samsung.com/fr/consum...

Faut-il néanmoins vraiment regretter que les consommateurs soient attiré par des téléphones ayant plus de fonctions ?


134. A2lbd dimanche 13 mars 2011 03:03

Bonjour

Votre article est intéressant pour autant vous usez de réthorique facile pour disqualifier le reportage.

1/la théorie du complot. Elle n'apparait pas aussi clairement dans le reportage que vous le prétendez. Un vraie théorie du complot est toute entière tournée vers l'identification des comploteurs. Or le reportage ne va pas dans cette direction. Il ne cherche pas à pointer du doigt tel ou tel acteur de la vie économique mais souligne le fait que notre modèle de consommation/production repose tout entier sur le fait que sans relâche des échanges doivent être réalisés sinon il devient bancal et se casse la gueule.
London n'est pas paré des oripeaux du rédacteur des protocole du sage de la consommation car à aucun moment le reportage ne cherche à appuyer la thèse qu'il est à l'origine du mouvement. Ce qui est montré c'est que cet homme qui avait une fibre sociale forte et en même temps était libéral et avait donc confiance en les capacités du marché à trouver l'optimum, pensait que pour assurer le plein emploi il est nécessaire de ne pas vendre des produits trop durables.

2/ Et du coup vous évitez soigneusement cette question qui pourtant est centrale dans la vie économique : comment concilier le fait que l'agent économique ait horreur du risque quand dans le même temps il ne pourrait pas anticiper clairement à quel moment il va pouvoir vendre sa force de travail.

Si les entreprises se mettaient à vendre des objets increvables, ou qui pourraient être régulièrement réparés et mis à jour, elles seraient bien en peine d'embaucher.

Vous avez raison à l'instant t sur votre comparaison entre la vente d'une machine d'une durée de vie D au prix P par rapport à la vente de deux machines D/2 à p/2 mais pas sur le moyen long terme. Sachant qu'il y a des employés à payer, la deuxième solution apparaitra meilleure tant aux patrons qu'aux syndicats.

Le système tient parce que l'ensemble des acteurs y ont intérêt...c'est là la vraie problématique et je ne crois pas que le reportage d'Arte la masquait.


135. jo_6466 lundi 14 mars 2011 07:28

La problématique de notre société de consommation actuelle tient en une seule phrase :
Les travailleurs produisant les produits sont les mêmes qui les achètent

C'est donc la quadrature du cercle car:

Peut-on fabriquer des produits invcrevables sans toucher à l'emploi?
Peut-on continuer à remplacer l'emploi par des indémités distribué par l'état providence?

Il est très compliqué de répondre à ces 2 questions et la situation actuelle où l'obsolescence physique ou sociologique des produits est présente partout, semble être la meilleure des réponses trouvée pour créer de la consommation et donc de l'emploi


136. D.R.H lundi 14 mars 2011 13:48


Merci à l'auteur pour cet excellent billet,
et à Verel pour l'avoir signalé avec l'excellent commentaire 75 de Liberty Valence.

Ma modeste contribution : la citation sur la ruine est bien de A. Detoeuf (auteur loué par mes deux grand-pères, un industriel et un banquier !)
et il l'attribuait au "grand Rotshild". Page 124 dans l'édition du Tambourinaire de 1954.

C'est dans le chapitre "Techniciens et Ouvriers" dont le sous-titre peut parfaitement s'appliquer aux experts du complot : "personne ne croit aux experts, mais tout le monde les croit"

Cordialement


137. Fred lundi 14 mars 2011 15:36

Bonjour M. Delaigue,

Je souhaite revenir sur ces histoires d'imprimantes. Si j'ai bien compris, vous dites que la vente d'une imprimante ne profite pas au fabricant, et qu'il ne profite que sur les ventes de cartouches.

Cela m'a fait pensé à une chose : les fabricants, logiquement, sortent régulièrement de nouveaux modèles, donc (je me trompe peut-être) de nouveaux types de cartouches qui correspondent à ces nouveaux modèles.

La fabrication d'une foultitude de cartouches de types différents coûterait, je suppose, assez cher, surtout pour les anciens types qui ne trouvent plus beaucoup d'acheteurs car les consommateurs ont des imprimantes plus récentes (et l'entretien des machines produisant ce type de cartouches ne serait probablement pas rentable).

Si l'on se situe dans le contexte du documentaire, n'auraient-ils pas un intérêt à ce que les gens possèdent des imprimantes plus récentes, en éradiquant les anciens modèles, selon mes précédents arguments, éradiquant dans le même temps la demande de ces anciennes cartouches?

(On supposera que le consommateur est convaincu de la qualité des impressions de cette marque et qu'il ne désire pas aller voir ailleurs si son "ancienne" imprimante tombe en panne — un saut vers l'inconnu est, de toute façon, toujours difficile à faire.)


138. a2lbd lundi 14 mars 2011 16:10

jo_6466

Je suis complètement d'accord avec vous. Et du coup se pose la question de pourquoi jamais la théorie économique n'arrive à s'intéresser à la schizophrénie de l'agent économique : consommateur et producteur et épargnant. Pourquoi dès que l'on parle de phénomènes identifiables mais si imbriqués dans le dogme du contrat social générale qu'ils y sont camouflés, comme l'obsolescence programmée ou la spéculation (auxquels les épargnants participent eux aussi nolens volens) ils sont soit disqualifiés par les uns comme étant autant de théorie du complot, soit érigés en dogme d'une théorie du complot par les autres...??

Sinon bravo pour ce blog qui est vraiment tout à fait sérieux dans ses analyses sans l'être dans son ton.


139. Alain lundi 14 mars 2011 23:10

Merci pour cette claire mise au point. L'explication autour du coût des collants est particulièrement parlante.

Le cas de l'ampoule à filament et l'histoire du cartel, est abordé de manière vraiment naïve. Ca m'étonnerait fort qu'ils aient décidé d'une longévité nominale de cette manière.

En pratique, les lampes à incandescence sont en longue durée avec une légère sous-tension, le rendement lm/W et la luminosité sont simplement plus bas.

On multiplie par 10 la durée de vie lorsque la tension est à 80% du nominal, la luminosité n'est que divisée par 2. Lorsqu'on ne veut pas les changer souvent c'est parfaitement acceptable.

A l'inverse, on double la luminosité à 120% de la tension nominale, la durée de vie est alors divisée par 10. Dans certains cas, c'est acceptable aussi.

Voir le petit abaque des paramètres en fonction de la tension; à la fin du PDF www.intl-lighttech.com/ap...


140. Alain mardi 15 mars 2011 00:45

@Liberty Valance econoclaste.org.free.fr/d...

Merci beaucoup pour votre post sur les documentaires, il est très instructif sur les us et coutumes de ces professionels de la profession.


141. Yacca mardi 15 mars 2011 17:11

Economiste béotien j’ai lu avec plaisir ce post qui contre, parfois durement, des vérités bien établies puisque « vues à la télé ». J’en suis d’autant plus content qu’il me semble avoir suivi vos explications sans trop de difficultés et avoir à peu près compris.
Mais pourquoi alors ne pas pousser ce raisonnement jusqu’au bout ? Et s'il est, comme vous le dites, plus rentable de vendre un seul produit durable et cher que deux fragiles et moins chers et si les fabricants sûrs de la qualité de leurs produits n’hésitent pas à proposer des garanties de durée supérieure, pourquoi alors le législateur qui œuvre pour le bien de la communauté et qui a le souci de « l’environnement durable » n’impose-t-il pas un étiquetage des bien d’équipement qui indiquerait leur MTBF (en français : temps moyen de bon fonctionnement) de la même manière qu’il existe une normalisation pour la consommation des moteurs.
Il ne semble donc pas impossible de définir des conditions qui permettraient de comparer « officiellement » la durabilité de certains biens d’équipement dans des conditions de fonctionnement comparables. Cela fournirait un paramètre de choix supplémentaire au consommateur et lui donnerait l’impression d’agir sur le gaspillage des ressources.


142. vpo mercredi 16 mars 2011 11:22

@Alexandre en réponse au commentaire 107:

"Pour Apple, il est plus rentable de vendre un ipod à 200 qui dure 10 ans que deux à 100 qui durent 5 ans (ca coûte moins cher de fabriquer un objet plutôt que deux, tout bêtement...). "

Sauf que non, Apple va vendre deux fois un iPod à 200 et non deux iPod à 100.

Et en plus avec les économies d'échelle, le second iPod sera moins cher à produire car Apple aura eu un discount à partir du Xième processeur gravé chez TSMC.

Donc non ca ne coute pas moins cher de produire un seul objet plutôt que deux.


143. Kenjiclochette mercredi 16 mars 2011 18:34

Votre article soulève des points intéressants; d'autres part, je n'ai pas vu le docu en question mais j'ai bien l'intention d'y remédier grâce à vous. En particulier parce que je suis étonné qu'Arte, rare chaîne pour laquelle j'ai encore un peu de respect, fasse la promotion de quelque chose d'aussi caricatural.

Ceci dit, la seule chose que vous nous prouvez, c'est l'absence d'un complot visant à instaurer l'obsolescence programmée comme règle de marché. Vous y parvenez via une explication insistant sur la rationalité des acteurs économiques - chose qui, je ne vous l'apprends pas, est fortement discutable et soumise à un grand nombre de paramètres. Vous adoptez très clairement ici des préférences idéologiques/politiques/intellectuelles - appelez-les comme vous voudrez - qui vous font certes honneur mais qui ne constituent en rien une vérité descendue des cieux. Vous savez pertinemment que du côté des consommateurs comme du côté des producteurs, les comportements les plus rationnels cotoient quotidiennement l'irrationalité la plus crue pour une raison simple; la rationalité se mesure en comparaison à un postulat de départ. Or, il est très difficile de déterminer le postulat de départ de chaque acteur, postulat dirigeant jusqu'à un certain point les actions de l'acteur en question. Vous êtes un économiste, vous aimez les généralisations et c'est tout naturel puisque sans celles-ci la science économique elle-même aurait bien du mal à progresser.

Cependant - et j'en viens au point principal de mon argumentaire - démontrer qu'un complot visant à instaurer l'obsolescence programmée comme règle de marché est improbable ne prouve pas que l'obsolescence programmée ne constitue pas aujourd'hui un outil économique fort pour certaines industries. Qu'elle soit la conséquence d'économies sur les matières premières, sur la main d'oeuvre ou que sais-je encore ne la fait néanmoins pas disparaître. Vous vous attardez donc uniquement sur les raisons de l'obsolescence programmée, tandis que le documentaire semble (étant très familier avec la décroissance, je pense pouvoir estimer le message global du docu) plutôt se concentrer sur le fait même que l'obsolescence programmée existe. Qu'elle soit une conséquence de l'économie de marché globalisée ou un de ses vecteurs principal n'y change au final pas grand chose. La critique qui l'utilise vise toujours à remettre en cause l'ordre capitaliste et cela me semble être le message principal que vous n'adressez malheureusement pas.


144. slt jeudi 17 mars 2011 01:06

il ne s'agit pas de complot, mais tout simplement du fait que certains industriels préfèrent faire des produits qui ont besoin d'être renouvelés régulièrement pour augmenter leurs ventes ;)

Et puis si la loi ne fait rien pour leur interdire de le faire, il est normal que certains pratiquent ces méthodes. Nous sommes dans l'ère du capitalisme tout de même. Moi même si j'étais patron je pratiquerai l'obsolescence programmé sur mes produits ^^"


145. jo_6466 jeudi 17 mars 2011 04:50

S'il n'y a pas plus bel exemple pour démontrer le volontarisme de l'obsolescence des produits c'est bien l'exemple chinois

Pour travailler régulièrement avec eux je peux vous affirmer deux choses:
- Leurs ingénieurs et décideurs ne sont pas,et de loin, moins compétents et moins efficaces que les nôtres
- nouveaux sur le marché de la production, ils sont en possession des machines les plus performantes et efficaces du marché contrairement à beaucoup d'entreprises européennes vieillissantes aux machines rétrogrades non renouvelées (sic)

Aussi il ne peut y avoir qu'une seule explication à la mauvaise qualité avérée des produits chinois : l'obolescence programmée

Peut-être ont-ils compris mieux que quiconque que la croissance d'un pays tient dans sa capacité à procurer du travail à ses habitants afin de leur donner les moyens financiers pour devenir des consommateurs à part entière ... un univers qui leur était encore interdit il n'y a pas encore longtemps

Peut-être ont-ils compris mieux que quiconque qu'il est stratégiquement plus intelligent de créer deux catégories de produits:
- les increvables nécessaires à certains domaines cruciaux liés à la sécurité (comme les centrales nucléaires,le spatial par exemple) où ils n'ont rien à envier à personne
- les éphémères nécessaires à faire tourner la machine de guerre économique que nous découvrons plus virulente que jamais de jours en jours

Ils semblent donc avoir compris mieux que quiconque que l'être humain est une machine avide de consommation et prête à le faire à outrance sans trop regarder à la durabilité des produits si on lui donne les moyens de vivre dans l'opulence ..... mais prête également à y regarder de plus près et à réclamer des produits increvables s'ils se retrouvent dans des situations financières critiques suite à la perte d'emploi ou autres situations particulières.

Aujourd'hui l'Europe est vue par ces pays émergents comme une zone riche qui est donc enclinte à consommer à outrance et prête à accepter l'éphémère ... c'est ce que l'on constate aujourd'hui au travers de l'envahissement de produits de mauvaise qualité en provenance de ces pays mais que l'on consomme malgré tout sans trop éprouver d'amertume car la plupart d'entre-nous se disent "bah pour ce prix là ce n'est pas bien grave si on doit le remplacer à court terme"

Mais l'Europe perdant de plus en plus son aura de zone riche, il ne faudra pas attendre encore longtemps pour que les personnes moins nanties réclament et partent à la recherche de produits plus durables.

Et là je vous fais le pari que ces chinois adapteront très facilement leurs produits à cette nouvelle tendance et qu'ils deviendront brusquement de qualité supérieure tout en conservant sur leur propre marché en pleine croissance économique, des produits à obsolescence programmée pour leur population de plus en plus riche (car travaillant) et empressée de goûter à leur tour à la société de consommation telle que nous la connaissions jusqu'à présent en Europe.







146. Jo_6466 jeudi 17 mars 2011 06:30

Réponse à VPO

Je confirme vos dires

L'entreprise pour laquelle je travaille est conceptrice et fabricante de produits et mon rôle est de réduire le plus possible le prix de revient de ceux-ci

Aguerri à ce combat journalier je peux vous affirmer que 3 techniques permettent d'y parvenir :

1) Un même produit fabriqué avec une même qualité de composants peut s'avérer être au final un produit increvable comme devenir un cauchemar simplement par le choix DELIBERE de la "marge de sécurité" appelée aussi "coefficient de sécurité" dans l'utilisation des composants.
Les produits destinés au milieu industriel ou à la sécurité des personnes n'utiliseront pas les mêmes coefficients que ceux destinés au grand-public.
Exemple : on placera sur une source de 12 volts un condensateur de tension de service de 25 volts dans le milieu industriel mais il deviendra un modèle 16 volts pour le grand public ce qui réduit son prix mais aussi sa durée de vie de façon très importante. L'appareil donnera pourtant "l'impression" de fonctionner de la même façon.
Je vous laisse imaginer ce que cela peut donner pour l'ensemble d'un produit et pourtant je vous le répète : ce sont les MEMES composants de la MEME qualité mais utilisés tout simplement AUTREMENT.

2) le prix de revient baisse très fortement avec le volume de la production. Elle baisse au travers du volume important d'achats de sous-ensembles commandés à des sous-traitants qui a leur tour ...etc ... et ce jusqu'aux matières premières où il est évident que le volume d'achat fait la grande différence (Il vous en coûtera évidement plus au kilo si je vous envoie un de mes camions vous livrer 1 kg de cuivre plutôt qu' 1 tonne c'est clair)

3) la pression sur les prix que l'on peut se permettre chez les sous-traitants lorsque les volumes commandés sont très importants qui découle tout simplement du principe bien connu : il est plus facile de vendre 1000 lampes bon marché dans lequel on ne gagne qu' 1 petit euro plutôt que d'essayer de vendre 1 lampe à 1000 euros. Le bénéfice sera le même mais le choix évident du client fera, LUI, la différence.
De plus les frais de production se réduisent fortement car produire une seule lampe c'est de l'artisanat et en produire 1000 c'est du travail à la chaîne, voire multi-chaîne!. Technique qui nous a permit, faut-il encore le rappeler, d'accéder à la voiture,téléviseur,machine à laver ... réservés auparavant aux seuls nantis

Le résultat final de cette course effrénée vers le coût le plus bas, fruit de la concurrence de plus en plus virulente des sociétés d'un même pays auparavant et aujourd'hui entre pays, est une perte de fiabilité globale.
Il est aussi le fruit du comportement de la majorité des consommateurs qui pour diverses raisons (pauvreté,renouvellement volontaire ... ) achètent ce genre de produits "optimisés" . Certes du point de vue prix de revient, certainement pas du point de vue technique.

Sachez aussi que les départements de recherche et développement des entreprises ne font que suivrent les directives des commerciaux qui sont les mieux capables d'apprécier et d'imposer à l'entreprise la tendance et le prix "du marché". Aussi changeons nos comportements et vous verrez que les entreprises s'adapteront.

La décision est donc dans le camp des consommateurs.


147. Le Champ Libre jeudi 17 mars 2011 15:33

Bravo pour pour votre article.

Le mythe de l'obsolescence programmée a néanmoins de beaux jours devant lui, comme celui de la voiture à eau dont les compagnies pétrolières empécheraient le développement et autres fadaises.

Le grand auteur libéral du 19 ième siècle, Frédéric Bastiat, avait tenté de mettre à bas quelques fadaises économiques (si l'Etat licencie des fonctionnaires, le chomage va augmenter par exemple) dans un ouvrage grand public (un peu comme vous sur ce blog donc) :

lechamplibre.perso.neuf.f...

Mais ces fadaises continuent d'avoir la vie dure.

Bon courage donc.


148. VilCoyote jeudi 17 mars 2011 20:21

Moi j'en ai un peu marre de l'obsolescence programmée de mes bananes, qui passent direct de "vert" à "pourri".


149. azorni jeudi 17 mars 2011 22:29

L'exemple des collants est parlant. D'ailleurs, je crois savoir que les bas en nylon ont fait fureur à leur sortie, essentiellement parce qu'ils diraient beaucoup plus longtemps.

En outre, comme mentionné dans l'article, les produits qu'on achète disposent d'une garantie. Il appartient au consommateur d'en tenir compte et de faire jouer la concurrence.


150. jcr vendredi 18 mars 2011 13:13

Qu'est-ce que c'est que cette discussion de comptoir !
A une enquête argumentée, vous opposez des "On sait bien que", des "multiples blagues de la RDA", etc.
Est-ce qu'on fonde une argumentation sérieuse sur des lieux communs des préjugés et des blagues ?
Est-ce que les multiples blagues sur la RDA prouvent qu'un groupe d'homme en RDA ( peut-être étant-ils même anticommunistes qui sait ? ) n'ont pas pu inventer une ampoule durable ?
C'est le passage me plus navrant de votre argumentation, mais il reste du même niveau que le reste.
A ne plus vous lire...

Réponse de Stéphane Ménia :

Ah, chacun voit les enquêtes argumentées où il veut. Heureux de ne plus vous compter parmi nos lecteurs...

151. L'utilitariste gaulois vendredi 18 mars 2011 15:46

Ah, dissonance cognitive, quand tu nous tiens !


152. alexandre mercredi 23 mars 2011 01:12

Le tord de cet article est de considérer l'acte d'achat comme étant forcément raisonné alors que c'est un lieu commun de le considérer comme irrationnel.
Quand un consommateur choisit un produit, je ne pense pas que la longévité du produit soit prise en compte de manière significative, il est donc naturel qu'un fabricant mette l'accent sur des paramètres plus décisifs souvent liés à la réponse à une frustration immédiate.


153. Bernard mercredi 23 mars 2011 21:33

Qu'il s'agisse des arguments pour le "principe" de "l'obsolescence programmée" ou contre l'article en question, l'important - et le plus délicat- pour le lecteur est de garder un minimum de discernement...
Petit détail quant au § 4 du présent article, et pour avoir utilisé quatre 2 cv citroen..celles-ci ne nécessitaient pas le changement fréquent des plaquettes de freins puisqu'elles n'étaient pas équipées de freins à disques,la ligne simplissime d'échappement durait bien plus longtemps, et n'exagérons rien, l'oxydation ne produisait pas ses effets aussi rapidement que dès la 2de année...Bref, il ne sert à rien de contrer les inepties d'un documentaire par d'autres inepties...les deux y perdent en crédibilité...
Certains points semblent émerger des réactions: le gaspillage , la versatilité, la stimulation de l'envie, la perte de pouvoir des ingénieurs au profit des financiers, la promotion de produits superflus pendant que d'autres besoins plus fondamentaux ne reçoivent pas de réponses....questions de priorités, de réflexion, de valeurs...etc..et finalement, équation des plus complexes.. S'informer devient ainsi une nécessité, mais encore faut il être vigilant quant aux "informations" reçues..et qui elles aussi deviennent parfois très vite obsolètes.


154. Laurent vendredi 25 mars 2011 10:37

C'est un propos souvent avancé que ceux qui constatent que le monde est dominé par l'économie seraient antisémites. Je signale quand même que nous ne sommes pas tous des youssouf fofana . quand à faire des objecteurs de croissance une secte c'est là aussi une façon de ne pas réfléchir au fait incontestable que la croissance n'est pas prolongeable à l'infini sur une planête finie et qu'au delà d'un certain niveau de vie (niveau de consommation serait plus approprié) il n'y a pas de corélation entre bonheur et PIB. Réduire le gaspillage et favoriser l'égalisation des niveaux de consommation permettrait de sortir de la misère les uns sans que les autres se sentent moins bien. Au contraire : si tous ont accès au nécessaire il n'y a plus cette inquiétude latente de tomber dans la misère.


155. Daphnis vendredi 25 mars 2011 17:39

Je suis designer, et de l'obsoléscence programé il y en a, arété de vous leuré.
Les produits sont consus pour avoir une durée de vie estimé à la durée de vie de la garantie dans la plupart du temps.


156. Daphnis vendredi 25 mars 2011 17:46

Sur le plan philosophique, la recherche de bien matériels, quête sans fin, pousserait également selon certains au phénomène de surconsommation et s'interrogent sur la différence entre fin et moyens dans notre existence.
Sur le plan scientifique, on évoque l'empreinte écologique de notre consommation : l'essentiel de nos déchets n'est pas traité, certaines ressources naturelles sont en effet épuisées ou en voie de l'être et l'agriculture intensive est un facteur de réduction de la biodiversité.
Sur le plan psychologique, le consumérisme peut entraîner une continuelle frustration (encouragée par les modèles, les jalousies et les désirs alimentés par la publicité) qui engendre mal-être et parfois les comportements aggressifs qui en découlent.
Sur le plan social, lorsque la consommation devient la valeur centrale de la société, l'être humain peut devenir lui aussi un "produit" qui doit "savoir se vendre" et qui doit entrer "en concurrence", "en guerre", avec tous et autrui. La cohésion sociale et les valeurs humaines sont alors mises au second plan lorsque ce principe s'applique sur fond de crise économique et sociale entraînant une pression et une détresse morale, voire un isolement social, que même la consommation ne parvient pas à atténuer.
Un autre aspect social est le paradoxe d’Easterlin lié au paradoxe de l'abondance: le bonheur généré par une richesse plus élevée est éphémère, au bout de deux ou trois ans 60% de la satisfaction liée a celle-ci disparait. Le Bonheur intérieur net stagne malgré l'accumulation des richesses. Selon Daniel Cohen, « ce sont les augmentations de la richesse qui sont le déterminant du bonheur, pas son niveau, quel que soit celui-ci », ce qui donne deux interprétations: soit la consommation est semblable a une drogue, demandant sans cesse des nouveautés à consommer ce qui va à l'encontre des limites écologiques, soit elle est lié à la théorie des « sentiments moraux » développé par les économistes Adam Smith et Albert Hirschman , basé sur la nécessité d'être reconnu par les autres, par vanité et rivalité, impliquant un perpétuel dépassement d'autrui.


157. kha dimanche 27 mars 2011 05:03

Je trouve votre analyse de ce reportage plus qu'approximative (je parle du reportage, non pas de votre analyse de l'industrie qui est souvent juste). Bien qu'il comporte quelques erreurs, vous inventez des propos qui ne sont pas tenus dans ce reportage. Si ce n'est au sujet des ampoules, il n'y est pas question de complots mondial inter-entreprises visant dégrader la qualité des produits. Il est de plus fait par deux fois mention que obsolescence programmée est de susciter l'envie chez le consommateur de se débarrasser de son objet pour un neuf avant qu'il ne soit nécessaire de le faire (donc le consommateur a souvent le choix). Pas uniquement de lui vendre un objet qui va cramer en moins de deux semaines.

Le point qui m'a le plus choqué est que votre article laisse entendre que ce reportage flirte avec l'antisémitisme (en tout cas Nicolas - intervention 10 - l'a compris comme ça). Si le journaliste insiste sur le fait que London était juif qui, entre autre, agissait pour sa communauté, c'est justement pour montrer qu'il a pu être un philanthrope et non pas un simple industriel avide d'argent. Car telle est la conclusion qu'on aurai pu facilement tirer sans cette précision. Pour être clair, votre histoire du "juif de service" vous fait faire une bonne phrase et vous donne un coté provocant mais est injuste.

En dernier point, je dirai qu'il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. en effet il est à mon sens de mauvaise foi d'essayer de justifier le fait qu'Apple n'a pas été foutu de mettre un capot en plastique donnant accès à la batterie de l'Ipod sous prétexte qu'"Il est fort possible qu'Apple ait négligé la durée de vie au profit du design et de contraintes de fabrication". La moindre télécommande, la moindre radio est doté de cette "technologie" du capot. Apple a délibérément empêché l’accès à la batterie et s'est donné un mal de chien pour ça (pas de vis apparentes -> un objet plus compliqué à fabriquer). Un exemple concret : Changer le disque dur de mon ordinateur HP m'a pris moins de 5 minutes (deux vis et un capot sous l'ordi). Vous pourrez vous rendre compte ici www.macbook-fr.com/powerb... qu'il n'y a pas moins de 5 pages d'explications pour réaliser la même opération sur un poxerbook. Car Apple, sur ce modèle, à délibérément mis en œuvre un système visant a faire échouer toute tentative de réparation.


158. simplet (le 7ème nain) dimanche 27 mars 2011 10:09

Je tiens à remercier Alexandre pour son article fort instructif :

En effet ayant vu le reportage, je l'avais supposé rationnel et éducatif, et ayant pris la peine de donner plusieurs points de vues différents sur le sujet. Mais se blog ma fait comprendre ma "naïveté".

Il m'a fallu lire cet article pour me rendre compte qu'il est la voie de la raison =>
L'opinion d'un seul homme devant son PC s'acharnant à discréditer de toutes les manières possible un reportage qu'il n'a simplement pas aimé... est vraisemblablement plus juste q'une équipe entière rassemblant des enquêtes différentes à travers la toute la planète.

Grace au flair d'un homme, je peux maintenant dormir sur mes 2 oreilles car je ne suis ni victime ni acteur de l'obsolescence programmée qui de toute façon n'existe pas.
Arte dis n'importe quoi, je zappe sur TF1 dé que j'aurais acheté une nouvelle TV.


159. votre critique est ridicule et idéologique dimanche 27 mars 2011 15:13

Alors déjà, le premier argument ne tient pas la route, l'idée qu'on dit toujours "c'était mieux avant", et que l'époque de nos grand mère était pareil, avec des frigos qui tiennent pas longtemps dans les années 50; tout simplement parce que ce docu montre que dans les années 50 l'obsolescence programmée était déjà la règle, et le docu ne parle pas d'une période mystique du "avant", mais donne des dates précises sur tout ce qu'il dit, et explique l'histoire précise du développement de l'obsolescence programmée. Donc déjà, une première preuve de désinformation de votre part, vous qui dénoncer celle supposée des autres.
Ensuite, je vais pas commencer à faire la critique de tes arguments économiques ça prendrait trop de temps, je dirais juste que ton idée selon laquelle les pauvres industriels sont tiraillés entre divers objectifs (luminosité, basse consommation, durabilité... pour les ampoule par exemple) et du coup choisisse rationnellement de se concentrer sur d'autres objectifs que la durabilité est tout simplement débile. Oui, ils ont plusieurs objectifs mais ils peuvent très bien augmenter largement la durabilité s'ils le veulent, les ingénieurs en sont capables ils l'ont déjà fait; s'ils ne le font pas c'est tout simplement parce que c'est pas dans leur intérêt que le consommateur achète une ampoule tout les 25 ans. Et, en montrant qu'en RDA c'était différent et les ampoules durait 25ans au lieu de 3 mois, le documentaire, loin de faire l'éloge de l'économie soviétique, montre juste que lorsque les objectifs sont différents (à savoir d'augmenter la durabilité des produits plutot que de la réduire à tout prix) les résultats changent complétement. Et tu ne me feras pas croire, que les ampoules qui durent 25 ans, éclaire vraiment très mal et que c'est pour ça qu'on ne veut pas en produire. C'est évident que faire des produits durables n'est pas dans l'intérêt des industriels, il suffit de regarder quelques exemples. Bon, effectivement on peut encore rappeler l'histoire du collant qui ne s'effile pas et qu'on retire du marché, puisque cela provoque des troubles économiques; argument qui est valable malgré ta mauvaise critique. On peut aussi rappeler que l'entreprise d'appereils photos Leica, après avoir lancé temporèrement le Leica M, qui dure toute une vie, a connu les plus grosses difficultés économiques de son histoire, et l'a donc retiré du marché. Bref, ta critique est complétement orienté idéologiquement, et ce qui te dérange dans ce docu n'est surement pas les arguments qui seraient pas pertinents, mais le fait qu'on dénonce un systême économique que tu adore pour des raisons qui me dépasse et que tu veut défendre à tout prix. Par ailleurs, je ne voit pas de quels économistes tu parle, quand tu dis qu'ils sont tous suspicieux à l'égard de l'obsolescence programmée, tu ne donne aucun nom, et si tu en donné je pense que ce serait des économistes de droite libérale qui défendent eux aussi le même systême, qui marche si bien puisque les inégalités sociales ne s'accroissent apparement pas, les richesses ne se concentrent pas de plus en plus dans les mains de quelques uns, et on ne détruit pas non plus la planète avec notre surconsommation, et le développent est totalement durable puisqu'on lui a accolé cet adjectif qui sonne bien et le fait passé pour ce qu'il n'est pas. Donc je n'ai jamais entendu parlé de ces économistes suspicieux à l'égard du concept, et s'ils existent on sait bien quel modèle ils défendent. Donc voila au risque de passer pour un gauchiste paranoïaque, je te dis que ta critique est ridicule, idéologique, repose sur des raisonnements économiques qui ne tiennent pas, et que l'obsolescence programmée est une réalité que tu refuses de voir, puisque le systême éonomique actuel est si génial, et gentil, et tout le monde il est content.


160. PrometheeFeu lundi 28 mars 2011 17:00

@votre critique est ridicule et idéologique: Votre critique manque de coherence. Selon vous les industrialistes sont plein d'avarice. Selon vous aussi les consomateurs voudraient des produits qui durent plus longtemps. Donc, il y a une niche a remplire. Quelqu'un qui produit des produits qui durent plus longtemps pourrait se faire un fric fou et mettrait a la rue tous ses competiteurs. Comment se fait il alors que tous ces industrialistes qui sont avares et ne voient pas plus loin que le bout de leur nez se font les un les autres ce cadeau en or au lieu de decider de gagner un paquet de fric immediatement? Si effectivement cela a lieu peut etres par la stupidite des industrialistes, la solution est claire pour vous. Trouvez des investisseurs (il me semble que beaucoup de monde croit cette histoire d'obsolecense programmee donc trouver des investisseurs devrait etres facile) et lancez vous a la conquete de cette enorme opportunite. Engagez des ingenieurs et vendez des ampoules qui durent 25 ans! Si vous avez raison, vous gagnerez beaucoup d'argent et en plus vous aurez sauve la planete. Comme on dit en anglais: "Put your money where your mouth is or shut up."


161. plancton mardi 29 mars 2011 00:20

Intéressante critique mais vous oubliez notamment un point : un documentaire est un produit culturel et à ce titre il est comme tous les produits industriels soumis à des contraintes de production et à la loi du marché. Il n'y a pas d'exception culturelle. De même qu'on n'oblige pas les consommateurs à acheter les produits non durables, on n'oblige pas les téléspectateurs à regarder les films et encore moins à croire ce qu'ils racontent. Par ailleurs, un documentaire n'est pas du journalisme : il n'est pas demandé à l'auteur une information objective mais d'adopter un angle, un point de vue, de créer une œuvre qui peut susciter le débat. C'est donc parfaitement réussi. Vous prenez finalement une posture morale en demandant à ce que les produits d'information soient déontologiquement acceptables alors que vous n'exigez pas que les produits industriels le soient. Ils sont pourtant eux aussi le fruit de la main invisible et peuvent bénéficier des mêmes excuses. Si on incrimine l'auteure dudit documentaire pour faute professionnelle et on dénonce le complot des responsables politisés de l'audiovisuel qui lui ont permis de diffuser son poison alors on doit le faire aussi pour les industriels. Au fond, si on applique la grille de réflexion que vous avez utilisée pour critiquer ce documentaire à votre propre critique, on retourne à la case départ.
Toutefois votre argumentaire ne manque pas d'idées intéressantes et instructives mais malheureusement un peu noyées dans la mauvaise foi, la rancœur et l'approximation (à ma connaissance ce n'est pas le Grenelle de l'environnement qui a imposé les ampoules à basse consommation, la fin des ampoules à incandescence était programmée avant et au niveau mondial). On tombe aussi dans le goût personnel : les ampoules à incandescence éclairent mieux que les LBC ("c'était mieux avant"). A ce compte-là on peut trouver aussi que la bougie ou la lampe à huile avaient un autre charme tout de même... Quant à l'imprimante qui coûte 30 euros et qu'on s'entête "bêtement" à vouloir réparer, je l'ai vécu : ce n'est pas 30 euros mais 400 euros pour une imprimante photo vous permettant de faire votre boulot et quand cela représente vos revenus mensuels, vous pensez autrement.
En clair, vous ne choisissez que des exemples qui viennent appuyer votre démonstration , exactement comme le fait la documentariste. C'est de bonne guerre. Un point partout.


162. Xavier dimanche 3 avril 2011 18:00

Bonjour à tous,
ce point de vue est intéressant mais où est réellement le fond du problème. Pourquoi avons nous ce comportement, ce besoin de consommer. Cela n'a rien de futile ou je ne sais quoi. Tant que nous nous identifierons à notre égo il n'en sera autrement. Chacun a cette responsabilité envers lui et les autres. La libération spirituelle peut faire sourire beaucoup d'égo mais est la seule voie pour sortir de la soufrance que l'attachement à l'égo nous procure. Pour ceux qui éprouveraient le besoin de se libérer de cet attachement aux choses (objets, pensées, émotions...)voici d'autres auteurs: Eckhart Tolle, Krishnamurti, Arnaud Desjardins...
Si ce message peut permettre à ne serait-ce qu'une personne de s'intéresser à la nature de l'égo et au dysfonctionnement qui est à l'origine de nos travers, il aura atteint son but...
Bonne soirée à tous
Xavier


163. Didier lundi 4 avril 2011 10:43

J'ai trouvé très intéressante l'intervention de Hugues (77) sur les principes du marketing et en particulier la difficulté de tenir dans notre système quand on se trouve sur un créneau haut de gamme et durable. Votre propos était de répondre au documentaire, mais je pense que les idées de Hugues auraient mérité une réponse plus longue que celle que vous lui faites sur les logiciels (factuellement fausse d'ailleurs).


164. Atvaroun vendredi 8 avril 2011 00:58

A un moment vous parlez de la mode (pour les collants) pour justifier le fait d'acheter sans en avoir besoin. Mais c'est de l'obsolescence programmée par la mode elle même! J'irais pas jusqu’à soupçonner un complot, mais ça participe de fait au gaspillage...


165. Julien samedi 9 avril 2011 19:42

Je n'ai que survolé votre billet. Je vous avais découvert dans l'émission Arrêt sur Images concernant les documentaires Bankster, et votre prestation n'était pas convaincante.

Ici, vous admettez qu'il puisse y avoir des cartels, mais vous refusez d'admettre qu'ils se soient mis d'accord pour diminuer la durée de vie des objets. Ridicule. En physique, on aime prendre des cas limite. Comme cas limite, imaginez une entreprise qui vend des ampoules à durée de vie 500ans de fonctionnement; et imaginez une croissance démographique nulle. Alors, que se passe-t-il? L'entreprise fabrique les ampoules nécessaires, puis met la clé sous la porte. C'est pourtant clair, non? Et bien, maintenant revenez de manière continue vers le cas réel, et vous comprendrez qu'il n'y a rien d'aberrant à avoir des entreprises qui se mettent d'accord sur une durée de vie.

Réponse de Stéphane Ménia :

"Je n'ai que survolé votre billet". Et vous parlez ? Essayez le silence.

166. Ghal dimanche 10 avril 2011 01:29

Vos propos sont aussi risibles que les travers que votre "analyse" prétend mettre en lumière.

Malgré ses erreurs et ses défauts, et comme d'autres vous l'ont déjà fait remarquer dans les commentaires, celui-ci dit au final bien plus de choses étayées que vous ne le faites, pétri que vous êtes de vos certitudes et de vos stéréotypes, et surtout de votre peur de tomber dans le piège du conspirationnisme : sérieusement, ça suinte de chacune de vos phrases, autant je m'en méfie naturellement (et j'ai d'ailleurs pris des pincettes au fur et à mesure que le docu avançait), mais chez vous ça semble être obsessionnel. Voire idéologique, à voir les grandes lignes des idées que vous défendez. Vous êtes un cliché vivant.

En tout cas c'est vraiment très rigolo à lire. A défaut de quelque chose de réellement constructif, j'aurai beaucoup ri. C'est d'ailleurs doublement amusant d'avoir trouvé votre texte via un site de fans d'Apple, tout échaudés que l'objet de leur fétichisme soit critiqué. :)

Réponse de Stéphane Ménia :

Franchement, vous savez quoi ? Essayez la drogue. Elle vous permettra de relire votre commentaire et de constater à quel point il est vide. En fait, vous faites partie de ces gens dont on adore lire les insultes. Elles sont la preuve d'une certaine pertinence.

167. Keops mardi 12 avril 2011 18:05

Jamais lu un article aussi pitoyable de nullité que le votre. il fait rire jusqu'au bout du monde, merci.

Réponse de Stéphane Ménia :

Un pas de plus vers la plénitude. Merci.

168. philippulus mardi 12 avril 2011 19:04

Très bien votre Blog...surtout très drôle.

Ce que j'apprécie au plus haut point, ce sont vos réponses aux commentaires (surtout celles de Stéphane). Très bonne idée de les avoir mis en rouge. La couleur du prof qui corrige les copies et qui n'hésite jamais à humilier et rabaisser. Bien fait pour les débiles qui essaient du haut de leur chaire d'ignorance de vous apporter une contradiction aussi vaine que pertinente.
Ils n'ont rien d'autre à faire ? Je sais pas moi, euthanasier (Keynes) les économistes par exemple..

Réponse de Stéphane Ménia :

Incitation au meurtre ?

169. jeanluctatel mardi 12 avril 2011 21:22

Bonjour, il me semble que votre critique est très caricaturale et vous déformez énormément les propos qui sont tenus dans le documentaire ( que j'ai visionné bien évidemment sinon je ne me permettrait pas de critiquer votre critique).
1) L'âge d'or des produits durables est très clairement précisé dans le documentaire, contrairement à ce qui vous dites. L'obsolescence programmée est apparue en même temps que la production de masse, aux environs des années 20. Vous n'avez pas du être assez attentif.
Vous vous contentez de comparer l'obsolescence programmée du temps de votre grand mère avec celle d'aujourd'hui, ce qui n'a que peu d'intérêt en fait puisque ce n'est pas du tout le propos du documentaire.
2) Vous dites que l'obsolescence programmée n'a pas de sens car il est moins rentable de vendre beaucoup de produits fragiles et bons marché que peu de produits solides et chers. Sans rire, vous n'avez pas compris l'astuce ? Elle consiste tout simplement à vendre des produits fragiles et éphémères presque aussi cher que des produits solides et durables. Toute la finesse consiste à ajuster le prix pour un gain optimal. L'argument du consommateur mécontent serait pertinent si la pub ne venait pas s'en mêler.
2) Vous parlez de "liberté de consommation", d'envie de consommer, de mode, etc...
Mais l'obsolescence programmée s'appuie en grande partie sur la psychologie du consommateur. Vous n'avez pas compris l'enjeu de la pub ? Vous pensez peut-être que le gène du sac à main existe chez la femme ? Ou encore que roulez en 4x4 dans Paris est le summum de la liberté ? La société de consommation repose avant tout sur le désir de consommer, et c'est bien mis en valeur dès le début du documentaire avec un discours on ne peut plus clair.
3) Vous passez sous silence tout ce qui concerne le gaspillage des ressources naturelles, la pollution, la problématique de la croissance...
Étonnant, c'est pourtant un aspect très important de ce documentaire.

Bref, j'ai la sincère impression que vous êtes passé complètement à côté de ce documentaire ou alors il a tellement dérangé vos préjugés et vos certitudes de consommateur modèle que vous avez fait un "rejet", votre esprit refuse de voir la vérité en face, elle vous fait trop mal sans doute.
Avez-vous vu le film Fight Club ?
Je suis prêt à parier que vous avez du le trouver à vomir, cela dit, je peux me tromper...


170. hometheater jeudi 14 avril 2011 12:42

Bonjour ,

j'ai vue il y a quelques années, un excellent reportage sur la machine a coudre, et entre autre, sur Singer . Comment , grâce a des cours gratuit, il a réussie a inonder le marché américain, en proposant pour la première fois le "crédit".

Ces premières machines, très ( trop ) robustes , étaient quasiment increvable . Il y en avait d'ailleurs une chez mon arrière grand-mére, et qui fonctionnait a merveille. La socièté Singer à alors proposée d'échanger gratuitement, les anciens modéles , contre leur nouveau modéle... bien moin résistant. Il ne faut pas se leurrer, une société qui vend un produit avec une durée de vie de 50 ans est vouée a la faillite !

Sinon, je me pose une question simple.. je posséde des couteux de cuisines possedant un tranchant redoutable , que j'utilise réguliétement. Ceux ci restent extremement affutés pendant des mois. Comment se fait-il qu'une pauvre lame de rasoir, n'ayant a couper que des poils de barbes, ne coupent plus rien aprés 2 semaines ? J'ai lu sur le net, qu'une société allemande allait vendre une lame garantie 10 ans.. en céramique. A voir...

Pour finir, une de mes collégues, est allée en stage dans un BE qui développait une machine a laver, en regardant le cahier des charges, le premier critére était "axe du tambour , durée de vie : 5 ans". Pourquoi 5... mystére..

Cordialement

Franck


171. Gilles jeudi 14 avril 2011 14:22

Bonjour,
Concernant une imprimante de marque EPSON, si je veux imprimer en noir et blanc (ou nuances de gris), il faut que je fasse "propriétés" >> "avancées" >> troisième onglet, et là, j'ai la possibilité de régler mon choix.
Beaucoup de clics je trouve pour une option pas si avancée que cela à mon goût.
Je pense qu'ils veulent tout simplement me vendre plus de cartouches de couleurs que mon besoin ne nécessite. Faux ?


172. Jo Rabbit jeudi 14 avril 2011 23:13

La durée de vie d'un produit suit une courbe qui s'appelle la courbe en baignoire.

Au début de la vie d'un produit il y a un risque de panne, mise en place des différentes pièces couverte par la garantie, puis les pièces se étant en place, le mécanisme fonctionne normalement, le risque de panne est pratiquement nul. Puis à la fin de la vie du produit le risque remonte jusqu'à la casse.

Il y en a un qui l'a très bien compris, c'est Darty qui vous vend une extension de garantie de deux ou trois ans suivants les cas. Pour rire j'ai demandé un jour à pouvoir acheter deux extensions de garantie, refus du vendeur, ce n'était pas possible. La bonne blague, là on tombait pile dans la remontée de la courbe en baignoire et la probabilité de panne était de 1.

Tiens un dernier, mes beaux parents ont un réfrigérateur Bosch acheté en 1960, il fonctionne toujours...

Obsolescence programmée existe bel et bien et elle est tout autour de nous, affirmer le contraire est un fieffé mensonge.


173. troisieme type vendredi 15 avril 2011 00:42

Bonjour...

J'ai vu le documentaire, j'ai lu la critique, j'ai lu les réponses d'un coté et de l'autre...

Suis-je intelligent, suis-je naïf, suis-je particulièrement bon public?

Toujours est-il que j'ai vu des argumentations sensées des deux cotés, et de la mauvaise foi partout également.

Finalement c'est le propre de toute argumentation. On réagit sur un sujet, dans un sens ou dans l'autre, parce que l'on prend parti. C'est vrai pour votre critique, c'est vrai bien entendu pour le documentaire, tout comme c'est vrai pour l'ensemble des médias d'expression, c'est à dire les différentes formes de presse bien entendu, mais également la littérature, la peinture, la musique (qu'elle soit ou non accompagnée de texte, d'ailleurs), la photographie, etc.
D'ailleurs connait-on une presse qui soit neutre? Lit-on les mêmes éditoriaux dans le Figaro ou bien dans le Canard Enchaîné? Voit-on les mêmes unes dans le Monde ou bien dans la Dépêche du Midi?

Pour moi le mérite de ce reportage, qui exprime forcément le parti-pris de son auteur, est à mon avis d'inciter le public à se poser des questions qu'il n'avait pas prévu de se poser, de réagir à des idées qu'il n'avait pas croisé. Même si le fond est en partie subjectif, de toutes façon l'objectivité est une douce illusion. (Autrement pourquoi apprendrait-on l'argumentation à l'école, assez tard d'ailleurs? Si l'objectivité était la norme, l'argumentation serait superflue.)
Après ce reportage, j'espère que des gens vont être amené à se poser des questions sur leur propre mode de vie et de consommation.

Se rendre compte, peut-être, que c'est bizarre d'avoir cinq téléphones en état de marche qui ne servent à rien dans un meuble, alors que finalement le téléphone n'est pas si indispensable.

Que de changer de télé tous les cinq ans, ça n'est peut-être pas nécessaire non plus.

Que de faire à manger ça prend du temps, oui, mais ça coûte aussi bien moins cher que d'acheter du surgelé, et quand plus c'est bon pour le moral parce que ça fait, ENFIN, faire quelque chose d'utile. (Qui n'a jamais eu l'impression d'être outil sociétaire plus que quelqu'un, en faisant son travail?)

Que c'est quand même bizarre que ce produit de nettoyage, il ne marche pas aussi bien chez moi que dans la télé, et que tiens, ma grand-mère elle fait tout au savon de marseille et ça va aussi vite, et en plus chez elle la cuisine elle ne sent pas le canard WC...

Que à tout prendre, quand j'avais pas d'argent mais du temps pour rêver, est-ce que je n'étais pas plus heureux que maintenant que j'ai l'argent pour m'offrir tous mes vieux rêves, mais du temps ni pour en profiter, ni pour en créer de nouveaux?

Comme vous l'aurez compris avec ces exemples qui n'ont que peu à voir avec l'économie, je n'espère pas que le public de ce reportage monte à l'assaut des industries et des gouvernements (encore que je le souhaite sincèrement), mais simplement qu'il se pose des questions qui les amène à trouver des solutions viables, à heuteur de leur possibilité, c'est à dire tant dans leur vie privée que, pourquoi pas, dans leur vie professionnelle...

Voilà, là-dessus je vais me coucher, et réfléchir à comment je peux faire pour être plus responsable, en mettant en balance le négationnisme décroissant du reportage avec votre négationnisme économiste.

En vous souhaitant une bonne continuation.


174. Fred46 vendredi 15 avril 2011 09:53

Inutile de débatre sur le fond. Votre argumentaire n'est fouillé qu'en apparence. En fait il est simplement très (trop) long. Il n'est basé que sur des "je pense que", "je connais des femmes qui" (ridicule de prétention), à l'opposé de toute démarche scientifique. Vous assénez des lieux communs sur le métier d'Ingénieur auquel visiblement vous ne connaissez rien. Vu vos arguments, question se pose même de savoir ce que vous connaissez à l'économie. Vos virulences d'un autre âge contre l'ex bloc soviétique prouvent simplement que l'idéologie à changé de camp et qu'elle est hélàs doublée d'incompétence. Pitoyable.


175. diter1 vendredi 15 avril 2011 10:52

Votre post est navrant et réactionnaire.
Vous avez sans doute raison, ne changeons rien.
Instruisez vous un petit-peu avant d'inonder le net de vos inepties.
www.manicore.com/


176. philippulus vendredi 15 avril 2011 16:44

Eh bien dites donc, l'indice de virulence des derniers commentaires est en très nette hausse. Mais je ne vois plus de réponses en rouge du prof et je suis bien déçu, vu que je trouve éminemment plaisant que "des idiots guident des aveugles" (Shaekspeare).


177. gderidet samedi 16 avril 2011 05:27

Un éconoclaste c’est quoi ? : un iconoclaste mais à la solde exclusive du lobby économique et financier.Ce qui tout de suite réduit la portée de ses affirmations péremptoires.

Le documentaire d’Arte parle de morale et d'une planète que l'économie moderne épuise, M. Delaigue ne raisonne (résonne ?) qu'en termes exclusivement économiques. Si on produit beaucoup et pas cher c'est parce que le consommateur le souhaite et qu’il n’a pas les moyens, le pauvre, d’acheter durable et très cher. Sauf que le consommateur est quand même un petit peu conditionné par la publicité et le marketing et qu’il est pauvre parce qu’on ne fait vraiment rien pour qu’il devienne riche.

S'il était effectivement plus rentable pour les industriels de fabriquer des produits fiables et qui durent longtemps, on s'en serait aperçu et on serait beaucoup plus riches.

Bref, je me garderais d'entrer dans le jeu de l'éconclaste, nous ne parlons décidément pas le même langage. Ce genre de personnage serait capable de justifier la Shoa en termes économiques. Comme ses congénères ont justifié de la même façon naguère les deux dernières guerres mondiales. Hiroshima ? Nagasaki : une façon économiquement pertinente de gagner une guerre qui semblait perdue. Fukushima ? Un drame certes mais économiquement le nucléaire est plus rentable.

La consommation ne peut pas être infinie dans un monde de plus en plus fini. Il faut changer de modèle économique car nous allons dans le mur. Point barre. Il n'y a plus que M. Delaigue, et ceux qui l'emploient, pour ne pas s'en rendre compte. Au demeurant cet économiste distingué pourrait facilement nous démonter qu'il est plus rentable de conserver notre modèle économique consumériste à outrance que d'en changer. Que les individus soient abrutis par la pub et le marketing, que surtout la planète en crève n'entre pas dans les paramètres de M. Delaigue et consorts, qui, si la planète crève, seront de toutes façons les derniers à en profiter. La morale ? Combien de chiffre d'affaire ?

De plus, M. Delaigue se garde bien de préciser que depuis quelques années ce ne sont plus les entreprises qui décident de faire ou de ne pas faire de bons ou de périssables produits, mais les financiers qui les gouvernent. Ces gens là, la fabrication des produits dans le bon ou le mauvais sens, ils s’en tapent comme de leur premier million. Ils n'ont qu'un seul impératif : 15 % de profit net pour eux minimum. Et les ingénieurs et les managers qui bossent pour eux n'ont qu'à trouver les meilleurs moyens d’y arriver, indépendamment de toutes considérations d’ordre économique, et encore moins moral.

Que le docu d'Arte pousse un peu loin le bouchon on en est d'accord, mais il a au moins le mérite, contrairement aux savantes considérations de M. Delaigue d'ouvrir les yeux de ceux qui n'auraient pas encore compris qu’avec des raisonnements comme ceux de M. Delaigue l’individu est aliéné et la planète va irrémédiablement à sa perte.

Quand j'étais étudiant , il y a bien longtemps,on nous enseignait l'économie politique et on nous avait appris que l'économie ce sont des choix et que tout choix est politique. Je dirais que je trouve détestable, et je reste poli, la politique qui sous-tend l'économie dominante actuelle et les beaux discours de personnages comme M. Delaigue.

Pour conclure, quand je regarde le docu d’Arte, je réfléchis et je me pose des questions. Quand je lis la prose de l’éconoclaste j’ai envie de vomir.

C'est pourquoi, sur mon blog www.deridet.com, je posterai le docu d'Arte et certainement pas les considérations mercantiles de M. Delaigue.


178. cigogne samedi 16 avril 2011 12:48

Bonjour.
Au ton que vous employez pour détruire ce reportage que j'ai trouvé excellent, je ne peux malheureusement vous accorder aucune crédibilité.
D'autre part, étant ingénieur diplômé en conception mécanique, je sais parfaitement que l'obsolescence programmée est une réalité industrielle et je ne suis nullement étonné que son origine soit politico-économique car le credo de ce monde-ci est la croissance à tout prix !
Alors que cette société semble vouloir faire la chasse à tous les tabous, celui de la décroissance parait intouchable pour l'instant...
Ce que je déplore, c'est la disparition de toutes morales et de l'éthique professionnelle en particulier, bien qu'on s'y engage par les diplômes de l'enseignement supérieur. Dans ces circonstances, il m'apparait clair et évident que placer sa foi en l'homme est totalement illusoire et contraire à l'expérience historique humaine et donc que l'humanisme prôné à toutes les sauces est une vaste fumisterie, une posture universelle sur laquelle on peut s'appuyer pour justifier tous les faux sacrifices que devrait faire l'humanité pour survivre. L'économie devrait travailler à la répartition et l'équilibre des richesses mais elle a dévié vers la guerre, celle de la compétition, de la confrontation et finalement de l'appât du gain.
L'amour de l'argent est un mal profond de ce monde et combien ont fait vœu d'allégeance envers son pouvoir universel ?
L'obsolescence programmée n'est qu'un des moyens aveugles employés pour que la machine infernale puisse continuer à tourner car c'est la peur du changement qui règne avant tout. Aveugle parce que le principe de consommer cette planète nous conduit droit dans un mur, peur car toutes les souffrances sont devenues inadmissibles et décrétées comme telles. Quid des bienfaits de la douleur physique, de la restriction alimentaire... ? Tout est fait ici-bas pour que le spirituel soit muselé (conscience, tais-toi !) et que le ventre soit rassasié (avec tout son corollaire : sexe, violence, sensations, provocations...).
Au risque de choquer ceux qui disent ne pas pratiquer ce genre de choses, nous devons tous nous repentir et changer de voie. Shalom !


179. LPM dimanche 17 avril 2011 00:44

Alexandre, j'aimerai connaitre votre opinion d'un point de vue éthique sur le problème soulevé par ce documentaire? Merci d'avance.


180. de l'air ! dimanche 17 avril 2011 09:38

Je lis régulièrement votre blog, mais je n'étais pas retourné aux anciens posts de puis quelque temps. Je découvre que les commentaires sur l'obsolescence programmée" continuent. Une suggestion : pourquoi ne pas les clore ? Votre blog est intelligent, informé, insolent,il incite à réfléchir, à sourire, à chercher de l'information, à protester...bien dans l'esprit de son nom. Et là, il s'alourdit, les insultes circulent, (presque ?) de la haine ...
Avez-vous le principe de laisser aller jusqu'au bout les réactions, par souci de vérité ? Prévoyez-vous de faire un travail particulier sur cet épisode (psychologie, sociologie...),en accumulant le plus possible de matière ?
Est-ce que je suis naïf, peu au courant de ce qui se passe dans les autres blogs ?
Continuez bien cependant!


181. obsolète mardi 19 avril 2011 05:31

Eh bien, moi j'ai vu ce documentaire et je constate que l'analyse qui en est faite est éclairante. Quand je lis certains commentaires, je vois beaucoup d'obscurantisme, de manque de respect pour quelqu'un qui a dû passer beaucoup de temps à déchiffrer des émotions et à y apporter des réponses plus posées. Ah, bien sûr, c'est virulent... Mais le fait que le ton soit parfois à la hauteur du ton du documentaire ne détruit nullement l'argumentation. Si j'ai bien compris, il y a des tas de gens qui connaissent tout de l'industrie et savent qu'elle complote. Mais comment font ces pions perdus dans le système (expression qu'ils cautionneraient certainement ailleurs) pour tout avoir compris alors qu'ils sont les premiers à dénoncer son opacité ? Et s'ils savent tout, pourquoi attendent-ils un billet sur un blog pour faire éclater la vérité aux yeux du monde ? Ont-ils contacté Arte pour faire une suite ? De là à parler de mythomanie...
Je n'ai pas le sentiment que la planète soit en danger parce que l'on dénonce un film douteux. Je pense simplement que ce n'était pas le sujet traité. Ni explicitement par le docu, ni par l'auteur de l'article. Quand je veux parler de la pluie et du beau temps, je ne parle pas des migrations des oiseaux. Vous, oui ?


182. MB mardi 19 avril 2011 10:54

Bon, Alexandre, ne vous énervez pas : vidberg.blog.lemonde.fr/2... A noter un appel au rétablissement de la peine de mort dans le neuvième commentaire...

J'ai l'impression que le problème, du point de vue du consommateur, c'est l'absence de choix : vous avez le sentiment d'être victime d'un complot parce que l'on ne vous propose pas explicitement d'acheter un produit qui serait plus durable. Est-ce que ce n'est pas aussi une des raisons du succès du "low cost", que de donner l'impression au consommateur d'acheter ce qu'il pense avoir besoin et de lui laisser décider des options ? Est-ce que l'on ne pourrait pas imaginer un étiquetage pour la durée de vie des produits comme celui pour la consommation d'énergie des appareils électroménagers, que tout le monde semble bien aimer et qui a l'air d'avoir eu rapidement des résultats importants sur les comportements ?

Mon meilleur exemple d'obsolescence programmée, c'est le cas des flexibles de gaz. Vous avez le choix entre en acheter un qui dure dix ans ou un sans limite de vie, deux ou trois fois plus cher. J'ai acheté celui qui dure dix ans parce que je suis locataire et que je pense que je déménagerai avant dix ans.


183. Angrod mardi 19 avril 2011 10:57

Bonjour,

J'ai lu attentivement votre article et passé les premiers instants ou je me suis laissé berné par votre prose et vos arguments en pagaille, j'en arrive à la conclusion que vous ne démontrez absolument rien.

Tout ce que vous avez fait c'est expliquer que l'obsolescence programmée n'existait pas sous prétexte que celle-ci n'est pas avantageuse ou rationnelle du point de vue d'un économiste.

Malheureusement pour vous ce raisonnement est fallacieux et le devient d'autant plus dès lors que vous prenez comme logique fondamentale qu'il vaut mieux créer une machine durant deux fois plus longtemps et la vendre deux fois plus cher.
Car le monde dans lequel vous semblez vivre est loin de la réalité. Qui vous a parlé de vendre deux fois moins cher un produit avec une durée de vie moindre de moitié?

Dans la pratique les constructeurs alignent leurs tarifs sans forcément tenir compte de ce facteur : il en existe tant d'autres. A partir de là, vous pouvez rationnellement en penser qu'il est bel et bien plus avantageux pour un constructeur de vendre deux fois plus de produits. Est-ce là une norme? Non, mais cela existe.

Des exemples ont déjà été cités dans les commentaires, je ne rajouterai que celui des batteries soudées dans les iPhones et iPods de chez Apple. Une batterie a une durée de vie limitée, le fait qu'elle soit soudée signifie que dès que celle-ci lâche il faut renouveler l'appareil. Mon iPhone a rendu l'âme de la sorte hors garantie et lorsque l'on voit les nouveaux modèles qui sortent à une fréquence remarquable, je ne peux que penser à ce "mythe" de l'obsolescence programmée.


184. en réponse à "de l'air" mardi 19 avril 2011 14:10

Mais oui tout à fait, interdisons les réactions ce sera plus simple. C'est évident! le propos n'est ni une analyse sociologique ni psychologique, alors arretez de vous croire au dessus de tout, simplement parce que comme tout bon démagogue vous pensez que le plus simple est de mettre fin à toute critique. Cela révèle bien le manque d'arguments.


185. Luce mardi 19 avril 2011 14:49

Votre article manque cruellement de sources pour étayer votre théorie. Quelles sont vos bases ( a part votre observation personnelle du documentaire d'Arte, de la RDA et des Africains) ?


186. Green IT mardi 19 avril 2011 16:19

De nos jours, on n'a plus besoin de programmer l'obsolescence. La recherche du prix le plus bas est suffisant pour fabriquer des équipements de piètre qualité.

Une exception, les imprimantes à jet d'encre dont les cartouches ne se vident pas totalement. En plus du reportage d'Arte, je vous conseille de lire cet article pour vous convaincre de la réalité de cette situation : www.greenit.fr/article/ma...


187. Christian mardi 19 avril 2011 16:42

Les questions que posent ce docu sont simples et pertinente:
-si une entreprise avait le choix de produire quasiment au même coût un produit d'une durée de vie de 20 ans ou de 5 ans, quelle solution choisirait-elle? Votre principal contre argument est totalement faussé, vous répondez constamment "il serait plus profitable de vendre un collant à 100 euros que 26 à 4". Alors que la question c'est "est-ce plus profitable de vendre un collant durable pour 4 euros que 26 pour le même prix??"
-le système capitaliste a-t-il un quelconque intérêt à baisser la production et la création de valeur?
Vous non plus ne dites rien du fond du problème qui est la nécessité pour le mode de production capitaliste d'augmenter infiniment la production non pas pour le bien être de qui que ce soit, mais simplement pour assurer sa survie et que par principe cela implique forcément que le producteur n'a strictement aucun intérêt à tenter de faire un produit durable à bas coût.


188. coach mercredi 20 avril 2011 18:36


bonsoir,

J'ai vu le film et cherché quelques commentaires sur celui-ci. Me voila comblé par se poste farfelu et surtout par tous les commentaires que j'ai pris, pour la majeur partie, soin de lire.
Je lis :
"On comprend alors que nous ne sommes pas face à une entreprise d'information, mais à une entreprise de morale, selon le concept défini par le sociologue Howard Becker."
Laissez Howard tranquille et rappelez-vous que science sans conscience n'est que ruine de l'âme. J'irais même plus loin en étirant la phrase de François, juste pour vous qui semblez buté dans votre cloche d'économiste, comme ceci : consommation sans conscience n'est que ruine de l'âme.
Je pense que tout à été dit dans certain commentaire si dessus. Dans tout les cas, de par mon très jeune âge (clin d'œil au commentaire 70), je suis ravis de ne pas être comme vous et de ne pas être un fumiste dans votre genre, qui préfère blablater plutôt que d'agir un temps soi peut en citoyen conscient.

Suivez Candide si votre discernement de bas étage vous force à moutonner avec les autres ...et jardiné, croyez moi ça vous ferra le plus grand bien.
Belle phrase, de François Marie à la fin de son livre "Candide", qui s'adresse à mon avis à la plus part des économistes. (Et oui... vous m'avez dégouté de ceux-ci)

<< Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. >>

(Si j'étais vous, je l'encadrerais)


Bonne route.


189. thibaud jeudi 21 avril 2011 13:57

J'ai arrêté au bout du 100e commentaire, voyant que personne jusque là n'a évoqué un principe simple. A la remarque "si ca coûte plus cher de remplacer que de réparer, il est logique de remplacer".

Le souci, c'est qu'on oublie dans la comparaison, ce que j’appellerai, malgré sa connotation quelque peu trop écolo, le "prix pour la planète", bref, l'analyse TCO (total cost of ownership) d'un point de vue global.

remplacement = cout d'une nouvelle pièce pour nous mais aussi coût de gestion du déchet que l'on jette + coût de remplacement des matières qu'on détruit + ... - évidemment les gains amenés par le progrès (baisse de consommation électrique par exemple).

Là est le souci que tente de soulever le documentaire d'une façon plus ou moins adroite selon les points de vue du spectateur.

Ce qui est LOGIQUE d'un point de vue acte économique simple, détaché de son environnement et de son contexte ne l'est pas forcèment d'un point de vue GLOBALE.

J'ai personnellement mal au ventre quand je vois les montagne de déchets que 'lon produit à un rythme de plus en plus élevé (malgré les progrès du recyclage) et la rapidité avec laquelle nous polluons de plus en plus.

Qui irait se baigner dans le Gange aujourd'hui ?

Allez vivre quelques mois dans une ville industrielle de Chine comme je l'ai fait pour comprendre ce que c'est que la pollution !

Bref, comme souvent, tout le monde a raison et tout le monde a tort, mais c'est notre planète qui trinque.


190. sdw jeudi 21 avril 2011 22:46

Attention, les complotistes de obsolescence programmée sont encore à l’œuvre sur France2 ce soir ...
Vivement un nouveau billet.


191. Vincent vendredi 22 avril 2011 10:53

Bonjour,
Je trouve autant courageux qu’intellectuellement malhonnête de votre part que de prendre à contre-pied ce documentaire.

Ce qui est alarmant c'est que vous puissiez prétendre que cela n'existe pas pour des raisons économiques alors que dans votre quotidien vous êtes comme nous tous victime de l'obsolescence programmée.

C'est d'autant plus étonnant que vous avez un niveau d'étude élevé qui me laisse songeur quand à vos facultés d'enseigner l'économie (l'or est une relique barbare c'est bien connu).
C'est même affolant de voir qu'un économiste ne fasse pas le lien entre la nécessité de consommer toujours plus dans un système entièrement structuré autour de la dette et l'évidence même que les produits doivent être remplacé régulièrement afin d'alimenter cette énorme pyramide de Ponzi

Pas plus tard qu'hier je suis allé sur le site de la BCE pour m'inspiré de la M3.
La masse monétaire est proche des 10000 milliards.
Je me suis intéressé à la dette des états sur l'Europe des 6. C'est marrant de voir qu'à peu de chose prés les dettes dépassent la masse monétaire sans vous parler des dettes des 11 autres pays membres de la zone.
La dette n'est pas remboursable et la seule façon que l'économie puisse continuer de se maintenir passe par la consommation de masse et la croissance.

L’obsolescence est une stratégie économique, un fait, une évidence. Exemple en pagaille :
- Sortie de l’e-phone5 prévu en septembre. L’e-phone6 est déjà prêt alors que le 4 vient tout juste de sortir.
- Changement de votre courroie sur votre voiture. La chaine de distribution est increvable
- La voiture électrique ev0 est sortie en 1990, 20 ans après on en est encore au diesel tandis que personne ne connait la voiture à air comprimé qui coute 1 euro au 100km.
- J’ai changé ma machine à laver parce que le support des roulements n’était pas conçu pour durer mais avant ca c’est une pièce en plastique à 20cts que j’ai du réparer
- Centrale nucléaire, Tesla nous parle de l’énergie des pôles et l’énergie du vide.

La liste est longue, c’est donc à la fois une stratégie marketing et une durée de vie réduite qui permet à l’économie de fonctionner. Le problème c’est que ce système arrive à sa fin, les dettes ne sont plus tenable, les banques spéculent sur la faillite des Etats (JP Morgan et les CDS).

Je voudrai juste mettre en évidence que si la durée de vie moyenne des produits était deux fois plus importante, on en produirait deux fois moins, on polluerai également deux fois moins, la consommation énergétique serait également réduite et surtout on pourrait travailler deux fois moins. On ne perdrait en rien en confort de vie. C’est juste qu’on aurait des vrais produits moderne (ephone4 = obsolète). Maintenant il faut juste comprendre que la dette est la façon moderne de nous esclavagiser, enfants de Babylone que nous sommes…

Le chemin est long pour faire bouger les consciences…


192. Saudade vendredi 22 avril 2011 18:05

Bonjour,

Suite à la lecture de votre commentaire sur le reportage susnommé, vous avez attiré mon attention alors direction Youtube. Effectivement on a l'impression d'assister à une mis à mort en directe, la tête du condamné déjà sur le billot.

Ce documentaire est loin d'être objectif, mais lequel peut y prétendre ? Je ne suis pas un partisan de la théorie du complot mais reste convaincu qu'il y a de tout temps des ententes. Si la problématique du nylon peut-être expliqué par les propos jouissif d'Alexandre Delaigue, il en est tout autrement pour une machine à laver, un téléviseur ou une imprimante. On trouvera toujours des contres exemples, mais encore faut-il considérer bien des paramètres comme l'avance notre cuirassé.

La question de l'obsolescence programmée est abordé d'un point de vue morale et vire à la chasse au sorcière. Au final le documentaire aborde beaucoup de choses comme la problématique des déchets, notre mode de consommation, la cupidité des uns et la convoitise des autres pour prendre de la valeur. On sort de cette expérience aussi éclairé que puisse le permettre cette ampoule centenaire.

On gagnera certainement plus à lire No Logo de Naomi Klein, que de voir cette obsolescence pour expliquer notre frénésie d'achat compulsif.

Mon seul conseille, pour apprécier pleinement ce documentaire, serait de lire la critique qui a le mérite d'être argumenté. Certain qu'il y a un juste milieu.


193. larry lundi 25 avril 2011 14:24

Au cas où personne ne vous l'aurait déjà signalé, la vacuité de vos arguments contre ce documentaire ainsi que l'arrogance et la mesquinerie dont vous faites preuve "...Comme il m'avait été recommandé par diverses personnes, je l'ai visionné. Ce documentaire est hélas d'une nullité intégrale. Parfois hilarant de bêtise, parfois nauséabond de complotisme, en tout cas, jamais informatif."
Ne font que renforcer le message de ce documentaire.


194. l'obsolescence programmée, existe, je la pratique tous les jours. lundi 25 avril 2011 18:29

l'obsolescence programmée, existe, je la pratique tous les jours.

Ce documentaire était en effet très mal goupillé, mais d'un point de vue industriel, l'obsolescence programmée a pour but de ne construire une machine à laver qu'avec des composants ayant à peu près tous la même durée de vie. C'est très difficile, mais lorsque le produit est conçu, la dernière étape avant la mise en fabrication est la recherche de la diminution des coûts. Elle s'effectue de manière itérative, ainsi :

Imaginons que nous cherchions à diminuer le coût de fabrication d'un euro. Quelle est la pièce, statistiquement plus solide que les autres, sur laquelle une diminution de la qualité n'aura aucun impact sur le produit (en gros, une autre pièce aura déjà lâché avant, et le produit sera déjà à la casse). A l'inverse, quelle est la pièce, parmi les plus fragiles, qui pour un coût modique pourrait être améliorée, améliorant d'autant la qualité générale d'un produit ?

Par exemple, toujours pour la machines à laver, est-t-il préférable de la lester avec un bloc de béton à 1 euro d'une durée de vie suffisante au regard de celle du bloc électronique, ou faudrait-t-il faire tailler pour 20 euros un bloc de granit, qui durera un million d'années ? Ou plus réaliste ;-), pourquoi pensez-vous que les tambours soient aujourd'hui en plastique ???

Maintenant, je peux aussi témoigner que de plus en plus d'industriels incluent dans le cahier des charges de réalisation d'un produit une durée de vie, et que cette durée de vie a tendance à baisser. Pouvez-vous interpréter ce fait économiquement ?

Et pour terminer, je ne saurais mieux vous conseiller de vous renseigner sur la durée de vie des photocopieurs (et sur leur facilité de réparation), qui se sont magnifiquement accrues dès que leurs constructeurs se sont mis à les louer aux entreprises plutôt que de les vendre…


195. Cox mercredi 27 avril 2011 10:53

Je constate avec amusement comme vous avez soigneusement évité d'aborder le problème de la puce présente dans les imprimantes ayant pour unique but de compter le nombre d'impressions réalisées pour que, une fois un seuil fixé par le fabricant dépassé, elle tombe en panne.Problème qui démontre à lui seul l'existence de l'obsolescence programmée.Cependant, je le conçois parfaitement étant donné que cette seule information aurait remis en cause l'ensemble de votre démarche de désinformation parsemée de raccourcis honteux et motivée par on ne sait quel lobby..


196. Benj mercredi 27 avril 2011 13:18

Merci, votre article est bien mieux tourne qu'il n'est pertinent.
Je vous invite a diversifier vos sources, sur la question: Wikipedia par exemple.
fr.wikipedia.org/wiki/Car...
fr.wikipedia.org/wiki/Obs...
Decidement, les mythes ont la peau dure...


197. Bison mercredi 27 avril 2011 18:41

Votre article-lynchage d'économiste à œillères est fort divertissant accompagné d'un soda bien frais. C'est fascinant de voir comment vous insultez littéralement certains commentateurs, et comment vous évitez de répondre aux questions qui vous dérangent.
On sent malheureusement trop la haine et le déni pour que toute cette tambouille soit vraiment drôle (et ouvre le débat). Dommage.



198. obinou samedi 30 avril 2011 16:08

J'ai regardé ce documentaire, et votre réponse, qui est très pertinente également.

Je reste globalement d'accord avec le documentaire, à cause de 2 points précis que vous citez:
"il est également possible de trouver des produits très durables, mais chers."

Or, ça, ce n'est plus vrai: Dans certains domaines, il est devenu impossible de trouver des pièces ou matériels de qualité faute d'une demande suffisante au niveau grand public. C'est le cas des outils, des pièces vélo/auto, cuisine:

Il y a une tendance très actuelle de certaines sociétés à ne vendre qu'aux professionnels, par exemple sans mettre de prix sur les catalogues et en demandant un extrait KBIS avant toute création de compte clients. Ce sont ces sociétés qui , dans le domaine de l'outillage, l'électronique par exemple font encore des produits de qualité et durable.
Sauf qu'on ne peux pas les acheter, en tant que particulier.

Il existe des contre-exemple: Par exemple les alims de PC Corsair sont garantie 5 ans, la RAM garantie à vie. (Ceci dis rien ne dis que la société existera encore dans 15 ans: Le risque pris n'est pas grand)

Mais surtout lorsque vous indiquez que s'il était plus rentable de construire des produits durable, les entreprises le feraient, je pense que vous vous trompez: Car le monde de la finance et ses exigences de progression à court terme viennent perturber cette théorie.
Si, par exemple, une entreprise industrielle trouve un système/méthode/produit pour augmenter de 40% son CA une année mais que l'objectif financier de l'année est de faire +15%, alors il vaut mieux pas "griller" toute ses cartouches dès la 1ere année:
Sinon, l'année d'après, c'est la dégringolade en bourse, car la progression par rapport à l'année précédente sera inférieure aux prévisions. Or cette dégringolade sera handicapante pour l'entreprise dans le futur.
Sans cette contrainte externe, l'entreprise aurait peut-être utilisé sa nouvelle invention à plein régime, et profité de la plus-value pour financer la R&D. Au lieu de ça, on est dans un système de chiffre annuels, aucun intérêt de "faire mieux" que l'objectif visé.

Ca me rappelle les chaines de montage ou les collègues avertissent les nouveaux de ne pas faire de zèle, sinon les cadences augmenteront pour tout le monde, ou encore la "politique du chiffre" gouvernementale, dont on a constaté le résultat.


199. stéphane dimanche 1 mai 2011 19:15



Ce billet était destiné à satisfaire le besoin de défoulement jusqu'au commentaire n°200. Les commentaires sont fermés. Vous aviez raison, l'obsolescence programmée existe bien. Pour vous faire plaisir, il faudra acheter le prochain billet.


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