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Histoire de pleurer
Alexandre Delaigue | samedi 11 octobre 2008 | 01:57 | EcoBlabla | # 1402 | rss | PDF

Je me demandais si pour une fois, le G7-8 allait servir à quelque chose; ben non, c'est mal barré. Un baratin rempli de langue de bois et complètement décalé par rapport à la réalité, au point que le gouvernement italien hésite à signer; C'est franchement lamentable.

Pendant ce temps-là, les marchés de crédit sont dans un état inimaginable; Tout ce à quoi l'on arrivera faute de mouvement concerté, ce sera des gouvernements paniqués qui garantiront tout, alors qu'ils ne peuvent pas le faire; la crise de solvabilité sera simplement transférée des banques aux finances publiques, qui ne pourront pas se le permettre. Il paraît qu'il y a des gens qui trouvent géniale la perspective du "retour de l'Etat" : ils devraient contempler sérieusement nos dirigeants, qui sont de la trempe des Dick Fuld et autres Jimmy Cayne.

EDIT : Zingales propose un plan B. La crédibilité de Paulson se rapproche de zéro, tandis que Morgan Stanley est sous pression.


Commentaires

1. all | samedi 11 octobre 2008 | 07:15

Les politiques seront toujours en décalage avec le marché qui va plus vite qu'eux, quand ils recoivent les signaux il est déjà trop tard.


2. Ballon | samedi 11 octobre 2008 | 11:42

Des états en faillite, on sait ce que c'est.

Anticiper telle situation n'est pas trop difficile pour les citoyens.

Ce n'est donc pas forcément le pire scénario imaginable, surtout si on le compare à la pression qui pèserait sur l'économie s'il s'agissait d'essayer de remettre les comptes d'équerre.

Bon, j'admets, pour les fonctionnaires, c'est moyen...


3. Toki | samedi 11 octobre 2008 | 13:01

Après avoir lu voir lien sur les articles de Zingales, de Roubini, de Salmon et de Krugman est-ce que je résume bien la situation en disant ceci ? :

- Le plan Paulson essaie de remédier à la situation en rachetant les créances pourries des banques pour restaurer la confiance entre les banques.

- Par contre sachant que les subprimes se sont diffusés dans toute l'économie, si le phénomène des faillites personnelles américaines ne cesse pas, le nombre de ces créances pourries continue d'augmenter. Ce qui aboutit à dire que le plan Paulson ne sert à rien. (300 milliards de dollars seront mobilisés pour les anciennes créances alors que les créances subprimes potentielles peuvent monter jusqu'à 3 000 milliards).

- La défiance entre les banques est donc alimenté par la plaie qui saigne toujours (les faillites personnelles immobilières continuent).

- D'où le plan B de Zingalès qui vise à rendre intéressant pour les particuliers américains de rembourser leur dettes plutôt que de tout lâcher.
Bien que cette solution coûte évidemment cher elle a le mérite de "couper la poire en deux" entre le créancier et le débiteur et surtout de restructurer le marché immobilier américain (stopper la dégringolade).

- Enfin, le G7 ne propose rien de plus qu'un coton tige sur une jambe de bois car il ne s'attaque à pas grand chose (cela revient à dire que chacun balayera devant sa porte).

- Conséquence potentielle de cette crise (prospective hasardeuse) :
1) Le monde du crédit se bloque (crédit crunch)
2) L'activité économique se bloque dans la foulée (récession sévère)
3) Un nombre incalculable d'actif se trouve dévalorisés durablement ce qui renforce les deux première conséquence ci dessus.

Question : Du coup "Cash is king" non ?
50 000 € d'épargne aujourd'hui vaut à peine un studio et x parts d'actions mais dans 1 an ces 50 000 € vaudront-il un x*50 parts des mêmes actions et peut être un T2 ?

En tout cas si ces énoncés sont vrais, l'intérêt de ne pas avoir à chercher un emploi en ce moment ou d'être fonctionnaire prends tout son sens ...

Bonne journée et merci pour ce beau blog fourni de sources très riches.


4. jean-jacques | samedi 11 octobre 2008 | 14:41

mais il ne fallait pas trop attendre du G7, c'est l'Eurogroupe (sur le modèle anglais) qui fera quelque chose et les US de leur côté ont transformé le plan Paulson en plan de recapitalisation partielle / nationalisation.
ils ont essayé de dire qu'ils ne pouvaient pas agir simultanément ensemble, ça ne veut pas dire qu'ils ne coordonnent pas leurs actions et qu'elles ne seront pas décisives


5. Bel | samedi 11 octobre 2008 | 19:48

Les membres communs au G7 et à l'Eurogroupe ne pourront pas signer à l'Eurogroupe un pacte incompatible avec ce qu'ils ont signé au G7.

Ce qui implique, notamment, qu'un éventuel accord de l'Eurogroupe fixant des règles univoques quand à savoir si un établissement financier doit être ou non sauvé est inenvisageable.


6. La Chips | dimanche 12 octobre 2008 | 01:47

Alexandre, dis moi si je me trompe mais pour l'instant il n'y a pas de crise de solvabilité? aucune institution n'a fait faillite ou n'a été rachetée/nationalisée à cause de pb de solvabilité (ie des ratios de capitaux propres ou Tier 1 pourris).
Le pb ne concerne que la liquidité, ie la confiance que le marché leur accorde a court terme?


Réponse de Alexandre Delaigue :

Il y a les deux. Et en théorie, un établissement insolvable pourrait s'en sortir via une augmentation de capital; mais là, tout est bloqué.

7. Merlin | dimanche 12 octobre 2008 | 12:02

Tout ceci finira dans une grande redistribution entre groupe sociaux. Comme toujours il vaudra mieux être jeune riche et bien portant que vieux pauvre et malade.

Le plus injuste la dedans c'est qu'il n'est même pas certain que les abrutis seront plus lessivés que les prudents.


Réponse de Alexandre Delaigue :

C'est classique lors d'une catastrophe. rien de nouveau depuis le poème de Voltaire sur le désastre de Lisbonne.

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