Bigre Cet article est impressionnant : Selon mes calculs, si les différentes traites négrières n'avaient pas existé, 72% de l'écart de revenu entre l'Afrique et le reste du monde n'existerait pas aujourd'hui, et 99% de l'écart entre l'Afrique et le reste du monde sous développé non plus. L'Afrique ne serait plus différente des autres pays en développement. EDIT : voici le papier d'origine, avec les arguments élaborés.
Alexandre Delaigue
dimanche 9 décembre 2007
00:56
EcoBlabla
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Commentaires
1.
Fr.
dimanche 9 décembre 2007
01:43
Le complet
2.
Spurinna Dommage que l'article ne donne pas quels outils ont été utilisés pour arriver à ce chiffre des 72%. Mais peut être est-ce dans son article cité en notes.
dimanche 9 décembre 2007
02:31
Cependant, ne faut-il pas se méfier de ce genre d'hypothèses contrafactuelles ? Les facteurs du développement sont-ils seulement quantifiables et descriptibles complètement à l'heure actuelle ?
A mon sens, les historiens se querellent encore actuellement pour ce qui est des causes du décollage. L'une des écoles avance que les épisodes de pestes de la fin du Moyen-Âge (1348 pour le début) y sont pour quelque chose.
D'où mon scepticisme sur ce genre de résultats.
3.
aymeric Oui, j'avais déjà entendu parler des travaux de ce monsieur du côté de Freakonomics.
dimanche 9 décembre 2007
02:42
C'est assez lourd ; pour le moins...
freakonomics.blogs.nytime...
4.
Denis Avec toutes ses variables, est ce qu'il ne sous-estime pas les constantes ? Il semble ne pas tenir compte du fait que "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles."
dimanche 9 décembre 2007
08:48
Ironie mise Ă part (c'est un peu facile de se moquer des cancres). Ne manque t'il pas les calculs dont il parle pour que l'article soit vraiment imparable ?
5.
FC La partie "corrélation" est intéressante (et pas tellement surprenante). La partie "histoire fiction" n'a pas grand sens, pas plus que ce chiffre de "72%".
dimanche 9 décembre 2007
10:15
Il faut garder en tête également que toutes les évaluations chiffrées pour l'histoire et la démographie de l'Afrique avant le XIXe sont largement aléatoires. Même les ordres de grandeur font l'objet de polémiques.
Le côté fantaisiste de la conclusion (que vous citez) m'amène à m'interroger un peu sur l'intégrité du travail. Par ailleurs, se poser la question de savoir si les pays affectés par le commerce d'esclaves étaient déjà les plus pauvres au départ n'a pas grand sens. Il aurait fallu s'interroger sur d'éventuelles caractéristiques communes aux pays en question qui les rendraient moins favorables au développement d'une économie moderne.
Tout ça pour conclure que l'état actuel de l'Afrique s'explique largement par son histoire, qui inclut l'esclavage... Quel scoop... Ca ressemble fort à du "coco, pond-moi un papier scientifique pour légitimer des demandes de réparations". Pas comme ça que l'Afrique va s'en sortir.
6.
Heu... Ah la cliométrie... Tout ce déploiement de techniques économétriques pour finir sur une évidence : "These results (...) do provide very strong evidence that much of Africa’s poor performance can be explained by its history, which is characterised by over 400 years of slave raiding". History matters, quelle découverte ! Maintenant sur la quantification, je resterai toujours dubitatif face à ce genre de démarche...
dimanche 9 décembre 2007
10:22
7.
Malcom X tout est dans le "si" de la conclusion...
dimanche 9 décembre 2007
10:26
Admettons que le résultat soit juste. Qu'est-ce que cela signifie ? que si les esclaves étaient restés en Afrique en hommes libres, ils auraient participé au développement du continent ? Donc en gros, que les hommes et les femmes embarqués de force dans les bateaux auraient eu les capacités pour développer le continent...soit.
Rappelons tout de même que les esclaves hommes et femmes étaient ceux qui étaient en meilleure santé et qui avaient la meilleure constitution (car ils valaient plus cher) qui étaient embarqués... Donc, il devient évident que la croissance économique et le développement humain sont tirés par les hommes et les femmes les plus forts et les plus résistants ... y=ax+b ....
De même, l'esclavage était un marché, avec des vendeurs et des acheteurs (même si une partie des revenus étaient captée par une minorité, mais n'est-ce pas le cas aujourd'hui encore?!)... donc à chaque esclave vendu, une entrée d'argent dans les caisses... donc création de richesse pour le pays... donc l'esclave participe (involontairement et indirectement) au développement de son pays ...
Toutes mes réflexions sont bien sur le degré 0 de la réflexion scientifique mais je trouve un peu légère l'étude de Nunn ... et cette relation linéaire entre deux variables me laisse assez bouche bée ...
Ah et puis son R² il est ou ?!
8.
Sergent Howie L'article est effectivement intéressant, mais je n'ai pas
dimanche 9 décembre 2007
11:25
trouvé d'accès à un papier plus complet, ni aux données
utilisées. Le premier graphique montre un nuage de points
quand même passablement étalé. Trop sans doute pour faire
des affirmations aussi définitives. J'aurais bien aimé
pouvoir avoir accès aux données utilisées pour rejouer
avec.
9.
Aalexandre @ Alexandre et @ Malcom X : en effet, le phénomène du Dutch Disease est à prendre en compte... pour autant peut-on rapprocher le traite négrière et le poids des ressources naturelles sur le développement humain et économique ?
dimanche 9 décembre 2007
12:32
Tiens, d'ailleurs la Guinée est un bon exemple de Dutch Disease (pays sur lequel sont focalisées mes recherches) mais je ne sais pas ce qu'il en est de la traite négrière... je vais aller lire le papier de ce monsieur
10.
jck Bon,il enfonce des portes ouvertes ce monsieur.Si on echange des biens de capitaux contre des pacotilles, ca n'aide pas le developpement.
dimanche 9 décembre 2007
13:40
Just my 2 cents.
11.
Polydamas
dimanche 9 décembre 2007
14:35
Ne pas oublier non plus que si les occidentaux ne sont pas dénués de responsabilité dans la traite, ils ne sont pas les seuls, la majorité de la traite négrière étant inter-africaine, comme l'a montré un Pétré-Grenouilleau.
12.
berli, …et si ma tante en avait…
dimanche 9 décembre 2007
15:03
Plus sérieusement : es-ce que l'auteur prend en compte la diversité africaine ?
L'Afrique est tout de mĂŞme un continent, qui me semble bien moins
homogène que l'Europe, par exemple.
Est-ce que, par exemple, les pays les plus ponctionnés par l'esclavage sont
aussi ceux qui ont aujourd'hui des difficultés de développement ?
Est-ce que la captation des ressources naturelles par les descendantes des
entreprises colonialistes n'entre pas en compte ? (qui a dit : Elf, Total…?)
Ou est-ce que je me gourre complètement et ne comprendrai décidément
jamais rien à l'économie, qui est un truc d'adultes si sérieux que les novices
n'y peuvent rien percevoir ?
13.
blop Autant, par principe, j'adhere aux conclusions.
dimanche 9 décembre 2007
15:59
Autant je trouve la demonstration foireuse.
Le graphique qui presente la correlation montre une enooorme variabilite. Je
fais passer une hypothese nulle avec un chi2 raisonnable dans ce nuage de
points ! Ou ni'importe quelle courbe...
Ensuite, repetons-le 1000 fois : correlation n'est pas causalite. On peut
meme imaginer la causalite inverse : les pays africains riches il y a 400 ans
ont mieux resiste a l'envahisseur blanc et a la traite, c'est donc la richesse
qui explique la traite et non la traite qui explique la richesse (c'est une
hypothese, elle est juste aussi valable que l'autre). Il faut aussi rappeler que
la traite inter-africaine existait (vous avez remarque les points negatifs en x?
), ce qui peut renforcer l'idee que la traite menee par les europeens a d'abord
touche les regions victimes de la traite inter-africaine... donc n'a fait que
renforcer des inegalites deja existantes.
14.
l'auteur Pas mal d'essayer, cependant, j'ai souvent du mal à digérer la cliométrie. Mais bon ....
dimanche 9 décembre 2007
20:14
15.
Merlin Et l'Irlande son sous développement s'explique par la crise de la patate?
dimanche 9 décembre 2007
21:03
16.
henriparisien J'ai essayé sans succès de retrouver le site que vous aviez indiqué et qui permettez de comparer facilement l'évolution des principaux indicateurs économiques sur les trentes dernières années.
dimanche 9 décembre 2007
21:13
Il me semblait qu'au début des années 60, le PIB par tête en afrique n'était pas très différents de l'asie. Si c'était le cas, j'aurais beaucoup de mal a adhérer à une "explication" qui mettrait en avant un effet boomerang de l'esclavage pour expliquer le sous développement africain.
Sinon l'effet "boomerang" peut s'expliquer par les types d'institutions
qui sont apparues dans les pays avec beaucoup d'esclavage pendant la
colonisation et après les indépendances.
17.
Emir Abel Pourriez-vous expliquer "Dutch Disease" et "cliométrie"
lundi 10 décembre 2007
00:07
Merci d'avance
PS : j'ai un peu cherché sur Internet mais c'est tellement mieux quand c'est vous qui expliquez
Le dutch
disease c'est la maladie des ressources naturelles : quand on en
trouve, elles réduisent la croissance économique.
Plusieurs raisons à cela : des aspects institutionnels
(ça crée un conflit politique pour les ressources, donc
institutions dégradées) et économiques (les
exportations de ressources naturelles font monter la devise nationale
et absorbent les investissements, ce qui fait dépérir les
autres secteurs).
18.
Emir Abel ... les occidentaux ne sont pas dénués de responsabilité et notre ami Polydamas d'arrières pensées !
lundi 10 décembre 2007
00:09
19.
FC J'insiste: la principal faiblesse de cette démonstration, ce sont les chiffres, dont la fiabilité est extrêmement réduite. Et c'est une litote.
lundi 10 décembre 2007
00:27
En fait, à la réflexion, ce qui me paraît le plus intéressant dans l'article n'apparaît pas dans les commentaires: c'est l'explication esquissée de la corrélation: les pays ayant connu le plus d'esclavage n'ont pas pu se structurer en communautés nationales. En Europe, on s'est largement massacrés entre "ethnies", mais ça fait bien longtemps qu'on ne se vend plus les uns les autres. J'imagine qu'il est difficile de bâtir des relations sociales saines et productives dans ce genre de contexte.
20.
Tonio Je suis d'accord sur la partie la plus intéressante de l'article, qui est celle qui explore les effets de la traite sur la "cohésion sociale" au sens large. Effectivement, le graphique qui montre un développement économique post-indépendance des pays relativement moins ponctionnés (voire bénéficiaires...) par rapport aux autres qui stagnent économiquement est assez révélateur. ça me fait penser au comportement incroyablement avide des pillards, qui au lieu de prélever une "taxe" puis de revenir, prennent TOUT (les fils électriques dans les murs...)au point de détruire totalement l'activité économique qu'ils pillent.
lundi 10 décembre 2007
12:17
Maintenant j'ai un problème avec cet argument, dans la mesure où selon l'auteur, ce sont les pays les plus développés qui ont trinqués parce que les pays qui n'avaient pas d'Etat étaient plus résistants à la traite. Comment cet état de fait peut-il être compatible avec une explication par défaut d'historicité de l'Etat? Que les pays dont l'Etat a été détruit en aient souffert en termes d'"acquis de capital social" est crédible, mais pourquoi seraient ils plus mal barrés par la suite que les pays qui n'ont jamais connu d'Etat?
21.
Atom Heart @Alexandre sous FC. Désolé de ne pas avoir pu m'empêcher de faire le lien :
lundi 10 décembre 2007
13:18
L’économiste prend alors la parole : " Bon, posons notre première hypothèse : nous avons un ouvre-boîte "
22.
Manu Et sait on de combien les pays développés seraient moins (ou plus!) riches aujourd'hui ?
lundi 10 décembre 2007
16:19



